Évangile selon ANNO (Neon Genesis Evangelion)

NEON GENESIS EVANGELION par Hideaki Anno

Une déconstruction de KAORI

VO : Gainax et Khara

VF : Dybex, Netflix et Glénat

Cet article parlera de l’œuvre post-apocalyptique/psychologique/mechanique NEON GENESIS EVANGELION et de ses différents formats.

La trinité évangélique selon Anno  © Gainax - © Glénat

La trinité évangélique selon Anno
© Gainax – © Glénat

NEON GENESIS EVANGELION, qu’est-ce que c’est ? Une série ? Un film ? Un manga ?
En fait, c’est tout ça à la fois, et c’est surtout l’œuvre d’un réalisateur japonais, Hideaki Anno, quelque peu obsessionnel et perfectionniste par rapport à celle-ci, puisqu’il réalisera pas moins de 3 films en 1997, soit 1 an après la fin de la série de 26 épisodes, puis 4 autres films entre 2007 et 2020, afin de réparer les imperfections dues aux problèmes budgétaires et technologiques de l’époque puis de proposer une version alternative.

C’est également un manga en 14 volumes, paru chez Glénat en France et écrit et dessiné par le character designer de l’anime : Yoshiyuki Sadamoto. Ce manga n’étant pas l’œuvre de Hideaki Anno mais une version inspirée, il propose une vision assez différente de l’anime. Il sera suivi de plusieurs spin-offs.
Et NEON GENESIS EVANGELION, ça veut dire quoi ?
La traduction littérale est « L’évangile de la nouvelle genèse ». Titre bien obscur pour résumer une série qui par certains aspects l’est tout autant !.

Pour comprendre l’impact de NEON GENESIS EVANGELION dans la culture geek, il faudrait revenir à ce qu’était l’animation japonaise dans les années 80-90.
Le monde des séries animées japonaises était principalement peuplé par des sagas populaires interminables issues de gros studios tel que la Toei Animation (DRAGON BALL, DRAGON BALL Z, SAINT SEIYA, SAILOR MOON…) ou Sunrise (CITY HUNTER).
Les thèmes sont classiques : des magical girls pour les filles, pléthore de séries sur le sport, des séries loufoques sur le milieu scolaire, des sagas de combats et de mecha comme GOLDORAK, PATLABOR ou encore MACROSS et GUNDAM, ciblées pour les garçons.

C’est là qu’arrive le studio Gainax (co-fondé principalement par Hideaki Anno, Yoshiyuki Sadamoto et Shinji Higuchi) qui commence tout doucement avec les OAV de GUNBUSTER en 1989 (que je vous invite très vivement à regarder) puis la série animée NADIA, LE SECRET DE L’EAU BLEUE, déjà l’œuvre de Hideaki Anno à la réalisation et Yoshiyuki Sadamoto au character designer. Il s’agit ici d’œuvres abouties, pas trop longues pour l’époque, et surtout avec un début et une véritable fin, un scénario, une intrigue et des personnages profonds qui évoluent tout au long de la série.
NADIA est un succès. Mais le temps passe et Gainax demande à Anno de plancher sur un projet plus « large », plus grand public, plus familial.
Les mechas étant à la mode à cette époque, ce sera le point de départ.
Inspiré par la genèse, la série mêle finalement mechas, monstres, théologie et psychologie, voire même philosophie, avec pour personnages centraux des adolescents !
Le propos a donc de quoi surprendre. Et pourtant, ce fut un succès. Et 20 ans plus tard, c’est toujours une œuvre inoubliable qui a marqué les esprits de tous ceux qui comme moi dévoraient des animes par paquet.

Pour preuve : impossible de regarder le PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro, sorti en 2013, sans penser aux Evas ou aux Anges…
L’arrivée de NGE marque une nouvelle ère et un nouveau format concernant les séries « japanimées » : des séries plus courtes (souvent au format de 26 épisodes), originaux (alors que jusque-là on adaptait des mangas en série et films animés, ce qui expliquait le nombre d’épisodes, ici on fait le cheminement inverse : on développe une série ; si c’est un succès, on en fait une ou plusieurs séries de manga, ainsi que des films…) et à la réalisation impeccable.
C’est également une explosion en France : les catalogues des distributeurs Dybex et Déclic Images débordent de coffrets VHS et de mangas. La France deviendra ainsi le premier consommateur mondial de mangas juste après le Japon.

L’introspection du héros : un des thèmes fondamentaux du manga  © Khara - © Glénat

L’introspection du héros : un des thèmes fondamentaux du manga 
© Khara – © Glénat

Maintenant, je ne peux pas parler de cette œuvre sans expliquer l’impact qu’elle a produit sur moi. À l’époque où j’ai découvert cet anime, je « mangeais » de l’animation japonaise matin, midi et soir, me contentant de bonnes séries, parfois de moins bonnes. Il y avait toujours quelque chose à corriger selon moi. J’y trouvais toutefois toujours mon compte, ayant une capacité assez impressionnante à m’attacher aux personnages fictifs.
À cette époque, donc, je pleurais toutes les larmes de mon corps devant LE TOMBEAU DES LUCIOLES, je me transportais sur Gaia grâce à VISION D’ESCAFLOWNE, je partais dans l’espace avec GUNBUSTER, vivais des vies réincarnées au travers de NAZCA, bref, je m’échappais comme je pouvais de cette vie à laquelle je ne trouvais pas de sens.

Et voilà que débarque sur ma chaîne préférée de l’époque un jeune adolescent de 14 ans totalement renfermé sur lui-même et souffrant de ce qu’un des personnages nommera le dilemme du hérisson, à savoir qu’il ne peut se rapprocher des autres pour se réchauffer sans blesser ou être blessé.
Pour moi, c’est à la fois un électrochoc, une claque et un « coup de foudre » immédiat.
Mon intérêt pour la série aurait pu se résumer à cela (avoir trouvé un écho, bien que mon lien avec Shinji soit plus complexe que cela), n’étant pas très branchée « mecha », mais c’est sous-estimer le talent de Hideaki Anno.
Voici comment Hideaki Anno a développé l’un des animes les plus complexes mais aussi l’un des mieux réalisés depuis 20 ans.

1) La série animée
Elle se décline en 26 épisodes de 25 minutes. Produite par les studios Gainax et diffusée entre le 4 octobre 1995 et le 27 mars 1996 sur la chaîne Tokyo TV. Elle est commercialisée par Dynamic Visions en septembre 1996 en coffret VHS en VOSTF puis diffusée en 1997 sur la chaîne câblée C:. Il faudra attendre 1998 et la diffusion sur Canal Plus pour avoir une VF. Dynamic Visions poursuivra l’édition en coffret VHS puis en coffret DVD.
L’histoire se passe en 2015. On se trouve dans un futur post-apocalyptique où la Terre a été décimée après le « Second impact », qui a eu lieu en 2000 et où Tokyo a été submergée par les eaux.
Shinji Ikari est un adolescent de 14 ans qui débarque à Tokyo-2 après avoir été convoqué par son père, commandant de la NERV, étrange organisation secrète aux plans mystérieux, qui ne seront révélés que plus tard dans la série.
Celui-ci, Gendô Ikari, qui a abandonné son fils à la mort de sa femme, alors que Shinji n’avait que 4 ans, lui demande de piloter une Eva, gigantesque « humain de synthèse », afin de combattre les « Anges », de monstrueuses entités qui attaquent la ville sans explication.
Au départ, NGE se présente donc comme une banale série sur les mechas contre les monstres envahisseurs.
Il en est en réalité tout autre.

L’arrivée de l’anime culte sur Netflix
© Gainax – © Dybex – © Netflix

En réalité, les thèmes centraux de la série sont la solitude, l’acceptation de soi et l’ouverture vers les autres. Il s’avèrera que c’était aussi un moyen pour Hideaki Anno d’aborder son propre trouble borderline…
En effet, Shinji est aux antipodes du héros habituel : lâche, égoïste, peureux, incapable de se lier d’amitié, fuyant tout contact avec les autres (son mantra tout au long de la série sera de se répéter « Je ne dois pas fuir. » Mantra qui était aussi celui de Anno lorsqu’il prépara la série…).

Contrairement aux héros habituels, Shinji ne veut pas sauver le monde : il estime qu’il ne sert à rien, qu’il n’apporte rien, qu’il n’est digne que d’être détesté (il se déteste lui-même) et ne pense pas être capable de changer quoi que ce soit en lui ou autour de lui. Pourtant, tout en fuyant les autres, Shinji ne recherche qu’une seule chose, ce qui lui a manqué toute son enfance et qui, par ce manque, a détruit celui qu’il était : l’amour et l’affection des autres.
Ainsi, Shinji va finir par accepter d’être l’un des pilotes de la NERV (autrement appelés « Élu » ou « Children ») à contrecœur.
Autour de Shinji se greffent d’autres personnages.

Misato Katsuragi, 29 ans, est la chef des opérations liées aux Evas. Elle sera celle qui hébergera Shinji (son père refusant tout contact avec lui). Elle montrera qu’elle aussi porte un lourd traumatisme lié au Second Impact et qu’elle aussi porte un masque pour ne pas souffrir. C’est un personnage attachant, bordélique, qui adore boire de la bière et faire la bringue. Elle vit avec un pingouin d’eaux chaudes, Pen-Pen, personnage emblématique et élément comique de la série. Misato finira par s’attacher fortement à cet adolescent fragile et perturbé qu’est Shinji.
Rei Ayanami est la First Children ou Première Élue. Elle a, comme tous les Élus, elle aussi 14 ans. C’est un personnage très atypique qui révèlera un lourd secret. Elle a les cheveux blancs et les yeux rouges et semble dénuée d’émotions. En vérité, elle ne sait pas ce que sont les émotions ni comment les exprimer. Elle a un attachement très fort avec le père de Shinji qui la protège de manière assez particulière. Elle est la pilote de l’Eva-00. Au début de la série, elle est à l’hôpital suite à l’échec de sa synchronisation avec son Eva.
Asuka Langley est la Second Children ou Deuxième Élue. Elle vient d’Allemagne et n’arrive qu’à partir du 8ème épisode. Asuka est une jeune fille rousse très sûre d’elle, au caractère très fort et assez désagréable. Elle et Shinji ne s’entendent pas du tout, ce qui provoque quelques scènes assez drôles entre les deux. Elle aussi cache une profonde blessure.

Des personnages emblématiques. © Gainax - © Dybex

Des personnages emblématiques.
© Gainax – © Dybex

Toji Suzuhara et Kensuke Aida sont des camarades de classe de Shinji, Rei et Asuka (ce qui n’est pas un hasard). Malgré des débuts difficiles (le premier combat de Shinji ayant blessé la petite sœur de Toji), ceux-ci deviendront assez proches de Shinji, l’accompagnant à l’école et le soutenant chaque fois que nécessaire.
Gendô Ikari est le père de Shinji. Commandant de la NERV, il se montre froid et calculateur vis-à-vis de son fils. On apprendra par la suite pour quelles raisons il a une telle relation de désamour vis-à-vis de son fils, et ce qui le lie réellement à Rei Ayanami.
Voici pour la trame principale et les personnages.
À noter que Hideaki Anno s’est inspiré des travaux de Henri Laborit et Arthur O. Hirschman, que l’on retrouve dans la trinité des personnages centraux, à savoir que face à des épreuves, l’être humain n’a que trois choix : combattre (Asuka), subir (Rei) ou fuir (Shinji).
La série dissémine par-ci par-là les clés pour comprendre un peu plus l’intrigue, notamment l’existence de Rei, la relation entre Shinji et son père, le Second impact, mais beaucoup de choses sont restées floues, c’est pourquoi il est bien de connaître quelques informations complémentaires :
Le Premier Impact est en fait l’impact qui a mené à la création de la Lune, suite à la chute d’un astéroïde.
Le Second Impact, présenté au départ comme la chute d’un astéroïde sur Terre, se révélera en fait être dû à la rencontre entre l’homme et Adam. Ah… mais qui est ou qu’est Adam ?
Adam est en fait le Premier Ange, à l’origine de tous les Anges. On apprendra qu’il est caché par la NERV. Enfin, en théorie… La rencontre entre un Ange et Adam provoquerait le Troisième Impact.
Le but des Anges ne sera révélé qu’à la fin de la série, donc je ne m’étendrai pas sur le sujet.
Je me dois aussi de parler de Lilith, qui est le Deuxième Ange arrivé sur Terre, et mère du genre humain. Elle aussi tiendra un rôle important à la fin de la série.
Enfin, les Evangelion (ou EVA) sont des « humains de synthèse » qui cachent leur véritable nature. Elles ont été créées par la SEELE, organisation secrète qui se cache derrière la NERV.
Et pour terminer, le fameux « plan de complémentarité ». Il est le but ultime de la SEELE, qui suit les Manuscrits de la Mer Morte pour y parvenir.
On peut voir ce plan de complémentarité de l’âme de deux façons. C’est d’ailleurs ce qui sera fait : il sera effectivement traité de manière psychologique dans les deux derniers épisodes de l’anime, et de manière physique et plus concrète dans le film « THE END OF EVANGELION ».

Les Anges prendront toutes les formes possibles au cours de la série  © Gainax - © Dybex

Les Anges prendront toutes les formes possibles au cours de la série
© Gainax – © Dybex

Pourquoi EVANGELION est-elle une série culte ?
D’abord, il faut saluer la qualité de l’animation. Que ce soit au niveau des couleurs, du design des personnages, de celui des mechas, tout est soigné, dynamique, vivant, intense, net. Les émotions transparaissent sur chaque visage. J’ai beau la revoir 20 ans après, je ne lui trouve toujours aucun défaut.
L’image est belle, fluide, les combats sont ahurissants. Chaque personnage a une identité propre, un caractère et un physique différent. Mis à part quelques personnages secondaires, il est très facile d’identifier les héros et bien sûr, de s’y attacher.
Un élément incontournable dans l’animation japonaise, c’est la « bande-son » plus communément appelée soundtrack. Celle d’EVANGELION, signée Shiro Sagisu (déjà à l’œuvre sur NADIA) est particulièrement réussie, épique dans les moments de combat, amusante dans les moments comiques (impossible d’oublier le thème de Misato, enjoué à souhait). Et son « FLY ME TO THE MOON » est désormais indissociable de la série.

Une autre qualité particulièrement notable pour le monde de l’animation japonaise, notamment à destination de la télévision, est le doublage français. Je ne suis pas une adepte de la sacro-sainte VO. Je me tourne vers la VO quand je ne suis pas satisfaite de la VF ou quand je suis trop impatiente pour attendre la sortie en VF.
La VF de NGE a été particulièrement critiquée, de manière assez injuste. En effet, chaque comédien apporte une dimension totalement cohérente avec les personnages : Rei, doublée par Stéphanie Lafforgue, parle d’une voix monocorde, tout comme sa personnalité ; Donald Reignoux (âgé alors de 16 ans) avec sa voix légèrement cassée parvient parfaitement à retranscrire les émotions de Shinji. On n’a pas droit à des voix totalement hors réalité comme ce fut le cas avec le Capitaine Nemo dans NADIA, par exemple… Non, on une vraie VF de qualité, respectueuse du travail des acteurs originaux. Je resterai toujours fidèle à cette VF. J’aime cette VF.
Bien sûr, la VO ne démérite pas, au contraire, et qui aura regardé NGE en VO ne pourra pas oublier la prestation de Megumi Ogata (Shinji), entre autres. D’où le vent de scandale et de protestation à la sortie de la VF…

Une particularité de la série qui a déstabilisé plus d’un téléspectateur est cette utilisation récurrente de l’introspection. En effet, plus d’une fois Shinji se retrouvera inconscient dans l’Eva-01 et dialoguera de ses choix et de ses émotions avec des silhouettes de personnages… En vérité, l’Eva-01 est le seul endroit où Shinji se sent assez bien pour essayer de se comprendre et ne plus fuir. Et pas sans raison.
On peut louer également l’intrigue, profonde quoiqu’un peu alambiquée, et peut-être trop mystérieuse, voire complexe dans certains domaines. En effet, beaucoup de questions restent en suspens à la fin de la série, Anno se voyant refusé son projet initial pour les épisodes 25 et 26, jugés trop violents, et ayant épuisé tout son budget dans la réalisation des épisodes précédents.
Cette fin abrupte et totalement à l’opposé du reste de la série fit beaucoup polémique à l’époque.
Pourtant, Anno arrive à aller à l’essentiel. Sans trop en dévoiler, malgré deux épisodes composés de plans fixes (personnages assis sur une chaise), de styles graphiques simplistes et épurés et d’images tirées des autres épisodes, qui donne un aspect totalement WTF, le but est atteint.
Pour ma part, malgré une grande frustration de ne pas avoir de réponses à tout un tas de questions, j’ai été particulièrement touchée par la fin. Doublement, en fait.
D’abord, j’ai adoré l’aspect poétique, la profondeur de l’analyse, c’était une plongée dans la psyché du personnage. Tout ce que j’attendais vis-à-vis du personnage de Shinji.
Mais c’était aussi un étrange message que nous passait Anno. Un message à tous les adolescents du monde entier. Et moi, adulescente réfugiée dans mon monde imaginaire, je me suis sentie assez nulle, de ne pas avoir réussi à évoluer, au contraire de Shinji.

Et puis il y a l’après, aussi. Une fois la série finie, je me suis retrouvée en manque. En manque d’un ami, d’un compagnon de route qui partageait la même solitude que moi. J’avais plongé dans la tête et dans le cœur de Shinji, et je devais continuer le chemin sans lui. Oui, la fin d’EVANGELION a été assez difficile à surmonter, à cette époque. C’est assez ironique quand on sait que le but de Hideaki Anno était de convaincre les adolescents de sortir de chez eux, de quitter le monde virtuel de l’anime, du manga et des jeux-vidéos. Au final, avec son chef d’œuvre, il a créé un lien indéfectible au sein de la communauté des otakus… Le monde virtuel sera toujours moins effrayant que le monde réel. Et à nous avoir fait côtoyer des personnages si approfondis, on ne peut que regretter que ces personnages n’existent pas.
C’est pour toutes ces raisons que cette série fut une véritable révolution à son époque, et qu’elle a acquis un statut de série culte.
Pour information : aucune réédition de la série n’est à l’ordre du jour, à la demande de Hideaki Anno qui souhaite mettre en avant les derniers films…

Un final qui en déstabilisa plus d’un…  © Gainax

Un final qui en déstabilisa plus d’un…
© Gainax

2) La première série de films

En 1997, Hideaki Anno décide de répondre à la demande des fans frustrés par la fin en queue de poisson de la série animée. Il réalise alors 2 films et demi. Oui, rien n’est simple avec Anno. Il sort d’abord DEATH AND REBIRTH, film en deux parties qui est un simple montage des 24 premiers épisodes de la série pour la première partie, et les 15 premières minutes de l’épisode 25 réarrangées et complétées pour la deuxième.
S’ensuit alors THE END OF EVANGELION, qui reprend la partie REBIRTH du premier film (oui, faut pas chercher) et est complété par ce qui se passe physiquement dans l’épisode 26.
Il existe aussi le REVIVAL OF EVANGELION, qui présente une compilation améliorée de DEATH AND REBIRTH avec THE END OF EVANGELION, sauf que le DEATH est une « director’s cut » des 24 premiers épisodes, il devient le DEATH(TRUE)², et la partie REBIRTH disparait, puisqu’incluse dans THE END OF EVANGELION.
J’ai vu ces films il y a très longtemps et au contraire de la série, je n’en garde pas un souvenir impérissable. Juste beaucoup de sang et d’incompréhension. En cela j’ai préféré le mystère, les non-dits et la poésie des épisodes originaux.

3) Les mangas
En 1995, peu avant la diffusion de la série sur TV Tokyo, Gainax décide de lancer une prépublication du manga EVANGELION dans le magazine Shonen Ace. La sortie est un succès, et le manga sort chez Kadokawa Shoten en aout 1995 tandis que la série animée parait en octobre de la même année.
Le manga est signé Yoshiyuki Sadamoto, character designer de l’anime. Il est publié en France à partir de février 1998 par les éditions Glénat.
Il comporte 14 volumes. Le manga s’est terminé en 2013 au Japon et en France en 2014. Soit quasiment 20 ans de publication.
Le manga suit la trame principale de l’œuvre de Hideaki Anno, tout en modifiant un certain nombre d’éléments : un personnage qui termine blessé dans l’anime finit décédé dans le manga, les personnages n’ont pas forcément les mêmes réactions que dans l’anime et surtout, la fin est très différente de l’anime et du film THE END OF EVANGELION.

Le manga a l’avantage de s’intéresser davantage aux relations entre les personnages. De même, il est plus facile d’en comprendre le scénario.
Le point noir réside dans le délai d’attente entre chaque tome. EVANGELION étant une série qui se déroule quasiment « en temps réel », il était difficile de se remettre dans l’histoire à chaque nouvelle parution. Pour ma part, je me suis arrêtée au volume 11. Je pense quand même acquérir les trois derniers volumes afin de pouvoir relire et profiter de la série dans son intégralité.
En effet, visuellement, le manga est une vraie réussite. Yoshiyuki Sadamoto est toujours aussi doué pour donner vie à ses personnages, et utilise à bon escient les doubles-pages pour nous plonger dans les moments les plus cruciaux. J’ai par contre un peu de mal à me retrouver dans les combats avec les Evas, habituée au dynamisme et à la couleur de l’anime.

Suite au succès du manga, plusieurs spin-offs sont apparus, au nombre de 5 à ce jour :
- EVANGELION IRON MAIDEN 2ND de Fumino Hayashi. 6 volumes (VO : Kadokawa Shoten ; VF : Glénat)
Basé sur le jeu vidéo du même nom, le manga se focalise sur les personnages et leurs interactions.
- NEON GENESIS ENVAGELION : PLAN DE COMPLÉMENTARITÉ : SHINJI IKARI de Osamu Takahashi (VO : 18 volumes parus chez Kadokawa Shoten ; VF : 13 volumes parus (série stoppée) chez Tonkam).
Ce spin-off se focalise encore une fois sur les interactions entre les différents personnages de la série dans un contexte différent, en dévoilant le plan de complémentarité de Shinji Ikari, basé sur un fait simple : et si sa mère Yui Ikari n’était pas morte.
Une sorte de « Et si » qui ne trouvera jamais de conclusion en France, l’édition du manga ayant été stoppé suite au rachat de Tonkam par Delcourt.
- EVANGELION: GAKUEN DATENROKU de Ming Ming, 4 volumes (VO : Kadokawa Shoten, VF : Tonkam)
Récit sur un nouvel Ange à affronter…

Au cœur de l’action  © Yoshiyuki Sadamoto © Khara - © Glénat

Au cœur de l’action
© Yoshiyuki Sadamoto © Khara – © Glénat

D’autres mangas sont sortis ou sont en prévision au Japon, jouant toujours sur les personnages mais modifiant le contexte.
Comme quoi, même 20 ans après la sortie de la série, l’univers de NEON GENESIS EVANGELION se commercialise encore…

4) La dernière série de films : REBUILD OF EVANGELION

En 2007, après avoir revu la série, Hideaki Anno est pris d’une envie de remasteriser sa série grâce aux nouvelles technologies. Et d’en inventer une fin alternative.
- EVANGELION 1.0 : YOU ARE (NOT) ALONE :
Produit en 2007 par le nouveau studio de Hideaki Anno, Khara, et sorti chez Dybex en France.
Il s’agit d’un résumé des 6 premiers épisodes de la série, avec remasterisation et modification de quelques éléments technologiques comme les scènes avec les Anges. Les eaux submergeant Tokyo, qui étaient bleues dans la série, se retrouvent rouges comme la Mer Morte.

Première critique : la VF, sachant que le casting de l’époque n’a pas été rappelé (comme pour les premiers films d’ailleurs). Au départ, je ne m’en étais pas offusquée. Donald Reignoux ayant fini sa mue, on ne retrouvera jamais l’éraillement qu’il donnait à Shinji. Et puis, ce n’est pas parce qu’on ne reprend pas le casting original que le résultat est mauvais. Sauf quand on se fout de la gueule du public visé. AH ! Je râle rarement, je ne suis pas du genre à pousser des coups de gueule, sauf pour ça ! Y a rien qui ne m’exaspère plus qu’un doublage d’anime pris par-dessus la jambe ! Oh, ce n’est pas la faute aux comédiens de doublage, ils suivent les directives artistiques. Ici ça a dû être « Bon alors, elle, dans la VO, elle a une voix assez aigue et hystérique, donc exagère bien dans les aigues. Lui, c’est un adolescent mou du genou, donc comme t’as déjà mué depuis longtemps, essaye de faire une voix de gamin décérébré. Lui, c’est la grosse brute, on va prendre une voix de gros balèze bourré à la testostérone ». Ah mon Dieu, achevez-moi !!!
*inspire… expire…*
Bref, à voir en VO uniquement…
Pour le reste, rien à redire

- EVANGELION 2.0 : YOU CAN (NOT) ADVANCE
Produit en 2009 par le studio Khara et par Dybex en France.
On y retrouve les personnages de la série, puisque c’est la suite du premier film, sauf que Hideaki Anno introduit un certain nombre de différences qui vont influer sur le reste de l’intrigue.
À noter que cette fois-ci on retrouve le casting vocal VF quasi intégral de la série ! Ce qui en fait une VF tout à fait honorable. Je prends toujours autant de plaisir à entendre Donald Reignoux sur Shinji, même s’il a mué !

- EVANGELION 3.0 : YOU CAN (NOT) REDO
Sorti en 2012, toujours par Khara et Dybex.
Ici nous avons une totale réécriture de l’œuvre, particulièrement réussi visuellement et assez déroutante, puisqu’il s’ouvre avec un court-métrage live des Sudios Ghibli, narrant le Second Impact et ses conséquences…
Il manque donc le 4ème volet :
- EVANGELION 3.0 + 1.0
Peu d’éléments ont filtré. Nous savons juste que le film sortira en 2020 et qu’il conclura l’œuvre de manière inédite.
Aucun doute que dès que le 4ème volet (EVANGELION 3.0 + 1.0) sera sorti, je me ferai la tétralogie !

Pas de doute, on est bien dans EVANGELION…

Voilà, je crois que j’ai à peu près fait le tour de cette œuvre magistrale qui marqua une génération entière de fans d’animation japonaise et qui n’a pas fini de faire parler d’elle, je l’espère !

Pour ma part, même si, avec les années, j’ai perdu ce lien particulier que j’avais avec Shinji, ayant enfin fini par accepter de grandir, je garde une nostalgie et une profonde affection pour lui et pour EVANGELION. La prochaine étape : faire découvrir ce chef d’œuvre à mes propres enfants quand ils auront 14 ans…

—–
EVANGELION débarque chez Netflix. Pour son dernier article de la saison, Kaori vous en explique l’importance dans un dossier roboratif chez Bruce Lit.

BO du jour : Rien de mieux que le cultissime opening…

63 comments

  • Bruce lit  

    C’est toujours aussi bien. J’en suis à l’épisode 12, celui avec la corrosion, c’est la première fois que je m’ennuie : trop high tech pour moi.
    J’accroche avec tous les personnages. C’est une série très féminine en fait, puisque Shinji n’a rien de très viril. J’ai hâte d’en savoir plus sur Rei. Sa doubleuse fait vraiment du joli boulot.
    Mon seul reproche : mis à part un bref flashback de l’enfance chaotique de Misato, à aucun moment on ne perçoit la menace qu’ont fait peser les anges sur la planète. D’ailleurs leurs représentations graphiques est vraiment loupée : ce sont des formes géométriques abstraites sans expressions, sans son, sans membres. Nos amis pourraient se battre contre des méduses que l’immersion serait la même.
    A part ça, c’est vraiment bien.

    • Kaori  

      Jusqu’au 15, je dirais, c’est assez « calme ». Rien de transcendant, moi aussi je m’y ennuie un peu. Perdue par le langage high-tech aussi ;)
      Rien contre Asuka et son caractère… volcanique ?
      Et bien sûr que le doublage est bon ! Ceux qui critiquent ce doublage ont oublié à quoi on a eu droit durant les années Club Do…
      Concernant ton reproche, il est légitime. Anno a choisi de laisser planer beaucoup de mystère…
      Pour en revenir à notre conversation concernant Shinji, Eddy me disait qu’il avait inspiré un nouveau genre de héros, ce que tu confirmes avec ton ressenti sur le héros de Beck. Je suppose qu’il faut avoir une certaine dose d’empathie pour accrocher avec ce genre de personnages :D . Et peut-être aussi de l’intérêt pour l’introspection…

      • Bruce lit  

        Shinji est finalement absent de lui-même et de sa propre série. Asuka introduit un peu de vie face à ses deux copains quand même très déprimés. C’est ok pour moi.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *