Hémoglobine et société (Review Walking Dead 3)

Walking Dead 3 : Sains et saufs ? par Robert Kirkman & Charlie Adlard

Un récit de prison comme tant d'autres ?

Un récit de prison comme tant d’autres ?

Présence

VO : Image

VF : Delcourt

Ce tome comprend les épisodes 13 à 18, initialement parus en 2004/2005, écrits par Robert Kirkman (qui effectue également le lettrage en VO) dessinés et encrés par Charlie Adlard, avec des tons gris apposés par Cliff Rathburn, et une couverture de Tony Moore.

Enfin ! Rick Grimes et sa troupe sont arrivés devant une bâtisse qui semble offrir tout ce qu’ils recherchent. La troupe est composée de Rick de sa femme Lori (enceinte), de son fils Carl, Tyrese, Sophia, Andrea, Allen, Chris, Sophia, Dale, Julie, Carol, et peut-être encore un ou deux autres. Avant de pouvoir s’installer, il faut tuer les zombies présents dans l’enceinte, sans se faire mordre, mais en économisant les balles. La tâche s’avère plus longue que prévue. À nouveau la douzaine de rescapés doit passer la nuit dans le camping-car (RV, recreational vehicle). Rick partage les tâches le lendemain : ceux qui continuent de débiter du zombie pour sécuriser l’enceinte, ceux qui brûlent les cadavres de zombies, et ceux qui gardent les enfants.

L’intérieur de la prison contient encore des zombies dans les recoins, ainsi qu’une surprise de taille : 4 pensionnaires en tenue orange, appelés Andrew, Dexter, Axel et Thomas Richards. Il y a une bonne surprise : un stock conséquent de nourriture sous forme de boîtes de conserve. Mais ces derniers jours commencent à peser lourdement sur certains individus, au point d’envisager d’en finir. Rick Grimes pense avoir trouvé un site facile à sécuriser où il sera possible de s’établir pour quelques mois. Il souhaite y inviter la famille Greene (Billy, Hershel, Maggie, Rachel, Susie ainsi que Glenn et Patricia). Les différentes personnes effectuent une découverte terrifiante sur la transmission du virus : les individus décédés reviennent automatiquement à la vie sous forme de zombie.

Enfin une zone sécurisée et défendable

Enfin une zone sécurisée et défendable

C’est toujours un plaisir de retrouver une couverture vaguement parodique de Tony Moore avec les petites mouches autour des zombies, et une image qui synthétise le point de départ : la promesse d’un lieu offrant la sécurité. En ouvrant ce troisième tome, le lecteur éprouve quelques difficultés à se souvenir de l’identité de tous les membres de la petite troupe, et du peu d’histoire personnelle dont ils disposent, mais l’essentiel revient en mémoire en cours de route, et pour le reste, c’est que ça ne devait pas être très important. Robert Kirkman continue d’utiliser une approche naturaliste pour ses personnages, c’est-à-dire qu’il ne propose pas d’accès facilité à leurs pensées, et qu’ils se conduisent en adultes. Enfin, c’est presque ça parce qu’à plusieurs reprises, 2 d’entre eux (à tour de rôle) se lancent dans de longs dialogues pour expliquer leur attitude, ou leur état d’âme. Cela produit un effet un peu étrange à la lecture : d’un côté certains personnages sont capables de se lancer dans une exposition bien construite et son interlocuteur l’écoute calmement ; de l’autre côté ils ont des réactions à fleur de peau durant la majeure partie du temps.

Tout au long de ces épisodes, Robert Kirkman oscille ainsi entre les moments naturalistes et les mises en scène artificielles, pour maximiser les effets choc. Il y a un certain nombre de morts dans ce tome, en particulier 2 fillettes. Le fait est que leur mort est révélée de manière choc dans une image occupant les 5 sixièmes d’une page, avec le pauvre père terrassé à genou, les larmes ruisselant sur ses joues. Kirkman joue à fond sur la découverte choc pour atteindre le lecteur, et Charlie Adlard en rajoute un maximum pour une mise en scène la plus choc possible, la plus dramatique possible. Le lecteur n’ayant pas le temps de développer un attachement pour ces 2 fillettes, ni d’apprécier les particularités de leur relation avec leur père, le choc s’en trouve grandement diminué en termes d’empathie. À un autre moment, un père se retrouve avec le corps nu de sa fille d’une vingtaine d’années dans les bras alors qu’elle vient d’être abattue. À nouveau l’artiste met son moment en scène de la manière la plus choquante qui soit, mais sans aller jusqu’à représenter les attributs sexuels, parce que les conventions des comics veulent que la violence et le sadisme relèvent du divertissement, par contre la nudité reste taboue.

Tout mais pas ça !

Tout mais pas ça !

Sur ce dernier point, Robert Kirkman se montre tout aussi hypocrite, puisqu’il met en scène des relations sexuelles avec une régularité étonnante. La fille de Tyreese passe à l’acte, Carol et Tyreese passent à l’acte, Maggie poursuit sa relation, Dale & Andrea continuent à se donner du plaisir. Le lecteur peut comprendre que du fait de l’émotion et du traumatisme de l’effondrement de la civilisation, les individus souhaitent se rapprocher pour trouver du réconfort. Néanmoins en attribuant autant de place à cette activité, le scénariste en fait un élément principal du comportement des membres de cette petite communauté. Dans le même temps, il consacre une case ou deux, à intervalle régulier à la grossesse de Lori. Or aucun des autres couples n’utilise un moyen de contraception, comme s’ils étaient oublieux du processus de reproduction. Dans la mesure où il s’agit de plusieurs couples et pas d’un seul, c’est un comportement généralisé assez surprenant dans son irresponsabilité.

En outre, la vie en société, même aussi dégradée que celle-ci, continue de faire ressortir les comportements individualistes et même égoïstes des uns et des autres. À nouveau le lecteur peut se dire qu’il s’agit pour le scénariste de rappeler que le pire ennemi de l’homme reste lui-même, plus encore que l’infestation de zombies. Bien sûr, c’est à nouveau l’occasion pour Charlie Adlard de ne pas finasser pour être sûr que le lecteur comprenne bien. Quand Tyreese tient sa fille dans ses bras, le lecteur a l’impression de voir un acteur sur une scène de théâtre en train de surjouer pour être sûr de faire passer l’émotion, en criant vers le ciel. Quand Rick retrouve un individu cru mort, ce dernier se tient dans une position d’attente, comme s’il avait pris la pose pour le moment où on le trouverait. Quand un individu a fini d’en tabasser un autre, l’artiste (certainement à la demande du scénariste) consacre un dessin en double page pour un plan d’ensemble général, afin que le lecteur comprenne bien qu’il s’agit d’un moment important. Il lui arrive également de rajouter des détails qui dénotent par rapport au ton réaliste, comme le sol du RV jonché de déchets inidentifiables, ce qui semble totalement gratuit, les utilisateurs n’ayant pas envie de vivre dans un endroit sale.

Carol & Tyreese

Carol & Tyreese

Charlie Adlard n’a pas toujours un travail facile, quand il doit dessiner de longues conversations, séquence par nature un peu statique, à l’intérêt visuel limité. Il peut lui arriver d’alterner des gros plans, en glissant quelques plans taille, avec des expressions de visage faciles à lire. Il peut arriver également que son plan de prise de vue soit plus élaboré, avec des cases montrant le placement des personnages dans leur environnement ou leur déplacement. À d’autres moments, cet artiste réalise des dessins qui ne se contentent pas suivre le script et qui complètent la scène. Comme dans le tome précédent, il en est ainsi pour les séquences d’abattage de zombies. Le lecteur peut voir l’efficacité acquise par Rick Grimes, Tyreese et quelques autres à éclater les crânes avec un marteau de charpentier, ou tout autre outil contondant. Comme dans le tome précédent, Adlard ne recherche pas la précision photographique de la matière cervicale qui gicle, mais l’impression d’amas informe et visqueux. Comme dans le tome précédent, il insiste lourdement sur les fluides corporels des zombies qui giclent et qui maculent les habits des humains, voire leur visage ou leurs mains. À nouveau, les personnages ne prennent aucune précaution pour éviter le risque d’inhaler le potentiel virus liés à la maladie zombie.

Le lecteur apprécie déjà beaucoup plus quand un personnage se retrouve submergé par un groupe de zombies, disparaissant sous la masse hésitante et malhabile. Il a l’impression de pouvoir toucher le cuir des fauteuils du coiffeur de par la justesse de la texture. Il est sous le charme du caractère iconique de Rick à moto sur l’autoroute. Charlie Adlard réussit une très belle mise en scène pour la découverte des 4 prisonniers sagement attablés dans le réfectoire : une scène d’une tranquillité et d’une étrangeté totale par rapport à ce que pouvaient imaginer Rick et Tyreese en ouvrant ces portes. Contrairement à ce que pourrait laisser penser certaines discussions, l’artiste s’avère très convaincant pour rendre compte d’émotions fugaces sur les visages, et révélatrices de tension. Ainsi quand la troupe de Rick se retrouve en présence des prisonniers, il se produit un échange de regard traduisant la défiance et le soupçon, très bien mis en scène, et très réaliste. De même, du fait de la mort soudaine et horrible de plusieurs personnages, d’autres se retrouvent en état de choc. À nouveau, Charlie Adlard fait montre d’une sensibilité réelle pour les expressions du visage et pour le langage corporel, en sachant adapter la réaction à la personnalité de chaque protagoniste.

Le cowboy moderne sur son destrier de métal

Le cowboy moderne sur son destrier de métal

Comme dans le tome précédent, le lecteur peut s’agacer des choix narratifs de Robert Kirkman, à savoir des moments dramatiques soudains et réguliers, calés sur le rythme de parution mensuel, ainsi que des coups de théâtre sanguinolents et choc pour retenir l’attention du lecteur. Il peut aussi regretter que les personnages n’aient pas beaucoup de temps pour exister. Mais en même temps, il constate que les thèmes plus élaborés du tome précédent sont toujours présents, avec un développement progressif et diversifié. Pour commencer, le scénariste remet sur le tapis la question de la confiance à accorder à ceux qui n’appartiennent pas au groupe de Rick Grimes. La présence de prisonniers met cette question sur la table de manière évidente et immédiate. D’un côté, le lecteur se dit qu’à l’évidence, l’union fait la force, mais de l’autre côté ces messieurs ont été incarcérés pour un crime ou un autre. Mais la question se pose également au sein du groupe puisque tout le monde ne partage pas les vues de Rick Grimes, à commencer par sa propre femme. Du coup, se repose la légitimité de ses décisions pour le compte du groupe. À nouveau, en arrière-plan, c’est la question de la forme de la société, du chef de groupe, des modalités de décision, de l’intérêt général par rapport à l’intérêt particulier.

Tout comme Charlie Adlard, Robert Kirkman se montre capable de finesse dans le comportement des individus. Il y a donc cette suspicion qui alourdit l’atmosphère entre les prisonniers et le groupe de Rick. Il y a également des moments d’intimité au sein des couples, et parfois des moments humoristiques. Ainsi Dexter trouve une excuse pour aller reluquer Carol et Lori sous la douche (on se demande bien comment elles peuvent encore fonctionner, ces douches, sans électricité), en toute mauvaise foi. Comme dans le tome précédent, la gestion des armes continue d’être une problématique complexe. Chaque individu doit être en mesure de se défendre contre les zombies, et donc doit soit être armé (les adultes et adolescents), soit être protégé par un individu lui-même armé. Mais comment gérer le fait que certains soient eux-mêmes source de danger ? Qui est habilité à en décider, surtout quand il s’agit de criminels ? D’ailleurs est-ce que des jugements pris dans une forme de société précédente sont encore valides ?

Des nouveaux copains ?

Des nouveaux copains ?

Au cours du récit, un individu commet un crime abject sur 2 fillettes. À l’évidence, il s’agit d’une action inacceptable et le criminel est un poison pour la société, quel que soit le contexte, y compris celui d’une infestation de zombies. D’un autre côté, chaque personne en moins dans le groupe en diminue sa force. En plus s’il convient d’appliquer une peine, elle doit être prononcée en bonne et due forme, et appliquée avec le consensus du groupe. Pour ajouter un degré de complexité à la situation (portant pourtant sur un crime abject), il n’y a pas un seul groupe (celui de Rick Grimes), mais 2 groupes avec celui des prisonniers. Kirkman ne s’arrête pas en si bon chemin, et un personnage dit de manière explicite que cette infestation de zombies a drastiquement réduit l’espérance de vie de tout le monde. C’était déjà une évidence pour le lecteur, mais cela constitue une prise de conscience pour plusieurs protagonistes. Cela change de manière drastique la manière de voir les choses. Beaucoup d’individus commencent à accuser le coup de cette accumulation de morts, leurs proches, ceux du groupe, les cadavres vus sur la route, et même les zombies éclatés à la hache, dont il faut ensuite brûler les cadavres pour nettoyer le terrain ou les locaux. À nouveau, l’auteur prend le lecteur par surprise en abordant un élément évident, mais en montrant ses personnages en train d’adapter leur comportement à ce changement de paradigme. À côté de ça la vie continue dans ses gestes les plus ordinaires, à commencer par laver son linge et se couper les cheveux.

Dans ce troisième tome, le lecteur retrouve les caractéristiques du tome précédent. Les personnages ont du mal à exister, le scénario et les dessins mettent en scène des événements racoleurs et primaires, comme s’il fallait absolument retenir l’attention du lecteur, comme si l’intrigue ne suffisait pas. Mais dans le même temps, ils peuvent faire preuve d’une grande finesse, qu’il s’agisse de la mise en scène d’un moment fugace, ou de questions sociales fondamentales. Il devient assez difficile pour le lecteur de résoudre cette dichotomie, entre des personnages réalistes mais un peu superficiels, ces séquences soudaines et brutales à la saveur putassière, et de l’autre côté ces réflexions pointues par l’exemple. Il éprouve des difficultés à s’attacher aux personnages, mais par contre apprécie la réflexion sur ce qui fait une société.

Le poids des traumatismes accumulés

Le poids des traumatismes accumulés

15 comments

  • Moustachu  

    J’ai lue quelque tome de thé walking des et comme la série tv j’ai du mal à accroche :/ c’est comment dire lourd et parfois ça tire en longueur pour pas grand chose dans un format comme dans l’autres :/ même si le comics est quand même beaucoup mieux :’)

    • Présence  

      Bonjour Moustachu,

      C’est parfois un peu lourd, mais je trouve que Robert Kirkman tire le meilleur parti possible de la longueur de sa forme narrative.

  • Tornado  

    Ah ! Je vois qu’on n’est pas encore dans du 5 étoiles ! Je ne me souviens plus à partir de quel tome tu as commencé à être piqué…

    Pour ma part je persiste et signe : Je reste dans la série TV (jamais je n’aurais le courage de m’attaquer au comics, même si on me l’offrait). Il faut d’ailleurs que je me fasse la suite de la saison 7…

    • Présence  

      Je suis passé à 5 étoiles avec le tome suivant. Il me faut souvent un peu de temps pour accorder ma confiance à une nouvelle série.

  • JP Nguyen  

    « parce que les conventions des comics veulent que la violence et le sadisme relèvent du divertissement, par contre la nudité reste taboue »
    C’est vrai pour les comics, mais cela pourrait s’étendre à bon nombre d’oeuvres de fiction américaines, comme les séries policières : la violence y a très souvent une place plus importante que la nudité ou le sexe.
    The Walking Dead étant une série très exposée, je pourrais assez facilement la lire en l’empruntant en médiathèque. De temps en temps, l’idée me traverse lors d’une fouille des rayonnages… Mais la longueur de la série et le concept même de l’univers continuent à me dissuader.

    • Matt  

      Tout pareil que JP. Sinon pour le sexe il faut quand meme se poser la question de la pertinence d’une scene de sexe. dans un policier qui traite de meurtres, la violence a logiquement sa place. Mais montrer par exemple les heros coucher ensemble peut sembler completement gratuit et racoleur si ça n’a aucune place dans l’intrigue. il ne s’agit pas juste de comparer les 2 « excès », il faut les remettre dans le contexte. la nudité c’est different. Le corps d’une victime pourrait etre nu sans que ça paraisse déplacé. Etpuis bien sur la violence peut aussi paraitre gratuite lors d’affrontements selon le contexte. je n’aime pas en general les exces gratuits sauf lors d’une sorte de parodie outranciere teintée d’humour noir.

      • Présence  

        @Matt – Ma remarque est une interrogation générale sur ce que le plaisir pris à la lecture ou au visionnage de scènes de tortures ou de souffrance peut dire ou exprimer sur notre culture. Pourquoi est-ce que la majorité des œuvres de divertissement repose sur la violence et l’action ? Je n’ai pas de réponse toute faite.

        • Matt  

          Sans doute sommes nous plus primitifs que nous nous plaisons a croire et avons nous des pulsions violentes a satisfaire. sans vouloir faire de la psy a 2 balles, nous vivons dans une societe qui nous interdit de casser la gueule au premier qui nous emmerde (et heureusement, ce n’est pas un reproche) alors que les animaux ne se privent pas de se battre (mais ils n’ont pas de societe dont il faut maintenir la cohesiin, tout juste des famillesv ou des clans). ce n’est qu’une theorie mais peut etre cherchons nous l’action par manque d’experience de ce genre. je ne suis pas sur qu’on cherche partuculierement la violence cela dit. ça depend des gens. je ne suis pas adepte de boucherie, meme si je peux l’accepter dans une histoire sombre bien ecrite.

        • Bruce lit  

          Alors, c’est un peu comme pour l’article du Phénix Noir, le ton chahuteur en moins, je trouve beaucoup de plaisir à lire le démontage de ma série préférée par Présence. Oh bien sûr, tu ne hurles pas au nanar mais j’avoue que nombre de tes remarques font mouche : les héros qui s’envoient en l’air à tout berzingue, la mise en scène un peu putassière de Kirkman et la manipulation de nos émotions de lecteurs, tout ça je ne l’avais pas repéré plus que ça, mais civets très juste.
          Lorsque j’ai découvert la série, c’était dès son son départ. j’avais acheté les 6 premiers volumes et comme souvent, les interactions entre les personnages m’ont lus intéressés que l’histoire en elle-même, véritable page turner.
          C’est bien que tu puisses commenter ces épisodes cultes 10 ans après leur sortie. C’est du commentaire à froid.

          Sur la sexualité, je viens te contredire un peu : as tu déjà pensé contraception durant un survival….Crois tu que la priorité des personnages soit de trouver des pilules, des capotes ou du spermicide ?
          Concernant le rythme de copulation des personnages, il ralentit par la suite. Je l’explique comme toi par la mise en sécurité, mais aussi comme accompagnant le retour à l’intimité, les personnages ayant enfin leur chambre où il faut bien s’occuper sans télévision. C’est enfin, un moyen tout à fait humain de se rassurer. Je me suis d’ailleurs toujours demandé ce qu’attendaient les personnages du projet Blairwitch seuls dans leur forêt pour se détendre un peu sous leur tente.
          Enfin, je crois me rappeler que concernant la crasse du RV, il y a une remarque comme quoi Tyreese…pue des pieds !

          • Présence  

            C’est du commentaire à froid. – Le fait que ce soit du commentaire à froid influe forcément sur mes observations. Je prends la série plus au sérieux dans la mesure où j’ai conscience qu’elle est pérenne,, mais en même temps, je ne peux pas me représenter comment elle a pu être accueillie il y a 10 ans. En outre, j’ai déjà quelques notions (assez vagues, fort heureusement) de quelques événements capitaux.

            Sur la sexualité, j’ai du mal à imaginer une femme prendre le risque de tomber enceinte dans de telles circonstances, prendre le risque de devoir élever un enfant dans un monde pareil, mais aussi prendre le risque de l’accouchement, pour elle-même.

            Ta mémoire est excellente concernant Tyreese qui souffre de bromhidrose, un nom de maladie immortalisé par Frank Zappa, dans sa chanson Stink Foot.

            https://www.youtube.com/watch?v=ynBauAf0Sec

    • Présence  

      @JP Nguyen – Il n’y a que le premier pas qui coûte… et même pas puisque ça a été gratuit pour moi car Bruce me les prête au fur et à mesure de mon avancée. Merci chef.

  • Tornado  

    Concernant la violence, je pense toujours à Brassens qui chantait « ma violence, je l’ai réduite au silence »…
    Dans la vie de tous les jours, j’essaie de faire la même chose. Ce n’est pas toujours facile mais je pense que j’y arrive dans 99% des cas.
    Du coup, la réflexion de Matt sonne juste pour moi : c’est une catharsis. Et j’aime les récits qui sont violents car pour moi ils dégagent une intensité supplémentaire. C’est inoffensif en définitive car ça reste du domaine de la catharsis.
    Pour le sexe, je trouve que c’est différent : c’est malheureusement souvent racoleur.

    • Jyrille  

      Je suis d’accord avec tout ça.

  • Jyrille  

    Cela fait maintenant longtemps que j’ai lu tout ça, je n’ai donc plus trop de souvenirs, mais j’apprécie ton analyse pointue, que ce soit pour les réussites du dessin (comme les expression faciales) ou celles de l’écriture de Kirkman (pour la tension et les sujets philosophiques sur la société). Ayant lu les huit premiers tomes en une fois, j’ai, sans doute aucun, été incapable de me remarquer tous les détails incohérents que tu soulignes, notamment sur la sexualité. Je serai bien incapable de dire comment je réagirai moi-même dans cette situation, mais je pense que tout le propos de Kirkman est là.

    Merci pour le rappel, Présence, même sans BO du jour encore une fois !

    • Présence  

      Comme à mon habitude, il me faut quelques épisodes (ou ici quelques tomes) pour arriver à être en phase avec le mode narratif. En plus, la série étant tellement sur-vendue, ma réaction naturelle était de me montrer plus critique. Mais dès le tome suivant, j’ai abandonné toute réticence… Je suis faible.

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