Fire Walks With Me – 2° partie

Twin Peaks, Saison 3, par David Lynch & Mark Frost

La saison 3, longtemps préservée sous le secret le plus total et absolu !

La saison 3, longtemps préservée sous le secret le plus total et absolu !

Par : TORNADO

Cet article est consacré à la troisième saison de la série Twin Peaks par Mark Frost & David Lynch. Il fait suite à la première partie, consacrée aux deux premières saisons et au film Twin Peaks : Fire Walks With Me.

Nous nous étions arrêtés sur le souvenir douloureux que la création la plus étrange et fascinante de l’histoire télévisuelle s’était dramatiquement arrêtée en plein milieu, nous laissant tels des orphelins, sur l’un des pire cliffhangers de tous les temps. Et qu’il aura donc fallu attendre vingt-six longues années avant d’en connaitre la suite…

 La vache de coup de vieux…

La vache de coup de vieux…

Durant toutes ces années de désespoir, Twin Peaks devint peu à peu une œuvre culte, de ces œuvres qui font les fans extrêmes, ceux qui vouent parfois leur vie à leur temple ! Ceux-ci s’accrochèrent ainsi à une idée : A la fin de la saison 2, Laura Palmer donnait rendez-vous à l’agent Cooper… dans 25 ans.

Cette scène énigmatique fit naitre peu à peu une lueur d’espoir : Et si la série reprenait alors, en 2016 ? Le postulat fit son chemin jusqu’à réveiller l’intérêt général et, effectivement, l’annonce d’une troisième saison arriva courant 2014, pour une diffusion prévue à l’heure fatidique du vingt-cinquième anniversaire du final de la seconde saison !

La chose ne se fit pas sans mal. La chaine Showtime, qui décida de produire cette suite tant et tant rêvée, commença par imposer des limites à ses auteurs, comme par exemple une durée de neuf épisodes. Rapidement, Lynch claqua la porte et ce fut le drame, la consternation, la catastrophe pour les fans. Des mois passèrent avant que le cinéaste ne se ravise, réussissant à obtenir le budget, la liberté et le nombre d’épisodes qu’il exigeait (soit dix-huit), sans quoi cette troisième saison ne se ferait pas. Comme nous allons le voir, cette liberté artistique totale, obtenue au terme d’un véritable bras de fer, aboutira sur le meilleur et sur le pire côté de cette suite tardive…

pour de vieilles connaissances !

pour de vieilles connaissances !

Toutes ces déconvenues, imputées à l’exigence artistique extrême de ses auteurs, décala finalement la diffusion au printemps 2017. La bonne nouvelle ? L’ensemble sera écrit par Mark Frost & David Lynch, et ce dernier réalisera l’intégralité des dix-huit épisodes. Qui plus-est, on annonce d’ors et déjà un casting de fous, dans lequel se bousculent, autour des acteurs de la série originelle, Robert Forster, Richard Chamberlain, Laura Dern (actrice lynchéenne emblématique), James Belushi, Naomi Watts (autre actrice lynchéenne), Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, et bien d’autres encore.

Entretemps, certains acteurs d’hier sont décédés et d’autres sont mystérieusement écartés du projet, sans que l’on sache réellement pourquoi (telles Lara Flynn Boyle et Moira Kelly, toutes deux interprètes de Donna Hayward, Heather Graham, et même Michael J. Anderson, qui joue le fameux nain de la Loge Noire). Michael Ontkean, l’interprète du shérif Truman, refuse de participer au projet et l’acteur Robert Forster incarne ainsi son frère Frank, qui communique avec son prédécesseur par téléphone, alors que ce dernier (hors-champ) est apparemment hospitalisé pour une maladie grave.

Enfin, trois acteurs malades, Miguel Ferrer (l’agent Albert Rosenfeld), Catherine Coulson (la femme à la bûche) et Warren Frost (le Dr Hayward), décèdent après avoir tourné leurs scènes. Et puis, les teasers annoncent également que, cette fois, l’intrigue ne se déroulera pas seulement dans la ville de Twin Peaks, mais au contraire dans tout le pays…

Lorsque le premier épisode est diffusé au mois de mai 2017, après une attente interminable et une mise au secret poussée jusqu’à l’absurde, l’excitation est à son comble, et la peur de voir cette nouvelle saison ratée, aussi… Dix huit épisodes plus loin, le fan est perdu. Évidemment, c’était du David Lynch pur jus !

Les (très) nombreuses nouvelles têtes de la saison 3.

Les (très) nombreuses nouvelles têtes de la saison 3

Car cette saison 3 est une œuvre somme du réalisateur de Lost Highway. Conçu comme un film de dix-huit heures, le show se déroule tout du long sur le même schéma : Twin Peaks ? On y va le moins possible ! L’agent Cooper ? Tout juste sorti de la loge noire au bout de 25 ans, il est amnésique et impotent. Et pendant ce temps son double maléfique, possédé par Bob, court toujours en refusant de réintégrer sa tanière. Et chaque épisode se termine sur un titre chanté en live au Roadhouse, où l’on peut voir défiler des personnalités plus ou moins connues, comme les groupes Chromatics, Nine Inch Nails ou encore Eddie Vedder, le leader de Pearl Jam.

Cette structure narrative (si l’on peut la nommer ainsi), quasi immuable, implose néanmoins lors d’un huitième épisode hallucinant dans tous les sens du terme (et entièrement filmé dans en noir et blanc proprement sublime), où l’on se perd entre ce qui semble être une origine mythologique de la série, et une expérimentation psychédélique purement lynchéenne réalisée par un auteur qui a décidé de faire ce qu’il voulait à ce stade…

Les premiers essais nucléaires de 1945, réalisés dans le Névada, seraient-ils à l’origine de la création de Bob, l’esprit malfaisant réfugié à Twin Peaks ? Ces essais auraient-ils ouvert sur l’Amérique une dimension maléfique ? C’est ce que semble insinuer cet épisode, mais rien n’est sûr car, fidèle à lui-même, Lynch ne nous explique rien. Il exprime seulement des sensations, allant jusqu’à utiliser la musique de Krzysztof Penderecki (Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima), déjà entendue chez Stanley Kubrick, ce qui semble représenter en soi une certaine note d’intention…

Une origine mythologique pour la série ?

Une origine mythologique pour la série ?

Pendant ce temps, le spectateur est noyé comme jamais au beau milieu d’un océan de délires expressionnistes et de scènes surréalistes. Les auteurs ne nous livrent ainsi quasiment jamais ce que l’on attendait. Et ces derniers de se détourner de l’esprit feuilletonnesque qui avait fait le succès des deux premières saisons, renonçant d’emblée au format télévisuel propre à la série.

Cette suite est ainsi un ovni absolu, ni une série, ni un film, mais autre chose, un ailleurs inexprimable ! Une déconstruction totale de l’œuvre de David Lynch. Ceux qui attendaient de retrouver les sensations de la première saison en seront pour leurs frais : Le cinéaste préfère étirer l’univers de ses films précédents, qui semblent trouver ici une continuité temporelle, ou plutôt extra-temporelle. Vous vouliez voir la suite de Twin Peaks ? Alors vous aller tirer la tronche quand vous constaterez que Lynch nous signe avant tout celle d’Eraserhead, son premier film incompréhensible réalisé en 1977 !

Bon, ce n’est pas le cas en réalité. Mais c’est un peu la sensation que procure la vision de cette suite tardive, comme si David Lynch prenait sa revanche sur un monde de cinéma bridé par les impératifs commerciaux. Un Lynch enfin libre. Un Lynch néanmoins attaché à sa création qui s’offre par ailleurs l’un des rôles principaux de cette troisième saison, y apportant une touche d’humour truculent et de chaleur humaine communicative, comme pour nous montrer son implication réelle. On retrouve donc l’agent Gordon Cole, chef du FBI, qui ne faisait que passer dans les épisodes précédents, et qui mène ici l’enquête principale, à la recherche de l’agent Cooper disparu depuis vingt-cinq ans…

Gordon Cole : Un Lynch à la fois devant et derrière la caméra

Gordon Cole : Un Lynch à la fois devant et derrière la caméra

Le résultat est difficile à décrire ou à définir. Personnellement, cette troisième saison m’aura tour à tour étonné, séduit, perdu, enchanté ou au contraire exaspéré au plus haut point. En refusant de nous offrir ce que nous attendions, Lynch & Frost vont loin dans le nihilisme. Certaines séquences tiennent ainsi de la provocation, lorsque les plans étirent les moments contemplatifs qui s’éternisent, alors que le spectateur attend désespérément qu’il se passe quelque chose. Les scènes où les personnages se regardent sans rien dire pendant plusieurs dizaines de secondes sont ainsi légions, tandis que les errements hébétés de l’agent Cooper, qui découragent le plus ardu des spectateurs à l’idée de le voir recouvrer la mémoire, s’étendent à l’infini, jusqu’à se répéter au stade de l’overdose consommée.

Les passages développant les retrouvailles avec les personnages originaux de la série sont également réduits à leur portion congrue, échappant parfois au sens commun, sans que les scènes fassent sens. Bref, les éléments de déception ne manquent pas.

Le méchant Cooper, le bon Cooper et… Dougie Jones !

Le méchant Cooper, le bon Cooper et… Dougie Jones !

Et pourtant, avec le recul, il est bien difficile de nier que l’ensemble était sacrément incroyable. Les retrouvailles avec l’univers de Twin Peaks auront été égrainées par le biais de petits détails furtifs, lorsque le vieux Ed Hurley regarde mélancoliquement Norma Jennings, son ancienne maitresse toujours propriétaire du Double R, ou lorsque Bobby Briggs, hier petite frappe du comté et aujourd’hui adjoint du shérif, se met à pleurer en revoyant l’ancienne photo de Laura Palmer.

Les sensations d’antan sont également distillées de manière ponctuelle, notamment lorsque l’agent Cooper, amnésique, se souvient de son goût pour le café et qu’on le voit retrouver le plaisir magique de la tarte aux cerises… Des détails immergés au cœur d’une intrigue tentaculaire et d’un récit choral aux multiples personnages, qui témoignent des proportions prises, avec le temps, par l’aura maléfique de la Loge Noire, hier cantonnée à Twin Peaks et ses environs, et aujourd’hui éclatée dans tout le pays et même au-delà.

Car le pitch de cette troisième saison est bien là : L’univers parallèle ouvert il y a bien des années s’est nourri aux racines de la forêt de l’état de Washington, principalement à travers une personne : Laura Palmer. Puis, petit à petit, grâce aux pérégrinations d’un agent Cooper possédé par le mal, il s’est étendu de plus en plus loin. Ceux qui savent communiquer avec la Loge Noire peuvent s’apercevoir qu’elle permet d’entrer dans une dimension qui distord l’espace et le temps. C’est là que l’enquête, amorcée vingt-cinq ans plus tôt, va mener nos agents du FBI.

Des retrouvailles, des découvertes, et le visage de Diane enfin révélé…

Des retrouvailles, des découvertes, et le visage de Diane enfin révélé…

Cette distorsion de l’espace et du temps, que David Lynch a déjà abondamment traité dans son œuvre, va évidemment affluer dans tous les recoins de cette troisième saison, au point d’en devenir le sujet, l’enjeu, et l’aboutissement de l’enquête.  Dès lors, le final, tétanisant (bien plus encore que celui de la saison 2), est plus une fin ouverte (à moult pistes de réflexion) qu’une conclusion en bonne et due forme. Au point que des hordes de spectateurs se sont empressés de réclamer… la suite ! Postulat immédiatement enterré par Kyle McLachlan qui assure qu’il n’a jamais entendu Lynch parler d’une saison supplémentaire.

Le plus frustrant se situe au niveau de tous les éléments qui semblent avoir été abandonnés en cours de route, notamment en ce qui concerne certains personnages : Sarah Palmer (la mère de Laura) est-elle l’autre démon caché au cœur de la ville, qui serait passé inaperçu depuis le début ? Audrey Horne, anciennement la plus craquante des habitantes du conté, est-elle devenue folle et amnésique à la suite de l’explosion de la saison 2 et de son viol apparemment commis par le méchant Cooper tel que cela est suggéré dans la saison 3 (auquel cas son étrange nabot de mari serait en réalité son psychiatre, déformé par sa vision aliénée) ? Autant de sous-intrigues laissées en jachère, ou en tout cas à l’état d’ébauche, alors que le fan aurait voulu en apprendre bien davantage.

Audrey danse : les fans attendaient ce genre de scène…

Audrey danse : les fans attendaient ce genre de scène…

Et c’est avec la fameuse scène de la danse d’Audrey, héritée des deux premières saisons, que s’illustre bien l’équilibre fragile sur lequel semble s’être positionné David Lynch ici, qui ne nous livre les séquences attendues qu’avec radinerie, enchainant systématiquement sur des pieds de nez semblant nous crier à l’oreille que ça suffit comme ça !

Tel est le jeu qu’il faut accepter de jouer afin de suivre cet auteur dans son art. Un art qui ajoute ici une pierre supplémentaire à son édifice unique en son genre en mêlant les mediums du cinéma, de la télévision et de la musique, comme jamais personne ne l’avait fait auparavant, offrant à la saga une place à part dans le milieu de la création audio-visuelle. Et d’ailleurs, avis aux non-anglophones : Toutes les chansons qui sont présentées au Roadhouse ajoutent semble-t-il du sens à l’intrigue générale, chaque titre étant lié à la thématique de l’épisode idoine.

Des personnages nimbés d’une brume à même de contaminer les spectateurs…

Des personnages nimbés d’une brume à même de contaminer les spectateurs…

Maintenant, attention : Cette orientation radicale tournée vers l’art contemporain le plus opaque et expérimental, cette manière irritante de ne pas donner au public ce qu’il est venu voir, ces longs moments contemplatifs étirés à l’extrême ; bref, tout cet agglomérat de trips hallucinatoires, ce patchwork dérangeant et saugrenu, tous ces parti-pris déconcertants, sont autant d’éléments que beaucoup recevront comme des trolls postés à la face du monde, ou comme des doigts d’honneur narratifs de sinistre nature. C’est l’étrange sensation qui risque de venir vous perturber l’esprit à l’issue de cette dernière saison inespérée : Et si David Lynch ne faisait ici que répéter de manière idiosyncratique ses tics artistiques tel un vieux crouton sardonique mort de rire à l’idée de nous avoir tous mystifiés ?

Faites-vous une idée par vous-mêmes, et venez ensuite dire ce que vous en avez pensé. Jusque là, il est probable que Laura Palmer et l’agent Cooper resteront prisonniers quelque part dans l’espace-temps, en compagnie des fans indécrottables, pour qui Twin Peaks restera un chef d’œuvre quoiqu’il arrive, parce qu’ils veulent continuer de marcher indéfiniment avec le feu…

Pauvre Laura : Avec le feu, pour l’éternité…

Pauvre Laura : Avec le feu, pour l’éternité…

Alors, au final, est-ce que c’est bien ? Et bien, oui, c’est très bien. Même si l’expérience vécue par le spectateur fut on ne peut plus agaçante, David Lynch a pu créer Son Monde. Et c’est là qu’est l’essentiel : Ils sont très rares, ces créateurs capables de créer un Monde tout entier, un univers à nul autre pareil où tout ce que l’on voit, ce que l’on entend et ce que l’on respire ne ressemble à rien de connu et où, en même temps, tout est parfaitement reconnaissable comme faisant partie de ce Monde là. Rien que pour ça, Souhaitons que Dieu prête vie à David Lynch, et à Mark Frost aussi !

Vieille canaille !

Vieille canaille !

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Alors cette suite de Twin Peaks ? Réussie et exaspérante, fidèle mais dans le refus de tout fanservice, lente et passionnante, cette dernière saison de la série de David Lynch et Mark Frost est tout celà à la fois. Tornado vous explique pourquoi.

BO :  Etant donné que Bruce vénère le groupe Nine Inch Nails, l’occasion d’illustrer cet article avec un extrait de la BO directement puisée dans la troisième saison de Twin Peaks était trop belle. Attention les oreilles quand même, parce que ça pique !

30 comments

  • David Brehon  

    Excellent article. Tornado, je partage ton point de vue à 95 %, ce qui est exceptionnel sur un sujet si riche et si complexe. Il y aurait tant d’autres choses à dire sur cette expérience sensorielle unique mais tu as abordé les points les plus marquants. Avec une très belle plume.

    • Tornado  

      Merci. J’ajoute que j’ai acheté « L’histoire Secrète De Twin Peak » suite à tes remarques, et que je regrette de ne pas avoir mentionné, dans l’article, l’existence de ces dossiers rédigés par Mark Frost (quelques lignes supplémentaires auraient suffi)…

  • Présence  

    Respect pour avoir trouver comment parler de cette troisième saison qui a l’air des plus labyrinthique.

    En particulier j’en ai bien aimé son aboutissement qui pose crûment la question de savoir quelle était l’intention des auteurs, de mystifier leur public, ou plutôt de donner corps à leur vision artistique, surtout celle de David Lynch à te lire. Comme toi, je vois mal quelqu’un passer 2 ou 3 ans de sa vie à se demander comment vais-je plonger des spectateurs dans la confusion la plus totale pour saborder en plus mon œuvre. A la réflexion, je suis assez épaté que David Lynch ait pu réaliser autant d’épisodes (18) en si peu de temps.

  • Bruce lit  

    Pour info, ton article a été lu et approuvé au préalable par Steve il y a quelques semaines quand celui-ci en était en encore à l’état d’ébauche. C’est un compliment venant d’un Twin Peakers exigeant :)
    Pour ma part, je reste sur mes positions entre ton avis et celui de David Brehon : ça m’a l’air aussi bien que sans concession et pour une fois, la qualité semble au rdv de tous ces revivals. Je n’en attendais pas moins de Lynch.
    Maintenant…18 épisodes…Et cette lenteur que tu évoques côtoyant de purs moments de génie…
    Ce qui pourrait me pousser à franchir le pas serait de savoir ce qu’il est advenu de l’agent Cooper. Mais d’après ce que tu décris, celui-ci ère comme un fantôme dans sa propre série….Je ne sais pas en fait…
    Peut-être quand mon frangin achètera le DVD…
    Dis-moi, de ce que j’ai lu, est-il possible d’embrayer direct sur cette troisième saison sans revoir les deux premières et le film ?
    NIN : c’est gentil d’avoir pensé à moi. Je reste un fan de NIN. C’est à dire que je continue de suivre son actualité malgré une décennie d’albums décevants et soporifiques. Ce morceau en est la pure illustration. Je préférais Trent Reznor torturé et rachitique plutôt que sa nouvelle version bodybuildé De Nirock teigneux. Ca ne m’empêchera pas d’aller le voir cet été à l’Olympia.
    Enfin, le choix de la cover du scan 1 est juste magnifique.

    • Matt  

      18 épisodes…
      ça aussi ça n’aide pas. C’est une série, elle n’avait aucune chance avec moi.
      Même si je reconnais qu’il y a des trucs excellents en séries TV (game of thrones, boardwalk empire, etc…), c’est bien trop chronophage pour moi. Même une série animée japonaise de 26 épisodes de 20min, c’est plus court qu’une série live de 10 épisodes d’1h. Alors des séries live de plusieurs saisons…je sais de toutes façons que même si je les regarde, je ne reviendrais jamais pour un second visionnage parce qu’il y a trop d’autres trucs à voir. Je préfère réserver mon temps à des films ou éventuellement à des séries animées plus courtes.
      Je n’ai toujours pas tenté Ash vs Evil dead non plus. Je pense que ça devrait me plaire mais la durée me calme.

      • Bruce lit  

        @David : bien ! voici un argument majeur qui achève de me convaincre de m’y lancer à la sortie du DVD. Merci.
        @Matt : je regarde actuellement les 125 épisodes de Dragon Ball Super. Je confirme que pour l’instant, je cherche encore le super…et la chronophagie de la chose.

        • Matt  

          125 épisodes ça fait plus de 40h. ça reste plus court que game of thrones, mais ça calme oui^^ Tu comprends pourquoi je n’ai jamais voulu m’intéresser aux trucs comme One Piece qui a 700 épisodes. ça va pas, non ? Je ne suis pas du tout dans ce mouvement des gens qui aiment qu’une série les accompagne toute leur vie sans jamais s’achever.

          • Eddy Vanleffe  

            Un peu pareil, en japanime j’aimais ces séries qui s’achevaient en 26 épisodes genre Trigun, Cowboy Bebop, Samourai Champloo, Silent Moebius…à la limite une deuxième saison suivait mais sans enchaîner comme des dingues…
            Naruto apossède un nombre astronomique d’épisodes pour deux ou trois arcs géniaux et le reste de remplissage assez lourdingue (parce que ça se voit que l’intrigue est en « stand by »)

          • Matt  

            Même pour DBZ je me suis tourné vers Dargon Ball Kaï qui supprime les épisodes et plein de scènes absentes du mangas qui servent de remplissage.
            Alors oui je sais vous allez me dire « mais la musique de DBKaï pue la merde »
            Sauf que non, il existe une édition avec les musiques originales jusqu’à la fin de l’arc avec Cell. Parce qu’ils ont merdé sur les nouvelles musiques par Kenji Yamamoto, on leur a fait un procès pour des questions de droit et ils ont réutilisé les anciennes musiques sur les versions DVD.
            Par contre j’imagine que les 2 versions circulent sur Internet. Je ne saurais trop dire où trouver la version avec les musiques d’origine mais je la possède donc je peux attester de son existence^^

            Et en gros DBKaï se compose de deux saisons. Une de 98 épisodes qui va de la saga des saiyens à la fin de Cell (au lieu de 194 épisodes, soit presque 100 de moins)

            La saga Buu par contre a une nouvelle musique sans problèmes de droits, avec quelques coupes mais beaucoup moins. Elle fait 61 épisodes au lieu de 94. Mais je m’en fous, c’est loin d’être ma saga préférée.

            En gros au total on passe de 291 épisodes à 159. Et même si les puristes fans de la première heure resteront surement sur la version DBZ, je préfère cette version courte.

          • Eddy Vanleffe  

            J’ignorais totalement ça…
            Mais DBZ, c’est clairement pas mon délire…j’ai aimé Dragon Ball et à partir où ils ont sorti ce délire de planète Namek, avec un Sangoku adulte et une absence d’humour… J’ai pas compris et j’ai pas suivi.

          • Bruce lit  

            Ben l’humour dans Dragon Ball Super, c’est lourd au bout d’un moment…
            Je ne savais pas que les musiques avaient été réécrites dans Kai. Si c’est du niveau des JV…
            Mais…
            Ahem….
            Recentrons nous sur Twin Peaks.

          • Matt  

            Oui c’est du niveau des JV vu que c’est le compositeur des JV ^^

            MAIS…comme je le disais, il existe une version avec les musiques d’origine.
            Hein ? Twin peaks ? c’est quoi ça ?

          • PierreN  

            C’est vrai, après tout ce serait d’hommage de Parler de TP sans évoquer le travail du compositeur Angelo Badalamenti.

    • Manticore  

      C’est quand même mieux de se rafraîchir la mémoire des deux premières saisons, du film (très importants), et des fragments montés à la suite (bonus du coffret blouré) avant d’attaquer la saison 3: déjà que la saison ne présente pas forcément tout de suite les personnages, ce qui peut perturber, surtout avec les nouveaux, elle est finalement dans son intrigue générale très fondée sur beaucoup d’éléments présents dès le début de la série. Donc, c’est plutôt préférable d’avoir un peu révisé.

      • David Brehon  

        Oui, il faut déjà avoir vu les saisons précédentes. Mais tout revoir ? 95 % de ce qu’il y a dans ces saisons n’est pas réutilisé. Et même si certains détails nous échappent, ça se noie dans le côté expérimental de l’œuvre. Je conseille le revisionnage mais il n’est pas obligatoire à part le film, le début et la fin. De toute façon, une bonne partie de la saison 3 part sur de nouvelles bases. Si on connaît l’existence des loges et leur fonctionnement et le rôle du FBI, cela suffit.

        • Tornado  

          @Bruce : Je pense également que tu n’es pas obligé de revoir la série. Juste le film devrait suffire, d’autant que c’est un chouette film, non ? :)

          • Bruce lit  

            Ah le film je m’en rappelle encore. Je l’ai vu plusieurs fois.
            J’en voulais à mort à Lynch le hors sujet de la première partie.

        • Manticore  

          Je n’ai pas dit que c’était obligatoire, mais que c’était quand même mieux. Parce qu’il y a des choses en première saison (beaucoup moins dans la deuxième avec Windom Earle) qui ont des échos dans cette 3e saison (rien que l’allusion au convenience store, par exemple, déjà mentionné dans l’interrogatoire de Michael). Ce n’est pas essentiel, mais c’est justement ce qui m’a le plus étonné dans cette 3e saison: le souci de continuité avec ce qui a déjà été fait – plus que le côté expérimental, auquel on est déjà habitué par les films de Lynch en général.

          Et les quarante minutes de scènes coupées du film présentées en bonus dans le coffret des deux premières saisons apportent aussi des éléments importants qui sont traités dans la 3e saison. Ce n’est pas non plus absolument essentiel, mais ça apporte un certain confort à la vision de certains aspects de l’histoire en 3e saison.

          À condition de s’en souvenir: des éléments mentionnés dans les deux premiers épisodes de la saison 3 reviennent de façon importante dans l’épisode 18, et j’avoue qu’à suivre semaine par semaine, je les avais oubliés à ce moment-là et je n’ai fait le rapprochement qu’après, à la lecture de certains articles.

          Même si, je le répète, l’intrigue générale de l’histoire de cette 3e saison est d’une étonnante linéarité (la complication vient selon moi surtout des relations entre certains personnages qui ne sont pas tous présentés clairement – voire pas du tout), ça fait quand même 18 heures, dont une importante charge utile (c’est à dire ce qui ne tient pas compte des chansons et des passages étirés, voire de certaines redites, qui apportent une ambiance et un rythme particuliers, mais pas d’informations spécifiques).

  • Matt  

    « Maintenant, attention : Cette orientation radicale tournée vers l’art contemporain le plus opaque et expérimental, cette manière irritante de ne pas donner au public ce qu’il est venu voir, ces longs moments contemplatifs étirés à l’extrême ; bref, tout cet agglomérat de trips hallucinatoires, ce patchwork dérangeant et saugrenu, tous ces parti-pris déconcertants, sont autant d’éléments que beaucoup recevront comme des trolls postés à la face du monde, ou comme des doigts d’honneur narratifs de sinistre nature. C’est l’étrange sensation qui risque de venir vous perturber l’esprit à l’issue de cette dernière saison inespérée : Et si David Lynch ne faisait ici que répéter de manière idiosyncratique ses tics artistiques tel un vieux crouton sardonique mort de rire à l’idée de nous avoir tous mystifiés ? »

    Mouhahaha ! Mon passage préféré. Je risque en effet de penser ça moi, si jamais je tente le truc^^ Déjà dans Inland Empire les longs passages qui s’éternisent sur du rien, ça m’avait gonflé.
    Mais bon sinon c’est un bon article évidemment, ou tu exprimes bien ton ressenti et les spécificités de cette série (sujettes à me faire fuir, évidemment.)
    Il y a fort peu de chance que je regarde tout ça.
    C’est sympa quand même l’idée du noir et blanc pour un épisode situé dans le passé. Comme quoi le noir et blanc peut rester un choix artistique.

  • David Brehon  

    Bruce, tu peux voir la saison 3 sans tout revoir. Le pilote, le dernier épisode de la saison 2 et le film (voire la première partie du film qui ne se passe pas à Twin Peaks) suffisent pour te remémorer ce qui sera utilisé dans la saison 3. De toute façon, Bruce, que tu voies tout ou rien, tu seras désorienté. Ce n’est pas une suite littérale de Twin Peaks. Tu n’y trouveras pas ce que tu viens y chercher. Ou alors tu le trouveras d’une façon qui n’est pas celle que tu attendais. La saison 3 est une expérience. Cooper est à la fois au centre et le grand absent de cette suite. Un coup de génie exaspérant mais un coup de génie quand même.

  • Eddy Vanleffe  

    intriguant tout ça…
    bel article qui débroussaille pas mal pour celui qui voudrait tenter le truc…

  • Jyrille  

    C’est horrible, tu me donnes envie d’essayer rapidement… alors qu’il faut que je revoie les deux premières saisons ! Ton article (très didactique et d’une fluidité à toute épreuve, ce qui est une gageure pour le sujet) a eu un drôle d’effet sur moi : il m’a rappelé deux autres séries de grands réalisateurs qui sont sortis dans le sillon de Twin Peaks. Il s’agit de Wild Palms par Oliver Stone et The Kingdom (L’hôpital et ses fantômes) par Lars Von Trier. Je n’ai aucun souvenir de Wild Palms que j’ai vue en VHS à l’époque, mais la série de Van Trier est géniale. Et elles partagent toutes deux des points communs avec ce que tu dis ici.

    Cependant je ne suis pas certain de comprendre : le cast originel n’est pas au complet malgré la photo promo ? J’ai été triste lorsque j’ai appris la mort de Miguel Ferrer, il m’était sympathique et très bon acteur je trouve…

    L’autre argument qui me donne furieusement envie, c’est que les dix-huit épisodes sont réalisés par Lynch himself ! Les photos de l’épisode noir et blanc sont superbes. De toute façon Lynch a quasiment toujours eu une photo splendide (ce qui est le cas de Kubrick également) sur ses films.

    La BO ? Ca pique pas du tout c’est du velours !

    • Bruce lit  

      J’aimais bien Miguel en yuppie cocainomane dans Robocop.
      Pour la photo de Twin Peaks, les scènes dans les loges sont toujours très soignées. Je me rappelle quand même de décors en carton pate pour l’hôtel Horn.
      Tu aimes toujours Nin Cyrille ?
      On a été interrompu par mon deuil l’autre fois donc je continue ici : je. me rappelle avoir été bouleversé par le Unplugged de Nirvana Et . Je découvrais ça en direct sur Fun Radio et putain, cette reprise de Bowie ! Celle de Pennyroyal Tea ! Et puis ces chansons indie mille fois supérieures à leurs originales ! Avec le temps je lui préfère un zeste celui d’AIC, car Nirvana finalement interprète très peu de ses chansons. Même si tu n’aimes pas AIC en électrique que, ce live est reconnu comme étant le chef d’oeuvre du genre de ceux qu’on appela les Joy Division grunge.
      (Je rentre enfin chez moi ce soir et vais enfin pouvoir écrire autrement que sur une tablette).

      • Jyrille  

        Ayant revu Robocop il n’y a pas si longtemps avec Maël, je te rejoins complètement. C’est marrant, ce film est désormais une série B alors qu’à sa sortie, c’était un blockbuster… les critères ont évolué, tout comme les budgets. Mais pas la qualité…

        Pour le Nirvana, je peux comprendre, mais comme je te l’ai dit, à l’époque, cela ne nous parlait pas vraiment (on l’avait vu chez un copain, en soirée, quasi en direct sur MTV… moi je n’avais pas MTV à ce moment-là). Par la suite j’ai aimé ce disque, mais ce n’est pas ainsi que j’aime Nirvana. Et ce que je t’en disais finit de laisser ce disque de côté désormais.

        Le Red Hot est effectivement daté, mais il est de loin leur meilleur album. Surtout car la production est très simple, très dépouillée, elle me fait penser à celle des premiers Police. Leur suivant est surchargé d’effets et de couches. Et tu as raison, cela fait longtemps que je n’écoute plus religieusement ce groupe. Mais un Blood Sugar Sex Magik de temps en temps ne fait pas de mal. Je n’ai jamais été fan de la Mano, je devrai retenter un album complet.

        NIN, je n’aime plus depuis With Teeth, mais ses deux derniers EP m’ont redonné foi en Trent Reznor. Et puis il y a le titre Mantra, joué avec Dave Grohl et Josh Homme, que j’aime beaucoup.

        https://www.youtube.com/watch?v=ufiE8ARCXO0

        • Bruce lit  

          Euh j’ai dû louper un épisode : je n’ai jamais évoqué les Red Hot !

          • Jyrille  

            Je répondais à Tornado ;)

  • Tornado  

    Miguel Ferrer joue l’intégralité de la saison 3 dans laquelle il est très présent. Il est décédé à la fin du tournage d’un cancer du poumon. C’est triste car il a l’air en pleine forme tout du long.
    Mon film préféré de cet acteur est Les Ailes de la Nuit, une adaptation de Stephen King sur laquelle j’ai consacré un chapitre dans mon article ici même.
    La BO du velours ??? Punaise, on a vraiment pas les mêmes oreilles !!! :D

    A l’époque, j’adorais l’Umplugged de Nirvana. Je préférais même leur version de The Man Who Sold the World à celle de Bowie. Et pourtant c’est mon album préféré de Bowie. N’empêche que j’ai essayé de réécouter ce live l’an dernier et je me suis sacrément emmerdé. Ça ne fonctionne plus de mon côté.
    C’est très rare que je me lasse d’un album. Vraiment très rare. En principe, quand j’aime une musique un jour, c’est pour la vie.
    L’Umplugged de Nirvana rejoint donc le Blood Sugar Sex Magik des Red Hot et tous les albums de Mano Negra, que je ne supporte plus aujourd’hui, alors que j’écoutais ça en boucle à l’époque de leur sortie.
    En particulier, je trouve que le Red Hot a ultra mal vieilli avec son rap criard et ses coeurs atroces. Tout ça sonne très musique d’ados. Je n’y arrive plus du tout.
    Bon, je préfère quand même de loin le Nirvana…

    • JP Nguyen  

      Ah bah moi, j’aime toujours beaucoup « The Man who sold the world » par Nirvana. D’ailleurs, il y a plusieurs chansons de Bowie dont je préfère les reprises (pitié, ne me lapidez pas !)

      Pour Twin Peaks, après lecture (et relecture) de cet article, je pense que ce qui fait la richesse de cette oeuvre (construction d’un univers à part, très singulier, avec une atmosphère ultra originale et mystérieuse) constitue aussi un frein trop important pour un spectateur comme moi. C’est un peu intimidant et je n’ai pas trop envie de rentrer dedans…

  • Guigui le gentil  

    Excellent article qui résume parfaitement l’objet artistique qu’est TWIN PEAKS. Je pensais que cet article parlerai surtout du sous texte et de ce qu’exprime la saison. Pour avoir mon avis là dessus et des explications, analyses et théories sur le final de la saison 3, je vous recommande donc ma vidéo : https://youtu.be/269cG8oZc38 (le sous texte que j’imaginais a d’ailleurs été presque confirmé depuis par les récentes interviews de Mark & Frost)
    Mais également le livre de Mark Frost LES DOSSIERS FINAUX DE TWIN PEAKS, qui devrait sortir en VF à la fin de l’année où beaucoup de choses sont révélées. Je prépare d’ailleurs une grosse ultime vidéo d’explication pour cette année…

  • Tornado  

    Le postulat est surprenant : Nous ne sommes apparemment que quatre dans la team à avoir suivi Twin Peaks, dont un jeune (Pierre). Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais que la série était unanimement saluée par la planète geek !

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