Vade retro, fan service !

Le défi Nikolavitch : Le fan service c’est le mal ?

Chaque mois, Alex Nikolavitch, traducteur, romancier, essayiste, scénariste et subisseur des beuveries de Bruce Lit est mis au défi de répondre aux plus grandes énigmes de la culture populaire

Un article de ALEX NIKOLAVITCH

Illustration de MATTIE BOY

Le rituel était bien installé. Je débarquais à intervalles réguliers au coucher du soleil chez Jonah J. Monsieur Bruce pour échanger quelques bouquins et comics. On se posait dans le jardin, à deviser avec gravité sur l’état du monde et de nos illustrés préférés en regardant passer les hérissons sur la pelouse et en dissertant parfois pour savoir si, oui ou non, ils étaient bien coupables des ravages constatés sur ses fraisiers, tout en sirotant diverses productions liquides dont l’abus est déconseillé par les autorités sanitaires, ce qui est ridicule vu que ça tue les microbes, et en ces temps troublés, toute aide est bonne à prendre.

Quand, soudain, la quiétude de l’instant fut rompue par une question sorte de nulle part. « On est bien d’accord, me demanda mon rédac-chef, le fan service, c’est le mal ? »
Sainte Vierge vérolée, c’était reparti.

Alors j’ai dans l’idée que la question inopinée ne couvrait pas seulement les « panty shots » et autres ressources graphiques hallucinantes consacrées à faire ballotter les roploplos de telle ou telle héroïne dans un animé ou un jeu vidéo. L’expression a depuis débordé pas mal, un peu comme les roberts en question de leur haut de bikini.

Le raccourcissement numérique du short de Harley Quinn dans le premier SUICIDE SQUAD a été qualifié ainsi, tout comme toutes sortes de références obscures, dans les films et séries Marvel, à des éléments des comics. Dans le premier cas, il s’agit de flatter les bas instincts des spectateurs, dans le deuxième de générer un buzz sur internet, qui participe à la promo : les gens ont disserté sans fin sur l’apparition, dans un coin d’écran d’un épisode de LOKI, de l’hélicoptère de Thanos, ou d’un sphinx qui pourrait, ou pas, être celui de Rama-Tut dans LE PHARAON DU FUTUR, vénérable album des QUATRE FANTASTIQUES. Force est de reconnaître que ces easter eggs sont plutôt sympathiques, et parfois n’en sont pas : dans certains cas (le Gant d’infinité vu dans le THOR de Kenneth Branagh, par exemple), il s’agit peut-être d’authentiques fusils de Tchekhov, d’une manière d’annoncer la suite.

Ce truc existe.
Spidey Super Stories n°39, ©Marvel Comics

L’easter egg nous amène à une autre forme de fan service : le caméo. Si l’on reste chez Marvel, les caméos de Stan Lee sont devenus une institution par eux-mêmes. Dans des remakes ou relaunchs, des caméos d’acteurs de la version d’origine, sans être une règle, sont courants : Richard Roundtree apparaît ainsi dans le SHAFT de 2000 avec Samuel L. Jackson. Plus que du fan service, il s’agit d’une forme de validation, un moyen de faire adouber la nouvelle œuvre par l’ancienne, même si l’acteur n’est peut-être là que pour le chèque.

Plus subtile, la présence de Richard Hatch dans BATTLESTAR GALACTICA, la version des années 2000, faisait suite à sa dénonciation virulente du reboot lorsqu’il avait été annoncé, qu’il voyait comme une forme de trahison de la série des années 70 dont il était l’une des vedettes. Après avoir vu le résultat, il est revenu à de meilleurs sentiments, et a intégré le casting, avec un chouette rôle d’ailleurs.

Une question se pose, aussi : où s’arrête l’hommage et où commence le fan service ? Dans SKYFALL, l’homme dont le nom est Bond, James Bond, ressort l’Aston Martin mythique associée au personnage. Fan service caractérisé, allez-vous me dire. Et tel le Francis Blanche moyen (paye ton caméo de l’improbable), je vous répondrais : « y en a. »

Du coup, même Bruce Wayne essaie de se donner le genre 007.
White Knight, Sean Gordon Murphy, ©DC

Il faut dire que la scène est marrante, mais pose une foultitude de problèmes de chronologie et a généré son lot de fan theories. Elle rappelle s’il en était besoin que la chronologie des aventures filmiques de 007 est compliquée. L’arrivée de Daniel Craig était censée être un reboot, mais il a été démontré qu’à peu de chose près, les Brosnan pourraient se dérouler sans gros problème de continuité entre QUANTUM OF SOLACE et SKYFALL. Les périodes Roger Moore et Timothy Dalton ont toutes deux fait référence à AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ avec George Lazenby (et surtout au mariage de Bond avec Diana Rigg). Avec le Bond de Daniel Craig, on a souvent l’impression d’être dans du DC « post CRISIS », où la continuité a été officiellement rebootée, avec certains éléments sont complètement réinventés et modernisés comme Q ou Moneypenny, quand d’autres, comme le M joué par Judy Dench et l’Aston Martin subsistent, ou sont réintroduits par les auteurs sur un caprice. Mais bien sûr, le spectateur est content de voir la bagnole mythique et d’avoir droit à un petit gag sur le bouton de siège éjectable. Notons que la Lotus Esprit sous-marine n’a pas encore repointé le bout de ses ailerons.

Alors bien, pas bien, l’Aston Martin ? En tout cas, elle n’a chronologiquement aucun sens : la fameuse bagnole appartient au mythe de Bond depuis 1964, soit quatre ans avant la naissance du 007 actuel. (Bon, en général ça ne choque pas les lecteurs de comics que nous sommes, vu que ces considérations chronologiques sont passées par pertes et profits dans nos illustrés préférés depuis un sacré bail, genre au moins la naissance de Franklin Richards et le fait qu’on feigne d’oublier que Ben Grimm a été pilote pendant la Seconde Guerre Mondiale).

On est avec l’Aston Martin dans le pur fan service, oui. Dans quelque chose de symbolique, aussi. Elle crée une connivence avec le spectateur, au défi de toute logique, et au risque de le faire sortir du récit s’il se met à réfléchir aux implications. Mais elle claironne « Bond ».

Même les scènes du smoking et du Martini, dans CASINO ROYALE, fonctionnent sur le même principe, quoique sur un mode mineur : elles montrent la construction graduelle du personnage de Bond tel qu’on le connaît… mais demandent pour prendre tout leur sel une connaissance préalable du personnage. C’est à la fois ce Bond-là qui se construit, mais aussi lui qu’on adoube, qu’on inscrit dans une suite narrative, à défaut d’une réelle continuité.

Tout cela nous éloigne peut-être de notre sujet, allez-vous me dire. Ces appels du pied au spectateur sont anciens, pas toujours fins, et on est quand même assez loin de la soubrette à gros seins qui est le cliché du fan service en japanime, par exemple. Même si, par ailleurs, la série des 007 a beaucoup eu recours à la plastique impeccable des James Bond Girls pour attirer le chaland. En comics, la plupart des titres de chez Top Cow étaient basés sur ce principe.

C’était un éditeur-concept, Top Cow, en son temps.
Dessin Michael Turner ©Top Cow

Mais revenons au fan service basé sur les easter eggs. Ça évitera que j’illustre la totalité de l’article à l’aide d’image licencieuses, ce qui attirerait peut-être du trafic ici, mais je refuse d’avoir recours à des méthodes aussi basses.

C’est pas d’hier, d’ailleurs, vu qu’il y a une vingtaine d’années, un de mes éditeurs commenta les ventes légèrement décevantes d’un de mes albums en me disant « ça se serait quand même mieux vendu avec une nana à gros seins sur la couverture. » Bref.

Le nibard fait vendre. Mais il existe aussi du nibard « meta ». Dans GALAXY QUEST, le film est consacré au phénomène des fans qui finissent par connaître l’objet de leur adoration mieux que les auteurs eux-mêmes et viennent au secours du casting de leur série préférée pour lui dévoiler tous les arcanes du vaisseau, que les acteurs ne connaissent que par le script et les décors, mais que les affictionados ont décortiqué à longueur de maquettes et de « sourcebooks ». Le rapport aux fans et au fan service est donc au coeur du film. Du coup, la désagrégation graduelle de l’uniforme de Sigourney Weaver, qui donne peu à peu à voir sa poitrine, est-elle du fan service, un commentaire sur le fan service, ou un truc qui a le cul entre deux chaises ? Le troisième degré, parait-il, c’est quand on fait semblant de faire du second degré tout en étant parfaitement premier degré. (vous suivez ?) À quel degré précisément se situe le décolleté de Sigourney Weaver là-dedans ? Gratuit ? Pas gratuit ?


Que penser puisqu’on en parle de READY PLAYER ONE ou du nouveau SPACE JAM qui mettent le paquet sur des easter eggs complètement gratuits pour certains ? On sent bien qu’il s’agit là de tirer la nostalgie, camarade, par la manche. Et dans ces quantités-là, ça devient aussi peu subtil que le coup de la soubrette.

Pareil, le phénomène n’est pas si nouveau qu’on croit. Le roman LA FORTERESSE NOIRE de F. Paul Wilson date de 1981 (les lecteurs les plus sagaces se souviendront qu’il a été adapté au cinoche peu après par Michael Mann). Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un roman d’horreur tout à fait sympathique dans lequel des Nazis occupant une forteresse en Roumanie se font croquer par une créature démoniaque qu’ils ont été imprudemment réveiller. Quel rapport avec notre sujet ? Déjà, les années 70 voient l’émergence d’une forme de Nazi porn. Sans aller jusqu’à évoquer ILSA LA LOUVE DES SS (chef d’œuvre cinématographique datant de 1975), un adage de l’édition veut depuis des années que coller une croix gammée sur une couverture augmente les ventes d’un bouquin de 30 %, un peu comme les gorilles sur les comics des années 50 (et les gorilles nazis, donc, c’est combo). Un thriller ou un roman d’horreur avec des Nazis, ça vend. Mais comme c’est de l’horreur, l’auteur s’amuse à faire des références à Lovecraft.

Hellboy vibe intensifies.
Dessin de Matthew Smith ©IDW

Pas de souci là-dedans, ça aussi c’est devenu un genre en soi, la moitié des aventures de HELLBOY sont d’ailleurs basées sur ce concept, et nul n’irait en accuser l’auteur de faire du fan service (par contre, pour l’éditeur qui a sorti il y a quelques années une adaptation en comics de LA FORTERESSE NOIRE dessinée par un clone de Mignola, on est en droit de se poser la question) (adaptation pas déplaisante par ailleurs, hein) (où j’en étais, moi ?) (ah oui) Donc, l’auteur du bouquin glisse des refs à Lovecraft absolument gratuites. Son récit tenait tout à fait sans ça, mais c’est pas hyper grave. Là où ça devient gênant, c’est lorsqu’il les assène avec un manque de subtilité digne d’un sketch de Jean-Marie Bigard : dans un recoin de la forteresse, les soldats trouvent non pas un, mais tous les livres maudits du mythe lovecraftien. On est dans le pur name dropping. Il n’y a pas seulement le Nécronomicon, mais aussi le livre d’Eibon et une palanquée d’autres. Et du coup l’effet est complètement loupé. Comme le bouquin se termine sur un happy end tiré d’un chapeau, ça annihile en plus tout le côté lovecraftien. À l’arrivée, l’utilisation des Nazis n’est pas un problème : l’auteur arrive à en tirer un truc intéressant en jouant sur une opposition entre l’armée régulière et les SS. Mais en virant les références gratuites et appuyées, et en supprimant la dernière scène, on avait un truc vraiment chouette. Là, non, il a un peu gâché son sujet.

Vous voyez où je veux en venir ?
C’est comme en tout, genre le tabasco dans la sauce ou les ours sur un tricycle. Il y a une question de dosage. Si vous martelez le fan service, l’effet sympathique de la petite référence qui va bien, du clin d’œil nostalgique ou rigolo va se diluer mécaniquement. Ça devient très vite lourd. Comme les nichons des soubrettes d’animé.

Notons les anatomies avantageuses et bien mises en valeur des protagonistes.
©Toei

Un cas particulier, tiens : THE MANDALORIAN. Les refs à l’univers STAR WARS sont légion. Y a dans cette série douze mille clins d’œil (dans cette quantité, on devrait peut-être dire clin d’yeux, d’ailleurs, non ? J’en sais rien) au reste de la licence. Le moindre gadget au mur renvoie à tel épisode, à telle série, à tel roman ou tel comics. On peut s’amuser à les compter et à les référencer (et évitez de faire un jeu à boire avec, y aurait du dégât). Mais… Mais on est face à un univers avec sa cohérence. Qu’une technologie se retrouve d’une planète à l’autre, qu’un élément soit repris et développé d’une série précédente, ça fait partie du jeu. Est-ce que c’est fait avec finesse ? Parfois oui, parfois beaucoup moins. On peut adresser pas mal de critiques à THE MANDALORIAN, mais celle d’abuser du fan service me semble un peu hors de propos.

Notons aussi que le reproche inverse a été fait au LAST JEDI de Rian Johnson, accusé de ne pas en donner assez aux fans, de ne pas respecter la licence. Et pour cause, c’est le seul épisode de la post-logie qui tente, plus ou moins adroitement, de proposer quelque chose de neuf.

Allons plus loin encore : une partie pas négligeable des films de Quentin Tarantino sont une déclaration d’amour aux formes de cinéma de genre qui l’ont bercé et construit. Des références, y en a à balles de guerre, chez lui, c’est même sa marque de fabrique. Mais lorsqu’il va chercher Pam Grier ou Sonny Chiba (récemment disparu), il y a fort à parier que la plupart de ses spectateurs ne savent pas qui c’est.Tarantino sait qu’il fera plaisir aux quelques fondus de cinéma bis qui capteront, mais en fait il se fait plaisir à lui-même avant tout. On a là une forme d’auto-fan service qui pourrait presque être dérangeante. La nuance, là, tient également au fait que l’hommage est sincère.

Bon, les lecteurs s’endorment, je vais les réveiller un peu.
Gun Maid,
©Ishino Kanon

Est-ce à dire qu’on est face à une part d’effet « le bon chasseur, le mauvais chasseur » comme dans le sketch des Inconnus ?
Jonah J. Monsieur Bruce me fixe d’un regard vitreux.
« Y a-t-il un bon et un mauvais fan service ? » me fait-il d’une voix éteinte, craignant visiblement que je ne reparte dans une explication alambiquée, digressive et bardée de références acrobatiques aux limites du hors sujet. Ou alors c’est qu’il s’inquiète pour ses fraisiers.

« Je vacille sous le choc », ajoute-t-il sur un ton morne.
Eh bien figurez-vous que c’est possible.
Qu’il y ait un bon et un mauvais fan service, je veux dire. Les dangers encourus par les fraisiers, je sais pas. On n’est pas chez RUSTICA HEBDO, ici.
Bref.
Où se situe la limite entre les deux ?

Là ça se corse, comme on dit à Bastia. (question subsidiaire, ce genre de calembours moisis sont-ils une tentative de ma part d’arracher un sourire navré au lecteur, qui sait que mes articles ont leur part de déconne devenue traditionnelle, ce qui m’oblige à sacrifier aux mânes de l’humour douteux parce que c’est ce qu’on attend désormais ?) (Ah, en voilà une question qu’elle est bonne, pas vrai ?) (vous pouvez vous gratter si vous vous attendiez à ce que j’y réponde, par contre).

La limite entre les deux est forcément fluctuante. Elle dépend surtout de l’œil du spectateur. Ce qu’à titre personnel je trouve sympathique, un autre le trouvera vulgaire. Ce que je trouve malhabile et pesant, peut-être le trouverez-vous fun. Le clin d’œil pour créer une connivence peut très bien fonctionner avec moi. Trop appuyé (et ça dépendra parfois du contexte, genre du nombre de bières que je me serai enfilées avant) (oui, la bibine me rend beaucoup trop bienveillant, c’est ma kryptonite à moi, en vrai), j’ai l’impression qu’on tente de me manipuler et ça peut me braquer. Oui, READY PLAYER ONE, c’est à toi que je pense.

Dosage, intention de l’auteur, tout cela conditionne pour partie la réception des choses. La sensibilité de chacun aussi. Comme dirait l’autre, on ne naît pas fan, on le devient (et, « exister d’être fan », c’est probablement se limiter) et cela influe sur la façon dont on consomme les œuvres.

N’oublions pas qu’hormis dans le cas d’œuvres obscures et cultissimes, les « fans » ne représentent qu’une minorité du public visé. Le spectateur lambda qui va voir le Marvel de la semaine un samedi soir avec sa famille n’a pas le background et s’en fout un peu, du moment qu’il passe un bon moment et a l’impression de comprendre l’histoire. Il constitue l’immense majorité du public. Les fans sont une minorité braillarde, qui s’investit dans les œuvres. C’est cette minorité-là qui va se pouiller pour savoir si tel ou tel truc est du fan service ou pas. Avec les paradoxes que ça entraîne.

Don’t be that guy.
@20th Century Fox

Les clins d’œil (d’yeux) (d’yeux du ciel, cette tentative de running gag est très mauvaise) de READY PLAYER ONE ne s’adressent pas aux fans en particulier (et aux fans de quoi, d’ailleurs ?), mais à notre inconscient collectif de spectateur, lorsque le Thanoscopter dans LOKI s’adresse à une ultraminorité de purs archivistes qui ont lu l’épisode des années 70 où apparaît cet improbable appareil, épisode qui est sans doute l’un des plus mauvais jamais consacrés à Thanos.

Rappel, la soubrette à gros nibards est là pour flatter les bas instincts et ramener le plus de lecteurs possible. Par définition, constitue-t-elle alors encore du fan service ? Ou n’est-elle que du racolage actif ?

Les yeux de mon bien aimé rédac-chef se plissent comme s’il était en proie à un tourment intérieur intense ou qu’il n’osait pas se lever pour aller pisser. Je m’apprête à lui faire signe d’aller vidanger sans attendre, parce que mine de rien, le génial astronome Tycho Brahe est mort de ça, quand même (je vous jure que c’est vrai) (pas de tourments intérieurs, hein, il est mort de pas s’être levé pour aller pisser) (ce genre de factoïde random est ma version du fan service pour lecteurs hardcores du défi).

« Attends, mec. Résumons un peu. Je te pose une question binaire et complètement bateau pour te remettre gentiment en jambes après les vacances, et tu trouves le moyen de très longuement ne pas y répondre au prétexte que la question n’a aucun sens ? »

« Non, qu’elle est mal posée, comme la plupart des questions de ce genre, parce que son objet est mal défini. Tout au plus, si on était partie des soubrettes à grosses loches, j’aurais pu analyser tout ce que sous-tend cette imagerie, au niveau domination sociale et... »

Je n’ai pas pu achever ma phrase. Sur les quatre heures qui suivirent, passées devant ma glace avec une pince à épiler à la main, je n’ai pu émettre que des grognements gutturaux. Il m’avait lancé un hérisson à la gueule, ce salopard, et j’avais des épines plein le pif.


29 comments

  • midnighter  

    il y en avait une très sympa dans l’ adaptation ciné de cluedo

    • Nikolavitch  

      Cluedo, le film, un petit bijou absurde. tu es un homme de goût.

  • JP Nguyen  

    Une citation discrète de Pascal Obispo dans un article qui convoque James Bond, les Inconnus et Tycho Brae, chapeau bas !
    Il faut dénoncer Bruce pour maltraitance envers les hérissons !

  • Matt  

    Ha ha j’ai bien rigolé^^
    Et en résumé oui, le bon fan service c’est celui qui est léger. Pas forcément hyper subtil mais qui n’abuse pas trop des références.
    Et aussi qui ne gêne pas le néophyte.
    Par exemple, tu n’en parles pas, mais dans le film SOLO, il y a un sacré paquet de problèmes. Déjà il y a une pause dramatique et une musique lorsqu’il récupère un pistolet laser…et si on a oublié (ou qu’on n’a pas remarqué) que c’était le même que celui de la première trilogie on est en droit de se dire « mais c’est quoi cet effet dramatique à la con ? il tombe amoureux du pistolet au premier regard ? » ^^

    Pareil pour le coup des dés. Putain on nous fait un foin pas croyable avec ces dés, même dans LAST JEDI, alors que moi j’avais jamais remarqué ce truc à la con dans la première trilogie. Alors pourquoi pas faire une petite référence dans un coin d’une scène genre « oh ! il a déjà les dés dans son vaisseau qui pendouillent, comme dans les originaux »
    Mais quand ça devient un enjeu dramatique des films tu te dis « mais WTF ? C’est quoi ces trucs ? Pourquoi c’est si important ? »
    Une référence obscure pour les gros fans se doit au moins de ne pas modifier le scénar ni prendre une importance majeure parce que pour les autres spectateurs ça n’a aucun putain de sens.
    Embaucher Sonny Chiba dans Kill Bill 2 c’est pas gênant parce que si les néophytes ne le reconnaissent pas, ça change que dalle, c’est un maitre forgeron japonais quoi.

    Bref quand c’est trop appuyé ou que ça prend une trop grande ampleur alors qu’il s’agit d’un détail obscur pour les mega puristes, il y a un souci. Non seulement c’est lourd mais ça peut même devenir incompréhensible.

    • Nikolavitch  

      voilà. comme tirais le général, tu m’as compris.

      (Solo, y a sans doute le changement de réal en cours de route qui a joué, mais le film est incroyablement bancal, notamment pour ce que tu décris).

      et sinon, merci pour le dessin (et la petite ref franquinesque qui va bien)

      • Jyrille  

        Ah oui, encore une fois bravo et bien vue pour la référence à Franquin, Mattie !

  • Matt  

    Et d’ailleurs dans SOLO on est quand même en présence d’un prequel…que tu ne peux pas regarder avant la première trilogie. Parce qu’il y a des effets dramatiques appuyés faisant référence à la première trilogie.

    Je sais on va me dire « mais tout le monde connait la premiere trilogie »
    bah non. Mes neveux ne l’ont pas vue encore.
    Et si jamais l’idée nous était venue de leur monter SOLO avant (ce qui n’est pas le cas car j’en ai rien à foutre de ce qu’ils regardent et dans quel ordre^^ mais bref…) bah non, c’est pas recommandé quoi.

    Bref pour moi une oeuvre doit pouvoir tenir debout sans le fan service, sans que tu te questionnes sur des effets étranges de mises en scène qui n’ont de sens que pour 10% du public.
    Ce doit être du bonus seulement le fan service.

  • Présence  

    2 illustrations de Mattie Boy dans la même semaine : nous sommes gâtés. Merci.

    Le troisième degré c’est quand on fait semblant de faire du second degré tout en étant parfaitement premier degré. (vous suivez ?) – Ah ben non, là ça me perd à chaque fois, parce que c’est aussi du genre You can’t have your cake and eat it too.

    Ne pas en donner assez aux fans : voilà un constat qui ‘interpelle et qui me renvoie à l’incidence inquantifiable de fans déçus sur les réseaux sociaux. Est-ce que de toute façon toute publicité est bonne à prendre, critique positive comme négative ? Ou est-ce que cette forme de râlage peut avoir un effet démotivateur sur les potentiels spectateurs ? Ou qu’importe du moment que les influenceurs vivent de leurs polémiques ?

    Auto-fan service : Level up! 😀

    Y a-t-il un bon et un mauvais fan service ? J’ai beaucoup aimé ce développement dans lequel le fan service est dans l’œil de celui qui le contemple. 🙂

    Lecteur, qui sait que mes articles ont leur part de déconne devenue traditionnelle, ce qui m’oblige à sacrifier aux mânes de l’humour douteux parce que c’est ce qu’on attend désormais ? Mince, même le grand Nikolavitch en est réduit à faire du fan service pour contenter son éditeur. Triste monde.

    Si j’existe, c’est d’être fan : sympa, une référence que j’ai captée et une chanson que j’aime, en particulier sa version Enfoirés 2008, avec Alizée. Mais ça ne fait aucun doute, être fan est une partie significative de mon existence, et j’apprécie la connivence créée par le fan service.

    • Nikolavitch  

      alors, pour l’anecdote, j’avais pensé en bande son au morceau Fan, d’Obispo. dont le clip est pas dispo sur youtube. donc je m’étais rabattu sur Without Me d’Eminem, avec ses refs à Batman et Robin (entre autres). Là, notre bien aimé rédac’chef a fait son rédac’chef. il m’a laconiquement répondu « non »

  • Tornado  

    Un défi plus long et plus foutraque que d’habitude ! C’est rigolo parce que cette fois on est plus dans le côté « réflexion sur le sujet » et moins, comme les autres fois, dans celui de la « pédagogie sur le sujet ».

    Du coup je me dis que je le relirai à tête reposée, parce que ça part de tous les côtés et qu’il y a matière à y revenir ! 🙂

    Moi j’aime bien le fan-service. Mais c’est vrai que lorsque c’est gratuit, ou plus exactement lorsque c’est poussif, que ça vient dans le film de manière non organique, en plus du récit, pour bien crier de manière clinquante avec une alarme clignotante « regardez l ! Y a la référence ! Vous la voyez ?!!! » (Tex Avery faisait ça sur le ton du 2nd degré justement), et bien là c’est exaspérant. SOLO fonctionne effectivement comme ça et ça gâche un film qui par ailleurs aurait pu être assez sympatoche (il faut dire qu’il y a aussi l’acteur principal qui gâche le film, comme quoi c’était mal barré…). Et les James Bond fonctionnent effectivement à l’inverse, c’est-à-dire bien.

  • JB  

    J’adore la référence à Gaston ^^
    GALAXY QUEST : Pas gratuit. Le personnage de Sigourney Weaver indique dès sa première scène que la question qu’on lui pose le plus fréquemment porte sur la manière dont son costume met en valeur sa poitrine, l’une des 2 fonctions de son personnage dans la série TV (l’autre étant de servir de perroquet à l’ordinateur de bord). Référence à 7 of 9 dans Voyager, il me semble…

    • Nikolavitch  

      my point exactly. d’où le fait qu’il y ait là dedans du troisième degré, à mon sens.

  • Kaori  

    Eh bien moi j’ai adoré cet article. Tu devrais compiler tes défis pour en faire un livre, je l’acheterai direct !

    Par contre, je suis chafouin que Bruce ait bloqué la chanson d’Obispo !
    Cela dit, le hérisson rattrape un peu…
    Il faut que j’aille voir ce clip d’Eminem…

    • Bruce lit  

      Moi vivant, jamais Obispo ne pénétrera l’enceinte de ce blog !
      Et pourquoi pas Queen, pendant qu’on y est ?

  • Matt  

    Et si on reparle de Tarantino et de Kill Bill par rapport à l’article d’hier^^ :

    Pour la Chine :
    -Gordon Liu dans le rôle du chauve des crazy 88 de Kill Bill 1 et aussi du vieux Pai-Mei dans Kill Bill 2 était un acteur de la Shaw Brothers (le héros de la 36eme chambre de Shaolin)
    -le personnage de Pai Mei lui-même apparait dans « Les Exécuteurs de Shaolin » de la Shaw Brothers
    -les noms des 5 assassins qui bossent pour Bill sont une référence à « 5 venins mortels », un autre Shaw Brothers
    -La tenue de la mariée est évidemment celle de Bruce Lee

    Pour le Japon :
    -Des plans repris de Lady Snowblood
    -Le personnage de O-ren Ishi inspiré de Lady Snowblood
    -les chansons de Meiko Kaji qui jouait Lady Snowblood et la femme scorpion
    -Sonny Chiba dans le rôle de Hattori Hanzo

    Bon bref j’en oublie encore plein…
    Mais par contre pour les néophytes (donc presque tout le monde ici si j’en juge par les retours sur les articles de films asiatiques^^) ça n’a gêné personne pour piger l’histoire. Tout au plus on se doute que c’est un hommage à de vieux films.

  • Bruce lit  

    J’adore cette cover parce que sans le savoir Matt retranscrit à merveille les ambiances des conversations avec Alex. Je n’aurais jamais pensé devenir un héros de Franquin. Je peux mourir en paix.
    PS : le coupable n’était pas le hérisson mais une limace…

  • Eddy Vanleffe  

    Je me suis bien marré, et je me suis instruit, bref! comme d’habitude c’est un bon crû…
    Galaxy Quest, Emilie Jolie, je suis conquis (c’est vrai) (si, si)

  • Jyrille  

    Magnifique comme d’hab. Je me suis poilé tout au long de l’article, la conclusion est géniale, la BO fait du coup sens (j’avais complètement oublié cette chanson, et cette version est complètement improbable, d’où sort-elle ?) et j’apprends plein de choses. Panty shots déjà, je ne savais pas que le fan service pouvait également s’adresser à autre chose que des références de geeks. Je ne pensais que le fan service n’était que ça. Pareil avec « mânes », il faut que je trouve ce mot dans le dico, jamais lu avant.

    Je suis donc forcément d’accord avec toi, tout dépend du dosage. De mon côté j’ai aimé READY PLAYER ONE, déjà sans doute parce que j’ai dû louper une tonne de références (je crois que je n’ai reconnu qu’un seul personnage dans le premier travelling qui nous emmène dans le monde virtuel de l’Oasis) et ensuite parce que celles que j’ai reconnues étaient sympas. Evidemment, j’ai trouvé tout ça bien trop appuyé, souvent, entre la BO, les fringues années 80 de personnages évoluant en 2020, le fait de dire que tout était mieux dans les années 80 y compris BUCKAROO BANZAÏ que je n’ai jamais vu, dont j’avais vaguement entendu parler à l’époque, et qui a l’air d’être un navet intergalactique mais il y a tellement de choses réussies à côté que je suis devenu indulgent. Surtout qu’en fait, la meilleure séquence s’appuie sur SHINING, car Kubrick était un grand ami de Spielberg, et que tout le film est complètement méta pour moi : c’est Spielberg qui tente de retrouver l’ambiance des films comme E.T. ou les Goonies en 2015 tout en y faisant totalement référence. C’est un exercice de style où je trouve Spielberg bien plus convaincant que beaucoup d’autres de ses films récents (sauf MINORITY REPORT et LA GUERRE DES MONDES qui sont vraiment excellents. Mais MUNICH et A.I. c’est pas possible.).

    Je suis également volatil sur le fan service. Je n’ai pas aimé la fin de BREAKING BAD car pour moi c’était du pur fan service, une sorte de fin parfaite attendue par les nombreux fans. Tout le contraire de GAME OF THRONES que j’ai personnellement trouvée tout à fait logique (à part les morts de Cerseï et son frère que j’ai trouvées paresseuses). Alors que la fin de BROOKLYN 99, dont je suis fan, fait clairement du fan service en rappelant plein de moments marquants de la série, ramenant tous les personnages passés emblématiques, et tout ça sur deux épisodes de 23 minutes. Et ça marche à fond, la fin en devient parfaite, c’est du haut vol. Comme quoi, l’intention première, comme lorsque tu parles de Tarantino, prévaut bien.

    Merci infiniment Alex !

    • Bruce lit  

      La BO : Issue de Emilie Jolie. La dernière participation de Georges Brassens avant sa mort.

      • Jyrille  

        Merci. J’avais complètement oublié ça. Alors que j’étais fan, enfant.

  • Patrick 6  

    Ahah bravo pour avoir glissé dans le même article des référence à Obispo et Galaxy Quest ^^ Du reste je me suis demandé si j’avais mal vu le reste de la filmographie de Sigourney ou si sa poitrine était un effet spécial ^^ Quoi qu’il en soit ayant découvert le film (très) à postériori le film je me suis demandé s’il était contemporain de VOYAGER et de sa légendaire 7of9 (à noter que, comme par hasard, la série Voyager est devenue -finalement- intéressante avec l’arrivée de l’actrice Jeri Ryan ! Comme quoi, une bonne actrice, des gros seins et une tenue moulante feront toujours la différence) Bref donc oui GQ est contemporain de Voyager, le clin d’œil est donc d’autant plus savoureux (hum).

  • Tornado  

    Et sinon j’ai failli sursauter de joie en lisant la référence à ILSA, LA LOUVE DES SS en pensant qu’Alex nous aurait mis une image de mon idole Diane Thorne (à la place de ces dessins de manga à la noix) et… puis que dalle… Dieu que j’étais déçu… 🙁

  • Jyrille  

    Avec Maël et Zoé, on sort de la projection de MOURIR PEUT ATTENDRE (NO TIME TO DIE), le dernier James Bond : c’est très très bien. Et y a plein de trucs à dire mais impossibles à dire sans spoiler.

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