Couleur Mantlo

Hulk par Bill Mantlo et Sal Buscema

Tu es fada, je crains degun, je vous prends tous ici, un par un !

Première publication le 25/08/14- Mise à jour le15/05/17

Par JP NGUYEN

VO : Marvel

VF : Lug

Cet article  couvre les épisodes 269 à 300 et Annual 12 de la série Incredible Hulk.

Les vieux fans français de comics se souviennent sans doute du Hulk intelligent de Peter David, dessiné par Dale Keown puis Gary Frank. Mais c’était dans les années 90.

Avant cela, le personnage avait déjà connu un passage où Bruce Banner contrôlait le colosse de jade.
C’était écrit par Bill Mantlo et dessiné (en majeure partie) par Sal Buscema. Bien que Bill Mantlo soit au scénario depuis le numéro 245, de son propre aveu, ses premières histoires s’apparentaient plutôt à du recyclage de vieilles intrigues. Ayant bien conscience de ne rien écrire de bien neuf, il obtint l’aval de son Editor, Al Milgrom, pour faire évoluer le personnage de Hulk.

Pas de pacotille, chemise ouverte…

Pas de pacotille, chemise ouverte…

Sur 32 épisodes, parus entre 1982 et 1984, et republiés depuis dans deux TPB (« Pardoned » et « Regression »), Mantlo narre la réhabilitation de Hulk puis son inévitable déchéance.

Grâce à un voyage dans l’espace et à une exposition massive à des radiations, le métabolisme de Hulk est transformé et Bruce Banner parvient à garder le contrôle de ses actes, même sous la forme du titan vert. Il va dans un premier temps chercher à obtenir l’amnistie pour tous les dommages causés par Hulk en sollicitant l’appui de la communauté super-héroïque (après un inévitable quiproquo) pour soutenir sa démarche auprès de la Maison Blanche.

Viens avec moi, on va se filer, Tête à tête je vais te fumer derrière les cyprès.

Viens avec moi, on va se filer, Tête à tête je vais te fumer derrière les cyprès.

Après avoir obtenu le pardon présidentiel, Hulk déjoue une attaque de soucoupes volantes sur New York City et une conspiration du Leader, gagnant ainsi la reconnaissance et l’admiration de ses pairs. Refusant l’invitation des Vengeurs à rejoindre leurs rangs, Banner se consacre à la recherche scientifique, en particulier sur une thérapie miracle à base de… rayons Gamma.

Surviennent alors les guerres secrètes, puis l’enlèvement de sa fiancé, l’échec catastrophique de ses recherches, le tout aggravé par les machinations du démon Cauchemar qui réveille la bête sauvage qui restait tapie dans son esprit. Banner perd alors totalement le contrôle de Hulk, qui devient une bête furieuse qui va semer le chaos dans New York , malgré les efforts de moult super-héros pour l’arrêter.

Cousine, tu danses ou je t’explose ?

Cousine, tu danses ou je t’explose ?

Le Docteur Strange va alors prendre la décision drastique d’expulser Hulk dans une dimension magique pour l’empêcher de nuire (inspiration à suivre pour les déchets nucléaires ?)

Disons le tout de suite, ces épisodes sont bourrés de défauts : des dessins parfois très bof, dans un style plutôt fruste, des dialogues et des bulles de pensées peu digestes, des ficelles scénaristiques parfois assez grossières. Et pourtant, à la lecture, on peut se laisser prendre au charme, se replonger dans cette ère particulière de Marvel, où la notion d’univers partagé était vraiment exploitée et où la décompression des intrigues n’était pas encore de mise.

Fist, t’y as aucune chance !

Fist, t’y as aucune chance !

Evidemment, il faut pouvoir supporter la galerie de méchants bigarrés auxquels Hulk se confronte : les Hulk-Hunters, l’Abomination, Wendigo, le Leader, les U-Foes, MODOK, le Cirque du Crime, Boomerang, Cauchemar… On est très souvent dans le kitch…

Mantlo transforme le statuquo de la série en renouvelant le supporting cast. Exit Betty Ross (qui ne veut pas d’un Hulk intelligent seulement d’un Banner totalement « guéri ») et Rick Jones (si Hulk n’est plus un paria, quel rôle peut jouer Rick ?) , remplacés par Berett (une alien filmant la vie de Hulk pour en tirer des films cosmiques à succès) et le docteur Kate Waynesboro (qui se révèle être une agent du Shield).

La piste s'enflammait et tous les yeux convergeaient

On monte sur les tables, on lève les bras bien haut

Le général Ross a droit à un chapitre dédié pour apporter un point « final » à son histoire (avec un Hulk réhabilité, il perd sa raison de vivre).

Mantlo soumet aussi son personnage principal à plusieurs questions existentielles : Banner souhaite-t-il vraiment redevenir un simple humain ? doté d’intelligence mais privé de sa rage primaire, Hulk est-il encore « l’être le plus fort sur Terre » ? comment Banner-Hulk peut-il racheter ses fautes après des années de destruction et de colère aveugle ? Un questionnement intéressant mais pas toujours traité dans la finesse, Banner s’interrogeant sur sa monstruosité faisant souvent échos aux jérémiades sur son humanité perdue dont ROM était coutumier…

 Réhabilité, heureux…« C’était vraiment trop beau… » pour durer

Réhabilité, heureux…« C’était vraiment trop beau… » pour durer

Tout de même, l’ambition de faire sortir Hulk de la spirale « je veux redevenir normal mais je n’y arrive pas » en faisant de lui un personnage maître de ses actes (pour un temps au moins) est à saluer et on peut déceler les ferments d’une approche « psychologique » que Peter David reprendra à son compte et perfectionnera…

Que reste-il de ces épisodes alors ? Je pense que l’impression qu’on peut retirer de ce run dépend de l’attachement qu’on peut avoir pour cette époque de Marvel, de la sensibilité au charme suranné de l’ambiance un peu naïve du genre super-héros à cette époque, avant la vague du « Grim and Gritty » .

 Comment tu parles à ma sœur ?

Comment tu parles à ma sœur ?

Typiquement, si vous avez aimé ROM, ces épisodes répondent à la question : et que faisait Hulk pendant ce temps-là ?

Et si vous êtes réfractaires à ce genre de lecture, qu’en retiendriez-vous ? Des bastons primaires de monstres grossièrement dessinés avec des couleurs moches ? Je vous répondrais : Foutaises, c´étaient des ragots des jaloux / Et quoi qu´on en dise, nous on s´amusait beaucoup.

Les différences s'effaçaient et des rires éclataient

Les différences s’effaçaient et des rires éclataient

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La BO du jour : https://www.youtube.com/watch?v=7ceNf9qJjgc

21 comments

  • SCARCE- Xavier Lancel  

    Un run mythique, qui apermis à Mantlo d’utiliser plein de persos souvent dédaignés et ses créations: les U-Foes, Sabra, Arabic Knight, Jack of hearts, Russian super soliders, les Rangers, ROM, 3D Man….

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