Hong Kong Stars 2/2

Les polars hongkongais 2/2

Article de MATTIE-BOY et EDDY VANLEFFE

Cet article est la suite de notre gros dossier sur le cinéma asiatique. Reprenons où nous en sommes restés en entamant les films des années 2000.

Infernal Affairs (2002) de Alan Mak et Wai Keung Lau (l’avis d’Eddy)

Merci Matt, c’est un formidable cadeau empoisonné que tu me fais là. Pourquoi ? (Matt : oh ! je sais pourquoi. C’est la pression, hein ?) Tout simplement parce que INFERNAL AFFAIRS est l’un des tout meilleurs polars que j’ai vu, toute époque ou nationalité confondue et le plus occident-compatible de la baie cantonaise. Que ce soit au niveau des moyens, de la photographie, du montage ou du fantastique jeu d’acteur. Il faut dire que pour ce dernier point nous sommes gâtés. Tony Leung, Andy Lau et Anthony Wong forment une équipe imparable jouant sur plusieurs tableaux dans un film qui refuse tout monolithisme.

Yan (Tony Leung) et Ming (Andy Lau) sont deux policiers à la trajectoire diamétralement opposée. Le premier, après avoir été faussement renvoyé de l’école de police, est devenu agent infiltré dans les triades. Ming, lui est envoyé par la pègre dans les forces de l’ordre pour devenir leur homme dans la place. Pourtant les deux hommes ont davantage en commun qu’on pourrait le croire. Leur passion pour la musique les fait se rencontrer parfois, sympathisant, alors totalement inconscients de leurs réelles identités. Chacun est également en proie avec ses propres doutes. Yan se sent disparaître derrière le voyou au point de confier à sa psychiatre sa peur d’oublier qui il est. Ming quant à lui, goûte au succès d’un métier qu’il exerce à sa propre surprise, avec talent. Leur autre point commun, c’est cet inspecteur Wong (Anthony Wong), ancien prof de leur promotion, supérieur de l’un et surtout l’ultime lien de Yan à sa vraie vie. Ensemble, ils tentent de mettre un terme aux activités criminelles du parrain mafieux Sam.

Tous vont bientôt se confronter dans un étrange et malsain jeu de miroir où chacun risque de perdre tout ce qu’il a. Leung et Lau sont magnifiques dans la tension, prenant bien soin d’incarner des personnages complexes et plus humains que héros. Le personnage de psychiatre incarnée par Kelly Cheng (BREAKING NEWS), malgré son peu de présence, illumine totalement l’écran sur chacun de ses plans et rend palpable la sérénité que trouve Yan auprès d’elle sans qu’on soit obligé d’en rajouter. Le film possède également totalement une dimension mystique importante. Dès le générique, un long travelling détaille un Bouddha dans un temple, tandis qu’une phrase s’inscrit : Le véritable enfer, c’est celui dont on ne sort jamais.  Puis une cérémonie religieuse d’intronisation est célébrée au sein de la pègre. D’un côté les réalisateurs appuient l’aspect sacré du rôle de policier, puis enchaînent avec la piété des malfrats. Dès lors une forme de spiritualité latente enveloppe tout le récit dans cette ambiance propre aux production asiatiques empreintes des notions de karma, de destin du fatalisme mélancolique qui en découle. Les deux héros antagonistes mais pourtant aussi jaloux que potentiellement amis évoluent comme des chevaliers déchus dans un film qui fait office de suite alternative de A TOUTE EPREUVE (toujours John Woo), accomplissant l’exploit de rejeter le visuel du maître tout en digérant ses thèmes au mieux. Le scénario est quant à lui rempli de rebondissements terribles sans sacrifier à une certaine poésie urbaine. Bref le polar hongkongais parfait.

Si Matt me confie ces quelques lignes sur ce film, c’est qu’il est difficile d’occulter son douloureux remake. Vous serez peut-être intrigués de reconnaître le pitch de LES INFILTRES de Martin Scorcese. Je n’ai pas vu ce film, je n’ai jamais voulu le voir. Si je ne remettrais jamais en question le talent du réalisateur américain (Matt : oh moi je le dis haut et fort : il a fait un remake fainéant ! Le script de base est bon et certaines scènes sont identiques, donc ce serait un exploit que ça devienne un film de merde, mais à qui en revient le mérite ? Ah si ! On peut reconnaître à Scorcese une capacité à dépouiller un film de son identité asiatique pour en faire un film de mafieux comme il en a fait plein avant. Euh…youpi ?), je suis pour autant ulcéré par cette industrie qui exerce un protectionnisme exacerbé. Dès qu’un cinéaste étranger se fait remarquer, il se fait aussitôt absorber au moins temporairement par Hollywood. Un film menace l’hégémonie ? Il est aussitôt repassé à la moulinette américaine et ainsi expurgé de toute originalité propre. RING, THE EYE, THE GRUDGE, ou même l’espagnol REC, tout ce qui pourrait donner une alternative doit être transformée en Junk-film ou mourir loin des projecteurs et retourner à l’anonymat.

Les réalisateurs asiatiques sont tous revenus depuis à la maison après leur parenthèse souvent anecdotique chez burger king, tant mieux pour la diversité si souvent vanté tant qu’elle porte la caution du drapeau étoilé mais si peu existante en réalité. Non, INFERNAL AFFAIRS porte haut les couleur d’un cinéma riche, beau à l’identité remarquable (mais non ce n’est pas des maths, Matt...), pas besoin d’en avoir la version dollar.

UNE NUIT A MONGKOK (2005) de Derek Yee (l’avis de Mattie)

Ce film est un cauchemar de noirceur. Il s’agit d’un polar filmé entièrement de nuit, comme un cousin éloigné du PTU de Johnnie To (un autre film situé dans un Hong Kong nocturne qui suit le quotidien d’une équipe de flics de nuit.) UNE NUIT A MONGKOK (quartier chaud de Hong Kong), a été élu meilleur film de 2005 à Hong Kong (mais évidemment en France quasi personne ne le connaît)

Dans ce film, on suit également une unité de police, mais pas seulement. A Mongkok, bas-fonds de Hong Kong et quartier le plus peuplé au mètre carré, le fils d’un caïd meurt. Ce dernier va alors réclamer vengeance et faire venir un tueur à gages du continent : Lai Fu (Alex Fong.)

La police, sous les traits de Milo (Daniel Wu), détective du CID, va devoir tenter d’empêcher le règlement de comptes. Et nous assistons à une course contre la montre dans laquelle rien ne va se passer comme prévu et les personnages ne vont pas avoir le rôle qu’on attend. Lorsque Lai Fu arrive, on n’a déjà plus besoin de lui. Et tout tueur à gages qu’il soit, c’est un paysan qui a besoin d’argent et qui espère aider sa famille avec ce contrat. Il devient un boulet dont personne ne veut et se retrouve complètement largué dans cette ville. Il va se retrouver à errer dans les rues en attente d’infos sur sa cible et rencontrer Dan Dan (Cecilia Cheung), une prostituée paumée venue également de la Chine continentale pour essayer de s’en sortir. Une sorte de complicité d’immigrés va naitre entre ces deux personnages paumés, des outsiders qui n’ont aucune place dans la société.

La patte de Derek Yee apporte au film une atmosphère étouffante dans un quartier cauchemardesque. On est presque face à une chronique d’un quartier avec ses cafés bondés, ses boui-boui dégueux, ses petits trafics, l’effervescence de la ville oppressante. On est face à une sorte de huis-clos à ciel ouvert avec des personnages froidement humains, tristes. La narration est efficace, l’atmosphère suffocante, et sans la moindre trace d’humour.

Ce film m’a mis un coup de poing dans le bide et m’a déprimé pour la journée. Ouch ! On ne voit pas quelque chose d’aussi noir très souvent. Et c’est sans doute un des films « urbains » les plus marquants que j’ai vus, dans le sens où souvent dans les films la ville n’est qu’un décor comme les autres qu’on voit partout parce qu’il s’avère que nous vivons comme ça. Ici, la ville nous est dépeinte comme un monstre hideux qui détruit les gens.

Le film colle à la réalité de l’être humain dans tout ce qu’il a de plus…réaliste hélas. Car le film n’est pas outrageusement pessimiste non plus. Tout n’est pas dramatisé. C’est d’ailleurs aussi ce qui déstabilise, cette froideur avec laquelle on nous montre quelque chose de très dur mais qui hélas est assez commun.

Tenez-vous le pour dit : UNE NUIT A MONGKOK est d’une noirceur abyssale, un film que vous ne regarderez pas une seconde fois avant un moment. Malgré la présence de l’angélique Cecilia Cheung, ce film est un cauchemar traumatisant dans lequel aucun happy end n’est possible. Un film à voir.

BREAKING NEWS (2004) de Johnnie To (l’avis de Eddy)

Johnnie To est l’héritier le plus direct de John Woo, malgré tout, il a appris à développer un langage tout à fait différent. D’entrée de jeu, il ouvre le film sur un vrai plan séquence bluffant de plus de 10 minutes passant de la rue à des appartements ordinaires jusqu’à l’intérieur des voitures de patrouilles. Il veut installer la mécanique de sa dramaturgie dès les premiers instants. Nous serons sans arrêt balancés entre le huis-clos de l’immeuble et la couverture médiatique par essence extérieure et donc étrangère à l’action. Ici, To nous fait plus une mise en scène à la Hitchcock. Il annonce les enjeux comme s’ils étaient un élément du décor. Yuen (Richie Ren), à la tête d’un petit gang de cambrioleurs sont surveillés par la police criminelle lors d’une opération de routine. Celle-ci va tourner au désastre et la police va se ridiculiser devant la population. Soucieuse de redorer son image, le département de police va dépêcher l’inspectrice Rebecca Fong (Kelly Chen) à la tête des forces spéciales.

Cette dernière va avoir l’idée de s’associer aux chaînes de télévision afin de démontrer l’efficacité des forces de sécurité de Hong-Kong. Là encore les choses ne se passeront pas comme prévu et lorsque les malfaiteurs sont acculés dans un immeuble, ils parviennent à prendre une famille en otage dans leur appartement. Dès lors un bras de fer entre bandits et police va se jouer devant des millions de téléspectateurs.

Si Rebecca débute le film très sûre d’elle, elle perdra progressivement le contrôle de la situation et de ses émotions. Au contraire les crapules sympathisent avec leurs captifs et parviennent à manipuler l’opinion en postant un petit film d’eux même partageant un repas. L’occasion de revenir sur un tic narratif de Johnnie To : la bouffe ! Régulièrement le réalisateur rend ses personnages vivants d’une manière assez déconcertante. Lors d’une scène, ils se mettent à émincer des légumes, faire revenir une sauce et pendant ce temps ils échangent sur l’art culinaire ou la vie en général. Un moment de paix, d’échange et de communion, l’occasion de faire une pause dans un film tendu.

Les scènes d’action reprennent leurs droits à chaque fois chorégraphiées d’une manière différente. Après la fusillade en pleine rue, l’assaut policier se fait dans les couloirs d’un immeuble, puis dans une cage d’escalier. Le cinéaste met en valeur à chaque fois l’environnement. Ainsi on finit par discerner les vraies intentions du film. Les médias détournés par le film au lieu de se gargariser de spectaculaire filment alors les conditions de vies populaires. Les immeubles entassant les citoyens dans des bocaux misérables, mangeant sur le pouce de la mauvaise nourriture pour survivre juste pour devoir travailler et pourvoir élever à peine dignement ses enfants. Les gangsters comme souvent chez Johnnie To incarnent alors un sursaut de révolte illusoire puisqu’immanquablement voués à l’échec. Le constat est alors d’un cynisme imparable. Pourtant, quelques fantaisies parsèment le film comme la singulière relation de drague qui finit par unir Yuen et Rebecca, la famille d’otages jamais très inquiète ou enfin ces deux gangsters qui finissent par échanger leur spécialités (braquages et assassinats), sans doute pour imprimer définitivement l’idée qu’on n’échappe jamais vraiment à qui on est. Amer le film.

ELECTION 1 & 2 (2005) de Johnnie To (l’avis de Mattie)

ELECTION 1 & 2 de Johnnie To sont indissociables. Pour moi, c’est un seul film. Une ellipse de deux ans entre eux justifie le découpage en deux parties, mais il n’est pas envisageable de s’arrêter à la fin du premier. Ici, Johnnie To nous sort un dyptique sur les triades avec une forte connotation politique.

Le pitch : La société Wo Sing qui est l’une des plus ancienne Triade de Hong Kong s’apprête à élire, comme le veut la tradition, son délégué chargé d’assurer les intérêts du clan pendant 2 ans. To nous dépeint la Triade comme une organisation ancestrale aux traditions parfois datées. Pour officialiser l’élection et que l’élu soit reconnu comme tel, la coutume veut qu’il reçoive un vieux sceptre à tête de dragon.

Le film va jouer sur l’opposition de deux favoris : Lok (l’excellent Simon Yam) et Big D (Tony Leung Ka Fai), l’un calme et respectueux des traditions (du moins en apparence) et l’autre un électron libre nerveux et violent qui refuse de se plier aux règles (mais populaire et aimé de ses hommes.) Malgré leurs différences, les deux sont animés de la même ambition dévorante. Big D va chercher à voler le sceptre et une lutte interne pour le pouvoir va éclater.

Johnnie To bouscule le genre codifié du film de mafia. Depuis LE PARRAIN de Coppola, presque tous les films suivent la même logique : ascension, vie de rêve (en apparence) puis chute, le tout dans un cocktail de violence et de transgression des lois.

Dans ELECTION, tout est plus flou. Le pouvoir ne semble pas apporter grand-chose, il est diffus et fragile, et on assiste à une lutte interne qui nous apparaît bien inutile, comme si c’était surtout dans l’esprit des personnages que ça changeait quelque chose : la satisfaction d’être au sommet pour un moment. ELECTION 2 va même aller jusqu’à nous montrer quelqu’un qui ne veut pas de ça.

La transgression des lois ne se fait pas à grand coups de fusillades et de poursuites. Plutôt à coup de couteau dans une ruelle, parfois de manière laborieuse, sans aucun artifice pour sublimer ça. Il y a peu d’action, peu de coups de feu. Quant à la police…elle négocie avec la Triade. Elle ne les pourchasse pas ouvertement, tout repose plutôt sur les compromis et les accords pour garder un certain contrôle. Car comme le dit l’oncle Teng de la Triade : « Wo Sing a 50 000 membres. Les autres triades en ont 300 000. Les prisons de Hong Kong seront-elles assez grandes ? » Un constat assez terrifiant qui nous montre le poids énorme de cette mafia.

Avec le premier volet, Johnnie To plante surtout le décor des triades et de leur fonctionnement tout en mettant en relief ses contradictions : la fidélité est la valeur la plus importante, mais volez un sceptre à tête de dragon et les frères s’entre-déchirent.

ELECTION 2 se déroule deux ans après le premier. Lok a été élu Délégué de la société Wo Sing et son mandat touche à sa fin. Mais évidemment, il n’est pas prêt à laisser son poste. Cette fois face à lui se dresse le jeune Jimmy (Louis Koo) qui a réussi à devenir un homme d’affaire puissant et presque honnête, alors que Lok demeure un simple truand. La différence c’est que Jimmy n’est pas intéressé par le poste, mais il subit des pressions pour poser sa candidature qui lui garantirait de pouvoir continuer son business.

Ce volet est plus sombre, plus dramatique. Des magouilles d’état sont aussi de la partie. Puisque Jimmy semble peu envieux de rester à la tête du clan, plus soucieux de continuer à faire affaire avec la Chine continentale, il est dans l’intérêt des forces de l’ordre de justement maintenir sa famille au pouvoir afin que ce soit plus simple de traiter avec lui et d’avoir un moyen de pression. La tradition va être brisée, mais pour quelqu’un qui ne le souhaitait pas.

Ces films ne sont pas juste des films de genre. Ils sont politiques. To pointe du doigt la corruption d’état (le film a été interdit sur le continent chinois) et il décrit avec justesse les promesses que l’on ne tient plus le jour venu, car être élu ne signifie pas être libre mais dépendre des autres. Au-delà de ça, c’est aussi un bel exercice de style. Le réalisateur joue sur le contraste entre les scènes plus intimistes centrées sur la psyché de ses protagonistes et les scènes d’une violence surprenante qui viennent nous secouer alors qu’on s’y attend le moins. Comme souvent dans ce cinéma, le bien et le mal sont des notions abstraites et nos repères moraux perturbés. Ces films nous rappellent le discours final amer du CASINO de Scorcese.

Si vous avez senti poindre l’ennui avec ELECTION 1, c’est un peu normal, c’est une fresque ambitieuse qu’il n’est pas simple de rendre très rythmée. Mais la suite vous récompense. Ce ne sont pas des films très « occident-friendly ». Mais c’est aussi ce qui rend les films différents de ce qu’on connait déjà.

SPL (2005) de Wilson Yip (l’avis de Mattie)

SPL est un peu un HEAT à la sauce asiatique. Je vais peut-être me faire attaquer par tous les fans de Michael Mann ici, mais tant pis (je ne suis de toutes façons pas très fan de HEAT.) Ce que j’entends par là, c’est que sur le principe, l’histoire n’est pas dingue d’originalité, mais fait se confronter trois personnages forts, trois légendes du cinéma (ici Simon Yam, Donnie Yen et Samo Hung dont j’ai déjà parlé ici.) dans un film d’action avec un côté humain (des personnages au bout du rouleau, à moitié ripoux, loin d’être parfaits, qui ont tous des sentiments, ou une vie de famille), le tout pimenté d’une violence réaliste, mais stylisée malgré tout.

Wong Po (Samo Hung), dangereux criminel influent, est libéré de prison faute de témoignage (le témoin clé a été assassiné.) L’inspecteur Chan (Simon Yam) à qui on a diagnostiqué une tumeur au cerveau, adopte la fille du témoin qui a perdu ses deux parents. Trois ans plus tard, il se met en tête d’arrêter Wong Po et ses trafiquants de drogue par tous les moyens, y compris en outrepassant la loi avec ses hommes qui lui sont entièrement dévoués et le renfort de l’inspecteur Ma (Donnie Yen, un acteur qui s’est surtout fait connaître en occident depuis les années 2000 en apparaissant dans les films de Tsui Hark, Zhang Yimou ou Wilson Yip qui lui donnera son rôle de IP MAN, mais qui était déjà une star dès les années 1980 à Hong Kong.)

L’inspecteur Chan va entrainer ses hommes dans sa folie en allant bien trop loin au point de déstabiliser Ma pourtant réputé pour tabasser les suspects si nécessaire.

Le film est un peu hybride. Davantage polar, mais avec quelques combats à mains nues pouvant le rapprocher d’un film de kung-fu, mais sans trop en faire. La violence est réaliste, des personnages meurent. En fait je dirais que le film a davantage un côté western urbain avec ces confrontations iconiques entre personnages, jusque dans la façon dont il est filmé. Avec plus de froideur et de dureté qu’un film de kung-fu, avec de nombreux plans pour mettre en valeur les personnages, ou même en ayant recourt à un écran splitté en 2 ou 3 ou 4 pour nous montrer tous les personnages en même temps.

Et au lieu des gunfights davantage connotés américains, on a donc un duel final à mains nues entre Donnie Yen et Samo Hung (et c’est un vrai plaisir de voir un Samo Hung vieillissant et rondouillard bouger toujours aussi bien.)

Le tout couronné d’une fin bien ironique et amère pour tous les personnages.

Drug war (2012) de Johnnie To (l’avis de Mattie)

Drug War est un excellent polar très sérieux et réaliste. Un des meilleurs films de Johnnie To selon moi. On suit une opération de police visant à coincer un réseau de trafiquants de drogues. Le capitaine Zhang (Sun Honglei) et son équipe coincent un certains nombres de mules (des personnes qui transportent de la drogue dans leur estomac) ainsi qu’un chimiste, Timmy Choi (Louis Koo.) Zhang va forcer Timmy à travailler pour la police en lui faisant jouer son rôle d’intermédiaire entre fournisseurs et acheteurs dans le but de coincer le baron de la drogue Bill Li. Nous assistons dans ce film à un vrai jeu de dupes avec Zhang qui va se faire passer pour le receleur surnommé Haha après avoir coincé le vrai avec l’aide de Timmy. Mais on découvre au fil du récit que derrière Bill Li se cachent d’autres patrons, et que Timmy joue peut-être double jeu. L’intrigue est bien ficelée et contée de manière réaliste. Nous suivons les techniques de filature de la police et les divers stratagèmes utilisés pour coincer les truands (mises sur écoute, échange de téléphones, bluff, manipulation.) Et si vous en avez marre de voir dans les films américains les flics sniffer de la coke sans que ça leur fasse le moindre effet pour mieux jouer la comédie et ne pas griller leur couverture, vous êtes en bon endroit. La drogue ça te défonce la gueule si tu n’en as jamais pris !

Certains pourraient ne pas apprécier l’aspect presque naturaliste du film, mais ce serait une erreur. En adoptant cette approche presque documentaire, Johnnie To va faire vivre tous ses personnages. Il n’y a pas un seul héros badass et des figurants faisant office de chair à canon. Et il y a finalement assez peu d’action. Mais la conséquence de ceci, c’est que chaque fusillade, aussi peu nombreuses soient-elles, et chaque mort, va nous frapper en plein dans les gencives. On ne voit pas venir le déferlement de violence de la scène finale d’une intensité inouïe (ni même une scène au milieu du film dans laquelle deux muets en apparence amusants s’avèrent d’effrayants tueurs), et on ne s’attend pas à un tel massacre. De plus, comme chaque personnage secondaire a son petit rôle, même parmi les truands, aucune mort ne nous laisse véritablement de marbre. Je ne dis pas qu’on s’attache à tout le monde, bien sûr que non. Mais disons que tous les personnages semblent humains et pas juste des types anonymes sans visage qui se font flinguer de manière cool. Le film n’est pas « cool », il fait mal ! Les dernières 20 minutes du film m’ont laissé sur le cul et m’ont même rendu triste. Le film nous dépeint avec justesse et réalisme tout le processus d’une opération de police visant à démanteler un trafic de drogue, avec les risques que cela implique, et les impitoyables agissements de criminels.  Un must see !

Le cinéma Hongkongais a ceci de rafraîchissant qu’il offre un catalogue de genres uniques. Le film de Kung fu, la kung-fu comedy qui en découle ayant mis Jackie Chan au-devant de la scène. Le Wu-Xia-Pian ou film de chevalerie équivalent à la fois de l’heroic-fantasy et du fantastique. Puis ce fameux cinéma polar d’action qui s’inspire du cinéma de Yakusa japonais et d’une multitude de films occidentaux. Un polar qui utilise son format pour se faire la peinture parfois romantique, parfois désespéré d’une ville aux formes multiples, port-cité tentaculaire côtoie jonques et quasi bidonville. Dans ce tableau où les inégalités explosent, les passions s’exacerbent et prennent parfois les atours d’une violence aussi cruelle qu’exutoire. Le résultat est ce cinéma sans cesse en explosion, aux acteurs pouvant incarner grandeurs et décadence avec le même sourire mélancolique.


BO du jour :

25 comments

  • Nikolavitch  

    mine de rien, je m’aperçois que mes références en polar HK commencent à dater… merci de me filer des trucs à voir absolument !

  • Matt  

    Ah tiens alors j’en profite pour expliquer à Eddy ce que moi je n’aime pas dans Breaking News (le seul film de cette film pour lequel je ne partage pas l’enthousiasme de mon collaborateur^^)

    Alors ce que tu dis sur le fond du film est indéniable Eddy. Chouette sujet, tout ça.
    Mais sur la forme…il y a des trucs que j’ai trouvé mal foutus.
    Déjà ce plan séquence du début ne m’a pas impressionné du tout. Il n’est pas utile, il semble être là pour frimer un peu. Et les personnages qui se tirent dessus semblent gentiment attendre que la caméra fasse le tour d’eux. Tout le monde vise comme une patate et rate sa cible à 2 mètres…comme s’il fallait faire durer la scène.

    Mais surtout…c’est plus tard dans le film le gros souci pour moi. Il faudrait m’expliquer comment, à un moment du film, alors que les criminels sont enfermés dans un appart avec des otages, comment ô dieu comment…ils ont pu attacher tous les civils ensemble dans les apparts d’à côté, avec des grenades autour de la taille (ils les ont sorties d’où ??) Et comment ils « commandent » l’ouverture des portes des appart pour que les otages sortent ?
    Les mecs sont coincés dans un appart. Comment ont-ils pu faire tout ça ? Et comment en étant coincés ils peuvent coordonner la sortie des civils dans le couloir ?
    On pourrait imaginer qu’ils ont convenu d’un signal « vous sortez quand on dit ceci par radio sinon on vous fait exploser » certes…sauf que les mecs ont des couvertures sur la tronche et sont attachés. Ils ne peuvent pas ouvrir les portes de leurs appart eux-mêmes.

    M’enfin c’est quoi cette opération du saint esprit sérieux ?^^ J’ai loupé un épisode ?
    ça fait très très brouillon comme péripéties. Pour du Johnny To, ça m’a déçu.
    Les preneurs d’otage font des trucs impossibles !

    Mais bon bref^^ Ce n’est pas un film de merde non plus, mais pour ma part il m’a déçu, et je m’étonne toujours de son succès presque unanime auprès des fans de To. Je le trouve un peu fait à l’arrache le film.

  • Matt  

    Je précise que la jolie conclusion de l’article est signée Eddy^^, juste après mon speech sur Drug War

  • Surfer  

    Ah… j’attendais cette deuxième salve de films asiatiques qui viennent combler mes lacunes sur ce cinéma.
    Un florilège intéressant de films à voir.
    Je retiens en priorité:
    -UNE NUIT À MONGKOK et sa noirceur rarement vu qui attise justement ma curiosité.
    -DRUG WAR et son approche documentaire réaliste
    – Et surtout les éloges pour INFERNAL AFFAIRS. J’apprends que les INFILRÉS de Martin Scorsese est le remake américain du film ! Cette information et les arguments valorisants font que je ne peux pas passer à côté de ce film.

    • Matt  

      Détail intéressant aussi à propos du remake : Infernal Affairs a eu 2 suites à Honk Kong. Le 2 est un flash back qui se déroule du temps de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, et le 3 est une suite directe du 1. Honnêtement le 3 n’est pas extra. MAIS…comme il est impensable pour les américains de faire finir un film avec le « méchant » qui gagne, ils ont aussi piqué la fin du 3 (sans en avoir payé les droits vu qu’ils ont payé pour faire un remake du premier film seulement)
      Parce que ouais, la fin du premier Infernal Affairs n’est pas « morale » La taupe infiltré chez les flics n’est pas puni. Techniquement il a gagné, même si au final il efface ses traces pour être réellement un flic et changer de vie.
      Il est « puni » dans le 3, ce qui n’était pas forcément nécessaire. Mais ça n’a pas empêché le remake d’inclure cette fin.

  • Eddy Vanleffe  

    De bon matin, je vais remercier Matt pour l’opportunité encore une fois de pouvoir partager une passion, avec toi cher ami, et puis avec le public de Bruce Lit.
    c’était un vrai petit plaisir sans aucune pression.
    J’avais oublié mais c’est vrai tu m’as laissé le mot de la fin, c’était vraiment élégant de ta part et aussi quelque part une responsabilité.
    je vais revenir une seconde sur les INFILTRES. je ne l’ai pas vu et je dois quand même relativiser un peu mon propos. ça doit être un film cool à voir. quand on rédige, on adopte un peu un « personna » un peu plus provocateur. les remakes amerloques m’agacent clairement. mais je vois à l’avance les soupçon d’un certain snobisme bobo pour le cinéma asiatique. Rien n’est moins vrai. Au contraire, où est le snobisme dans le fait de regarder des trucs aussi « populaires » que Jackie Chan ou les films de Wong Jing (une sorte de mélange entre Claude zidi et Michael Bay) ?
    le chagrin simplement de voir certains réalisateurs qui n’ont pas besoin de ça coiffer au poteau des films méritants. En même temps, ça peut faire une porte d’entrée..

    Pour Breaking News…
    oui avec le recul, c’est peut être son aura « cannoise » qui m’ a fait choisir opter pour ce film plutôt que THE MISSION (si on excepte la musique, on est vraiment dans un film super) ou MAD DETECTIVE ( rigolo mais quand même too much!)
    bon allez, on fera un chapitre 3… ^^ avec l’Enfer des armes..;The mission, A hard day etc… ^^

    • Matt  

      Oui les infiltrés est un bon film en soi. Ce serait le comble avec quasi le même script et un réal comme Scorcese. Mais j’ai trouvé le remake fainéant (surtout pour du Scorcese, merde !) avec trop de scènes similaires.
      Et puis ouais, pourquoi faire ? Le fait que plein de monde aient vu les infiltrés mais ne connaissent même pas Infernal Affairs me conforte dans l’idée que ce sont des opérations marketing pour cacher la visibilité du produit d’origine. Aux US, ils doublent le budget du film en marketing pour que tout le monde en entende parler partout. ça fait un peu mal au coeur.

      Une partie 3 ?
      Eh attention hein, faut faire du wuxia pian aussi.^^

      pas de snobisme non plus de ma part. J’aime beaucoup le cinoche américain aussi, je crois que j’en ai souvent parlé.
      Mais les remakes…bon j’ai fait un article dessus hein, vous connaissez ma position. J’en aime certains, quand il y a un vrai effort d’actualisation ou une forme complètement différente.
      Je n’éprouve pas beaucoup de sympathie pour ceux qui sont trop similaires et qui reprennent des films récents qui n’ont pas du tout vieilli mais dont il faut changer la nationalité !

      Sinon, rien à voir (enfin un peu quand même) mais j’ai vu « les flics ne dorment pas la nuit » récemment, de Richard Fleischer. un film de 1972.
      Et curieusement, j’ai pensé un peu au ciné HK. Le film est une chronique de vies de flics, des dangers, avec des personnages qui ont une personnalité, qui prennent peur, qui sont au bout du rouleau, etc.
      Et je me suis dit « mais putain ils sont ou les films US comme ça depuis 20 ans ? ça n’existe plus »
      Des trucs pas trop over the top avec des persos dont on se soucie, qui ne sont pas des caricatures de mecs méchants ou badass cool, avec des intrigues réalistes de polars qui ne reposent pas sur des explosions de bus qui sautent par dessus des hélicos…où est passé ce cinéma ?

  • Présence  

    J’ai beaucoup aimé le passage qui commence avec Un film menace l’hégémonie ? et qui finit chez Burger King. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point c’était un système s bien rôdé. Du coup, je te crois sur parole quand tu indiques que la version Scorcese ne vaut pas l’original.

    Ici, la ville nous est dépeinte comme un monstre hideux qui détruit les gens. – Voici un principe que j’aime beaucoup, même si le résultat à l’air éprouvant.

    Les immeubles entassant les citoyens dans des bocaux misérables, mangeant sur le pouce de la mauvaise nourriture pour survivre juste pour devoir travailler et pourvoir élever à peine dignement ses enfants. – Visiblement une autre facette de cette vie urbaine qui façonne les habitants, et pas pour le meilleur.

    Être élu ne signifie pas être libre mais dépendre des autres. – Une très jolie formule, très noire en elle-même : finalement tout faire pour arriver au pouvoir n’apprend qu’à savoir comment faire pour y rester, plutôt que pour en faire quelque chose.

    Drug War, et c’est déjà le troisième film de Johnnie To dans la liste !
    Un polar qui utilise son format pour se faire la peinture parfois romantique, parfois désespéré d’une ville aux formes multiples, port-cité tentaculaire côtoie jonques et quasi bidonville. Dans ce tableau où les inégalités explosent, les passions s’exacerbent et prennent parfois les atours d’une violence aussi cruelle qu’exutoire. Le résultat est ce cinéma sans cesse en explosion. – Hé bien ! Cette fois-ci, c’est la nature de la ville qui dicte la forme même du cinéma. Quelle ville !

    • Matt  

      Johnnie To produit beaucoup.
      Parfois des films légers et fun, over the top.
      Parfois des films noirs et tristes, hyper sérieux.
      Tout n’est pas du même niveau parce que c’est un mec qui réalise beaucoup . Il a une centaine de films à son actif réalisés en 35 ans…

      Mais du coup sa filmo est très intéressante. Et il y a pas mal de bons films, même parmi les plus légers et funs comme Sparrow qui met en scène une bande de potes pickpockets pas si méchants qui se font piéger par une femme.

      • Eddy Vanleffe  

        Sparrow est juste génial avec son hommage aux Parapluies de Cherbourg et ses scènes de quasi danses absurdes… il y a du met là dedans… et un peu de poésie aussi…

        • Matt  

          Ah bien vu les Parapluies de Cherbourg. Je n’y avais pas pensé.
          ‘tain tu parles mieux que moi de ces films !!^^
          Mais ouais très joli film. Et rigolo.

  • Jyrille  

    Comme je l’avais dit, je n’ai vu que Breaking News et les deux Election ici. Et le remake de Infernal Affairs par Scorcese. Je sais que je dois voir la version première, mais le film de Scorcese est vraiment très bon. Il faut dire que Leonardo Di Caprio fait un job magnifique dedans.

    Pour ceux que je n’ai pas vus, vous donnez sacrément envie quand même. Complètement d’accord sur les Johnnie To et son obsession pour la bouffe. Tu as raison, je n’y avais pas pensé, mais il y a du Hitchcock dans Breaking News. Tu me donnes envie de le revoir.

    Comment ça Mattie, tu n’aimes pas HEAT ? C’était le cas aussi pour moi, puis je l’ai revu. Et désormais je considère que c’est un chef d’oeuvre.

    J’ai vraiment très envie de voir le dernier Johnnie To dont vous parlez !

    La BO : sympa.

    • Matt  

      Personne ne dit que le film de Scorcese n’est pas bon. Mais c’est là tout le problème. Il n’est pas à 100% responsable de la réussite de ce film puisque c’est un remake feignant à certains égards. Mais comme le film est bien, bah personne ne veut se donner la peine d’aller voir l’original. Pourquoi faire ? Ils connaissent déjà l’histoire. Et comme ils ont aimé le remake, ils auront de toutes façons un affect plus prononcé pour la version du film qu’ils ont découvert en premier.
      C’est tout ce qui m’agace dans ces remakes. ça « vole » quelque chose à l’original.

    • Matt  

      Heat c’est assez chiant pour moi. Je m’ennuie pas mal devant. Trop long et bavard pour exprimer des choses qu’on pourrait comprendre plus simplement.

      Tu peux foncer regarder les autres films^^
      Moi Breaking News m’a déçu mais bon…le sujet de fond reste une très bonne idée. Il y a juste des incohérences dans les péripéties.

  • JP Nguyen  

    Dans la liste, je connais Infernal Affairs (qui m’avait fortement marqué) et Breaking News (qui m’avait laissé indifférent).
    Election me dirait bien.
    De To, j’ai aussi vu Exilé, la pseudo suite de The Mission, mais il m’avait moins plu que le premier volet…
    A la même époque, je m’étais aussi maté un petit paquet de Kitano,mes préférés étant Hana Bi et Brother.

  • Tornado  

    Encore merci pour ce guide ciné. Je ne connais aucun de ces films et n’ai entendu parler vaguement que de INFERNAL AFFAIRS par rapport à LES INFILTRES !
    Une fois encore ça a vraiment l’air trop bien. Je prends des notes !
    Par contre je note aussi un certain « moule ». On dirait qu’en voulant échapper à un cahier des charges manichéen, ces films finissent par se ressembler un peu tous (sur le papier) en rédigeant un nouveau cahier des charges !
    Personnellement je n’ai pas aimé LES INFILTRES et sa fin Grandguignol. En revanche j’adore HEAT. Pareil que Cyrille : Je ne l’avais pas aimé la première fois. Et puis en le revoyant, je le trouve meilleur à chaque visionnage. Ça arrive parfois, avec certains films…

    Mille et une fois merci pour ces articles !

  • JP Nguyen  

    En retournant lire l’article sur Heat et les commentaires, je vois qu’on y faisait déjà référence à Infernal Affairs…
    Pour ne pas répéter mes pensées de l’époque, je partage une des scènes qui m’avait marqué : quand le flic infiltré recroisé une de ses ex, avec sa petite fille, et que la maman ment sur l’âge de la petite, laissant deviner une paternité ignorée… Cette scène résume si bien tout ce que le flic infiltré à du sacrifier à cause de sa mission… De manière générale, dans mon souvenir, l’original met en scène des personnages plus ambigus et attachants que le remake.

    • Matt  

      Bah tu vois justement je trouve que Heat manque de cette subtilité.
      Au lieu de nous faire ce genre de scènes « floues » (qui laissent le spectateur comprendre ce que le personnage a perdu, ce qu’implique le mensonge de son ex, etc.), he ben ça cause, ça cause, ça cause.
      Pareil dans les infiltrés d’ailleurs. La scène où le truand infiltré descend son boss…dans l’original bang direct, pas un dialogue, froid, dur.
      Dans le remake…et bla bla bla, bla bla bla faut mettre de l’emphase sur l’importance du moment en causant, causant…

      Je suis bien d’accord avec toi sur le fait que Infernal Affairs est plus subtil, ambigu. Et la fin n’est pas celle des infiltrés puisqu’ils ont décidé de piquer des éléments de la fin d’Infernal Affairs 3.

      Du coup Tornado, si pour une fois t’as pas aimé le remake, essaie peut être l’original^^

  • Kaori  

    C’est marrant de vous lire sur ce genre d’article. Pour moi, ce cinéma-là, c’était un cinéma tellement marginal, que je n’imaginais pas que deux contributeurs pourraient se retrouver à partager leur culture, aussi simplement qu’ils présenteraient la recette du gâteau au yaourt. Et au final, je découvre que c’est un cinéma riche, bien réalisé et plus profond qu’il n’y parait.
    Alors, certes, je ne suis pas amatrice du genre. Ce n’est pas spécialement le genre de films qui me rend folle d’excitation à l’idée d’en regarder un. Cependant, j’ai vu, comme la grande majorité des gens, LES INFILTRES. Et j’ai été bluffée. On ne sort pas indemne de ce genre de film. Une fin coup de poing, et un jeu d’acteurs parfait. Sauf que j’ai appris ici même il y a quelques mois, qu’en fait, c’était un remake ! Les Américains sont incapables d’importer le cinéma étranger. Pas de doublage, là-bas. Et les sous-titres, n’en parlons pas. Ils se prennent pour les maîtres et veulent que le monde entier le croit. Le fameux impérialisme américain. Alors, quand un film étranger leur plait, il faut le refaire à l’américaine. Sans ça, personne n’ira le voir. Et bien sûr, ne surtout pas dire d’où ça vient.
    Ce que je trouve fou, c’est que autant pour RING, THE GRUDGE et cie, je savais que c’était des remakes, autant ceux-là, ils ne s’en sont pas vantés… Sans doute car issu d’un cinéma de niche et pas forcément bien vu… Donc je comprends votre coup de gueule à ce sujet…

    Bon, en tout cas, je vais me pencher là-dessus plus sérieusement grâce à vous deux !

    Et allez-y pour un 3 !!

    • Matt  

      Tellemant marginal ? Bah…non^^ Juste asiatique, et pas hyer bien représenté sur la scène internationale parce que ça s’exporte pas forcément hyper bien.
      Et encore en France on fait partie des pays ouverts au ciné asiatique. Grâce à plein d’éditeurs, ou même des gens comme Jean Pierre Dionnet qui a toujours fait la pub de ce cinéma.
      Mais c’est clair qu’aux USA…c’est encore moins connu.
      D’ailleurs c’était un évènement de fou que Parasite remporte un oscar là bas^^

  • Tornado  

    Dans le genre « polar d’une noirceur abyssale », j’ai l’impression d’être le seul à connaitre ARRIVEDERCI AMORE CIAO, un film italien de Michele Soavi. J’ai tenté de pousser Bruce à le voir pendant des années, en vain ! ^^
    Quelqu’un d’autre que moi l’a vu ? Sinon je conseille. Âme sensible s’abstenir, cela-dit.

    • Jyrille  

      Non je ne connais pas ce film Tornado. Par contre j’avais été retourné et presque choqué par un film français pas facile à trouver : J’IRAI AU PARADIS CAR L’ENFER EST ICI.

    • Matt  

      Le cinéma italien, j’avoue que je connais bien les gothiques et les gialli des années 60-80, mais les films récents, je connais pas du tout…
      J’ai l’impression que c’est encore moins facile à trouver que les films asiatiques.

      • Tornado  

        Ah. Pour le coup il faut également citer l’excellent ROMANZO CRIMINALE, une chronique de la mafia napolitaine dans les années 70, réaliste et malsaine. C’est franchement dérangeant et brillant à la fois.

        • Matt  

          Ah celui là me dit un truc de nom. Mon frère doit connaître.

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