En mission en Russie, pour le compte de Nick Fury

Punisher  : Mother Russia par Ennis et Braithwaite

AUTEUR : PRÉSENCE

Travailler pour le compte de Nick Fury

Travailler pour le compte de Nick Fury©Marvel comics

Ce tome fait suite à Kitchen Irish. Il contient les épisodes 13 à 18 de la série « Punisher Max », initialement parus en 2005. Les scénarii sont de Garth Ennis, les dessins de Dougie Braithwaite, l’encrage de Bill Reinhold, et la mise en couleurs de Raúl Treviño.

Frank Castle est en train de se restaurer dans un petit bar de quartier peu fréquenté où est également accoudé au comptoir un vieux russe en train de se plaindre de l’état de son pays d’origine en sirotant une mauvaise vodka.

Il s’attire en plus la colère de quelques gros bras en critiquant ouvertement Leon Rastovitch un malfrat local d’origine russe également. Il s’agit justement de l’homme que Castle recherche.

Il commence par s’assurer que le petit vieux ne subira pas les conséquences de ses déclarations, puis il questionne les gros bras avant de les abattre froidement.

Il se rend à la planque de Rastovitch et massacre quelques truands de plus. En sortant de la planque qu’il a incendié, il tombe nez à nez avec Nick Fury (et ce n’est pas un hasard). Ce dernier tente de faire réactiver le SHIELD avec les fonds nécessaire.

Pas de pitié, pas de compromis !

Pas de pitié, pas de compromis !©Marvel comics

Pour parvenir à ses fins, il a accepté la demande de quelques généraux américains. Une souche d’arme bactériologique est conservée précieusement dans une base militaire russe, par l’armée russe.

Les États-Unis souhaitent récupérer cette arme bactériologique létale avant que les russes ne réussissent à l’analyser et la dupliquer. Ils ont chargé Fury de trouver l’homme de la situation. Fury propose un marché à Castle que ce dernier accepte.

Il va donc accomplir cette mission de récupération en Russie, accompagné par Martin Vanheim, un soldat de la Delta Force (une unité secrète des forces armées américaines).

2 soucis : cette base abrite des missiles nucléaires, et Nikolai Alexandrovich Zakharov prend en charge la défense de cette base.

Avec cette histoire, Garth Ennis continue d’emmener le lecteur dans une direction peu prévisible.

Protection infantile

Protection infantile©Marvel comics

Après avoir arrêté le crime organisé à New York (In the Beginning), puis aidé un ancien compagnon d’armes contre le terrorisme irlandais (Kitchen Irish), Castle accepte de travailler pour l’un des rares hommes qu’il respecte et indirectement pour l’armée américaine.

Même s’il ne travaille pas vraiment pour son compte, il est beaucoup plus moteur que dans le tome précédent. À 50 ans et quelques, avec son expérience, il traite Vanheim comme un bleu (avec raison). Cette fois encore, le Punisher se tire de situations impossibles avec une inexorabilité qui renvoie à chaque fois au pacte passé par Ennis dans Born : il est invincible et indestructible.

Lâcher de Punisher

Lâcher de Punisher©Marvel comics

Ennis joue sur plusieurs registres à la fois. Il continue d’insérer des éléments de politique étrangère (l’héritage de la guerre froide pour les vieux soldats) et il concocte une situation désespérée (Castle et Vanheim coincés dans le sous-sol d’une base ennemie avec une seule sortie possible et couverte par les russes).

Il sort le Punisher de son environnement urbain pour une action commando avec une fin à grand spectacle. Le récit permet de mettre en avant le code moral de Castle, ses motivations profondes et son sens de la stratégie, le tout dans des effusions de sang toujours aussi sadiques et inévitables.

Avec cette histoire, le lecteur découvre encore un nouveau dessinateur sur la série : Dougie Braithwaite qui a également travaillé dans un autre registre avec Alex Ross pour Justice, avec des encrages de Bill Reinhold. J’ai trouvé que ce tandem a un style bien adapté pour ce Punisher plus réaliste.

PMMR crosse

Frank et sa routine…©Marvel comics

Tous les visages sont marqués par des rides, avec des expressions déterminées. Castle et Fury ont des masques de poker ce qui sied bien à leur manque d’émotivité et d’empathie. Cette histoire se déroule dans un monde presqu’exclusivement masculin avec des hommes habitués au combat et à la guerre.

Chaque visage fermé renvoie à la détermination et l’entraînement du soldat.

Le lecteur souffre également avec Castle devant son visage tuméfié. Pour être honnête, il faut bien avouer que ce mode de représentation des visages atteint ses limites quand ils l’appliquent à une petite fille.

Le niveau de détails des décors est satisfaisant. Braithwaite et Reinhold prennent le temps d’insérer des détails qui permettent que chaque endroit soit différent, que les bars ne soient pas des copier-coller les uns des autres, que les souterrains de la base russe donnent l’impression de s’intégrer dans un plan d’étage cohérent et que l’avant dernière séquence (dans la neige) transmette la désolation du paysage.

Frank a tenu sa promesse

Frank a tenu sa promesse©Marvel comics

Ennis continue d’envoyer Castle au combat, boucherie après carnage, sans qu’il n’y ait d’impression de répétition. Au contraire, l’adjonction d’un soldat surentraîné mais avec moins d’expérience met en évidence que Castle sait que le prix à payer est élevé et qu’il l’a déjà payé plusieurs fois.

La relation entre Fury et Castle apporte également un éclairage différent sur ce que Castle juge digne de respect et de confiance. Le nettoyage continue dans Up is down and black is white.

7 comments

  • Bruce lit  

    Une histoire essentielle pour le run d’Ennis sur Punisher qui a des répercussions sur la fin de la série. Et c’est amplement justifié. On ne peut pas jouer avec le nucléaire et passer à une autre aventure.

    Voila encore ce que j’apprécie chez Ennis : ce versant réaliste qui donne une cohérence à des événements invraisemblables !

    En travaillant sur tes scans, j’ai réalisé à quel point cette série m’était chère : rien qu’en voyant les images, je me suis senti happé par les souvenirs et ai eu envie de me relire tout ça !

    Je suis pas peu fier d’avoir incité le célèbre Présence à lire ça ( si mes souvenirs sont bons )

  • Présence  

    Tes souvenirs sont bons. Merci à toi d’avoir su me couvaincre. En plus, toujours grâce à toi, je fais des économies n’ayant plus envie de lire d’autres histoires du Punisher.

  • JP Nguyen  

    Pour caser un bon vieux jeu de mots : les russes auraient dû se méfier, c’est toujours dangereux quand le Punisher s’occupe de vot’ cas.

  • Tornado  

    J’avais beaucoup aimé cet arc. La relation avec la petite fille avait été critiquée il me semble. J’avais trouvé ça très touchant et au contraire très cohérent.

  • Bastien  

    Bonjour,
    Je continue mon run sur Garth Ennis,même si je vais m’arrêter la car ayant commencé Punisher en Français en deluxe Panini (que je trouve de très bonne qualité), je vais devoir attendre l’édition des prochains actes qui n’est pas encore annoncée.
    J’ai beaucoup aimé cette histoire.
    Avec un Frank qui est un homme d’expérience, et désenchanté. Plus rien ne le surprend et tout le laisse indifférent à part l’innocence de cette petite fille.
    Il veut bien travailler avec Fury car il respecte l’homme tout en sachant qu’il est peut être en train de le manipuler.
    Surement l’histoire la plus glauque que j’ai pu lire de Garth Ennis, à la fois dans le synopsis (injection d’une substance létale à (je m’arrête ici pour éviter les spoils)) et dans la façon dont Frank perçoit les autres (à aucun moment il n’est surpris des pires trahisons).
    Au passage j’ai beaucoup aimé les dessins qui sont très juste, et respecte l’esprit cru et noir de cet arc.
    Très bonne lecture.

  • Bastien  

    J’ai demandé au Community manager de Panini Comics (sur Facebook) et d’après lui ils vont continuer l’édition du run de Ennis en Deluxe, pour l’instant il est incapable de me dire quand est-ce que la suite sortira. A mon avis ce sera un deluxe par an, et puis c’est tout.

    • Lone Sloane  

      Je confirme les infos de Bastien. Le prochain Deluxe paraitra,à priori,en mai. Up is down and Black is white et The Slavers au menu. La vengeance est un plat qui se mange froid, Bruce.

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