Can we still be friends ? (Civil War : le film)

CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR par Anthony et Joe Russo

Euro 2016, TF1… comme d’habitude, l’affiche est horrible et récupère tous les codes de ces dix ou quinze dernières années. Libérez les créateurs d’affiches de film !

Euro 2016, TF1… comme d’habitude, l’affiche est horrible et récupère tous les codes de ces dix ou quinze dernières années. Libérez les créateurs d’affiches de film !

AUTEUR : CYRILLE M

1ère publication le 30/04/16- MAJ le 14/04/19

Captain America : Civil War est le troisième opus de la franchise réalisée par les Studios Marvel que l’on connaît depuis 2008. Il est réalisé par Anthony et Joe Russo qui étaient déjà aux manettes de Captain America : Le soldat de l’hiver. Il s’agit bien entendu de l’adaptation de la mini série de Mark Millar et Steve McNiven : Civil War.

Je l’ai toujours dit : j’ai un problème avec les étoiles. Avec les notations, avec la mesure, la performance. Parce qu’il manque toujours un référentiel. Si on considère Captain America 3 en tant que film d’action de super-héros de la franchise Marvel, alors ce nouveau film joue non loin de la cour des grands. Sinon on le prendra comme un blockbuster ne pouvant rivaliser avec les chefs d’œuvre du septième art comme Metropolis, Citizen Kane, Huit et demi, Ran

C’était pas ma guerre !

Il faut aussi remettre les pendules à l’heure : je connais très peu le marvelverse, suis revenu sur ces personnages classiques grâce aux Ultimates ainsi qu’aux films, et mettez Scarlett Johansson en train de taper sur des types avec sa petite moue et bim badaboum je suis content (je me contente de peu, ça permet d’être moins souvent déçu et plus souvent enthousiaste).

Pourquoi ce film est-il bon ? Parce qu’il y a plein de super-héros pardi ! Et pis ça se castagne dans tous les sens et y a Scarlett et même Ant-Man et Spider-Man ! C’est trop cool. Enfin bon, ça vous le saviez déjà vu que toute la pub se base sur cette accumulation de super-slips.

Si l’on compare les techniques de vente Marvel sur papier et sur grand écran, c’est un peu la même chose, ciblée pour des publics cependant différents : pour le cinéma, on va beaucoup plus jouer sur les acteurs, le casting, les effets spéciaux. Pour le papier, on va plus jouer sur les auteurs et l’intrigue. Mais en fait, c’est tout le reste qui fait de ce film une réussite. J’aimerai sincèrement que vous y alliez, toutes et tous, et que chacun donne son avis, pour ne pas vous dévoiler le principal et l’intrigue. Mais bon, c’est un peu court, jeune homme…

On t’attend de pied ferme, pied tendre !

On t’attend de pied ferme, pied tendre !
Source Allo Cine
© Walt Disney Company

Ça commence fort, avec deux scènes d’introduction toutes droit sorties du Soldat de l’hiver, entre complots et services secrets, puis on croise des personnages extraordinaires dans des situations normales, et sans crier gare – mais sans être lourd non plus -, tout se met en place. On a l’impression d’être dans un James Bond période Daniel Craig, et même plus, d’être dans le nouvel étalon du film d’action, les Jason Bourne. C’est réaliste, sec, brutal, sans effets cache-misère, autant le dire tout de suite, ça rigole pas des masses. Mais on voyage beaucoup, sous toutes les latitudes. Et vite, avec des Quinjets du SHIELD et de gros 4×4 allemands.

Il y a deux scènes bonus. La seconde amène à l’information principale de la journée : il va y avoir un second re-boot de Spider-Man. C’est un peu triste non ? Mais bon, ce que je retiendrai surtout, c’est que bd et cinéma, malgré leurs ressemblances, ne peuvent pas fournir les mêmes sensations. Le plus remarquable, comme sur le précédent film, c’est la réappropriation de l’histoire de base pour en faire un nouvel objet. Cela ressemble à l’adaptation du roman de Philip K. Dick en Blade Runner : prenez quelques éléments et faites votre sauce en intégrant vos ingrédients.

Alors le profil droit maintenant, ne souriez pas surtout, c’est pour des documents officiels

Alors le profil droit maintenant, ne souriez pas surtout, c’est pour des documents officiels

Le premier ingrédient qui fonctionne depuis le début de ces nouveaux films Marvel, c’est le casting impeccable, toujours choisi pour incarner des hommes et des femmes avec une histoire plutôt que des costumes impénétrables. De vrais acteurs, en résumé. En plus des indéboulonnables Scarlett, Chris Evans et Robert Downey Jr, on a Paul Rudd, Martin Freeman, William Hurt… et même Marisa Tomei en tante May ! Je craque, je mets six étoiles.

Autre ingrédient de génie : ne pas en faire trop. Il y a bien une scène de bataille que j’aurai raccourcie, mais chaque scène n’appelle pas forcément à une débauche de prises de kung-fu et de coups de boucliers au milieu d’une course-poursuite compliquée. Bon rassurez-vous, il y en a une.

Pourtant tout n’est pas parfait : le pourquoi du comment qu’on se retrouve dans une situation de crise, notamment, rappelle trop les facilités scénaristiques des derniers James Bond. Mais je suis bon public, on est quand même devant un film d’action irréaliste.

Mais la recette est bonne : il n’y a pas de trous ou de personnages oubliés, et ce avec tous les autres films Marvel. La continuité temporelle est respectée. Les bandes annonces ou les photos promos ne montrent pas les meilleures scènes, ni même les meilleures scènes d’action. Le film étonne par sa consistance, alors que le temps passe et que l’on craint d’avoir affaire à un long-métrage de quatre heures, le script est solide bien que suivant un schéma habituel.

 It don’t matter if you’re black or white »

It don’t matter if you’re black or white »

Rappelons que le pitch qui donne le titre de ce film pose une question quasi philosophique : la liberté doit-elle être surveillée par un organisme officiel ? Cette même question était déjà posée dans le précédent Cap, qui y répondait clairement en faisant d’un centre de surveillance une arme de destruction massive. En l’occurrence, envers les libertaires et les gauchistes de tout poil. Ainsi, le public de 2016 n’hésite pas à remettre en cause une société on ne peut plus réelle.

Malgré le nombre de super-héros qui augmente, ils ne sont jamais transparents ou ridicules. Est-ce le fait que ce sont des acteurs plutôt que des personnages dessinés ? Ce que Joss Whedon a loupé avec Ultron, les frères Russo l’évitent sans problème. Les personnages sont tous écrits correctement et agissent en conséquence de leurs crédos et caractères. Les scènes intimes et posées se multiplient sans ralentir le rythme, la dramatisation tourne à plein régime.

Par contre, n’attendez pas une bataille rangée de la même taille que le comic. Cela ne tiendrait pas sur l’écran, cela deviendrait un film raté de Michael Bay. Les scénaristes et les réalisateurs semblent en être conscients et nous proposent donc une pierre de plus à l’édifice, creusant leur sillon et fidélisant leur équipe, mais sans trancher ou conclure : leur continuité leur appartient. Ainsi que leurs blagues : elles ne sont pas nombreuses mais toujours bienvenues, jamais racoleuses ni forcées.

En plus des terres parallèles des comics Marvel, il y a donc un nouveau monde de super-héros : il se trouve au cinéma, suit ses propres règles, et s’attelle à fournir un produit moderne tant sur le fond que sur la forme, pour un nouveau public que j’imagine plus exigeant.

 

Je vois rien sans mes lunettes…

Je vois rien sans mes lunettes…Source Amazon © Walt Disney Company 

45 comments

  • JP Nguyen  

    Je devais être le dernier de la team à ne pas l’avoir vu (à part le Boss, ptet)… Je plussoie l’avis de Cyrille et ce qu’a dit Matt dans son commentaire de septembre.
    C’est bieng.
    Contrairement à Batman vs Superman. Qui était pas bieng.
    A partir de là, je crois que bon…

    • Jyrille  

      :D

    • Bruce lit  

      Je confirme que je ne l’ai toujours pas vu. Et que celà ne fait pas partie de ma view list.
      -Bruce Râleur.

  • James  

    J’ai été déçu par le film!La fin est complètement raté !Et le Baron Zemo n’a de point commun avec le personnage du comic que le nom c’est pour moi la pire adaptation d’un vilain au cinéma avec le Mandarin.La seule chose de bonne c’était les 5 premières minutes…

  • Kaori  

    Bon, alors, je l’ai vu, et… je ne m’en rappelle plus !

    Non mais c’est vrai, y a trop de films dans ce MCU !

    Sinon, pour répondre à la question de Matt : je ne suis pas fan d’emmener les petits voir des blockbusters comme ça. Déjà, le son est super fort. J’étais enceinte durant le visionnage du premier, bonjour les contractions ! Et les gamins qui bougent tout le temps, ça ME dérange ^^;;.

    Mes enfants, je les emmène voir les Disney ou les Pixar, ou les Dragons, mais pas les Marvel.
    Les Marvel, on les regarde en famille à la maison.
    Sauf les Avengers qu’on va voir au ciné en couple. Depuis 2012, et la fin des Harry Potter, c’est la sortie ciné annuel obligatoire en couple.

    Pour les déguisements, Spider-Man est un classique, hyper facile à mettre en plus, bien pratique pour les carnavals.
    Mon fils voulait à la base un costume de lion mangeant une vache. Bizarrement, on n’a jamais trouvé ce genre de costume. Du coup on a pris Spider-Man… Il a été emballé par « l’homme qui chasse les araignées » !
    Et sa sœur l’a récupéré quelques années plus tard…

    • Matt  

      « Il a été emballé par « l’homme qui chasse les araignées » ! »

      What ?

    • Matt  

      oh punaise…le gosse a été emballé…du verbe « être enthousiasmé » ^^
      J’ai cru que tu parlais du déguisement emballé…dans un emballage quoi…et ça n’avait aucun sens.

      • Kaori  

        Ha ha ha, Matt !

        Oui effectivement, enthousiasmé et pas emballé dans un paquet ;-).

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