Êtes-vous prêts à franchir la ligne jaune ? (Le Giallo)

Encyclopegeek : Le Giallo

Article de MATTIE-BOY

Le tueur ganté et les victims féminines, le cahier des charges du giallo Illustration de Mattie-Boy

Le tueur ganté et les victims féminines, le cahier des charges du giallo
Illustration de Mattie-Boy

Il est temps de retourner faire un tour dans le cinéma italien. Rappelez-vous, je vous avais parlé des gothiques italiens par l’intermédiaire d’une de ses égéries des années 60 : Barbara Steele . Mais cette époque étant l’âge d’or du cinéma italien, il y a d’autres genres à se mettre sous la dent jusqu’aux années 80 (vous connaissez déjà les westerns italiens je pense.)

Avant que le cinéma italien ne s’écroule (en enterrant globalement le cinéma de genre et d’auteur) à cause de la télévision et de l’apparition des VHS (et aussi des blockbusters américains qui concurrencent beaucoup trop leurs films dans les salles), il y a un genre typique de chez eux qui a existé et dont il faut parler : le giallo.

Alors c’est quoi un giallo ? D’abord ça veut dire « jaune » en italien, et c’est une référence à une collection de romans policiers à la couverture jaune. Et c’est rapidement devenu un genre cinématographique qui emprunte non seulement au policier, mais au cinéma de type thriller horrifique teinté d’érotisme. Communément considéré comme du cinéma d’exploitation à cause de cela (la violence et l’érotisme étant des éléments qui font vendre), leur utilisation ne semble pourtant jamais gratuite dans le giallo tant les crimes passionnels et sexuels sont au final monnaie courante dans les affaires criminelles. C’était simplement plus rare dans le cinéma de l’époque. Le giallo est aussi l’ancêtre des slashers américains, le tueur étant souvent masqué et muni d’une arme blanche.

Le genre nait dans les années 60. Rappelons qu’à l’époque le cinéma américain est un peu timoré et Alfred Hitchcock aura beaucoup de mal à faire son film PSYCHOSE puisque la censure exigera qu’on ne voie jamais de nudité ni de plaies ouvertes sur le corps des victimes (et il aura même du mal à filmer des toilettes !) Rappelons que la même année sortait en France LES YEUX SANS VISAGE de Georges Franju qui montre une opération visant à retirer la peau d’un visage. De même au Royaume Uni, la Hammer commence à faire couler l’hémoglobine et insérer de l’érotisme, et le cinéma italien va prendre le même chemin.

Le père du giallo est communément reconnu comme étant Mario Bava, un réalisateur dont j’ai déjà parlé, notamment à l’origine du film : LE MASQUE DU DEMON . Il commence en effet par réaliser LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, un giallo en noir et blanc en 1963. Mais à mon sens c’est avec la couleur que le giallo nait vraiment. Une des marques de fabrique de ce genre est l’utilisation de mises en scènes baroques où les couleurs sont souvent vives, et où le sang rouge coule sur des draps blancs, pour accentuer l’effet. C’était le début de la couleur en Italie et certains réalisateurs ont voulu en tirer le maximum.

Des films cultes, précurseurs du slasher ou des films de tueurs en série

Des films cultes, précurseurs du slasher ou des films de tueurs en série

Ce n’est qu’une opinion de ma part mais je trouve intéressant de voir les films de Riccardo Freda dont je vous ai déjà parlé : L’EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK et surtout LE SPECTRE DU PROFESSEUR HICHCOCK qui expérimentaient déjà des codes qui allaient devenir ceux du giallo avant même les films de Mario Bava. Mais bien évidemment ensuite ce dernier exploitera davantage l’idée et mettra en scène l’iconique tueur aux gants et chapeau noirs souvent présent dans les gialli avec SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN (1964)

Dario Argento est également un grand représentant du giallo. Mais il ne faudrait pas oublier le mésestimé Lucio Fulci, surtout connu pour sa trilogie de films de zombies qu’il a réalisé en fin de carrière (début des années 1980) avant de sombrer davantage dans le film fauché et les nanars. On retient hélas surtout cela de ce réalisateur en se moquant de ses films des années 1980 les plus ratés, à une époque où le cinéma italien tout entier se cassait la gueule et où il fallait travailler avec des budgets encore plus ridicules qu’avant.

Mais antérieurement à ses films de zombies, il a réalisé pas moins d’une trentaine de films entre 1950 et 1980. Ce qui joue en sa défaveur de nos jours, c’est justement sa filmographie énorme. Il réalisait et produisait beaucoup (et pas toujours de la qualité), tel certains réalisateurs hongkongais qui font de nombreux films de commandes (souvent des comédies) qui ne sortent jamais du pays afin de dégager des bénéfices pour de temps en temps faire des films plus personnels et soignés. Ce serait donc une erreur de rejeter la totalité de la filmographie de Lucio Fulci.

Mais évidemment Argento a réalisé un certain nombre de gialli avec L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL (1971), LE CHAT A NEUF QUEUES (1971), 4 MOUCHES DE VELOURS GRIS (1971), LES FRISSONS DE L’ANGOISSE (1975), ou encore TENEBRES (1983)
Mais au milieu de tout cela, il y a aussi du Fulci avec PERVERSION STORY (1969), LE VENIN DE LA PEUR (1971), LA LONGUE NUIT DE L’EXORCISME (1972), L’EMMUREE VIVANTE (1977) ou son dernier bon film L’EVENTREUR DE NEW YORK (1982). Ainsi que des gialli moins connus mais intéressants de réalisateurs moins célèbres : LA QUEUE DU SCORPION (1971) de Sergio Martino (qui a lui aussi sombré dans le nanar par la suite), ou LE TUEUR A L’ORCHIDEE (1971) d’Umberto Lenzi.
Ma liste n’est évidemment pas exhaustive mais je suis bien forcé de faire des choix pour que l’article ne soit pas trop long. Je vais donc vous proposer une présentation de cinq films que j’affectionne, certains parmi les plus connus, et d’autres moins connus.

L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL

Un premier film réussi

Le premier film de Dario Argento. Bien avant ses films plus mystiques auxquels je n’adhère pas (je ne suis pas fan de SUSPIRIA .)
Un jeune américain est témoin une nuit d’une agression dans une galerie d’art à travers la vitrine. Une femme se fait poignarder et l’agresseur s’enfuit. Le témoin se retrouve coincé entre deux vitrines alors qu’il voulait entrer et se retrouve à attendre. La police le découvre et il leur raconte ce qu’il a vu. La femme s’en sort après un séjour à l’hôpital mais n’aura curieusement pas grand-chose à dire sur son agresseur, comme si elle avait peur. Plusieurs autres femmes seront ensuite assassinées et le jeune américain va développer une sorte d’obsession à découvrir le coupable. Il faut dire que la police lui a confisqué son passeport et qu’il est donc forcé de retarder son départ. Mais au-delà de ça, il y a quelque chose qui le tracasse dans ce qu’il a vu. Un détail que son cerveau a enregistré mais dont il ne parvient pas à se souvenir précisément.
Comme souvent dans les gialli, malgré un aspect policier, le personnage principal n’est pas un policier, mais un monsieur tout le monde qui se retrouve embarqué dans une enquête dangereuse. Sans doute pour renforcer l’aspect film d’horreur. Le film utilise également, comme le fera plus tard le film MANIAC (1981), des plans filmés du point de vue du tueur lorsqu’il photographie ses prochaines victimes, avec parfois une légère respiration qui se fait entendre.

Ici le réalisateur s’adjoint les services d’Ennio Morricone pour la musique. Il n’est pas encore dans sa période expérimentale plus étrange durant laquelle il utilisera la musique des Goblins ou de Iron Maiden (pour le meilleur ou le pire.)
Le film est globalement plus classique par rapport au reste de la filmographie de Argento. Mais ça ne l’empêche pas d’être très efficace, et de tenir en haleine.

LE VENIN DE LA PEUR

 Fantasme et frustration

Fantasme et frustration

Un des premiers gialli de Lucio Fulci avec PERVERSION STORY, ce VENIN DE LA PEUR flirte pourtant avec d’autres genres, comme le thriller psychologique. Et il fait aussi partie de ces films au titre traduit n’importe comment en France. Le titre original Una lucertola con la pelle di donna signifie « un lézard à la peau de femme. »
Carol, une riche bourgeoise qu’on devine frustrée par son mode de vie froid et superficiel, fait souvent un rêve dans lequel elle se fait emporter par une foule de gens nus qui l’emmène vers le lit d’une belle femme qui va la déshabiller sensuellement. Il s’avère que la femme de son rêve est sa voisine, Julia Durer, une actrice à la vie débridée. Carol va alors consulter un psychiatre qui lui expliquera que ses rêves traduisent une répulsion en même temps qu’une fascination pour le mode de vie plus libre de sa voisine, et un fantasme de sa part de la rejoindre dans ses orgies.

Seulement un jour, elle rêve que sa voisine se fait assassiner. Et le lendemain, il s’avère que son rêve a été prémonitoire. En enquêtant elle-même, Carol va se retrouver la proie d’un mystérieux agresseur.
Difficile de parler de ce film sans révéler des moments clés de l’intrigue. Le film s’amuse avec les fausses pistes, l’alternance entre les rêveries de Carol et la réalité, le rapprochement de deux mondes si différents mais aussi malsains l’un que l’autre : celui de la bourgeoisie figée dans ses conventions et masquant sa vraie nature, et celui des hippies délurés libres mais parfois inquiétants.

Le rêve de Carol

Carol navigue de l’un à l’autre pour chercher qui a tué Julia, se fiant à son rêve dans lequel elle a vu deux personnes qui semblaient regarder directement en direction du meurtrier. Ses rêves sont-ils fiables ? Que cherche-t-elle vraiment ? On suit cette femme coincée dans son cadre bourgeois dépourvu de joie de vivre et détachée de son entourage dont le mari la trompe, sans jamais être sûr avant la fin de ce qui la motive et de quoi elle a peur.
La photographie du film est magnifique avec de beaux jeux de couleurs pour les séquences oniriques. La musique est toujours l’œuvre d’Ennio Morricone. Le film a un petit ventre mou au milieu, avec quelques effets cheap un peu inutiles (dont une magnifique chauve-souris en caoutchouc), mais le film tient en haleine, reste prenant et mystérieux, dresse un portrait inquiétant de deux mondes, et propose une fin satisfaisante. Même s’il faut bien avouer que la résolution de l’enquête intéresse moins Fulci que la psyché de son héroïne.

LA QUEUE DU SCORPION

Un film où l’enquête policière prime

Lisa Baumer, jeune veuve qui vient d’hériter d’un million de dollars (via la police d’assurance de son mari décédé dans un accident d’avion) est évidemment soupçonnée d’avoir provoqué cet accident. Son amant semble être son complice. Et il semble que la maitresse de son mari soit aussi intéressée par cet argent. Alors qu’elle se rend à Athènes (lieu de travail de son époux) pour toucher son argent, Lisa se fait assassiner par un tueur vêtu de noir. Peter Lynch, un agent de la compagnie d’assurance chargé de suivre Lisa Baumer pour déterminer son rôle dans la mort de son mari, se retrouve à devoir enquêter avec la police d’Athènes sur ce nouveau meurtre.
Sergio Martino se la joue un peu Hitchcock ici en décidant de tuer le personnage qui nous semble être le protagoniste au bout de 30 minutes de film (comme dans PSYCHOSE.) Malgré la culpabilité apparente de Lisa Baumer, le spectateur s’attend à ce qu’elle reste le personnage central. Mais non. Ce rôle échoue à Peter Lynch, l’agent d’assurance.

Le film puise sa force dans son intrigue et cet imbroglio composé de plusieurs tueurs concurrents et de nombreux suspects : la maitresse du mari et son acolyte, l’amant de Lisa, voire même Peter Lynch ou le mari prétendument mort de Lisa (l’a-t-on vraiment vu monter dans l’avion au final ?) Les suspects vont progressivement se faire égorger et la machination nous sera révélée au terme d’une enquête bien ficelée.
Plastiquement, le film est très soigné avec de beaux jeux de couleurs à la Mario Bava. Ce n’est pas le giallo le plus stylisé, la mise en scène reste tout de même plus sobre que celle d’un Dario Argento, mais il reste très bien filmé et le suspense nous maintient intéressé. La musique signée Bruno Nicolai ne rivalise pas avec celle de Ennio Morricone mais elle l’imite quelque peu et fonctionne très bien.

LES FRISSONS DE L’ANGOISSE
Le plus célèbre giallo

Le plus célèbre giallo

Un soir, Marc Daly, pianiste américain installé à Turin, surprend à travers une fenêtre le meurtre d’une parapsychologue alors qu’il est dans la rue. Le temps de monter à l’étage pour lui porter secours, il arrive trop tard. Mais comme il est déclaré témoin oculaire, il devra coopérer avec la police et mènera propre enquête.
Un point de départ guère différent de L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL, mais la suite diffère.

Ce film est un des plus connus de Dario Argento. Et alors qu’on vient de passer un film au titre correctement traduit, celui-ci n’a encore aucun sens. Le titre original Profondo rosso signifie « rouge profond ». Bon, je ne vais pas forcément me faire des copains, mais les films d’Argento ne sont pas mes préférés. Je les aime bien, mais là où il se distingue des autres par sa mise en scène, souvent le scénario n’est pas très élaboré. Non pas que ce soit le plus important, mais ladite mise en scène n’est pas toujours de mon goût non plus. C’est pourquoi je n’ai pas accroché à son TENEBRES et ses étrangetés de mises en scène (les victimes qui entendent chuchoter le tueur alors qu’il n’est pas dans la pièce par exemple.) Cela dit, j’ai bien aimé LES FRISSONS DE L’ANGOISSE.

La force du film réside à la fois dans la mise en scène, mais aussi dans ses personnages. Marc Daly va en effet collaborer avec une journaliste (jouée par Daria Nicolodi, future femme de Argento et mère de Asia Argento) pour découvrir l’identité du tueur (la police est un ramassis d’incompétents dans ce film, comme assez souvent il faut l’avouer.) Et le film a un petit aspect comédie avec ce « couple » d’enquêteurs attachants coincés dans une minuscule 4L, et sans que cela dénote trop avec le sérieux du film. Cela renforce surtout le côté « monsieur tout le monde » des protagonistes.

Le style Argento à son apogée

Une spécificité de ce film est qu’il nous montre dès le début le visage de l’assassin lorsque Marc se précipite vers l’appartement de la victime. Mais dans un couloir tapissé de portraits qui servent de distractions, et alors que la caméra se déplace. Ce qui fait que vous ne remarquerez rien (si vous jouez le jeu évidemment. Si vous avancez image par image…vous allez le voir.) Cela justifie ensuite l’impression que ressent Marc d’avoir vu quelque chose sans qu’il s’en souvienne consciemment.

D’une certaine façon, Martino faisait ça aussi dans LA QUEUE DU SCORPION en montrant brièvement le visage de l’assassin sous la pluie, mais alors que ce dernier a un bas sur le visage (et le nez aplati), que la lumière est bleutée, et qu’il fait la grimace. Ce qui fait qu’à moins de faire pause et analyser 2 minutes l’image, vous ne le reconnaitrez pas.
Au-delà de ça, je ne peux trop en révéler sur l’intrigue qui réserve ses surprises, mais je peux vous dire qu’on est plutôt dans le domaine de la maladie mentale et à la frontière du fantastique (notamment avec cette parapsychologue assassinée pour en avoir trop découvert.) La mise en scène est soignée avec des plans ingénieux et les meurtres particulièrement marquants et impitoyables (victime ébouillantée, lacérée, etc.) La musique est l’œuvre des Goblins, et c’est le début d’une collaboration avec Argento. Ce dernier aime bien les musiques insolites qui ne collent pas toujours avec l’image pour créer une atmosphère étrange. Selon moi, ça ne fonctionne pas toujours (je déteste son utilisation de Iron Maiden dans PHENOMENA), mais le thème principal de ce film est en tous cas très bon et mémorable, et participe, avec la mise en scène, à l’ambiance un peu irréelle du métrage.

L’EMMUREE VIVANTE
Un Lucio Fulci à découvrir d’urgence

Un Lucio Fulci à découvrir d’urgence

Virginia est sujette à des visions. Lorsqu’elle était enfant, elle a vu sa mère se suicider alors qu’elle n’était pas sur les lieux du drame. 18 ans plus tard, alors qu’elle s’engage en voiture dans des tunnels à l’obscurité oppressante, elle est sujette à de nouvelles hallucinations lui montrant une vieille femme se faire agresser et emmurer vivante. Est-ce déjà arrivé, ou prémonitoire ? Toujours est-il qu’elle finit par reconnaître le lieu du crime dans la maison de campagne de son mari. Elle casse alors le mur qu’elle a vu en rêve et découvre un squelette. Une enquête vieille de plusieurs années va alors être rouverte lorsque le squelette est identifié comme celui d’une femme de 25 ans portée disparue. Hélas, ce n’est pas la femme que Virginia a vue. Son mari, qui était à l’étranger à la date estimée du crime, est tout de même mis en prison lorsqu’on découvre qu’il avait une liaison avec cette jeune femme. Mais qui est le véritable tueur ? Et pourquoi la vieille femme que Virginia a vu mourir semble encore vivante ? Il semblerait que sa vision ne se soit en réalité pas encore produite. Et qu’en ayant elle-même cassé ce mur, elle a mis en marche une succession d’évènements qui pourrait bien la mettre en danger, telle Cassandre condamnée à voir un avenir dans lequel elle a elle-même un rôle à jouer.

Excellente surprise ce film ! On le sait, Lucio Fulci est doué pour les ambiances. Il est même plus doué pour les ambiances que pour le scénario. Mais ce film est tout bonnement excellent, tant au niveau de son ambiance que de son histoire. Réduire Fulci à ses films de zombies est une terrible erreur tant ses thrillers sont intéressants.
L’enquête de L’EMMUREE VIVANTE peut sembler confuse au départ, Virginia se reposant sur des éléments de sa vision en essayant d’innocenter son mari auprès de la police sans avoir de preuves. Les indices qu’elle va trouver vont toutefois contribuer à tisser lentement la toile que compose sa vision, donnant l’impression au spectateur qu’elle va elle-même causer la perte de la femme de son rêve, et renforçant l’idée inquiétante d’un destin inévitable. Le film a quelques similitudes avec LE VENIN DE LA PEUR avec son héroïne sujette à des visions, mais ici le film devient beaucoup plus policier. Fulci joue sur la perception et les souvenirs, les tours que peuvent jouer la mémoire, comme l’ont fait un peu d’autres réalisateurs avant lui mais cette fois l’idée est poussée à l’extrême.

La vision de Virginia

Le film est oppressant. Le lieu du crime qui n’existe que dans la tête de Virginia va pourtant prendre forme et donner l’impression au spectateur que plus elle approche de la vérité, plus le danger est grand. Le tueur de l’époque est alerté par la réouverture de l’enquête et se rapproche.
La mise en scène est soignée, avec ces plans filmés au travers d’une fissure du mur de briques, les zooms sur les yeux de Virginia ou sur les objets de sa vision qu’elle reconnait, ces moments de pause calmes avant une soudaine réalisation effrayante, etc. On pourrait craindre que ce soit des effets de style gratuits et que la fin soit décevante, mais le final est au contraire astucieux et conclue très bien ce film qui nous fait partager l’angoisse de son héroïne.
C’est un film très réussi encore rehaussé par l’inquiétante musique de Fabio Frizi.

CONCLUSION

J’aurais pu vous parler des films de Mario Bava, notamment LA BAIE SANGLANTE, mais pour être honnête, je ne suis pas bien fan du film. J’aime l’esthétisme de Bava en général mais pour ce film il choisit une approche plus naturaliste pour filmer des victimes se faisant assassiner dans les bois, et au final aujourd’hui, le film fait penser à un VENDREDI 13 et je trouve qu’il a perdu de son originalité. Même si évidemment c’était le premier et un des ancêtres des slashers. Mais je n’ai pas réussi à vraiment apprécier le film. Mais ai-je précisé que je ne suis pas fan de slashers ? En effet je trouve la mode du slasher américain bien moins intéressante ou imaginative. On enlève toute dimension policière, tout personnage intéressant et on fait juste gesticuler des ados stupides dans les bois qui se feront tuer par le fou local. Moui…bof. Le problème (ou l’intérêt, ça dépend) des slashers, c’est qu’ils rendent le tueur si charismatique et les victimes tellement stupides qu’on en arrive finalement à juste trouver les tueries divertissantes. Il y a bien entendu des exceptions mais alors que le slasher a beaucoup fait parler de lui et que le genre a même connu un renouveau nostalgique de la part de réalisateurs fans du genre, je trouve que le cinéma italien qui a précédé cette mode est injustement mis de côté et mérite d’être redécouvert.

J’espère que ce tour d’horizon vous aura donné envie de tester vous-mêmes certains de ces films. Et pour ceux qui auraient peur de la qualité d’image de ces vieux films en voyant les trailers, sachez qu’ils ont tous bénéficié d’éditions DVD de qualité à l’image restaurée, que ce soit chez l’éditeur NeoPublishing ou Le chat qui fume.

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BO du jour : le thème principal de L’EMMUREE VIVANTE, une musique que je connais curieusement depuis longtemps, et que j’ai probablement entendu sur une cassette audio de musiques de films durant mon enfance :

26 comments

  • JB  

    On reconnait bien Frizzi dans le thème de l’Emmurée vivante. Tout cela me donne envie de traquer les Fulci. Je n’ai vu que son Murder Rock dans la catégorie Slasher et cela m’avait un peu échaudé. Par contre, le réalisateur continue-t-il sa guerre contre les globes occulaires dans ces deux opus ?

    • Matt  

      Je n’ai pas vu Murder rock, mais vu la date (1984) on est dans la période du déclin du cinéma italien et Fulci, comme presque tout les réal italiens, faisait de la daube. Question de budget ou je ne sais quoi. Mais personne n’a été épargné à cette époque. Les bons Fulci c’est avant 1982^^

      Pas de globes oculaires éclatés dans ses gialli^^ Du moins pas dans Le venin de la peur, ni l’emmurée vivante. On n’est pas dans de l’horreur graphique à proprement parler comme dans ses films de zombies.

  • Bruce lit  

    En ce qui concerne les Gialli, ma culture cinématographique avoisine celle de Présence (héhé…). Je n’ai vu aucun de ces films et je serai bien tenté tant le cinéma de genre me fait de l’oeil ces temps-ci. Mais pour celà, il faudra que
    1/ je me trouve tout ça en médiathèque 7 chances sur 10
    2/ que je me trouve un temps sans les enfants ni madame 4/10
    3 Que je fasse réparer ma télé reliée à mon DVD 3/10
    4/ ou que je voie ça à mon bureau pendant le temps déjeuner 2/10
    5 / que je regarde ça sur ma tablette avec Netflix 0/10

    Bon en tout cas j’ai appris que Argento avait utilisé du Maiden sur un de ses films, je l’ignorais totalement. L’affiche de Profondo Rosso, c’est un plagiat de celle de Vertigo non ? Très sympa ta fausse affiche.

    • Matt  

      Ou alors tu chopes ça sur le net.
      Ou tu demandes à ton fournisseur de films habituel^^

      Plagiat, tout de suite les vilains mots.
      Honnêtement j’en sais rien, il y a 15 jaquettes différentes de la version italienne, et 15 autres en version anglaise…
      Au pire on peut dire « inspirée de… »

      Le Maiden chez Argento, c’est dans Phenomena ouais. Un film qui n’a pas fonctionné sur moi. Déjà les scènes de suspense avec du Maiden dessus…euh…ça prend pas chez moi. Zéro angoisse. Ensuite le film est original (une jeune Jennifer Connely qui communique avec les insectes qui va trouver la trace d’un tueur en série via ces insectes qui sentent la pourriture des victimes…un sorte de mélange de policier et de film fantastique avec cette nana qui pourrait être une X-men^^) mais le final est bien grandguignol.

      Si tu veux je peux te filer l’emmurée vivante et la queue du scorpion. J’ai déjà des « versions » numériques.

  • JP Nguyen  

    Bravo pour ton dessin, Matt ! Ça change des Nikolavitch ! J’aurais bien rajouté une plaie pour marquer la blessure d’entrée du couteau mais bon… Tu as bien assuré pour le modelage de la peau en couleurs, sans trait…

    Si je devais regarder certains des films chroniqués, ce ne serait sans doute que pour la musique de Morricone. J’aime beaucoup ce compositeur.

    • Matt  

      C’est encore trop horrifique pour toi ?

      La plaie du couteau, elle est dans le dos, na !^^

  • Tornado  

    Très chouette article, clair et concis. Tu as progressé dans la concision pour sûr ! ;)
    (et très chouette le dessin en intro aussi. Je veux faire ça souvent (par exemple sur mes articles « Crocodiles géants »), mais à chaque fois je me débine…).

    Purée je n’ai vu aucun de ces films et tu me donnes envie de tous les voir ! (Il n’y a que LES FRISSONS DE L’ANGOISSE que j’ai dû regarder en travers il y a quasiment 20 ans). Je les ai tous en plus (sauf LA QUEUE DU SCORPION que je n’arrive pas à choper…). Le soucis c’est que j’ai été tout de suite échaudé le jour où je me suis mis aux gialli avec ceux de Mario Bava que je n’ai pas aimés du tout (LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, L’ILE DE L’EPOUVANTE, LA BAIE SANGLANTE, LA MAISON DE L’EXORCISME et LISA ET LE DIABLE), et avec la trilogie des sorcières d’Argento (c’est pas du giallo mais bon) que j’ai trouvé complètement nulle ! Du coup ça m’a coupé l’herbe sous les pieds et depuis je repousse le jour où je vais devoir m’y remettre ! :D

    • Matt  

      Eh bah si ça peut te rassurer, je ne mets pas ceux de Bava parmi les meilleurs. Il faudrait que je revoie « 6 femmes pour l’assassin » vu il y a un moment, mais comme indiqué je ne suis pas fan de la baie sanglante à cause de l’absence de l’esthétisme du giallo justement (ça fait slasher façon vendredi 13…en avance bien sûr), la fille qui en savait trop est sympa mais pas extra…et en noir et blanc on n’est pas encore dans la mise en scène baroque des gialli plein de couleurs.
      La maison de l’exorcisme est mauvais carrément…et lisa et le diable…pas encore vu^^

      La trilogie de Argento je n’aime pas non plus, pas même Suspiria. Mais en effet, c’est pas du giallo !^^ C’est comme Fulci et ses films de zombies, c’est du cinéma d’horreur, pas du giallo.
      Et d’ailleurs je ne suis guère fan d’Argento globalement. Même si les titres chroniqués ici, je les trouve bons.
      Je peux te filer la queue du scorpion si tu veux, comme je l’ai dit à Bruce, j’ai encore une version numérique.
      J’ai bien aimé aussi « mais qu’avez-vous fait à Solange ? » comme giallo

      Et je dois voir « a la recherche du plaisir » et « l’étrange vice de madame Wardh » encore.
      « le tueur à l’orchidée » se regarde bien mais il souffre quand même de certaines coïncidences un peu grosses qui sentent les facilités scénaristes de fou^^

      Je pensais que quelqu’un relèverait le fait que Tarantino a réutilisé la musique de Fabio Frizzi pour « l’emmurée vivante » dans Kill Bill.

  • Tornado  

    Je veux bien LA QUEUE DU SCORPION. Je pensais que mon allusion était claire :D
    Vous auriez pu mettre un lien vers mon article sur THRILLER de Mickael Jackson dans lequel j’égraine les zombies de Fulci…
    Sinon c’est vrai qu’il fut un réalisateur prolifique et très éclectique. Je me souviens par exemple qu’il avait réalisé une version de CROC BLANC dans les 70′s que j’avais bien aimée quand j’étais ado (mais que je n’ai jamais revue).

    • Matt  

      Ah je t’avoue que je ne me souvenais plus de ton article.
      Si je l’avais cherché, il est probable que je ne l’aurais pas retrouvé^^ Je n’aurais pas refait le lien entre Fulci et Michael Jackson. T’sais moi la musique…

      C’est le drame de Fulci : il réalisait et produisait beaucoup. Du coup des fois…c’était caca, surtout après le déclin du cinoche italien. Et parfois il s’est retrouvé dans des trucs…comme Zombi 3 par exemple ou il est crédité réalisateur mais en fait il est tombé très malade et le film a été repris par Bruno Mattei (qui lui n’a jamais brillé^^, spécialiste de séries Z faites avec 3 sous)
      Bref on a tendance à prendre Fulci soit pour un gros naze soit pour un grand…mais en fait il a fait du bon et du pas bon^^ C’était un artisan prolifique avec des hauts et des bas. Faut pas tout jeter, c’est tout.

  • Matt  

    Et sinon je me demande si la programmation de la semaine n’est pas de la provoc de la part de Bruce^^
    J’essaie de faire court, de me limiter à 5 films, et la veille débarque un article de 10 000 mots…

    J’aurais probablement glissé un ou 2 films de plus. Mais bon…après c’est plus simple à lire quand c’est plus court, c’est un fait.

    • Bruce lit  

      Aucune provocation : la semaine était propice à cette programmation et de facto a reporté le FR de JP. Je me suis déjà exprimé sur les articles longs : vous avez 9/10 chances que le lecteur décroche avant la fin, le temps de lecture moyen étant de 4 minutes. Il n’y a pas de bonnes solutions : couper les articles en deux fait que la deuxième partie passe souvent à la trappe. J’en avais averti Patrick et ai même édité son texte de 1000 mots.
      Donc la consigne est bien la même pour tous court et synthétique. Une consigne bien respectée et je vous en remercie. A la décharge de Patrick, son texte date de février. Je ne me voyais pas publier Halloween au printemps.
      En numérique, je suis preneur de tous les gialli dont tu disposes ! Joie !

  • Matt  

    Et je n’ai pas insisté sur l’espèce de tradition de donner des titres un peu poétiques aux gialli.
    Mais faut dire que le titre VF vient souvent tout gâcher…
    sette note in nero (sept notes en noir…en référence à la musique qui joue un rôle dans le film) ça devient « l’emmurée vivante » Moui…bon…
    Pareil pour un lezard à la peau de femme qui devient le venin de la peur.
    Le tueur à l’orchidée c’est normalement Sette orchidee macchiate di rosso (sept orchidées teintées de rouge)
    La queue du scorpion…est bien traduit^^ Pas spécialement poétique mais mystérieux.
    Pronfondo Rosso est également plus mystérieux que les frissons de l’angoisse.
    Mais à côté de ça, la VF traduit correctement « l’oiseau au plumage de cristal » Bon…

  • Présence  

    Sympathique dessine en ouverture, avec un beau travail sur la mise en couleurs de la chair.

    Bruce a bien évidemment raison : je n’ai vu aucun de ces films. Malgré tout, la lecture d’une bande dessinée (Midi -Minuit, de Doug Headline & Massimo Semerano) m’a permis d’acquérir un léger vernis, d’autant que les auteurs avaient inclus une liste de 32 Giallo indispensables sortis en 1952 et 1982 en fin de leur volume. Ton introduction m’en a appris beaucoup plus sur le genre.

    J’ai lu tes commentaires sans regarder le nombre d’étoiles, et j’ai très bien ressenti que ton préféré est le dernier (confirmé par les étoiles). Tu m’a s donné envie de le voir alors que je sais très bien que l’ambiance oppressante et la tension ne sont pas ma tasse de thé.

  • Eddy Vanleffe  

    je passe en coup de vent, je suis pas hyper présent mais c’est un super article qui m’a régalé…j’adore les gialli… Profondo rosso, l’oiseau à plumage de cristal sont parmi mes thrillers préférés…
    J’ai plus de mal avec Mario Bava, la Baie sanglante ne m’ayant pas laissé un souvenir impérissable…
    par contre j’adore la passion de Fulci pour la corruption de la chair….
    Merci pour article atypique….

    • Matt  

      Merci à toi.
      Bava est surtout le mec qui a joué un rôle dans le lancement du genre, mais ses films que je préfère de lui ne sont pas ses gialli. Ce sont : le masque du démon, le corps et le fouet (parfois vu comme un giallo alors que…non c’est gothique et fantastique), opération peur, les 3 visages de la peur.
      Comme toi la baie sanglante…mouais bof, pas fan. Je crois me souvenir que j’avais aimé « 6 femmes pour l’assassin » mais ça fait longtemps que je l’ai vu.
      Après je reconnais l’influence qu’il a du avoir sur les slashers par la suite, mais ce n’est pas le réal que je préfère pour le giallo. Bah la preuve…quand j’ai du choisir 5 films pour l’article…j’ai pas pris du Bava^^

  • Kaori  

    Bravo pour l’illustration, Matt ! Je n’ai compris que c’était de toi que grâce aux commentaires des copains !

    J’ai appris de nouvelles choses grâce à toi. Bon, vu la longueur de l’article, je n’ai pas tout lu, je reviendrai lire en détail les films, mais ça enrichit déjà ma culture. Je ne connaissais pas du tout ce genre de cinéma.

    • Matt  

      Merci
      Beuh…c’est écrit sous le dessin que c’est de moi.^^

      Pas de souci, lis à ton rythme (pourtant j’ai fait des efforts de concision hein, t’as vu la longueur de celui d’hier ?^^)
      Tu es invitée aussi à lire l’article sur les gothiques italiens si tu n’es pas familière avec leur cinéma de cette époque.
      Juste pour la culture hein^^ Je me doute que ça ne doit pas être ton truc tous ces films d’horreur.

  • Matt  

    Je viens de voir « a la recherche du plaisir » (non, c’est pas un porno !) de Silvio Amadio.
    Un giallo ? Hum…il est à la limite d’un policier classique en fait, pas trop d’éléments du genre mis à part l’érotisme et le côté sulfureux avec la jolie Barbara Bouchet. Mais c’est un bon petit film.
    Pas un incontournable cela dit. Mais ça se regarde bien.

  • Jyrille  

    Ah, je l’attendais celui-ci ! Je connais le giallo de nom, mais je n’en ai vu aucun, ni aucun de ceux que tu cites. Suspiria de Argento ça compte (j’ai récupéré la BO des Goblins de ce film, elle est géniale) ? Et Body Double de De Palma ? J’ai souvent entendu le nom de Fulci, mais n’en ai vu aucun non plus…

    Ton illustration est très belle. Je ne suis pas certain que la perspective soit au top mais ça reste tout de même une belle réalisation.

    Tu vas pouvoir m’éclairer sur un point : les westerns italiens englbent-ils ceux de Sergio Leone, tournés avec des acteurs américains ? Ceux avec Clint quoi… Sachant que Leone a finalement fait peu de films. D’ailleurs c’est marrant toutes les bandes annonces sont en anglais dans ton article.

    Tu me rappelles que je n’ai toujours pas vu Les yeux sans visage, ni La féline… Misère. Et tu me donnes très envie de voir le premier Argento, qui me rappelle tellement BLOW OUT de De Palma, que j’adore. Sûr que ce dernier s’en est inspiré en plus de BLOW UP que je n’ai jamais vu en entier. De même, L’emmurée vivante a un pitch très intriguant. Cela dit, tous les autres ont l’air intéressants aussi. Qui a réalisé La queue du scorpion ?

    (Minute relektor : on dit détonne pas dénote, merci encore JP ^^)

    Au final cette présentation est vraiment didactique et amusante (ces courts chapitres sur chaque film, c’est ludique), et tu as réussi à me donner envie, clairement. Maintenant, il faut faire un encyclopegeek sur le genre ! :D

    La BO : je ne connaissais pas du tout, c’est chouette !

    • Matt  

      Merci de ton retour^^
      Faut que je m’habitue que t’arrives en décalage sur les articles toi^^

      Suspiria ne compte pas, non. C’est un film fantastique d’horreur, mais pas un giallo (qui se caractérise par quelque chose de plus policier avec série de meurtres, un tueur bien réel, même si parfois quelques éléments vaguement fantastiques interviennent comme des personnes qui ont des visions ou font des rêves prémonitoires. Mais en général c’est réaliste.)

      Le cinéma italien a souvent fait appel à des acteurs de tous pays. Même parmi les gothiques italiens dont tu as surement déjà lu l’article, Barbara Steele était britannique. Il y avait souvent des acteurs américains comme premiers rôles et des italiens pour le reste du casting. ça arrive avec le giallo aussi.
      Anita Strindberg qui joue Julia dans le venin de la peur et Cléo dans la queue du scorpion est suédoise, Stanley Baker qui joue l’inspecteur dans le venin de la peur est britannique, Florinda Bolkan et Jean Sorel qui jouent les époux Hammond dans ce même Venin de la peur sont brésilienne et français^^
      Donc tu vois…
      Les bandes annonces anglaises…euh…comment dire…ce sont les plus simples à trouver.
      Et comme je l’expliquais un peu je sais plus où, il n’existe pas vraiment de VO sur les films italiens. Sur le tournage, les acteurs jouent souvent dans leur langue maternelle, et tout est doublé en post-prod. Donc certains parlent bien italiens, d’autres anglais, etc. Et ensuite sont créées des doublages italiens et anglais (donc on voit des acteurs britanniques parler italien sans que ce soit leur vraie voix. Et idem pour les acteurs italiens qui sont doublés pour la version anglaise.)
      C’est spécial le cinéma italien pour ça^^ Et ce sont donc souvent des tournages multi-langues. Donc la bande annonce anglaise arrive vite aussi avant la sortie du film.

      Cela doit répondre aussi à ta question sur Sergio Leone. Oui c’est italien, mais tourné avec des acteurs qui viennent d’autres pays.

      La queue du scorpion c’est écrit, c’est Sergio Martino. Si tu ne connais de lui que Alligator dont Tornado a parlé, ou le continent des hommes poissons, tu vas te dire que c’est un faiseur de nanars^^ Mais comme expliqué, le cinéma italien s’est vite cassé la gueule dans les années 80 et de bons artisans ont fait des trucs fauchés pas terribles…

      Comment ça un encyclopegeek ? Ben c’est quoi mon article au juste ?

      Pour « dénote » tu as raison^^ Enfin…les 2 se disent mais n’ont pas le même sens. Et dans ce cas précis, j’aurais du dire détonne. Lapsus^^

    • Matt  

      Et sinon les yeux sans visage est très bien^^
      Un peu lent, mais à l’époque c’était courant, on est trop shootés aux blockbusters qui explosent toutes les 5min aujourd’hui.
      Et pour l’époque c’était plutôt glauque comme histoire.

      • Jyrille  

        Merci pour les précisions Mattie ! Oui je dois voir ce Yeux sans visage… Quant au doublage et le multilinguisme, tu ne m’étonnes pas : je n’ai jamais réussi à regarder Le bon la brute et le truand en VO. Trop n’importe quoi.

        • Matt  

          Mais quelle VO ?^^ Anglais ? Italien ?
          On retrouve parfois un peu ça dans les films chinois qui ont des acteurs américains. Les occidentaux se retrouvent doublés en chinois, c’est rigolo^^

          Moi ça ne me choque plus. Au final c’est pas plus bizarre qu’un japonais doublé en français…
          Et on regarde tous des VF sans être « choqués »

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