Céline au bout de la nuit

Voyage au bout de la nuit par Louis Ferdinand Céline

Article de Nicolas BARGIBANT

Ouais les geeks, parce que y’a pas que les comics dans la vie,  une fois n’est pas coutume, Bruce Lit fait aujourd’hui un focus sur un roman, souvent considéré par beaucoup comme le plus grand récit du siècle dernier. Seul inconvénient : la personnalité de son auteur déchire les opinions depuis près d’un siècle : Céline génie littéraire et être humain méprisable du fait de ses opinions antisémites et  vichystes. 

Alors que votre serviteur rédigeait l’article d’hier et en postait un échantillon sur fb, contact fut pris avec Nicolas Bargibant, ami du blog, naturopathe et Célinophile convaincu se proposa de relire mon ébauche pour y déceler d’éventuelles coquilles historiques (joie, y’en avait pas !). Au fil de nos échanges passionnés sur ce bouquin et son auteur, s’imposa comme une évidence : Nicolas était fait pour résumer pour le blog l’oeuvre qui changea sa vie et en dresser un inventaire (rapide) de son impact dans la culture populaire. 

Ladies&gentlemen : Nicolas Bargibant !  -Bruce

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Badass !  /Photo du domaine public  /Source Wikipédia

Ça a débuté comme ça……Comme beaucoup de personnes, j’ai connu Louis Ferdinand Céline par son premier roman, le plus connu, le plus emblématique,  Le voyage au bout de la nuit . Cet article en est un résumé court  donc mode spoiler actif.
Malgré tout, ce livre étant tellement riche que vous ne découvrirez même pas 1% de l’histoire. Chaque fois que je le relis depuis 15 années (une fois par an en moyenne), je me surprends à en découvrir une nouvelle facette.

Par une belle journée de l’été 2003 (été de la canicule), je fouinais dans la bibliothèque de ma mère, grande lectrice, afin de trouver un livre pouvant me changer les idées suite à une rupture douloureuse avec une certaine…Céline ! A cette époque, je lisais énormément de romans : Jack Kerouac, William Gibson, John Fante, Carlos Castaneda…
Mais, à part quelques classiques, je n’avais jamais vraiment lu de littérature française.

J’étais totalement ignare de Céline et, pour être tout à fait honnête avec vous, j’ai d’abord cru que la personne qui avait écrit ce livre était une femme. J’ai feuilleté rapidement le livre, et, après avoir lu le quatrième de couverture : « Un des cris les plus farouches, les plus insoutenables que l’homme ait jamais poussé », sans le savoir, j’étais en train de monter dans le grand huit. Ma vie de lecteur allait être prodigieusement changée suite à cette découverte.

Le premier contact…

Le premier contact… ©Nicolas Bargibant

J’ai lu le voyage en quelques jours, je lisais, mangeait, dormais…peu. La première chose qui m’a marqué fut le style d’écriture de LFC.
Lors de la lecture, j’ai eu la singulière impression de ne pas être en train de lire mais que les mots se muaient en voix à l’intérieur de mon crane. Céline me parlait directement lorsque je le lisais.

Le voyage, bien qu’il soit le premier roman de LFC, n’est pas son premier écrit. Il avait tenu un journal suite à son incorporation dans l’armée française en 1913 (Carnet du cuirassier Destouches  publié seulement en 1970), et écrit une nouvelle en 1917 ( Des vagues  publié en 1977).
Ces deux travaux ont étés publiés après la mort du sulfureux écrivain.

De son vivant, avant le voyage, LFC avait publié  La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis , sa thèse de médecine, que je conseille vivement tant son style était déjà puissant, mais également  La quinine en thérapeutique, texte scientifique intéressant au point de vue médical mais assez anecdotique sur le plan littéraire.

 

Mais repartons en voyage…Céline, alors médecin en banlieue parisienne, proposa d’abord le texte aux éditions Gallimard. La légende raconte qu’il usa d’une brouette afin de ramener les milliers de feuillets manuscrits noircis au stylo BIC noir à l’éditeur.
Après lecture, le lecteur de la maison d’éditions n’accepta pas le texte : « Roman communiste contenant des épisodes de guerres très bien racontés. Écrit en français argotique un peu exaspérant, mais avec beaucoup de verve. Serait à élaguer ». Les éditions Gallimard ne tarderons pas à regretter amèrement leur décision…
Céline trouva réponse favorable auprès de Robert Denoël, jeune éditeur belge installé à Paris. Denoël fut si enthousiaste et certain du succès du livre qu’il ira jusqu’à imprimer des milliers de bandeaux « prix Goncourt 1932 ». Le prix échappa à Céline de justesse. Il reçut quand même le prix Renaudot.

Ce roman, a déchainé les passions.
Les communistes tout comme les anticolonialistes se sont rapidement reconnus et se sont appropriés ce livre phare, couvrant une large partie de la vie de Bardamu, le protagoniste principal. Trotsky disait :  La force de Céline réside dans le fait qu’avec une tension extrême, il rejette tous les canons, transgresse toutes les conventions et, non content de déshabiller la vie, il lui arrache la peau…

Robert Denoël, l'homme qui osa publier Céline- Photo du  domaine public- Source : Wikipedia

Robert Denoël, l’homme qui osa publier Céline-
Photo du domaine public
Source : Wikipedia

Céline (Louis Destouches en réalité… Céline étant le prénom d’une de ses grands mères qu’il aimait beaucoup) s’est inspiré de ces diverses expériences en tant que militaire, surveillant de plantation au Cameroun, médecin, pour son personnage. Il ne s’agit donc nullement d’une autobiographie. « Je m’arrange avec mes souvenirs en trichant comme il faut », se plaisait il à dire.

Le voyage commence lorsque le jeune Ferdinand Bardamu s’engage comme militaire dans la première guerre mondiale, sur un coup de tête pour impressionner Arthur Ganatte un ami étudiant ainsi que les clientes d’un troquet place Clichy.

Après une certaine exaltation, il se rendra rapidement compte de l’horreur et de l’absurdité de ces combats : « Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux allemands. J’avais toujours été aimable et bien poli avec eux.  Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence. La guerre en somme, c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer. » /1

Le maréchal des logis Destouches en 1914 -Photo du domaine public- Source Wikipédia

Le maréchal des logis Destouches en 1914
-Photo du domaine public-
Source Wikipédia

Blessé physiquement et mentalement, Bardamu, sera libéré de ses obligations et hospitalisé à Paris. Victime d’un gros stress post-traumatique, il finira par se faire totalement réformer et décida de partir loin de toute cette agitation.« En Afrique ! Que j’ai dit moi. Plus que ce sera loin, mieux ça vaudra ! ».

Après un long et éprouvant voyage en bateau, Bardamu allait donc travailler comme surveillant de plantation au Cameroun. Après l’horreur de la guerre, il allait découvrir celles des colonies, les maladies (il y attrape le paludisme), ainsi que des colons dominateurs, abuseurs de femmes et d’enfants et profiteurs des tribus autochtones.

Toute cette partie de l’histoire est truffée de scènes très noires (sic Ndr-): des colons racistes et violents, des africains échangeant du caoutchouc longuement et durement récoltés pour quelques pièces, devant l’hilarité des responsables de plantations… Alors qu’il voulait s’échapper de toute le folie guerrière en partant loin, il se rend compte que sous le soleil les choses peuvent être identique…voire pire.

Délirant littéralement de fièvre à cause du paludisme, il est rapatrié et se trouve une nouvelle destination pour continuer son voyage, un pays pleins d’espoirs et de possibilités : l’Amérique. « Figurez vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New-York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur. »

New-York, terre d'espoir Illustration Libre de droits Source : Wikipedia

New-York, terre d’espoir
Illustration Libre de droits
Source : Wikipedia

Bardamu trouve d’abord un emploi de compteur de puces et divers parasites qu’il avait appris à compter et identifier sur le bateau le menant au pays de l’oncle Sam. Voici donc la façon dont il décrit son nouveau métier sur le port de New-York : « …Puces de Pologne d’une part, de Yougoslavie…d’Espagne…Morpions de Crimée…Gale du Pérou…Tout ce qui voyage de furtif et de piqueur sur l’humanité en déroute ma passait par les ongles. »

Vite fatigué par cette expérience en parasitologie, Bardamu quitte son emploi et erre quelques temps, sans le sou, dans Big Apple. « En Afrique, j’avais certes connu un genre de solitude assez brutale, mais l’isolement dans cette fourmilière américaine prenait une tournure plus accablante encore… »

Il réussit à retrouver une jeune infirmière qui l’avait soigné pendant la guerre, et lui soutire de l’argent pour prendre encore un nouveau départ. Ferdinand trouve alors un emploi en tant qu’ouvrier aux usines Ford de Détroit, l’industrie automobile américaine étant en plein essor à cette époque. A son entretien pour être embauché, il dit à un infirmier lors de la visite médicale qu’il a lui même entreprit autrefois des études de médecines. « Ca ne vous servira à rien ici vos études, mon garçon ! Vous n’êtes pas venu ici pour penser, mais pour faire les gestes qu’on vous commandera d’exécuter…Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin…Un conseil encore ! Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous mon ami ! Tenez vous-le pour dit. »

Lorsqu’il ne travaille pas, il côtoie Molly, une jeune prostituée dont il tombe amoureux. Malgré son idylle, fatigué du Fordisme et de Détroit, il décide de quitter le pays afin de retourner en France. De retour au pays, après quelques mois de galère et de petits jobs insipides, Bardamu termine ses études de médecines grâce à une aide accordée aux anciens combattants. Diplôme en poche, il s’installe à la Garenne-Rancy en banlieue parisienne.

Commence alors sa période de médecins des pauvres, il côtoie dans cette ville tout les malheurs et les vices des oubliés de la société. Inspirant la confiance de part son statut, les gens se confient à lui. Et ne le paient pas…ou très rarement. L’expérience de Bardamu en tant que docteur de banlieue est pleine d’images choquantes ou tristes (Une mère qui refuse d’emmener sa fille à l’hôpital suite à un avortement raté, ce qui entrainera la mort de cette dernière, ou bien la mort du jeune garçon Bébert).

Un couple de voisin, les Henrouille, insiste pour que le docteur fasse interner la mère du mari, afin qu’ils puissent profiter de son argent. Devant son refus, ils font appel à Robinson, compagnon de galère de Bardamu (c’est un personnage récurent du livre, sorte d’alter égo du protagoniste) afin d’éliminer la vieille femme. Par maladresse, l’apprenti tueur échouera et deviendra aveugle. La famille Henrouille se retrouve donc au même point, si ce n’est que maintenant ils doivent également s’occuper de Robinson, de peur qu’ils les dénoncent pour leur complot.

« Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville ou chacun s’essuie les pieds, crache un bon coup, passe, qui songe à elle ? Personne. »

Un habitant du quartier, l’abbé Protiste réussit néanmoins à envoyer Robinson et la vieille Henrouille à Toulouse où ils seront occupés à faire visiter un caveau contenant des momies. Surmené et malade, Ferdinand Bardamu part également pour Toulouse. La vie n’est pas rose dans la ville rose. Les finances sont bonnes mais cela n’empêche pas les tensions d’être fortes entre Robinson et Bardamu. De plus, ce dernier a une liaison avec Madelon, future femme de Robinson.

Quelques temps plus tard, la mère Henrouille fait une chute fatale dans les escaliers de la crypte. Dans la panique et la confusion, Bardamu en profite pour quitter Toulouse et repart à Paris. De retour dans la capitale, il y retrouve un collègue de médecine, Parapine qui travaille dans un hôpital psychiatrique.
Il lui présente le docteur Baryton, directeur de l’établissement, qui lui propose une place. Baryton adorerait voyager et s’abreuve des récits de voyage de Bardamu. Il rêve d’aventures loin de son quotidien de la clinique.

Un jour, le docteur demande à Bardamu de donner des cours d’anglais à sa fille Aimée….mais en fait, c’est lui même qui désire apprendre… « A mesure qu’il se développait chez le père la passion d’apprendre l’anglais, Aimée avait de moins en moins l’occasion de se débattre avec les voyelles. Baryton me prenait tout entier. Il m’accaparait même, ne me lâchait plus, il me pompait tout mon anglais. Comme nos chambres étaient voisines, je pouvais l’entendre dès le matin tout en s’habillant transformer sa vie intime tout en anglais. « The coffee is black… My shirt is white…The garden is green…How are you today Bardamu ? » qu’il hurlait à travers la cloison. »
Baryton, confiant de ses connaissances en la langue de Shakespeare, décide de découvrir le monde et laisse sa place de directeur de l’hôpital à Ferdinand.

Robinson revient également sur Paris, fuyant Madelon qu’il n’aime plus. Bardamu reçoit régulièrement des lettres de la fiancée éconduite à la recherche de son fuyard. Madelon réussit à retrouver son amour. Même si au début, elle arrive à reconquérir Robinson, celui-ci lors du retour en taxi de la fête des Batignolles en compagnie de Bardamu, lui annonce qu’il ne veut plus d’elle. Elle l’abat  dans le taxi.

Après avoir ramené le corps au poste de police, Ferdinand, Parapine, un officier de police et une infirmière cognent au volet d’un bistrot dans la nuit parisienne. D’une fenêtre du troquet, Bardamu observe le canal… « De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l’écluse, un autre pont, loin, plus loin…Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on en parle plus. » Ainsi se termine le Voyage.

Photo utilisée par Céline pour fuir la France Photo libre de droit Source : Wikipédia

Photo utilisée par Céline pour fuir la France
Photo libre de droit
Source : Wikipédia

Je suis sorti abasourdi de la lecture de ce livre…exalté, heureux de ma découverte…
J’étais d’un coup devenu plus exigeant quand à la qualité d’écriture des écrivains que je lisais…j’avais découvert un style puissant…si puissant qu’il sortait, virevoltait hors de ces pages pour aller vous titiller directement le cerveau et les oreilles.
Jamais je n’avais ressenti tant de sensations différentes avec un livre. Les années qui ont suivies, j’ai lu quasiment tout ce qui était disponible de et sur l’auteur. L’impression d’oralité à la lecture sera même de plus en plus puissante son œuvre évoluant dans le temps.

Plus j’ai découvert LFC, plus je me suis rendu compte de points communs avec lui. Il était hygiéniste, j’allais devenir naturopathe quelques années plus tard… Nous sommes gémeaux tout les deux.
Il est né et a vécu à Courbevoie, lieu de naissance de ma mère et de l’un de mes frères (J’y ai moi même passé beaucoup de temps lorsque j’étais enfant et que j’allais voir mes grands parents).
Je vous avoue que j’ai également un faible pour les danseuses…
Vous l’aurez certainement constaté, j’ai une fâcheuse tendance à utiliser les trois petits points…une de ses marques de fabrique…je n’arrive pas à faire autrement tant j’ai été marqué par ces lectures.

Et tant d’autres choses…

Un livre qui sent le souffre…(c)Nicolas Bargibant

Même ses écrits les plus polémiques et discutables sont merveilleusement bien écrit, et, comme vous devez vous en douter, je trouve dommage qu’ils soient si difficilement disponibles. « Dans une jambe de danseuse le monde, ses ondes, tous ses rythmes, ses folies, ses vœux sont inscrits !…Jamais écrits !…Le plus nuancé poème du monde !…émouvant ! Gutman ! Tout ! Le poème inouï, chaud et fragile comme une jambe de danseuse en mouvant équilibre est en ligne, Gutman mon ami, aux écoutes du plus grand secret, c’est Dieu ! C’est Dieu lui-même ! Tout simplement ! Voilà le fond de ma pensée ! A partir de la semaine prochaine Gutman, après le terme…je ne veux plus travailler que pour les danseuses…Tout pour la danse ! Rien que pour la danse !
La vie les saisit, pures…les emporte…au moindre élan, je veux aller me perdre avec elles…
toute la vie…frémissante…onduleuse…Gutman !…Elles m’appellent !…Je ne suis plus moi même…Je me rends…Je veux pas qu’on me bascule dans l’infini !…à la source de tout…de toutes les ondes…la raison du monde est là…Pas ailleurs…Périr par la danseuse !…Je suis vieux, je vais crever bientôt…Je veux m’écrouler, m’effondrer, me dissiper, me vaporiser, tendre nuage…en arabesques…dans le néant…dans les fontaines du mirage…je veux périr par la plus belle…Je veux qu’elle souffle sur mon cœur…Il s’arrêtera de battre…Je te promets ! Fais en sorte Gutman que je me rapproche des danseuses !…
Je veux bien calancher, tu sais, comme tout le monde…mais pas dans un vase de nuit…par une onde…par une belle onde…la plus dansante…la plus émue… »Ce magnifique passage, cette ode aux danseuses et aux femmes est issue de  Bagatelles pour un massacre , pamphlet antisémite interdit de réédition pour le moment.
Avouez que cela peut paraître surprenant… Mais tout ça est une autre histoire

Voyage au bout de la nuit » version Tardi…bientôt sur Bruce Lit ?

Voyage au bout de la nuit  version Tardi…bientôt sur Bruce Lit ?(c)Futuropolis

Terminons cette petite chronique de façon plus légère avec quelques anecdotes….ou comment Louis Ferdinand Céline a laissé sa marque dans la culture populaire de façon générale… L’expression « blah blah » issue de l’argot anglais, a pour la première fois, été utilisée en France par Céline dans Bagatelles pour un massacre. Il l’utilisera beaucoup dans ses correspondances houleuses avec Gaston Gallimard.

De même, la verve orale du capitaine Haddock, fameux compagnon de Tintin aurait était très largement inspirée de l’argot Célinien. Plus près de nous, le chanteur Hubert-Félix Thiéfaine a fait quelques références à Céline et Bardamu dans ses chansons (écoutez « les dingues et les paumés » sur l’album « soleil cherche futur »…l’influence de Céline et de William S. Burroughs y est indéniable…). Le livre « Pulp », dernier roman de Charles Bukowski, met en scène un détective privé à la recherche de Céline.
Il croit qu’il est encore vivant…et finira même par le trouver !

Tardi, grand dessinateur français y est allé de son adaptation du « Voyage », mais également de « Casse pipe » (éditions Futuropolis). Jim Morrison s’est inspiré du « voyage », pour les paroles de la chanson « End of the night ». Il se reconnaissait fortement dans le désenchantement de Bardamu. Toujours, aux éditions Futuropolis, la BD de Christophe Malavoy, Gaëtan Brizzi et Paul Brizzi « La cavale du Dr Destouches » raconte la fuite de Céline , sa femme Lucette et Bébert le chat, de l’Allemagne jusqu’au Danemark.

Brassens : « Je n’admire pas forcément des gens admirables. Selon les circonstances ça peut être Camus ou le balayeur du coin. Mais le plus grand écrivain du siècle, pour moi, c’est Céline. »
On peut donc affirmer que Céline l’a certainement influencé. Le titre du génialissime et regretté Daniel Darc « C’est moi le printemps » fait référence au début de « Mort à crédit ».

Ces exemples ne sont qu’une infime partie de l’influence de Louis Destouches, Céline, sur la culture populaire depuis un siècle.

J’espère sincèrement que cet article vous aura plu.
C’était une grande première et une expérience nouvelle pour moi.
Si vous avez besoin d’infos complémentaires ou autres renseignements, n’hésitez pas me solliciter via les commentaires.

Bon voyage…
Bonne nuit…

—-

De temps à autre, les lecteurs de ce blog s’invitent pour écrire leur passion de la culture geek à la culture tout court. Tel Nicolas Bargibant qui pour une première s’attelle à vous restituer Le voyage au bout de la nuit de Céline ainsi que son impact sur la culture populaire voire sur sa vie !

La BO du jour : un juif admirateur de Céline ? Oui, et c’était pas le moins doué avec les mots !

26 comments

  • midnighter  

    si je m’ attendais à trouver du céline sur le blog…
    bravo, chapeau, félicitations…

  • Présence  

    Alors là toutes mes félicitations pour ce démarrage en fanfare.

    Bienvenu sur le site Nicolas.

    Oui, cet article m’a plu alors malgré mon absence de curiosité pour cette œuvre dont je n’ai même pas cherché à lire son adaptation par Tardi, auteur que j’aime pourtant beaucoup. Ton article parvient à dérouler l’intrigue de manière fluide (condition sine qua non pour qu’un néophyte comme moi puisse comprendre quelque chose), à mettre en lumière les thèmes abordés pour montrer la profondeur de l’œuvre, à la contextualiser vis-à-vis de la vie de l’auteur, et à transmettre ta passion. A la fin de l’article, j’en suis sorti avec la conviction qu’il y a encore bien plus à découvrir dans ce livre, comme tu l’indiques.

    J’ai également beaucoup apprécié l’iconographie qui permet de se faire une idée de ce qu’était la banlieue à l’époque, ou de voir la réalité du travail à la chaîne.

    Puisque tu invites à poser des questions, plutôt que de chercher par moi-même, je me demandais si Céline avait lui aussi effectué un séjour aux États-Unis.

  • Eddy Vanleffe  

    Bravo bel article sur un roman si remarqué…
    Je suis désolé d’être passé à côté, je lisais Vallès…

  • Nico  

    Bonjour Présence et merci pour ton retour.

    Cela me fait vraiment plaisir que l’article t’ai intéressé, d’autant plus que c’est une experience vraiment inédite pour moi.
    Il est vrai que le voyage touche à de nombreuses thématiques qui permettent de mieux se rendre compte de ce qu’était le France et le monde à cette époque, au point de vue social, travail, colonialisme….cet aspect témoignage d’une époque fait partie d’une des multiples facettes de ce livre qui m’ont séduit.

    Pour répondre à ta question, le docteur Destouches est bien allé aux USA lorsqu’il travaillait pour la société des nations dans le cadre de la création d’un réseaux mondial de bureaux de renseignements épidémiologiques si mes souvenirs sont bons.
    Il y rencontrera rapidement le président de l’époque, Calvin Coolidge et visitera également les usines Ford de Détroit.
    Son avis sur le Fordisme à ce moment est différent de la façon dont il le critiquera dans le voyage.
    Il trouvait que, d’un point de vue sanitaire, il était positif que les gens aient du travail, même si celui ci était aliénant.

    N’hésite pas si tu as d’autres questions.

    Merci encore 🙂

    • Vigematt  

      Très bel article en effet, merci et félicitation à Nicolas pour ce « travail », Belle critique

      • Nico  

        Merci Matt, c’est sympa d’avoir pris le temps de me lire….Je t’appel bientôt. Prenez soin de vous 🙂

  • Jyrille  

    Bravo Nico pour ce premier article (parce que du coup on en espère d’autres…) ! Et merci Bruce pour ouvrir encore plus le blog en parlant aujourd’hui d’un livre majeur !

    J’ai encore une fois appris beaucoup de choses ici, car après avoir lu le Voyage, j’ai ressenti les mêmes sentiments de puissance que toi, mais je n’ai pas eu l’envie d’aller voir ce que cachait l’auteur. Comme je le disais hier, j’ai annoté mon édition et j’y suis souvent retourné pour y lire quelques passages, mais je n’ai pas eu le courage de tout relire. A voir ton résumé, je trouve que l’histoire n’est toujours pas très captivante. Par contre elle sert totalement le propos misanthrope de son auteur, passant partout, dans des environnements disparates, où jamais la noblesse, le partage, l’altruisme n’apparaissent. Au fait, j’aime également beaucoup John Fante, j’ai lu Kerouac (plus tard), un peu Gibson et tout Castaneda ou presque… Mais j’ai encore maintenant d’énormes lacunes en classiques.

    Alors que j’adorai les Doors, je ne savais vraiment pas que End of the night venait de là. Je ne connaissais rien des anecdotes dont tu parles (et qui sont savoureuses), je vais me réécouter Thiéfaine ! Cela dit, tout ceci ne m’étonne pas tant l’image célinienne peut être aussi romantique et désespérée que le mouvement gothique inspiré par Oscar Wilde, Poe et Baudelaire.

    Je suis atterré par les images de la banlieue parisienne. Je ne me souviens pas avoir vu ça dans mes manuels d’histoire.

    Merci beaucoup Nico !

    La BO ? Darc sonne ici comme l’inspirateur numéro 1 de Raphaël, le chanteur…

  • Nico  

    @Midnighter: Merci 🙂

    @Eddy Vanleffe : Merci pour ton commentaire. Un ami me parle souvent de Vallès et ça a l’air d’être très bon également.

    @Jyrille: Merci beaucoup….j’ai eu un bon coach 🙂

    Je suis d’accord avec toi que l’histoire n’est pas des plus captivantes…mais le côté témoignage d’une époque pas très rose et surtout le Style m’ont réelement captivé…

    John Fante est à mon sens un des meilleurs écrivain américain….son fils Dan Fante a écrit également de très beaux livres dans un registre différent….assez trash (on sent vraiment l’influence de Bukowski) mais plein d’humour, de beauté et de références au père. Si tu ne connais pas, je te conseil vivement « Dommages collatéraux, l’héritage de John Fante » aux éditions 13E note….un bijou!!!

    Kerouac reste pour moi une référence pour son amour, sa poésie, son sens de l’Amitié et sa soif de liberté.

    Gibson, j’en ai lu quelques uns mais son style froid a fini par me lasser…néanmoins, il reste pour moi le meilleur dans sa partie.

    Castaneda….a été une énorme claque littéraire et spirituelle. Par contre, il vaut mieux éviter de creuser sur la personalité de Don Carlos…comme pour de nombreux artistes…

    Les réfèrences à LFC chez les musiciens, écrivains; etc sont tellement nombreuses qu’il est difficile d’être exhaustif…et j’en apprends de nouvelles règulierement.

    En tout cas, je suis vraiment content que l’article te plaise.

    A bientôt.

  • Tornado  

    En apprenant qu’il y aurait un article directement dédié au roman originel (une première sur le blog, me semble-t-il), je me suis tout de suite demandé quelle forme il allait revêtir. Quels scans pouvaient bien illustrer un tel article provenant d’un livre sans images ? Du coup, j’ai particulièrement apprécié le choix des images d’archives (qui font sacrément bien l’affaire) ainsi que les références finales aux artistes influencés par le Voyage.
    Merci à Nico d’avoir ouvert cette brèche au sein de ce monde de geeks. J’ai, pour le coup, envie de m’y précipiter ! Avis à Bruce 🙂

  • Eddy Vanleffe  

    @Nico:
    tout ça c’est des parcours de vie, j’ai lue facilement Vallès, je suis passé à Cavanna, j’ai oublié Céline (dont je voulais m’offrir les versions de Tardi..) mais il n’est jamais trop tard à priori.

    @Tornado: brèche pas tant que ça. Si l’on considère le style de céline où l’image a son importance et avec cette ponctuation si célèbre emplie de suspension ou d’exclamation faisant donc la part belle à l’oralité. N’est on pas dans une narration tirant vers la BD ?

    • Jyrille  

      D’ailleurs je n’avais jamais fait attention à cette histoire de points de suspension. C’est vrai que j’avais remarqué les points d’exclamation par contre, c’est une littérature vivante et bien éloignée du classicisme, donc oui, tu as sans doute raison Eddy, on glisse déjà vers la bd et l’oralité.

      @Nico : de Castaneda je n’ai lu que les quatre ou six livres sur le sorcier yaqui, et je sais que le type était bizarre (inviter un journaliste pour une interview et finalement passer son temps à être son serveur sans jamais se manifester comme étant Castaneda) mais pas plus que ça. De Gibson, je n’ai rien compris ou presque à Neuromancien mais les quelques nouvelles que j’ai lues de lui sont bien. Un précurseur du cyberpunk pour sûr. En SF, je suis en train de lire (plus que 150 pages) La Horde du Contrevent de Alain Damasio et je le conseille à toutes et tous. Je n’ai pas encore lu son adaptation BD (tout comme je n’ai pas acheté l’adaptation d’Elric) mais je suis tout de même tenté. Pas lu le fils de Fante, merci pour la référence. Quant à Kerouac, je n’ai lu que Sur la route qui m’a gonflé malgré la jolie plume. Et Acid Test de Tom Wolfe sur la période suivante de tout ce beau beat monde…

      Il est clair que pour moi, lire un livre est avant tout question de style. Les polars tous écrits pareils me fatiguent, ce sont des épisodes de série télé rédigés. Alors que Madame Bovary de Flaubert m’a mis par terre. Je suis fan de John Fante, Brett Easton Ellis, Desproges, Philip K. Dick…

      • Nico  

        Tout à fait d’accord avec Eddy, l’oralité de l’oeuvre de Céline prédisposait des adaptations BD.

        A ma connaissance d’ailleurs, Céline ne lisait pas de BD, si ce n’est quelques illustrés dans sa jeunesse. Par contre, il a dit à sa fille qu’il avait illustré des livres, dont des ouvrages d’occultisme de Papus. Cela n’as pas put être encore vérifié.

        @Jyrille
        Je ne connais pas Damasio, je vais y jeter un oeil car celà fait bien longtemps que je n’ai pas lu de SF.
        Sinon c’est cool que tu sois fan de John Fante, je me sens moins seul!!!
        Je ne sais pas si tu est au courant mais Yvan Attal est en train d’adapter « Mon chien stupide » pour le théatre. J’aime pas trop Attal mais sur ce coup, il est en train de remonter dans mon estime 😉
        Brett Easton Ellis….quel dommage qu’il n’écrive plus…Glamorama à été une sacrée claque….si sombre, gore, angoissant et drôle en même temps…

  • Nico  

    Merci beaucoup de ton retour Tornado 🙂
    Il est vrai que le choix des scans dans ce cas n’est pas une mince affaire.
    Heureusement, l’histoire de ce livre présente de fortes similitude avec la vie de son auteur ce qui m’as facilité la tâche…
    J’ ai ouvert la brèche mais c’est Bruce qui m’as offert la pioche 🙂

  • Bruce lit  

    @Cyrille : Daniel Darc = Raphaël ?
    Mais tu n’as pas tort même si je ne l’aime pas bcp. Ceci dit il signa en son temps une très belle reprise de L’apiculteur de Bashung.

    @Nicolas : Welcome to the machine.
    Quel plaisir de te guider tout au long de cet article au bout de la nuit et au fil de ton enthousiasme. Tu as très bien résumé les épisodes principaux du voyage. Effectivement l’histoire est moins importante que la manière de la raconter. Pour ma part j’adore la 1ère partie à la guerre où Bardamu transporte son bardas tel un candide dans les tranchées. Je garde un très faible souvenir du voyage en Afrique et celui à NY. Je préfère la description désespérée de la vie en banlieue. Le voyage, pour moi c’est enfin l’ouverture et la fermeture de roman la plus célèbre, la plus redoutable.
    Puisque on est dans les questions, quelle est pour toi la part réelle et fantasmée de Céline durant la Collaboration ?

    @Tornado : A quoi penserais-tu ?

    • Tornado  

      Tu as déjà fait Camus et moi, Maupassant. Je penche alors pour Albert Cohen. Belle du Seigneur est fait pour t’intéresser, en plus, puisqu’il s’agit de l’un des plus grands romans ayant pour toile de fond la montée de l’antisémitisme en Europe.

    • Nico  

      @Bruce
      Merci de m’avoir accordé ta confiance.
      La description de la vie en banlieue est également l’épisode qui m’as le plus marqué du fait que je connais particulièrement bien les villes et les quartiers cités.
      La fin de ce roman, à mon sens, compte parmi les plus belles pages de LFC…elle est vraiment vertigineuse. Ces deux phrases, je peux les relire encore, encore et encore. Pour moi, c’est tout simplement du Génie!!!

      • Nico  

        @Bruce again.
        Ta question est bien complexe….
        On sait que Céline à été très proche de certains dignitaires nazi pendant la seconde guerre mondiale…comme beaucoup d’autres artistes. Certaines personnes aujourd’hui disent qu’il aurait dénoncé des juifs et des résistants (ça a fait les gros titres)…mais les spécialistes de la question n’ont pas trouvés une seule preuve (ça, par contre, ça n’as pas fait les gros titres…). Sans vouloir le défendre, il faut remettre tout ça dans le contexte de l’époque: l’antisémitisme était alors très répandu (pour rappel Jean Jaurès a lui même eu sa période…). Céline n’aurais pas écrit ses pamphlets, il n’aurais jamais été inquiété après la libération.
        Tiens, pour la petite histoire, De Gaulle voulait le faire exécuter mais à son procès, il s’est présenté comme le docteur Destouche, simple médecin, et non comme Louis Ferdinand Céline le pamphlétaire.
        Je m’emmêle les pinceaux, désolé. Question trop complexe patron….je préfère botter en touche…

        • Bruce lit  

          @Nicolas : botter en touche pour le dr Destouches, c’est presque normal. S’exprimer avec nuances sur la tragédie de cette époque est délicat, spécialement sur internet. Il est des conversations qu’il est plus aisé de tenir entre amis en vrai (je n’aime pas débattre avec des inconnus le plus souvent sur des sujets si sensibles. J’aime les relations affectives durant les engueulades qui permettent de pardonner ou provoquer. Avec des inconnus, ça n’a aucun intérêt à mes yeux).
          Je vais donner mon opinion sur le sujet, n’étant pas Célinophile, n’ayant ni lu les Pamphlets, ni les accusations de collaboration.
          Je dirais que l’antisémitisme de Céline n’a rien d’exceptionnel avant la guerre, la liste est trop vaste de grandes figures ayant succombé à cette idiotie. Par contre, Céline a survécu 15 ans à la Shoah, et là, l’absence de prise de recul, de remords ou de regrets, ça à mes yeux reste une pièce à charge qui témoigne au mieux de sa folie au pire de son racisme affligeant.
          C’est ce qui fait à l’inverse la grandeur d’un Hergé capable de mea culpa sur son oeuvre.

  • JP Nguyen  

    Tiens, il y a quelques semaines, ils reparlaient de publier les écrits antisémites de Céline, avec un éditorial explicatif qui replacerait les choses dans leur contexte. Il y a eu une polémique et finalement l’éditeur s’est dégonflé.
    Pour ma part, je trouve que la publication avec le contenu éditorial complémentaire aurait été préférable…
    Ceci dit, le passage cité dans l’article ne m’émeut pas vraiment. En fait, autant je peux parler de BD et de dessins, autant j’ai du mal à pointer exactement ce qui me plait ou déplait dans un style d’écriture…

    • Nico  

      @JP Nguyen
      Merci pour ton retour. Personnellement, je trouve que ce passage est à tomber. Après, je comprends tout à fait que l’on ne puisse pas accrocher. Pour tout te dire, j’ai longuement hésité à mettre ce pavé….ça n’as pas été simple. J’ai pensé à faire des coupes…pas possible; je ne pouvais vraiment pas…. J’ai donc décidé de laisser l’intégralité de ce bel hommage aux danseuses et aux femmes.
      La citation de ce passage était surtout pour montrer que ses pamphlets, aussi nauséabonds soient ils, contiennent de vraies belles pages de Littérature.

  • Bruce lit  

    Pour rebondir sur les propos de JP, j’ai trouvé très pertinente ta démarche de citer ce très bel hommage aux danseuses issu d’un texte sulfureux. L’art de souffler le putride et le sublime.

    • Jyrille  

      Je n’ai pas lu l’ouvrage dont est tiré l’extrait sur les danseuses mais je l’ai trouvé très beau, ce passage.

  • OmacSpyder  

    Et bien bravo pour cette entrée en scène avec un morceau aussi consistant que ce Voyage..!
    Le style de Céline est à n’en pas douter ce qui fait sa force, ce souffle, cette respiration, cette oralité en effet… Je ne l’avais pas pensé ainsi mais l’article le rend assez évident.
    Dans sa correspondance avec Gallimard, le ton acerbe et courtois est là aussi précieux à lire. Je découvre d’ailleurs qu’il inventa lui-même le blah blah dont il ponctuait ses échanges épistolaires qui montraient au demeurant l’image haute de Céline envers lui-même. Je me suis parfois demandé s’il n’y avait pas une sorte de jeu sous forme de joute entre les deux, ou si ces échanges étaient à prendre… au pied de la lettre?^^
    J’imagine à l’heure actuelle une telle correspondance …
    Enfin voilà, on est ici loin du blah blah puisqu’on sent à quel point ce roman, comme il en est de certaines lectures, change nos vies…
    J’avais oublié que Céline avait dirigé une Clinique psychiatrique… On en sait davantage sur cet épisode..?

    A l’heure du blah blah récurrent, relire ces textes, et de tels articles authentiques à leur propos, fait un bien fou. Alors merci Nicolas. Ou Célinocas..! 😉

    • Nico  

      @OmacSpyder
      Merci beaucoup c’est très gentil 🙂
      Dans se correspondance avec Gallimard, je pense qu’ils s’amusaient pas mal… Si tu as apprécié ces dernières, je ne peux que te conseiller « Lettres » aux éditions de la Pléiade…..2000 pages de correspondances de sa naissance à sa mort, un bijou, et une véritable mine d’or pour mieux connaitre le personnage…
      Céline n’as jamais dirigé de clinique psychiatrique, le » voyage » est inspiré de ses experiences mais n’est pas autobiographique. Il a été conseiller médical a la Société Des Nations, Docteur, visiteur médical et à même créé un médicament contre la maladie de Basedow, le Basedowine! Mais non, pas d’expériences spécifiques en psychiatrie…
      A bientôt.
      Célinocas 😉

  • matt & Maticien  

    Très bel article sur un roman fondateur qui m’a profondément marqué et peut être trop d’ailleurs.

    le relire une fois par an, je dis bravo car je me souviens que la lecture de ce texte n’est pas sans effet sur sur l’humeur.

    Je me demande comment Céline se situait dans les courants littéraires de son époque ? son oeuvre a tellement d’avance.

    • Nico  

      Merci beaucoup Matt.

      En ce qui me concerne, mes lectures régulières du voyage n impacte pas mon humeur.
      En fait, le style est tellement puissant chez Céline qu’il élève au delà du propos.
      Bon après c est sur que dans le genre joyeux, y a mieux :).
      Ce roman a été très bien accueilli par tout le milieu littéraire de l époque.
      Nombreux sont ceux qui ont essayé de copier le style du bonhomme sans jamais y arriver.
      Céline était très dur avec ses contemporains et détestait le copinage avec les autres écrivains.
      Il était unique et seul.
      Content que l article t ai intéressé en tout cas 🙂

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