Heart of glass (Angel Heart)

Angel Heart, par Tsukasa Hojo

Par la novice  KAORI

VO : Coamix puis Tokamu Shoten

VF : Génération Comics puis Panini Manga

©Panini Manga

©Panini Manga

Elle meurt de trac, mais elle est motivée à fond les ballons ! Elle adore les Mangas, Matt Murdock et Scott Summers ! Ladies and Gentlemen, après 4 ans de quête Jacques Brelienne, et alors que je m’étais résolu à ce que Bruce Lit suinte la testostérone jusque sous mon clavier, la voilà, véritable Geek Ex Machina, KAAAAAAOOOORRRIIIII ! (mais qu’est ce que j’ai à gueuler comme ça moi ?).  Ahem… et donc elle a choisi pour sa tou-toute première fois de nous parler de ANGEL HEART, une suite de NICKY LARSON.

-Bruce

ANGEL HEART est un manga en deux saisons, comprenant respectivement 33 et 16 tomes, parus entre 2001 et 2018 en France par les éditeurs Génération Comics puis Panini Manga. C’est à ce jour la plus longue œuvre de Tsukasa Hojo, le « papa » de, entre autres CAT’S EYE et CITY HUNTER, séries incontournables des années 80.

Pour situer un peu le contexte : En 2001, Hojo décide de reprendre son personnage fétiche, Ryo Saeba, et de lui écrire une « suite alternative ». Encore que le terme « suite » soit inexact. Il reprendra ses grands personnages, mais en changera le background pour pouvoir coller à sa nouvelle histoire.

L’histoire se construit autour de Xiang-Yin (ou A-Xiang), une jeune orpheline formée par une unité d’élite d’assassins à Taïwan. Pour ceux qui connaissent la série DARK ANGEL on y retrouve des similitudes : des enfants enlevés et formés pour devenir les meilleurs assassins, à la différence que ces enfants-là sont tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Ceux qui échouent à l’entrainement n’y survivront pas. On entre dans la violence et la mort de plein fouet…
C’est comme cela qu’est créée celle que l’on nomme Glass Heart, l’assassin le plus efficace de l’organisation. Sauf que cet assassin est une jeune fille de 14 ans dont le cœur de verre se brise à chaque fois qu’elle tue. C’est ainsi qu’après avoir assassiné un père de famille, elle choisit de mettre fin à sa vie en sautant d’un immeuble, se transperçant le cœur.
Quel est le rapport avec Ryo Saeba/City Hunter dans ce cas, me direz-vous ?
Et bien au même moment, Kaori Makimura, la femme de Ryo, meurt. Seul son cœur est encore en état d’être donné, et celui-ci sera volé pour être transplanté. À qui ? À Glass Heart bien sûr.

L’histoire commence réellement un an après les drames.
Glass Heart est dans le coma et ne veut pas se réveiller. Ryo Saeba, lui, a perdu l’envie de vivre depuis la mort de Kaori. Le tableau des messages n’existe plus. City Hunter n’est plus. Le dernier travail qu’il s’est fixé est de retrouver le cœur de Kaori.
Le premier tome permet de découvrir ou redécouvrir les personnages principaux. Et c’est toute la force du travail de Hojo. Il sait exactement de qui il parle, il sait retranscrire sur leurs traits chacun de leur sentiment, que ce soit dans le regard ou quand il illustre ce qui se passe dans leur tête.
Ryo a mûri, il approche de la quarantaine, il s’est assombri aussi, même s’il reste un adepte des miss Mokkori. Mais quiconque connait Ryo sait que c’est principalement un moyen de camoufler ses véritables émotions.
Au contact de Xiang-Ying, il retrouve un but et le goût de vivre. Et réciproquement. Une relation particulière se nouera entre eux deux. Une filiation, à travers Kaori, puisque A-Xiang finira par considérer Ryo et Kaori comme ses parents… Oui, c’est un peu étrange… Mais ça écarte le côté malsain que cela aurait pu être, sachant que le cœur de Kaori aime toujours Ryo… et que Xiang-Ying n’a que 15 ans au moment de leur rencontre/retrouvailles…

Le thème de prédilection du mangaka : la famille ©Coamix

Le thème de prédilection du mangaka : la famille
©Coamix

L’univers d’Angel Heart est assez différent de celui de City Hunter. C’est une série sombre, dramatique, où l’humour permet de détendre un peu l’atmosphère, mais ne vous attendez pas à éclater de rire. Bon, je suis une hyper-sensible, donc pas une vraie référence, mais il me fallait toujours une boite de mouchoirs pas loin lors de mes lectures…
Après l’installation des personnages dans les premiers tomes, on repart dans ce qu’était City Hunter : des contrats et des missions pour « XYZ », avec l’introduction de nouveaux personnages qui viennent agrandir la « famille » (j’aime beaucoup Xin-Hong, dommage qu’il ait été si peu souvent exploité) et un « vilain » assez… étonnant. À la différence que maintenant, les missions envoyées à City Hunter sont des appels à l’aide, et que les clients ne sont plus exclusivement des femmes. Nous ne sommes plus dans des contrats de protection et autre mission de nettoyage.
L’autre grande différence étant que ce n’est plus Kaori au côté de Ryo. Encore que…

Car Tsukasa Hojo apporte une nouvelle dimension dans cette œuvre : le fantastique. Où l’âme des personnes décédées reste dans leur cœur (d’où le titre : le cœur d’un ange) … et où elle peut même apparaitre. Alors oui, Kaori est morte, et pourtant, elle est présente dans tous les tomes, c’est même un des personnages principaux, elle fait partie de A-Xiang, mais elle est surtout le cœur de Shinjuku. Et c’est là qu’on entre dans une autre facette de l’auteur : la poésie. Chaque intervention de Kaori bouleverse et enchante, grâce au trait de crayon de Hojo qui redonne vie à ce personnage qu’il affectionne tant.

L’apparition d’un ange, ça ne laisse pas « de glace »… ©Coamix

L’apparition d’un ange, ça ne laisse pas « de glace »…
©Coamix

Ce qui m’amène à un des points les plus forts du manga : le graphisme. Car le style du mangaka a beaucoup évolué par rapport à City Hunter, et ne cessera de le faire durant les 16 années de publication.
Il est plus mature, plus sérieux, plus épuré. L’œuvre étant assez sombre, il fallait un design character plus réaliste. Et Tsukasa Hojo y excelle. Il sait illustrer les émotions comme personne, que ce soit la douleur, la joie, le bonheur…

ANGEL HEART est l’aboutissement du travail de Tsukasa Hojo. Il maîtrise son sujet, que ce soit dans la façon dont il met en scène ses personnages, dans le scénario (en tous cas pour les personnages principaux) ou dans le dessin. Il a à cœur de transmettre des émotions, de bouleverser le lecteur, et il y arrive presque à chaque fois, pour ma part, en nous présentant des personnages en souffrance, à la recherche de la rédemption ou qui veulent réparer les erreurs du passé. Chaque mission trouve un écho dans le parcours de Ryo ou de A-Xiang.

Certes, l’œuvre est longue (49 tomes en vf, plus longue que City Hunter), et toutes les histoires ne se valent pas. Certaines sont redondantes, d’autres trop « mélo » pour s’y laisser prendre. Les histoires ne sont jamais conclues dans un même tome, ce qui fait qu’il est difficile de dire « ne lisez que tels et tels tomes », mais pour les adeptes de Ryo Saeba et son univers, c’est un vrai bonheur de le retrouver. Et pour ceux qui avaient du mal avec l’humour Mokkori de Hojo, vous voilà satisfaits, à condition d’être à l’aise dans les démonstrations d’émotions.

Pour ma part, c’est une œuvre qui m’a bouleversée (j’ai eu beaucoup de mal à lire les passages sur la mort de Kaori, les premières années), qui m’a transportée, malgré quelques tomes un peu moins réussis, et qui a su se terminer avec un petit goût d’au revoir, un peu comme à la fin de « City Hunter »… La page est tournée, l’histoire est terminée, mais je peux dire, avec bonheur et avec tout l’amour que j’ai pour eux : « Forever City Hunter »…

La famille City Hunter nous fait ses adieux… ©Panini comics

La famille City Hunter nous fait ses adieux…
©Panini comics

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71 comments

  • Matt  

    C’est malin, je suis retombé dans mes épisodes de City Hunter^^
    Les premiers épisodes n’ont pas encore de voix débiles pour les méchants et pour le coup le mec qui assassine le frère de Laura n’est pas un rigolo. Le boxeur non plus. Ils ont un côté sombre les premiers épisodes. Je suis fan. Après ça devient plus répétitif et on peut « sauter » des épisodes bof et les bonnes histoires sont plus éparpillées.

    Raaah une autre musique que j’adore :

    https://www.youtube.com/watch?v=fxD3zQSHGlE

  • Bruce lit  

    Bon j’ai lu et fini un CITY HUNTER.
    Euh…
    On en reparle demain….Je veux pas vous donner de cauchemars…

    • Kaori  

      Ha ha, ça ne m’étonne même pas…
      Quand j’ai lu que t’avais commencé, je me suis demandé ce qui pourrait bien te plaire, et je n’ai pas encore trouvé !
      Par contre, je donne plus de chances à ANGEL HEART ;-)

      Attention, je ne renie pas CITY HUNTER. Seulement, c’était il y a plus de 30 ans, avec tout ce que cela implique aussi bien dans le monde du manga que dans nos vies…
      Et je suis plus attachée au style d’Hôjô actuel que celui d’il y a 30 ans. Je ne sais pas si je pourrais relire CITY HUNTER.
      Surtout que pour moi, le manga devient intéressant assez tard.

      • Matt  

        Bruce est un gros fan de Saint Seiya mais d’un côté je me demande s’il aurait été fan s’il avait découvert ça aujourd’hui^^
        Moi je n’arrive même plus à regarder Saint Seiya tellement c’est toujours pareil et hyper cliché plein de discours shonen sur l’amitié, gnagnagna…
        A côté le dessin animé City Hunter a bien mieux vieilli je trouve, et reste drôle même quand les histoires ne sont pas super intéressantes.

        • Kaori  

          Oui, je pense qu’on ne regarde pas les œuvres avec le même regard à 40 ans qu’à 10 ans.

          Mais bon, ça dépend aussi de l’époque. Mes enfants ne veulent absolument pas regarder NICKY LARSON :-( . Ca ne les intéresse absolument pas…
          Ils aimeraient sûrement regarder DRAGON BALL SUPER, mais là c’est moi qui résiste…

        • Matt  

          AH ben après ça dépend aussi des gens hein^^
          Moi je sais que Nicky Larson me fait marrer, et que les dessins animés sérieux de cette époque au final…ils n’ont pas tous bien vieilli, surtout les shonen. Dragon Ball Z encore ça va, mais je me mets à penser que Dragon Ball tout court avec Son Goku enfant est meilleur^^ Plus orienté « aventures » et plus fun.
          Albator n’est pas très shonen et reste un anime assez sombre et tragique, que ce soit dans sa version 78 ou 84.
          Mais bon ouais Saint Seiya j’ai du mal maintenant…ça fait bagarres de bac à sables à base des mêmes attaques tout le temps, et de plans réutilisés, et le schéma est toujours le même : Shiryu devient aveugle 20 fois, Shun se fait tout le temps défoncer avant d’être sauvé par son frère, Seiya est forcément celui qui arrive au boss final. ça fait très jeu vidéo des années 80 en fait. Et il y a des jeux vidéos mieux scénarisés aujourd’hui^^

          • Eddy Vanleffe....  

            T’e fais pas Bruce…
            *on est tous des Don Qichotte…
            mon but cette année:
            faire aimer Slayer (le groupe) à Matt et le Collège Fou fou fou à Tornado….

            bon en vrai City Hunter n’est pas un truc à lire à quarante balais passé comme le dit Kaori, il y a des trucs dans la façon de concevoir un shônen dans les années 80 qui sont pas évident à choper avec de la distance.
            Je ne dis pas non plus que c’est QUE nostalgique… j’ai fait un papier sur Cityhunter et je défends le truc bec et ongles mais bon…
            sans le comparer à Petit Paul, il y a une vision « puérile » de la sexualité qui fait une drôle de résonance…
            Pour moi City HUnter est plus intéressante que Angel Heart, parce que plus riche, on a du Musashi à la sauce Golgo 13 le tout sur un ton pastiche et un propos du la liberté de prendre sa vie en main et le refus de la tradition très très intéressant, qu’on perd dans la suite au profit d’un thème familial un peu redondant quand on connait l’auteur…
            Ceci dit je comprends tout à fait qu’on trouve ça hallucinant de bêtise, c’est l’effet que font 90% des mangas à…à peu près tout le monde du grand public…
            Après je serais curieux de savoir ce que tu as lu exactement, parce qu’il y a un truc qui vient de sortir qu porte le nom de city Hunter et qui est proprement un faux pas…

          • Bruce lit  

            Alors…
            J’ai lu les volumes 9 et 10.
            Notamment l’histoire ou Nicky se fait piquer par une abeille et devient impuissant…
            C’est crétin au possible mais pas moins que du Ennis ou le VAGABOND DE TOKYO dont je suis fan hardcore. Le dessin est chouette, tout à fait dans la lignée de Naoki Urosawa. Les interactions entre Ryu et Kaori amusantes, c’était déjà la seule chose que je trouvais sympa dans l’animé.
            Pour le reste, je me suis quand même ennuyé. C’est très décompressé tout un volume soit presque 200 pages pour une histoire qui aurait pu être bouclée en 20…C’est pratiquement les mêmes gags voire les mêmes plans : l’érection de Ryu, les coups de marteau… Les intrigues policières sont je trouve assez plates sans aucun suspense. Pour qu’un comique de répétition me convienne il faut qu’il arrive par surprise et au summum d’une intensité narrative que je n’ai pas trouvée ici. Ennis fait ça très bien. Franquin et Gosciny aussi . Là, c’est mignon, pas nul hein…mais les gags restent désamorcés par une histoire monotone.
            Sorry guys.

          • Eddy Vanleffe....  

            OK s’il faut te refaire un essai (et je ne cherche pas à te convaincre au max…)
            procure toi les deux ou trois premiers tomes (je ne connais pas la découpe painini n’ayant que mes vieux j’ai lu) qui eux sont un vrai « thriller » sérieux…
            après OUI…
            City Hunter a un gros défaut à mon goût, j’en parle pas parce que c’est le cas de beaucoup d’autres shonen aussi…
            il y a une bonne histoire sur deux tomes…
            un filler
            une bonne histoire
            un filler
            etc…
            le coup des abeilles : filler
            C’est infernal sur Ranma 1/2 où l’on peut sauter du tome 16 au 34 sans problème ou sur Inu Yasha qui sur 56 volumes, ben…il y du remplissage…
            J e me demande la recette de One piece, parce que les fans sont habités et semble absorber chaque page comme si c’était le Grââl et chaque tome est vendu comme meilleur que le précédent…et on est dans les 80…

          • Bruce lit  

            Pas dans l’immédiat. Je fonctionne aux coups de foudre et ceci n’en est pas un.

          • Kaori  

            Don’t be sorry Bruce :-)

            Bon, moi j’ai plus mes vieux J’ai Lu, et je me tâte toujours à me reprendre la nouvelle collection Panini, qui a l’avantage d’avoir un format plus lisible et agréable.

            Bref, ça fait un bail que je ne les ai pas relus, donc pas de souvenirs détaillés comme Eddy qui peut faire un parallèle plan par plan entre le manga et le film de Lacheau, mais j’ai quand même quelques souvenirs.
            Pour moi le plus intéressant, c’est tout ce qui touche au passé de Ryô.
            Et mon volume préféré, c’est le tome 36… le dernier de la série quoi. Je crois qu’on amorce vraiment la fin de la série à partir du 33 ou 34, de mémoire, Eddy ?
            Là on arrive à du sérieux quasi tout le temps, enfin je crois…

            Après pour l’humour, chacun son truc, hein. Je garde un bon souvenir de cette histoire d’abeille, que ce soit dans le manga ou dans le dessin animé.
            C’est typiquement le genre de trucs qui me fait marrer… Je ne sais pas, je dois avoir un petit côté sadique vis-à-vis de Ryô ;-)

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