Barbara Style (La story de Barbara Steele)

Encyclopegeek : Barbara Steele, égérie du cinéma gothique italien

AUTEUR : MATTIE-BOY

1ère publication le 05/04/17-MAJ le 19/08/18

Une icône gothique / Photo libre de droit / Source :  Wikipedia

Cet article sera consacré à Barbara Steele, icône du cinéma fantastique. Vous n’y trouverez pas une biographie exhaustive de l’actrice mais davantage un fil directeur dont j’userai pour parler de certains films dans lesquels elle tient un rôle important et au travers desquels nous ferons une petite incursion dans le cinéma gothique italien.

Barbara Steele est une actrice britannique connue pour ses rôles dans le cinéma gothique italien des années 60. Ce n’est pourtant pas le genre dans lequel elle espérait percer. Elle aura longtemps eu la sensation d’avoir sabordé sa carrière en acceptant des rôles dans des films horrifiques, elle qui aspirait plutôt à des films d’auteur. Certaines tensions sont nées d’ailleurs sur le tournage de divers films pour ces raisons. Depuis, elle a su reconnaître sa carrière à sa juste valeur et l’embrasse en parlant sans mépris de ces films qui ont fait d’elle une actrice inoubliable.

Mais peut-on blâmer les réalisateurs qui ont vu en elle un potentiel pour le cinéma de genre ? Barbara Steele est une belle femme, certes. Mais elle a aussi un visage assez singulier. Avec ses pommettes saillantes, d’immenses yeux profonds, un large sourire dévoilant toute sa dentition, Barbara a de quoi prendre un air inquiétant si elle le souhaite.
Voici quelques films grâce auxquels notre beauté vénéneuse s’est fait connaître :

Résurrection d’un visage modelé pour le cinéma de genre ©Titanus ©Films Sans Frontières/source : IMDB

1) Le masque du démon (1960)

Son premier grand succès qui la fera connaître en Europe est le célèbre film de Mario Bava la maschera del demonio .
Le pitch est celui du retour à la vie de la sorcière Asa (Barbara Steele) suppliciée au XVIIe siècle au moyen d’un masque à pointes cloué sur son visage. Avant de mourir, elle lance une terrible malédiction. 200 ans plus tard, le professeur Kruvajan et son assistant Andrei Gorobek provoquent accidentellement sa résurrection en laissant couler du sang dans son cercueil. Va s’ensuivre un vrai cauchemar pour les habitants du château des Vajda, et notamment la princesse Katia qui ressemble étrangement à la sorcière (jouée également par Barbara Steele).

Ce film est la première réalisation officielle de Mario Bava, l’artisan des effets spéciaux responsable de la réussite esthétique magistrale de ce conte gothique. Impossible de se dire que Tim Burton ne s’est pas inspiré du carrosse noir traversant la brume pour son Sleepy Hollow . Et ce n’est que l’une des fresques magnifiques que nous offre le film qui, bien que réalisé en noir et blanc pour des questions de budget, a su tirer profit (comme d’autres films gothiques dans une moindre mesure) de cette limitation pour lorgner vers l’expressionnisme allemand des films des années 30/40.

Des tableaux gothiques splendides  / ©Titanus /©Films Sans Frontières  /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Des tableaux gothiques splendides 
©Titanus /©Films Sans Frontières
source : IMDB 

C’est le premier film dans lequel Barbara joue un double rôle (celui de bourreau et de victime), chose qu’elle réitèrera dans d’autres films. Le masque du démon marque aussi le début de l’âge d’or du cinéma gothique italien. Les effets spéciaux de la lente recomposition du corps de Barbara Steele sont restés dans les mémoires et teintent le film d’une ambiance horrifique efficace. L’actrice y est très bonne et les jeux d’ombres mettent très bien en valeur sa physionomie inquiétante.
C’est un film qui mérite d’être vu même si selon moi ce n’est pas le chef d’œuvre maintes fois encensé (ou alors seulement visuel) à cause d’un rythme un peu mou et d’une intrigue très linéaire. L’intérêt du film réside plus dans sa beauté esthétique que dans son intrigue sans surprise.

A noter que le film n’est disponible chez nous que dans une édition incomplète à l’image de qualité moyenne et sans la piste sonore italienne, ce qui est dommage (et peut être préjudiciable à sa bonne appréciation). La bonne version n’est disponible qu’aux US ou au Royaume-Uni. Vous savez où chercher si vous n’avez pas besoin de sous-titres français.

Fantômes et tabous   /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Fantômes et tabous
source : IMDB

2) L’Effroyable secret du docteur Hichcock (1962)

Ce film de Riccardo Freda met en scène le personnage inquiétant du docteur Hichcock qui a créé un anesthésiant ralentissant les battements du cœur. Ce qui est plutôt osé pour l’époque, c’est que le film nous fait comprendre qu’il s’en sert pour assouvir ses déviances sexuelles nécrophiles. Sa femme en mourra en se prêtant à ce jeu morbide suite à l’injection d’une trop forte dose de produit.
Le docteur Hichcock se remariera avec Cynthia (Barbara Steele) et reviendra vivre dans son manoir des années plus tard. C’est là que commencera une série d’apparitions laissant présager que le fantôme de sa première femme rôde toujours ici.

Folie, perversion et revenants  / ©Panda Cinematografica /©Artus films /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Folie, perversion et revenants 
  ©Panda Cinematografica /©Artus films / Source : IMDB

C’est un bon film à l’ambiance malsaine grâce au personnage inquiétant du docteur Hichcock et aux contrastes présents dans la mise en scène et les lieux où se déroule l’action. En effet, Riccardo Fredda expérimente grâce à la couleur des effets qui seront plus tard la marque de fabrique du giallo, à savoir des scènes teintées de différentes couleurs (rouge et bleu ici) qui donnent au film une atmosphère irréelle. De la même manière, une rupture est flagrante au niveau des lieux puisque le film nous fait à la fois visiter un manoir à l’esthétisme luxueux, un hôpital moderne et une crypte macabre pleine de toiles d’araignées nous rappelant qu’on est dans un film gothique.

Cependant, ce déséquilibre voulu va de pair avec un défaut du film qui est de se perdre un peu entre son histoire de fantôme et le thème de la nécrophilie jamais vraiment abordé clairement. Cela peut certes se comprendre par le caractère malsain de la chose, et c’est déjà surprenant qu’un film d’horreur ose l’évoquer à l’époque, mais on sent une certaine frilosité à développer ce thème (qui perd donc de son intérêt) puisque le film dévie ensuite sur une classique histoire de revenant. Le scénario reste solide et la mise en scène travaillée mais on sent que le film est un peu le cul entre deux chaises. De plus hélas, Barbara Steele est moins charismatique qu’à son habitude dans ce film puisqu’elle y joue une femme fragile victime des circonstances, un rôle qui lui sied moins selon moi.

Un thriller surnaturel   /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Un thriller surnaturel
Source : IMDB 

3) Le Spectre du professeur Hichcock (1963)

Dans ce nouveau film de Riccardo Fredda, le docteur John Hichcock (qui n’a rien à voir avec celui du précédent film) est un infirme passionné de sciences occultes. Il vit avec sa jeune épouse Margaret (Barbara Steele) secrètement amoureuse de Charles (Peter Baldwin), l’assistant de son mari. Les amants vont comploter pour l’assassiner et hériter de ses biens. Après le meurtre et l’enterrement, des phénomènes étranges vont commencer dans la maison et les deux amants criminels vont se retrouver en victimes.

C’est un scénario plus classique mais très bien mis en scène. Barbara Steele y est délicieusement machiavélique. Jouant moins sur le côté malsain d’un personnage comme le précédent film, ce film se montre cela dit plus efficace en terme d’horreur et utilise de meilleure manière les codes du genre. On y retrouve ainsi des scènes très réussies d’apparitions morbides dans des décors lugubres et des séquences assez gores pour l’époque, notamment un meurtre au rasoir assez brutal.

Le fait aussi que les personnages soient des criminels aux prises avec un revenant change l’enjeu des scènes qui servent moins à nous inquiéter du sort de ces personnages qu’à nous rendre témoins de la ruine de leur plan et de la montée de leur paranoïa. Mais le film ne se terminera pas non plus par la fin classique moralisatrice des criminels punis comme nous pourrions nous y attendre. Du moins pas seulement. Elle nous réserve en effet une surprise sadique bienvenue.
Un bon film qui n’a hélas pas bénéficié d’une restauration et souffre d’une qualité d’image assez mauvaise sur le DVD disponible chez nous, pourtant édité chez Artus films comme le précédent. Ce n’est pas irregardable mais les couleurs sont trop saturées et la définition d’image très décevante (un peu floue). Un film qui aurait mérité mieux.

Rêve ou cauchemar ? ©Giovanni Addessi Produzione Cinematografica et Ulysse Productions /©Seven7 /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Rêve ou cauchemar ? ©Giovanni Addessi Produzione Cinematografica et Ulysse Productions /©Seven7 /source : IMDB

 

4) Danse macabre (1964)

Danse macabre de Antonio Margheriti est pour moi le meilleur film avec notre chère Barbara Steele. Et un des meilleurs films gothiques italiens. Certes esthétiquement il ne se hisse pas au niveau du masque du démon, mais l’intrigue est ici très bonne et le traitement plus original.

Le journaliste Alan Foster (Georges Rivière ) fait le pari de passer la nuit du 1er novembre (la fête des morts) dans le château de Lord Blackwood. Selon les rumeurs, personne n’en est sorti vivant. On sait que ce genre de pari se termine souvent mal dans un film d’horreur. Et là, ça ne va pas manquer.
A la grande surprise de notre héros, il ne sera pas seul dans ce château, et va rencontrer principalement deux femmes : Elisabeth Blackwood (Barbara Steele) et Julia (Margarete Robsahm). Tour à tour elles sembleront mortes ou vivantes, comme des spectres de chair ou des vampires d’un autre genre.

Tout l’intérêt du film réside dans cette oscillation entre visions spectrales et réalité. C’est un film qui va au-delà du classique schéma de la vengeance d’outre-tombe et nous raconte une sorte d’histoire d’amour impossible et envoutante entre une morte et un vivant. Quelques scènes érotiques soft sont disséminées durant le long métrage (dont une scène saphique sans doute osée pour l’époque) et viennent le teinter d’une ambiance ensorcelante. Barbara Steele ne joue ici ni le rôle d’une demoiselle en détresse ni le rôle d’une femme machiavélique. Son personnage est ambigu parce qu’elle sait très bien que sa relation avec le journaliste ne pourra pas les conduire à une fin heureuse mais elle cherche malgré tout à fuir son reste d’existence qui semble la condamner, elle et les autres résidents du château, à répéter la même danse sans fin. Une danse macabre en effet. Un titre on ne peut mieux choisi pour un film à l’atmosphère onirique mémorable.

Antonio Margheriti signera un autre film gothique intitulé I lunghi capelli della morte (les longs cheveux de la mort) qui sera traduit par…la sorcière sanglante (allez comprendre !)
Si je ne m’attarde pas dessus, c’est parce que le film est plus oubliable. Le pitch est très similaire à celui du masque du démon avec une sorcière brulée vive qui lance une malédiction et se manifeste plus tard au travers de sa descendance. Le film est assez bien réalisé mais ne réserve guère de surprises. Un peu comme le masque du démon, mais la splendeur visuelle en moins. Donc plus anecdotique.

Un film imparfait mais intéressant   /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

Un film imparfait mais intéressant
source :IMDB 

 

5) Le Cimetière des morts-vivants (1965)

Ce film de Massimo Pupillo (dont le titre français est complètement à côté de la plaque) est moins connu et pas très aimé, mais a pourtant été une vraie bonne surprise pour moi.

C’est l’histoire d’Albert Korvac (Walter Brandi), clerc de notaire qui se rend dans la demeure d’un certain Jeronimus Hauff pour régler une affaire. Mais il s’avère que celui-ci est mort. Il fera la rencontre de sa fille Corinne et sa femme Cleo (Barbara Steele). Plusieurs évènements l’empêcheront de prendre congé de suite, et il découvrira que Jeronimus était un passionné d’occultisme nourrissant un intérêt pervers pour l’histoire des victimes de la peste autrefois « soignées » dans le lazaret dont les ruines servent de fondation à sa maison. Un enregistrement sur un gramophone lui apprendra que Jeronimus serait parvenu à entrer en contact avec les esprits de ces pestiférés. Cette scène avec la voix de Jeronimus qui résonne dans la maison lugubre ne peut que nous rappeler Evil Dead et son magnétophone qui va réveiller des forces occultes.
Va s’ensuivre une sorte d’enquête policière pour découvrir si Hauff est bien mort puisque sa tombe est vide et que curieusement, parmi les cinq personnes présentes le soir de sa mort, deux sont décédés depuis peu dans d’étranges circonstances. Il semblerait que les trois autres personnes impliquées ont du souci à se faire.

La menace invisible frappe  / ©G.I.A. Cinematografica, International Entertainment Corp et M.B.S. Cinematografica /©Artus films /source : https://www.imdb.com/name/nm0824489/mediaviewer/rm1520126208

La menace invisible frappe  ©G.I.A. Cinematografica, International Entertainment Corp et M.B.S. Cinematografica /©Artus films /source : IMDB 

L’histoire semble être encore une fois une vengeance d’outre-tombe, thème très répandu dans le gothique italien. Mais là, c’est encore différent. Que ce soit pour les éléments fantastiques sobres qui se mêlent à une vraie enquête, ou pour la mystérieuse mélodie chantée par une enfant inconnue lourde de sens, on a la sensation d’être dans un récit teinté de mysticisme à la Jacques Tourneur. La fin peut manquer de punch, mais tout le film s’émancipe justement des mises en scènes classiques. Et c’est ce qui en fait la force, dès l’instant où on accepte ce parti pris non-spectaculaire mais cohérent. En effet, la menace à l’œuvre est invisible et immatérielle. Ses manifestations sont indirectes (un cœur dans un bocal qui se remet à battre, des grincements, des ombres, une maladie) Toute l’intrigue tourne autour d’un personnage énigmatique qu’on ne verra jamais et qui semble pouvoir exercer ses pouvoirs sur les morts depuis l’au-delà. L’indicible, l’inexprimable si chers à l’écrivain Lovecraft est à l’œuvre ici puisque jamais les forces occultes ne nous seront montrées.

Lorsqu’elles se manifestent, nous avons droit à de nombreux plans filmés en vue subjective, et seuls les personnages du film semblent les voir avant d’être frappés, non par des êtres de chair, mais par la peste. Peut-être que ces choix étaient dus aux restrictions de budget mais on s’en fout, vous connaissez mon opinion sur les limitations techniques qui favorisent parfois des trouvailles ou des résultats de mise en scène intéressants. Le résultat fait qu’on ne peut mettre un visage sur les manifestations surnaturelles et c’est une sensation très inhabituelle et bienvenue dans un film.

Le film n’est pas exempt de défauts, loin de là. Certaines scènes de meurtres/suicides sont maladroites, le casting et la direction d’acteurs sont moyens, la résolution finale assez abrupte laisse des questions en suspens, mais l’horreur suggérée se montre convaincante. Barbara Steele joue ici un rôle plus secondaire mais un rôle de mégère comme on les aime. Un film qui mérite d’être plus connu.

Un film plus gore au crépuscule du gothique   source : IMDB 

 

6) Les Amants d’outre-tombe (1965)

L’histoire est celle du professeur Arrowsmith (Paul Muller), une sorte de professeur Frankenstein qui cherche à produire un élixir de jouvence et qui, en bon scientifique obsédé, délaisse sa femme (Barbara Steele). Celle-ci le trompe donc avec un amant mais se fait prendre. Les deux amants sont alors torturés et assassinés par le mari. Après leur mort, il décide d’épouser la sœur (et héritière) de son épouse, Jenny (jouée également par Barbara), une femme fragile psychologiquement et internée dans un hôpital psychiatrique. Qu’importe ! Ça n’arrête pas Arrowsmith qui veut sa fortune avant de tenter de la faire crever de peur en la torturant psychologiquement. Mais Jenny semble communiquer avec l’esprit vengeur de sa sœur.

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Le retour d’une beauté macabre /© Cinematografica EmmeCi /©Artus films /source : IMDB

La faiblesse de ce film est son scénario. On pourrait passer outre la classique intrigue de vengeance (surtout si on ne regarde pas ce film à la suite de tous les autres) si le réalisateur Mario Caiano n’avait pas voulu ajouter d’autres éléments pour diversifier l’intrigue et ainsi en sortir quelque chose d’original. Un effort certes louable mais un peu raté. L’histoire de l’élixir de jouvence qu’il teste sur sa maîtresse (la belle Helga Line grimée en vieille dame) semble un peu inutile et plombe le rythme du film. Elle justifie juste la complicité du docteur avec cette femme âgée qui veut retrouver sa jeunesse et qui le soutient donc dans son entreprise d’assassiner sa femme et son amant. Mais quelque part, on n’est pas si loin que ça de l’aspect « cul entre deux chaises » de l’effroyable secret du Dr. Hichcock . Pour moi, sans être génial, ce film n’est pas non plus un navet.

Sur la forme, il est très réussi. Déjà, certaines scènes de tortures particulièrement violentes ne nous sont pas épargnées. Arrowsmith est véritablement un être odieux sous ses airs sympathiques. La prestation de Paul Muller est très bonne et Barbara Steele s’en sort bien dans ses deux rôles (le rôle de Jenny étant un peu schizophrène puisqu’elle semble parfois possédée par sa sœur). Son maquillage est d’ailleurs inoubliable. En termes d’icône gothique, son apparence dans ce film remporte sans conteste la palme pour moi. Son visage tuméfié à moitié masqué par ses longs cheveux noirs lui donne un air de revenante très charismatique.
Pas le meilleur des gothiques italiens, mais un film qui vaut le coup d’œil tout de même.

Ceci conclue notre tour d’horizon. Afin de toucher un mot sur les prestations de notre chère actrice, je dirais que Barbara Steele livre des performances satisfaisantes. Il convient de noter que l’époque était marquée par une manière de jouer plus théâtrale qu’aujourd’hui et c’est donc pour ça que j’aborde rarement la question du talent des acteurs de l’époque. Mais sans être l’actrice du siècle, et sachant qu’elle n’appréciait guère de jouer dans ces films, on constate tout de même qu’elle met du cœur dans ses rôles et ne se montre pas timide lorsqu’il s’agit de hurler ou ricaner. J’avoue la préférer dans les films où elle se montre vicieuse et maléfique plutôt que victime, s’émancipant ainsi un peu de son image de scream queen dont elle est tout de même une représentante importante. C’est ce qui me pousse à dire que, même si ça lui aurait sans doute brisé le cœur qu’on lui dise ça à l’époque, elle n’aurait surement pas eu autant d’impact en jouant dans des romances. Elle est bien plus convaincante en sorcière ou en femme maléfique, et pas seulement grâce à son physique mais parce qu’elle sait jouer de sa présence inquiétante que les réalisateurs lui confèrent. En tant que femme fragile et victime, elle est un peu plus oubliable. Mais malgré cela, je dois avouer que j’apprécie qu’elle n’ait pas systématiquement joué un rôle de méchante. C’eut été redondant.

Beaucoup ont aimé l’enterrer et la faire revenir à la vie. On peut comprendre la frustration qu’elle a pu ressentir quand on constate qu’elle était surtout utilisée pour son physique, mais n’était-ce pas le cas de presque toutes les actrices à l’époque ? Au moins sa singularité lui a valu des rôles dans un genre de cinéma où les femmes étaient surtout reléguées au rang de potiches en détresse au physique charmant, et l’aura ainsi consacrée comme icône immortelle du cinéma fantastique.

Bouh ! © Cinematografica EmmeCi /©Artus films /source : imdb 

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« More Scary Monsters »4/6
Effrayante et séduisante, Barbara Steele est une icône du film d’horreur gothique. Sa vie en image et en hurlements par Mattie Boy pour Bruce Lit.
La BO du jour : Mattie Boy chante à une belle dame en noir son amour fou.

32 comments

  • PierreN  

    Je reconnaît bien là les genres (l’horreur) et thèmes (les bad girls fictionnelles) chers à Mattie.
    C’est pas pour aller dans le registre vieux con (quoique), mais je trouve les affiches de cette période bien plus belles et évocatrices, sans oublier les classiques de Drew Struzan des 80’s, et photoshop n’a pas fait que du bien à l’affiche de cinéma, loin de là, quand on voit de quoi écopent les films de genres reléguées aux direct to dvd…
    Après il y a tout de même des exceptions, par exemple le poster du prochain Alien de Ridley Scott à venir (inspiré il est vrai par une peinture célèbre, mais il n’en est pas moins réussi, et la référence fonctionne).
    Si le projet Doc Savage de Shane Black se concrétise (une fois terminé le tournage du nouveau Predator), ce sera bien que la production opte pour une poster qui puisse renouer avec les origines « pulp » du personnage.

  • PierreN  

    Et je suis assez d’accord à propos de Danse Macabre sinon, malgré mon bon souvenir du film de Bava, un réalisateur dont j’apprécie les films en général (le père du Giallo qui plus est).
    Je me demandais si elle était toujours de ce monde et c’est le cas, comme l’actrice Diana Rigg de Chapeau Melon et Botte de Cuir que l’on retrouve dans Games of Thrones. Pas de chance pour Bruce, à cause de la popularité du show et du fait qu’une bonne partie des personnages ont tendance à y rester, pas mal d’acteur se recyclent ailleurs (X-Men, Iron Fist et même le prochain Avengers).

    • Bruce lit  

      Après lecture de l’article, j’ai effectivement vérifié si cette dame était toujours vivante. Et bien oui, elle a presque 80 ans et je la trouve toujours trés séduisante !

      • Matt  

        Son visage est très singulier, et sous certains angles assez squelettique. Il suffit de voir les photos où elle a ses cheveux qui dissimulent la moitié de son visage. L’autre moitié à presque les contours d’une tête de mort. De grands yeux, des pommettes saillantes et des joues creusées. Mais elle n’en reste pas moins séduisante en effet.
        Pas forcément le genre de visage qui vieillit le mieux cela dit. Elle a quand même perdu de sa superbe. Mais bon…c’est l’âge quoi. Faut pas vieillir, c’est une connerie^^

        @PierreN : Pour les affiches, je suis d’accord. De nos jours, les affiches photoshopées qui ne montrent que les acteurs ressemblent à des pubs pour parfum. Et d’autres hyper stylisées avec un esthétisme de type « 300 » (le film) se ressemblent toutes et font « jeu vidéo ».

  • Tornado  

    « L’actrice y est très bonne et les jeux d’ombres mettent très bien en valeur sa physionomie inquiétante. »
    Et bien pourquoi ne pas dire plutôt : « L’actrice y est TROP bonne et les jeux d’ombres mettent très bien en valeur sa physionomie inquiétante. » ? 😀
    Non, je plaisante et, qui plus est, malgré toute mon admiration pour cette actrice, elle ne correspond pas vraiment à mes aspirations en matière de femme.

    Je suis moi-même surpris de constater que je ne connais que la moitié des films que tu chroniques ici ! Je n’ai encore jamais vu les deux « Hichcok », tout simplement parce qu’ils sont uniquement disponibles en DVD, carrément chers, et effectivement connus pour être d’une qualité médiocre. Mais je les verrai un jour !
    Je ne connaissais pas du tout ce fameux « Cimetière des Morts-vivants ». J’ai très envie de le voir également.
    Pour le reste, je partage complètement tes points de vue et tes notations. J’avais écrit des commentaires assez fournis sur Le Masque du Démon et sur Danse Macabre sur Mamazon. Et nos avis correspondent bien.
    Je constate que tu es resté centré sur les films italiens, ce qui tombe bien puisque mon article sur Roger Corman, où je parle également de la présence de Barbara Steele, ne fera pas doublon ! 🙂

    Super article, très complémentaire des précédents, et d’autres à venir sur le même sujet (les films d’horreur old-school).

    • Matt  

      M’enfin…pourquoi ma phrase t’a-t-elle donné l’impression que je fantasmais?^^
      Je ne dirais pas non plus que c’est la plus belle femme du monde. MAIS je dois avouer que j’aime les singularités des visages, quitte à ce qu’ils ne correspondent pas aux canons de beauté standards.

      Le premier Hichcok est certes cher mais avec une belle qualité d’image. Tu peux foncer. C’est le second qui a une copie assez moche, pour mon plus grand malheur parce que je le préfère au premier. Snif. Le masque du démon aussi ne bénéficie pas d’un vrai bon DVD. Je me tâte à m’acheter la version UK, quitte à n’avoir que des sous-titres anglais. Ou sinon il existe des sites avec des passionnés qui font des trucs pas très légaux mais combinent des images blu-ray d’autres pays avec des pistes sonores françaises ou italiennes. des repack quoi. Mais bon c’est vilain !
      Encore que…des fois il y a des films qui n’existent juste pas du tout chez nous et on n’a pas le choix. je pense aux films un peu kitsch « le 6eme continent » ou « centre terre, 7eme continent ». Et même le monstre des temps perdus dont je parlais sur l’article de Harryhausen.
      D’ailleurs dépêche toi de faire un article sur les films de Harryhausen ou un jour je vais craquer moi^^

      Chez Roger Corman, Barbara apparait juste dans The pit & the pendulum, non ?

      • Tornado  

        Oui, elle n’a joué que dans La Chambre des Tortures. Mais j’en touche quelques mots dans mon article sur les films de Corman d’après Edgar Poe.

        J’ai effectivement acquis plusieurs films introuvables en DVD ou Blu-ray version VF par des moyens virtuels qui combinaient image blu-ray avec VF. Franchement, c’est entièrement la faute des distributeurs. S’ils éditaient la chose, je leur achèterais. Mais s’il vendent un DVD pourri ou si le produit demeure inédit, alors tant pis pour eux.

        Pour Ray Harryhausen, rien ne nous interdit de faire un team up… 🙂

        • Matt  

          Un team-up entre les deux membres qui pondent des articles super longs ? Bruce va faire un arrêt cardiaque^^
          Mais why not ?

          Le problème des éditeurs DVD, c’est qu’apparemment ça coute un sacré pognon d’engager une restauration pour ces films, pour un résultat commercial douteux car ça n’intéresse pas tant de monde que ça les vieux films. Certains éditeurs comme Artus films, le chat qui fume, sortent quand même plein de oldies comme des passionnés, mais parfois sans avoir les moyens de restaurer les films. Du coup l’image de la sorcière sanglante par exemple est assez laide.
          J’imagine que dans d’autres pays, il y a une plus grande demande s’ils peuvent se permettre de sortir ces films restaurés.

  • JP Nguyen  

    Ouh punaise ! Je ne connaissais pas du tout cette Barbara-là. Malgré un article bien mené comme d’habitude, je ne pense vraiment pas tenter le visionnage d’aucun de ces films. Je pense que malgré leur âge, ils pourraient bien trop me foutre le jetons (en particulier avec les menaces invisibles, les twists finaux). Il me faudrait des nerfs d’acier (et ce n’est pas mon steel).

    Sinon, je plussoie carrément le choix de la BO du jour ! Je n’ai découvert la discographie de Barbara que récemment, via un documentaire, et certaines de ses chansons me prennent aux tripes comme Nantes ou Dis, quand reviendras-tu ?

    • Bruce lit  

      Bon….
      Non seulement je ne la connaissais ni d’Eve ni de Lilith cette femme là, mais je trouve ton article un peu frustrant car je trouve qu’on en parle pas assez de cette Barbara. Elle a effectivement un visage fascinant même pour qui n’a jamais entendu le son de sa voix.
      Son parcours revient encore une fois à nos discussions sur l’art mineur et majeur. Ces films, c’est des conneries ou ça peut trôner à côté d’un Visconti ?
      Je note que l’histoire du masque du démon m’évoque furieusement l’histoire d’Harrow County !

      @JP: merci pour ton appréciation de la BO. J’aime bien cet album de reprises de Daphné une artiste que j’apprécie.

      • Matt  

        C’est pas moi qui restreint les articles à 3000 mots; hein^^ J’aurais pu en parler davantage (je rigole !)

        Sérieusement, je ne me voyais pas en faire 2 parties. J’ai écrit cet article il y a déjà un moment. Et j’ai élagué un peu pour ne pas aller vers les 4000 mots.
        Mais oui, elle a un visage marquant. Des yeux de dingue ! Immenses et flippants. ça ne fait pas d’elle un canon de beauté standard mais ça lui donne beaucoup de personnalité.

        Tiens pour sa voix :

        http://www.dailymotion.com/video/x2wylne

        Burton a aussi repris sa scène dans « la chambre des tortures » dans son Sleepy Hollow avec la mère du héros qui se retrouve enfermée dans une vierge de fer.

      • Matt  

        Pour les films…non, c’est pas des conneries. Ce n’est pas du nanar mal foutu. Pour l’époque c’était top. Après peut-on mettre l’horreur ou le divertissement au même niveau qu’un film psychologique profond ? ça dépend des gens. Des fois les films d’auteur c’est emmerdant malgré une volonté de parler de choses plus sérieuses. C’est une différence de genres, pas de qualité. Le but n’est pas le même, mais nous ne sommes pas dans la catégorie des gros navets là. Pas du tout.

  • Tornado  

    @JP : Ces films ne font plus peur depuis longtemps espèce de chochotte ! 😀 Mais visuellement, ils sont toujours aussi beaux (voir le double scan du Masque du Démon avec sa plastique incroyable).

    • Matt  

      Tu sais, Tornado, j’ai regardé il y a peu « I walked with a zombie » de Tourneur avec une personne qui m’a avoué qu’elle ne trouvait tout de même pas l’atmosphère rassurante.
      La peur c’est subjectif aussi. Cela dit je pense que cette personne ne supporterait pas non plus une lecture de Garth Ennis. C’est là où ça m’étonne que JP puisse voir sans broncher les horreurs visuelles de Mr Ennis mais s’enfuir devant un film d’horreur old-school^^

  • Matt  

    Pour ceux qui veulent voir ce qu’elle cache sous ses cheveux dans les amants d’outre tombe :

    http://basementrejects.com/wp-content/uploads/2015/08/nightmare-castle-movie-review-barbara-steele-monster-face.jpg

    j’aurais aimé mettre plus d’images dans l’article. En voulant montrer chaque affiche de film, et sachant que je chronique déjà 7 films, ça m’a limité pour mettre des images des films. Et je me serais fait taper sur les doigts par Bruce si j’avais mis 20 photos.

  • JP Nguyen  

    Vu que Matt se pose des questions pour mon aversion pour l’horreur, je vais tenter d’expliciter.
    Pour moi, les comics d’Ennis, la plupart du temps, ne font pas peur. C’est du gore, parfois un peu cracra, parfois marrant, c’est assez démonstratif et il parvient souvent à l’incorporer à ses récits pour servir son propos (genre la guerre, la violence, ça découenne grave, ça n’est ni glamour ni sexy, mais bon je simplifie).

    Je n’ai pas non plus trop de problèmes avec la SF comme les Aliens, c’est monstrueux, je n’en voudrais pas dans mon salon mais çe ne me fait pas peur. Cela dit, ce n’est pas ce que je recherche non plus.

    En revanche, quand c’est moins démonstratif, plus ambigu, qu’on se dit que le cadre de l’histoire serait presque vraisemblable et que ça pourrait arriver, là, ça me fout bien les chocottes. Il y a un film que j’ai vu très jeune et qui m’a marqué sans que je ne le revoie jamais : La Malédiction, de Richard Donner. D’après ce que je lis sur le Net, mes souvenirs semblent corrects, il n’y a pas d’effets spéciaux tape à l’oeil mais l’angoisse est savamment entretenue.

    • Matt  

      Ok je comprends. Pour ma part j’ai plus d’aversion pour le gore bien sale que pour l’horreur subtile. Certes l’horreur subtile est plus efficace, mais un fan d’horreur recherche aussi à être un peu mal à l’aise, à avoir des frissons.
      Le gore, c’est juste désagréable et ça m’inspire du dégoût quand il y en a trop. Et je n’aime pas ça. Sauf quand c’est tellement idiot que ça en devient drôle et que ça dédramatise tout, comme dans Braindead. Cela dit, Braindead n’est pas non plus mon film de chevet que je regarderais tous les jours.
      Tu ne liras jamais du Lovecraft toi alors^^ Malgré la présence de gros monstres parfois, il y a aussi beaucoup de malédictions, de trucs tapis dans l’ombre, indicibles, et dans un cadre réaliste.
      Moi c’est le body horror qui me fait le plus d’effet. Du coup je le recherche parfois, car j’aime bien me faire des frissons, mais pour le coup le body horror : pas tous les jours ! Ce n’est pas du gore, mais ça touche à notre rapport avec notre corps, la façon dont on se perçoit et l’horreur qu’on peut ressentir psychologiquement à se voir se transformer en trucs horribles. C’est un mélange d’horreur visuelle et psychologique.
      Le film « la mouche » de Cronenberg me fait bien plus flipper lors des phases ou il réalise qu’il se change en saleté et perd des morceaux que lorsqu’il est devenu le gros monstre à la fin.
      Mais bon c’est vrai que j’aime bien malgré tout ressentir ça des fois. Sans doute parce que les émotions fortes nous en apprennent sur nous-mêmes ou nous éloignent de nos peurs personnelles, je ne sais pas…
      Et puis c’est intéressant de voir comment on construit une ambiance inquiétante en film.

    • Matt  

      Inutile de préciser que je n’aurais pas pu faire médecin^^
      Et que je suis une chochotte quand il m’arrive des trucs du genre : un kyste qui se forme, un parasite collé sur moi (genre une tique), des réactions cutanées ou des boutons étranges que je ne comprends pas…
      Et un truc comme la lèpre serait mon pire cauchemar. M’enfin ça se soigne. Mais se voir tomber en miettes, sans même trop ressentir de douleur, comme si notre corps n’était qu’un tas de viande pourrie…argh !

  • Présence  

    Comme Bruce, j’ai ressenti une petite frustration parce que le titre m’avait laissé penser que l’article s’apparenterait plus à une biographie qu’à une filmographie choisie. Cela ne m’a pas empêché de le lire avec attention car il enrichit ma culture, sans que je ne doive m’imposer l’épreuve de visionner ces films. Comme JP je ne trouve pas de plaisir dans l’horreur en film. Je m’y sens trop impliqué, je ressens trop les souffrances des personnages, alors qu’il m’est plus facilement possible de conserver une distance avec la même chose sur du papier. Je n’ai jamais vu un seul Giallo.

    Un rôle de mégère comme on les aime – Je me permets de faire remarquer que je n’aime pas les mégères même quand elles jouent un rôle. 🙂

    J’apprécie plus le traitement ambivalent de la nécrophilie, thème pourtant compliqué à mettre en scène, au-delà du simple effet choquant. Ces 2 remarques prises bout à bout dévoilent un pan de personnalité que j’aurais préféré continuer à ignorer. 🙂

    Vivement le prochain article sur une Scream Queen, ou même sur le concept de Scream Queen !

    • Matt  

      Mais pourquoi les gens aiment les méchants intelligents et machiavéliques au point « d’adorer les détester », mais quand il s’agit de femmes, ce sont juste des garces détestables ?
      Moi j’aime bien ce côté machiavélique aussi chez un personnage de fiction féminin, qui ricane dans l’ombre avec un air flippant.

      J’ai pas compris de quoi tu parles sur la nécrophilie…quels 2 remarques mises bout à bout ? Que j’aime bien les mégères et que je regrette le manque de traitement de la nécrophilie ?
      Non, le truc à comprendre c’est que j’aime bien les bad girls autant que les bad guys. Y’a pas de raison qu’une femme méchante soit juste une pouf et un mec méchant un « fin stratège ».
      Ensuite, justement, je regrette le manque de traitement de la nécrophilie dans ce film parce qu’il semble justement là pour choquer mais n’est jamais résolu. Le fantôme de la femme du professeur ne semble même pas lui en vouloir à lui de l’avoir tuée à cause de ses jeux sordides. Elles s’acharne sur sa nouvelle femme jouée par Barbara. Le thème de la perversité du professeur est juste effleuré, et ça me donne l’impression que c’était juste là pour le rendre flippant et choquant. Sans conséquences.

      • Présence  

        Ma formulation manquait de clarté : le rapprochement des 2 remarques se voulait une forme d’autodérision à mon encontre, comme quoi ça dresse un portrait bizarre de moi qui préfère le sujet de la nécrophilie (assez scabreux et tabou) à celui des mégères (a priori plus comique).

        • Matt  

          Ah pardon. Mon côté parano a interprété différemment^^

    • Matt  

      Pour le titre sinon…ben désolé, mais il me fallait un fil directeur pour parler de films gothiques dans lesquels Barbara Steele a joué. Et du coup ben…c’était l’actrice. Choix logique. Je glisse quelques infos sur ses réticences à jouer ces rôles, ses prestations. mais en effet le but n’était pas de recopier sa biographie sur wikipédia. Je n’aurais rien eu à apporter de supplémentaire aux faits historiques trouvables partout ailleurs.

    • Matt  

      Ta distanciation par rapport à l’horreur en BD est intéressante. Parce que ça aussi c’est subjectif.
      Pour le coup, moi c’est presque l’inverse. Dans un film, l’acteur a beau être de chair et de sang, ça reste un acteur. Si son personnage meure, se fait violer, torturer…on peut ensuite le voir sourire dans une interview (ou un autre rôle) qui nous rappelle que c’était factice.
      Le personnage de papier, même s’il n’est pas doté d’une vie propre, on s’y attache aussi. Et là s’il s’en prend plein la gueule, et pour de vrai dans un sens. Il ne joue pas un rôle. Certes on n’entend pas les cris et du coup le gore est pour moi supportable en BD. Par contre, quand il s’agit de trucs tragiques, comme la mort brutale d’un perso attachant, ou son destin horrible, ça me brise presque davantage le cœur en BD qu’en film.

  • OmacSpyder  

    Un article qui suit les pas d’une femme aux rôles qui font froid dans le dos. La femme et le mal, une association qui remonte à loin, en effet. Les allusions à Lilith en parlent en effet.
    Je découvre un passage sur la nécrophilie particulièrement intéressant : c’est en effet un thème compliqué du fait du tabou et du degré de perversion qu’il soulève.
    Il existe un cas clinique réel qui rassemble les deux thèmes du vampirisme et d’aujourd’hui.
    François Bertrand (1823 -1878) surnommé le Sergent nécrophile ou le Vampire de Montparnasse! Ça n’est pas rien. ..
    Il s’agit d’un sergent de l’armée française, connu pour avoir exhumé et mutilé des cadavres, essentiellement de femmes, dans plusieurs cimetières français, en particulier dans le cimetière du Montparnasse à Paris, avant de pratiquer sur eux des actes de nécrophilie et de nécrosadisme.
    Une blague parcourait il y a peu les cercles de psychiatrie : lorsque quelqu’un critiquait les théories d’un de ses confrères, il le traitait de Sergent Bertrand de la psychiatrie! Comme un fossoyeur des théories mais avec un raffinement particulier dans le camouflet…
    Barbara aurait pu rencontrer notre Sergent nécrophile dans un de ses films!

    • Matt  

      Ah les blagounettes de psy, c’est mignon^^
      Presque autant que les blagounettes des pompes funèbres. Pour avoir connu un mec en reconversion professionnelle qui avait bossé dans les pompes funèbres, ils ont un humour spécial par rapport à leur rapport avec la mort. D’ailleurs les films d’horreur ne doivent pas bien leur faire effet. Cela dit, il était très sympa. Et bien geek.

  • Jyrille  

    Je rattrape doucement mon retard de lecture, mais j’ai tout de même du mal… Donc très bel article Mattie sur quelqu’un que je ne connais pas du tout. Comme souvent, je dirai « pareil que Présence » car tu me cultives et tu m’as un peu frustré de ne pas avoir trop parlé de l’actrice mais plus de ces films. En fait tu me donnes envie de tous les voir mais vu leur raretés, je crois que cela va être compliqué… Je suis d’accord pour les affiches, ici, je les trouve toutes intéressantes. Et comme souvent, ce sont des illustrations. Je ne connais pas celle du prochain Alien je vais aller voir ça. Je ne savais pas non plus qu’un nouveau Predator était en préparation ! Rah ces hollywoodiens…

    Vous ne trouvez pas que Barbara ressemble par moments à Sadako, la fille de The Ring ?

    http://bh-s2.azureedge.net/bh-uploads/2015/11/rBg8337.jpg

    Quant à la chanteuse, je ne connais pas assez, mais j’aime beaucoup. C’est le haut du panier de la chanson française, avec une écriture un peu baroque et une musique tout autant étrange dans ses arrangements. Une grande dame.

    • Matt  

      Bruce m’a proposé de changer de titre (éh ! je ne balance pas ! Je le trouvais mieux aussi son titre), mais peut être que ça induit trop en erreur. A la base c’était « le gothique « barbara style » » qui laissait quand même penser que j’allais parler de films gothiques avec pour fil directeur l’actrice. Et non pas faire une bio de l’actrice.
      Mais bon…content quand même de t’avoir donné envie de voir ces films^^ Ils ne sont pas si rares que ça. Juste chers^^ Ah oui si tu pensais les trouver autrement, là je dis pas…c’est moins facile à trouver que le dernier Star Wars.

  • Philippe  

    Très chouette article. Merci du partage.

    • Matt  

      Mais de rien.
      Merci de ton retour positif, ça fait plaisir.

  • Lionel  

    Documenté et passionné mais un peu long cet article .

    • Matt  

      Je prends quand même la remarque pour un compliment^^
      A l’avenir ce genre d’article sera probablement coupé en 2 parties pour que ce soit plus court. Mais en effet les anthologies c’est forcément long si on aborde 6 films.

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