Justice aveugle (DD par Miller et JrJr)

 

The Man without Fear par Frank Miller et JrJr

1ère publication le 23/05/17-MAJ le 28/08/18

L'oeuvre au rouge

L’oeuvre au rouge©Marvel Comics

  PIERRE N

VO : Marvel

VF : Panini, Semic, Bethy

Cet article portera sur la mini-série Daredevil: the Man without Fear , réédité à de nombreuses reprises dans nos contrées (la dernière édition en date de Panini étant prévue pour cet été).

Dès qu’il s’agit d’évoquer les grandes heures de tête à cornes, l’évocation du passage de Frank Miller ne tarde pas à pointer le bout de son nez, de manière invariable et systématique, et pour cause…

Malgré la succession de scénaristes et de dessinateurs talentueux ayant bossé auparavant sur la série, tels Gene Colan, Wally Wood, John Romita Sr, Gil Kane, Marv Wolfman, Steve Gerber, Gerry Conway, ou encore Roger McKenzie, c’est véritablement avec Frank Miller que le titre s’est affirmé comme un incontournable de l’univers Marvel, grâce à ce qui reste à ce jour le meilleur run de DD toutes périodes confondues (avec le run de Nocenti pas loin derrière en embuscade).

L'origine initiale d'Elektra, plus condensée et qui s'avère supérieure (Daredevil #168)

L’origine initiale d’Elektra, plus condensée et qui s’avère supérieure (Daredevil #168)©Marvel Comics

Cette version si populaire est devenue l’exemple à suivre, à tel point que la version de DD pré-Miller, plus souriante et moins morose, a été vite supplantée, et il n’y a guère que Karl Kesel et Mark Waid qui soient revenus vers cette tonalité plus positive, tandis que Nocenti a eu la bonne idée de ne pas copier Miller, contrairement à ce tâcheron de Chichester, en allant dans sa propre direction.

Là où le run de référence existait dès les débuts de certaines séries, que ce soit pour Fantastic Four ou Dr. Strange, dans le cas de Daredevil et des X-Men, il a fallu attendre la seconde moitié, voire la toute fin des années 70, pour assister au véritable âge d’or de ces titres respectifs.
Miller a alors orchestré une véritable révolution thématique et visuelle de la série, qui s’éloigne à partir de là de l’univers coloré des super-héros, pour lorgner sur le polar hard-boiled teinté d’influences nippones, tout en intégrant adroitement les influences des grands dessinateurs qu’il admire, de Will Eisner à Gil Kane, en passant par Steve Ditko et Bernie Krigstein, sans oublier le manga, dont Miller est très friand.

Dès l’enfance, Matt est attiré par les dangers de Hell’s Kitchen

Dès l’enfance, Matt est attiré par les dangers de Hell’s Kitchen©Marvel Comics

Ses couvertures de Lone Wolf & Cub témoignent d’ailleurs de son intérêt pour l’imagerie du Japon féodal, qu’il a découvert notamment par le biais du cinéma de genre. Stick le vieux mentor aveugle, donne ainsi l’impression d’avoir été inspiré par Zatoichi , et plus largement par le genre du film de sabres qu’est le chanbara.
En plus de la réinvention magistrale du Caïd, ce renouvellement thématique de la série passe aussi par l’usage des ninjas et de toute une imagerie liée au pays du soleil levant (où réside Fisk avant son retour aux affaires lors de l’arc Gang War).

Elektra est symptomatique de cette double influence Orient/Occident, car c’est une femme dangereuse dans la lignée de son ancêtre et inspiration avouée, la Sand Charef d’Eisner. Et en même temps de par sa maîtrise des arts martiaux et des méthodes de la Main, cela lui donne une aura mystérieuse et énigmatique qui la rapproche de ninjas, et donc d’un versant plus inattendu, qui la distingue des conquêtes habituelles de Matt, et notamment de la pauvre Heather Glenn, qui fait pâle figure en comparaison. La saga d’Elektra est même devenu l’épine dorsale du run sur le plan thématique, avant que le focus revienne sur le duo Matt/Fisk avec Born Again et Love & War .

La finesse de l’encrage de Williamson fait des merveilles sur les textures

La finesse de l’encrage de Williamson fait des merveilles sur les textures©Marvel Comics

Dans la seconde moitié des années 80, suite à sa grande période créative de 1986, constituant à mon sens le pic qualitatif de sa carrière, Miller est attiré par les sirènes d’Hollywood, et il s’est donc retrouvé bien occupé sur les scénarios de Robocop 2 et 3, ce qui explique pourquoi il s’est montré un peu moins productif entre 1987 et 1990 dans le domaine de l’art séquentiel.

Miller n’oublie pas pour autant l’avocat aveugle, et puisque son histoire de Daredevil avec Simonson n’avait pas aboutie, il s’est vite reporté sur ses autres projets, et notamment Elektra Lives Again .

Grâce à Stick, son fardeau devient un atout

Grâce à Stick, son fardeau devient un atout©Marvel Comics

Vers 1987, alors que John Romita Jr s’apprêtait à s’occuper d’un run d’anthologie sur tête à cornes en compagnie d’Ann Nocenti, le scénariste Frank Miller lui a fait part d’un projet bien particulier.

JR jr lui avait proposé de s’occuper à nouveau d’une histoire mettant en scène Wolverine, mais Miller, guère emballé à l’idée de rempiler une troisième fois sur le plus populaire des mutants après la mini-série de Claremont et la courte histoire encrée par Sienkiewicz, présente dans le numéro spécial Heroes For Hope ), a préféré décliner cette proposition.
Si Claremont avait réussi à convaincre Miller de participer à la mini-série du griffu, c’est sans doute grâce au décorum japonais, utilisé à foison par l’auteur dans Daredevil et Ronin , et non pas pour le personnage en soi, dont Miller n’a pas hésité à se moquer quelques années après dans Sin City . Le seul personnage Marvel pour lequel il a visiblement de l’affection et qu’il veut retrouver, c’est bel et bien Matt Murdock, et plus largement son propre coin d’univers aménagé en vase clos, qui le pousse à ne pas trop prendre en compte ce que les scénaristes suivants ont pu faire sur DD.

Avec cette mini-série, construite au départ sous forme de graphic novel, Miller a trouvé là un moyen de reformuler un script prévu pour une adaptation à l’écran qui n’a jamais vu le jour (en guise de maigre consolation, les spectateurs ont à l’époque dû se contenter d’un Daredevil assez cheap, apparu dans le téléfilm Le Procès de l’incroyable Hulk ).

 Après la version mystérieuse et sensuelle de Sienkiewicz, place à la version psychotique et impitoyable de JRjr


Après la version mystérieuse et sensuelle de Sienkiewicz, place à la version psychotique et impitoyable de JRjr©Marvel Comics

En raison de l’emploi du temps chargé de Miller, le projet a mis plusieurs années à voir le jour, et les modifications du scénarios ont encore ralenti le processus de finalisation, avec notamment l’ajout ultérieur des planches avec Elektra, qui donnent du coup l’impression justifiée d’être une pièce rapportée pas forcément indispensable, si ce n’est pour faire le tour du propriétaire des jalons de son run.

Contrairement à la mini-série Yellow qui se veut plus fidèle à la version des années 60, Miller s’est concentré sur ses propres apports, en essayant de les passer en revue et de les condenser en un seul récit auto-contenu (pour donner au final la bible de DD comme il s’appelle, sauf que celle-ci existe déjà et elle s’appelle Born Again ). Qu’il s’agisse de l’accident (directement inspiré par l’intro inoubliable de l’épisode 229) ou du tir à l’arc avec Stick, Miller cite constamment ses oeuvres précédentes, sans pour autant les égaler.

Cette origin story est aussi l’occasion de mettre en scène l’ascension de Fisk

Cette origin story est aussi l’occasion de mettre en scène l’ascension de Fisk©Marvel Comics

À force de passer en revue les passages obligés, fatalement le fil directeur narratif qui les relie est parfois un peu fragile, en particulier en ce qui concerne les séquences rajoutées sur le tard.
Pour le coup l’oeuvre aurait pu se passer de toutes les scènes avec Elektra, mais la volonté de Miller de faire une sorte de best of de son run a prévalu (l’apparition du Caïd n’a rien de crucial dans le récit, il aurait très bien pu être remplacé par le Hibou tant cela n’aurait pas changé grand chose au cours des événements).

Matt est caractérisé différemment, son rapport à la justice qui n’est pas le même (alors qu’il est pourtant au tout début de sa carrière de justicier) et lors de l’affrontement final il est toujours aussi déconcertant de voir Matt agir sans être tiraillé entre ses pulsions violentes et son sens de la justice, d’une manière presque monolithique (digne de Castle), à force de répéter la même phrase face à son ennemi.

Lorsque Matt venge son père, la spirale de violence aveugle a toutefois une conséquence désastreuse, puisque Matt provoque involontairement la mort accidentelle d’une prostituée, qui par le truchement de la continuité rétroactive, s’avérera être Typhoid Mary, et cela par le biais des développements ultérieurs. Par conséquent elle n’a pas succombé à sa chute (DD est ainsi dédouané, même si Typhoid l’a accusé d’être responsable de son état mental).
Il faudra attendre le court run de J.M. DeMatteis pour que l’implication de Matt dans ces événements soit évoquée (intégrant ainsi cette mini-série dans la continuité), en finissant par être la principale cause de sa dépression.

Vers la fin, Miller commence à esquisser un élément intéressant dans le rapport presque symbiotique que Matt entretient avec sa ville, tel un animal en cage qui aurait retrouvé son habitat naturel, mais là encore cela n’est pas assez exploré, et les retours à Hell’s Kitchen est seulement marqué par la résurgence de ses pulsions violentes (des voyous en feront les frais).

L’avocat aveugle prêt à devenir l’homme sans peur

L’avocat aveugle prêt à devenir l’homme sans peur©Marvel Comics

Là où le bât blesse également, c’est justement au niveau de la caractérisation d’Elektra, assez différente de la version habituelle, et que Miller décrit clairement dans son script comme psychotique, et qui est montré dès le départ comme irrécupérable et pédisposée pour la violence. En ce sens, elle est plus proche d’une femme fatale vénéneuse que de l’amour de jeunesse déchue de Matt, telle qu’elle était décrite au début du run de Miller.

Son départ vers l’Europe est amené de manière assez abrupte, malgré la mort soudaine de son père pour le justifier, alors que dans la version précédente, ce décès était le point de bascule qui donnait l’impression qu’une partie d’elle-même s’était éteinte à ce moment-là.
C’est comme si elle avait pratiquement été expurgé de sa dimension tragique, qui avait rendu si mémorable les premiers épisodes de Miller en tant que scénariste (avec cette scène inoubliable où elle découvre l’identité de celui qui se cache sous le masque rouge, en se rendant compte du gouffre qui les sépare dorénavant).

Romita Jr a accepté cette opportunité de s’occuper de tête à cornes, un personnage qui comme Spidey à précédemment été fortement marqué par l’empreinte de son père.
L’envie de Romita Jr d’exercer la même profession que son paternel lui serait même venue d’après la légende en découvrant son travail sur DD durant les années 60. JRjr a ainsi eu l’occasion de boucler la boucle en assumant l’héritage de son père, tout en montrant que son style partait dans une autre direction, alors que sur le Spidey de Stern, il avait encore tendance à marcher sur ses traces (et déjà à ce moment-là, l’encreur qui avait su le seconder de la manière la plus satisfaisante n’était autre que Klaus Janson).

Le design minimaliste repris par la version Netflix

Le design minimaliste repris par la version Netflix©Marvel Comics

JRjr a pu s’estimer chanceux de bénéficier de l’apport du regretté Al Williamson, un grand fan de Flash Gordon , qui a eu l’occasion d’illustrer, tout comme la série Star Wars de Marvel et les célèbres EC comics.

Dans les années 80 il avait préféré se concentrer sur sa carrière d’encreur, lui assurant une certaine popularité chez toute une générations de lecteurs, biberonnés aux séries qu’il a magnifié de son style inimitable (DD de Romita Jr, Wolverine de Buscema , Spider-Man 2099 de Leonardi , Fafhrd and the gray mouser de Mignola , ou encore les Inhumains de Bret Blevins ).
C’est sur les X-Men de Claremont que JRjr a fait la connaissance déterminante de celui qui deviendra un de ses collaborateurs privilégiés, en particulier avec les épisodes se déroulant pendant Secret Wars 2 , et ensuite avec Star Brand , une des séries de l’éphémère New Universe de Jim Shooter, pour ensuite atteindre finalement la consécration avec DD.

La plus grand réussite de cette mini-série se situe donc plutôt du côté de la partie graphique, et le moins que l’on puisse dire c’est que la réunion JR jr/Williamson marche du feu de dieu.
Entre l’héritier de Jack Kirby et celui d’Alex Raymond, on pouvait craindre que leurs deux approches formelles puissent entrer en collision, or il n’en est rien puisque, contre toute attente ils se complètent à merveille, formant une parfaite osmose, digne des plus grands duos de l’industrie (Kirby/Sinnott, Byrne/Austin, Miller/Janson, Colan/Palmer, Silvestri/Green, Davis/Farmer).
Les deux sont arrivées à jouer sur leurs forces respectives, entre le dynamisme de l’un, et l’élégante finesse de l’autre, Williamson s’étant ainsi imposé comme le meilleur encreur de Romita Jr à égalité avec Klaus Janson.

Brutalité justicière

Brutalité justicière©Marvel Comics

Certains encreurs ont tendance à changer judicieusement certains détails d’une page (il suffit pour cela de jeter un oeil aux planches de Miller sur DD, adoucies par l’encrage de Janson), mais Williamson quant à lui ne cherchait pas tant à altérer qu’à perfectionner, en habillant le second plan avec cette succession caractéristique de traits horizontaux, ou en s’attardant sur le rendu des diverses textures ( des cheveux aux étoffes, en passant par les vêtements et les immeubles).

Durant cette longue période marquée par ses passage sur Iron Man , Punisher , et son retour sur Uncanny X-Men , le style de Romita Jr a évolué, son trait est devenu plus stylisé, ses planches ont gagné en puissance, ses personnages sont devenus plus épais et baraqués, typique de cette période des années 90 où les personnages de JRjr avaient pratiquement tous une silhouette très imposante (même Spidey n’a pas pas échappé à cette systématisation graphique, alors que d’habitude c’est lui le maigrichon de service comparé aux autres).
La reformulation tardive du projet, passant du graphic novel à la mini-série en plusieurs parties, l’a obligé à s’occuper de nouvelles planches pour les transitions entre les numéros. Les différences entre les planches sont assez vite repérables pour peu que l’on ait l’oeil et que l’on soit familier de l’évolution du style du dessinateur. Il suffit de voir pour cela les différences dans la façon dont il représente le Caïd, selon que ce soit à la fin de l’épisode 3 ou au début de l’épisode 4 (dans une version il a un visage plus rond, et dans l’autre il est plus carré).

Matt s'entraîne pour le poste de Hawkeye

Matt s’entraîne pour le poste de Hawkeye©Marvel Comics

Le run de Nocenti a été une étape importante dans l’évolution stylistique du dessinateur, qui à l’occasion à eu l’occasion à ce moment-là de pouvoir enfin rendre des crayonnées plus détaillés (alors qu’avant il s’occupait de simples découpages), et cela a porté ses fruits, comme en témoignent les planches de cette mini-série, qui montrent bien son sens du storytelling et de l’impact visuel (le père de Matt qui meurt en hors-champ, le billy-club de DD balancé vers le lecteur, suivi par l’utilisation de l’équivalent du fondu au noir).

Avec ce récit, qui restera probablement son dernier passage sur tête à cornes, Miller est revenu aux origines du personnage qui l’a rendu célèbre, sans pour autant retrouve la justesse et le caractère poignant et viscéral de Born Again.

L’intrigue n’égale certes ni Year One , ni les autres histoires de Miller sur DD, mais elle reste tout de même une origin story mémorable grâce à l’efficacité narrative de Miller et au brio de l’association Romita Jr/Al Williamson (le dessinateur considère qu’il s’agit-là du meilleur travail de la carrière).

Une histoire se termine, une autre débute…

Une histoire se termine, une autre débute…©Marvel Comics

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Les origines de DD revues et corrigées par l’artiste qui l’a fait tutoyer les sommets. Miller a t-il su retrouver le niveau qu’il avait lors des années précédentes ? La réponse chez Bruce Lit
La BO du jour :

33 comments

  • Matt & Maticien  

    Article très complet. Je me demande si nous n’avions pas vu des planches originales de ce run lors de l’exposition sur l’art des super héros Marvel à l’espace ludique en 2014?

    • Bruce lit  

      Hello Matheux,
      Non hélas non. La planche à laquelle tu penses est celle où DD joue à la roulette russe. C’est quelques années auparavant, et dessiné par Miller (au lieu de JrJr ici) :)

      • Nikolavitch  

        j’étais resté scotché devant, d’ailleurs (faut dire que l’épisode Roulette est un des grands points hauts de toute la série)

          • PierreN  

            Cette épisode doit être d’ailleurs le seul épisode du premier passage de Miller sur DD qui n’est pas encré par Janson (son approche de l’encrage n’est pas du tout la même). Ce que j’ai trouvé très intéressant notamment dans le magazine de Phil consacré à tête à cornes, c’est le comparatif avec d’un côté la planche originale de Miller et de l’autre la version encrée par Janson, plus « adoucie » en un sens, par rapport à la représentation des visages selon Miller (comme on peut le voir dans l’épisode « Roulette »), avec ces lèvres plus charnues et ses pommettes saillantes.

  • Matt & Maticien  

    Effectivement. Maintenant que tu le dis ;)

  • Artemus Dada  

    Il y a longtemps que je n’ai pas lu cet arc, et ton article me donne envie d’y replonger.

    Reste que j’en garde un souvenir bien meilleur que la description que tu en fais. Cela dit tu en fais une lecture en t’appuyant sur le principe de continuité, alors que je me souviens parfaitement avoir lu ça sans m’en préoccuper plus que ça. Ceci explique sûrement cela.

    En tout état de cause le travail de John Romita Jr & Al Williamson, est conforme au souvenir que j’en ai et je partage pour le coup ton enthousiasme pour la qualité des planches.

    Un bien chouette retour sur un excellent souvenir (et sacrément bien documenté & analysé), merci.

    ________________
    Je me permets de signaler pour les amateurs de DD & de Miller que ce dernier doit, paraît-il – en grande partie – d’avoir introduit dans cette série tout cet aspect « japonisant » à un film en particulier : The Octagon [http://artemusdada.blogspot.fr/2011/06/octagon.html].. Lequel a aussi je pense servi de terreau à la théâtralisation des combats de MMA à l’UFC tel qu’ils sont apparus au début des années 1990 via la famille Gracie …. et John Millius.

    Mais surtout, Il semblerait que ce soit la sculpturale Lisa Lyon qui a prêté sa parfaite plastique à Elektra [ http://artemusdada.blogspot.fr/2011/06/lisa-lyon-est-elektra.html.
    Certaines des photos que je propose sont réservées à un public averti, autrement dit adulte : [http://artemusdada.blogspot.fr/2010/04/lisa-lyon.html]

    [-_ô]

    • Présence  

      Merci pour ces références, car ça faisait longtemps que je me posais la question sur la nature exacte des œuvres qui ont donné le goût de la culture japonaise à Frank Miller. :)

      • Artemus Dada  

        [-_ô]

    • Jyrille  

      Pas mieux que Présence, sacré article sur un film de kung-fu dont je n’ai jamais entendu parler et que tu associes à du Roland Barthes : respect éternel.

  • JP Nguyen  

    Alors là, chapeau le jeunot ! Tu as quasiment tout dit et je rejoins ton point de vue : MwF est une revisite un peu ratée mais très bien mise en scène des origines de Daredevil.
    Tu as très bien formulé le côté Best-Of/scènes obligées, qui m’avait beaucoup plu lors de mes premières lectures (« Ouais, chouette, de nouveau du DD par Miller ! ») mais qui ne me séduit plus vraiment : nombres de scènes du run original sont plus efficaces/marquantes/enthousiasmantes, même si parfois esthétiquement moins abouties.
    Les personnages introduits dans MwF (Mickey, Larks) sont totalement jetables et oubliables.
    Et puis, ce costume, cette ambiance, c’était un peu Ultimates avant l’heure et un souhait de « réalisme ».
    Enfin, je trouve que l’usage de la narration à la troisième personne met plus de distance avec les protagonistes, contrairement à Born Again ou Year One, où on était vraiment « dans la tête du héros ».

  • Tornado  

    Comme Artemus Dada, je ne l’ai lu qu’une fois et j’en garde un bien meilleur souvenir que ça. D’abord parce que je ne cherche pas à accrocher chaque lecture à la continuité (et comme le dit JP cette relecture des origines ressemble à un Ultimate, ce qui fait que je n’ai aucun mal à la dissocier des lectures antérieures). Comme j’en discutais avec Bruce, récemment, j’ai beaucoup aimé la série TV (jusqu’à l’arrivée d’Elektra, parce qu’à partir de là c’est chiant) car je fais très facilement la différence entre les diverses versions. Et j’ai même apprécié le film avec Ben Cornfleck, c’est pour dire !
    Je me souviens d’ailleurs que j’avais trouvé que cette Elektra de MwF ne ressemblait pas vraiment à celle du run de Miller sur la série. Pas plus d’ailleurs que ce costume noir de DD. Mais comme d’habitude, mon réflexe à la lecture, si je trouve celle-ci bien foutue, c’est : « qu’est-ce qu’on s’en fout ! ».

    Tout ça pour dire que je garde un excellent souvenir de cette relecture des origines par Miller, autant que le GN « Father » de Quesada. Soit deux histoires peu appréciées des fans hardcores de DD pour des raisons de continuité ou de caractérisation. Une vision des choses dans laquelle je ne me reconnais pas, puisque je regarde avant tout la qualité des histoires en elles-mêmes, et non leur rapport avec la continuité.

    Je ne partage d’ailleurs pas non plus l’avis de Pierre comme quoi le run de Nocenti serait le meilleur après celui de Miller. Car il est, dans le style narratif, quand même assez laborieux et mal fichu. Le run de Bendis a ma préférence en 2, avec celui de Smith et le court passage de David Mack.

    • PierreN  

      « puisque je regarde avant tout la qualité des histoires en elles-mêmes, et non leur rapport avec la continuité »

      Mais à la limite, si Mwf est un putain de chef-d’oeuvre (tel Born Again), j’aurais sans doute fait abstraction de ce rapport à la continuité pour l’apprécier tel quel, or à mon humble avis ce n’est pas le cas.
      Dans cette mini-série, Miller (le scénariste le plus emblématique de DD donc) passe tellement (trop ?) de temps à « remaker » des scènes phares de son run, et du coup la comparaison en ce qui me concerne se fait plutôt en sa défaveur.
      Si Miller s’était vraiment émancipé de son ancien run, alors j’aurais accepté de le considérer comme une oeuvre à part. Où alors il aurait fallu un autre scénariste aux manettes pour éviter la comparaison et s’en distancier, or c’est un peu comme si Miller s’était occupé de la version ultimate alors qu’il s’était déjà chargé de la version classique. Dans ce cas de figure, avec tellement de similitudes et le même auteur en charge, je me vois mal ne pas comparer les deux.

      Et puis même en proposant une relecture dans le cadre de l’univers Ultimate, cela n’empêche pas les auteurs de se reposer sur le travail de le prédécesseurs, quitte à le reformuler. L’univers Ultimate a permis de faire table rase en partant sur de nouvelles bases, mais les auteurs n’ont pas pour autant ignoré les apports de leurs prédécesseurs, ils ont fait leur marché là-dedans, en piochant de ci de là.
      Par exemple Hank Pym qui bat sa femme où le Tony Stark alcoolique ce n’est pas quelque chose que l’on doit à Millar à la base, cela existe dans les séries « classiques » depuis la fin des années 70 et le début des années 80. C’est important à mon sens de le souligner pour ne pas attribuer tous les mérites à ce roi de l’esbrouffe qu’est Mark Millar.

      • Bruce lit  

        Un p’tit jeune qui traite Millar de roi de l’esbroufe et qui résume parfaitement mon point de vue sur Mwf, que demander de plus ?
        J’ai un rapport ambigu avec cette histoire: elle fait partie de celle que j’aime lire sans parvenir à l’aimer.
        Parce que effectivement tout le monde là dedans d’elektra à matt est plus con que l’autre, brutal, violent, égoïste. Matt n’a aucune qualité dans cette histoire : il cogne, il sèche, il baise et il cogne. Elektra est effectivement sortie de Sin City et c’est aberrant que Miller l’écrive aussi mal. Le seul personnage fidèle à lui-même est cette brute de Stick.

        C’est hélas cette version qui est retenue par Netflix : pas de radar, ce costume qui le démasque plus qu’autre chose (sorti tout droit de la série Hulk), un personnage sans cervelle qui cogne et prêt à tuer, la dimension sociale de l’avocat disparue. La cerise sur le gâteau étant en plus qu’il est coupable d’homicide involontaire ! D’ailleurs, je ne savais pas que c’était Thyphoïd Mary, tu me l’apprends
        . Tu as très bien résumé mon point de vue: il s’agit d’un remake un peu putassier des meilleures scènes de DD avec une mise à jour grim’n’gritty. Mais j’adore les dessins et certaines séquences.
        Miller a mis bcp de lui même dans DD. Ses illusions, celles de Matt se mélangeaient avec une certaine pureté. Lorsque Miller revient chez Marvel, c’est un homme aigri et en colère. Qui contamine son personnage totem avec.
        C’est malheureusement la vision la plus simple à retenir et passée désormais dans le domaine public…

        • Jyrille  

          Autant je suis d’accord avec toi sur MwF, autant je ne suis toujours pas d’accord avec ta vision de Netflix : à part ce costume, le Matt de Netflix n’a rien à voir avec le Matt de MwF. Il est au contraire l’ancien, le chevaleresque. Il en va de même avec Elektra dans la saison 2, elle n’a rien à voir avec sa caractérisation de MwF.

          Et je suis totalement d’accord avec l’analyse des Ultimates de PierreN. Bon, je ne connais pas les autres versions des Avengers, mais celle-ci est très suffisante pour moi, surtout qu’on a envie de la relire sans problème.

          Quant à ces deux derniers jours, vous me donnez surtout envie de ressortir tous mes DD par Miller, que je ne possède qu’en VO pour le moment à part Elektra Lives Again.

          • Bruce lit  

            Oh là là, c’est de pire en pire…
            ON voit bien que cette histoire de prostituée par la fenêtre embarrasse tout le monde quand même.
            Tiens je l’ai relu hier, et c’était encore moins bon que dans mon souvenir. C’est effectivement une succession de séquences best of, où s’enchaînent des scènes sans réelles émotions ni cohérence. Lorsque Miller reprend des scènes de sa propre mythologie c’est moins bon tellement c’est expédié : 2 pages de tir à l’arc avec Stick contre 1 ici. Et quand il rajoute des scènes, c’est très discutable: Matt qui attache le mec qui emmerde Foggy à la Fac et le laisse nu….dans la neige…toute une nuit ?????
            Mais il est complètement sadique ! Et irresponsable ! Et cruel ! Et con ! C’est le genre d’acte digne d’un jeune Frank Castle pas de Matt, capable de risquer sa vie pour sauver une ordure comme Bullseye…
            Restent les dessins de JrJr très réussis notamment dans ma partie préférée, celle de Hell’s Kitchen.

      • Tornado  

        Tes arguments sont bons. Cela-dit, même si j’ai cessé de penser que Millar était bon désormais, je trouve toujours que ses Ultimates sont extraordinaires. Quand bien même il aurait repris des idées déjà actées, il a tellement mieux raconté l’ensemble, à mon sens, qu’il a écrasé la concurrence. Sa version des Avengers demeure, pour moi, la meilleure de tous les temps.

  • phil  

    Chapeau, super boulot
    Je ne partage pas tous les bémols sur l’histoire (le fait d’avoir the definitive origin story made in Miller me plait, continuité ou pas) mais je partage bien sur tout ce qui est dit sur la partie graphique
    « jeunot » dit JP? Parce que des jeunes (re)lisent ce genre d’œuvres, et savent les analyser/apprécier!? Alors chapeau (encore plus bas)

  • OmacSpyder  

    Un article pointu sur notre tête à cornes. Bravo Pierre pour avoir osé te lancer sans peur dans ce passage en revue! Tu passes ainsi de l’analyse de l’histoire à celle du dessin avec souplesse, montrant bien l’alchimie qui s’est créée pendant cette mini-série. Tu pointes avec précision le cheminement de Miller et du duo RomitaJr / Williamson pour montrer cet aboutissement. Pas parfait sûrement, mais riche de sens.

    J’aime bien l’histoire autour de RomitaJr et du rapport paternel avec DD, qui confère à cette histoire un supplément d’âme. Une réelle origins story!

    Pour les pulsions violentes de Matt, je les mettais lors de mes lectures sur le compte de la jeunesse justement, et de ce désir de vengeance. Il aurait pu être un Punisher bis mais quelquechose en lui l’a fait devenir quelqu’un d’autre malgré le deuil.

    Elektra psychotique, selon Miller? Je la voyais juste, comme tu l’évoques, vénéneuse : fatale. Matt tourne toujours autour de la mort, s’en joue ; et comme nous le disions hier, ses conquêtes meurent ou sont mortelles. Intéressant cette dimension du personnage…

    J’ai lu cette mini-série plusieurs fois, à différents moments. Elle demeure pour moi intemporelle et forme le personnage dans ce qui l’anime vraiment. C’est la naissance de l’homme sans peur, avec ce que Miller a pu lui insuffler d’âme et ce que RomitaJr et Williamson lui ont apporté de corps, au sens large.

    Merci Pierre de m’offrir l’occasion de la relire prochainement, ton article me l’a fait ressortir de la bibliothèque pour l’ajouter à mes lectures prochaines. Même pas peur!

  • Léo Vargas  

    Hello mon grand,

    Excellent article. Complet et très fouillé.
    J’ai adoré cette histoire à sa première lecture et il en est de même aujourd’hui aussi.
    J’ai mis du temps à apprécié le style de Romita JR et c’est peut-être cette histoire qui m’a permis de lui trouver de grandes qualités… Et depuis, j’en suis fan: Thor, Spiderman… Un peu moins sur Superman quand même !

  • PierreN  

    https://www.youtube.com/watch?v=a3veX7NgKTM
    https://www.youtube.com/watch?v=CKKTGd_N7YU

    Pour ceux que cela intéresse, voilà des extraits du documentaire « Men Without Fear » de 2003, dans lequel Frank Miller et les Romita (Junior et Senior) entre autres, s’expriment à propos de leur passages respectifs sur tête à cornes. C’est dommage que Nocenti n’y soit pas, et cela renforce mon impression que son run est parfois sous-estimé.

  • Matt  

    Je n’ai pas lu ce comics mais je comprends le point de vue de PierreN et du chef.
    Sans accorder une immense importance aux petites incohérences de la continuité, je ne viens pas non plus lire un Tintin pour tomber sur un héros qui se comporte comme le Punisher. La caractérisation du personnage a une réelle importance pour moi. Simplement pour l’appréciation de ce qu’on choisit de lire.
    Contrairement à l’ami Tornado, moi je ne peux pas trouver ça génial si ça me choque à ce niveau et qu’un héros intelligent et positif devient un gros con violent. Ce n’est donc pas une question de principe du genre « c’est vachement bien mais trop différent du perso que j’aime alors je dis que c’est nul ». Non. Je ne vais pas aimer, c’est tout.

    Alors on pourrait dire « mais si c’était un personnage inédit tu aurais peut être aimé alors pourquoi pas là ? » Ben parce que pour moi remplacer un personnage n’est pas du tout anecdotique. Comme je l’ai dit, si on me fait lire un album de Tintin ou ce dernier trucide tout le monde en baisant, fumant, jurant…ben ça ne me plaira pas. Alors que dans un récit du Punisher, on va dire que ça colle au perso.

    • Bruce lit  

      On ne t’appelle pas Mattie Boy pour rien.
      Thanks Mate.

    • OmacSpyder  

      Et si… les héros Marvel évoluaient? Ici, nous sommes à l’origine du personnage. N’oublions pas non plus que nous avons fréquemment vu DD craquer sous la pression et devenir bien plus violent, moins équilibré par le sens de la justice qui agit comme un inhibiteur. Et si ces pulsions agressives étaient les fondations du personnage, celui-ci ayant plusieurs strates? Man without Fear, c’est la genèse de DD, ubuesque proto-héros. C’est peut-être la chute mortelle de la prostituée qui transforme Matt en DD, comme le Peter Parker catcheur et égoïste est devenu après-coup Spiderman avec la mort de son oncle.
      Nous avons pour les deux une figure paternelle qui meurt et un héros qui se forge. Peu à peu.
      J’ai toujours lu cette mini-série des origines comme un point de départ cohérent qui plus est avec les moments de dépression de Matt.

      • Matt  

        Il y a évolution et changement radical incohérent.
        Comme je l’ai précisé, je n’ai pas lu ce comics. Donc j’expliquais mon point de vue plutôt de manière générale sans m’attaquer précisément à ce comics.
        Certaines caractérisations de personnages sont inappropriées et m’empêchent complètement d’aimer une histoire. Comme mon exemple avec Tintin^^

        • OmacSpyder  

          Oui, Matt. Et j’expliquais mon point de vue aussi. Un comble vu le thème..! Je ne voulais pas que tu te prives de cette lecture :)
          Et pour Tintin et ton exemple, c’est à voir… Il a toujours eu un petit côté suspect refoulé, non? ;)

  • Tornado  

    Et bien moi, sur ce point (mais on en a déjà discuté), je ne suis tout simplement pas d’accord avec Matt. Transformer un personnage et le montrer sous un jour différent, je trouve que si c’est bien fait, s’il n’y a pas de message puant derrière, ça peut être très intéressant. C’est le principe d’une relecture. Ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi, juste autre chose, en bien. C’est de toute manière ce que permet le principe des elsewords, et des relectures en général.
    « Pourquoi à ce moment là ne pas créer tout simplement un autre personnage ? » va me répondre Matt. Et bien parce que c’est justement en faisant pareil, mais différent, que c’est intéressant. En puisant dans le même terreau, dans le même mythe, dans la même mythologie, dans la même histoire ; mais en les réinterprétant. Moi je suis très preneur du principe. Mais, si ça peut rassurer Matt, ma propre femme n’est pas d’accord avec moi non plus… :)

    • Bruce lit  

      Et moi pour une fois je suis d’accord avec Matt ;)

    • Matt  

      J’avoue que faire pareil mais différent, ça m’intéresse moyennement. Et pour les elseworlds, on peut déjà considérer que c’est un autre personnage puisqu’il n’a pas forcément le même vécu, le même nom, ne vit pas à la même époque, rien (exemple : Miguel O’hara alias Spidey 2099). Au sein d’un même run dans lequel le personnage a le même vécu, les mêmes relations, mais agirait à l’opposé de sa psychologie malgré le fait qu’on te colle même des références à des évènements qu’il a vécu en étant complètement différent, ça devient trop bancal pour moi. Et pas intéressant.

      Mais oui, on en a déjà parlé^^. Et y’a pas à être d’accord ou pas d’accord, les gars. Le terme n’est pas très approprié. Il ne s’agit pas d’une réflexion avec une seule vérité à la clé^^. C’est juste une question de goûts on va dire.

  • Jyrille  

    Je n’ai que la moitié de ce run, éditée chez Semic en kiosque, et pendant longtemps je ne comprenais pas qu’il me manquait toute la première partie… Je l’ai lue plus tard je ne sais où, mais je ne connais pas bien le début de cette mini-série. Par contre, cette seconde moitié correspond tout à fait à ce que tu en dis : très beau graphisme, très iconique (ce costume noir repris par Netflix est simple et pourtant caractéristique), avec un découpage très dynamique, mais l’histoire m’a toujours parue bancale (je comprends mieux pourquoi maintenant, malgré les bonus qui racontent plus ou moins les échanges téléphoniques entre Miller et JRjr) et surtout bien éloignée de ce que j’imaginais de DD. Ici, il est moins chevaleresque, et Elektra elle-même semble totalement à l’ouest. Pour moi, à cette époque, ces personnages étaient surtout ceux caractérisés dans Elektra Lives Again du même Miller : des personnages maudits et impuissants.

    Merci beaucoup pour toutes les infos et ce bel article très complet, je me rends compte du gouffre culturel qui me manque sur de nombreux dessinateurs et encreurs. Pas sûr que je lise ça un jour, mais au moins, je sais qu’ils existent !

  • Présence  

    Je vais paraphraser Artemus Dada : il y a longtemps que je n’ai pas lu cet arc, et ton article ne me donne pas envie de le relire.

    Merci beaucoup pour l’historique de la réalisation de cette histoire, en particulier les différentes phases d’écriture de Frank Miller.

    Il m’aura fallu du temps et les indications de Tornado pour que j’arrive à discerner les qualités des dessins et des mises en page de John Romita junior, et je trouve que tu expliques avec élégance la complémentarité entre JRjr et Al Williamson.

    Même sans prendre une posture de puriste sur Daredevil, je ne l’avais pas reconnu dans cette histoire.

    • Jyrille  

      Présence, si tu ne l’as pas vu, je te signale juste que j’ai commenté ton Harbinger suivant, sur L’âme du groupe.

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