X-MEN ELSEWHEN par John Byrne
Huginn & Muninn – 240 pages – 32€
Un article de BRUCE TRINGALE

Elle était attendue, cette version des X-Men par John Byrne, un What If qui compilerait ses idées s’il n’avait pas quitté les mutants après le légendaire DAYS OF FUTURE PAST et qui y ajouterait une Jean Grey non suicidée après la saga du Phénix Noir, mais décérébrée par l’empire Shi’ar et avec l’âge mental d’une enfant de 5 ans.
Même si le trait n’est plus aussi rond qu’auparavant et embelli par l’encrage de Terry Austin, que certains personnages, notamment Cyclope, semblent manquer de volume, le X-Fan ne pourra que se sentir chez lui avec cette production 100 % Byrne, des couleurs aux décors, avec ces corps agiles et gracieux, ces fuites de héros verticales, ces chouettes chorégraphies des pouvoirs des X-Men et surtout, des combats contre des Sentinelles, des Sentinelles et encore des Sentinelles que Byrne semble adorer dessiner et décliner sur son fameux modèle de DOFP.

Allo, Neal Adams ?
Paradoxalement, son Wolverine qu’il adorait est plus con que jamais et peu efficace au combat, tandis que Cyclope, Kitty Pryde, Tornade et Colossus brûlent de mille feux.
Reste un scénario qui tient plus du fil rouge pour se divertir (tout ça est parti d’un défi sur son blog) qu’un véritable run à proprement parler, retrouver des X-Men en perpétuelle légitime défense avec des incursions des autres équipes de Byrne : les Avengers et les FF. Tout ça est décomplexé, incroyablement divertissant à défaut d’être très profond, ça se chante, ça se danse comme une chanson populaire dont Byrne serait le mélodiste et à laquelle il manquerait les paroles, paroles, paroles de Claremont.
Une agréable version Byrnienne de X-Men : Vignettes, en fait

Des sentinelles comme s’il en pleuvait

Merci pour le partage.
La fanfic de Byrne, je suis toujours pas preneur. J’avais jeté un oeil sur son blog : des rednecks sur le point d’agresser sexuellement une Jean Grey dont l’esprit a régressé ? Nan, pas envie.
De manière générale, X-Men: The Hidden Years m’avait déjà convaincu que Byrne sur un titre X-Men n’était plus un concept qui m’intéressait : l’exercice de jongler entre 4 ou 5 intrigues en même temps sans Claremont était un échec.
Pas suffisamment nostalgique ou attaché aux X-MEN de Byrne (bien que je les ai lus) pour me précipiter la dessus, j’entends beaucoup le terme de « fan fiction » quand on parle de ces ELSEWHEN, c’est marrant (c’est quand même l’auteur lui-même qui écrit cette nouvelle histoire, pas juste un fan, pas n’importe qui) et en même temps ca dit peut être les limites d’un tel projet qui a du mal a dépasser sa fonction d’objet destiné à flatter le fétichisme du fan justement.
Alors je ne sais pas ce qu’est X-Men : Vignettes mais je pensais que cette édition allait t’inspirer un long article et c’est tout le contraire. Il n’y a même pas de note ! Mais bon, de toute façon, il n’était pas concevable que ce livre n’apparaisse pas sur le blog.
Merci,
J’attendais un article sur cet album que j’ai acheté et lu cette semaine, par curiosité nostalgique.
Une aventure assez étrange quand on lit le prologue de l’album où Byrne explique qu’il a fait ça pour s’amuser, en donnant les pages une après l’autre sur son site ByrneRobotics, sans aucune intention de les voir publier un jour.
C’est vrai que graphiquement, on sent la fatigue du dessinateur : les visages sont parfois déformés, l’encrage est assez fade, mais on sent qu’il a travaillé la mise en page, et le clin d’oeil à Neal Adams sur certaines planches est plutôt plaisant.
L’histoire en revanche m’évoque la période Byrne solo sur les FF : des rebondissements permanents mais un mini fil rouge narratif, une sous-intrigue, qui revient sur quelques cases dans chaque épisode, et qui n’émergera que dans le tome 2.
Comme le retour de Fatalis pour les FF, Byrne ramène Magnéto le temps d’un combat éclatant mais totalement vide de sens. Et la saga des Sentinelles se conclue par un Deux Ex Machina improbable qui règle les problèmes quand tout semble perdu… c’est bien la méthode Byrne !
Cet album est donc assez plaisant à lire si on apprécie l’orchestration des combats ‘à la Byrne’ et les guest-stars inopinées (Spiderman, Vengeurs, FF) mais il manque un scénario qui pourrait a minima transformer l’exercice graphique en dystopie crédible
Un article express pour un projet à la longue gestation (débutée en 2018/19) en forme de fan fiction réalisée par un professionnel, pour aboutir à une édition validée et assumée par Marvel.
Visiblement il manque une de ses équipes à l’appel : Alpha Flight ?
Tu as tout dis : c’est une récréation pour tout le monde, cette fugue créative-là.
Bon, l’origine légère de la chose (le défi susnommé) justifie (ou en tous cas explique !) l’absence de vraie implication au niveau des personnages -jusque dans leur rendu graphique, parfois, tant le style « moderne » de John Byrne a perdu en sensibilité ce qu’il a gagné en efficacité (même si les Schtroumpfs ont toujours des visages de lilliputiens, par contre 😁 !).
Pas encore lu en entier ; mais je me souviens m’être un peu fait barber (j’en étais peu ou prou là où Jean commence à émerger (?!), je crois…) , la direction prise par l’histoire faisant pas mal de sur-place : il a creusé à sa manière le plot prévu à l’origine, que je trouvais déjà idiot de toutes façons -même avant l’intervention radicale de Jim Shooter- et se retrouve à jouer à la poupée avec des personnages un peu vidés de leur substance (ce qui faisait quand même quatre-vingt-dix pour cent de leur intérêt.).
Faut que j’essaye de remettre la main dessus -façon de parler- histoire de me faire une idée définitive du truc.
C’est bizarre, ce qu’on ressent à la lecture de cette Fan-Fiction -car ça n’est que ça, finalement…
En moins pire, un peu les impressions qui m’ont saisi la fois où je me suis retrouvé avec l’un des derniers albums de Lagaffe par Franquin -une édition tardive de quelques planches réalisées des années après « La Saga Des Gaffes » : comme un truc parfaitement irréel, à des années-lumières de ce à quoi on était habitué, et d’une saveur plutôt amère dans ce cas précis.
Avec ces Next-X-Men, c’est quand même beaucoup moins déstabilisant car infiniment moins grave, même si pas forcément confortable.
« Il ne faut jamais revenir
Au temps caché des souvenirs
Du temps béni de son enfance… ».
Barbara.