CONFIDENCES (TRES CHER FRERE)

Très cher frère par Ryoko Ikeda

Cette missive sera paraphée par Eddy VANLEFFE

Un survol léger comme une plume du manga (ONIISAMA E) écrit et dessiné par Ryoko Ikeda, pré-publié dans le shôjô magazine Margaret de la société Shueisha durant l’année 1975 puis traduit en France chez Asuka en 2009.

Hé toi, dis-moi que tu m’aimes, j’ai besoin de romance.
©1975-2009-Shueisha-Asuka éditions

Mon cher Bruce,

J’ai pris la plume et t’adresse ce courrier, car j’ai deviné que derrière le regard ombrageux de cet éternel révolté écorché-ou écorché révolté, c’est comme tu le veux, se dissimulait une sensibilité à fleur de peau que représente notre part de féminité. Voilà je t’ai compris, parce que moi aussi je suis une femme…je le sais parce que parfois quand personne ne me regarde (et c’est souvent le cas dans cette situation) je m’assois pour faire pipi…C’est ma part de féminité feignasse à l’idée de devoir tout ressuyer quand j’ai mal visé.

Plus sérieusement, je t’écris pour te parler de ce Shôjô inconnu mais qui a fait tellement de bruit…
L’ignores-tu mon cher Brucie, lors du passage au Club Dorothée, à peine sept épisodes furent diffusés avant d’être saisis par le CSA outré devant tant d’ambiguïté. Mais alors où va le monde, monsieur, madame? je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu…

Ken le survivant lui a tenu plus de 100 épisodes… et Hélène et les garçons a pu aller jusqu’au bout, (oui, nous étions vraiment à bout!) le sang et la bêtise auront toujours une meilleur place à la télévision française que la réflexion et la poésie, il faut bien l’avouer.

Pour comprendre ce manga, il faut remonter le temps jusqu’à l’An 24. Non c’est inutile de regarder quel âge avait Jésus cette année-là, puisque c’est l’an 24 de l’ère Showa au Japon dont on parle, soit 1949. Cette année plus symbole qu’autre chose vit la naissance comme partout sur le globe, du baby-boom d’après-guerre portant en son sein tous les espoirs en l’avenir d’une génération ayant connu l’horreur de la guerre, le traumatisme de la bombe atomique et l’humiliation d’une occupation américaine sur son sol. Le temps d’obtenir leur majorité et la possibilité d’influer sur le monde, et nous voilà en plein à la jonction des années 1960 et 1970. Période de liberté et d’explosions des limites, toutes les limites.

Le vent de l’émancipation au Japon passe par une certaine occidentalisation de la mode. ©1975-Shueisha-Ryoko Ikeda

Le Shôjô manga s’il puise ses racines au début du XXème siècle avec des romancières comme Nobuko Yoshiya qui écrit déjà des histoires d’amours et d’amitiés, est un genre qui s’épuise durant le second conflit mondial ne ressurgissant qu’après la guerre, principalement sous la plume d’Osamu Tezuka. Il est en effet l’homme providentiel de la bande dessinée japonaise et esquisse à lui tout seul, les règles qui définiront cette industrie jusqu’aujourd’hui d’ailleurs. Il écrit donc parallèlement à ses shônen à succès que sont LE ROI LEO et ASTROBOY, des récit plus matures comme MW ou AYAKO, voire même des œuvres destinés aux jeunes filles comme PRINCESS SAPHIR où il codifie les base des formes définitives que prendront les shôjôs avec décors floraux, histoires sentimentales et épiques, mais aussi ce personnage récurrent de femme déguisée en homme qu’on retrouvera régulièrement après lui. Il laissera plusieurs assistants reprendre les rênes de ce genre de magazine comme Leiji Matsumo qui y trouvera sa figure de femme mystérieuse et élancée aux cils interminables développées plus tard sous les traits d’Emeraldas ou Maetel dans CAPTAIN HARLOCK (ALBATOR) et GALAXY EXPRESS 999.

Le shôjô sous cette forme ne pouvait que végéter avant qu’il ne fut justement repris en main par une poignée d’autrices débutantes nourries aux idées novatrices de leur temps: Le groupe de l’an 24. Fondé plus ou moins autour de Moto Hagio (dont seul un recueil de nouvelles, intitulé ANTHOLOGIE est parvenu jusqu’à nous en France) et de ses assistantes, un vrai élan de créativité va embraser le feu qui couvait sous les cendres d’un genre en sommeil. Parmi ces artistes, la plus célèbre en France sera Ryoko Ikeda qui trouvera une forme de consécration avec son sublime roman graphique fleuve: LA ROSE DE VERSAILLES, plus connu sous nos cieux depuis son adaptation en film par Jacques Demy sous le doux nom de LADY OSCAR. Pourtant il serait injuste de la limiter à cette œuvre, si importante soit-elle. Elle écrira un autre petit bijou, ambitieux, fondateur et inoubliable: TRES CHER FRERE.

Grâce, mode, passion et folie en une seule planche.
©1975-shueisha Ryoko Ikeda-2009-Asuka éditions.

La forme: dès les premières pages nous indique que l’on ne va pas lire un banal manga décrivant des jeunes filles effeuillant des marguerites impunément au mépris de la planète, c’est un manga épistolaire. En effet la protagoniste Nanako Misonoo est une jeune fille qui après ses cours d’été qui font transition avant la rentrée au lycée, s’entiche de son professeur et lui demande la permission de lui écrire comme s’il était son frère. Cédant à cette demande inhabituelle, Takehiko deviendra le témoin invisible des états d’âmes de la jeune fille. Conviant inconsciemment le lecteur avec lui, il lira la prose que la jeune fille lui envoie tout au long de cette histoire. Et des choses, elle en a à raconter.
Tu le sais bien «Brucichou», nous sommes bavardes.

Nanoko rentre donc au lycée SEIRAN, un lycée privé fort huppé, d’une réputation quasi aristocratique, promouvant les avancées sociales souvent vues alors au Japon des années 1970 comme de simples «occidentalisations» surtout pour les jeunes filles. Ainsi cet institut progressif n’impose pas les uniformes comme c’est le cas dans les établissements ordinaires. Un sentiment d’excitation presque comparable à de l’ivresse s’empare de Nanoko lorsqu’elle intègre son nouveau lycée.

A peine a-t-elle le temps de mettre le pied dans l’établissement qu’elle bouscule une autre élève. Nanoko en la voyant est littéralement subjugué par son élégance, son parfum et son regard. Elle qui est jusque-là qu’une écolière ordinaire, ne parvient pas à comprendre ce qui vient de se déclencher dans son cœur.

Mais quels tourment peuvent bien se cacher derrière quelques accords de guitares? ©1975-Shueisha-Ryoko Ikeda

Cette seule bousculade la propulsera dans les méandres d’un mélodrame shakespearien dont les émotions disproportionnées feront naître de véritables tempêtes de tourments dans les crânes de ces jeunes filles dont les âmes ne cesseront de s’écorcher aux barbelés de la réalité.

Rapidement la question du statut social des parents de Nanako seront la base de tout ce qui ne va pas dans l’établissement et par extension pour l’auteur, au Japon. D’un côté, le métier de de professeur universitaire de son père la propulse dans la ligne de mire de club de la «sororité» (contre-traduit en «fraternité» par Asuka, de quoi faire regretter le Club des roses de la version AB production), un club très select dirigé par la très admirée Fukiko Ichinomiya, triant sur le volet ses membres parmi les élèves les plus à même de pouvoir donner une image positive dans les domaines artistiques et intellectuels, futures élites du pays.Son «cabinet» est alors composé de filles exceptionnelles comme «Mona-lisa» qui porte ce surnom en raison de sa ressemblance avec le célèbre tableau. D’un autre côté, la jalousie naturellement attisée par sa mise lumière subite, met Nanako en difficulté par rapport aux autres élèves. La médisance et le mensonge lui feront perdre d’ailleurs sa seule amie d’enfance. Accablée et perdue elle fuira se réfugier de toute cette hostilité dans un débarras à l’écart où elle tombera sur les vers d’un poème de Verlaine gravés à même le mur: «Il pleure dans mon cœur/ Comme il pleut sur la ville/ Quelle est cette langueur/ Qui pénètre mon cœur?» Nanako trouve dans ces mots le puissant réconfort dont elle a besoin, comprenant alors que le local abandonné sert régulièrement d’abri à d’autres âmes esseulées. Lors de cette séquence, une pluie imaginaire inonde alors le paysage de la case faisant écho à la fois au quatrain et aux émotions de l’héroïne. Ryoko Ikeda déploie alors le langage bien spécifique du shôjô manga qui consiste à faire épouser les décors métaphoriques avec les émotions des personnages dans des cadres complètements explosés. A cet art, Ikeda n’a pas son pareil et elle parvient à rendre hommage ainsi à des mots écrits au bout du monde un siècle auparavant. La joie, le chagrin, la tristesse ou la colère se manifestent par tout un arsenal de procédés graphiques qui vont de la nature morte à la démultiplication d’un personnage ou d’une déchirure simulée dans la page en lieu et place d’une cicatrice bien réelle. Pour peu que l’on soit sensible à ce type de narration qui donne- il est vrai-le bâton à toutes les parodies satiriques depuis, on se retrouve régulièrement avec de vraies planches en forme de tableaux.

Plus forte, et poussée par sa nouvelle amie Shinobu, Nanoko intègre le club «sorority» où semble régner malgré un certain élitisme, une émulation à la fois dans la beauté et dans l’intellect. De plus cela lui permet de se rapprocher de l’inconnue du train:Rei Asaka, une étrange étudiante qui se fait appeler Saint-Just, référence aux lumières de la Révolution qui fascine tant l’autrice. Distante, charismatique, elle aime gentiment agrémenter les après-midi de ses camarades en jouant de la guitare. Sa lumière intérieure attitre malgré elle le papillon qu’est Nanako qui agit alors autant par instinct que par pure empathie, car elle devine rapidement les souffrances qui habitent celle qui devient comme son âme-sœur. Alors qu’elle se rapproche de son aînée, Nanako découvre l’univers impitoyable dans lequel cette dernière évolue. Complètement dévorée par des passions sombres qu’elle garde sous contrôle au moyen de tous les médicaments qu’elle trouve, Saint-Just ne profite de la lumière qu’en se dévouant totalement aux autres comme à la présidente du club, Fukiko qui sous ses airs de fille sage et raisonnée cache un esprit des plus retords et dont l’exigence mène au sadisme le plus pur. Saint-Just est également soutient de manière indéfectible de sa meilleure amie Kaoru Orihara, championne de basket qui a du redoubler sa seconde pour des raisons de santé l’année précédente.

Une amitié exclusive basée sur l’envie.
©1975-Shueisha-Ryoko-Ikeda/2009 Asuka éditions

L’année scolaire va donc égrener plusieurs péripéties auxquelles prendra part Nanako. S’il y avait un réel antagoniste à trouver dans TRES CHER FRERE, ce serait bien entendu la jalousie. Un sentiment affreux qui pourrira la vie de tous ceux qui y succombent.

En premier lieu Shinobu qui accapare Nanako de toute son affection, frisant le délire. Haïssant son père qui la déshonore en gagnant sa vie grâce à la littérature érotique, elle est prise d’une misandrie fanatique.Apprenant qu’elle écrit à un homme, elle ira jusqu’à retenir Nanako dans sa chambre contre son gré avant de finalement éclater en sanglots et de tout expliquer. C’est la compréhension de sa camarade qui l’amènera à baisser les barrières et accepter son amitié épistolaire avec le fameux «frère fantôme». Au cours d’une sortie au parc avec ce dernier, Shinobu fera la connaissance du meilleur ami de ce dernier, qui se donnera la mission d’apprivoiser ce petit animal sauvage.

La jalousie est aussi le lien qui unit frénétiquement Fukiko et Saint-Just, en fait demi-sœurs. Saint-Just cherchant toujours à obtenir l’approbation et la légitimité auprès de celle qu’elle admire tout autant qu’elle envie. De son coté, victime de son propre caractère élitiste, Fukiko ne peut se résoudre à témoigner la moindre affection pour sa sœur «bâtarde», rabaissant le prestige de sa famille. Elle est pourtant d’une possessivité dévorante pour sa cadette, contrôlant la moindre de ses relations. Fukiko va jusqu’à intégrer Nanako dans le seul but de la rabaisser afin de diminuer l’estime que lui porte Saint-Just. Fukiko est aussi la seule détentrice à Seiran, du secret que tous ignorent: Les Origines de Nanako à savoir qu’elle connaît la première famille du père de cette dernière, et surtout le fils qu’il avait déjà d’un premier mariage. La furie tentera de se servir de ces informations pour détruire tout lien que pourraient avoir Saint-Just, Kaoru qui s’était éprise de ce mystérieux jeune homme. Prête à révéler le divorce tabou du père Nanako, elle va porter directement atteinte à la réputation de sa mère et éclabousser Nanako. Vous l’aurez compris Fukiko n’est ni plus ni moins que l’ancêtre vivant de Twitter.

L’amour, la pluie, la jalousie…
© 1975-Shueisha-Ryoko-Ikeda

Par jalousie encore, ce grand frère surgi de nulle part, n’a pas accepté le divorce et a rejeté son père. Une jalousie qu’adulte le jeune homme regrette à chaque instant. Heureusement, il aura l’occasion de pouvoir remédier à cela et de se rapprocher de Nanako au moyen d’une coïncidence des plus théâtrales que ne renierait pas Molière.

Mais ne nous attardons surtout pas sur l’une des seules intrigues à avoir un dénouement heureux. Le tourbillon de haine qui souffle sur les protagonistes finira par emporter certains.

Ryoko Ikeda fait planer également l’omniprésente ombre de la mort dans un contexte scolaire carrefour des paradoxes. Comment des êtres en construction peuvent-ils se faire souffrir autant jusqu’à l’issue fatale?Ainsi la maladie, la dépression se marient avec une forme de spleen souvent réservés aux poètes français qui l’on aura deviné, auront grandement inspiré Ikeda. Nanako finira l’année partagée entre le bonheur d’une famille retrouvée et le chagrin insondable de la perte d’un amour pur et sincère.

Fukiko perdra son «club» au terme d’une campagne de vote menée conjointement par Kaoru et Saint-Just qui veulent mettre fin à cette politique de caste et rétablir un climat d’égalité dans l’enseignement du Lycée seiran. Elle perdra d’avantage encore et finira seule. Kaoru malade, met fin à ses études pour profiter de la vie auprès de l’homme qu’elle avait d’abord rejeté par peur de son regard.

Au cœur de tout ça, le destin de Saint-Just, évidemment, personnage aussi sombre que lumineux, ambiguë dans chacune de ses paroles, de ses réactions et aussi de ses actes…

Voilà. Tu l’auras compris ma chère Brucelisabeth, Ryoko Ikeda, dans un format empruntant tant à la littérature qu’aux estampes, enveloppe un récit à la fois dense et aéré. Superficiel et profond. Le devenir adulte bien entendu, mais pas seulement. Très cher frère est une charge contre la société de caste encore vivace au japon, professant une libertéde vivre dans toute sa fureur et sa beauté, mais aussi dans toute sa mélancolie.

L’homosexualité est à la fois abordée de manière totalement franche et frontale sans que cela soit particulièrement nommé une seule fois tout au long du récit. Ce n’est certes pas un oubli. Peut-être le contexte éditorial japonais des années 70 n’a-t-il pas permis que certains détails soient mentionnés, néanmoins Ikeda se concentre sur une relation amoureuse emplie de passion qu’on aurait du mal à feindre de croire sororal, surtout mise en parallèle avec l’affection qui lie Nanako à son correspondant masculin Takehiko, qui elle, est tout à fait fraternelle. Shinobu quant à elle est perdue en effet. Si son rejet fanatique du masculin lui fait prendre un chemin lesbien, il n’en est finalement rien, une fois qu’elle ait fait la paix avec sa colère. A aucun moment le manga nous assène un message de société préférant nous décrire la passion sous plusieurs formes dans toute sa puissance mais aussi dans toute sa dévastation.

C’est beau mais ça spoile.
© 1975-Shueisha-Ryoko-Ikeda

Pourtant une certaine forme de paix clôt le récit. A l’image de la floraison des cerisiers, belle, fulgurante, le symbole de cette période de vie qu’est la jeunesse intense se montre d’une beauté sauvage mais aussi brève et sans lendemain.

Je vais à mon tour devoir te laisser ma poule en te souhaitant une bonne continuation, toi mon ami fantomatique. Je suis venu à bout de ce monument du shôjô manga, celui qui fut frondeur et fondateur et dont on a aujourd’hui oublié, derrière les milliers de «magical-girl» qu’il fut le fleuron d’une école, aspirant à la beauté et la liberté et s’inspirant des plus grands esprits littéraires.

Je te prie donc d’agréer l’expression de mes sentiments les plus sincères.


En BO

13 comments

  • Présence  

    J’avoue tout : je ne m’étais pas intéressé à la carrière de Ryoko Ikeda ) à part La rose de Versailles. Ce manga est donc une totale découverte pour moi. J’ai beaucoup aimé le paragraphe sur le shōjo et les informations sur le rôle d’Osamu Tezuka dans le retour du genre sur le devant de la scène manga. Merci également pour la présentation du groupe de l’An 24 dont j’ignorais totalement l’existence.

    Les méandres d’un mélodrame shakespearien dont les émotions disproportionnées feront naître de véritables tempêtes de tourments : cette formulation fait remonter en moi le ressenti lors de la lecture de ce type de manga, un malaise insistant à subir ces émotions si puissantes, et si bien transcrites, entre manipulations sadiques quasi inconscientes, et impossibilité de se maîtriser, de résister à la force de l’émotion.

    Ryoko Ikeda déploie alors le langage bien spécifique du shôjô manga qui consiste à faire épouser les décors métaphoriques avec les émotions des personnages dans des cadres complètements explosés. – Aaaaah… ces fleurs, ces éclats de lumière, ces yeux chargés d’humidité, cette douceur féminine… et cette cruauté féminine…

    Ryoko Ikeda, dans un format empruntant tant à la littérature qu’aux estampes, enveloppe un récit à la fois dense et aéré. – A nouveau, tu sais exprimer mon ressenti : une intrigue très dense, très enchevêtrée, et pourtant des pages qui semblent vides, qui se tournent à vitesse grand V, quel paradoxe narratif.

    Superbe lettre (et non je ne suis pas jaloux du tout que tu l’ais adressée à Bruce plutôt qu’à moi 😀 ).

  • Manu  

    D’un côté j’étais plié de rire par la forme de la lettre ( Brucichou : du génie!). De l’autre je suis totalement client de ce genre de manga. Du romantisme aux pulsions de souffrances malgré les protagonistes et le lecteur, c’est du grand art, surtout vu le contexte social décrit. Bravo mec!!

  • JP Nguyen  

    Cher Eddy,

    Je suis trop jaloux de votre relation privilégiée avec Bruce, qui vous autorise à l’appeler par des surnoms tellement choupinets. Jaloux aussi de votre belle inspiration pour vanter sous un format original et adapté les qualités de ce manga. Atteint de flemmitude, je n’ai pas consulté wikipedia : c’est un one-shot ? Combien de tomes sinon ? Nonobstant, si ma prime jeunesse m’a exposé aux dessins animés de Candy et Lady Oscar, je ne suis pas sûr de vouloir retrouver toutes ces intrigues et ces drames. Je salue cet article remarquable à plus d’un titre, et notamment par votre choix de BO, symbole de votre esprit rebelle, avec un groupe qui n’est pas en odeur de sainteté chez le Boss…

    Vachement très cordialement,

    JP

  • Kaori  

    Encore un article qui m’aura bien fait rire tout en m’ayant tenu en haleine. J’avoue avoir refait plusieurs fois machine arrière car j’avais oublié qui était Fukiko, Kaoru et Shinogu…
    Magnifique spoile, au passage, qui répond à une de mes questions.
    Je ne connaissais pas le terme de misandrie. Ni le groupe de l’An 24. Je pensais même que ça faisait partie de la blague ^^;

    Concernant ce type de récit, j’ai un gros problème visuel : un mal fou à distinguer les protagonistes et leur identité sexuelle. Bon, tu me diras, je suppose qu’on s’y retrouve à un moment ou à un autre…

    Je n’ai jamais lu de roman de Ryoko Ikeda. Par contre, j’ai regardé l’intégralité de la série Lady Oscar. Cette époque naïve où je croyais que tous les dessins animés finissaient bien. Ben oui, Princesse Sarah redevient riche et part pour les Indes, adoptée, et Rémi se trouve une nouvelle famille. Heïdi guérit et sa copine retrouve la marche. Tout finissait toujours bien. Pour Lady Oscar, j’y croyais, surtout que c’est le contraire, tout va plutôt bien durant les 3/4 de l’histoire… C’est quand André a perdu son oeil que je me suis dit « y a un loup… ». Après ce fut une plongée dans les ténèbres les plus totales, avec pourtant un épisode final qui ouvre sur l’espoir. Même si à côté de ça….
    Mais non, c’est bon, je suis vaccinée contre ce genre de trames/drames, surtout ce qui peut rappeler la douce époque de l’adolescence, où toutes les filles se font de belles crasses à coup de ciseaux, de chewing-gums et d’humiliations publiques.
    Mais je suis ravie que tu nous aies parlé de ce manga si particulier au titre tout à fait mensonger ! J’étais persuadée que l’animé avait créé le scandale parce que incestueux ! Alors c’était quoi le problème ? L’homosexualité sous-jacente ? Y a un épisode de Ranma qui a été complètement détourné pour ne pas aborder ce sujet. Une fille amoureuse et obsédée par Adeline. En VF ils ont inventé une histoire de frères pour justifier qu’elle voulait une soeur…..

    Je plussoie le commentaire de JP (très drôle également !!) concernant le choix de la BO 😀 .

    Quant à moi : je suis jalouse de ta créativité qui te fait toujours te réinventer pour rendre tes articles drôles et intéressants !

  • Tornado  

    Autant je ne suis pas du tout intéressé par la BD, autant je me suis fait avoir par l’article. J’ai commencé à lire distraitement les premières lignes et le parti-pris rigolo suivi de la mise au point historique du médium m’ont happés malgré moi !

    Ah, et + 1 pour la BO ! 😉

  • Eddy Vanleffe  

    Et bien merci à tous.
    Je suis vraiment devenu après tout ce temps assez fier de pouvoir vous amuser suffisamment et de vous intéresser jusqu’au bout…
    le shojo des seventies, c’est casse gueule et pourtant c’est si riche, j’espère pourvoir vous parler de Moto Hagio, mais pour ça il va falloir que je devienne pertinent sur l’autrice…
    le groupe de l’an fut un moteur important et un essor féminin pour la bd mondiale, sans qu’on en sache rien ici… c’est dommage.
    JP, TRES CHER FRERE est un un seul tome.
    la série bien qu’édulcorée fut déprogrammée par le CSA plus vite que la lumière en raison de personnages homosexuels trop graphiques et en plus assez associé à une certaine cruauté dérangeante…
    La vérité est tout autre, c’est une belle histoire poétique et dramatique.

    Kaori, je te rassure on est pas perdu en cours de lecture, c’est plutôt simple…
    Candy était plus écrit pour un public plus jeune mais il va de soi que le jours où les droits entre les ayants droits se débloquent, je me ferais cette série. J’ai déjà Lady Georgie, et j’adore… Yumiko Igarashi possède un dessin somptueux, très Jane Austen…
    On me dit souvent en ce moment qu’un homme ne peut être féministe sans être en fait un être toxique camouflé…je ne cherche même pas à argumenter sur des propos haineux et je ne cherche certainement plus à parler de féminisme… non j’ai compris qu’il valait mieux être « féminin » que « féministe »…
    J’adore leurs œuvres. point!

    • Eddy Vanleffe  

      merci également Présence pour ton compte rendu, je suis très touché que tu puisses trouver autant de qualité dans mes efforts…
      Je le dis pas souvent, mais vos articles sont un peu les modèles sur lesquels je me base, le pointu et la clarté de Présence, La côté Frondeur et militant de Bruce t Tornado, l’implication émotionnelle de Matt ou Kaori, JP est son humour bienveillant qui sait sortir les griffes. l’imagination de Jyrille. l’éclectisme de Manu, Le Japon de Patrick^^ tout quoi girls and boys!

      • JP Nguyen  

        Ah merde, je croyais que t’étais humain, Eddy, mais en fait, t’es le super-adaptoïde !

      • Bruce lit  

        Militant, moi ? Mais ça va pas la tête ???

    • Bruce lit  

      Sire Vanleffe
      Je suis plus qu’honoré (de Balzac) de cette missive passionnée et souvent passionnante. Ces estampes japonaises sont plus qu’à mon gout et de savoir l’héritage de Maîstre Tezuka ainsi respecté ne peut que participer à mon envie de dévoration gouteuse de cet ouvrage que j’espère encore disponible dans nos contrées.
      J’aime aussi le drama et le romantisme et tout ceci-cela me donne envie de fricoter.
      Un presque sans faute si cette petite mélodie n’était pas gâchée par cet ignoble troubadour que la reine n’a pas pu sauver.
      Ces liaisons dangereuses avec l’empereur du mauvais gout vous coutera un baiser….

    • Kaori  

      Je suis assez effarée de lire ces propos sur les hommes féministes… Avec qui as-tu ce genre de conversations ??

      Sinon, je pense qu’effectivement on a tous plus ou moins une part de féminité et de masculinité.
      Ici je n’ai jamais pu supporter tous les Candys, Gwendolyne, Georgie et cie… je préférais les terrains de foot d’Olive et Tom. Je ne m’y retrouvais pas. Peut-être trop différentes de moi ? Je ne sais pas. C’est bizarre car j’ai quand même un très gros côté fleur bleue !
      Donc sur un tome, ça peut se tenter, comme lecture, ne serait-ce que pour me faire mon propre avis…
      Tu as lu la Rose de Versailles ? Tu nous fais un article dessus ? 😀 . Parce que là, pour le coup, je me sentais assez proche d’Oscar ! J’ai vraiment bien aimé (le DA, hein… je n’ai pas lu le manga).

      Et merci pour les compliments. Pour ma part, je suis incapable de faire comme vous, même en essayant 🙂 . Donc bon, je fais juste ce que je sais faire !

  • Jyrille  

    Ah ah ah mais quelle magnifique entrée en matière ! Tu as raison, pour Bruce, et pour faire pipi assis (c’est aussi mon cas). Et puis tu cites Amoureux solitaires de Jacno et Lio et j’adore.

    Evidemment je n’ai jamais lu cet auteur ni entendu parler de ce manga.

    « Cette seule bousculade la propulsera dans les méandres d’un mélodrame shakespearien dont les émotions disproportionnées feront naître de véritables tempêtes de tourments dans les crânes de ces jeunes filles dont les âmes ne cesseront de s’écorcher aux barbelés de la réalité. » Quel style bon sang !!

    Je pensais que l’histoire parlerait de travestisme puisque le dessin rappelle beaucoup la Princesse Saphir (comme tu le soulignes) mais non. Ca a l’air bien. Il y a combien de tomes ?

    Merci Eddy d’avoir partagé ta correspondance avec nous et les petits noms de Bruce. C’était top.

    La BO : je kiffe.

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