Créer (Cages)

Cages par Dave McKean

Un article de: PRÉSENCE

1ère publication le 05/02/15 – MAJ le 01/09/19

Il s’agit d’une histoire complète et indépendante de toute autre, écrite et illustrée par Dave McKean, parue à l’origine sous la forme d’une série de 10 comics publiés de 1990 à 1996. 

Dark Horse l’a publié en VO et Delcourt en VF. Une nouvelle édition Delcourt vient de paraître pour les 25 ans de l’oeuvre.  La traduction est  de Jean-Paul Jennequin.

Une couverture cryptique © Delcourt

Une couverture cryptique
© Delcourt

L’histoire s’ouvre avec un prologue constitué de 4 récits différents des origines du monde, 4 variations sur la création du monde par Dieu. Il s’agit de textes, illustrés par des compositions graphiques entre peintures et collages. Le récit en bande dessinée commence page 28, avec un chat dont la silhouette se détache contre la Lune, qui descend du toit en passant devant les fenêtres d’un bâtiment appelé « Meru House » et abritant des appartements. Le chat observe les activités de chaque locataire.

Puis Leo Sabarsky (un artiste) arrive dans le quartier cherchant Meru House. Il rencontre Joffrey, un simple d’esprit s’étant construit un mobile représentant les planètes du système solaire dont il s’est coiffé en guise de couvre-chef. Après une discussion à sens unique, il demande son chemin à un sans-abri. Il pénètre enfin dans Meru House, et tente de se faire comprendre de, la logeuse dont les propos trahissent une forme de logique déconcertante. Leo Sabarsky est un artiste peintre à la recherche de l’inspiration, d’une nouvelle motivation artistique. Il va rencontrer Jonathan Rush (un écrivain devant se cacher), Angel (un musicien de jazz) et Karen qui habite un appartement dans l’immeuble d’en face.

Angel, un musicien de jazz

Angel, un musicien de jazz ©Dark Horse

Dave McKean est un artiste à part entière qui s’est fait connaître dans le monde des comics par ses collaborations avec Neil Gaiman (Violent cases,  Mr Punch ou Signal to noise), et pour ses couvertures époustouflantes de la série Sandman .

Quand le lecteur ouvre « Cages », il commence par être un peu déçu parce que Dave McKean n’illustre pas ce récit par le biais de ses compositions complexes mêlant dessins, peintures, photographie et infographie, mais à l’encre, pour des dessins assez dépouillés, avec une esthétique de surface peu séduisante. lI n’y a qu’une vingtaine de pages réalisées à l’infographie, soit un très petit nombre par rapport à ce récit de près de 500 pages. En outre, ces dessins à l’encre ne sont rehaussés que par une seule couleur, un gris (entre gris acier et gris souris) assez froid.

Il faut donc avoir envie pour commencer cette lecture conséquente. Passés les 4 contes de la création du monde, le lecteur découvre quelques personnages (une dizaine) dont 3 principaux (les 3 artistes), des rencontres entre des individus au comportement parfois étranges, des moments de la vie quotidienne, des conversations banales, et quelques réflexions sur la créativité et les œuvres artistiques.I

l s’agit donc d’un roman sur quelques facettes de l’existence, dépourvu de péripéties, au rythme un peu indolent. Les personnages sont plutôt sympathiques, mais ils gardent tous une part de réserve, une forme de distance. C’est vrai qu’à la première lecture, « Cages » semble hermétique avec beaucoup de séquences gratuites sans rapport avec le fil conducteur et sans grand intérêt. Il y a par exemple le soliloque de la logeuse (de la page 162 à la page 175, puis de 187 à 202), dont l’esprit divague passant du laveur de fenêtre à la vaisselle, à son expérience de vendeuse, son mariage, la disparition de son mari. La regarder faire la vaisselle à la main pendant une page n’a rien d’intéressant ni visuellement, ni par rapport au récit.

Le rêve de la logeuse

Le rêve de la logeuse©Dark Horse

De temps à autre, McKean recourt à des symboles ou des visions oniriques, et là encore le lecteur éprouve de réelles difficultés à déterminer leur sens. Ainsi pages 65 à 71, la façade de Meru House se retrouve enserrée par les os de doigts de créatures surnaturelles et démesurées sans explication. Angel (le musicien) explique qu’il est capable de tirer de la musique de cailloux en les frottant, comme il est possible de faire chanter un verre à pied en frottant doucement son rebord. Là encore, le lecteur veut bien prendre cette information au premier degré, mais le rapport avec le reste n’apparaît pas.

Le summum est atteint avec le sans abri (de la scène d’ouverture) déclarant page 325 : j’ai complètement perdu l’intrigue, exprimant à merveille l’impression du lecteur. La scène au cours de laquelle un personnage s’exprime de manière confuse en montrant des mots écrits sur des bouts de carton laisse le lecteur perplexe sur le sens de ce mode de communication, au sein de cette scène à la fois drôle et irréaliste.

Il faut donc de la patience pour s’immerger dans la narration de McKean, et découvrir au hasard d’une page, un élément éclairant, une explication. Ainsi page 255, Leo Sabarsky se définit comme un peintre topologique néo réaliste, explicitant son propos en indiquant qu’il dessine les gens comme il les ressent même si le dessin qui en résulte semble faussé. Le lecteur comprend que McKean parle de lui-même, ce qui explique ces visages asymétriques, un peu de guingois, mais effectivement chargés d’affectif.

Une pensée libre comme un vol de papillon

Une pensée libre comme un vol de papillon©Dark Horse

De la même manière, au milieu d’une scène onirique (page 347), un personnage du rêve dit de manière explicite qu’un tableau a besoin d’un critique pour interpréter son sens (pourquoi l’artiste a placé un personnage derrière un arbre ?). McKean indique que le lecteur doit faire jouer son sens critique et s’interroger sur ce qui lui est raconté.

Au fur et à mesure, le lecteur constate que le thème principal est celui de l’acte de création. Le lecteur perspicace l’aura compris dès les 4 versions de la création du monde placé en tête d’ouvrage. Il convient donc d’envisager chaque scène comme se rapportant à l’acte de création. Ce point de vue ne permet pas de tout déchiffrer (pourquoi la petite fille porte un masque page 144 ?), mais il fournit la clef de compréhension principale. Dave McKean a donc réalisé un roman graphique sur la création artistique. Il s’agit bien d’un roman dans le sens où le lecteur partage la vie de plusieurs personnages. Il est possible de détecter de ci de là de rares ressorts romanesques, tels que les 2 gardes du corps de Jonathan Rush, l’absence de soucis matériels des personnages, ou le manque d’asservissement à leur travail.

Il ne s’agit que de rares éléments ; pour le reste le lecteur côtoie ces personnages comme des individus réels, les découvrant au travers de leurs paroles, de leurs interactions avec les autres, de leurs actes. Seules une ou deux séquences oniriques viennent donner un éclairage supplémentaire sur leur vie intérieure. Avec presque 500 pages, Dave McKean a toute latitude pour aborder le thème de la création artistique sous tous les angles qui l’intéressent. Ce qui impressionne et déroute à la lecture, est que McKean n’est jamais dogmatique ou coercitif dans sa façon de s’exprimer. Il laisse les personnages au premier plan, charge au lecteur d’interpréter leurs paroles ou leur comportement au regard de l’acte de création.

Pas de scène due au hasard : l'artiste demande son chemin au chat qui voit mieux la réalité

Pas de scène due au hasard : l’artiste demande son chemin au chat qui voit mieux la réalité©Dark Horse

Le lecteur doit garder à l’esprit que McKean a composé son ouvrage, il n’y a pas de scène arrivée par hasard ou jouant les bouche-trous pour étoffer la pagination. Du coup, le plaisir de lecture dépend de l’investissement et de l’implication du lecteur dans son interprétation, de sa capacité à se mettre en phase avec les personnages, avec le ressenti de l’auteur. Certains éléments parlent plus que d’autres.

Il est par exemple assez facile de reconnaître en Jonathan Rush, un hommage à Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques et désigné comme la cible d’une fatwa par l’Ayatollah Ruhollah Khomeini. McKean ne se lance pas dans un pamphlet politique ; il préfère creuser la question de l’artiste qui se voit privé de ses sources d’inspiration. De nouveau il ne s’agit pas d’une réflexion de type intellectuelle, mais d’un ressenti émotionnel et affectif. Il sonde également le rapport entre l’inspiration de cet artiste et sa relation avec sa femme, dans une prise de conscience aussi feutrée que cruelle. Dans ce moment intime, le lecteur peut apprécier à quel point l’étrange concept de dessiner juste (même si c’est laid ou anatomiquement contestable) est maîtrisé par McKean et très expressif.

En fonction des séquences, le lecteur sera amené à considérer une facette ou une autre de l’artiste en train de créer. McKean propose 3 approches différentes au travers de 3 artistes différents : Leo Sabarsky cherchant à saisir la personnalité intérieure des individus, Jonathan Rush écrivain intellectuel plus intéressés par les idées et les concepts (par l’identification des schémas), ou Angel plus mystique. Le volume de ce roman graphique permet à McKean d’aborder ce sujet de nombreuses manières. Il peut établir une preuve patente que tout peut alimenter la création littéraire, même la logeuse faisant la vaisselle. McKean a recours à un dispositif narratif relevant du théâtre : il montre cette dame en train de soliloquer tout en effectuant sa tâche ménagère.

Le lecteur peut voir apparaître les expressions fugaces sur son visage ; McKean capture les apparitions ténues de la personnalité de cette femme attirant l’attention du lecteur sur le fait que le quotidien dans toute sa banalité recèle la saveur des individus, pour peu que l’observateur se donne la peine de réellement regarder. À l’opposé de ce moment ordinaire sans éclat, McKean arrive aussi faire partager les sensations les plus délicates au lecteur. Par exemple, pages 241 à 253, Leo et Karen prennent un verre attablés dans un bar, sur fond de musique jazz, en faisant connaissance.

Au travers de dessins de plus en plus expressionnistes se délitant en simples traits jusqu’à en devenir abstraits, McKean installe le lecteur dans l’intimité de ces 2 personnes se découvrant et appréciant leur conversation. En déroulant un récit de longue durée avec de nombreuses approches, McKean indique au lecteur qu’il conçoit sa vocation de créer et la réalité de manière complexe, en la considérant sous plusieurs angles, pas forcément tous compatibles entre eux.

Cette façon de présenter son point de vue participe à la déroute du lecteur à qui il revient de hiérarchiser ces différentes façons de voir. À nouveau il a l’impression de participer à une conversation, d’être un acteur de sa lecture au travers de l’interprétation qu’il fait des séquences. Il a la liberté de ne pas partager le point de vue de McKean (le chat comme lien entre les individus, capable de percevoir une réalité plus complète que celle perçue par l’être humain), d’y confronter sa propre expérience de la vie.

Le rêve du chat

Le rêve du chat ©Dark Horse

Malgré un rythme indolent, McKean couvre un large territoire thématique connexe à la création artistique. Il évoque aussi bien la part du hasard dans la vie humaine (ce morceau de recette de ratatouille récupéré par les pigeons puis par Angel), que l’asservissement volontaire de l’individu à sa profession (le déménageur littéralement écrasé par le poids d’une caisse, dans une séquence réaliste et expressionniste). À l’évidence, le lecteur n’est pas en mesure de déchiffrer ou décrypter tous les symboles conçus par l’auteur. Une séquence livre la clef de l’interprétation du visage humain surimposé à la tête de chat. Par contre, le masque sur le visage de la petite fille reste lettre morte, ou encore la similitude entre le rêve de la logeuse et le portrait chinois de Karen qui semble orienter le lecteur vers la notion de cycle, et de vie stéréotypée.

Au fil des pages le lecteur se familiarise avec les personnages qui gagnent tous à être connus, apprend à apprécier l’humour délicat de McKean (les 2 personnes âgées commentant les performances d’Angel, qui finissent par évoquer Statler et Waldorf, les 2 vieux du Muppet Show). Il apprend également à détecter l’adresse élégante avec laquelle McKean utilise le vocabulaire et la grammaire graphique : du figuratif à l’abstrait en passant par l’expressionisme, qui peuvent être imbriqués dans une séquence admirable de fluidité et de naturelle quand Karen contemple les nuages pour y détecter des formes (un exemple de paréidolie). Il s’imprègne peu à peu de la philosophie de vie de l’auteur.

McKean n’assène pas des vérités absolues et prêtes à l’emploi. Ses personnages finissent par énoncer leur conviction en une courte phrase qui conceptualise et synthétise ce qu’ont montré plusieurs séquences. Il n’y a pas de révélation fracassante sur le sens de la vie, juste des convictions sur des thèmes philosophiques comme le besoin naturel de l’individu d’identifier des schémas, ou l’importance vitale de créer, le développement de la capacité d’un artiste au fur et à mesure que passe les années (en forme de spirale).

Sans pédanterie, sans pontifier, McKean propose au lecteur de découvrir son approche de la vie par l’entremise d’un roman graphique qui a la particularité de nécessiter d’être activement interprété. Il annonce dès le prologue qu’en tant que créateur, il estime que son œuvre est un peu décevante, pas à la hauteur de son ambition de ce qu’il avait imaginé qu’elle pourrait être en la concevant avant de la réaliser (déclaration empreinte d’humilité énoncé par le Dieu d’un des 4 récits de la création du monde).

Vous êtes ici (case du milieu de la rangée du bas)

Vous êtes ici (case du milieu de la rangée du bas)

McKean a la prévenance d’expliquer son titre « Cages » dans le cours du récit. Il estime que chaque individu est en butte à ses propres limites qu’il subit ou qu’il s’impose. En tant qu’artiste, son ambition est de repousser ces limites, de sortir de cette cage (quitte à se retrouver dans une plus grande), en créant, en sortant de son cadre de référence, en quittant sa zone de confort.

Cette forme de narration est aussi sophistiquée que risquée. Il faut que le lecteur accepte de se prêter au jeu du dialogue, se familiarise avec le rythme lent du récit, accepte les méandres de la conversation, dépasser les apparences des visages. Certains passages restent hermétiques faute de culture commune entre l’auteur et le lecteur. D’autres séquences se prêtent à des interprétations multiples, voire le lecteur peut ressentir l’impression de projeter un sens sur des images ou des propos qui n’ont pas été voulus par l’auteur.

Il est tentant de se dire que la pension et ses pensionnaires sont autant de symboles représentant les différentes particularités de la personnalité du personnage principal, que les éléments concrets du récit sont autant de métaphores de la vie intérieure du personnage… mais il n’y a aucune certitude qu’il s’agit bien de l’intention de l’auteur.

« Cages » est une œuvre ambitieuse, unique, à haute valeur artistique, respectant son lecteur et attendant sa participation. Elle n’est pas exempte de défauts, mais ses qualités l’emportent largement. Par la suite Dave McKean a réalisé plusieurs histoires courtes rassemblées dans 2 recueils (Pictures that tick ), ainsi qu’un récit érotique très personnel Celluloid.

Raconte moi une histoire

Raconte moi une histoire©Dark Horse

29 comments

  • Tornado  

    Encore une oeuvre avec laquelle je n’avais pas accroché !
    Je l’ai lue il y a une quinzaine d’années. J’avais adoré le début et puis, dans la deuxième partie, j’avais eu l’impression que ça n’avait plus ni queue ni tête !
    Bref, j’avais été très déçu !

    L’article de Présence fait partie de ceux qui me font me dire qu’il faut réessayer, et que, peut-être, je serai plus intelligent cette fois !

    • Présence  

      Ce n’est que parce que je m’étais lancé le défi de le relire (suite à toutes les œuvres de Dave McKean que j’ai apprécié) et parce que je suis parti dans cette lecture avec la ferme intention d’en écrire un article, que je me suis rendu à quel point elle se prête au dialogue.

      En fait elle nécessite que le lecteur se lance dans une herméneutique (je fais le fier, parce que j’ai appris ce mot il y a 3 semaines) et formule ses propres convictions face à ce qui lui est montré et raconté.

      Pas facile d’accepter de s’interroger sur les motifs de McKean qui a choisi de montrer une dame d’un certain âge en train de faire la vaisselle à la main.

  • Bruce lit  

    J’ai effectivement succombé à l’hermétisme que tu décris dans les premiers chapitre de Cages. Le bouquin pesait une tonne, je me sentais complètement perdu, étranger à ce que l’auteur racontait. Je n’ai pas insisté et ce d’autant plus que le monde du jazz ne m’attire pas plus que ça….
    C’est un pavé qui trône dans ma médiathèque et qui prend la poussière. Je sais où le trouver lorsque j’en aurais envie. J’admire chez toi ce potentiel à trouver le meilleur de ce qu’une histoire a à proposer. Pour ma part, je ne me considère pas comme un lecteur très patient.
    Tiens ! une anecdote façon Jord : j’étais à Gibert samedi. Depuis des années, un exemplaire de Cages traînait en occaz’ et faisait quasiment partie des meubles….Un type arrive au coin vendeur pour lui demander si le magasin avait Cages mais ne se rappelait plus du nom de l’auteur. Le vendeur commence à peine sa recherche sur logiciel que je choppe le bouquin dont je connaissais l’emplacement par coeur et le donne au gars, qui, reconnaissant, me dit : « merci monsieur, vous me sauvez la vie » !
    C’est tout ce que je pouvais faire pour un bouquin que je n’ai jamais lu !!

    • Tornado  

      Moi je l’ai lu en entier Môssieur ! Mais je me suis forcé et c’était une torture de le terminer. J’étais largué et assez en colère en me disant que l’auteur s’était perdu en route. Il aura fallu l’article de Présence pour que je me dise que j’avais probablement tort et que je ne suis pas arrivé à le suivre.

    • Présence  

      Belle anecdote à Gibert.

      Soit je suis un lecteur patient, soit je suis un lecteur têtu qui refuse de capituler. Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’au fur et à mesure de la rédaction de l’article que j’ai pris conscience de la densité et de la cohérence de la narration.

      J’en profite pour te remercier de tout cœur d’avoir pris le temps de mettre en forme ce looooooooong article et de l’avoir retenu pour la publication. Cela me fait énormément plaisir.

  • Jyrille  

    Merci Présence pour ce magnifique article qui m’éclaire sur l’Oeuvre… Il faut savoir que Cages est pour moi un vieux fantasme, bien avant de reconnaître l’auteur de Arkham Asylum et celui de Sandman puisqu’il m’était étranger avant la réédition de Urban. Mais je ne le trouve pas.

    Comme d’habitude, je suis abasourdi par tes capacités d’analyses, et tu as l’élégance de présenter tous ces concepts étranges de façon très ordonnée, claire et simple. Et puis je crois que l’on partage ce goût de la création poétique sans forcément être réaliste ou simple à suivre, qui demande de l’investissement, donc je pense que j’aimerai Cages. Ces cages ne font-elles pas références aux cases des bds également ?

    Bruce, je te le rachète quand tu veux !

    • Bruce lit  

      On ne s’est pas compris ! Ce n’est pas moi qui l’ai acheté mais le monsieur à qui je l’ai donné !

      • Jyrille  

        Ah non, j’ai mal lu : j’ai lu « bibliothèque » au lieu de « médiathèque »…

        • Présence  

          @Bruce – « Ce type a aimé – et compris- The Filth de Morrison quand même ! » m’a arraché un beau sourire, très bien trouvé et très drôle.

          • Bruce lit  

            Et dès 8h00 du matin Monsieur ! C’est rigolo, hier je lisais Tony Chu dans le train. Un type te ressemblant s’est assis en face de moi et m’a regardé….Du coup, j’ai bien montré mon Chu pour voir si « tu » réagissais. Vu que « tu » as sorti un Sudoku, j’en ai déduis que Présence était absent….

          • Présence  

            Je confirme : hier j’étais avec un Batman dans les transports en commun.

  • Présence  

    @Jyrille – Pour une fois, je me permettrais de dire que je suis assez satisfait de mon article. J’ai lu Cages en prenant des notes au fur et à mesure, et lors de la rédaction, je l’ai refeuilleté à de nombreuses reprises pour recherche un passage, une séquence, ou une image. Bruce a indiqué qu’il avait passé 5 heures pour l’article sur « From Hell », je pense que j’ai dû y passer autant de temps pour « Cages ».

    Cages = cases de BD ? – Pourquoi pas ? Je n’ai pas la prétention d’avoir saisi toutes les significations et interprétations possibles voulues par Dave McKean. Quand j’ai commencé à rédigé, j’ai pris conscience qu’au fur et à mesure que je mettais mes impressions en mots écrits, certaines séquences répondaient à mes interrogations, à mes jugements de valeur, à mon ressenti. C’est pour ça que j’ai lourdement insisté sur l’idée de dialogue.

    Au fur et à mesure que le lecteur formule ses convictions ou ses pensées, il s’aperçoit qu’une séquence ou une autre répond à ce qu’il est en train de dire. Il s’agit d’un ouvrage qui nécessite que le lecteur l’interprète à sa manière, avec son point de vue, sa culture. Ce n’est qu’à cette condition qu’il révèle sa richesse, ses idées.

    • Jyrille le gars qui répète  

      Et tu as bien raison d’être fier de toi ! Je te rejoins complètement sur le fait de comprendre un sentiment, une idée, un concept, en écrivant sur le sujet. Ca m’arrive souvent, quand j’écris une chronique, je déroule un point de départ et je me retrouve avec une explication que je n’avais pas saisie, et cela éclaire toute l’oeuvre différemment. C’est super intéressant.

      Dans le préambule de son essai sur la bd que j’ai chroniqué ici-même (Entre la plèbe et l’élite), Jean-Noël Lafargue cite un dialogue de Buffy The Vampire Slayer (série géniale et grandiose) :

      Buffy : « Qu’est-ce que tu essaies de dire, alors ? »
      Spike : « Je ne sais pas ! Je le saurai quand j’aurai fini de le dire. »

      (saison 7, épisode 20, Touched)

      Le dialogue participe donc à la création d’un concept ou d’une définition, d’un postulat, voire même d’une oeuvre elle-même.

      Bon faut que je trouve du McKean, Celluloid ou Signal To Noise ou les autres, je suis prêt je crois.

  • JP Nguyen, grosse faignasse de lecteur  

    De McKean, j’ai lu Arkham Asylum et tenté de lire Signal To Noise.
    Lorsque j’aurais relu ce dernier avec l’impression d’avoir à peu près compris, alors peut-être que j’envisagerai l’hypothèse éventuelle de tenter la lecture de Cages. Peut-être…

    • Présence  

      Signal to noise : magnifique ! Plus j’y pense, plus je me dis que le génie artistique magnifie les scénarios de Neil Gaiman, transformant un récit habile, en une narration géniale.

  • Lone Sloane  

    Salut Présence,
    Suite à la lecture de ton article et au prêt d’un ami, j’ai fait l’expérience de Celluloid l’année dernière, et l’empreinte laissée est indéniable.
    Avec cette nouvelle chronique, je me dis que Dave McKean s’adresse plus à notre cerveau droit, émotionnel, en stimulant le traitement intuitif, qu’à notre cerveau gauche, qui traite les informations de façon séquentielle, propre à la lecture de la plupart des oeuvres du 9ème art.
    Merci pour la paréidolie. Tu peux, sans conteste, être satisfait de ton inspirant article.

    • Présence  

      Merci beaucoup pour le compliment qui me touche beaucoup (spécifiquement pour cet article. Content également de savoir que celui sur Celluloïd a pu être utile).

  • Jyrille le gars qui désespère  

    Et merci Lone et Présence d’accroître nos champs lexicaux… Bon, pas sûr que je retiendrai ces mots (herméneutique et paréidolie).

  • Lone Sloane  

    Feuilleté aujourd’hui, après la lecture d’articles enthousiastes et parfois abscons (Jessie bi dans du9, dédicace à Cyrille :-) ) Je vais probablement transformer l’essai malgré le prix dissuasif, mais l’objet est beau:
    http://www.bdgest.com/preview-1639-BD-ici-recit-complet.html

    • Présence  

      Il me fait également très envie, ce « Here » de Richard McGuire.

      • Jyrille au ski  

        Moi aussi il me donne envie ce Ici… Merci pour la dédicace Lone ! ;-)

  • Mo  

    J’avais eu beaucoup de mal à entrer dans cet album. Plusieurs essais infructueux avant d’attraper cette ambiance particulière.

    • Présence  

      Le présent article est issu de ma troisième tentative de lecture de Cages. J’avais commencé une fois quand il paraissait numéro par numéro, et j’avais arrêté démotivé par la trop lente parution. Je l’avais lu une fois en français sans rien capter à l’intention de l’auteur. Ce n’est qu’en prenant des notes au fil de la lecture et en passant du temps à rédiger le commentaire que j’ai fini par prendre conscience de la nature réelle de ce récit.

  • Matt & Maticien  

    Je suis accroché par cet article. J’ai envie de me tester face à ce que je devine être un monument du 9eme art. Si je le croise dérivant dans les cartons de Gibert. Il sera pour moi. Ce livre a l’air fascinant! !!

  • Jyrille  

    Bon, j’ai été obligé de passer commande chez mon dealer pour avoir mon exemplaire de la réédition… Plus qu’à attendre !

    • Présence  

      Par rapport à ton commentaire de 2015 : tu vas enfin pouvoir assouvir ton fantasme. :)
      Bon dialogue avec l’œuvre.

      • Jyrille  

        Oui ! Merci ! :D

  • Jyrille  

    I HAVE GOT IT !

    Reste plus qu’à le lire, avec la centaine de bds que j’ai en attente de lecture (dont de sacrés pavés).

    • Présence  

      Une étape décisive de franchie pour pouvoir lire Cages. Le suspense reste encore entier quant à cette expérience de lecture. :)

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