Dans les brumes de Wagner (Excalibur)

EXCALIBUR par John Boorman

1ere publication le 12/09/15- Mise à jour le 08/08/17

Une affiche comme en n’en fait plus…

Une affiche comme en n’en fait plus…

TEAMUP:  TORNADO & STEPHANE MAILLARD PERETTI

Cet article portera sur le film Excalibur, réalisé en 1981 par John Boorman.

Une première partie exposera l’œuvre d’un point de vue relativement objectif, en tentant de remettre le concept du film dans son époque.
Une seconde partie permettra au contraire de découvrir un regard plus subjectif, ou pourquoi, quand et comment, l’on peut tomber amoureux d’un film et l’ériger au statut d’œuvre culte…

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Excalibur conte l’histoire du Roi Arthur et des Chevaliers de la table ronde, d’après le livre de Thomas Malory intitulé La Mort du Roi Arthur

1) Excalibur : En dehors du temps…par  TORNADO

C’est l’histoire des chevaliers de la table ronde
© Warner Bros

Revoir le film aujourd’hui est stupéfiant, tant il a extrêmement bien vieilli sur tous les points, s’imposant ainsi comme un classique absolu de l’histoire du 7° art et un monument séminal du genre Heroic Fantasy dans le domaine du cinéma.
Film culte de plusieurs générations, Excalibur est devenu avec le temps l’œuvre de chevet de tellement de cinéphiles qu’il est aujourd’hui complètement inutile et hors de propos de revenir laborieusement sur sa genèse, son sujet ou même encore le contenu du scénario.

Rappelons néanmoins un ou deux éléments afin de bien saisir la toile de fond sur laquelle s’articule tout le concept du film : Dans la nécromancie telle que la conçoit Merlin l’enchanteur, la terre et le Dragon (personnification de la magie) ne font qu’un. Ainsi, lorsqu’Arthur surprend Lancelot et Guenièvre enlacés dans la forêt et qu’il plante furieusement Excalibur dans la terre, il pourfend le Dragon. La terre commence alors à dépérir et Arthur avec elle, jusqu’à ce que lui soit apporté le Graal.
Symbole christique par excellence, le Graal redonne soudainement la vie à Arthur, mais aussi à la terre, qui renait ainsi en même temps que son souverain. Débarrassé de la nécromancie et prêt à épouser une ère nouvelle, le monde remplace alors la magie par la chrétienté…

Une épée, une terre, un roi…
© Warner Bros

Il faut accepter d’entrée de jeu que le script rédigé par Boorman lui-même d’après le livre de Thomas Malory tient davantage de la fable que du récit historique, et qu’ainsi il est complètement inutile d’y rechercher toute vérité universelle. Le film est une interprétation personnelle, l’œuvre d’un auteur cinéaste au fait de son art. Un essai. Une illustration.
Il est très intéressant de savoir, également, que le réalisateur rêvait de porter la légende arthurienne au cinéma depuis son enfance, et qu’il a longtemps été question qu’il réalise une adaptation du Seigneur des Anneaux. Ce dernier projet étant tombé à l’eau après des années de développement, Boorman revint ainsi à Excalibur après avoir embrassé plusieurs aspects de l’Heroic Fantasy moderne, non sans se plonger dans les œuvres de Wagner.

Le résultat final s’impose à la fois comme un condensé de toutes ces influences mais, surtout, comme une épure extrême.
En effet, après avoir tenté d’imposer une version du roman de Tolkien de trois heures trente et une première version d’Excalibur de quatre heures, après avoir essuyé le refus des producteurs dans tous les cas, après avoir été dans l’obligation de revoir toutes ses ambitions à la baisse, le réalisateur de Délivrance était capable d’opérer une série de choix artistiques remarquables, renonçant à tous les artifices et à toutes les digressions diverses afin de ne conserver que l’essentiel…

La confluence de tous ces univers confondus de la littérature, de la musique et du cinéma s’impose ainsi dans un film renonçant par ailleurs à tout effet spécial ostentatoire, optant au contraire pour un naturalisme de tous les instants. Le manque de moyens inhérent à son époque (rappelons que nous sommes au début des années 80) est alors compensé par un parti-pris onirique qui trouve toute sa substance dans une alchimie aussi simple qu’efficace : la rencontre envoûtante de la brume (bien pratique pour masquer le manque de féérie), du ralenti et de la musique classique martiale (le fameux O Fortuna tiré du Carmina Burana de Carl Orff et la Marche funèbre de Siegfried de Wagner en contrepoint de la bande-son magistrale de Trevor Jones). Enfin, le magnifique décor naturel de l’Irlande et ses contrastes incroyables achèvent de donner corps à la légende, sans artifice supplémentaire autre qu’un simple filtre de couleur vert.

Avec plus de trente ans de recul, force est de constater que ce sont bien ces choix artistiques épurés et cette savante économie de moyens qui jouent en faveur du film et de son aspect universel à l’épreuve du temps. Aujourd’hui, aucune faute de goût ne vient ternir la puissance onirique du spectacle et aucune scène ne prête à rire, quand la plupart des films fantastiques de la même époque accusent une patine kitsch de mauvais aloi.

Les amants maudits © Warner Bros

A plusieurs reprises, on serait quand même tentés de repérer ça et là quelques marques du temps, surtout si l’on compare Excalibur à certains films d’Heroic Fantasy plus récents. Je pense bien évidemment au Seigneur des Anneaux réalisé par Peter Jackson au début des années 2000, dont les batailles gigantesques ont porté un coup au film de Boorman, dans lequel seuls quelques chevaliers (une dizaine tout au plus) se jettent dans la bataille en guise d’armée. Cette comparaison forcée doit néanmoins s’arrêter là, l’exubérance titanesque du film de Jackson étant complètement opposée à l’épure naturaliste d’Excalibur, pourtant célébré comme une référence par tous les cinéastes s’étant adonnés, par la suite, à l’univers de la fantasy et de la geste chevaleresque…

A l’arrivée, le film de John Boorman demeure un chef d’œuvre à l’épreuve du temps précisément parce que ses choix artistiques, son écriture et sa mise en scène visionnaire en font un modèle du genre, où la magie devient presque une philosophie onirique au lieu d’une débauche d’effets spéciaux.

Il y aurait évidemment encore beaucoup à développer sur tout un tas d’éléments constitutifs de cette éclatante réussite (notons qu’aucun des acteurs n’était véritablement connu à l’époque, certains seconds rôles, comme Liam Neeson, Patrick Stewart ou Gabriel Byrne étant devenus des stars par la suite), sur la splendide mise en place des moments phares de la légende arthurienne tels les tableaux d’un opéra, sur la profonde symbolique de l’épée (cruciforme, il va sans dire…), sur la beauté tragique du triangle amoureux Arthur/Guenièvre/Lancelot, sur l’illustration originale du mythe de Merlin l’enchanteur, et surtout sur la philosophie véhiculée par la quête du Graal, qui chasse la magie de l’ancien monde et les mythes païens afin de les remplacer par le christianisme et, ainsi, marque l’évolution de l’homme vers une nouvelle ère… Soit toute la richesse d’une œuvre définitivement fédératrice, fruit du labeur d’un auteur complet, passé maitre dans l’art de la Fantasy sans aucune démonstration féérique ostentatoire…

Une couverture bien connue des geeks au temps d’Excalibur !

Une couverture bien connue des geeks au temps d’Excalibur !

Bon, sinon les gars, on est chez Bruce Lit, non ? Du coup, on va quand même parler deux minutes de notre terrain de prédilection : la culture geek !
Souvenez-vous, dans Strange N°152, en aout 1982, les jeunes lecteurs de l’univers Marvel découvraient le premier épisode de la première saga intitulée Doomquest ! Dans le numéro, suivant, ils pouvaient en lire la conclusion (deux épisodes pour une saga, c’était un autre temps !) tout en profitant d’une couverture légendaire, somptueusement illustré par des artistes bien de chez nous !
Cette saga était en vérité parue l’année précédente aux USA, peu après la sortie du film de John Boorman (le film était sorti en avril, et l’épisode #149 d’Iron man en aout !). Preuve évidente de la portée du long métrage, qui étendait ainsi son influence à tous les mediums de la culture populaire !

Pour mémoire, Le « vengeur doré » était propulsé à l’époque des chevaliers de la table ronde en compagnie de son ennemi du moment : le Dr Doom (on l’appelait encore Fatalis en ce temps-là !), via une machine à voyager dans le temps conçue par l’un de ses sbires. En toute logique, Iron man se liait au Roi Arthur et à Merlin l’enchanteur, tandis que Fatalis s’acoquinait illico-presto avec la vilaine Fée Morgane ! Hormis une armée des morts façon Game Of Thrones ou Evil Dead III (avant l’heure), le décorum empruntait beaucoup au film Excalibur, surfant au passage sur le succès du plus grand film d’héroic fantasy de l’année (Conan le Barbare ne sortira que l’année d’après !)

Evidemment, on pourrait passer des heures à écumer les terrains conquis en ce temps là par l’étendue de la chose. La saga Doomquest n’illustrant qu’un seul et unique exemple, parmi tant d’autres, du succès et de la puissance d’évocation d’un film définitivement hors du temps…

Donnez-moi dix hommes et je mène une armée !
© Warner Bros

2) Du voyage en Boormanie par STEPHANE MAILLARD PERETTI

Il aurait plu chaque jour de ce tournage, dans les environs des collines de Wicklow, en Irlande, où une grande partie du film prend place.
On dit aussi qu’une après-midi entière fut passée à filmer la fameuse scène de l’arbre aux pendus dans l’attente qu’un des satanés corbeaux veuille bien gober l’œil de l’un des squelettes suppliciés. Est-ce cet attachement aux détails qui fit du film un chef-d’œuvre intemporel ? Ou bien touche-t-il par la véracité du jeu d’acteur?

Des acteurs restés dans l’ombre, souvent. Nicol Williamson, cabotinant dans le rôle de Merlin, tour à tour philosophe, blagueur ou inquiétant. Imposant, certainement. Mort il y a quelques années, il était diamétralement opposé à Helen Mirren, Morgane, depuis une bisbille dans la pièce Macbeth. Boorman pensa que cette tension entre eux rejaillirait à l’écran, plus palpable encore.

En repensant à l’interprétation d’Arthur par Nigel Terry, je le vois tentant de se contrôler face aux accusations portées sur sa reine d’épouse et son meilleur ami, Lancelot, Excalibur dans ses mains tremblantes. Un acteur de théâtre aussi, Terry est resté inconnu malgré cette interprétation magistrale et son rôle principal dans Carravagio, par Derek Jarman, 1986. Il est clair que Wolfgang Petersen tient à ce qu’on le reconnaisse dans son rôle d’oracle dans le très mauvais Troie, où il apparaît une minute ou deux.

Certains films vous marquent à vie. Il y a une éternité, un soir de mes 12 ans, Boorman m’a balancé dans les forêts denses et baignées de brumes entourant Camelot, où les corbeaux accompagnent d’étranges vieillards et où un château tout d’or et d’argent fût érigé… je n’en suis jamais complètement revenu. Des dizaines et des dizaines de films après, le gamin que j’étais se faufile toujours au côté de Perceval pour échapper à Mordred, vêtu d’une armure d’or et d’un casque impassible et effrayant.

Perceval, un héros très discret
© Warner Bros

Perceval, qui est peut-être le vrai héros du film, absent de toutes les affiches et posters,  se place en sauveur humble et discret du rêve Arthurien, sur lequel nulle gloire ne rejaillira. C’est lui qui nous fait découvrir un Mordred enfant, véritable Joffrey de Game Of Thrones, son casque hors du temps gommant toute humanité à sa jeunesse. Il retrouve Lancelot, au bord de la folie, menant les paysans plongés dans le marasme des épidémies et de la faim en une terre « divisée et sans roi ».
C’est à travers ses yeux que nous appréhendons le Graal, son énigme et son sens, alors que le chevalier s’accroche à la seule chose qui lui reste, l’espoir. Il est cet homme simple, vous, moi, s’érigeant d’écuyer à chevalier, de sauveur en rédempteur…

Bien sûr, on n’aborde pas ce genre de film de la même manière à l’âge adulte. Le Graal et son but, sa réelle signification, Merlin laissant la place à cette représentation du christianisme… « Le Dieu unique est en train de chasser les dieux multiples » prophétise-t-il à sa némésis en devenir, Morgane… Et Arthur est une figure finalement bien christique dans l’interprétation de N. Terry, La barbe et les cheveux longs, suivi par ses apôtres en armures, sa grandeur et sa décadence foudroyé par l’éclair de Dieu, tel Jésus abandonné sur la croix.

Eux aussi ils cherchaient le Graal... Mais ils ne le méritaient pas

Eux aussi ils cherchaient le Graal… Mais ils ne le méritaient pas
© Warner Bros
Source : bobineetparchemins

Les métaphores sur l’état des armures, rouillées puis clinquantes telles celle de Lancelot, suivant la prospérité ou la chute de la Terre. Les recherches sur les images (le préraphaélisme, les clins d’œil à Gustave Klimt) ne manquent pas, dans ce long métrage d’une époque où les effets spéciaux étaient encore au service du scénario… Chez Boorman, les thèmes de la Quête et de la relation entre l’Homme et la Nature sont essentiels et omniprésents comme l’eau et la lumière jouent un grand rôle dans le film ici traité.

Certains ont vu en Excalibur un air de misogynie au vu des rôles de Morgane et Guenièvre. C’est à mon avis une facilité que de ranger les relations hommes-femmes dans ce genre de boites ! Si l’on pense à Morgane, elle n’est rien de moins que l’autre visage de Merlin, une fillette qui voit au delà des charmes d’un maître-enchanteur, et assiste à la duperie dont sa mère est victime, Ygraine fécondée par Uther au moment même où le duc de Cornouaille rend son dernier souffle… Au rapt de son frère en bas-âge par le nécromant, laissant sa mère dans le désespoir. On pourrait même considérer Merlin comme un diable fourbe qui, pour son rêve, sacrifie le bonheur d’une famille !
Le but de Morgane n’est pas de tuer, ou d’abolir les lois d’Arthur. Elle tient à asseoir son fils (fut-il aussi terrible que Mordred) sur le trône, pour réparer l’injustice que la vie lui a faite. C’est très humain pour un être dit maléfique…Et qui donne librement Excalibur ? Sans que l’on doive l’extirper d’un roc ? La Dame du Lac ! à deux reprises !  tandis que Guenièvre la garda avec elle des années durant. Le déroulement de l’affrontement entre les quelques chevaliers de Pendragon et les hommes de Mordred aurait été bien différent sans ce fait. La Femme garde et donne gratuitement, donc.

Shura du Capricorne manie Excalibur dans St Seiya Source ! St Seiya Wikia

Shura du Capricorne manie Excalibur dans St Seiya© Toei Animation
Source ! St Seiya Wikia

Enfin, combien de récits plongent dans les images séminales du chef d’œuvre de Boorman? Combien de réalisateurs se sont laborieusement cassé les dents sur une adaptation de ce récit ? Qui peut ignorer, sur le scintillement des écailles du Dragon, la Force d’où les Jedi puisent leurs pouvoirs ? La Cosmo-énergie des Chevaliers du Zodiaque ?
Et dans le regard rougeâtre et endormi de Merlin, ne peut-on voir Gandalf, ses mains tenant un palantir… Arthur partant vers Avalon, quand les elfes et hobbits se dirigent vers les havres gris. Si Luke décapite Vador et trouve son visage dans son casque tombé, dans les marécages de Dagobah, c’est une expérience très proche que vit le preux Lancelot, seul dans sa forêt… face à lui-même.

Depuis l’aube des années 2000, les films d’heroïc fantasy sont redevenus à la mode, comme ce fut le cas avec l’arrivée d’Excalibur. Mais cette année, Nigel Terry, que je rêvais de rencontrer, est mort. A t-il rejoint Nicol Williamson quelque part sur une île celtique perdue? Ce dernier ne disait-il pas « Il y a d’autres mondes… celui-ci est mort, pour moi »… Belle métaphore pour ces autres mondes, perles des années 80, tels Dark Crystal, Conan le Barbare ou l’Histoire Sans Fin, remplacés par des ersatz de Lord Of The Rings, tels Le Hobbit ?

Nous sommes certainement nombreux à espérer revoir cette qualité de films et prêts à nous embarquer aux côtés des hommes d’Arthur… Car il faisait bon voguer à travers l’adolescence jusqu’à l’âge adulte avec ces héros tels des phares dans la nuit…exc_0

30 comments

  • Bruce lit  

    Teaser : « I want to live forever » 3/3
    Une histoire d’honneur, de chevaliers, de trône, d’amour et de trahisons… Bien avant Game of Thrones, il y eut l’histoire des Chevaliers de la table ronde qui fascina des proto-geeks pendant des siècles.
    Après James Dean, c’est au tour de Tornado et Stephane Maillard Peretti de parler du film de leur vie : « Excalibur » par John Boorman. Le Grâal est à trouver aujourd’hui chez Bruce Lit !

    La BO du jour; Le choix de Tornado : Si Carmina Burana est devenu un tube (et il n’y en a pas tous les jours des tubes en musique classique), c’est bien grâce à Excalibur. Alors merci qui ? Merci John Boorman ! https://www.youtube.com/watch?v=GXFSK0ogeg4

    Le choix de Stephane Maillard Peretti : https://www.youtube.com/watch?v=ygAE_-1Zv_8

    • Lone Sloane  

      @Bruce: la musique classique regorge de tubes, le cinéma et la publicité sont leurs clips vidéos.
      Ils ont même le copyright sur cette étrange notion de concept album :-)

  • yuandazhukun  

    Magnifique article ! Bravo à tous deux ! Je fais tout comme vous parti de ces fans ayant vu le film enfant…quelle formidable atmosphère de magie et de féérie j’étais émerveillé enfant et je le suis toujours aujourd’hui. L’avantage de le voir aujourd’hui par exemple en blu-ray permet de voir des détails qui m’échappaient à l’époque des VHS. Je viens de voir Le dragon du lac de feu de 1982 et je le conseille c’est un bon film d’héroic fantasy que je ne connaissais pas (quel bonheur de découvrir encore des pépites d’un autre temps !). Un grand merci à vous les gars ! Un sacré bon boulot !

    • Leo Stéphane Maillard Peretti (et je cherche d'autres noms)  

      Merci!
      Très bon, le Dragon du Lac de Feu. Incroyable, ce que faisait Disney à une époque… Grande maturité (je me rappelle, je crois, de corps calcinés…) à une époque où ils sortaient Taram, assez sombre aussi, et Tron, par exemple…

  • Tornado  

    Merci mon grand !
    Le blu-ray d’Excalibur est effectivement chaudement recommandé, car le film a été brillamment restauré sans effets clinquants.
    Quant au « Dragon du lac de feu », mon article est en gestation et, si le boss le veut bien, il pourrait un jour atterrir sur le blog…

  • Patrick 6  

    Quasi aucun effet et pourtant ce film a parfaitement réussi a retranscrire l’atmosphère féérique et onirique de l’épopée Arthurienne ! Cela s’appelle le talent je pense.
    Bravo à vous pour cet excellent article qui m’a donné envie de revoir ce film !
    Comme la plus part d’entre vous ce film a bercé mon enfance et m’a beaucoup marqué notamment pour la scène ou Arthur fait l’amour en armure… L’usine à fantasme était lancée :)) Vite qu’on me donne mon armure !!! :))

    • Leo Stéphane Maillard Peretti (et je cherche d'autres noms)  

      Merci Patrick !
      C’est Uther , qui b… Qui garde l’armure pour faire l’amour à Ugrayne ;)

      • Patrick 6  

        Oups :)) Tu vois à quel point cette scène m’a troublé !

  • yuandazhukun  

    Bon prions pour que le big boss soit dans un bon jour et accepte….

  • JP Nguyen  

    Alors, je vais faire tache, mais ce film ne m’a pas laissé un souvenir marquant. Je l’ai vu à l’école (je ne sais plus si c’était en cours de français ou d’anglais) et… pas grand chose, des armures étincelantes, un Merlin bizarre et c’est à peu près tout..
    Ne tapez pas, j’étais jeune !
    Du coup, ma vraie rencontre avec le mythe Arthurien, ce serait plutôt le dessin animé « Merlin l’Enchanteur »…
    Pire, toujours en relation avec ce mythe, mes références préférées ce sont… les bouquins dont vous êtes le héros « Quête du Graal » par J.H. Brennan et la série télé Kaamelott !
    La lecture de cet article me fait donc prendre conscience de mon rdv manqué avec « un monument séminal du genre Heroic Fantasy dans le domaine du cinéma. »
    Et comme dirait le Perceval de Kaamelott : « Séminal ? C’est pas faux ! »

    • Leo Stéphane Maillard Peretti (et je cherche d'autres noms)  

      JP… Je me rappelle des livres de Brennan avec Excalibur Junior. C’était sympa. Je me rappelle aussi que notre nullissime professeur de français avait montré le film, en version anglaise, en noir et blanc (la cassette ou le magnétoscope devait avoir un problème…) à une salle de 5eme à moitié endormie , surtout excitée pour ce qui est des garçons par la scène de Uther et Guenièvre (Eh, Patrick, tu y étais, ce jour-là??).
      De toute façon, tout était mis pour les fasciner, un film en NB et sous-titré…

      Quand j’ai dit que j’adorais le film, la plupart des gamins m’ont demandé de leur expliquer -_- Inutile de dire que j’en était incapable.

      Jord, ça fait plaisir de te voir et te lire… Je sais que pour toi aussi ce film est important.

    • Jyrille  

      Je te rejoins complètement, JP : La quête du Graal de Brennan et Kaamelott, c’est du pur génie.

  • Présence  

    J’ai également vu ce film en étant adolescent. En voyant les images de l’article, je me souviens que c’est Mordred dans son armure d’or qui m’avait le plus marqué. Déjà à l’époque (en 1981), je suppose qu’il fallait une bonne dose de courage pour oser donner une énième interprétation de cette légende.

    Côté comics, je n’avais pas été très emballé par Camelot 3000 de Mike Barr et Brian Bolland. J’avais beaucoup aimé la version en roman de Marion Zimmer Bradley qui faisait de Morgane l’héroïne du récit « Les Dames du lac ».

  • Jord Ar Meur  

    Basé sur le roman « Le Morte d’Arthur » et d’autres sources, Excalibur est un film de John Boorman qui transcenda le genre. Premier film à prendre vraiment au sérieux la mythologie celtique de la Bretagne insulaire (il n’est jamais fait mention de l’Angleterre, pays qui n’existait pas à l’époque), mythologie qui fut massacrée par sa christianisation et les écrits de Geoffroy de Monmouth et Chrétien de Troyes (qui déplace l’action du Ve siècle dans le moyen-âge de son époque). Ce film se rattache à la « Dark Fantasy » mais reste fidèle à la « matière bretonne » et l’esprit celtique de la légende.
    L’univers décrit par Boorman est de ce fait plus réaliste et tangible que les autres adaptations cinématographiques du roi Arthur. Les anachronismes vestimentaires (les Chevaliers portent des armures moyenâgeuses) ne m’ont pas gêné pour une fois, on n’est pas dans un film historique (La fin du Ve siècle, après l’abandon des Romains de leur Province Britannia, est une époque barbare, sujette aux invasions des Angles, des Saxons et des Jutes, qui ne va pas tarder à tomber dans les « Âges Sombres »).

    Excalibur est devenu un film culte avec le temps. Je n’oublierai jamais la première fois que je l’ai vu au cinéma en 1981 alors que j’étais méfiant à l’époque pour tous les films traitant ce sujet. J’y suis retourné trois fois. Les paysages irlandais collent avec l’histoire, l’esthétisme extraordinaire, les personnages (à part la fusion des plusieurs chevaliers comme Galaad et Perceval, rendue obligatoire pour ne pas rallonger le film) sont conforment à la légende (Merlin est jeune, Arthur dépéri et se désintéresse de son royaume etc…)
    Un film que je ne me lasserai jamais de regarder avec passion.

    • Tornado  

      Jord, je t’aime mon frère !

  • Bruce lit  

    bon, je suis en retard là ….
    En tout cas, celà me fait toujours plaisir de voir des articles croosover, impulsés par les p’tits gars sans rien avoir à demander. Bravo !
    Je n’avais aucun souvenir des acteurs que tu cites Tornado, Stewart, Neeson et cie. En fait j’ai de très bons souvenirs mais brumeux de ce film. J’ai dû le voir sur C+ à l’époque où c’était encore une chaîne puis en vidéo club il y a une dizaine d’années. Je vais le revoir fissa !
    L’image de la main qui sort de l’eau (et qui rappelle bien évidemment celle armée d’un fusil pour Délivrance) est vraiment iconique. Un image puissante, réalisée si simplement que c’en est magnifique. De mon avis quelque chose d’aussi puissant que le monolithe de Kubrick.

    Puisque j’ai à faire à des spécialistes, j’ai en mémoire que la deuxième partie du film est un peu plus « molle » que la première. Je me rappelle que l’on perdait un peu de vue les personnages et d’un montage haché…mais, vraiment, il faut que je le revoie.

    Tornado : « Quand un homme ment, c’est une part de notre monde qu’il assassine ». C’est une citation biblique non ? Je me souviens l’avoir entendue sur l’instrumental « To live is to die » de Metallica.

    Et Jord, tu es ici chez toi.
    « Voyage en Boormanie » : quelle excellente tournure ! Bravo !

    • Leo Stéphane Maillard Peretti (et je cherche d'autres noms)  

      Je répond pour Tornado, vu que j’ai mis la citation…
      « Quand un homme ment, c’est une part de notre monde qu’il assassine » m’est venu en me demandant quelle tirade de Merlin était la meilleure. J’ai opté pour celle-ci. Je ne m’en rappelle pas dans la bible… Ma lecture éparse de ce livre de SF est lointaine…

      Pour ma part, je trouve que le film a un coup de mou juste après le mariage de Arthur et de Guenièvre et qu’à partir de la chute de Camelot, tout repart (dans la douleur des persos…)

  • Lone Sloane  

    Une chronique féconde pour un film à la beauté ensorcelante. John Boorman est un cinéaste britannique aussi important que Kubrick, et le passionnant cinéphile Michel Ciment leur a consacré dans les années 80 de brillants travaux (il s »est également intéressé à Elia Kazan, Bruce…):https://www.youtube.com/watch?v=Y1B5oc2sTEU
    Helen Mirren est une Morgane d’anthologie, et je te rejoins complètement Stéphane sur le fait qu’Excalibur n’est pas un film misogyne. Il l’est si peu que la belle Ygraine, saillie par Uther, n’est autre que sa fille Katrine.
    Comme Coppola, Boorman a mis en scène sa propre famille dans plusieurs films, et c’est son fils Charley qui incarne Mordred enfant.
    Voyage en Boormanie, c’est excellent et aurait pu être le titre de cette chronique

    • Bruce lit  

      John Boorman : porté disparu, le Boorman. J’ai revu récemment la Forêt d’Emeraude. Copeir-coller du commentaire amazon:

      « Sorti en 1985 la Forêt d’Emeraude attira plus de 2 millions de spectateurs dans les les salles françaises. Pourtant force est de constater que le film est tombé dans l’oubli. 30 plus tard que reste t’il de la fable écolo de John Boorman ?

      Tout d’abord un film à la beauté plastique indéniable sachant rendre justice à la beauté sauvage de la forêt amazonienne ,à sa faune,sa flore et ses habitants .
      Presque intégralement tourné dans la forêt avec de vrais indiens, les chasseurs de Boorman ne parlent pas un mot d’anglais. Les costumes, parures et maquillages sont un vrai régal visuel et les scènes de Chamanisme ont conservé toutes leurs forces. Le jeune Tommee crève l’écran et Powers Boothe avec son physique de psychopathe parvient à surprendre en père éploré.

      Seulement voila ,si le film reste haut en couleurs en terme d’action exotique , il propose un scénario un peu vieillot , un peu convenu parfois à la limite du vraisemblable .
      Ainsi Powers Boothe met 10 ans à retrouver la trace de son fils en exploitant une piste qu’il aurait pu creuser immédiatement après la disparition du petit garçon. C’est ce qu’on appelle un artifice scénaristique: 10 ans c’est aussi le temps qu’il fallait pour que Tommy devienne un beau  » sauvage » ciné-génique » et costaud . Suffisamment costaud pour escalader à main nue un gratte ciel pour retrouver son père au dernier étage sans transpirer , sans crampes ni aucune ecchymose…
      Ce manque de vraisemblance l’oppose aux détails méticuleux que Boorman met en oeuvre pour mettre en scène la vie des tribus amazoniennes.

      Tout ceci serait joyeusement folklorique si le scénario n’était pas si manichéen : aux gentils indiens s’opposent les méchants blancs , aux gentils Invisibles s’opposent les méchants Cannibales . Et bien sûr ces méchants cannibales dont, pour le coup ,Boorman délaisse complètement la culture, vont bien sûr s’associer les méchants blancs ; les Indiens y gagnent en alcool et en arme à feu , les blancs en prostituées exotiques …

      C’est la partie embarrassante du film : la confrontation obligée entre les bons sauvages tuant sans scrupules les méchants colons sans qu’aucune des deux parties ne fasse preuve de nuances…
      Un petit couplet moralisateur sur la déforestation (toujours d’actualité hélas) et l’affaire est pliée.

      Exotique et bien ficelé, la Forêt d’Émeraude n’évite ni les poncifs,ni les maladresses. Il en reste un film bancal à deux vitesse: Une partie documentaire remarquable qui donne envie pour les amoureux de la forêt de faire leur baluchon,une autre partie cinématographique assez kitsch avec un humanisme de salon. »

  • Tornado  

    Je l’ai revu aussi. C’est pas mal. mais c’est en dessous de ses film précédents.
    Dans le genre, j’ai essayé de redonner sa chance à « Mosquito Coast ». Et une fois de plus, ça m’a gonflé grave !

    • Leo Stéphane Maillard Peretti (et je cherche d'autres noms)  

      Le dernier film de Boorman (et ce sera probablement son ultime film, aussi) date de l’an dernier! Queen and Country. Je ne l’ai pas vu…

      Quand on parle de la forêt d’Émeraude , je pense directement à Mosquito Coast aussi. D’ailleurs Helen Mirren y est aussi. Par contre c’est un de mes films favoris.
      J’ai lu quelque part que Harisson Ford le considérait comme son meilleur rôle. C’est aussi mon avis. Pour la Forêt d’Émeraude, il y a en effet ce côté manichéen. C’est de nouveau le fils de Boorman qui a l’un des deux rôles principaux (en fait dans Excalibur, 3 petits Boorman sont des acteurs: ses deux filles pour Ygraine et la Dame du Lac et son fils) et la scène du passage à l’âge adulte avec les copine d’Ant Man me laisse toujours fébrile.
      Par contre , je décroche après la réunion père-fils. Il faut que revoie Delivrance et surtout Zardoz qui a été fait complètement sous acide, je crois… Qui s’en rappelle, ici?

      • Bruce lit  

        Queen and Country : serait ce l’adaptation du Comics de Rucka ?

        • Jyrille  

          Zardoz, avec Connery ? J’en ai un lointain souvenir, c’était assez violent et macho non ? En tout cas très barré, ah ah le costume de Connery… Je ne savais plus que c’était Boorman qui l’avait réalisé.

          • JP Nguyen  

            @Bruce : non le film de Boorman n’a rien à voir avec le comics de Rucka, l’expression « For Queen and Country » est une locution anglaise courante, souvent utilisée pour exalter le patriotisme… J’ignore son origine exacte, cela dit.

  • Jyrille  

    Bravo et merci pour ce bel article enthousiaste et passionné, et à quatre mains ! Je suis tout comme vous un enfant d’Excalibur, et l’affiche trônait dans mon magasin de jeux de rôles, ce poster était superbe et posait bien l’endroit. Comme le dit la légende, on n’en fait plus, des affiches comme ça…

    J’adhère dans votre sens en ce qui concerne le fort sous-texte et surtout, le parti-pris esthétique. Certaines scènes sont toujours mémorables, grâce à l’esthétique du film mais aussi aux costumes (ah ce masque de Mordred !) et aux décors, brumeux et boueux, ou tout verts : l’arbre aux pendus, la chevauchée du dragon, le combat final illustré ici (« Donnez-moi dix hommes »), la dame du lac et les apparitions d’Excalibur… Bref, c’est un vrai film culte. Je l’avais revu, étudiant, à une séance tardive où il était reprojeté. La salle était comble (c’était une soirée spéciale) et je me souviens parfaitement être retourné dans mon appart, à pied (plus de bus à une heure du matin), en écoutant le double blanc dans mon walkman (à K7). Des petits moments rares.

    Je l’ai acheté en DVD, puis l’ai revu il y a quelques années, mais je fus déçu : les acteurs ne jouent pas bien, certaines scènes traînent et sont finalement très peu utiles, ça manque parfois de rythme. Mais bon, je vais le revoir, car vous me donnez envie !

    • Nikolavitch  

      les acteurs sont formidables, je trouve, dans un registre shakespearien, mais la VF est assez hors sujet.

  • Bruce lit  

    Bien je viens de le revoir avec ma moitié et le film fonctionne c’est indéniable, même si les batailles avec 10 personnes à l’écran pour représenter un peuple m’ont fait sourire.
    Tornado : existe t’il une version longue? Les coupes sont tellement brutales quand même ! Des ellipses de 10 ans toutes les 20 minutes. Bon la narration reste fluide, mais il manque plein de scènes de transition qui marqueraient d’avantage les caractères. L’ambiance est là, on aimerait voir plus les personnages. Il faut attendre le dénouement pour revoir Guennièvre et Lancelot. Enfin, je trouve que toute la partie de la quête du Grâal mériterait un film en soi (et pas celui des Monty Python).
    Sinon, kes acteurs sont bons, même si Merlin cabotine effectivement et la musique de Trevor Jones ne m’a pas marqué. Les décors intérieurs sont par contre toc mais le travail réalisé sur les armures est magnifique.

    • Leo the Fléau  

      Il manque presque une heure de film, mais les rushs seraient perdus…
      Un director’s cut me plairait au plus haut point mais Boorman considère que le film est en fin de compte meilleur avec les coupures…

    • Jyrille  

      Ah ah ah ! Et bien je ne connaissais pas cette citation de Boorman. En tout cas ton titre m’a bien rappelé plein de trucs. Et fait rire.

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