L’aventure est sur ton chemin ! (St Seiya : Asgard)

 

ST SEIYA : La Saga d’Asgard

En avant, BRUCE LIT !

Les sagas d'Asgard et de Poseidon sont intrinsèquement liées  Source : Amazon https://www.amazon.fr/Saint-Seiya-chevaliers-Zodiaque-Pos%C3%A9idon/dp/B01IRPO0ZA/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=seiya+asgard&qid=1578718913&s=dvd&sr=1-1 ©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation

Les sagas d’Asgard et de Poseidon sont intrinsèquement liées
Source : Amazon
©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation

Cet article portera sur La saga d’Asgard de la série ST SEIYA, connue en France sous le titre LES CHEVALIERS DU ZODIAQUE.  Asgard regrouppe  les épisodes 74 à 97 diffusé par la Toei Animation en 1986 et en France dans le CLUB DOROTHÉE.
Merci à l’article WIKIPEDIA pour sa présentation des Guerriers Divins d’Odin et leur orthographe correcte. Mes articles se baseront UNIQUEMENT sur la série animée et non sur le manga. Non présente dans le manga, La saga d’Asgard a été conçue pour laisser  le temps à Masami Kurumada de poursuivre l’écriture de sa série pendant qu’était « artificiellement » prolongé l’animé. 

L’intégralité de la série canonique est découpée ainsi : 

- 1 – La saga du sanctuaire
a/ Les chevaliers noirs
b/ Les chevaliers d’argent
c/ Les chevaliers d’or

-2 – La saga d’Asgard <== VOUS ÊTES ICI

-3- La saga de Poséidon 

-4- La saga Hadès 

Une héroïne possédée !

Un mois après LA GRANDE BATAILLE DU SANCTUAIRE, une nouvelle menace apparaît pour Les chevaliers du zodiaque. La pacifique Hilda de Polaris, dirigeante du royaume d’Asgard a été possédée par l’anneau des Nibelungen et n’assure plus sa mission cruciale de veiller à l’équilibre écologique de notre planète.   Nos 5 chevaliers de bronze accompagnés de la princesse Saori, la réincarnation de la déesse Athéna, ont alors moins de 12 heures pour empêcher un raz-de-marée planétaire.
Face à eux 7 guerriers divins, chacun détenteurs d’un saphir à emboîter dans l’épée d’Odin, seule capable de délivrer Hilda de son sortilège.

Lorsque commence LA SAGA D’ASGARD, le jeune Bruce, alors âgé de 13 ans est (déjà) perplexe : mais pourquoi diable continuer l’aventure des Chevaliers du Zodiaque alors que l’attaque contre Les Chevaliers d’Or sonnait l’apothéose d’une série incroyable ? Alors que les bronze avaient bravé mille morts, enduré mille sacrifices, perdu leurs illusions, leurs armures, leurs 5 sens, leurs amis, alors qu’ils avaient fraternisé avec leurs ennemis juste avant que ceux-ci ne périssent d’une mort injuste, était-il judicieux de remettre le couvert avec de nouveaux épisodes qui n’atteindraient jamais le septième sens ?
Hélas, la TOEI ANIMATION et Masami Kurumada n’étaient pas réceptifs aux angoisses du jeune spinassien déjà obsédé par la notion d’intégrité artistique. Et heureusement, car, pour beaucoup, LA SAGA D’ASGARD est un sommet de la série.

En la revoyant 30 ans avec mes enfants sur les genoux, beaucoup de choses restent amusantes : comme des héros de Claremont, les personnages ne cessent de commenter à voix haute ce qu’ils font à l’écran, communiquent tous par télépathie 4G, savent instantanément  ce qui vient de se passer à des centaines de kilomètres  de là sans aucun témoin.  Certaines scènes sont d’une mièvrerie difficilement supportables , notamment celles où les guerriers divins en civil courtisent Hilda et sa soeur Freya (Flamme en VF) et qui prouvent que les p’tits gars de l’époque avaient bon dos de se moquer des dessins animés de gonzesses comme PRINCESSE SARAH ou LUCILLE, AMOUR ET ROCK’N’ROLL lorsque leur série montrait à quel point le bonheur, à grand renfort de dialogues débiles, rendait niais.

Un excellent résumé en image

On s’amusera de l’impressionnant sens stratégique des guerriers divins qui pourraient tous tomber sur la gueule d’un chevalier isolé mais qui préfèrent passer la série agenouillés aux pieds de leur princesse hystérique à la regarder débloquer sans se demander à un seul instant s’il elle n’a pas sniffé un peu trop de poudreuse de la région…A leur place, je me demanderai quand même, au moins 5 minutes entre deux changements de genoux, ce qui motive ma dirigeante réputée pour sa douceur et son sens des responsabilités à déclarer la guerre au monde entier et rigoler comme une bécasse pour tester l’acoustique de mon château…

Toutes les ficelles du Sanctuaire réapparaissent sans une once d’imagination : le sauvetage systématique de Shun par Ikki, Shiryu qui s’obstine à se battre torse nu sous la neige pour faire apparaître son tatouage, Shun qui préfère affronter ses ennemis en salopette plutôt que couvert de son armure, les chevaliers qui, sous la force des coups tracent de nouvelles allées, dans les escaliers et font des roupillons de quelques heures dans des ravins, tout ça est entendu.
D’autant plus qu’à certains moment, il est notable qu’il s’agit d’économiser de la pellicule : le public pourra assister au moins 4  fois à la même scène de  réparation des armures de bronze par les chevaliers d’or et au sauvetage de Shiryu par Shura du Capricorne.

Pourtant, on aurait tort de s’arrêter à ces considérations car la richesse d’Asgard réside bien au-delà des gimmicks irritants de la série.
Au cours de cette nouvelle course contre la montre, les chevaliers du zodiaque ne progressent plus. Le public aura appris tout ce qu’il fallait savoir d’eux désormais, ceux-ci se sont surpassés durant la bataille contre les chevaliers d’or.   Leurs ennemis ne sont plus des aînés bornés mille fois supérieurs mais leurs équivalents en vigueur et en jeunesse.  Asgard est une contrée désolée où le froid rend toute vie éprouvante.  Hilda est là pour préserver les glaciers du pôle nord et tous les Asgardiens vivent en sachant que leur sacrifice permet au reste du monde de vivre heureux en pleine lumière.

Une très belle histoire de frères ennemis : Bud et Syd

C’est donc dans un pays martyr, une patrie de héros anonymes que débarquent Seiya et les autres. Asgard veut aussi désormais sa place au soleil et va la revendiquer de manière belliqueuse.  Nos amis vont devoir donc, à contrecoeur, préserver un statu-quo injuste pour éviter que ne se noie l’humanité.
ASGARD est le seul épisode où Saori aide ses chevaliers. Elle n’est plus la demoiselle en détresse mais une héroïne à part entière qui utilise son pouvoir pour ralentir la fonte des glaces. Ses longs cils fermés et fouettés par le vent glacial, sa pose christique dans un pagne virginal en pleine tourmente, la princesse aux cheveux violets n’aura jamais été aussi sexy.

Animés par des années de frustration et de ressentiment face à une population ingrate, les guerriers divins sont des oubliés qui réclament leur part du gâteau quitte à détruire la cuisine pour cela. Ils sont les véritables héros de cet épisode, de bonnes personnes dans le mauvais camp et aussi sûrs de leur cause que les chevaliers du zodiaque. Les combats  de la série  laissent place à des introspections souvent émouvantes où Seiya et ses amis vont amener les guerriers divins à accoucher de leur vérité.  Les chevaliers du zodiaque deviennent ici des révélateurs, des miroirs déformants où vont se réfléchir les parcours tragiques de leurs adversaires marqués par l’abandon, le parricide, l’infanticide et la pauvreté .

Des adversaires tourmentés à l'enfance malheureuse  ©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation Source St Seiyapedia http://www.saintseiyapedia.com/wiki/Bud_d%27Alcor

Des adversaires emblématiques et tourmentés à l’enfance malheureuse
©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation
Source St Seiyapedia 

Qu’on examine ici le parcours de chacun d’entre-eux dans leur ordre d’apparition

1-Thor de Phecda (Gamma)
Alors que tous les autres guerriers d’Odin sont de noble ascendance, Thor est un pauvre paysan qui braconne sur les terres royales pour nourrir les siens, affamés par le froid. Battu et humilié par la garde d’Hilda, il s’apprête à mourir quand celle-ci apparaît et lui témoigne de la compassion. Ému par ce geste, il défend l’honneur de sa souveraine jusqu’à la mort. Il meurt en larmes face à Seiya, malheureux de ne plus pouvoir servir la seule personne qui l’aura traité en être humain malgré son rang.

2-Fenrir d’Alioth (Epsilon)
Fenrir porte le nom du loup géant de la mythologie nordique qui dévorera le monde à la fin des temps.
Enfant, ses parents sont tués par un ours et le reste des adultes qui les accompagnaient laisse Fenrir face à une mort certaine. Recueilli par une meute de loup, il grandit comme un enfant sauvage, préférant la compagnie des loups à celle des hommes qu’il méprise.  Shyriu tentera de lui montrer que l’homme n’est pas un loup pour l’homme avant que celui-ci ne décède écrasé sous un glacier, pleuré par sa seule famille canine.

3-Hagen de Merak (Beta)
Son nom fait référence à Hagen qui tua le héros Siegfried. Hagen est un beau jeune homme blond mais jaloux que sa Dulcinée Freya bascule dans le camp des chevaliers du zodiaque. Aveuglé par ses sentiments, il manquera de tuer celle qu’il aime en attirant Hyoga dans un Volcan, toute similitude avec un certain Anakin Skywalker étant purement fortuite…

4-Mime de Benetnash (Eta)
Le nom de Mime est celui du nain qui a éduqué Siegfried dans la mythologie scandinave.
Probablement le personnage le plus fascinant de la saga : un musicien surdoué qui attaque ses adversaires avec sa lyre.  Mime est un personnage aussi sensible qu’intelligent qui a tué son père adoptif à son adolescence. Son combat contre Phénix lui prouvera qu’il a tué un homme bon qui ne savait pas lui témoigner son amour. Mime meurt de ses blessures rongé par les remords.

Des grands sentiments, un vilain pas si méchant, une musique somptueusement mélancolique : le combat contre Mime de Benetash porte l’essence de St Seiya

5-Albérich de Megrez (Delta)
Dans la mythologie nordique, Alberich était le nain gardien du trésor des Nibelungen. Le seul personnage mauvais comme une teigne qui utilise l’idéalisme de ses compagnons d’armes à ses propres fins, informé de ensorcellement de sa souveraine. Sa colère a pour prolongement la force de la nature qu’il utilise pour terrasser Marine, Seiya et Hyoga.  Une belle ordure avec en sus la voix de Vegeta en VF.

6-Syd de Mizar (Zeta) et Bud d’Alcor (Zeta’)
L’armure de Syd, représente Thöfnir et prend la forme d’un Smilodon, animal éteint au cours de la dernière période glaciaire.
Son frère jumeau, Bud veut dire « commandement » en norvégien. Ceci est une référence direct à l’étoile Alcor.

St Seiya rengorge de récits de Frères Ennemis mais celui-ci est probablement le plus tragique : la tradition asgardienne interdisant les jumeaux, Bud est condamné à mort dès sa naissance. Il sera recueilli par des paysans mais,  rattrapé continuellement par ses origines aristocratiques qu’il méprise, il sera condamné à protéger un frère qu’il maudit jusque au moment où celui-ci lui offre sa vie en expiation d’une vie de souffrance. Bud, avec son physique directement calqué sur le bassiste des SEX PISTOLS Sid Vicious, sera le seul guerrier divin à survivre pour mieux se morfondre d’être passé à côté de sa vie.

7-Siegfried de Dubhe (Alpha)
Son armure a la forme de Fáfnir, le dragon tué par son héroïque ancêtre Siegfried. Immortel, il est le plus noble des guerriers divins. Il terrasse tous nos héros torturé par le doute : ces ennemis, il les respecte et il les admire. Marqué par la tragédie comme les autres guerriers divins, Siegfried tentera de tuer en vain  Sorrento, le général du Dieu Poséidon à l’origine de cette guerre avant de périr seul…

La tragédie de Siegfried s’accorde avec celle de son pays

ST SEIYA n’était déjà pas une série rigolote mais la saga d’ASGARD réussit une prouesse : parvenir à faire d’épisodes bouche-trou, un canon de la série qui va éclipser et de loin la suite officielle chez POSÉIDON.
Les chevaliers évoluent loin de chez eux dans un climat de désolation totale. Leurs pas sont étouffés par la neige, chaque arène de combat plus majestueuse que la précédente : impossible d’oublier l’impressionnante citadelle d’Odin, les ruines où Mime joue son requiem à la lyre ou le cimetière parsemé de cercueils d’améthyste.

Le chara-design des personnages est impressionnant : chaque personnage a une identité visuelle parfaite, un caractère parfaitement en adéquation avec son armure et une apparence européenne à l’opposé de nos héros japonais.
ASGARD propose une revisitation intemporelle des contes pour enfants  : ST SEIYA se déroule au XX è siècle mais son ambiance est moyen-âgeuse.  C’est là le tour de force de cette série qui annihile le temps une fois l’armure revêtue pour puiser aux mythes de l’inconscient collectif. Les personnages n’existent que par leurs secrets. Lorsque ceux-ci sont révélés au grand jour, les guerriers divins s’écroulent et meurent, perdus comme le saphir d’Odin qu’ils détiennent.

Un décor mémorable  ©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation

Un décor mémorable
©Masami Kurumada / Shueisha / Toei Animation

La tristesse des défenseurs d’Asgard a pour résonance les thèmes immortels de Seiji Yokoyama. N’ayons pas peur d’exagérer : Yokoyama est à la série ce que Ennio Morriconne fut pour le cinéma de Sergio Leone : une voix off sublime qui raconte les personnages et leurs conflits au delà de ce qu’ils disent. Le thème principal de ASGARD est d’une mélancolie  absolue : chaque note est un flocon de neige qui tombe sur son auditeur.
L’HIVER de Vivaldi est clairement cité, les instruments à vents comme le violoncelle amène à ressentir la forteresse de solitude intérieur des guerriers divins, sûrement aussi doués que nos héros mais individualistes et animés d’aucunes valeurs altruistes. Tout à la harpe, le thème de Mime de Benetash commence tout en douceur avant d’accélérer  au rythme des tourments intérieur du chevalier parricide.

30 ans après sa diffusion, LA SAGA d’ASGARD est toujours à la hauteur de sa réputation avec des adversaires inoubliables que l’on a peine à voir périr.
L’inébranlable optimisme des chevaliers d’Athéna n’aura pas survécu à notre réalité écologique : malgré l’intervention de Saori, nos glaciers disparaissent peu à peu, le niveau de la mer augmente rendant prémonitoire la portée de cet animé qualifiée de stupide par nos irresponsables politiques, qui eux n’ont jamais péri noyé sous la honte ou approché le quart du sens de l’honneur des chevaliers de la série.
Au moment de conclure cet article, 1 milliard d’animaux périssent dans de terribles incendies en Australie du fait du réchauffement climatique. Encore un coup d’Hadès…
Où sont nos chevaliers ?

Un album obligatoire pour les fans de la série

Un album obligatoire pour les fans de la série

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Initialement inédite dans le manga de Kurumada, LA SAGA D’ASGARD est bien plus qu’un bouche trou dans l’histoire de St Seiya ! Pour beaucoup, il s’agit même du meilleur chapitre des Chevaliers du Zodiaque. On vous explique pourquoi chez Bruce Lit.

Les musiques de St Seiya, magnifiques, qui feront toujours toute la différence :

31 comments

  • julien B  

    tout ce que tu dis est vrai, comme d’hab.
    J’ai toujours eu l’impression d’être à l’opéra devant l’arc Asgard, crois tu que Yokoyama a mis du Wagner dans son oeuvre?^^
    Tu ne parles pas de l’OAV? loooool

  • Surfer  

    Je crois que je n’ai jamais vu un épisode de la série. A l’époque j’entrai dans ma période d’adolescence durant laquelle je ne trouvai plus de plaisir à voir des animés.
    J’ai dû certainement rater quelque chose. Merci pour la petite séance de rattrapage et pour ma culture générale.
    Je me suis arrêté à Goldorak, Albator et mon préféré Capitaine Flam.
    Je me souviens que La série Goldorak avait déjà aussi un fort message écologique.
    Visiblement les enfants de cette période, devenus adultes aujourd’hui, soit n’ont rien compris soit n’ont pas le pouvoir de décision pour faire évoluer le monde.

    • Bruce lit  

      @Julien B : tout ce que tu dis est vrai, comme d’hab.
      C’est bien vrai, ça !
      Les OAV : j’ai oublié de mentionner que mes articles sur St Seiya (4 autres arrivent) ne porteront que sur la série TV. Je n’ai pas revu les OAV depuis au moins 30 ans, mais le souvenir que j’en garde de ces aventures hors-continuité est que le charme ne fonctionnait pas sur un format court et qu’il induisait et amplifiait les gimmicks de la série.

      @Surfer : Visiblement les enfants de cette période, devenus adultes aujourd’hui, soit n’ont rien compris soit n’ont pas le pouvoir de décision pour faire évoluer le monde. Je ne suis pas sûr que la petite Greta Thunberg réussisse là où nous avons échoué. C’est quelqu’un que j’aime bien.

  • Loic clement  

    Cet arc résolument émouvant reste de loin mon préféré. La mélancolie qui s’en dégage est assez unique et Saint Seiya ne retrouvera à mes yeux, que rarement une telle intensité ! Juste une précision, Bud ne survit pas non plus à la bataille puisqu’un plan final de l´arc le montre gisant aux côtés de Syd recouverts de glace.

    • Bruce lit  

      @Loic : oui, j’avais un doute concernant Bud. Maintenant, il ne serait pas le premier à dormir recouvert de glace (Cf Shiryu). Mais effectivement il y a de bonnes chances qu’il meurt à son tour.

  • Eddy Vanleffe  

    Je n’ai jamais vu cette saga. je me suis arrêté borné au Sanctuaire.
    reste que voilà une définition des forces et des faiblesses de St Seya: de designs qui pètent, une musique qui fait gonfler le sang dans les veines, des moment inoubliables, des adversaires hors du commun qui évolue sur une trame immuable de jeu de plateau.
    j’aimerais jeter un œil la dessus un jour…

  • Présence  

    Cet article constitue pour moi une découverte totale, puisque je n’ai jamais dû voir en entier un seul épisode de la série originale. L’analyse de cette saison expose une tragédie d’une ampleur peu commune !

    Nos amis vont devoir donc, à contrecœur, préserver un statu-quo injuste pour éviter que ne se noie l’humanité. – Le sacrifice d’une minorité pour le bien commun de l’humanité, un thème à rebours dans une société individualiste comme la nôtre.

    Amener les guerriers divins à accoucher de leur vérité. – C’est violent comme dispositif narratif : confronter les personnages à leur 4 vérités.

    Les personnages n’existent que par leurs secrets. – Mais, c’est carrément cruel et sadique de dire qu’un individu n’a de valeur que pour ses souffrances. Je comprends qu’un tel anime ait traumatisé toute une génération.

    J’ai beaucoup aimé le développement sur les qualités de la bande son de Seiji Yokoyama.

    • Eddy Vanleffe  

      la version Netflix le prouve à bien des égards, ce dessin animé ne passerait plus du tout aujourd’hui tel quel. car oui, le scénario était purement cruel sur plein de détail et à cela il faut aussi le refus quasi catégorique de la « happy end » chez les japonais…
      c’est une des trucs venant du pays du soleil levant le mieux digéré dans Batman TAS. la première et seule série qui s’est permis des épilogues purement poétiques en conclusion des ses épisodes avec un regard amer et souvent émouvant sur la nature même des personnages.
      par exemple le plan sur Mr Freeze qui regarde la boite à musique souvenir de son épouse dans sa cellule.
      dans les manga pas de leçon de morale toute faite mais un questionnement très souvent naturaliste.
      c’est ce qui a fasciné la planète entière du jour au lendemain. la sensation bien au-delà des limites budgétaires de ne pas être pris pour des crétins.
      ça arrive souvent à la télé?

      @Surfer
      comme beaucoup de monde, on s’interroge sur la responsabilité et les ressources individuelles vis à vis d’une planète en délabrement et plus on creuse la question, moins la solution est visible. comme si elle nous avait été « kidnappée ». dématérialisation? non parce que les connexions en lignes en sont pas bonnes non plus. végétarisme/véganisme? oui et non parce que importer les fruits et graines ou soja à longueur d’année au mépris des saison sur des supertankers qui polluent plus que le périf de Mexico au mois d’Août et qui contribuent autant à la déforestation (déforestation est causé par l’immobilier, la recherche d’énergie ensuite en enfin a des fins de surface cultivable pour nourrir l’occidental bobo en soja).
      devenir auto-suffisant?
      en maintenant la population au niveau de la ligne d’eau, par un beau système de crédit bancaire équilibré par des revenus plus suffisants et donc perfusé en permanence par la banque. les gens n’ont pas d’autre choix que de consommer ce qu’il y à portée de la main…
      la solution individuelle? vivre en fermette à manger ce qui sort de son jardin et les œufs de ses poules…
      j’ironise même pas.

      • Bruce lit  

        @Présence + Eddy : Seiya est une série cruelle où le destin d’orphelins de père et mère est déterminé à la fois par leur destin, leurs constellations sources de leurs pouvoirs et par les hommes, puisque tous les chevaliers sont des gosses qu’on envoie dans des centres d’entrainement où certains vont être maltraités.
        La lutte des Chevaliers contre l’individualisme est un message social fort dans un pays comme le Japon.
        Sur le sacrifice pour le bien commun, on trouvera exactement le même schéma narratif dans la série 24 : un agent de la brigade anti-terroriste doit sauver l’Amérique et son président en 24 heures. En 24 heures, il n’a pas le temps de faire dans le détail, des vies dépendent de lui. Je pourrais vous démontrer que 24 doit beaucoup à ST SEIYA.

        @Archangel : en y repensant, Bud est très probablement mort effectivement. Non pas qu’il soit inconscient dans la neige, mais bien parce que dans la Saga Poseidon, il n’apparaît pas aux côtés de Hilda, la princesse qu’il est censé protéger.

      • Surfer  

        @Eddy
        Tu prêches un convaincu, je suis persuadé que l’écologie est le plus grand défi de l’histoire de l’humanité.
        En espérant simplement qu’il ne soit pas trop tard et que la politique environnementale de chaque Pays développé ou émergent soit prise au sérieux et surtout efficace.

        Le problème c’est que les pays développés en veulent toujours plus et bien trop souvent au détriment de l’écologie.
        Les pays émergents prennent pour exemple les pays développés Ils vont trop vite sans réfléchir aux conséquences.

        Ce n’est pas avec la politique de Trump ou de Jair Bolsonaro que le monde va aller mieux.

        Foi du Silver surfer, j’ai arpenté et exploré le système solaire et bien plus encore. Je n’ai trouvé aucun autre monde de remplacement ou l’on puisse vivre.
        Il faut préserver le notre;-)

  • Archangel eddy  

    Le destin de Bud est sujet à interprétations, on le voit couché dans la neige, à côté de son frère, ce qui n’est guère confortable

  • Nicolas  

    Un de mes meilleurs souvenirs de la saga St. Seya : des adversaires tragiques, une impression de terrible gachis devant tous ces morts. Une belle série d’épisodes qui donnent ses lettres de noblesses à Saitn Seya.

    • Bruce lit  

      @Nicolas : un gâchis d’autant plus terrible que, rappelons-le, tous ces personnages qui meurent sont encore des enfants d’une quinzaine d’années.
      ST Seiya est une vraie série sur l’engagement de la jeunesse pour se battre contre les injustices et un monde meilleur. Derrière les bastons homériques, il existe un vrai fond autour de la force et de la volonté de la jeunesse à lutter contre la fatalité armé de courage et de valeurs. C’est ce qui fait la beauté de St Seiya.

      • Eddy Vanleffe  

        l’âge des protagonistes dans saint Seya est un des trucs les plus « bizarres » à mon sens. il ne sont pas du tout dessinées comme des ados pour moi surtout dans l’animé où il me font d’avantage penser à des héros grecques, mythologie oblige…
        dans le manga, oui ils sont rase-mottes et ont des bouilles toutes rondes de gosses assez vintage qui rappelle des mangas des années 70 genre ashita no joe, mais l’animé nous présente des mecs de 2m, élancés, bien trop matures pour avoir d’autres préoccupations que leur devoir (et n on pas devoirs…

  • Jyrille  

    Rah fuck les vidéos passent pas… j’espère les regarder plus tard. J’aime beaucoup tes digressions humoristqiues Bruce, ça donne un cachet unique à l’article qui me présente très bien cette saga que je ne regarderai jamais sans doute.

    Ca a l’air super triste en tout cas, l’apanage des mangas, souvent. Ils sont assez terribles, racontés tels quels, les destins de ces guerriers d’Asgard !

    J’aime beaucoup ta conclusion, qui rejoint le commentaire de Alex Sindrome sur Goldorak hier.

    La BO : ça marche pas bon sang !

  • Vindicator  

    « des guerriers divins qui pourraient tous tomber sur la gueule d’un chevalier isolé mais qui préfèrent passer la série agenouillés aux pieds de leur princesse hystérique à la regarder débloquer sans se demander à un seul instant s’il elle n’a pas sniffé un peu trop de poudreuse de la région »

    du Bruce dans le texte en pleine forme lol

    • Bruce lit  

      @Vindicator et Cyrille : si les effets comiques fonctionnent j’en suis ravi.
      Cyrille, tu as essayé de lire les vidéos avec un autre explorateur ?

      • Jyrille  

        Non mais cherche pas c’est le réseau du boulot qui déconne

  • Kaori  

    Bizarrement, je n’ai gardé aucun souvenir de cet arc, que je suis quasi sûre d’avoir suivi.
    Mais tu sais quoi ? En lisant cet article, je n’ai absolument aucune envie d’infliger ça à mon petit cœur sensible ! Non, c’est juste pas possible, toutes ces morts, pour des personnages aux intentions nobles et aux parcours si tragiques. Ça va à l’encontre de ce que j’aime. Ça ne m’étonne pas que j’ai occulté tout ça. Je commence même à me demander si je n’ai pas détesté.
    J’irai quand même voir les vidéos pour me remettre tout ça en mémoire ce soir.

    J’apprécie toutefois ta conclusion, si tristement réaliste.

    Sinon, petite précision : la voix de Vegeta, c’est aussi celle de Seiyar ;)
    Eric Legrand doublait à la fois Yamcha et Vegeta sur DBZ. Visiblement, il en a fait de même sur Saint Seiya !

    • Bruce lit  

      @Kao’ : oh, je savais pour Legrand. Au bout d’un moment on reconnait tous ces doubleurs légendaires. Pour la conclusion, la réalité est souvent plus âpre que nos fictions violentes. Malgré la mort des Chevaliers d’Asgard, le monde est sauvé.
      Après les attentats de Charlie et du 13 Novembre, je me suis surpris à penser : mais où était le Punisher ? Pour la dévastation australienne, la série semblait m’envoyer des messages codés.

      • Kaori  

        J’ai regardé les vidéos. Il fait quand même 3 guerriers d’Asgard différents (j’ai noté Hagen, Mime, et Alberich…). Ça plus le fait que Bud a une voix de camionneur (dois-je préciser que je n’ai rien contre les camionneurs ? Je véhicule des stéréotypes ? Ben… tant pis ! C’est le premier truc que m’a dit ma fille quand on a regardé la vidéo : « elle est moche sa voix… »… Ben c’est sûr que par rapport au physique du guerrier divin, ça tranche un peu !!) …Bref, tout ça fait que si je regarde cette saga, ça sera en VO ! Et pourtant, Eric Legrand, c’était ma voix fétiche pendant des années…

        J’avais oublié les somptueuses voix lyriques qui accompagnaient les combats et les monologues…. C’était déjà le cas dans les 12 maisons du zodiaque ?

  • Bruce lit  

    Tu me parles du doublage ou de l’OST ?

    • Kaori  

      L’OST… J’avoue que c’était pas très clair…

      • Bruce lit  

        Je ne trouve pas que Bud parle comme un camionneur mais comme un canard. Effectivement le timbre choisi par le doubleur de Phénix n’est pas des plus heureux, mais je suppose qu’ils avaient tous un registre limité.
        Je pense surtout que les Sagas Asgard et Poseidon n’existent pas dans le commerce en VOSTFR. Je n’ai trouvé qu’une version de ce genre que pour le sanctuaire.
        Pour avoir trouvé l’intégrale Poseidon Asgard pour 6 € (!), je n’ai de toute façon pas été très regardant sur la qualité du truc, l’important étant à l’époque d’avoir la saga intégrale pour la montrer aux enfants.
        Je n’ai donc aucune idée des voix originales autre que l’extrait diffusé avec Siegfried.

        Pour les voix Lyriques, oui elles sont déjà dans le Sanctuaire et belles à se damner. Il existe plein de compilations sur Youtube, notamment un inventaire des thèmes les plus dramatiques : https://www.youtube.com/watch?v=krBsto5nUps

        • Kaori  

          @Bruce : merci pour ces précisions !

          @Matt : ta vidéo fait partie de mes « à regarder plus tard », mais c’est vrai, pas encore regardé ^^

  • Matt  

    C’est pas exactement le sujet, mais encore une vidéo bien intéressante sur le parcours de Toriyama :

    https://www.youtube.com/watch?v=GQ4sP01UKCs

    Oui c’est le même gars qui a fait la vidéo sur Lovecraft que vous n’avez surement par regardée^^

    • Jyrille  

      Alors j’ai mis un peu de temps mais j’ai finalement regardé la vidéo sur Lovecraft aujourd’hui. C’était très intéressant et plutôt bien fait.

  • JP Nguyen  

    J’ai regardé cette saga à la téloche à l’époque, avec les aléas qui vont avec (je loupais l’épisode certaines semaines, sans possibilité de rattrapage car le magnétoscope était contrôlé par mon Paternel et réservé aux films).
    Après la saga épique du Sanctuaire, j’étais un poil déçu. Le look plus « léger » des armures ne m’accrochait pas. Les précédentes armures avaient des jupes et des casques recouvrant la tête tandis que les nouveaux n’étaient que des gros diadèmes. Les couleurs de l’armure d’Ikki étaient mieux, quand même, avec du bleu à la place du violet/rose.
    D’ailleurs, au premier visionnage, c’étaient les duels d’Ikki, contre Mim le Harpiste et Bud le jumeau, qui me marquaient le plus. Je trouvais le combat contre Alberich interminable, un méchant fourbe aux pouvoirs pas si grands que ça arrivant à manipuler ces pauvres buses de Saints de Bronze… Cela dit, son combat était atypique et amenait des rebondissements inhabituels.
    Je loupais même la fin de l’arc, mon dernier souvenir étant l’image arrêtée de Seiya, revêtu de l’armure d’Odin, sur le point de trancher l’anneau du doigt de Hilda…

    Vers la fin des années 90, je mettais la main sur les MP3 sur les OST de Saint Seiya et (re)tombais amoureux de plein de morceaux, dont ceux d’Asgard.
    Mon préféré, Polaris Hilda
    https://www.youtube.com/watch?v=PUhlVnMqBAg
    Mon passage favori, c’est à partir de 03:00… Délicieuse mélancolie.

    Puis dans les années 2000, je téléchargeais certains épisodes, avant de me replonger dans toute la saga.

    Mon avis, à ce jour : les décors étaient formidables (la cascade gelée ! la statue d’Odin ! ça change de l’enfilade de marches et de colonnes grecques) et la musique magnifiquement triste. Les guerriers divins ont pâti de passer juste après les Chevaliers d’Or. De plus, alors que les adversaires du sanctuaire se révélaient maison après maison, avec certains plus mystérieux que d’autres, les 7 Guerriers d’Asgard étaient déjà tous montrés dès le début de l’arc.
    Prise en sandwich entre le Sanctuaire et Poséïdon, la saga Asgard souffre aussi de l’effet de répétition, en enfermant la série dans le schéma : « il y a x heures à tuer avant la fin, Athena ronge son frein et les Saints vont galérer pour battre leurs adversaires ». Peut-être que sans Asgard, Poséïdon n’aurait pas semblé aussi redondant…
    Mais effectivement, j’ai développé un certain attachement pour cette partie de l’épopée animée de Saint Seiya.

    Ce qui fait la différence, c’est la qualité des adversaires, avec des histoires poignantes pour quasiment tous les ennemis, comme le dit Brucie :
    « Les chevaliers du zodiaque deviennent ici des révélateurs, des miroirs déformants où vont se réfléchir les parcours tragiques de leurs adversaires marqués par l’abandon, le parricide, l’infanticide et la pauvreté . »
    Asgard, c’était la Cold Wave de Saint Seiya !

  • JP Nguyen  

    Ah oui, et aussi, point négatif d’Asgard à la téloche : l’avènement du nouveau générique VF, toujours chanté par Bernard Minet, mais avec, de mon point de vue, des paroles encore plus nazes que le premier…

  • Matt  

    Je retiens surtout la musique de cette saga.
    J’avais retrouvé tout seul les notes de cette musique que je reproduisais à la flute quand j’étais au collège^^
    https://www.youtube.com/watch?v=_SLZNuyDvec
    Quoi qu’en fait…je sais même plus si elle provient de cette saga ou de la courte OAV Asgard.

    De toutes façons, je ne peux plus regarder ça aujourd’hui. Le fait que ça se déroule toujours de la même façon, et avec toujours les mêmes poncifs clichés et les discours sur l’amitié, avec exactement le même sort réservé aux mêmes héros et le même mec qui sauve tout le monde à la fin, bref du copié/collé complet…ça fait que je m’emmerde comme un rat mort.

  • Bruce lit  

    @Matt : ah il est super ce thème, surtout agrémenté des voix vikings sur la fin. Elle fait partie de la série et est employée lors du combat final contre Hilda.

    @JP Comme toi je n’aimais pas ces nouvelles armures qui déshabillaient complètement les chevaliers et leur assuraient une protection minimale.. Plus rien pour les protéger des coups bas. Et à partir de Asgard, les chevaliers ne portent plus leur Heaume. Dans les sagas qui suivent, notamment dans Hadès, ils ne prennent même plus la peine de se protéger la tête.
    Ayant mes OSt en import japonais, je n’ai jamais connu les titres des morceaux. Tu as retrouvé également mon morceau préféré, celui dont je me réfère dans l’article et qui me fait penser à du Vivaldi.
    Quant au générique de Minet, il est bien entendu affligeant avec l’incrustation de ce couillon dans des cinématiques choisies à l’arrache. On a l’impression que St Seiya est une série super gaie.

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