ZIZANIE DANS LE METRO (NEVERWHERE)

Neverwhere par Neil Gaiman

Un article de ZOK

VF : J’ai Lu

Bon, ben voilà que je m’y recolle… Et de mon plein gré encore ! Masochisme ? Stockholm Brucien ? Rien de tout ça.

Juste le plaisir, naïf et détendu, de vous donner envie de lire, si ce n’est déjà fait, ce que beaucoup considèrent comme un classique. C’est aussi l’occasion de vous permettre d’admirer à nouveau mes œuvres réalisées sur Paint sans trucage.

Et ce classique, qui aurait eu une place de choix évidente dans mes lectures d’adolescent mais que je vais vous présenter avec mes yeux d’adulte de plus en plus presbyte, c’est NEVERWHERE de Neil Gaiman.
Gaiman, le grogrodile ? Alter-Zok., tu sors, et plus vite que ça !

On peut passer autant de temps à écumer Wikipédia pour différencier les caïmans, les crocodiles et les alligators que pour comprendre la différence entre un bayou et une mangrove. Mais qu’est-ce que je raconte, je n’ai même pas commencé que je me suis déjà perdu…
©J’ai Lu
Judge a book by its cover !

Ce livre fait partie de ceux que j’ai déjà tourné dans tous les sens dans une Fnac ou toute autre librairie sans jamais l’acheter. Cette fois fût la bonne. C’était dans une libraire qui fait principalement du comics et du manga mais qui a aménagé un espace dédié aux romans classiques de SF et autre Fantasy. Forcément, quand on est entouré comme ce livre l’était, ça pose les jalons d’une légitimité indiscutable.

Et puis, j’ai trouvé cette couverture intrigante.
Oui je suis sensible à la couverture. Très sensible. Je vais la voir, la regarder, l’apercevoir quand je prends ou repose le livre pendant environ une semaine. Idéalement, elle doit m’appeler autant que l’histoire. Au pire, elle ne doit pas me rebuter. J’ai énormément de mal à lire un livre moche ou dont la couverture ne me plait pas. Mieux vaut encore une page blanche que certaines couvertures horribles (On parlera d’un vieux Bradbury qui traîne une autre fois).

C’est beau, j’achète. C’est aussi simple, vraiment ? C’est arrivé, en musique aussi, et souvent je suis déçu, donc la réponse est non.
Dans ce cas précis, comme Gaiman revient régulièrement dans les esprits des binge watchers et dans tous les rayons comics, et que je ne lis pas de comics je le rappelle, je me suis dit que ce serait un beau retour aux sources, juste après avoir regardé Sandman sur Netflix, de cet auteur dont je connais finalement peu de choses en dehors de son fétichisme pour les yeux, les Dieux, les anges et les portes comme on le verra ici. Je sais d’ailleurs que ceux qui connaissent ses œuvres par cœur me jalousent puisqu’il me reste à les découvrir.

Finalement, chez Bruce, entre BD, comics et autres geekeries, on est un peu comme dans cette librairie. Et comme l’espace consacré aux romans finira par trouver sa juste place dans ce joyeux maelström, je pose ce livre là en attendant.

I am going deeper underground

Arrivé à Londres depuis sa campagne profonde, Richard Mayhem s’est construit, assez classiquement mais avec un strict respect des clichés, une vie que l’on peut, en toute sympathie, qualifier de merdique. La relation avec sa dulcinée, Jessica, donne au célibat une attractivité définitive. Son travail dans la finance semble empreint d’une vacuité abyssale. On devine le reste à l’avenant.

Dans la Finance, il n’y a que deux choses à retenir…
©2013 – LE LOUP DE WALL SREET – Metropolitan Films
Source : strongsocials.com via image

Alors qu’il se rend en couple à une soirée importante qui contribuera à creuser profondément ce sillon qui mène à une crise de la quarantaine carabinée, il ose soudain tirer sur son collier pour porter secours à une jeune femme visiblement mal en point couchée sur le trottoir. A l’autre bout de la laisse, Jessica s’impatiente, oscille comme d’habitude entre récompense et menace et finit par partir, ulcérée. Elle avait passé tellement de temps à façonner ce malléable homme-objet-social pour lui permettre d’accéder à une vie mondaine probablement merveilleuse que l’abandonner sur un trottoir va la contrarier énormément… environ quinze secondes.
Mais l’histoire se passe bien évidemment ailleurs car, même si nous devinons déjà que l’on retrouvera Jessica plus tard, nous ne sommes pas dans une romcom de Noël.

Richard va ramener Porte, la jeune femme blessée, chez lui puisqu’elle lui interdit de l’emmener à l’hôpital. Une fois sortie d’affaire, poursuivie par un duo d’assassins implacablement loufoque – Croup et Vandemar – elle disparait, profitant du pouvoir familial dont elle tire son nom qui lui permet d’ouvrir des portes bloquées ou qui n’existent pas en apparence. Richard voit alors sa vie basculer. Plus personne ne va le reconnaître, il va devenir transparent. Du moins pour le Londres d’en haut !

Car dès qu’il trouvera quelqu’un auprès duquel il ne sera pas invisible, bien évidemment un clochard, il aura comme seul objectif de retrouver Porte dans le Londres d’en bas, littéralement dans les sous-sols de la ville, pour qu’elle l’aide à retrouver sa vie d’avant. Quête que l’on devine vaine puisque sa vraie quête consistera à comprendre qu’il était déjà transparent bien avant sa rencontre avec elle et qu’une vie meilleure l’attend s’il saisit sa chance.

La popularité renouvelée de l’expression « France d’en bas », résurgence d’un mépris intemporel, rend encore plus évidente une métaphore sociale assumée tout au long du roman. On la retrouve d’ailleurs dans bon nombre de contes avec la galerie de personnages et de situations qui leurs sont rattachés.

Le conte est bon

Car c’est bien d’un conte qu’il s’agit et on navigue donc dans un inconscient collectif qui laissera fondamentalement peu de place à des surprises, la qualité du livre reposant plus sur la narration que sur l’histoire proprement dite.

La quête de Richard devra s’imbriquer dans celle de Porte qui cherche à élucider le meurtre de sa famille. S’ensuivra alors un périple avec des personnages hauts en couleurs dont certains suivent également leur propre quête. Inutile d’en dire plus.

Et c’est à cela que l’on peut affirmer que Gaiman fait partie des grands conteurs. Il vous prend par la main et vous transporte à travers un Londres parallèle, vous en fait découvrir des recoins insoupçonnés, et vous guide jusqu’à une sortie attendue mais au seuil de laquelle on se surprend à regarder en arrière. Toutes les histoires ont été racontées, dit-on. Peu importe puisqu’on ne se lassera jamais de celles qui le sont avec tant de créativité.

Sa plume est simple, riche, belle et précise. Elle s’insinue dans les méandres d’un sous-sol inconnu, soutenant les protagonistes ici, prélevant son dû sans complaisance ailleurs. Elle forge des héros, désinhibe des pleutres, mate les coquins, dresse des ombres effrayantes, nous rassure, venge, trahit, dessine la repentance, tue et ressuscite dans tous les sens du terme, nous énerve, nous émeut, nous fait réfléchir, nous enrichit, nous immerge enfin dans une communauté que l’on a du mal à quitter.

Les relations entre les personnages se révèlent finalement plus complexes qu’il n’y parait. On évite la facilité d’un duo amoureux. On suggère beaucoup, par touches intelligentes et dosées. Rien n’est aseptisé, sans pour autant nous brutaliser. Bref, Gaiman marche sur l’eau.

Il fait d’un conte classique un support à sa taille pour y déposer des dorures à l’or fin qui nous font oublier ce qu’il y a derrière la scène et même ce qu’il y manque.

Deutsch Qualität

Une des forces du roman est la description historique et/ou fantastique des stations de métro emblématiques de Londres. Flottant dans ces explications, je n’ai eu aucune envie d’aller vérifier s’il y avait derrière tout ça la moindre parcelle de vérité. Ça n’a strictement aucune importance. Nous sommes dans un conte et je n’ai aucune envie de revenir à la réalité. J’ai d’ailleurs décidé, pour mettre tout le monde d’accord, que Lorànt Deutsch avait puisé sa passion du métro parisien dans ce livre.

Ici était prévue une photo de Lorànt Deutsch (interprète Burgonde et historien à l’Aberkane Académie), mais j’ai préféré mettre le monstre du labyrinthe, beaucoup moins effrayant
©Paul Metreyeon (thanks to Robert Kauzlaric)
Vous avez dit interprète ?

Il me semble absolument impossible de vous parler de ce livre dans sa version française sans aborder la traduction. Patrick Marcel nous ouvre ici la porte, car c’est bien par son intermédiaire que nous allons pouvoir réaliser ce voyage underground.

Si un mauvais livre n’a aucune chance de devenir bon une fois traduit, l’inverse est complètement possible. Et entre les deux ? La plupart du temps personne n’y pense jamais. On se dit juste, tiens j’ai lu tel auteur américain, anglais, indien, russe, norvégien… sans jamais réfléchir au fait que l’on ne parle aucune de ces langues suffisamment bien pour se passer d’un intermédiaire.

Mais parfois, il arrive que l’on se dise : « Diantre, il y a dans cette traduction un travail d’orfèvre qui a toute mon attention ». C’est le cas ici. Vous me direz, c’est normal, la base est riche, il y a du médiéval, des jeux de mots, des objets et des tenues particulières…

Permettez-moi de ne pas être convaincu. Sans en faire forcément une obsession, je savais par exemple que lorsque j’empoignais un livre de Jack Vance traduit par Arlette Rosenblum, le voyage allait bien se passer, ce qui n’était pas forcément le cas autrement, les yeux se prenant aux barbelés à certains endroits.

Le métier de traducteur, franchement, c’est trop facile.
©Jamaizoù, de Neil Grogrodile, a fairy conte of ze soussol
©J’ai Lit

Et pourquoi je parle de Jack Vance ? Parce qu’il est impossible pour moi de ne pas y penser en lisant des phrases du genre : « …le bras appuyé sur l’épaule d’un bouffon en livrée bicolore râpée. »

Déjà pour le mot ‘livrée’ en lui-même et ensuite parce que dans un recoin des souterrains de Londres, on ne s’attend pas à voir des gens habillés de manière bigarrée. On se dit alors que ce voyage dans les bas-fonds pourrait aussi bien être dans les étoiles tant le concept d’autre monde recouvre à peu près tous les exotismes, du moment que l’on quitte notre quotidien, dont la plus grande pauvreté est onirique.

Evidemment, chacun mentionnera toujours les références dont il dispose. Certains, plus connaisseurs de l’univers gaimanien, y verront surement d’autres auteurs ou d’autres références. Mais, après quelques recherches, je me suis aperçu que Gaiman était bien un fan de Vance et que s’il cite principalement le MAGICIEN D’OZ, NARNIA et autres contes (le marquis de Carabas fait d’ailleurs partie du Londres d’en bas), le vieux génie n’est finalement jamais très loin. On se rappelle d’ailleurs que le ressort de la GESTE DES PRINCES DÉMONS, par exemple, est une vengeance des plus simplistes mais ne nous empêche pas d’en dévorer les cinq tomes pour faire voyager nos sens.

Ah, mais c’est Marcel ! Tu peux y aller les yeux fermés…
©1983  BANZAÏ – Pathé
De la culture tout court à la culture Geek

Ah ben oui, je n’ai pas vu de copyright alors je pique le slogan et je l’inverse pour changer le point d’entrée. Depuis que je navigue sur ce site, je n’en finis plus d’affiner le nuancier qui sépare les œuvres grand public des aventures de slips fluos avec capes. C’est quand même ici que je me suis récemment fait dépoussiérer la case Joan Baez et, sans me transformer en fan, ça m’a permis de mettre certaines choses en perspective et de faire tomber des préjugés.

C’est exactement mon souhait avec ce genre d’article. Je ne vise pas ceux qui l’ont lu, ni les fans de Gaiman, mais des personnes qui l’auraient étiqueté ou ne connaîtraient pas son univers pour leur permettre par ce fil qui dépasse de dérouler la pelote et d’aller plus loin sur cet auteur et ses romans ou, de fil en aiguille, sur d’autres supports qui n’auraient jamais été approchés autrement.

Et même si on ne franchit pas le cap, on aura passé un excellent moment. En effet, je ne pense pas me tromper en affirmant que NEVERWHERE est un excellent point d’entrée dans le monde de Neil Gaiman, puisqu’il est de ces livres dont on ferait naturellement un jeu vidéo, un film, un jeu de rôle, une BD, une pièce de théâtre, une série… une série ?

Et la série BBC, on en parle ?

Evidemment que l’on va parler de la série, puisqu’initialement, NEVERWHERE est une série réalisée pour la BBC en 1996. Gaiman explique en préface que, frustré par les coupes subies par son scénario du fait des contraintes de tournage, il n’avait de cesse de dire « je mettrai ça dans mon livre ». Ce qu’il a fait rapidement, le livre sortant la même année. Depuis, il l’a retravaillé et il s’agit ici d’une version revue et corrigée en 2005.

Par curiosité, et pour ne pas faire le boulot à moitié, j’ai regardé la série de six épisodes. Premier point sympa, on y découvre des acteurs que l’on reverra plus tard pour certains. Dans le désordre :
Peter Capaldi dans le rôle de l’ange Islington : voilà qui tombe bien parce que certains épisodes de DOCTOR WHO sont parfois adjacents avec l’esprit de NEVERWHERE. On peut y penser, parmi de nombreux exemples, pour la ruelle dans l’épisode FACE THE RAVEN (S9.ep.10). D’ailleurs, personne ne sera étonné de découvrir que Gaiman a écrit deux épisodes de DOCTOR WHO. Oui, forcément, ce ne sont pas les plus mauvais : THE DOCTOR’S WIFE (S6.ep.4) et NIGHTMARE IN SILVER (S7.ep.12). Il a également écrit une nouvelle pour les 50 ans du Docteur (2013) : NOTHING O’CLOCK.

Laura Fraser dans le rôle de Porte : La responsable implacable de la société Madrigal dans BREAKING BAD.
Clive Russell en Vandemar : Brynden Tully, aka Blackfish/Silure, dans GAME Of THRONES.
Paterson Joseph en Marquis de Carabas : Couteau suisse que l’on voit partout et dont je me suis rappelé instantanément pour TIMELESS.
Tout ça pour dire que ce sont des acteurs solides dont les tronches ne passent pas inaperçues.

Je ne parle pas de Richard, ni bien ni pas bien, car de toute façon pour moi, Richard avait les traits de James Corden dès le début de ma lecture, là encore, certainement à cause de ses apparitions dans DOCTOR WHO où il campe un personnage naïf et innocent à qui le Docteur fait découvrir un monde insoupçonné.

Au final, je ne sais pas trop quoi en penser. Le voir n’est pas une erreur, mais ne le regardez surtout pas avant de lire le roman. Replacé dans l’époque, épuré des aspects kitsch, c’est plutôt de bonne facture pour une série qui date d’une ère où les budgets étaient sans commune mesure avec ce que l’on voit aujourd’hui, sans compter les avancées techniques. Mais perso ça ne l’a pas trop fait après la lecture. C’est tout le problème de tout ce qui est adapté venant d’un livre. Si l’on s’est créé soi-même un monde parfaitement adapté à l’histoire, il faut vraiment un tour de force pour nous en faire décrocher et adhérer à un autre média. Dans ce cas précis, ce n’est même pas une adaptation puisque le livre est une prolongation du script de Gaiman pour la série. Exception faite de ce que Gaiman n’a pas pu obtenir du monde réel, c’est donc exactement la même chose. En moins bien donc. Mais la série n’est pas la seule déclinaison de l’œuvre. Loin de là.

Je déambulais dans le métro avec un néon bien avant MM. Croup & Vandemar ! ©1985 – SUBWAY – Gaumont
More is less ?

J’en reviens à ce que je soupçonnais lors de l’achat du livre en me rewind-citant :  » Forcément, quand on est entouré comme ce livre l’était, ça pose les jalons d’une légitimité indiscutable ».

Je peux appuyer en complétant. Quand une œuvre est à ce point adaptée, c’est qu’elle a suscité quelque chose qui va au-delà d’un simple roman ou d’une simple série.

Et les adaptations ne manquent pas. De manière non exhaustive on trouve une version audio BBC avec, excusez du peu, Christopher Lee, James McAvoy, Natalie Dormer, Anthony Head et Benedict Cumberbatch. Mais aussi une BD en neuf volumes, regroupés depuis chez Vertigo. Et plus récemment, une édition Folio Society a également vu le jour.

Bref vous l’aurez compris, tout est bon dans le cochon. Et je pourrais céder à la facilité en vous disant que finalement, comme souvent, il vaut mieux relire le roman au coin du feu que de céder à toutes les tentations qui n’auront finalement comme seul objectif de rendre un hommage potentiellement hasardeux, voire de surfer sur la vague là où Gaiman voulait simplement vous faire voyager.

Mais finalement, si vous avez aimé le roman, pourquoi ne pas céder puisque certaines adaptations semblent plutôt sympathiques.

Proportions non contractuelles
©Paul Metreyeon (thanks to Robert Kauzlaric)

En effet, le livre a été adapté par le Lifeline Theatre de Chicago en 2010. Les deux heures et demie de spectacle remportant en deux ans trois prix dont celui de la meilleure adaptation. Robert Kauzlaric, alors chargé de l’adaptation, mettra son travail à disposition dans le livre : Neil Gaiman’s NEVERWHERE – Stage adaptation.

Neil Gaiman en dira ceci, le 13 juin 2010 : “The Chicago Lifeline theatre production of NEVERWHERE is, I can say, now having seen it, absolutely WONDERFUL… Inventive, faithful, funny”, que je traduirais par « c’est de la balle, mais j’avais bien mâché le boulot ».

La troupe a tourné en Amérique du Nord, en Angleterre et en Irlande et j’aurais bien aimé confronter cette pièce à la série.

Seule déception (en dehors d’une version opéra restant à inventer, avec un Vandemar dévorant un rat tout en maugréant d’une voix de baryton-basse), je n’ai pas trouvé de comédie musicale s’en réclamant, et c’est peut-être là le meilleur signe qui nous indique que NEVERWHERE est entouré d’un respect unanime.

Less is more ?

A force de fouiller et de ressasser l’histoire, me viennent parfois des sensations sur le fait que l’on peut trouver la dernière partie précipitée et que l’on aurait aimé un final plus long et pourquoi pas plus grandiose, ouvrant plus de possibilités. S’ajoute à cela que Neil Gaiman avait annoncé travailler sur une suite, SEVEN SISTERS (le Serpentine des sept sœurs, tombé de nulle part dans le roman, comme beaucoup d’autres choses, possède effectivement toutes les caractéristiques d’un fusil de Tchekhov). Bref, la tentation d’en vouloir plus, d’en faire plus, peut être grande. Elle est d’ailleurs souvent proportionnelle au succès, comme on l’a vu au-dessus, et répond fort logiquement à une certaine frustration.

Mais finalement ce qui fait aussi la force de certaines histoires, c’est qu’elles restent cantonnées à ce qu’elles sont initialement, des histoires, simples, qui une fois racontées restent dans note imaginaire et y vivent au gré de ce que l’on y met des lieux et des atmosphères qui nous transportent.

Et en cela, j’ai un certain plaisir à me dire que je ne loupe rien en ne possédant que cette parcelle d’histoire de ce qui s’est un jour passé lorsque notre monde est entré en contact avec celui de Porte, et que le reste de ce qu’il peut s’y passer est contenu dans un puzzle que je peux assembler à partir des pièces confiées, m’assurant finalement de n’être jamais déçu (oui j’aime rêvasser tranquillement et permettre à mon cerveau affamé de réfléchir à des fins alternatives, que ce soit pour un film, une série, ou même une musique dont je ne me défais pas).

©Neil Gaiman’s soul theft by Bruce

Pour finir, si vous pensez que je suis allé dans le détail, prenez 50$ et achetez-vous « A Critical Companion to Neil Gaiman’s NEVERWHERE » de Jeffrey Andrew Weinstock, je pense qu’il a poussé l’exercice à son paroxysme comme seuls les fans absolus savent le faire. Personnellement ma dévotion s’est arrêtée avant et j’espère qu’elle aura été suffisante pour vous faire craquer pour cette œuvre de fantasy urbaine. Oui, je voulais caser ce terme à la fin pour vous dire que je déteste les étiquettes. Ce sont elles qui nous empêchent de découvrir ce qui est destiné à finir entre nos mains.

Mais elles ne font que retarder l’inévitable.

Je peux payer en bitcoin ? Je suis une star aussi !
Je peux te coudre les yeux ?
OK. Je vais juste sourire alors…
Pas moi. Putain ce qu’il faut pas faire pour 57 centimes.

BO :

Ho, must be back in reality again…

31 comments

  • Nikolavitch  

    Ah, enfin un article sur Neverwhere qui ne défonce pas la série.
    Oui, elle manque de budget et la réalisation BBC d’époque ne l’aide pas beaucoup, mais elle tient notamment sur son casting assez impeccable.

    Pour le reste, Neverwhere représente la première incursion de Gaiman vers la forme romanesque (si l’on met de côté Good Omens, écrit de façon bazardesque avec Pratchett sur un temps relativement long), d’où les quelques scories de constructions (qui n’en auraient pas forcément été si le projet avait été conçu, mettons, pour être une maxi série en comics). Et ce faisant, il pose une sorte de référence de la fantasy urbaine moderne (ses propres American Gods et Anansi Boys fonctionneront exactement sur les mêmes codes) et ce roman a quelque chose de fondateur…

    • Zok.  

      La série a quelque chose d’une pièce de théâtre. Je n’en attendais strictement rien vu que je la regardais pour mettre en perspective le livre, comme elle était là avant. Du coup je ne peux pas être déçu.

      Et je n’aime pas descendre une série faite avec le coeur et trois francs cinquante (et encore, ils ont rendu la monnaie).

      Je ne sais pas encore quel sera le prochain roman de Gaiman que je lirai. On verra en 2023. Je vais me préparer une PAL23 tiens… 23 livres en 2023. Je vais réduire parce que je reprends l’écriture (wouah, une bonne résolution dès novembre !)

      • Jyrille  

        Je te conseille CORALINE.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Zok,

    bon heureusement que c’est du Gaiman car je n’ai pas été convaincu par SUKKWAN ISLAND de David Vann après ton dernier billet. Et oui mon gars (tu permets cette familiarité) j’ai un contentieux avec toi.

    Mon là je sais que je serais convaincu. J’ai particulièrement apprécié ton introduction aka tout ce qui ne concernait pas encore le livre, soit autant de lignes que les MISERABLES de tonton Victor. J’ai également un côté fétichiste des couvertures et surtout un côté acheteur compulsif en flânant dans des librairies ou bibliothèques le regard perçant attiré par les couvertures. Les anglo saxon sont meilleurs que nous sur le packaging et les covers de leurs livres.

    Ma merveilleuse femme m’a offert il y 3 ou 4 ans le AMERICAN GODS de ce même Gaiman que je n’avais jamais osé acheter. Coup de coeur. L’adaptation en comics vaut également le détour (no comment sur la série). Tout cela pour dire que tu n’as quand même pas beaucoup forcer ton talent pour me convaincre de prendre enfin ce NEVERWHERE, tant il le terreau était fertile.

    Merci pour ce très bon article, avec encore une fois une prose personnel bienvenue (si on me demande de répéter je nierais d’avoir écrit cela, même sous la contrainte).

    • Zok.  

      Bonjour,

      Le service après-vente est définitivement fermé, nous ne reprenons ni échangeons les livres déchirés de rage…

      Plus sérieusement pour Sukkwan, j’ai lu ton commentaire et je dois encore y répondre, ça va venir.

      Merci donc, même si mon intro n’est pas longue du tout. J’ai toujours détesté les pavés, s’agirait pas que je devienne chiant.

      Je mets une petite croix sur American Gods (ça peut vouloir dire tout et n’importe quoi car il s’agit peut-être d’une vengeance de ta part).

  • Jyrille  

    Zok, je suis très content de te relire, et de voir que tu as bien mis les liens et les copyrights comme demandé, c’est vraiment un beau boulot. Je n’ai rien vu des spin-off de ce livre, ni la pièce, ni la série, ni la bd, mais j’ai lu le roman, et voici ce que j’en disais sur la zone à l’époque de sa découverte (le 20 octobre 2013, je n’en avais pas trop de souvenirs) :

    Après De bons présages avec Terry Pratchett, et avant de me mettre enfin à Sandman, j’ai opté pour Neverwhere, le premier roman de Neil Gaiman. Il est le produit dérivé d’une série télé anglaise et répète un peu le même principe que Coraline : un monde parallèle où l’on se perd. Ca se lit tout seul, l’identification avec le personnage principal fonctionne bien, mais surtout, on a très envie de connaître encore plus ce monde de la Londres d’En bas.

    C’est la part du lion de Neverwhere : ce monde parallèle est original et plein de promesses, une sorte de « Pays de fait ce qu’il te plaît » réaliste et impitoyable, une réponse à la réalité d’En haut, un refuge. Avec une description poétique et une délicatesse joyeuse, ce monde possède de nombreux attraits, à commencer par sa dangerosité. C’est pour ça que Neverwhere se lit avec plaisir. Certains touches d’humour sont même réussies ; parfois, ça tombe à plat. Mais finalement peu de choses transpirent de cet univers merveilleux, il n’est pas assez pensé, conçu : quelles sont les règles ? Quelles sont les baronnies ? Comment tout cela tient-il ? Pourquoi existe-t-il ? Comment se font les passages du temps, les diverses magies ?

    Car toute la structure du livre, le style et son passé de série télé en font un scénario très prévisible avec des personnages classiques : le héros, la belle, le magicien, le gros bras, les méchants très méchants. Du coup, on traverse la Londres d’En Bas comme des touristes qui bouclent quatre grandes villes en bus, à fond la caisse et avec une vue très superficielle des endroits visités : la quête n’attend pas. Au final, Neverwhere m’a fait l’effet d’un bon divertissement un peu original, ce qui n’est déjà pas si mal.

    • Zok.  

      Merci à toi pour la relecture et pour m’avoir matraqué les règles. Je les déteste (sauf s’il s’agit de rendre hommage à un vrai travail de photographe ou d’artiste) et j’ai toujours fait n’importe quoi sur mon blog mais on était deux à le lire (en comptant mon double maléfique… du coup on est deux êtres maléfiques, mais n’avons rien à voir avec des mâles elfiques… putain que je suis fatigué), et donc là je suis invité, j’enlève mes chaussures et je mets les pantoufles qu’on me donne.

      J’en étais où… oui j’avais lu ton avis zonesque, ça m’avait motivé pour rajouter 1000 mots (je rappelle que tu voulais que je coupe la moitié de ce que j’avais écris avant même de l’avoir lu, c’est dire si tu n’aimes pas Les Misérables !)

      • Jyrille  

        Jamais lu Hugo.

  • JB  

    Merci pour ce panorama de l’univers Neverwhere.
    Je dois dire que je n’ai chez moi que quelques adaptations : le DVD de la série BBC, que je ne suis pas certain d’avoir regardé, et l’adaptation en comics chez Vertigo. Après un tel panégyrique, je vais tâcher de leur redonner leur chance !

    • Zok.  

      De rien ! Ce fut vraiment un plaisir de fouiller dans tout cet univers et ce qu’il a inspiré.

  • Tornado  

    En voilà encore un bel article. Quel délicieux sens du détail ! Je me suis régalé.

    Je n’ai jamais lu un roman de Neil Gaiman. Mais j’ai lu presque toutes ses BDs et toutes ses adaptations en comics, ainsi que les films (qu’ils soient live ou animés), mais pas les séries TV.

    J’ai donc lu l’adaptation en comics de NEVERWHERE réalisée par Mike Carey & Glenn Fabry (c’est pas n’importe qui, hein ?). Je l’ai trouvée excellente. J’en avais écrit un long commentaire à ma zone à l’époque (en 2013).
    Je qualifiais le récit d’ersatz d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, « mélange de fantasy urbaine à la HARRY POTTER et de poésie surréaliste teintée de contreculture anglo-saxonne ». Je me faisais aussi la réflexion que c’était un conte moderne pétri de références aux œuvres littéraires du passé. Que le monde de Lewis Carroll, du Chat Botté, les contes de Dickens et la « geste » des chevaliers des temps jadis s’y télescopaient dans un joyeux désordre organisé.
    En conteur exigeant, Neil Gaiman a pris soin de construire son « Londres d’en bas » d’après les vestiges disparus de la capitale britannique actuelle, réalisant un véritable site archéologique où se rencontrent les abbayes médiévales, les quartiers détruits par les conflits et les anciens boyaux de métro abandonnés. Ensemble, ces cicatrices du passé forment la métropole souterraine de « Neverwhere », parfait reflet mythologique de l’histoire de Londres !
    Un monde fantasmé, tout aussi attirant et troublant qu’hostile, car rongé par la malveillance accumulée par les différentes baronnies à travers les siècles.

    Je disais aussi que le récit n’était pas exempt de gros clichés mais que ces derniers étaient contrebalancés par un enrobage distancié et amusé. Etc.
    Bref, pas un chef d’oeuvre absolu, mais une oeuvre très attachante et pleine de personnalité.

    La BO : Inconnu au bataillon. Kécecé ??? C’est bien foutu mais (perso) assez pénible !

    • Zok.  

      Merci énormément pour le compliment. Plaisir d’offrir, joie de recevoir, heureux que tu te sois régalé !

      Une recherche sur les Chevaliers du temps jadis m’a téléporté directement sur moyenagepassion.com où l’on m’invite à lire de l’ancien françois… ce sera pour plus tard. Mais un bouquin à base de Roncevaux et de chanson de geste est réapparu lors d’un tri récent, serait-ce un signe ?

      Pour la construction historique du monde d’en bas, comme je le dis, j’ai zappé mais on sent qu’il y a un énorme travail. Si un jour je me mets à l’histoire des villes, pourquoi pas, mais là je me suis laissé faire.

      Pour la BO, je vais en parler juste en dessous

  • Jyrille  

    Je reviens pour certains détails.

    Le syndrome de Stockholm : ce n’est pas vraiment ça parce que je ne pense pas que tu aies été kidnappé, par contre on prend goût à être publié ici, c’est sûr. Je comprends.

    Où était donc cette librairie ? Quelle est-elle ?

    Doctor Who : j’ai vu quelques épisodes mais c’est un vrai manque à ma culture. Un jour, j’essaierai plus sérieusement.

    La BO : mais d’où ça sort ? Pourquoi ? Quels sont les liens avec l’article ? L’oeuvre ? Ton cerveau ? Est-ce que tu aimes écouter ce truc ? Est-ce que tu aimes torturer les chatons ?

    • Zok.  

      Haha, je vais les prendre dans l’ordre :

      Stockholm : c’est exactement ce que dirait quelqu’un qui a été kidnappé il y a longtemps. T’aurais pas des articles en retard toi ?

      La librairie est… à côté du chateau de Aaaarghhhhh

      Doctor Who : je ne m’y suis mis que récemment et j’ai été assez bluffé par la qualité des scénars, même si c’est inégal, il y a des trucs que j’aurais eu envie d’écrire (ce qui est finalement assez rare parce que souvent je me laisse porter et surprendre comme si je n’avais jamais rien vu de ma vie, je suis constamment surpris, c’est génial de n’avoir aucune mémoire ni aucune capacité d’analyse à chaud). De ce que j’en perçois de mon oeil profane, ça rend assez hommage à une époque où on se souciait plus du scenar que des effets spéciaux. Et chaque Docteur a son propre truc. Je conseille.

      La BO : c’est anglais, c’est foutraque, il est pas dans la réalité, c’est un vieux souvenir d’un truc acheté par un pote en angleterre, je trouve que ça allait bien là. J’allais pas mettre Jamiroquai j’avais déjà utilisé pour un titre de paragraphe. Et pour une fois que tu connais pas un truc, rien que ça, ça fait ma journée.

      PS : je suis allergique aux chats, je te laisse imaginer le reste

      • Jyrille  

        Stockholm : pour la première fois depuis que je suis sur ce site, je suis super en avance question articles !

        Who : c’est cool d’être toujours surpris oui, il faut essayer de garder cette perception.

        OK pour la BO. Va falloir que je la réécoute.

  • Bruce lit  

    Je viens d’apprendre que c’est l’anniversaire de Gaiman aujourd’hui.

    • Zok.  

      Il faut lui dédier cet article. Je te propose de le poker ou de lui envoyer un fax pour l’occasion !

  • Présence  

    Bonjour Zok,

    Une toujours aussi belle écriture, c’est un vrai plaisir de lecture.

    Je ne suis pas client de l’écriture de Neil Gaiman sous format roman, même si sa plume est simple, riche, belle et précise, ce qui n’a en rien obéré mon intérêt pour l’article car j’y ai retrouvé plusieurs expériences personnelles.

    La couverture est intrigante : ça m’est arrivé à plusieurs reprises de céder à la tentation pour une couverture de roman, ou de BD, ou pour une pochette de disque. Il m’arrive également d’être déçu d’ailleurs.

    La qualité du livre repose plus sur la narration que sur l’histoire proprement dite : c’est une situation qui m’est familière, car je présume qu’avec l’âge et l’accumulation de lectures, mon intérêt est moins focalisé sur l’intrigue à l’exclusion du reste.

    Jack Vance : très intéressant, un auteur qui a fait partie de mes lectures de jeunesse. Je ne savais pas qu’il avait marqué Neil Gaiman.

    Interprète : 100% d’accord. J’ai fait l’expérience dans les deux sens découvrir un comics en VF puis lire la VO ou dans l’autre sens. Je suis parfois très surpris du décalage de tonalité qu’il peut y avoir entre les deux versions.

    A Critical Companion to Neil Gaiman’s Neverwhere : dans le même genre d’exercice, je me souviens avoir lu à avec avidité l’exégèse des épisodes de chaque saison de la Ligue des Gentlemen extraordinaires, u travail de titans pour expliciter chaque référence et la contextualiser. Passionnant. Ma dévotion était allée jusque là. 😀

    • Zok.  

      Merci pour le compliment. C’était également un vrai plaisir à écrire.

      Pour Vance, j’y reviens de temps en temps. Souvent il ne se passe pas grand chose dans l’histoire, mais il a le chic pour me faire voyager et me remettre un petit coup de « mais pourquoi j’en avais pas lu depuis si longtemps ? ».

      Dans le style dévotion, il y a Antoine St Epondyle qui a sorti L’étoffe dont sont tissés les vents, une analyse philosophique et personnelle de La Horde du Contrevent, le roman d’Alain Damasio. Je ne l’ai pas encore lu mais je fais sa pub au passage parce que j’aime bien le bonhomme que je suis depuis des années.
      Et la Horde est dans ma PAL… (sera-t-elle dans ma PAL23 ? ^^ )

      • Jyrille  

        Ah, moi je l’ai lu, La Horde du Contrevent. C’est assez étonnant, parfois pénible, la fin n’est pas géniale, mais en tout cas c’est hyper bien écrit et original.

  • JP Nguyen  

    Un article très drôle sur un roman que j’ai offert mais pas lu…
    Dommage pour la trad, Jamaizou, comme tu le proposes, ça aurait pu le faire, aussi.

    • Zok.  

      Ha, merci ! Enfin quelqu’un qui a su voir le comique troupier qui dormait en moi 🙂

      Mais nous interrompons nos programmes… qui dit comique troupier, dit Monsieur Manatane évoquant Carlos

      https://www.dailymotion.com/video/x37hpl

  • Bruce lit  

    Un vent de folie souffle sur le blog. Tu es un dangereux maniaque Zok ! Je risque gros à te publier là, tu as même des photos persos quoi…
    Mais tu sais flatter mon égo en comparant ce lieu à une librairie foutraque et j’adore ça. Et puis ces piques inexpliquées contre Lorant Deutch. Et puis Christophe Lambert chez Neil Gaiman ! Et Coluche ?! WTF !
    Pour le reste si j’apprécie la review, ce n’est pas demain la veille que je retâterai du Gaiman. L’océan au bout du chemin m’avait lénifié tout comme AMERICAN GODS dont je n’ai pas dépassé les 100 pages.
    La BO : ah ah j’aime bien !
    A plus tard, Alligator.

    • Zok.  

      « Tu es un dangereux maniaque Zok ! »

      Le meilleur compliment de la journée 🙂

      Alors pour Coluche, c’est simple. Dans Banzaï, il appelle sa femme depuis une cabine téléphonique en lui faisant croire qu’il est au bureau. Quand le chameau fait un boucan d’enfer derrière avec sa langue, il dit « Ha ça ? le bruit derrière, non c’est rien, c’est Marcel qui fait le con »… Hence, mais c’est Marcel…

    • Surfer  

      « AMERICAN GODS dont je n’ai pas dépassé les 100 pages »
      Encore un petit effort Bruce, tu arriveras bientôt à lire un livre sans images dans son intégralité 😘.
      J’ai offert ce livre à ma fille, j’espère qu’elle arrivera à le lire en entier.

  • Doop O'Malley  

    Autant Gaiman sur du comics je suis très fan, autant sur ces romans, j’ai eu du mal. En dehors de Good Omens. Neverwhere je n’ai jamais pu aller au bout. Quant à American Gods, j’en ai bavé !
    Les adaptations en séries ne m’ont pas convaincu non plus.

    • Doop O'Malley  

      Mais c’est un super article avec beaucoup de style !

      • Zok.  

        Merci !

        Du coup, avec un certain Fletcher A. dont je tairais le nom, on te propose plutôt Sukkwan Island ! 🙂

  • zen arcade  

    Wouah, super merci pour la découverte du Neil’s heavy concept album.
    Je ne connaissais pas du tout et j’adore.
    Et je trouve que ça fonctionne super bien avec Gaiman. C’est tellement anglais, en plein dans la tradition du merveilleux fantastique que les auteurs anglais portent avec tant de brio. Et cette touche d’excentricité qui n’appartient qu’à eux me ravit toujours.
    Bon sinon, Neverwhere s’inscrit aussi pleinement dans cette tradition, avec en plus, une modernité qui doit quand même beaucoup à Clive Barker.
    Neverwhere, c’est un peu du Barker light en version reader friendly.
    Mais c’est bien, j’aime bien aussi. Mais c’est pas aussi bien que Barker.

    • Zok.  

      Ha ben voilà ! se faire remercier pour la BO, ça doit pas arriver tous les jours…
      De rien du coup, c’est cadeau

      Clive Barker jamais lu. Peu inspiré a priori puisque je vois beaucoup de trucs d’horreur. Et si je demande le plus facile à lire ça perd certainement tout son intérêt.

  • Eddy Vanleffe  

    Malgré le fait qu’il avait tout pour me plaire à commencer par cet fascination pour l’expression théâtrale et la mythologie, je suis toujours passé à coté de Neil Gaiman.
    Je lis ça et là, des souvenirs estudiantins et je me dis que c’est peut-être la clé… il faut avoir cette « fibre »…fac, j’ai toujours fui ce lieu….et il me l’a bien rendu.
    j’en ai repris le chemin cette année et j’en pleure des larmes de sang.
    Sandman m’a toujours fait l’effet d’un mémoire ou d’une thèse en format imagé et je ne parviens pas à m’imprégner de cette série si culte.
    American Gods, j’ai carrément trouvé ça con comme la lune
    Mais NEVERWHERE me faisait penser à Cabal de Clive Barker et je trouvais assez super dans l’ambiance où le monde inconnu est au bout de la rue dans le brouillard, ou dans une bouche de metro.

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