Justice aveugle (DD par Miller et JrJr)

 

The Man without Fear par Frank Miller et JrJr

1ère publication le 23/05/17-MAJ le 28/08/18

L'oeuvre au rouge

L’oeuvre au rouge©Marvel Comics

  PIERRE N

VO : Marvel

VF : Panini, Semic, Bethy

Cet article portera sur la mini-série Daredevil: the Man without Fear , réédité à de nombreuses reprises dans nos contrées (la dernière édition en date de Panini étant prévue pour cet été).

Dès qu’il s’agit d’évoquer les grandes heures de tête à cornes, l’évocation du passage de Frank Miller ne tarde pas à pointer le bout de son nez, de manière invariable et systématique, et pour cause…

Malgré la succession de scénaristes et de dessinateurs talentueux ayant bossé auparavant sur la série, tels Gene Colan, Wally Wood, John Romita Sr, Gil Kane, Marv Wolfman, Steve Gerber, Gerry Conway, ou encore Roger McKenzie, c’est véritablement avec Frank Miller que le titre s’est affirmé comme un incontournable de l’univers Marvel, grâce à ce qui reste à ce jour le meilleur run de DD toutes périodes confondues (avec le run de Nocenti pas loin derrière en embuscade).

L'origine initiale d'Elektra, plus condensée et qui s'avère supérieure (Daredevil #168)

L’origine initiale d’Elektra, plus condensée et qui s’avère supérieure (Daredevil #168)©Marvel Comics

Cette version si populaire est devenue l’exemple à suivre, à tel point que la version de DD pré-Miller, plus souriante et moins morose, a été vite supplantée, et il n’y a guère que Karl Kesel et Mark Waid qui soient revenus vers cette tonalité plus positive, tandis que Nocenti a eu la bonne idée de ne pas copier Miller, contrairement à ce tâcheron de Chichester, en allant dans sa propre direction.

Là où le run de référence existait dès les débuts de certaines séries, que ce soit pour Fantastic Four ou Dr. Strange, dans le cas de Daredevil et des X-Men, il a fallu attendre la seconde moitié, voire la toute fin des années 70, pour assister au véritable âge d’or de ces titres respectifs.
Miller a alors orchestré une véritable révolution thématique et visuelle de la série, qui s’éloigne à partir de là de l’univers coloré des super-héros, pour lorgner sur le polar hard-boiled teinté d’influences nippones, tout en intégrant adroitement les influences des grands dessinateurs qu’il admire, de Will Eisner à Gil Kane, en passant par Steve Ditko et Bernie Krigstein, sans oublier le manga, dont Miller est très friand.

Dès l’enfance, Matt est attiré par les dangers de Hell’s Kitchen

Dès l’enfance, Matt est attiré par les dangers de Hell’s Kitchen©Marvel Comics

Ses couvertures de Lone Wolf & Cub témoignent d’ailleurs de son intérêt pour l’imagerie du Japon féodal, qu’il a découvert notamment par le biais du cinéma de genre. Stick le vieux mentor aveugle, donne ainsi l’impression d’avoir été inspiré par Zatoichi , et plus largement par le genre du film de sabres qu’est le chanbara.
En plus de la réinvention magistrale du Caïd, ce renouvellement thématique de la série passe aussi par l’usage des ninjas et de toute une imagerie liée au pays du soleil levant (où réside Fisk avant son retour aux affaires lors de l’arc Gang War).

Elektra est symptomatique de cette double influence Orient/Occident, car c’est une femme dangereuse dans la lignée de son ancêtre et inspiration avouée, la Sand Charef d’Eisner. Et en même temps de par sa maîtrise des arts martiaux et des méthodes de la Main, cela lui donne une aura mystérieuse et énigmatique qui la rapproche de ninjas, et donc d’un versant plus inattendu, qui la distingue des conquêtes habituelles de Matt, et notamment de la pauvre Heather Glenn, qui fait pâle figure en comparaison. La saga d’Elektra est même devenu l’épine dorsale du run sur le plan thématique, avant que le focus revienne sur le duo Matt/Fisk avec Born Again et Love & War .

La finesse de l’encrage de Williamson fait des merveilles sur les textures

La finesse de l’encrage de Williamson fait des merveilles sur les textures©Marvel Comics

Dans la seconde moitié des années 80, suite à sa grande période créative de 1986, constituant à mon sens le pic qualitatif de sa carrière, Miller est attiré par les sirènes d’Hollywood, et il s’est donc retrouvé bien occupé sur les scénarios de Robocop 2 et 3, ce qui explique pourquoi il s’est montré un peu moins productif entre 1987 et 1990 dans le domaine de l’art séquentiel.

Miller n’oublie pas pour autant l’avocat aveugle, et puisque son histoire de Daredevil avec Simonson n’avait pas aboutie, il s’est vite reporté sur ses autres projets, et notamment Elektra Lives Again .

Grâce à Stick, son fardeau devient un atout

Grâce à Stick, son fardeau devient un atout©Marvel Comics

Vers 1987, alors que John Romita Jr s’apprêtait à s’occuper d’un run d’anthologie sur tête à cornes en compagnie d’Ann Nocenti, le scénariste Frank Miller lui a fait part d’un projet bien particulier.

JR jr lui avait proposé de s’occuper à nouveau d’une histoire mettant en scène Wolverine, mais Miller, guère emballé à l’idée de rempiler une troisième fois sur le plus populaire des mutants après la mini-série de Claremont et la courte histoire encrée par Sienkiewicz, présente dans le numéro spécial Heroes For Hope ), a préféré décliner cette proposition.
Si Claremont avait réussi à convaincre Miller de participer à la mini-série du griffu, c’est sans doute grâce au décorum japonais, utilisé à foison par l’auteur dans Daredevil et Ronin , et non pas pour le personnage en soi, dont Miller n’a pas hésité à se moquer quelques années après dans Sin City . Le seul personnage Marvel pour lequel il a visiblement de l’affection et qu’il veut retrouver, c’est bel et bien Matt Murdock, et plus largement son propre coin d’univers aménagé en vase clos, qui le pousse à ne pas trop prendre en compte ce que les scénaristes suivants ont pu faire sur DD.

Avec cette mini-série, construite au départ sous forme de graphic novel, Miller a trouvé là un moyen de reformuler un script prévu pour une adaptation à l’écran qui n’a jamais vu le jour (en guise de maigre consolation, les spectateurs ont à l’époque dû se contenter d’un Daredevil assez cheap, apparu dans le téléfilm Le Procès de l’incroyable Hulk ).

 Après la version mystérieuse et sensuelle de Sienkiewicz, place à la version psychotique et impitoyable de JRjr


Après la version mystérieuse et sensuelle de Sienkiewicz, place à la version psychotique et impitoyable de JRjr©Marvel Comics

En raison de l’emploi du temps chargé de Miller, le projet a mis plusieurs années à voir le jour, et les modifications du scénarios ont encore ralenti le processus de finalisation, avec notamment l’ajout ultérieur des planches avec Elektra, qui donnent du coup l’impression justifiée d’être une pièce rapportée pas forcément indispensable, si ce n’est pour faire le tour du propriétaire des jalons de son run.

Contrairement à la mini-série Yellow qui se veut plus fidèle à la version des années 60, Miller s’est concentré sur ses propres apports, en essayant de les passer en revue et de les condenser en un seul récit auto-contenu (pour donner au final la bible de DD comme il s’appelle, sauf que celle-ci existe déjà et elle s’appelle Born Again ). Qu’il s’agisse de l’accident (directement inspiré par l’intro inoubliable de l’épisode 229) ou du tir à l’arc avec Stick, Miller cite constamment ses oeuvres précédentes, sans pour autant les égaler.

Cette origin story est aussi l’occasion de mettre en scène l’ascension de Fisk

Cette origin story est aussi l’occasion de mettre en scène l’ascension de Fisk©Marvel Comics

À force de passer en revue les passages obligés, fatalement le fil directeur narratif qui les relie est parfois un peu fragile, en particulier en ce qui concerne les séquences rajoutées sur le tard.
Pour le coup l’oeuvre aurait pu se passer de toutes les scènes avec Elektra, mais la volonté de Miller de faire une sorte de best of de son run a prévalu (l’apparition du Caïd n’a rien de crucial dans le récit, il aurait très bien pu être remplacé par le Hibou tant cela n’aurait pas changé grand chose au cours des événements).

Matt est caractérisé différemment, son rapport à la justice qui n’est pas le même (alors qu’il est pourtant au tout début de sa carrière de justicier) et lors de l’affrontement final il est toujours aussi déconcertant de voir Matt agir sans être tiraillé entre ses pulsions violentes et son sens de la justice, d’une manière presque monolithique (digne de Castle), à force de répéter la même phrase face à son ennemi.

Lorsque Matt venge son père, la spirale de violence aveugle a toutefois une conséquence désastreuse, puisque Matt provoque involontairement la mort accidentelle d’une prostituée, qui par le truchement de la continuité rétroactive, s’avérera être Typhoid Mary, et cela par le biais des développements ultérieurs. Par conséquent elle n’a pas succombé à sa chute (DD est ainsi dédouané, même si Typhoid l’a accusé d’être responsable de son état mental).
Il faudra attendre le court run de J.M. DeMatteis pour que l’implication de Matt dans ces événements soit évoquée (intégrant ainsi cette mini-série dans la continuité), en finissant par être la principale cause de sa dépression.

Vers la fin, Miller commence à esquisser un élément intéressant dans le rapport presque symbiotique que Matt entretient avec sa ville, tel un animal en cage qui aurait retrouvé son habitat naturel, mais là encore cela n’est pas assez exploré, et les retours à Hell’s Kitchen est seulement marqué par la résurgence de ses pulsions violentes (des voyous en feront les frais).

L’avocat aveugle prêt à devenir l’homme sans peur

L’avocat aveugle prêt à devenir l’homme sans peur©Marvel Comics

Là où le bât blesse également, c’est justement au niveau de la caractérisation d’Elektra, assez différente de la version habituelle, et que Miller décrit clairement dans son script comme psychotique, et qui est montré dès le départ comme irrécupérable et pédisposée pour la violence. En ce sens, elle est plus proche d’une femme fatale vénéneuse que de l’amour de jeunesse déchue de Matt, telle qu’elle était décrite au début du run de Miller.

Son départ vers l’Europe est amené de manière assez abrupte, malgré la mort soudaine de son père pour le justifier, alors que dans la version précédente, ce décès était le point de bascule qui donnait l’impression qu’une partie d’elle-même s’était éteinte à ce moment-là.
C’est comme si elle avait pratiquement été expurgé de sa dimension tragique, qui avait rendu si mémorable les premiers épisodes de Miller en tant que scénariste (avec cette scène inoubliable où elle découvre l’identité de celui qui se cache sous le masque rouge, en se rendant compte du gouffre qui les sépare dorénavant).

Romita Jr a accepté cette opportunité de s’occuper de tête à cornes, un personnage qui comme Spidey à précédemment été fortement marqué par l’empreinte de son père.
L’envie de Romita Jr d’exercer la même profession que son paternel lui serait même venue d’après la légende en découvrant son travail sur DD durant les années 60. JRjr a ainsi eu l’occasion de boucler la boucle en assumant l’héritage de son père, tout en montrant que son style partait dans une autre direction, alors que sur le Spidey de Stern, il avait encore tendance à marcher sur ses traces (et déjà à ce moment-là, l’encreur qui avait su le seconder de la manière la plus satisfaisante n’était autre que Klaus Janson).

Le design minimaliste repris par la version Netflix

Le design minimaliste repris par la version Netflix©Marvel Comics

JRjr a pu s’estimer chanceux de bénéficier de l’apport du regretté Al Williamson, un grand fan de Flash Gordon , qui a eu l’occasion d’illustrer, tout comme la série Star Wars de Marvel et les célèbres EC comics.

Dans les années 80 il avait préféré se concentrer sur sa carrière d’encreur, lui assurant une certaine popularité chez toute une générations de lecteurs, biberonnés aux séries qu’il a magnifié de son style inimitable (DD de Romita Jr, Wolverine de Buscema , Spider-Man 2099 de Leonardi , Fafhrd and the gray mouser de Mignola , ou encore les Inhumains de Bret Blevins ).
C’est sur les X-Men de Claremont que JRjr a fait la connaissance déterminante de celui qui deviendra un de ses collaborateurs privilégiés, en particulier avec les épisodes se déroulant pendant Secret Wars 2 , et ensuite avec Star Brand , une des séries de l’éphémère New Universe de Jim Shooter, pour ensuite atteindre finalement la consécration avec DD.

La plus grand réussite de cette mini-série se situe donc plutôt du côté de la partie graphique, et le moins que l’on puisse dire c’est que la réunion JR jr/Williamson marche du feu de dieu.
Entre l’héritier de Jack Kirby et celui d’Alex Raymond, on pouvait craindre que leurs deux approches formelles puissent entrer en collision, or il n’en est rien puisque, contre toute attente ils se complètent à merveille, formant une parfaite osmose, digne des plus grands duos de l’industrie (Kirby/Sinnott, Byrne/Austin, Miller/Janson, Colan/Palmer, Silvestri/Green, Davis/Farmer).
Les deux sont arrivées à jouer sur leurs forces respectives, entre le dynamisme de l’un, et l’élégante finesse de l’autre, Williamson s’étant ainsi imposé comme le meilleur encreur de Romita Jr à égalité avec Klaus Janson.

Brutalité justicière

Brutalité justicière©Marvel Comics

Certains encreurs ont tendance à changer judicieusement certains détails d’une page (il suffit pour cela de jeter un oeil aux planches de Miller sur DD, adoucies par l’encrage de Janson), mais Williamson quant à lui ne cherchait pas tant à altérer qu’à perfectionner, en habillant le second plan avec cette succession caractéristique de traits horizontaux, ou en s’attardant sur le rendu des diverses textures ( des cheveux aux étoffes, en passant par les vêtements et les immeubles).

Durant cette longue période marquée par ses passage sur Iron Man , Punisher , et son retour sur Uncanny X-Men , le style de Romita Jr a évolué, son trait est devenu plus stylisé, ses planches ont gagné en puissance, ses personnages sont devenus plus épais et baraqués, typique de cette période des années 90 où les personnages de JRjr avaient pratiquement tous une silhouette très imposante (même Spidey n’a pas pas échappé à cette systématisation graphique, alors que d’habitude c’est lui le maigrichon de service comparé aux autres).
La reformulation tardive du projet, passant du graphic novel à la mini-série en plusieurs parties, l’a obligé à s’occuper de nouvelles planches pour les transitions entre les numéros. Les différences entre les planches sont assez vite repérables pour peu que l’on ait l’oeil et que l’on soit familier de l’évolution du style du dessinateur. Il suffit de voir pour cela les différences dans la façon dont il représente le Caïd, selon que ce soit à la fin de l’épisode 3 ou au début de l’épisode 4 (dans une version il a un visage plus rond, et dans l’autre il est plus carré).

Matt s'entraîne pour le poste de Hawkeye

Matt s’entraîne pour le poste de Hawkeye©Marvel Comics

Le run de Nocenti a été une étape importante dans l’évolution stylistique du dessinateur, qui à l’occasion à eu l’occasion à ce moment-là de pouvoir enfin rendre des crayonnées plus détaillés (alors qu’avant il s’occupait de simples découpages), et cela a porté ses fruits, comme en témoignent les planches de cette mini-série, qui montrent bien son sens du storytelling et de l’impact visuel (le père de Matt qui meurt en hors-champ, le billy-club de DD balancé vers le lecteur, suivi par l’utilisation de l’équivalent du fondu au noir).

Avec ce récit, qui restera probablement son dernier passage sur tête à cornes, Miller est revenu aux origines du personnage qui l’a rendu célèbre, sans pour autant retrouve la justesse et le caractère poignant et viscéral de Born Again.

L’intrigue n’égale certes ni Year One , ni les autres histoires de Miller sur DD, mais elle reste tout de même une origin story mémorable grâce à l’efficacité narrative de Miller et au brio de l’association Romita Jr/Al Williamson (le dessinateur considère qu’il s’agit-là du meilleur travail de la carrière).

Une histoire se termine, une autre débute…

Une histoire se termine, une autre débute…©Marvel Comics

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Les origines de DD revues et corrigées par l’artiste qui l’a fait tutoyer les sommets. Miller a t-il su retrouver le niveau qu’il avait lors des années précédentes ? La réponse chez Bruce Lit
La BO du jour :

51 comments

  • JP Nguyen  

    @Eddy :
    « Mais oui JP… c’est la meilleure bd de tous les temps…niark noark…ils ne comprendront jamais…JAMAIS…..HAHAHAHAHAHA »
    -> Dans mes bras, Eddy ! (coller ici une image de Bromance à la Matt Murdock/Foggy Nelson)

  • Bruce lit  

    @Matt : tu es des nôtres, désormais, tu as lu ton DD comme les autres !

    Ton ressenti est le tien bien évidemment, mais je trouve dommage de ne résumer le run de Miller à la déprime de Matt. Concrètement, nous avons au contraire un héros au meilleur de sa forme. Miller magnifie le volet acrobatique du personnage, il bondit de partout, fait montre d’une supériorité physique et morale sur ses adversaires, nous avons une somptueuse description de la vie new-yorkaise de l’époque avec ses rues mal-famées et ses cartons qui volent, un vilain ridicule (Kingpin) qui se transforme en personnage majeur de l’univers Marvel, un combat magnifique contre Hulk, de l’humour, des sentiments…

    Matt est ébranlé après la mort d’Elektra, oui, mais sa dépression commence vraiment sur Born Again, soit les 6 derniers épisodes (et encore, si l’on veut chipoter, il touche le fond dans les 3 premiers numéros) .

    On trouvera effectivement un Matt abattu pendant 30 mais la déprime est bien plus forte chez Nocenti par exemple. Chez Miller le héros n’a jamais été si percutant.

    • PierreN  

      « de l’humour »

      Quelque chose qui manque souvent chez les suiveurs de Miller sur DD (Foggy en gros dur dans les bas-fonds, le running gag sur le chauve qui louche, recherché par plein de monde, Foggy incapable de résister à la pizza de Luke Cage, etc…).

      • Bruce lit  

        Les vitres brisées chez Josie, les barres de chocolat de Foggy, les cigarettes de Ben Ulrich, la nullité absolue de l’homme échasse … Même Bullseye qui discute Borgart avec ses victimes.

        • PierreN  

          La secrétaire en fauteuil roulant (je ne suis pas sûr de son prénom : Betsy ? ) de Matt et Foggy, c’est bien celle que l’on revoit ensuite dans d’autres runs (chez Brubaker notamment) ?

          • Bruce lit  

            La secrétaire handicapée c’est Becky. A ne pas confondre avec Betsy, l’assistante sociale de Galadiator.

  • Tornado  

    Est-ce parce que j’ai commencé par Frank Miller que j’adore également son run ? Pour moi ça tranchait tellement avec le reste de la prod Marvel. C’était tellement meilleur, tellement plus mature, tellement plus classe ! Ce découpage, cette narration, cette modernité grandissante d’épisode en épisode. Celui de la mort d’Elektra est un sommet de l’histoire de la BD. Et pui les début de Born Again ! Le problème pour moi c’est que ça a forgé mes goûts en matière de comics de super-héros. Après ça, je ne pouvais plus revenir en arrière.

    • Matt  

      Je ne parle pas de Born again que je mets à part vu que je l’avais lu avant.
      Je précise hein.
      Comme je l’ai dit, je veux bien reconnaitre que c’est mieux que le reste à l’époque, que c’est de la BD bien réalisée. Mais à force…bah je sais pas, j’ai l’impression de lire la même chose sur le perso. Oui oui Miller fut le premier, je l’ai expliqué, je suis conscient que mon raisonnement est faussé, mais je ne peux plus non plus redevenir vierge en DD et découvrir avec Miller.
      Ajoutons aussi à ça que JrJr n’a jamais été mon dessinateur préféré contrairement à 90% des fans de comics, que c’est pas super bien traduit non plus en VF (c’est pas du Coulomb mais du Belingard. Et c’est la 2eme pire traductrice de Panini^^ Même s’il y a une nette amélioration par rapport à ma nemesis)

      Vous me forcez à trouver des excuses ! Mais oui parfois je me suis même dis « bon je termine ou pas cette lecture ? »
      J’en vois les qualités mais j’étais lassé. J’ai déjà lu des trucs similaires sur DD, avec des graphismes que je préfère, une narration plus moderne, etc.
      Oui c’est pas logique, oui je reconnais que je juge durement ce run qui était fondateur et en avance sur son temps…mais…bah…voilà quoi, je me suis presque ennuyé^^

    • Matt  

      De la même manière, même si je suis moins sévère que Tornado envers les comics old school, c’est quand même très rare que je les préfère aux comics modernes. Je préfère le Spidey de JMS par rapport à celui de Stan Lee. Même si j’ai de la nostalgie pour la période Lee/Romita Sr ou autres vieilles périodes.
      Là je m’attendais à préférer le run de Miller à tous les runs modernes parce que justement c’est souvent encensé comme un truc trop bien, fondateur, tout ça. Eh ben…non.
      Mais j’ai jamais dit que c’était nul ou à jeter ni rien^^ Juste que techniquement, la nostalgie en moins, et à cause de mes habitudes de lecteur qui a commencé par le moderne sur ce personnage, le run de Miller me semble presque le plus dispensable.

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