BIRD POWER (Encyclopegeek : BIRDS OF PREY)

 

Encyclopegeek : BIRDS OF PREY

Par Eddy Vanleffe

VO : DC Comics

VF : Semic

Le line up le plus iconique. ©Ed Benes-2002-DC COMICS

Le line up le plus iconique.
©Ed Benes-2002-DC COMICS

Cet article tentera une approche du comics BIRDS OF PREY publié par DC plus ou moins régulièrement depuis 1996,  Semic avec un esprit d’aventure lança le titre le temps de cinq petits numéros recouvrant les différents one-shots avant le mensuel. Le reste est en vo

Ah ces années 90…
Avant que la fameuse bulle spéculative n’explose à la gueule du petit monde de comics, tout était rentable et se vendait comme des petits pains…Vous vouliez faire un truc avec cyborgs trop biens mélangés à des animaux trop cools et des démons trop glauques? Banco, on fait une mini-série avec couverture dorée. D’ailleurs les couvertures allaient devenir plus qu’importantes puisque le signataire d’une couverture allait généralement conditionner la côte d’un numéro ou sa décote, c’est selon…

Cela eu pour effet que de faire renaître l’art de la Pin-up, c’est-à-dire un personnage bien en valeur cadré comme il faut sur une illustration, propice aux posters, affiches, t-shirts et statuettes Bowen pour milliardaires.
Par effet boule de neige, pas mal de ces illustrations mirent en valeur les courbes des héroïnes, soudainement sexualisées comme jamais et si vous ne me croyez pas demandez donc à Susan Storm des quatre Fantastiques, qui se retrouva affublée d’un seul coup du costume du plus mauvais goût jamais vu…

On eut droit à deux sortes d’illustrations en vogue, le Bad girl art et le good girl art suivant le degré de sagesse supposé du personnage mis en scène. Le Bad-girl art explosa littéralement avec des avatars tels que LADY DEATH, SHI, VAMPIRELLA ou WITCHBLADE. Bien entendu les éditeurs Marvel et DC s’alignèrent avec CATWOMAN ou ELEKTRA mais cela ne satisfaisaient pas des éditeurs comme Jordan B Gorfinkel qui en tant qu’amateur des vieux personnages secondaires de chez DC avait dans l’idée de vouloir changer la donne.

Comment les idées prennent leurs formes définitives? Tous auront leur opinion mais avant tout, il faut parler d’Alan Moore. Oui, encore! Dans BATMAN: THE KILLING JOKE, celui-ci faisait subir un sort affreux à Barbara Gordon en la paralysant à jamais. DC a trouvé cette histoire tellement brillante que l’éditeur saisit cette occasion de se débarrasser de ce personnage obscur en l’introduisant dans la continuité, ce qui n’était même pas vraiment du souhait de l’auteur britannique.
Bien que la plupart aient salué cette histoire, ce n’était pas du goût de John Ostrander qui en dépit de la qualité du récit, voyait mal le personnage terminer sa carrière de cette façon. Il se posa avec son épouse Kim Yale, la question: le handicap est-il la fin?
Dans le sublime numéro de Batman chronicles 5, ils rédigèrent l’épisode ORACLE ANNEE UN dans lequel ils redonnèrent ses lettres de noblesse à un personnage debout mentalement s’il ne l’est pas physiquement. En une seule phrase ils balaient le graphic novel de Moore et Bolland et reconfigurent les relations entre la jeune Barbara et le justicier taciturne.
«Oui on m’a dit qu’on vous a retrouvé tous les deux en train de rigoler d’une bonne blague. A quel propos? De Moi?»

Un Batman tout piteux face à Barbara après the Killing Joke. ©Brian Stelfreese-1995-DC COMICS

Un Batman tout piteux face à Barbara après the Killing Joke.
©Brian Stelfreese-1995-DC COMICS

Dès lors, Barbara n’est plus le clone d’un homme à la croisade hors norme, mais une femme qui va reprendre le contrôle de sa vie. Au fond du gouffre, elle s’isole d’abord se servant de l’informatique pour retrouver une certaine fenêtre à l’extérieur et petit à petit reprendre du poil de la bête. Plus indépendante que jamais, elle n’entend pas demander d’aide à quiconque et ne réclame de pitié de personne. De son côté Batman saisi de remords, renouera doucement contact simplement en mettant sur le chemin de la jeune femme, un professeur en arts martiaux capable d’adapter son enseignement à son cas bien particulier. Barbara ne sera plus jamais la victime de qui que ce soit.

Gordfinkel l’éditeur est emballé par ce récit et verrait bien le personnage dans une sorte de récit d’espionnage à la James Bond, il suffirait de lui accoler un agent de terrain et les bons personnages féminins ne manquent pas. Il a d’ailleurs un faible pour Black Canary qui a du mal à s’imposer loin de Green Arrow…l’association des deux serait parfaite.
La surprise fut donc de mettre sur le coup Chuck Dixon, le plus reaganien des scénaristes, connu pour ses ambiances viriles et pour ses opinions républicaines. C’est pourtant ce contraste qui va faire décoller l’ensemble. Le scénariste va se prendre au jeu d’une valorisation emphatique de ce duo de femmes guerrières et complémentaires. Sur une déclinaison de la «tête et les jambes», il va d’abord raconter une histoire qui fera le ciment du concept Birds of Prey et à partir de là construire une solide histoire de loyauté, d’amitié d’idéalisme et de combativité.

L'occident face à ses responsabilités: une seule réaction:La rage ©Gary Frank-1996-DC COMICS

L’Occident face à ses responsabilités: une seule réaction:La rage
©Gary Frank-1996-DC COMICS

Le contact entre les deux femmes se fera alors qu’un mystérieux bienfaiteur philanthrope explore les pays en voie de développement, pour leur proposer des projets technologiquement extraordinaires, pouvant les faire émerger économiquement. Malheureusement il semble poursuivi de malchance, et surtout par une organisation terroriste hostile à l’essor économique du tiers monde. Oracle sentant le coup fourré, emploie une Black Canary en perte de vitesse afin de mener une enquête et dénoncer l’escroquerie sur grande échelle qui se prépare.
Chuck Dixon ne cherche pas forcément à faire ce qu’il ne sait pas faire. Pour ne pas traiter ses personnages de haut, il ne les écrit pas forcément comme des femmes emplies de tropisme. Non, il les plonge dans exactement le même type d’histoires testostéronées que ses justiciers poilus. Le plus bizarre est que la sensibilité se fait plus sociale que d’habitude avec une critique en filigrane du néo-colonialisme américain imposant son modèle caricaturalement libéral un peu partout au mépris de toute considération locale. Ainsi l’ennemi est puant de condescendance caricaturale, ce qui a le mérite de pouvoir aborder également de manière assez légère son machisme, puisqu’il parle de la même manière à un gouverneur africain qu’aux femmes. C’est d’une pierre, deux coups. Bien sûr le titre a une vocation féministe, mais au sein d’un concept à la MISSION IMPOSSIBLE très nerveux.

En effet si Oracle est un personnage convalescent, Black Canary est décrite assez fragile également. Certes elle peut être «bad-ass» sur le terrain, mais jusque-là elle était restée cantonnée à des seconds rôles, toujours éclipsée par d’autres. Elle avait même perdu son pouvoir de sonique et ressemblait aux actrices has-been attendant derrière leurs téléphones. Elle doit donc aussi se reconstruire et réussir à s’extraire de ses propres doutes. C’est à ce moment fort à propos que le duo fait des étincelles, Canary à terre, est prête à se laisser dominer mais la voix-off autoritaire d’une Barbara bouillonnante lui parle d’elle-même et lui donne l’ordre de se lever, se lever pour elle qui ne le peut plus. Une demie page, pas de fioriture, mais tout est là, mis en place comme deux moitié de puzzle formant la même image qui avaient attendu jusque-là dans deux boites différentes. L’autre moment intense est la découverte d’un charnier africain. La prise de conscience brutale de la violence et de la responsabilité occidentale. L’écœurement palpable qui laisse interdite Oracle, dans son bunker loin de tout. Sans les images elle a du mal à comprendre puisque Canary n’a pas les mots, juste la rage.

L'alchimie entre les personnages en une seule page. ©Gary Frank-1996-DC COMICS

L’alchimie entre les personnages en une seule page.
©Gary Frank-1996-DC COMICS

A l’origine donc c’était juste un graphic novel de 56 pages écrit par Dixon et dessiné par Gary Frank. L’élégance de son dessin, très affiné lui donne des allures de Paul Smith. La seule chose est que chaque objet est traité d’une manière chromé donnant à cet univers un aspect rutilant qui peut paraître assez irréaliste.

Mais les choses ne pouvaient pas en rester là. Les protagonistes dépassaient largement les cases dans lesquelles on aurait bien voulu les ranger. Le titre possède un ton certes mainstream, mais surtout unique. On a déjà abordé le casting entièrement féminin, mais combien de comics DC sont en fait des intrigues d’espionnage dont les pouvoirs sont quasiment exclus? En fait de super vilains, nous avons plutôt affaire à des mercenaires, des militaires, des tueurs tous un peu hors normes mais assez terre à terre. L’histoire mélange politique et interventionnisme occidental au sein d’une enquête un peu policière. C’est aussi un buddy-movie atypique avec deux héroïnes qui ne se rencontrent jamais physiquement. Bref le concept est neuf. Et même quelque part novateur. Il est en effet devenu la norme qu’un héros parle constamment dans une oreillette à un opérateur constamment sur ordinateur dans à peu près toutes les séries de Arrow à Punisher.

Cette dynamique de téléguidage est justement intronisée et exploitée au bout de son concept dès le départ du titre car évidement, une nouvelle aventure à Santa-Prisca verra bientôt le jour. Cette fois le duo s’attaquera à des trafiquants de chair humaine qui appliquent la traite des blanches. Le résultat est bien plus mitigé, déjà parce qu’il met en scène la sempiternelle dispute qui verra la soldat désobéir aux ordres pour la bonne cause mais taillant dans le vif le lien de confiance tissé entre les deux femmes. De plus, la partie graphique est bien moins heureuse, Stefano Raffaele exagérant largement les proportions féminines et les postures non naturelles. Ensuite vit le jour une mini-série sur la rencontre fortuite entre Huntress, Catwoman, et Black Canary dessinée par Mike Manley. Le résultat est meilleur, fun mais d’une légèreté irritable. Les héroïnes poursuivent un même homme qui les a entourloupé chacune leur tour. Elles le reconnaîtront sur une vidéo à son…fessier. L’amusement inoffensif essaie toutefois de véhiculer le message assez bateau que l’homme n’est qu’un prédateur égoïste, cédant à la première paire de jambes qu’il croise. Louable à l’époque je suppose.

Un nouveau One-shot est de nouveau commandé et cette fois explicitement centré sur Barbara qui doit venir à bout toute seule d’un ennemi qui parvient à lui faire croire mentalement qu’elle n’a jamais eu d’accident et qu’elle est restée Batgirl, tout ça pour lui faire avouer un secret de son passé. Heureusement Barbara est bien plus forte que cela. C’est précisément dans cet élément que Dixon trouvera la fibre particulière de sa version d’Oracle. Elle est bien plus forte que son ancien avatar. Mais d’une force cette fois psychologique, nourrie par la ténacité et l’intelligence parfaitement incarnée. Oracle est sans doute issue de la volonté d’un tas d’intervenants du choc d’Alan Moore à la reprise en main de Gail Simone, mais elle constitua presque par accident, l’un des meilleurs personnages DC pendant vingt ans.

C’est enfin le temps pour Dixon d’accéder au Graal: la série régulière mise en image cette fois par Greg Land dans un style proche d’un Adam Hughes pas dégueu du tout. Il sera remplacé plus tard par Butch Guice occasionnellement encré par Bill Sienkiewicz. Il va enfin pourvoir faire ce que font tous les bons comics, mettre en place ses éléments un par un, comme le joueur d’échecs avance ses pions. Rapidement il va introduire une équipe d’antagonistes avec les Ravens menées par la terrible Cheschire mercenaire ninja (oh, on peut le remercier ce Frank Miller) habilement replacée du fait de son historique commun avec l’univers de Green Arrow (ancienne maîtresse de Arsenal, lui-même le protégé du couple Green Arrow-Black Canary, c’est compliqué, mais ça passe tout seul). Il reprendra aussi l’idée que Black Canary n’est pas forcément la seule à pouvoir incarner le bras armé d’Oracle. Ainsi lors d’un épisode spécial, on apprendra que l’informaticienne a tenté de faire équipe avec POWER GIRL, qui n’a pas supporté la collaboration et n’a pas hésité à menacer sa partenaire en cas de reprise de contact. On y découvre le visage d’une Barbara cynique et pragmatique, au sang-froid redoutable qui a du mal à cohabiter avec l’idéalisme professé habituellement par les titans surpuissants de cet univers.

«Big Sisters are watching you!» ©Greg Land/Brian Stelfreese-1999-DC COMICS

«Big Sisters are watching you!»
©Greg Land/Brian Stelfreese-1999-DC COMICS

La bonne idée également pour Chuck Dixon, est de confirmer ses stars féminines par l’emploi récurrent de seconds rôles masculins dans une fonction à peine déguisée de faire-valoir. Nous avons Jason Bard le détective privé loser rencontré lors d’une histoire inspirée des Chasses du Comte Zaroff, Blue Beetle le super héros cardiaque totalement sous-estimé et Nightwing, le boy-friend intermittent de Barbara. Dixon étant en charge des autres séries limitrophes de Batman, il peut ainsi enrichir son petit monde de manière organique tout à fait naturelle. Rapidement Nightwing perdu, revient chercher réconfort auprès de l’ancienne Batgirl avec qui il entretient une relation complexe. Ainsi les deux sont incapables de comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre,du fait de leur statut d’anciens acolytes du chevalier noir. Le fait d’avoir grandi ensemble dans un contexte d’aventures adolescentes les dresse l’un contre l’autre, prenant leur attirance pour cette ivresse spécifique mixée d’adrénaline et d’addiction à l’action. Ils ont donc perpétuellement besoin de distance, puis de rapprochements. Leurs pendules émotionnelles ayant du mal à se synchroniser.

Bien sûr le scénariste sait qu’il va devoir faire se rencontrer ses deux héroïnes, leur distance ne pouvant s’installer dans le durée. Autant faire les choses bien et amener un certain climax. Ce sera chose faite dans HUNT FOR ORACLE, mini crossover entre NIGHTWING et BIRDS OF PREY. Durant son activité de pirate informatique, Barbara s’est fait beaucoup d’ennemis dont certains ont réussi à identifier comme la nouvelle entité derrière Birds Of Prey. C’est donc Black Canary qui se fera passer pour elle afin d’éloigner la menace de son amie. Malgré cela, une faction l’a retrouvée dans son bunker et seul Nightwing peut faire le lien entre les deux femmes. C’est comme sait le faire l’auteur une sorte de thriller course-poursuite/survival hyper nerveux. Sec dans son développement (quatre épisodes en tout), il termine avec cette fameuse rencontre physique entre le deux femmes gorgée d’une émotion non feinte rendue réelle par sa pudeur.

Suite à ce changement de statu quo, la série reprend de plus belle lorsque Black Canary tombe éperdument amoureuse d’un homme mystérieux et dont l’identité révélera un twist aussi surprenant que déviant… surtout quand Black Canary se retrouve avec Talia Al’Ghul comme belle fille. Une aventure qui permettra à Black Canary de faire trempette dans le puits de Lazare et de récupérer son cri. Le don de Dixon étant de savoir exploiter la mythologie de son univers sans jamais perdre son lecteur.

Une première rencontre comme conclusion d'une histoire 100 à l'heure. ©Butch Guice-2000-DC COMICS

Une première rencontre comme conclusion d’une histoire à 100 à l’heure.
©Butch Guice-2000-DC COMICS

Par la suite Dixon, perdra peu à peu son inspiration et sert souvent la soupe au sein des crossovers prestigieux rassemblant le monde Gothamite comme NO MAN’S LAND ou BATMAN MEURTRIER & FUGITIF. Il arrête au numéro 46 après avoir créé de toutes pièces la grammaire du concept de la série. DC hésita sur le devenir de la série confiant un arc à Terry Moore (STRANGERS IN PARADISE) et un autre à Gilbert Hernandez (LOVE AND ROCKETS) mettant en scène Métamorho. Après ce bref passage au parfum indépendant, DC fait appel à une jeune scénariste à peine célèbre pour une poignée d’épisodes de DEADPOOL et pas mal d’histoires des SIMPSONS: Gail Simone. La jeune femme aux cheveux et au tempérament de feu s’est fait remarquer par son blog «Women in refrigerators» qui dressait l’inventaire des sévices que subissaient plus souvent qu’à leur tour les héroïnes dans les comics de super héros. L’idée de reprendre un titre féminin était donc l’occasion de faire bouger les lignes et tout le monde était ravi.

De fait le premier arc démarre très fort: Si Dixon s’était mis en tête de créer un club de vilaines avec les Ravens, c’est simplement le contraire qui se passe ici. Savant et Creote forment un duo de mercenaires masculins dont l’un est pirate informatique, expert en stratégie rivalisant avec Barbara et l’autre est son garde du corps, as des arts martiaux secrètement amoureux de lui. Afin de remonter jusqu’à Oracle à qui ils veulent soutirer le véritable nom de Batman, Canary sera kidnappée et torturée. Elle devra même affronter le même type de limitation que son amie avec les deux jambes brisées. Oracle sera contrainte ici de refaire appel à Huntress pour laquelle elle n’a aucune confiance. Ainsi le duo change sa routine, Barbara toujours aussi calculatrice, licencie Canary au profit d’Huntress à qui elle offre une nouvelle vie civile stable d’enseignante afin de mieux la contrôler. Après sa blessure, Canary décide de revenir aux sources à Hong Kong auprès de son Senseï en arts martiaux gravement malade. Elle découvre à cette occasion qu’elle fut la condisciple de l’une des tueuses les plus dangereuses du monde DC, à savoir Shiva. Elles vont vivre une aventure chorégraphiée dans les canons du cinéma de Hong-Kong avec triades, sens de l’honneur et beaucoup de combats. De son coté Oracle découvre que son système est infiltrée par un virus mais se retrouve isolée avec Huntress.

Si les trois premiers arcs montrent une capacité de Gail Simone à jongler avec action et modernité en dépoussiérant le ton vieillot des comics DC d’une manière que ne renierait pas l’état-major de Marvel sous Quesada, il est toutefois assez amusant d’observer des héroïnes dont la libido explose soudainement et dont les blessures physiques se multiplient, être écrites par celle qui râlait jadis contre l’hyper sexualisation et la violence faite aux femmes. Canary arbore de nouveau ses bas résilles, Huntress se tape des puceaux sur le pouce, et on ne compte plus les blessures de guerres que subissent les trio. C’est bizarre non?

Malmenées, torturées, humiliées, êtes-vous bien sûre Madame Simone de ne pas faire dans le racoleur? ©Ed Benes-2002-DC COMICS

Malmenées, torturées, humiliées, êtes-vous bien sûre Madame Simone de ne pas faire dans le racoleur?
©Ed Benes-2002-DC COMICS

Contrairement à la politique de décompression dans l’air du temps, Simone s’applique à faire courir en permanence deux ou trois intrigues à la fois et cela dans un but bien précis. Puisque les personnages se connaissent à présent physiquement, il s’agit de préserver la sève unique du comics en maintenant une certaine distance entre les protagonistes. Elle donne donc à ses trois personnages trois lignes dramatiques séparées.

Pendant que Oracle se fait attaquer par le virus Brainiac, d’abord par son ordinateur puis carrément dans son corps, Huntress poursuit une secte kidnappant des super héros de seconde zone comme Vixen et Canary reprendra son apprentissage auprès de Shiva afin de reprendre sa relève. Les intrigues évolueront au gré des épisodes. Lorsque Barbara se débarrasse de l’influence de l’intelligence artificielle extra-terrestre, elle ressent de nouveau des sensations dans les orteils, de quoi écrire le par à-coups le quotidien des personnes dont les traitements s à vie redonnent sporadiquement espoir d’une amélioration. L’action reste bien le fil conducteur de la série qui a su rester rafraîchissante et moderne par bien des aspects. Chose rare le comics est assez peu impacté par les multiples Events de la maison. Seul le «One year later», technique de narration consistant à faire un saut d’une année dans le temps sera le prétexte d’un mini relaunch dans lequel à force de dilution, la saveur unique qu’avait la série perdra son intensité.

sous influence cinéma de Hong Kong, Amitié/rivalité virile badass mais avec des courbes. ©Ed Benes-2002-DC COMICS

Sous influence cinéma de Hong Kong, Amitié/rivalité virile badass mais avec des courbes.
©Ed Benes-2002-DC COMICS

Sous l’impulsion de Simone, le titre devient 100% féminin avec un casting qui s’élargit de plus en plus. Émancipation est le mot. Ainsi Barbara fâchée contre Batman va faire ses bagages pour l’autre grande ville de l’univers DC: Metropolis et s’adjoindre les services de la pilote de ligne Lady Blackhawk, puis accueillir une adolescente aussi teigneuse que fan de Batgirl appelée Misfit ou la renégate d’Apokolips Big Barda, tandis que Canary va découvrir les joies de la maternité en adoptant la petite Sin, fille de victimes collatérales. Ainsi elles vont peu à peu former une véritable force pas vraiment organisée dont le tronc reste inchangé mais dont les branches varient selon les besoins et les missions, préfigurant mais avec bien plus de logique le A-FORCE de Marvel qui brillait par son artificialité. Elles vont donc comme du temps de Dixon croiser le fer avec l’autre série de l’auteur: Les Secret Six. Entre black ops borderline et agents interventionnistes, les étincelles vont jaillir de tous les côtés. C’est à ce moment que Gail Simone laissera tomber le titre à contre cœur mais aussi parce que la fin s’annonce de plus en plus clairement. Elle précisa à l’époque que DC lui avait fait une offre qu’elle ne pouvait pas refuser, en effet elle repris les rênes de WONDER WOMAN et plus «girl power» que ça, tu meurs! C’est Tony Bedard qui repris le titre, finissant les plots que Simone avait laissé en suspend.

Graphiquement, Ed Benes croqua la plupart des épisodes leur donnant une touche à la fois élégante et sexy, trouvant son style dans un mélange de Jim Lee et de Joe Madureira dépouillé assez agréable mais assez «fan service». Nicola Scott (BLACK MAGIC) le remplacera un peu plus tard faisant de BIRDS OF PREY un des premiers titres de nanas entièrement écrit et dessiné par des femmes, bien avant la mode, pavant la voie à ce qui deviendra la norme dans le monde de la diversité, mais chacun chez soi.

Lors de la grande cassure du FLASHPOINT, toutes les séries sont redémarrées de zéro et Batgirl retrouve l’usage de ses jambes, ce qui flingue définitivement la dynamique d’un titre basé sur l’expérience acquise et les cicatrices à surmonter. Privé de sa spécificité, nous ne pouvons que rester de marbre devant les tentatives bêtement fifilles à base d’engueulade et de câlins dans les bras en faisant des selfies, qui ont succédé depuis… C’est une bien étrange façon de promotionner le féminisme que d’en faire des bécasses superficielles, mais je dois être un vieux con.

Il est à déplorer aussi le peu de crédit que l’on donne depuis à Chuck Dixon, véritable pilier du titre, puisque son run est à peine réédité en faveur de celui de Gail Simone. En tant qu’auteur de droite, il a disparu des radars, bien qu’il ne soit jamais fait remarquer pour quoi que ce soit de répréhensible. L’épilogue malheureux est bien entendu que le comics gate ( le rassemblement bleu marine des auteurs de comics) soit venu vers lui pour le prendre à parti. L’intéressé confessa alors avoir eu la sensation d’avoir été en effet blacklisté par l’industrie aux volontés progressistes. Frileux devant le bad buzz, DC se dépêcha de lui trouver un job d’été…ce qui en dit long sur le culte de l’apparence et de la probité de façade qu’exercent les nouveaux gourous décisionnaires.

Un film est en préparation, sans Barbara Gordon au casting et avec Harley Quinn, c’est dire si on va être hors sujet.. de quoi réconcilier avec le MDCU. Seul intérêt à la chose, les probables rééditions qu’Urban ne tardera pas à nous proposer en support du film.
Car BIRDS OF PREY restera malgré tout un comics rythmé, fort en gueule, stable pendant plus de 120 épisodes dont le propos fort, l’identité singulière et les personnages extrêmement charismatiques crèvent la page grâce au talent d’artisans chevronnés entièrement dévoués à rendre la série hors norme. Malgré les films, malgré les tendances…

Une sorte de A-Force bien avant la mode. Ed Benes-2010-DC COMICS

Une sorte de A-Force bien avant la mode.
Ed Benes-2010-DC COMICS

—-

Elle devient quoi Barbara Gordon après que le Joker lui tire dessus ?  Sous l’égide de Chuck Dixon puis de Gail Simone, elle a sa série avec ses copine Black Canary et Huntress. Eddy Vanleffe vous raconte dans son premier Encyclopegeek de la saison la saga BIRDS OF PREY.

En BO, c’est si simple mais si évident. Une chanson sur la liberté et le fait de s’ouvrir à une vie nouvelle malgré ses ailes blessées…

43 comments

  • Nikolavitch  

    un petit détail : Ostrander ne reformate pas Barbara à l’occasion de Year One. cette histoire est là pour entériner un arc narratif qu’il a longuement développé dans ses Suicide Squad, dans lesquels Oracle apparait très graduellement. Il a beaucoup travaillé le perso avant que Dixon se n’en empare.

    (bon, gros coup de nostalgie, cet article : c’est moi qui officiais à la trad, sur BoP, chez Semic, une de mes toutes premières trads dans le Batmanverse, d’ailleurs)

    • Eddy Vanleffe  

      Vrai pour le Ostrander qui a introduit Babs dans la Suicide Squad mais j’ai faire un petit choix répréhensible en voyant mon intro commencer à prendre des allures de romans, J’ai élagué un chouia et j’ai commencé à ce Batman Chroniques 5 pour parler de Birds of Prey…

      et Oui j’ai été sur le cul quand on reprenant mes semic (reliques avec lesquelles il faudra m’enterrer…) en voyant ton nom à la trad…et celui de Jim Lainé sur le rédactionnel.
      j’ai d’ailleurs puisé pas mal d’infos dans cette documentation là.

      Merci pour le complément d’infos…

  • Présence  

    De bons souvenirs également pour moi. J’avais suivi l’apparition progressive d’Oracle dans Suicide Squad,et lu les premiers épisodes hors série écrits par Chuck Dixon. Il se trouve que j’ai aussi lu l’intégralité des épisodes écrits par Gail Simone pour la première série. Le début de la série de 2010 m’a déçu et j’ai arrêté là.

    J’ai bien aimé la remarque sur les statuettes de Randy Bowen : c’est en voyant leur prix que je me suis que c’était un hobby trop onéreux pour moi. :) Je me souviens avoir acheté pas mal de cartes à collectionner de Lady Death alors même que la qualité de ses aventures laissait à désirer. :)

    J’ignorais tout du rôle de Jordan B. Gorfinkel dans la pérennité des Birds of Prey. J’ai bien souri en découvrant la remarque sur la libido et les blessures physiques. C’est effectivement une sorte de 2 poids – 2 mesures, mais ça passe parce que c’est une femme qui écrit ces personnages. Quand on rapproche ça de tes premiers paragraphes où finalement Chuck Dixon les a traitées comme des personnages masculins, finalement il a fait preuve d’une sensibilité aussi respectueuse que Gail Simone.

    Si mes souvenirs sont bons, tous les épisodes de Chuck Dixon ont bénéficié d’une réédition en 2018/2019.

  • Matt  

    C’est marrant Eddy, tu sembles passionné par le parcours des auteurs et l’évolution des personnages dans le mainstream, mais à chaque fois tu reconnais toi même que ça ne tient pas sur la durée, et tu mets des notes pas terribles. Et malgré tout tu restes super accroché à l’ongoing et aux runs très longs. Pourtant je t’ai rarement entendu dire que c’était génial du début à la fin^^
    Moi je préfère que c’est plus court et que ça tient la route tout le long.

    Bon sinon les dessins ne sont pas vilains, une équipe de nanas badass…mouais pourquoi pas. Mais j’ai toujours un mal fou à m’ointéresser à ces personnages que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Je reste attaché aux super héros mais…à ceux que je connais déjà en général. Me plonger aujourd’hui dans une équipe de héros mainstream inconnus, et dans des séries longues en plus…je peux plus.

    • Eddy Vanleffe  

      Tu m’as totalement percé à jour mon cher Matt… :)
      pour moi trois étoiles c’est déjà pas mal et on va pas se mentir, c’est pas du Moore…
      en plus je me courre régulièrement dans mes notes étoilés croyant toujours avoir sélectionné le trois étoiles et demi… :)
      et oui, j’aime le feuilletonnisme, c’est un héritage de mon adoration de Claremont, un truc qui apparaît à l’épisode 120 revient au 131 et a réellement un impact au 143,etc… c’était mon plaisir de lecteur comics…
      j’aime bien suivre mes persos sur le long terme mais en même temps je ne vais pas essayer de vous faire croire que chaque arc est absolument généralissime non plus comme les séries TV on observe un tassement vers les fins de run.
      j’ai rassemblé 120 épisodes de BOP (je triche j’ai deux ou trois trous à droite à gauche) et j’en suis très content, en tant que lecteur, ce fut une très bonne cavalcade et j’en relis mes arcs préférés à l’occasion… comme pour mes X-Men, mes Titans, Daredevil et mes Spider-Man…

      @Présence

      j’ai vu que le run de Dixon était rassemblés dans de gros volumes récemment, c’est vrai j’ai vu ça après mon article et j’ai longtemps essayé de rattraper des arcs en magasin et tout commençait toujours au run de Gail Simone (super au demeurant)

      • JB  

        En l’occurrence, si, c’est du Moore pendant quelques épisodes ;) Pour l’historique de Barbara, n’oublie pas The Hacker Files 5 et 6.

    • Nikolavitch  

      dans les birds of prey, y a quand même pas mal de piliers du DCU : Black Canary, Barbara Gordon, Huntress… elles sont dans le paysage depuis un bail.

      • Eddy Vanleffe  

        perso je suis d’accord étant donné que Barbara est mon perso préféré (grâce à vous guys ^^)

      • Matt  

        Je ne connais que Barbara sur les 3…
        Les autres je connais juste de nom.

        • Kaori  

          @Matt : pourquoi avoir fait un costum de Black Canary si tu ne connais pas le perso plus que ça ?

          • Matt  

            Tu confonds. J’ai pris une figurine officielle de Black Canary pour faire une Typhoid Mary^^

          • Kaori  

            Argh oui c’est vrai, mea culpa !

      • Matt  

        Elles font un peu tapineuses quand même les nanas quand on les voit côte à côté^^ Vive les costumes à base de maillot de bain et de fishnets.

        • Nikolavitch  

          Dixon avait d’ailleurs travaillé un peu sur le costume de Black Canary, virant justement la perruque d’entraineuse, les résilles et tout (suivant en cela un travail initié par Grell, dans Green Arrow).

          • Eddy Vanleffe  

            j’ai pu jeter un œil à la trilogie Longbow hunters et j’aimerais bien que cela soit traduit par Urban, pais j’ai l’impression que c’est un run malaimé…

        • Eddy Vanleffe  

          @Matt
          oui les fishnets…ils ont été supprimés puis remis à l’occasion de la reprise de Gail Simone, ce que je trouve étrange venant de sa part. je n’ai pas de notion de volonté éditoriale ou de celle du dessinateur (ça aussi c’est possible…)…je ne trouve pas ce look très heureux mais bon, je ne suis aussi habitué aux guibolles des super héroïnes Power girl, Wonder Woman, Storm, Psylocke ne sont pas spécialement frileuses. et je fais parti des fans qui ne considère pas le « sexy » comme étant forcément du « sexisme »…
          ça se discute bien évidemment mais bon je prends les persos comme ils sont..il y en a aujourd’hui qui les rhabiller avec des futals et des « cols mao » mais j’ai tendance à préférer les looks classiques et tant pis pour le mauvais goût….
          Là où je vais tiquer ça va être sur le look 90′s de L’invisible.

          • Kaori  

            Le « haut » de Susan est en effet assez « surprenant ». Même s’il se justifiait dans le scénario…

            Moi j’aime bien les super-héroïnes sexy. Autant que pour les mecs. Faut arrêter l’hypocrisie à un moment donné.

          • JB  

            Les FF de DeFalco et Ryan étaient une charge contre le côté Dark des comics de l’époque. Le look de la Femme Invisible/Malice était hideux à dessein, et décrié par les personnages eux-même.

          • Eddy Vanleffe  

            arrête JB, tu ne me forceras pas à lire ce run…^^
            en vrai j’y jetterais bien un œil à force de lire des fan essayer de le réhabiliter…
            pour moi en FF il n’y a que le run de Byrne….

            je plaisante, je sais ce que tu en penses… :)

          • Matt  

            Bon…
            Je ne disais pas ça dans le sens ou c’était sexiste ou pas bien.
            Je disais juste que quand elles ressemblent à des tapineuse, ça fait pas très « cool » non plus^^
            Psylocke ou Elektra ne sont pas frileuses non plus, mais ça ne fait pas tapineuse. Les sortes de bandages autour des jambes et bras, en rouge ou en violet, ça fait truc de super héros…ou carnaval éventuellement^^ Là Black Canary fait quand même nana que tu pourrait croiser sur un trottoir quoi^^

          • Matt  

            Tiens bah ça me fait penser à Killraven dont tu parlais Eddy^^
            S’il n’est pas sapé comme un strip-teaseur SM lui…^^

          • Eddy Vanleffe  

            Matt ne dis pas de mal de Black Canary hein?
            c’est un des rares persos sur lequel je suis en mode fanboy…

            plus sérieusement, je sais bien que tu ne voulais dire un truc péjoratif mais c’est une remarque qu’on voit souvent…
            Killraven est un bon exemple…^^

          • Matt  

            M’enfin ça m’amuse ! Bordel ! ^^
            On peut plus rien dire sans être accusé de faire des pamphlets politiques hypocrites ?^^

          • Matt  

            Et ça me sert aussi à contrer les arguments fallacieux du boss parfois^^
            Genre ses commentaires sur la tenue de Spice girl d’Emma Frost, allumeuse machin. Sérieux…vous avez vu les autres comme elles sont sapées aussi ?^^ Alors s’acharner sur le costume d’un perso en particulier juste quand à arrange notre argumentaire…c’est de la mauvaise foi^^ Tornade fait tout autant tapineuse de trottoir dans son costume classique si on veut vraiment parler de ça.
            Et son look punk est plus réaliste. Tout comme ses costumes plus modernes des années 2000.
            Bien sûr chacun a le droit de préférer les costumes classiques un peu SM de Claremont, mais alors je ne veux rien entendre sur les costumes d’Emma ou de Psylocke ou d’autres persos que certains n’aiment pas^^ Parce que plein de persos hyper populaires ont des look dignes de la gay pride ou du bois de boulogne^^

  • Kaori  

    Je l’attendais depuis longtemps, celui-là ;)

    Comme d’hab, tu racontes ça vraiment bien et j’ai appris plein de choses.

    Je suis d’accord sur l’ironie (qui a dit « foutage de gueule » ?) des choix de Gail Simone. Quand c’est écrit par une femme, c’est normal, mais si c’est par un homme, quel sexisme/machisme/scandale !

    Mais ça n’empêche pas qu’elle sait y faire. Je ne sais pas si ça plait plus aux messieurs qu’aux mesdames…

    Je ne compte pas lire tout le run, parce que même si j’adore le personnage de Barbara, j’ai plus de mal avec Black Canary et Huntress, et je ne suis pas fan de tout ce qui est action-espionnage-politique.
    Mais je comprends tout à fait qu’on puisse aimé lire un long run tout en sachant que c’est moyen-bon mais pas excellent ;)

    J’avais beaucoup aimé le crossover avec la série de Nightwing et la rencontre physique Oracle-Black Canary.

    (PS pour les étoiles, y a pas le 3 et demie dans le doc de Bruce. Faut que tu le fasses avec 2 étoiles, une étoile à moitié vide et 2 étoiles vides.)

    • Eddy Vanleffe  

      Merci à toi Kaori
      On se comprend et ça me fait plaisir… :)
      moi non plus je ne déborde pas d’affection pour Huntress, mais….ça passe dans cette itération.
      j’ai une préférence (ça doit se voir) pour la période où Canary et Oracle forment un duo, mais il ne faut pas non plus dire que je n’ai pas apprécié le run de Simone. j’ai fait la connaissance de l’auteur sur ce titre et je l’ai suivie sur Wonder Woman ainsi que sur Secret Six et sur Welcome to tranqullity et je suis à peu près sûr de craquer si je vois un volume de Rose and Thorn….
      bon j’ai lâché l’affaire sur le denier run sur Batgirl et sur Red Sonja où sa participation se borne à rajouter qu’elle est gay et lui enlever son bikini armure… (là encore je ne dis pas qu’elle a tort mais j’aime bien ce bikini ridicule et totalement irréaliste…^^)
      par contre je suis curieux de lire son crossover Conan/Wonder Woman qui est vraiment bizarre comme concept…

    • JB  

      Il me semble que ce qu’exprimait Gail Simone, c’était que les héroïnes s’en prenaient plein la figure pour l’évolution d’un personnage masculin (Black Canary se fait torturer ? C’est pour pousser Green Arrow dans une voie plus sombre. Barbara Gordon se fait tirer dessus ? C’est pour tester Gordon et Batman). Dans le cas cité ici, on continue à suivre le personnage victime de ces violences.

      • Kaori  

        @ JB :
        C’est vrai que le dessein n’était pas le même. Les femmes servaient d’objets dramatiques dans l’histoire des hommes, tandis que là elles surpassent leurs traumatismes, se relèvent de leurs blessures. Elles ne finissent pas découpées dans le réfrigérateur de leur petit ami (et vice versa !)…

        @ Eddy :
        J’ai lâché après le One Year Later. On se croirait dans un univers parallèle…
        Et j’ai (évidemment) beaucoup aimé ta vision du couple Nigghtwing-Oracle. J’ai encore du mal à accepter qu’ils ne finissent pas ensemble, ces deux-là. L’espoir fait vivre, comme on dit, mais ça a l’air mal parti…
        Ah, et dans le film, y a pas Barbara ?? Je ne l’ai effectivement pas vue dans la BA. Donc ça sera sans moi. Jamais pu piffrer Harley.

        • JB  

          Les versions « Pré-Flashpoint » finissent bien ensemble dans Convergence :)

        • Eddy Vanleffe  

          moi aussi « One year later » m’a laissé froid pour la plupart des séries concernées…
          mon DC préféré se situe à peu près de d’une Crisis à l’autre…
          bon après j’aime plus sporadiquement et Flashpoint m’a tué.
          J’y ai cru au début et j’aurais voulu qu’ils réussissent mais j’ai vu les « raccourcis » qu’il faisaient sur les personnages pour qu’ils soient plus « facile » en vu des adaptation ciné (c’est juste mon point de vue, j’ai pas de preuve, pas d’argument)
          rebirth tente de recoller des trucs, c’est sympa…sans plus.

      • PierreN  

        @JB : Oui c’est que les américains appellent depuis le « fridging » (le célèbre cas du cadavre dans un frigo de la copine de Kyle Rayner, d’ou le « Women in Refrigerators » du site de Simone), la mort choc et inattendue d’un personnage féminin dans le but d’impacter le petit ami/héros.

        https://en.wikipedia.org/wiki/Women_in_Refrigerators

  • Tornado  

    J’ai possédé à une époque les cinq revues Semic. C’était l’époque où je remplissais compulsivement mes étagères avec tout ce qui était disponible sur le net, comme s’il fallait que je rattrape des années passées sans lire aucune BD. J’avoue que je les revendues sans les lire, car elles sont passé au crible de ma grande entreprise d’élagage des étagères ! :D
    La 1ère série m’aurait sûrement plu, car j’aime beaucoup l’écriture de Chuck Dixon. Mais cela ne me manque pas. Je suis passé à autre chose, depuis.
    Et puis j’ai bien fait, puisque Eddy nous a fait l’article qui résume tout ! :)

  • Bruce lit  

    Je passe dire bonjour au défenseur ès outsiders : M. VANLEFFE
    Difficile pour moi de tout suivre non pour l’article qui respire l’amour de fanboy, mais d’événements de personnages que je ne connais pas et d’une continuité qui m’indiffère. Je crois avoir lu le 1er tome de cette série (celui avec le sauvetage de Barbara de la noyade) et avoir trouvé ce récit d’action sympathique mais pas assez pour persévérer.
    Je m’en tiendrai désormais à des récits autocontenus. A ce titre le titre BATGIRL m’avait bien plu. Je crois bien en fait n’avoir jamais lu d’équipe de super héroïnes. Pas plus intéressé que ça, call me macho if you want (and if you dare !).
    Mais alors, elle fout quoi là dedans Harley Couine ?

    • Matt  

      « Mais alors, elle fout quoi là dedans Harley Couine ? »

      Le DCUC est un tel foutoir qu’elle est probablement là parce qu’elle est populaire. Sans doute qu’elle passe du bon côté ou j’en sais rien.
      Mais comme ils ne vont surement pas foutre huntress ou autre perso pas bien connu, ils mettent des nanas random…

      • Kaori  

        Si, y a bien Huntress, et même Cassandra Cain. Mais pas Barbara Gordon. Alors à moins qu’ils la réservent pour le prochain Batman, je ne comprends pas.
        Harley, à part le rapport à Suicide Squad, je ne vois pas. Si Harley a fait équipe, c’est avec Poison Ivy. Pas souvenir qu’elle ait jamais fait partie des Birds of prey…

        • Matt  

          Nan mais tu comprends pas.
          Ils s’en balancent des comics^^ Cherche pas un rapport ou une apparition de Harley dans les birds of prey. Ils n’ont pas introduit Barbara dans un précédent film mais Harley oui, alors hop ça ira. Univers partagé, woouuh les persos passent d’un film à l’autre, c’est magique.
          Bon c’est quand qu’on officialise la mort de ce fiasco d’univers cinématographique DC ?

  • JP Nguyen  

    Très instructif, cet article, pour un gus qui, comme moi, n’a quasiment jamais lu d’histoires de cette équipe.
    Quand je lisais régulièrement des blogs comics en VO (il y a plus de 10 ans), Chuck Dixon était assez souvent référencé et moqué pour son côté réac. Pourtant, l’article d’aujourd’hui et d’autres chroniques sur le blog ne laissent pas transparaître une beaufitude aussi marquée. Ca n’a pas l’air ultra sophistiqué, mais ça semble efficace et sérieusement fait.
    Pour autant, est-ce que je vais essayer de lire ces épisodes ? Plouf, plouf… Je ne suis pas sûr que le charme fonctionne sur moi.
    En fait, il y a quelques années, j’avais pris des Marvel Epic de séries que j’avais manquées lors de la parution initiale. Du Hulk de Peter David, du Captain America de Ron Garney, le Black Panther de Priest… Dans le tas, il y avait des trucs sympas mais j’avais l’impression bizarre de devoir me forcer à me plonger dedans, Comme si, sans le souvenir nostalgique d’une première lecture en VF il y a fort longtemps, et sans la saveur particulière de l’épisode mensuel qu’on relit 15 fois en attendant le numéro suivant… et bien, sans tout ça, la lecture ne m’accrochait pas vraiment.
    A noter que je ne rejette pas les « vieilles » séries en bloc, j’ai beaucoup aimé les Warlock de Starlin, les Hellblazer de Ellis, découverts lors de rééditions. Mais ce sont des runs plutôt courts et ça joue sans doute pas mal.

    • Nikolavitch  

      Dixon est réac, mais un peu à la manière d’Eastwood, il est capable de comprendre le point de vue du gars en face, il a du recul. Du coup, ses Birds of Prey sont nettement féministes, il a pu animer un perso comme Midnighter, et ça ne lui a pas posé de souci particulier.
      surtout, c’est un des cadors du comics d’action, genre dans lequel il est hyper efficace.

      alors oui, il ne révolutionne jamais le genre, mais on n’a jamais de mauvaise surprise avec lui, c’est toujours efficace et bien foutu. son run sur Nightwing, par exemple, était hyper bien tenu.

      (après, je le crois plus conservateur que réac à fond, mais c’est une lecture perso)

      • Tornado  

        Je suis d’accord. Chuck Dixon, c’est toujours bien foutu. Alors que des Starlin et des Claremont me tombent des mains, je suis toujours agréablement surpris avec lui. Et puis si c’est un reac à la Eastwood, autant dire que j’en ai absolument rien à foutre.

      • Présence  

        Je partage entièrement l’avis d’Alex : les opinions politiques de Dixon n’entachaient pas ses récits d’aventures très musclés. Il me tarde que Marvel réédite ses Punisher, en particulier les War Zone dessinés par John Romita junior et encrés par Klaus Janson. Dans sa dernière période pour Marvel, il arrivait qu’il tire à la ligne avec des scénarios peu inspirés, mais il est vrai aussi qu’il produisait une masse de titres impressionnantes.

        Par curiosité, j’ai acheté le comics Clinton Cash, une adaptation d’un livre qu’il a réalisé, mais je ne l’ai pas encore lu.

        https://www.amazon.fr/Clinton-Cash-Graphic-Chuck-Dixon/dp/1621575454/ref=sr_1_2?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=clinton+cash&qid=1570689095&s=english-books&sr=1-2

  • Eddy Vanleffe  

    C’est l’heure des remerciements à tous pour avoir apporté vos commentaires et vos ajouts.
    C’est gentil Bruce de me décerner un diplôme, je parle des séries qui me tiennent à coeur et plutôt de me croire seul au monde, je vous en parle.
    Pour le film, j’ai vu la bande annonce et je ne vois rien la dedans qui puisse m’attirer, si on veut proposer un truc différent du comics, très bien on fait un truc à la X-Men( le premier) ou Logan ou encore Joker qui vient de sortir mais si c’est pour faire un truc comme ça avec le mot EMANCIPATION pour faire féministe post- »me too »… Non. voir un quartette de débiles qui se la joue road movie destroy en cassant tout de manière totalement décérébrée avec une Harley Quinn qui n’est là que parce qu’elle a du succès auprès des ados…
    le film a l’air d’être hors sujet de A à Z et Cassandra Cain dans ce que je vois, pour l’instant je reconnais Jubilé mais pas la meilleure Batgirl de tous les temps… Non,non et non en plus Harley, je l’aimais dans l’animé et ses premières adaptations comics mais depuis qu’elle est devenue une sorte de « barbie-pute » hyper sexuée, je ne la trouve pas drôle du tout.

    POur Dixon, ses opinions ne sont pas un mystère mais je garde bien de faire un jugement de valeur étant donné que les frontières politiques et leurs éventuelles porosités sont une vraie énigme pour moi. il se faisait fort de ne pas véhiculer de message partisan dans ses comics (il le disait en interview) comme le fait de souvent travailler avec d’autres auteurs ou des dessinateurs pas du tout du même bord que lui sans que cela gêne qui que ce soit… et en tant que lecteur je trouve comme vous que c’est un auteur qui ne me déçoit jamais vraiment (sauf sur Marvel Knights…) J’ai adoré ses Punisher, Nightwing bien évidemment ses trucs Crossgen comme Way of the Rat (héros chinois) et Lady Cazador (une héroïne) comme quoi, le prêt à penser, faut s’en méfier…

    JP, j’ai jamais « vraiment « arrêté de lire du comics, sans cassure, je ne me suis jamais trop éloigné de cette sensibilité. mais j’avoue que la KORVAC SAGA, c’est dur mais à partir de la seconde moitié des années 80, j’ai aucun souci à lire quoi que ce soit, sauf si l’intrigue pue la mort ou que le perso soit imbuvable…
    j’ai aucun mal à lire du Chichester (je viens de me choper Wolverine Inner Fury, 100% garanti pas culte comme graphic novel :) ) ou du Howard Mackie ou du De Falco…
    Claremont, c’est pas exagéré de dire que j’ai appris à lire grâce à lui alors, je ne pourrais pas avoir un regard objectif… si je suis ici, c’est grâce à lui… (et à Bruce et tous ceux qui m’ont pistonné auprès de lui…)

    • Nikolavitch  

      inner fury, ça vaut surtout pour le dessin complètement dingue

      • Eddy Vanleffe  

        Je confirme! :)
        Première page un sorte d’homme requin suspendu se dans une sorte de labo du shield,
        C’est Scienkiewicz… D’ailleurs pour le scénar, je me demande si on est pas dans le Chichester totalement traumatisé par Elektra Assassin….

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *