Un bijou de sensibilité et de nuances (Superman: For all Seasons)

Superman for all seasons par Loeb et Sale

Un article de  : PRÉSENCE

Première publication le 22 mai 2014. Mise à jour le 19 juin 22

VO : DC

VF : Semic, Urban

Un Superman massif et nuancé

Un Superman massif et nuancé©Dc Comics

Ce tome regroupe les 4 épisodes de la minisérie écrite par Jeph Loeb, dessinée et encrée par Tim Sale, et mise en couleurs par Bjarne Hansen, initialement parue en 1998. Loeb & Sale ont réalisé cette histoire entre The long halloween (1996) et Dark victory (1999).

Chacun des 4 épisodes a pour titre une des 4 saisons ; ils forment une histoire complète et assez indépendante de la continuité du personnage.

L’histoire commence au printemps, alors que Clark Kent n’est pas encore Superman. Jonathan Kent (son père) est en train de labourer un champ avec son tracteur quand la herse butte sur un roc. Clark aide son père en le déplaçant à main nue.
Ils rejoignent ensuite la ferme, où Martha Kent a préparé le repas auquel ils ont invité Lana Lang et sa tante Ruth.

Dans cette première partie, Clark se rend également au café de Smallville pour y partager un verre (sans alcool bien sûr) avec Lana et Pete Ross. Il prend conscience que la fin du lycée arrivant, il va devoir choisir quelle direction prendre dans sa vie.
La suite du récit se situe au début de la carrière de Superman à Metropolis, période au cours de laquelle il revient régulièrement à Smallville.

Le travail et l’effort comme valeurs morales©Dc Comics

Après le succès de Long halloween, Loeb et Sale décident de renouveler l’expérience en transposant leur approche au personnage solaire de l’univers partagé DC. Il y a bien sûr un monde d’écart entre la noirceur de Gotham et son chevalier noir urbain, et la luminosité rutilante de Metropolis et son défenseur issu de l’Amérique profonde. Cela se ressent dès la première page avec le choix des teintes utilisées pour la mise en couleurs. Cette dernière a été effectuée par Bjarne Hansen qui utilise des teintes pastel douces (à l’exception du rouge et du jaune vifs du costume du Superman) appliquées à l’aquarelle ou peut être aux crayons pastel.

Le résultat confère une apparence intemporelle à chaque page et un peu surannée, comme s’il s’agissait d’un âge d’or vu avec le recul des années, juste une légère patine sans verser dans le passéisme. Cela se ressent également dans le choix de la mise en page : de 2 à 4 cases par page, le plus souvent 3, avec régulièrement des dessins occupant une pleine page et même s’étalant sur une double page.

2 anges dans la neige blanche et pure, la proximité avec la nature

2 anges dans la neige blanche et pure, la proximité avec la nature©Dc Comics

Ce choix transcrit à la fois la dimension plus grande que nature de Superman, dont toutes les actions s’inscrivent dans une échelle plus grande que celle de l’activité humaine, et à la fois l’importance donnée aux grands espaces, au ciel ouvert, mais aussi à la hauteur des buildings. D’un coté ce parti pris aéré rend la lecture rapide, de l’autre il donner une impression incomparable d’espace et de majesté.

Dès les premières images, le lecteur constate qu’il plonge dans un univers visuel qui n’appartient qu’à Tim Sale, pour une expérience graphique qui sort des sentiers battus. Derrière l’apparente évidence des dessins, il y a une science de la composition peu commune. La première page contient 3 cases qui forment un traveling avant sur le S de Superman s’achevant sur une case comprenant 1 tâche de jaune et 2 tâches de rouge, composition totalement abstraite lorsqu’elle est déconnectée des 2 images précédentes. Loeb & Sale ont l’ambition de faire approcher le lecteur au plus près du personnage.
Il s’ensuit une double page composée de 2 cases superposées. Celle qui occupe les 2 tiers de cette double page positionne le lecteur sous l’auvent devant la porte de la ferme des Kent, avec une grange en arrière plan et Clark de dos observant un champ.

Une véranda joliment aménagée, un Clark massif, une Martha fragile

Une véranda joliment aménagée, un Clark massif, une Martha fragile©Dc Comics

Il est facile de dire que Sale s’est fortement inspiré de Norman Rockwell pour dessiner une Amérique rurale légèrement fantasmée, mais c’est aussi diminuer la qualité de son travail. Cette première case place le lecteur dans un lieu réel, habité, utilisé, accueillant. Il y a bien sûr le cliché de la tarte (apple pie) refroidissant sur le rebord de la fenêtre, mais aussi le chien couché attentif aux gestes de son maître, la balancelle avec les coussins pour la rendre plus douillette, les gros croquenots laissés à l’extérieur pour éviter les odeurs, le carton de produits dangereux, les poules qui picorent, etc.

Pour chaque endroit, Tim Sale crée un décor détaillé, réaliste, où il est possible de distinguer les traces des activités de ses occupants. Parmi les endroits les plus remarquables, il est possible de citer la chambre de Clark, le drugstore de Smalville avec ses étagères chargées de produits en tout genre, la salle des journalistes du Daily Planet, l’appartement révélateur de l’obsession de Jenny Vaughn, l’opulence chaleureuse de la table dressée par Ma Kent.

La force graphique de cette histoire ne se limite pas à ces endroits exceptionnels. La deuxième case représente uniquement le buste de Clark en train d’appeler son père, avec 3 oiseaux vaguement esquissés en arrière plan. Sale utilise de manière pertinente la possibilité de limiter le nombre d’éléments dans une case. Ici le lecteur perçoit la chaleur de cette fin d’après-midi dans la couleur du ciel, ainsi que l’immensité de cet espace ouvert, grâce à la savante mise en couleurs d’Hansen.

Les valeurs morales sont enracinées dans la nature.

Les valeurs morales sont enracinées dans la nature.©Dc Comics

À plusieurs reprises, Hansen compose des motifs qui transmettent des impressions mieux que ne le ferait un dessin (une superbe image de prairie ondulant sous le vent). Cette case permet aussi de découvrir l’apparence de Clark Kent : il est très musculeux, massif, un véritable homme fort de cirque, une force de la nature. Ce choix place le récit dans le domaine du conte, plus de celui du récit d’aventures traditionnel.

Clark Kent est le seul individu doté d’une telle morphologie. Sa largeur d’épaule est telle qu’il peut serrer ses 2 parents dans ses bras, en faisant se rejoindre ses mains. Il est le seul individu à avoir une telle carrure et pourtant personne ne se rend compte qu’elle est identique à celle de Superman. Sale effectue également un travail de conception graphique étonnant sur les silhouettes et les visages.
Les tenues vestimentaires présentent également cette allure intemporelle. Le rendu des visages va du dessin le plus minutieux (avec toutes les rides pour les anciens de Smalville), à l’esquisse la plus simple pour le visage de Superman / Clark Kent le transformant en icône.

Repas familial

Repas familial©Dc Comics

Coté scénario, Jeph Loeb met en scène la période de transition pour Clark Kent qui passe de Smalville à Metropolis peu de temps après que ses pouvoirs n’apparaissent. Pour les puristes, cette histoire s’entrelace avec la version des origines de 1986 établie par John Byrne dans Man Of steel. Si vous avez lu cette origine, vous repérerez les liens qui les unissent (en particulier le passage en prison de Lex Luthor) ; sinon un ou deux événements vous sembleront déconcertants (les va et vient de Lana Lang). Il s’agit d’une version de Superman dans laquelle ses pouvoirs apparaissent à la fin de l’adolescence, il n’a jamais été Superboy.

Jeph Loeb raconte avec une grande sensibilité le passage à l’âge adulte de Clark Kent et son questionnement sur la façon de mettre à profit ses pouvoirs extraordinaires. À nouveau il vaut mieux prendre ce récit comme un conte (ça aide à accepter que Kent continue de mener une vie d’humain normal comme journaliste, plutôt que de sauver la planète 24 heures sur 24).

Lois Lane, séduisante et finaude

Lois Lane, séduisante et finaude©Dc Comics

Loeb a l’art et la manière pour faire apparaître les doutes de Clark, le prix à payer pour être Superman, ce qu’il abandonne derrière lui, et encore plus émouvant les limites contre lesquelles il se heurte. Sans une once de niaiserie ou de scène tire-larme, Loeb emmène le lecteur à la rencontre d’un jeune homme fragile et attendrissant, trouvant du réconfort auprès de ses parents.

Jeph Loeb et Tim Sale démontrent qu’ils sont capables de s’approprier n’importe quel personnage pour raconter une histoire touchante, et visuellement enchanteresse. Ils s’appuient sur les codes les plus ridicules des récits de superhéros (un clin d’oeil à l’amure verte et violette de Luthor avant 1986) pour évoquer l’émancipation délicate d’un jeune homme dans lequel ses parents ont placé de grands espoirs.

Une invitation au voyage

Une invitation au voyage©Dc Comics

26 comments

  • tornado  

    Magnifique commentaire. Je m’incline complètement en renonçant au mien, car j’ai moi-même adoré cette oeuvre. Une autre superbe réussite du duo Tim Sale/Jeff Loeb.

  • Bruce lit  

    Voilà, je l’ai acheté et fini. Et j’ai beaucoup, beaucoup aimé, même si la partie Lana Lang m’est effectivement incompréhensible et que j’aurais apprécié un meilleur approfondissement de la conclusion entre Luthor et Superman.
    Deux aspects ont retenu mon attention :
    1/ La personnalité de Superman : comme la campagne, ce héros n’est un héros « plat » mais reposant. C’est le bien incarné, sans que clà soit ridicule, ou niais. Ce qui est intéressant est la réaction des autres personnages forcément imparfaits face à de l’altruisme sans arrière pensée, sans aucun tourment intérieur. Superman semble être le prolongement de Smallville : un héros humble, appréciant la petitesse, lui l’homme de l’immensité. C’es très bien construit et sûrement plus difficile à écrire que l’on pense.
    2/ La métaphore religieuse. L’histoire se termine près de l’Eglise de Smallville. Superman est finalement l’antithèse du Dieu vengeur et brutal de la Bible. Il incarne l’alternative à cela. Il n’exige rien des hommes, ni reconnaissance, ni amour. Il incarne un homme pour de vrai, sans message à transmettre. La réaction de Luthor incarne quant à elle, le refus de la Providence et une forme d’athéisme aussi fière que dangereuse. Cette révolte est à la fois noble qu’égoiste : Luthor souhaite acquerir son statut du fait de son travail acharné (une valeur qu’il partage finalement avec Clark) mais sans jamais vouloir en faire bénéficier les Metropolitains de manière altruiste.
    Je n’ai pas trouvé les voix off forcément pertinentes, la narration se suffiasant à elle même, et les dessins de Sale sont effectivement impressionnants.

    Je préfère définitivement Superman à Batman. Peut être parce que je découvre tout cela que maintenant. Et que j’ai supé des héros tourmentés et sombre et que la chaleur de Clark Kent est finalement atypique aujourd’hui. Comme Tornado pour les Xmen, je me fous éperdument des histoires de continuité sur ce coup là. Le personnage inspire des récits introspectifs comme celui de Seagal ou de Busiek ou je ne cherche pas le supervilain. Je suis sûr de ne jamais lire la justice league, ces histoires de continuité commencent à mon tour à me fatiguer. Le problème, n’est pas tant de savoir si l’on a reçu un coup de fil dans la cuisine ou le salon, mais de savoir que faire de cette information non ?
    Si d’autres récits de niveau existent, je prends.
    Merci (et du coup, hop, petite mise à jour)….

    • Présence  

      C’est très bien construit et sûrement plus difficile à écrire que l’on pense. – Je partage ton avis: ça doit être très difficile de trouver le ton juste pour écrire l’altruisme sans être neuneu.

      La métaphore religieuse – A mes yeux, heureusement qu’elle n’est pas trop appuyée. Grant Morrison et Frank Quitely avaient beaucoup plus insisté sur cette dimension dans All Star Superman, et j’avais trouvé ça aussi grossier que superficiel.

      D’autres récits de cette acabit – Tu as déjà lu celui qui me vient immédiatement à l’esprit : Identité secrète de Kurt Busiek & Stuart Immonen. Du coup, je vais chercher un peu plus loin.

      – Kingdom come de Mark Waid & Alex Ross : certainement une histoire de Superman, sous une épaisse couche d’univers partagé DC
      – Les 3 premiers tomes de Supreme Power de JM Straczynski et Gary Frank, une belle histoire de Superman, sous une autre appellation
      – Supreme d’Alan Moore, à nouveau une belle histoire de Superman sous une autre appellation

  • JP Nguyen  

    @Bruce : +1 sur la recommandation de Kingdom Come, même si ça met une grosse couche de DCU (mais c’écrit par Waid et tu as aimé son taff sur DD)

    et aussi , Superman Peace on Earth, par Dini et Ross

  • Jyrille  

    Perso je l’ai revendu, Kingdom Come, malgré les dessins de Ross… Mais Présence a raison, c’était plus une histoire de Superman qu’autre chose. Elle ne m’a pas intéressé. Par contre Supreme est une analyse pointue et érudite des super-héros, faut que je le relise !

  • Eddy Vanleffe  

    Le truc rigolo chez moi, C’est ASTRO CITY 1 qui m’a ramené vers Superman… c’est le premier truc qui m’ait touché pour ce genre de figure.
    puis Supreme et seulement je me suis dit que lire Superman pouvait être sympa.
    J’ai commencé part les trucs en Semic book et poum je suis tombé sur celui ci. j’ai adoré le côté champêtre, bucolique, les couleurs, la mélancolie.

    • Présence  

      En regardant les images, je me dis qu’il y a également une forte fibre nostalgique dans ce récit, une façon de sublimer le passé pour le rendre plus joli.

      Juste pour le plaisir, il y a bien sûr un article sur Astro City sur le site. 🙂

      • Fred Le mallrat  

        Les seules fois où je trouve que Loeb reussit quoi que ce soit c est avec Superman. Que ce soit son run ou cet album!

        • Présence  

          J’aime également beaucoup ses histoires de Batman, toujours avec Tim Sale.

          • Fred Le mallrat  

            Si tu veux, je trouve que son travail sur Superman en général est trés bon.
            ce qu il fait avec Sale est en genéral bien.. Trés bon avec superman, bien avec Batman/Catwoman (magré un calcage sur Miller assez evident), pas mal sur les couleurs marvel (j ai pas lu Challengers of the unknown).
            Le reste du temps, je trouve loeb au mieux passable.. souvent mauvais.

            L action est souvent au devant (pire que dans les comics des 60’s), ca finit souvent en who’s who de l univers de la série en question (Hulk, Batman Hush) sans vraiment de raison.
            Certes ca permet a un newbie une introduction en masse aux codes et personnages du « mythe » mais c est quand même en général assez enfantin (pif paf dans ta tête). Là j ai pas peur de dire qu Englehart est vraiment superieur.. car l ecriture de Loeb n est pas non plus fameuse.

            Je trouve d ailleurs quand je lis les chroniques sur les « couleurs » que vous êtes gentil avec lui car les references qu il sort sont de toute facon dans le mythe et souvent graphique (je dirais que Sale y est pour beaucoup).

            J adhere parfaitement à sa vision de Superman de petit gars de la campagne.. je trouve que ca amene enormément au personnage (la seule autre option pour moi est de le ramener à une approche plus contestataire comme à ses débuts ou avec Morrison sur Action comics) mais aprés… Loeb est pour moi un auteur lambda.

          • Présence  

            Pour être honnête, en lisant ton commentaire, il ne me venait pas spontanément à l’esprit d’autres exemples d’histoires de Loeb que j’ai pu apprécier. Je suis donc allé farfouiller dans mes commentaires.

            Je rajouterais bien à la liste de ses bons récits, les 4 tomes de Superman / Batman (surtout les 2 derniers), et The Witching Hour paru chez Vertigo. Je trouve qu’il parle bien du deuil dans Captain America: Fallen Son.

            Par contre, il est vrai que j’avais été étonné par le manque de substance de Red Hulk.

  • Tornado  

    Arghhh ! Englehart meilleur que Loeb ! Là tu veux ma mort par arrêt cardiaque, c’est sûr !!! 😀
    Bon, c’est clair que pour le coup on n’a pas la même grille de lecture. Ni la même sensibilité (tout ce que j’ai lu d’Englehart était pour moi du pif-paf-pouf (Batman) ou alors du mauvais trip psyché comme dans Dr Strange ou Dracula, que j’ai trouvé très lourdingue aussi), même avec la toile de fond derrière.
    Je suis d’accord que Loeb est très inégal, surtout depuis la mort de son fils (son Hulk est une purge !). Je trouve néanmoins que lorsqu’il s’applique, son écriture est très élégante (même dans son Wolverine, qui n’est pas son meilleur boulot). Et le legs de Frank Miller, je le prends ici comme une plus-value.
    Ce qu’il a fait sur le thème du deuil me fait personnellement le mettre au dessus de l’auteur lambda. Il incarne pour moi l’idéal du comics de super-héros mainstream universel, accessible et dénué de lourdeur. Un truc que je peux lire sans trouver que les super-slips sont des nazes, avec une belle mise en valeur de mes souvenirs d’enfance (mais pas sur Hulk, on est d’accord).

    • Fred Le mallrat  

      Oui là on est pas d accord.
      Pour moi Loeb c est vraiment l auteur qui justement maintient le comics de superheros dans les combats faciles, sentiments lourdingues et intrigues simplistes que deja Lee/Kirby et Ditko essayaient de dépasser.
      Pour moi, Kirby, Ditko, Thomas, Englehart, Steranko, Starlin, Mcgregor, O’neil, Byrne, Simonson.. sont à des années lumieres devant lui.
      Pour moi, il est plus proche des Mcfarlane, Brandon Choi, Silvestri, Jim Lee.. c est les années images du comics.. bref le pire du scenario. Il me rappelle Len Kaminsky et ses scenarios reproduisibles (on augmente la puissance du personnage, on colle des guest stars.. le personnage est trahit par un proche.. c est bon !!)

      C’est dur mais c est vraiment mon ressnti et mon avis.

      Pour moi la reference à Miller c est la facilité plutot. Et même ses comics sur le deuil m’ont semblé trop simple (par contre je remets pas en cause qu il l a fait avec son coeur).

      Pour moi l ideal du comics mainstream universel c est plus des gens comme Peter David, C. Priest aujourd hui voire Slott ou Jeff parker (dans ses meilleures années) et dans le passé Byrne, Simonson ..

      Là on sera irréconciliable, j’en ai peur 😉

      • Eddy Vanleffe  

        Fred Van lente et Matt Kindt représentent à mes yeux les dernier chez qui je vois une « patte » perso au service d’une histoire moderne et pas « neuneu » ni regressif

  • Eddy Vanleffe  

    sans vouloir chicaner outremesure, je suis assez d’accord avec Tornado sur le Loeb chez DC. C’est à dire qu’il incarne bel et bien le coté traditionnel mais avec une forme moderne. à Marvel je le trouve assez lourd et pompier et rempli de facilité.
    Wolverine n’échappe pas à sa règle interne du un épisode/un guest qui n’a rien foutre là, ça tient pas debout et en plus il alourdit une continuité déjà bien chiante avec ses hommes loups sortis de nulle part dont descendraient tous les mutants poilus même…sasquatch? qui n’est ni mutant ni canin…la suite m’a fait bailler. il s’est mis en devoir de détruire l’univers Ultimate au propre comme au figuré, mais bon à la rigueur ULTIMATUM est tellement « too much » qu’il en devient rigolo.
    J’avais oublié HULK, c’est dire à quel point mon esprit ne l’accepte pas 🙂

  • Fred Le mallrat  

    Je n ai vraiment lu ses Batman avec Sale que récemment. J ai trouvé pas mal mais ca me rappelle un peu les Catwoman de Mandy Newell.. ou certains suiveurs de Miller sur Daredevil qui apportent peu mais restent (facilement) dans ses pas car ca fonctionne..
    Hush pour moi c est vraiment ce que tu dis de ses Wolverine et pour moi ca se rapproche de ses Hulks.
    On fait un tour du propriétaire, tiens y a Joker ici, tiens y Gordon.. mais ca tient pas et ca va beaucoup plus loin que justement faire un rapide tour des lieux..
    On va me dire « et Hush, lui même? » et là je dirais que ca ressemble à du Bendis qui balance un perso assez faible, stéréotypé que les autres développeront derrière..
    Vraiment, je ne comprends pas l’engouement envers lui.

    Bon après c’est pas grave, Tornado écrit bien et a des arguments (que je ne partage pas mais on s en fout)

  • Lecture DC  

    Gros coup de cœur pour ma part. Les saisons de Superman apportent cette trame narrative, le fil rouge qui manquait à Superman Man of Steel : ici c’est la rivalité et le combat entre Superman et Lex Luthor qui est superbement amené. Ce que j’ai le plus aimé, ce sont les illustrations en double page qui sont extraordinaires et bluffantes.

    —-> Lire la suite sur https://lecture-dc.fr/saisons-superman/
    —-> En savoir plus sur l’Ordre de Lecture DC Comics sur https://lecture-dc.fr

    INTRIGUES 5/5
    DESSINS 4.5/5
    PERSONNAGES 4.5/5

    LES PLUS
    Les illustrations en pleine page ou en double page magnifiques
    La confrontation Superman/Luthor que les habitants de Métropolis subiront
    La poésie se mélange aux illustrations

    LES MOINS
    La conception artistique de Clark/Superman qui peut rebuter certains

    • Présence  

      Merci pour cette analyse.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Un chef d’oeuvre. J’ai eu l’immense chance de le dire à Tim Sale lors de son passage à Bordeaux il y a quelques années. Son oeuvre que je préfère.

    Il y a du Marc Twain dans les textes de Jeph Loeb et du Rockwell matiné de Hopper dans les planches de Tim Sale. Une vision poétique de l’Amérique, à mon gout, sublimée par une mise en couleur aux tons pastels magnifique.

    Je garde précieusement mes deux exemplaires semic avec les petits mots et signatures de Tim Sale himself.

    • Présence  

      Sympa comme rencontre.

  • JB  

    Lana, à quoi l' »Ange » de Clark ressemble-t-il ? ^^
    J’ai eu un goût d’inachevé à la fin de cette histoire, je dois dire.
    Sinon, j’ai l’impression d’une référence ouverte à Miller sur la couverture du 3e numéro (Superman plongé dans l’ombre, éclairs à gogo), le plus sombre de la mini-série.

  • Tornado  

    @Fletch : A ta liste de références (Twain, Rockwell, Hopper), j’ajouterais aussi le cinéma de Capra.
    Je viens de retrouver mon commentaire, écrit sur la Zone il y a… 10 ans !
    Un an avant celui de Présence (je ne dis pas ça pour m’attribuer un quelconque mérite, attention !), qui hésitait au départ à lire cette mini et que j’avais convaincu de sauter le pas !

    « Une petite douceur, réalisée en 1998 par le tandem Jeff Loeb (scénario) et Tim Sale (dessin), spécialiste des relectures postmodernes et des récits intemporels mettant en lumière les super-héros sous un angle humain et poétique. « Superman For All Seasons » est ainsi à des années lumières des traditionnels comics bourrins et décérébrés. Nos deux auteurs lui préfèrent un caractère intimiste, qui explore le cœur de l’homme davantage que ses super-pouvoirs.

    Bienvenue dans le quotidien de Superman, dans sa vie de famille et son attachement à ses racines (terriennes), son départ du cocon parental, son difficile passage à l’âge adulte et son affirmation entant que personne. Ces quatre étapes seront déclinées au rythme des quatre saisons. Chaque étape sera narrée par un narrateur distinct (Jonathan Kent, le père, au printemps ; Loïs Lane, l’amour, en été ; Lex Luthor, l’ennemi, à l’automne ; Lana Lang, l’amie, en hiver.), mettant en lumière le personnage d’un point de vue différent.
    Un superbe album-concept, qui se lit d’une traite, gorgé d’émotion et de réflexion sur la figure du plus célèbre des super-héros. C’est magnifiquement écrit et dialogué, brillant et céleste comme un film de Frank Capra…

    Tim Sale n’est pas aussi impressionnant que d’habitude. Il faut dire qu’il atténue au maximum la puissance de son encrage afin que le coloriste Bjarne Hansen, aquarelliste et illustrateur de métier, s’attribue chaque planche à égalité. Son Superman et son Lex Luthor son presque esquissés, patauds et enfantins, à la manière des livres pour enfants. Seule Loïs Lane rappelle le charme puissant de ses autres créations. Il se dégage de ce parti-pris une candeur particulière, visiblement peu prisée de l’amateur de comics lambda, l’album ayant reçu un accueil mitigé en France, par exemple.
    La mise en couleur toute en aquarelle est également peu commune pour ce genre de production. Elle se coule pourtant parfaitement dans le concept, la succession des saisons faisant la part belle aux éléments (lumière, pluie, neige, etc.).

    La première partie fait un peu craindre une énième version des origines de Superman, qui plus est assez semblable à celles de John Byrne, réalisées en 1986 ( Superman : l’homme d’acier ). Mais dès le second chapitre, le traitement inédit se dévoile dans toute son ampleur. »

    RIP Tim ! Tes rares apparitions dans le domaine ses superslips vont me manquer…

    • Présence  

      Je te remercie de m’avoir convaincu de sauter le pas : quelle belle histoire.

  • Fletcher Arrowsmith  

    @Tornado. Bien vu la référence à CAPRA. Le type d’oeuvre qui murit en nous l’âge aidant avec la somme de connaissance et la sagesse que l’on accumule.

    Il faut que je le relise (il est ressorti) car je me demande si sur les deux premières saisons on ne peut également aller voir du côté de chez Steinbeck.

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