BatMAX (Batman : le culte)

Batman : Le culte par Jim Starlin et Bernie Wrightson

Une review déjà culte de  BRUCE LIT

Toutes les images de cet articles © DC Comics/Urban Comics

VO : DC

VF : Urban/Eaglemoss

1ère publication le 18/12/18- MAJ le 07/09/19

Le premier qui me traite de Bat-Fiotte, je le flingue !

Le premier qui me traite de Bat-Fiotte, je le flingue !
© DC Comics/Urban Comics

Conçue en 1988, Batman : Le Culte est une minisérie en quatre épisodes scénarisée par Jim Starlin et illustrée par Bernie Wrightson. Aucune connaissance de la continuité n’est nécessaire, le récit étant indépendant et formant une histoire complète.  Attention ! Sa violence, 30 ans après sa conception, reste intacte et sa lecture sera déconseillée aux plus jeunes  amateurs du Détective. 

Un indice ? Comme d’habitude, ça spoilera sans Bat-Signal !  

Le monde est ainsi fait. Sans cohérence. Sans logique. Et sans justice.
Alors que les dernières 20 années auront consacré Bendis, Millar, Soule, Way ou Fraction comme (où est mon Nausicalm?) comme des scénaristes majeurs, alors que les films Marvel  auront éprouvé la patience des moins exigeants en matière scénaristique, cette histoire de Starlin fait partie des  récits mal-aimés du psychotique milliardaire alors que dans le même temps est célébré The Dark Knight Rises qui lui doit beaucoup.

Il est reproché notamment à Starlin d’avoir trop calqué son histoire sur DKR qui venait d’être publiée et à Wrightson d’être en petite forme, voire pas inspiré du tout. On dit aussi que les couleurs sont dégueulasses et même l’ami Présence, pas le lecteur le moins indulgent de la planète geek,  y va de son couplet rabat-joie dans son commentaire Amazon.
Pourtant, moi qui m’en tamponne le coquillard de ce personnage et de son bestiaire, je l’ai trouvée formidable, peut-être un des récits les plus humains d »un personnage qui a souvent manqué de profondeur.

Cela a commencé comme ça !

Cela a commencé comme ça !
© DC Comics/Urban Comics

Le récit commence avec un Batman capturé, enchaîné, affamé, drogué et tabassé à mort par une communauté de clodos dirigée par Le Diacre Blackfire, un gourou charismatique qui va parvenir à briser Bruce Wayne de corps et d’âme et en faire son esclave. L’influence du Diacre est soutenue par la population et Gotham va connaître une sorte de nuit de cristal où les criminels vont en éliminer d’autres.

Alors que l’ordre et la sécurité n’ont jamais été si grands, Le Diacre installe progressivement un règne de terreur où les cadavres de civils  s’amoncellent avec ceux des criminels dans les rues. Le maire est assassiné. L’armée battue.  Le commissaire Gordon est grièvement blessé. La riposte nucléaire envisagée. Et…euh…Batman, il est en RTT ? Nope ! Après s’être échappé in extremis de l’emprise du gourou, Bruce Wayne, tremble de la cape et est terrorisé à l’idée de se confronter à celui qui a brisé sa volonté. Il ne trouvera la force de le faire que dans les dernières pages du récit, épaulé efficacement par un Robin/Jason Todd qui pour une fois ne fait pas que cueillir les fraises…

Batman flippe sa mère (pais à son âme) et Robin prend son pied

Batman flippe sa mère et Robin prend son pied
© DC Comics/Urban Comics

Allons droit au but : certaines critiques sont totalement justifiées ! En moins de quatre épisodes, on ne peut que sourire à la vitesse à laquelle est envisagée le recours à l’arme atomique, aussi rapide qu’un Trump prêt à dégainer son Little Boy à la moindre Kim-incartade. Les origines chamaniques du Diacre sont assez laborieuses. Starlin les développe inutilement dans le 1er acte avant de totalement les oublier et son lecteur avec.   Et effectivement les effets Miller se font sentir : les séquences plus qu’insistantes du journal TV alourdissent le  récit et des dialogues où Starlin se Millerise : Cette femme met un million d’années à mourir.

Mais pour le reste, Starlin se montre brillant. DKR montrait un Batman vieilli et radicalisé sur le fil… Le Culte l’oppose à plus maniaque que lui. Tant et si bien que Bruce Wayne se retrouve comme un enfant qui aurait  perdu son pantalon devant plus fort que lui.  Réduit à rien, le justicier masqué finit par se soumettre en apercevant une effigie de son ennemi en forme de phallus géant !  Cette image ressuscite le petit Bruce Wayne qui se tourne vers son ennemi comme un enfant vers son père.

C'est vrai qu'elle est grosse (la statue)

C’est vrai qu’elle est grosse (la statue)
© DC Comics/Urban Comics

Pourtant on aurait tort de rester au ras des pâquerettes en interprétant la déconvenue de Batman parce qu’il a perdu à Chat-Bite. Jim Starlin signe une préface disant que la violence de son récit visait particulièrement  les télévangélistes et surtout Tiper Gore, une Ségolène Royal à l’américaine, qui mena une campagne puritaniste contre les groupes de rock et leurs dangers sur les enfants en imposant le sticker Parental Advisory Lyrics.  Il s’agissait pour Starlin de manifester contre les gourous du Comic Code qui voulaient briser Batman et en refaire le guignol du show des 60′s.

Ce faisant, Starlin multiplie les sous-textes dans une histoire qui aura survécu à Mme Gore (la raison pour laquelle l’album est…gore?).  Car ce que Starlin dépeint dans cette histoire ultraviolente c’est l’impitoyable machine à broyer d’une secte : séparer la victime de sa famille pour l’isoler, l’affamer pour diminuer sa résistance, la désorienter pour la rendre vulnérable à la suggestion puis…la révélation.
Même si le Diacre embrasse Batman sur la joue après sa conversion, la dimension sexuelle, notamment le viol, est proscrite de cette histoire; aujourd’hui Millar se serait fait une joie de nous décrire tout ça au ml de sperme près.

Un petit garçon qui aurait caca dans son slip...

Un petit garçon qui aurait caca dans son slip…
© DC Comics/Urban Comics

Si l’histoire définitive sur le lavage de cerveau opéré par les sectes reste le manga Charisma (2009), Batman : le culte est remarquablement documenté sur les causes et les conséquences  d’une telle manipulation mentale.  Même un lecteur sans affinités avec le justicier masqué souffrira de ne pas voir ici l’übber Batman. Il est ici du début à la fin vulnérable, apeuré, incertain voire poltron.  Ses gadgets ne lui servent à rien, son costume ne le protège plus et il faut tout le courage de Robin pour le sauver des autres et de lui-même. Ce que Batman a planté, cette graine de violence lui éclot en pleine poire comme elle le sauve en même temps.

Dans la France post-13 novembre, cette histoire prend ensuite un tournant inattendu.  Ces oubliés de la société qui se radicalisent contre un système injuste et corrompu, cette radicalisation au profit d’un religieux de pacotille qui se vautre dans le pognon en envoyant les autres à la mort, ces décapitations et tortures à la télé, ça ne vous rappelle rien ?  En noircissant le trait, Starlin ne se rendait sans doute pas compte que trente ans plus tard le Djihadisme étoufferait les Démocraties et leurs valeurs comme des murs se renfermant sur leurs idéaux.  Cette revanche des laissés pour compte entraîne un remède pire que le mal que Robin n’hésite pas à comparer à la Shoah dans le texte.

Fuck le Comic Code Authority !

Fuck le Comic Code Authority !
© DC Comics/Urban Comics

La pureté que Le Diacre veut instaurer s’apparente plus au nihilisme et une forme d’autodestruction consacrée auxquels les attentats mais aussi certains faits divers (ce fameux pilote d’avion qui se suicide en assassinant 150 personnes avec lui) nous ont habitués.  Batman ne lutte pas ici contre le Pingouin ou Mr Freeze. Il affronte un déclencheur d’émotions néfastes qui pervertit tous ceux qui l’écoutent.  Un moralisateur psychopathe qui n’est pas sans rappeler le terrifiant John Doe de 7.

Le genre abordé par Starlin est donc celui du Thriller.  C’est un véritable voyage au pays de la peur qu’entame Batman et son lecteur avec lui. Un voyage très angoissant, sans une once d’humour et de blagues du Joker pour alléger l’ambiance.  Un Joker bien inoffensif en comparaison de la clique que Batman va affronter : un capo avec le visage de Raspoutine, Un Diacre qui se baigne dans le sang de ces victimes. Des victimes décapitées, crucifiées, affamées, exsangues, enterrées par milliers et droguées.

No more Mr Nice Guy !

No more Mr Nice Guy !
© DC Comics/Urban Comics

Prendre des coups et être capturé, c’est la routine pour le justicier. Ce qui l’est moins, c’est de perdre le contrôle, d’avoir peur de l’homme qu’il cache sous son masque, un masque qui va dissimuler la bête affamée qui en sera à laper des oeufs crus pour calmer sa faim. Tout ça est impitoyablement montré par un Wrightson qui s’il ne gagne pas à singer Frank Miller, rappelle dans certaines pages qu’il vient de la littérature horrifique dans des séquences franchement cauchemardesques auxquelles il ajoute des petites histoires comme ce jeune dessinateur qui ambitionne de percer dans les comics grâce à l’argent de la mafia.

Alors que Marvel et DC entretiennent la crampée de geeks peu regardants sur ses reboots et crossovers plus merdiques les uns que les autres, que même de grands dessinateurs comme Brent Anderson se sont avilis à salir leurs propres chefs d’oeuvre dans des bouses de tacherons méprisables, que l’on voue un culte absurde au scénario d’une idiotie sans commune mesure de Stan Lee pour sa collaboration avec Moebius (sur le même thème d’ailleurs : un gourou face à un super héros clochardisé),  il faudrait quand même rendre à Jim ce qui est à Starlin et arrêter de faire la fine bouche. Non seulement Batman Le culte s’insère parfaitement entre DKR  et Year One, non seulement il parvient à faire de Bruce Wayne le héros d’une histoire qui ne ne lui appartient pas, mais Starlin a 30 ans d’avance sur les effets du radicalisme religieux,  le terrorisme et le sacrifice des idéaux démocratiques pour le combattre.   Un cancer tout aussi tragique que celui de Mar-Vell.

Ça va Bruce ?

Ça va Bruce ?
© DC Comics/Urban Comics

—–
Batman humilié, battu et aux genoux d’un membre d’une secte radicale. C’est une histoire de Jim Starlin et Bernie Wrightson malaimée que Bruce Lit réhabilite aujourd’hui qui annonce les films de Nolan et notre actualité post 13 novembre.

La BO du jour :

On en trouve des choses dans les égouts : un Batman abattu, des Étrangleurs et un Rattus Norvegicus.

90 comments

  • JP Nguyen  

    J’avoue, je suis… inculte ! Je n’ai pas lu cette minisérie.
    Culte ou pas culte ? Cu-culte ? La review n’occulte pas les faiblesses de l’oeuvre mais en retient surtout les points forts…
    J’ai sans doute laisser passer l’occase de lire cette histoire au bon moment de ma vie de lecteur, quand j’étais un bat-fan avide de découvertes. Si je tombe dessus un jour, sans doute m’y essaierai-je mais je crois que les dessins m’avaient déjà freiné à quelques occasions précédentes.

    That were my two cents.
    Can’t say much more without having read the book… It’s too diffi-cult !

    • Jyrille  

      Oui. L’article de Bruce m’a donné envie de la relire.

  • Tornado  

    Non mais il y a A MORT un fond de réflexion dans Ultimates ! Je n’ai pas écrit mon article en l’inventant !
    Après est-ce qu’un fan de Marvel supporte le traitement réservé aux personnages ? Ça c’est une autre question. Oui c’est vulgaire et impertinent. Mais ça m’a paru justement très intéressant de redessiner complètement les figures jusque là trop manichéennes de ces super-héros.
    Oui les personnages sont faillibles, voire pathétiques. Mais là encore la manière dont c’est écrit rend la chose très forte. C’est ma version préférée de ces personnages. Plus réaliste. Plus rock’n roll même.

    • Eddy Vanleffe  

      il faut que je lise ton article. :)

    • Matt  

      Je crois savoir que tu n’es pas fan de Ultimate Spider-man Tornado. Un peu comme moi. Je trouvais ça trop proche (en étant quand même un peu différent sur les événements, les relations entre persos, tout ça). Et tu m’avais dit penser la même chose.
      En gros pour moi rebooter pour faire un truc assez proche, ça ne m’intéresse pas. Que ce soit bien fait ou pas, j’ai autre chose à lire^^
      Un truc comme Spider-man NOIR qui raconte autre chose dans une autre époque me tentera davantage.

      Dois-je en conclure que si tu aimes Ultimates, c’est que c’est suffisamment différent de la version 616 ?

      • Tornado  

        Expliqué dans l’article…^^

        C’est pareil, mais différent. Et en fin de compte, c’est complètement différent dans le traitement des personnages… qui restent quand même les mêmes personnages. La caractérisation est complètement repensée en fait, ainsi que leurs modes de fonctionnement. Et c’est beaucoup plus adulte.
        Iltimate Spiderman, j’ai tenu un arc et demi. C’était trop identique, et en plus c’était identiquement enfantin pour moi. Je n’ai pas retrouvé du tout le versant adulte des Ultimates. Mais le pire étaient les X-men, pourtant écrits par Millar aussi. Un gâchis monumental qui consistait à reprendre la continuité à zéro pour la torcher de manière grotesque.

        • Eddy Vanleffe  

          rigolo…ce que tu penses de ses X-Men…
          aurais tu une sorte d’attachement caché pour ces persos? :)
          Parce qu’on peut très bien dire qu’ils sont totalement repensés au prisme d’un regard plus adulte et plus moderne…
          je viens de lire ton article Ultimate.
          je comprends tout à fait que tu ais aimé, c’est le récit dont tu avais besoin, quelque part. une version mieux écrite et moins manichéenne.
          si je suis ton raisonnement, je vais même dire qu’il exploite à fond ce qui était sous entendu dans les versions classiques. il oses là où on effleurait…
          autre versant de la médaille:
          c’est bourrin et renonce à toute subtilité.
          là où tu m’éclaires sur ce que je n’ai pas aimé, c’est dans ta propre description de l’action: Michael Bay!
          voilà quoi!
          C’est un comics Michael Bay!

          peut-être souvenez vous comment était vendu Ultimate spider-Man à l’époque?
          le slogan disait le « Buffy-like drama » Spider-Man. le succès de cette série à l’époque était assez important et c’est la dessus et sur cette ambiance teenage movie qu’ils ont voulue refaire Spider-man. Pour moi ça a bien marché.

          • Tornado  

            Bien sûr que j’ai un attachement pour les X-men. Souviens-toi de mon article sur l’album Belasco !
            Seulement, lorsque j’ai relu les épisodes de Claremont à l’âge adulte, je n’ai pas réussi à revenir à cette forme d’écriture old-school. Mais ça tu le sais bien.
            Du coup, après avoir lu les Ultimates, je me suis rué sur les Ultimate X-men en pensant que Millar allait cuisiner les mutants à la même sauce (moderne et adulte me disais-je). Et pis non. C’était juste très mauvais.
            Ultimate Spiderman, je ne peux pas dire que c’était mauvais, juste que ce n’était pas mieux que le Spiderman Classique, et pas du tout plus adulte. Je n’ai pas du tout accroché. Pas même à ce côté « Buffy-like drama » que tu cites (jamais accroché à Buffy non plus). Non, vraiment, si je dois lire une nouvelle version, il faut qu’elle soit plus adulte, ou alors un truc conceptuel fort à la Loeb/Sale.

          • PierreN  

            « le slogan disait le « Buffy-like drama » Spider-Man. le succès de cette série à l’époque était assez important et c’est la dessus et sur cette ambiance teenage movie qu’ils ont voulue refaire Spider-man. »

            C’était fréquent durant cette période. Quand les pontes de la Warner ont demandé à Timm une déclinaison de Batman TAS (Beyond donc), c’était avec l’intention claire d’attirer le public ado de Buffy.

          • Matt  

            Je ne dirais pas non plus que Ultimate Spider-man est mauvais. Je le dis depuis le début, ça ne m »intéresse pas, la sauce ne prend pas avec moi, et je préfère lire un truc qui n’a rien à voir que 25 versions des mêmes histoires avec les mêmes persos.

          • Eddy Vanleffe  

            « Des trucs conceptuellement forts »

            Chez Marvel qui est traditionnellement très « street », c’est pas évident.
            Alan Moore a souvent eu du dédain pour cet univers…
            il trouvait qu’il ressemblait à un cimeterre qu’on essayait de ranimer sans cesse. (dans une interview à l’époque où Quesada essayait de le débaucher…)
            Millar lui dit un truc assez similaire en analysant le manque de succès des héros DC au Cinéma.
            « ils sont d’avantage abstraits et iconiques et ont du mal à s’incarner en chair et en os »

            je me creuse, mais je ne vois même pas comment faire un spider-Man « adulte ».
            Peut-être, je dis bien peut-être le truc qui est annoncé par Marvel avec un Peter qui vieillit à vitesse normal et dont chaque numéro se passe dans décennie différente…

          • Bruce lit  

            Les gars….
            ça va plus servir à rien que je l’écrive cet article si vous continuez comme ça….

          • Eddy Vanleffe  

            OK boss.
            on se tait! :)

          • Tornado  

            @Eddy : On pourrait avoir un Spiderman plus adulte si :
            1) Il arrêtait ses blagues à la con en pleine baston (et on s’en fout qu’il fait ça pour désarçonner ses adversaires cette excuse est complètement débile). JMS l’a fait.
            2) S’il affrontait des ennemis moins ridicules. Avec des pouvoirs ou des mutations et surtout des costumes moins infantiles. JMS l’a fait.
            3) Si ses atermoiements et ses problèmes étaient développés avec plus de profondeur et de classe, avec une toile de fond sociale plus sérieuse et réaliste. JMS l’a fait.
            Tu as donc toute la 1° moitié du run de JMS qui propose une version de Spiderman relativement adulte. En tout cas plus que la moyenne.

          • Eddy Vanleffe  

            Ok..

            Je pensais que tu visais « adulte-adulte »
            oui JMS a fait un super run, qui prenait le perso et le lecteur au sérieux…

            j’avais compris un truc plus dark en fait…
            j’ai bien aimé ce run aussi. surtout avec JRJR après, la période Avengers…

          • Tornado  

            Oui, dès que Bendis ramène Spidey chez les Avengers, JMS est obligé de s’y coller et ça barre en couilles. Idem avec Civil War, même si là il se réveille un peu avec de très bons arcs.

        • Matt  

          Ouais…
          Bon…
          Je sais pas.
          Tu vois j’ai bien aimé Authority de Millar, mais c’était autre chose quoi.
          Je ne suis pas attiré par une réécriture des mêmes persos. Autant lire un comics sur un autre équipe.
          Enfin c’est ma façon de raisonner^^ C’est aussi une technique pour ne pas acheter tout ce qui existe et privilégier la variété^^

          • Tornado  

            En même temps, si tu allais lire mon article sur les Ultimates, tu aurais une idée plus précise…
            Non pas que je veuille absolument que tu lises ma prose, je ne suis pas aussi vaniteux. Mais tout y est expliqué, quoi…

          • Matt  

            J’ai la flemme là^^
            J’suis fatigué.
            Eh ! Te vexe pas, j’suis honnête hein, c’est tout.
            J’irai le lire another day je pense.

  • Ozymandias  

    Le seul titre ULTIMATES (vague 1) qui m’ait vraiment déçu, c’est UFF. Même Warren Ellis, avec pourtant Dracula comme ancêtre du Dr Doom, m’a presque endormi.

    Sinon, le principe des personnages de comics, c’est d’être constamment réinventé. Sinon, c’est comme le latin, on l’étudie, on l’écrit, on le parle (un peu), mais c’est une langue morte.

    • Matt  

      Nan mais tu peux réinventer pour de vrai. Faire un truc radicalement différent. Ou même tiens, truc de fou, créer une nouvel équipe. Concept de Authority ou Planetary.
      Si c’est pour faire les mêmes persos habillés pareil qui ont la même histoire, ben y’a déjà de quoi faire avec un seul univers. Pas besoin (pour moi, encore une fois, vous avez le droit d’aimer) de lire plusieurs versions des mêmes histoires.

      • Eddy Vanleffe  

        C’est une sorte de jeu, un concept ludique qui a fait les beaux jours des Elseworlds chez DC au point de donner l’idée de Multiveristy à Grant Morrisson.
        d’ailleurs je lis ça en ce moment et j’y trouve un étrange lien de parenté avec le secret wars 2015 de Marvel…
        suis-je normal docteur?

  • Ozymandias  

    Multiversity et Secret Wars sont semblables en apparence seulement. Il faudrait un article exhaustif sur l’un et l’autre pour argumenter, mais les journées, à preuve du contraire, ne comptent que 24 heures…

    Tout réinventer, c’est malheureusement devenu impossible. Refaire les Nouveaux X-Men (Dave Cockrum) aujourd’hui est impensable. Marvel refuserait d’abandonner Peter Parker et Spider-Man, Ben Reilly peut en témoigner. Elseworlds est une excellente alternative, plus intéressante que ULTIMATES in fine, et bien plus savoureuse à lire que les WHAT IF… ? de Marvel. En outre, même quand on prétend réinventer ailleurs, le concept reste très référentiel, comme une filiation (morganatique ?).

    Dans un monde idéal, les deux majors pourraient prendre des risques et balancer définitivement la poule et les oeufs d’or, mais nous vivons dans une réalité bien trop matérialiste et relativement frileuse en matière d’innovation.

    • Matt  

      C’est clair que c’est devenu un tel bazar niveau personnages et continuité que je ne serais pas contre que Marvel arrête tout et reparte à zéro avec de nouveaux persos.
      Mais ça n’arrivera pas…

  • Tornado  

    L’intérêt de refaire, c’est surtout de balancer l’ancienne continuité à la poubelle et d’obtenir des libertés afin de moderniser les figures.
    Si j’ai abandonné Marvel et en particulier les X-men, c’est que leur continuité est devenue un gros portnawak (et que l’état d’esprit ado actuel me déplait mais là c’est encore autre chose). J’y suis devenu allergique.
    Un super auteur arrive et propose de tout reprendre à zéro avec des changements et une belle écriture ? Je prends ! (exemple le Punisher MAX de GArth Ennis).
    D’ailleurs, c’est rigolo que Bruce ait intitulé son article BatMAX le même jour qu’il s’en prend aux Ultimates. Car perso je trouve que les Ultimates est un vrai Avengers MAX, tandis que le Culte est plutôt un truc old-school grim’n gritty !

    • Matt  

      Mais si tu vires la continuité et les références au passé des personnages et…tout en fait, pourquoi refaire avec les mêmes persos ? Et des évènements similaires ? Ozy a raison, ça devient référentiel à l’ancienne versions, c’est tout. Et pour que les premiers fans ne soient pas trop perdus et retrouvent des visages connus. Mais moi (et ça n’engage que moi^^) je m’en fous de revoir les mêmes visages si on repart à zéro. Faites d’autres trucs, d’autres persos !
      Enfin bon…oui oui commercialement ça marcherait pas, je sais…
      Mais du coup ça ne m’attire pas.

    • Matt  

      En fait ça ne contribue qu’à renforcer ce sentiment que ces personnages sont des coquilles vides dont on garde juste le visage et le costume.
      Je préférerais des nouveaux persos qui ont une identité plus marquée du coup.

      • Jyrille  

        Mais ça attire de nouveaux lecteurs, comme moi. Je n’ai pas pléthore de supers dans ma bibli mais pour moi, les Ultimates sont les versions canoniques de ces personnages, je ne lirai jamais les vieux Marvel avec Cap, les Avengers etc…

      • Matt  

        Oui bah tant mieux pour toi^^
        Je ne dis pas que ça ne devrait pas exister. Mais ça ne m’intéresse pas.

        (et t’es pas obligé de lire les vieux Marvel pour lire des trucs de l’univers « canonique » historique, comme par exemple le run de Bendis sur Dardevil ou le Captain AMerica ou le Iron Fist de Brubaker^^ C’est assez « new reader friendly »)

        • Jyrille  

          J’ai tout le run de Bendis sur DD. J’ai vraiment recommencé à lire des supers avec ça, il y a quelques années maintenant. J’ai du coup plein de trucs tirés d’ici : les Batman et le DD de Loeb et Sale, les Batman Black and White, le Batman de Matt Wagner, les DD de Miller, Fear Itself qu’on m’a offert, les Ultimates de Millar et Hitch, le Superman de Moore, celui de Morrison. Ce doit être à peu près tout. Après on est dans les indés ou les classiques : Batman Year One, DKR, Watchmen, Supreme (Moore), Authority, Planetary, les Doom Patrol de Morrison, le Superman « C’est un oiseau »… Ah et là je suis en train de lire le Batman White Knight de Sean Murphy.

          • Jyrille  

            Ah et deux tomes de Wolverine and the X-Men chez Panini.

          • Matt  

            Il te manque des trucs sympas^^
            J’ai fait un article sur le Iron FIst de Brubaker (vu que personne d’autre ne l’a fait, et c’est pas souvent que je trouve un truc Marvel a chroniquer que personne n’a fait^^)

            Bon ce sera publié dans un an peut être mais voilà ça va venir^^
            Pourquoi ne pas tester le Iron Man de Matt Fraction aussi…
            En fait, ouais, que des trucs pas encore chroniqués ici.
            Le Captain America de Brubaker est un peu surestimé selon moi mais ça reste une lecture recommandable.

          • Tornado  

            Le Iron man de Fraction : Chroniqué ici par bibi.
            Le Cap de Brubaker (le début) : Chroniqué ici par bibi…
            Surestimé le Cap ? Je suis d’accord sur la longueur. Je trouve son run tellement long et fluctuant que j’ai décidé de tout revendre à l’exception du premier deluxe (celui que j’ai chroniqué ici).

          • Matt  

            Le Iron Man de Fraction est ici ? Ah…punaise, j’ai même laissé des commentaires.
            J’ai des trous de mémoire moi.

            Tout revendu le cap ? Eh ben c’est radical^^
            Les 4 premiers deluxes sont bons (un peu moins le 2eme deluxe)
            Mais déjà Reborn c’est assez naze (et mal dessiné par un Hitch en très petite forme qui fait plein d’erreurs de proportions et bâcle grave son dessin)
            Et la suite…bon ben..y’a l’arc sur le procès de Bucky et le goulag qui est sympa mais ça fait trop de trucs à conserver juste pour avoir un passage sympa par la suite.

  • Tornado  

    L’avant dernier arc avec les origines de Bucky est top (dessin de Samnee). Je l’ai en magazine.

    • Matt  

      Ah oui moi aussi. Mais je ne l’ai même pas spécialement pris comme faisant partie du run. Du moins j’en savais rien quand je l’ai lu. ça ne gêne pas, ça pourrait être une mini série.

      • Tornado  

        Le 2° deluxe est assez naze. Idem pour le 6° (Renaissance). Le 7° (Deux Amériques) est le pire. Les autres sont pas mal. Sans être aussi géniaux que le 1°.
        Quoiqu’il en soit je n’ai plus aucune envie de me relire ça, à part le 1° deluxe et les origines de Bucky, donc…

        • Matt  

          Je ne dirais pas naze pour le tome 2, c’est un peu sévère (mais bon, c’est du Tornado^^) Mais moins bon oui. Par contre je crois que les tomes 3 et 4 sont mes préférés, à savoir la période ou c’est Bucky qui endosse le costume de Cap.
          Mais il faut s’arrêter à « la flèche du temps »
          Je n’ai pas lu « 2 amériques », je l’ai sauté pour aller directement au procès. Parce que j’avais lu que c’était pire que tout.

          Si tu continues, dans 2 ans, à force de resserrer l’étau et de revoir tes exigences à la hausse, t’auras plus aucun comics de super héros^^

          • JP Nguyen  

            @Matt : je crois que Tornado gardera quand même Watchmen !

            Mode Troll ON : « Ah, on me dit dans mon oreillette que Watchmen n’est pas vraiment un comics de superhéros… »

          • Jyrille  

            Merci les gars mais ça ira… je ne pense pas investir là-dedans. Certains albums courts comme le Hawkeye ou le Vision sortis récemment pourraient me plaire. Mais je devrai plutôt lire les Casanova avec Fabio Ba (?).

          • Eddy Vanleffe  

            Perso, j’ai rien bitté à Casanova, j’ai trouvé que c’était vraiment un comics de poseur avec une posture de cool à tout prix et je ne crois même pas que Fraction ait une vraie histoire à raconter.
            par contre on est dans une ambiance cool et rock n’roll psyché genre James Bond meets Yellow submarine.

            Connais-tu Deadly Class? un comics très punk rock dans son âme avec plein de références à des groupes genre pixies, the smiths etc…
            par Rick Remender et Wes Craig?

          • Jyrille  

            Oui, je hurle mon amour pour Deadly Class dès que je peux !

  • Tornado  

    J’ai chroniqué chaque deluxe du cap de bru sur la zone, à part Le Procès.

  • OmacSpyder  

    Voilà un article qui démonte! Pour le coup avec Le Culte Batman en prend pour son compte! Et c’est ce qui fait manifestement l’intérêt de cet arc qui vise juste dans la déconstruction.

    Que reste-t-il de Batman une fois que celui-ci est anéanti physiquement et psychiquement? Cela permet d’éclairer que la mécanique d’endoctrinement ne fonctionne pas qu’avec ce que d’aucuns nommeraient des « esprits faibles ». Elle concerne justement tout un chacun et les failles qu’il cache à lui-même et aux autres. C’est ainsi que Batman tombe. Face à son contrôle habituel des situations et cette posture de UberBatman, il se trouve ici confronté à plus fort que lui : ce phallus érigé comme un Totem le renvoie à son impuissance. Et cette impuissance que Batman affronte trop peu souvent le fait chuter. Voici la castration à l’oeuvre! A force de la contourner il se trouve impuissant face à elle.

    Un petit point : appeler systématiquement Batman « psychotique » (dans l’intro de l’article) est abusif. Ou alors il s’agirait de le démontrer. Un cahier de la BD HS récemment sorti sur Batman en parle comme un « schizophréne » et là encore c’est imprécis et, je pense, absolument faux. C’est un abus de langage. Je m’en suis expliqué avec le rédac chef des Cahiers de la BD qui a reconnu ne pas être spécialiste. Mais pour autant, et je lui ai fait remarquer, il utilise ces termes sans prévenir son lectorat qu’il n’est pas spécialiste et que ces termes sont donc utilisés de façon « fictionnelles » pour le moins. Le culte des étiquettes inappropriées a aussi ses adeptes et font de Batman ce qu’il n’est pas. A moins, encore une fois, de creuser son argumentation de façon plus solide.

    • Bruce lit  

      Merci pour ce retour cul(o)t(t)e.
      Le lavage de cerveau ne fonctionne pas avec des esprits faibles. Intéressant tant on en serait amené à croire le contraire, notamment dans la manipulation des masses. A titre intellectuel j’ai regardé ces derniers mois beaucoup de vidéo du gourou de Dieudonné : Alain Soral. Un type assez fascinant qui démarre brillamment ses exposés avec un charisme inouï mais dont les démonstrations ne tiennent pas dans la longueur. On peut comprendre qu’il puisse retourner complètement l’opinion publique. Assurément un ennemi potentiel de Batman !
      Tu as tout à fait raison pour ce tic de langage schizo. J’en prends bonne note. Et je n’oublie pas que j’avais nommé mon chat : Schizo !

  • JB  

    Honnêtement, je pense que Starlin, dans ses comics, s’en prend moins au radicalisme relgieux qu’à la religion ou au concept du divin. Après avoir récupéré le gant du pouvoir, Warlock dit textuellement que Dieu est soit mauvais, ou à tout le mions incompétent. Même les parangons de justice de chez Marvel comme Captain America ou Spider-Man tombent sous l’influence de la Déesse parce qu’ils sont croyants. Les Eglises maléfiques pullulent dans les récits cosmiques du DC Universe de Starlin ou dans Dreadstar. Je ne pense pas que cela soit un hasard si c’est Starlin qui a été choisi pour signer The Death of the New Gods.

    Sinon, pour un autre récit de Batman « brisé », il y a la saga Venom dans Legends of the Dark Knight

    • Tornado  

      Ah oui VENOM (un des rares comics que j’ai lu en VO) est excellent. C’est ahurissant qu’Urban Comics ne l’ait pas publié car il s’agit du vrai point de départ de la saga KNIGHTFALL.

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