La mort d’une icône (Review : Thanos Rising)

Thanos Rising par  Jason Aaron & Simone Bianchi

Ascension ou chute libre ?

Ascension ou chute libre 

AUTEUR : MATTIE-BOY

VO : Marvel

VF : Panini

Aujourd’hui nous allons nous intéresser (ou essayer) à la mini série Thanos Rising écrite par Jason Aaron et dessinée par Simone Bianchi.

Bon…puisque vous voyez ma note, vous vous doutez que je n’ai pas que de bonnes choses à dire sur cette série. Alors avant de commencer, mettons une chose au clair : je n’écris quasiment jamais d’articles négatifs parce que je préfère parler et faire connaître de bonnes BD que de vous lancer de l’acide au visage qui pourrait éventuellement vous vexer, vous lecteurs qui auraient aimé l’œuvre que je prends pour cible.

Donc si vous voyez un argument dans mon article qui vous déplaît, dîtes vous seulement « ce n’est qu’un comics, je n’ai pas besoin de foutre ma vie en l’air en essayant de tuer ce mec qui en dit du mal. » Comment ? J’en fais des tonnes ? Hum…eh bien disons que même si j’ai souvent eu des avis divergents avec certaines critiques, comme nous tous, je crois que c’est la première fois où je me sens assez seul à détester cette histoire qui recueille des quantités de bonnes critiques.
Regardons ensemble ce qui me hérisse le poil dans ce comics.
L’histoire nous raconte donc le passé de Thanos, le titan fou, cette entité cosmique très puissante créée par Jim Starlin célèbre surtout pour la saga du Gant de l’infini .

En gros on suit la vie de Thanos tout d’abord gamin à l’école qui se comporte comme une graine de psychopathe en torturant des animaux, puis des gens, pour faire des expériences. Il reste seul dans son coin mais sera par la suite abordé par une jeune fille qui s’avérera être la Mort. Celle-ci va le manipuler pour qu’il tue encore plus alors que Thanos, lui, semble bien s’intéresser à elle. Sauf qu’on ne touche pas ! Alors Thanos en grandissant deviendra une sorte de pirate de l’espace qui ira tuer des trucs par frustration, avant de découvrir un secret sur cette femme.

Je suis méchant donc je dois torturer, c'est dans le cahier des charges

Je suis méchant donc je dois torturer, c’est dans le cahier des charges

Déjà je partais avec un handicap pour cette lecture. Je n’aime pas les histoires qui racontent les origines des personnages qui jusqu’alors étaient inconnues (je n’ai pas de problème avec les réécritures d’origines qu’on connait tous, comme celle de Spiderman par exemple.)
Pourquoi ? Eh bien parce que je considère que souvent la force d’un personnage vient de l’aura de mystère qu’il dégage. Ne pas tout expliquer, c’est laisser aux lecteurs imaginer d’où peut venir un tel être mystérieux et nihiliste. Avez-vous envie de savoir qu’il allait à l’école et torturait des petits animaux comme un psychopathe humain de base ? Non ? Eh bien manque de bol c’est tout ce que Jason Aaron a trouvé pour raconter ses origines. Bientôt on aura peut-être droit à l’enfance de Galactus qui souillait ses couches.

Je tiens à préciser deux choses tout de même.
Primo, je suis du genre à penser qu’il ne faut pas juger une histoire en fonction de ce qu’on aurait voulu qu’elle soit. En gros si un couple se sépare ou un personnage meure, et que nous n’avions pas envie de ça, eh bien tant pis pour nous, ce ne sont pas des arguments à retenir contre l’histoire. A condition bien sûr que ce soit bien amené, et pas un gimmick pour faire le buzz sur le net (comme la plupart des morts des personnages Marvel). Ce qui m’amène à dire qu’il y a des limites. Cette approche ne doit pas nous pousser à pardonner le manque d’originalité et tous les clichés qui peuvent être présents dans l’histoire en question. En gros, il faut conserver un esprit critique.

Deuxio, sans être un accroc de la continuité au point de relever que tel ou tel personnage s’est fâché avec un autre dans le numéro 42 de l’année 1978 et que par conséquent ils ne devraient plus se parler, je considère que lorsqu’on se lance dans une histoire qui raconte les origines d’un personnage, il est logique de se baser sur les acquis du personnage, et pas de faire ce qu’on veut. Certes un néophyte qui ne sait rien du personnage ne serait pas choqué s’il découvrait que Peter Parker est un extraterrestre par exemple, mais ça me semblerait légitime que les fans gueulent « bullshit ! » Tout est question de proportions. Les petits changements, c’est une chose, les gros doigts levés au ciel qui disent « je fais ce que je veux », c’en est une autre.
Et c’est là que j’ai de gros problèmes avec cette mini-série.
Primo, c’est du déjà vu complètement téléphoné.
Deuxio, ça n’a rien à voir avec les acquis que l’on connait de Thanos.

Au moins, il y a de beaux dessins

Au moins, il y a de beaux dessins

Déjà, comme je l’ai dit, c’est cliché au possible. Que ce soit au niveau de l’enfance de Thanos à sa relation avec la Mort ou son parcours qui le change en tueur, on se croirait sur terre dans notre système éducatif avec la pouffiasse de service qui manipule le garçon. C’est un peu plus dépaysant parce qu’on est sur une autre planète, mais il n’y a aucun effort pour nous présenter quelque chose de différent de ce qu’on connaît en tant qu’humains. C’est un portrait de serial killer ultra classique. Vous pouvez deviner rapidement où l’intrigue va vous mener avec des personnages stéréotypés au possible.

Concernant les problèmes en rapport avec les acquis du personnage, je mentionnerais que Thanos a retourné l’univers entier au moyen des gemmes de l’infini chez Starlin pour obtenir un seul mot de la part de son amour Dame Mort. Juste un mot lui indiquant qu’elle ressent un quelconque intérêt pour lui. Sauf que la mort ne lui parle pas. Et ça le rend dingue. Thanos va de victoire creuse en victoire creuse. Ce n’est pas un détail de son passé. Toute sa psychologie repose là-dessus. Aussi fort soit-il, il n’obtient pas ce qu’il souhaite vraiment. Il est une métaphore vivante du pouvoir qui n’offre ni paix ni bonheur.
Chez Aaron, la mort est une pisseuse insupportable qui joue les allumeuses et ne ferme jamais sa grande gueule. Mon dieu qu’elle est gonflante ! Et cela depuis que Thanos est petit. On dirait même que c’est elle qui lui court après, allant jusqu’à prendre l’apparence d’une jeune fille de son âge (du moins j’imagine, parce que la Mort n’a pas réellement 14 ans, sinon l’univers entier ressemblerait aux Halles parisiennes un samedi après-midi). Comme démystification d’une entité abstraite comme la mort, on fait difficilement pire.

Chez Aaron, c'est la mort qui pleurniche que Thanos ne lui parle plus comme une ex en dépression. La classe !

Chez Aaron, c’est la mort qui pleurniche que Thanos ne lui parle plus comme une ex en dépression. La classe !

Vous vous dites peut être que je suis trop obtus, mais sachez que d’autres auteurs ont fait parler Dame Mort. Très peu, mais ils l’ont fait. Je ne me suis pas senti trahi pour autant. Parce que les dialogues en question avaient une touche de profondeur. Ainsi, lors d’évènements précédant le crossover Annihilation , la mort apparaît pour la première fois sous forme d’une petite fille (rappelant un peu le personnage de Death créée par Neil Gaiman dans Sandman ), et dit à Thanos « tu n’as fait que m’offrir des morts. N’as-tu jamais pensé que mes désirs transcendaient ma nature ? »

Je n’exige pas que tout le monde se conforme à la vision de la Mort muette de Starlin, mais je réclame qu’elle ne soit pas une version du concept écrite par un gosse de 6 ans. Et là, c’est exactement ce qu’elle est. Une folle hystérique qui réclame du sang et des morts. Encore une fois, super original ! Dans La mort de Captain Marvel , un graphic novel célèbre de Jim Starlin, la Mort est présentée comme un être noble pouvait incarner la paix après une vie difficile faite de combats. Elle est mystérieuse et sereine, une puissance qui fait partie de l’équilibre universel. Pas une psychopathe qui ricane à la pleine lune. Si c’est pour faire beaucoup moins bien que Starlin, ou même Gaiman qui nous proposait un portrait moins manichéen de la mort, je ne vois pas en quoi cette mini-série apporte une plus-value aux personnages.

Comment passer de "je suis plus complexe que ma nature" à "tue des gens pour moi, je suis en manque !"

Comment passer de « je suis plus complexe que ma nature » à « tue des gens pour moi, je suis en manque ! »

Mais ce n’est pas tout. Il y a un twist. Vous savez ce truc à la mode qui révèle quelque chose de surprenant à la fin et qui est devenu un gimmick tellement utilisé qu’il est foiré 9 fois sur 10 ? Eh bien, accrochez-vous, la révélation est que seul Thanos peut voir Dame Mort. Les autres autour de lui le prennent pour un fou car il parle tout seul.
Il y a juste un léger problème. C’est quoi déjà ? Ah oui ! Ça n’a aucun sens !

Je m’explique. Dame Mort existe, plein de personnages de l’univers Marvel l’ont déjà vue. Et là encore, il ne s’agit pas d’un détail que je vais chercher bien loin. C’est du même ordre que si on prétendait que Norman Osborn est une vue de l’esprit de Peter Parker. Ça pose de légers soucis de cohérence. Et encore une fois, ce n’est pas parce que le néophyte n’y verra pas l’incohérence qu’il faut accepter l’idée sans rien dire. Car c’est une « origin story » d’un personnage. C’est aussi censé s’adresser à ceux qui le connaissent. Ou alors il faut présenter ça comme un « what if ? »
Mais bref, passons ! Cette révélation est censée nous faire comprendre que Thanos est fou. Parce que torturer des animaux et tuer des gens par frustration, ça ne suffisait pas, il fallait qu’il ait des hallucinations. Bon… pourquoi pas ? Ce n’est pas le twist le plus original non plus mais je ne voudrais pas paraître de trop mauvaise foi.

Captain Thanos, tueur de…trucs qui le soulagent Thanos

Sauf que…désolé mais ça ne marche pas non plus. C’est la Mort, bon sang ! Pas Tyler Durden de Fight Club ! Aaron lui-même aura besoin de faire intervenir le père de Thanos (Mentor) qui a soi-disant le pouvoir de voir toutes les entités mystiques pour lui confirmer que Thanos et lui sont seuls. Et dès qu’il y a besoin de faire intervenir un personnage capable de « tout voir » pour confirmer que la révélation en est bien une, celle-ci perd complètement de son impact. Le doute est jeté. La mort étant un personnage quasi divin aux pouvoirs immenses, qui dit en effet qu’elle n’a pas tout simplement le pouvoir d’apparaitre aux yeux de qui elle veut et qu’elle échappe à la perception de Mentor ? Et dans ce cas quelle serait la révélation ? Qu’elle prend Thanos pour un imbécile et joue avec lui depuis qu’il est gamin ? Tu parles d’une révélation. Ce twist ne révèle rien, il ne fait que nous plonger dans la confusion. Il ressemble à une échappatoire pour Aaron. Comme s’il était conscient qu’il ne savait pas écrire le personnage et qu’il s’était dit « je balance cette idée comme quoi la Mort n’existe pas et chacun interprétera comme il veut. Les puristes mécontents pourront prétendre qu’elle n’est pas la vraie Dame Mort et les autres qu’elle n’existe pas ou qu’elle le fait croire à Thanos. Moi, je m’en tape, je retourne écrire des trucs mieux ailleurs. »

Il reste encore une autre solution. Cette Dame Mort hystérique et stéréotypée est une vue de l’esprit, et Thanos rencontrera la vraie plus tard. Mouais…là c’est juste le fan qui cherche à raccrocher les wagons avec ce qu’il connait des histoires de Starlin. Mais peut-on vraiment lui en vouloir quand ce qu’a fait Starlin sur Thanos est plus intéressant que cette mini-série ?
Même en tant que « what if ? » c’est d’une platitude effarante. Si on enlève l’habillage moderne du comics, sur le fond ça ne vole pas bien plus haut qu’une histoire simpliste des comics des années 60. Et encore, dans le contexte des années 60, tout ceci aurait surement paru moins cliché.

Captain Thanos, tueur de…trucs qui le soulagent Thanos

La mort fait un strip-tease tout en se moquant de Thanos. Car ça manquait à son attitude froide, noble et majestueuse

Pour moi, Aaron est un bon scénariste quand il a le temps de développer son univers. J’adore son Scalped , son Wolverine et les X-men , son run sur Ghost Rider . Mais quand il n’a que 6 épisodes pour raconter un truc, il pond des choses insultantes pour son talent comme Spider-man/Wolverine , une minisérie totalement indigeste, ou ce Thanos Rising cliché au possible aux allures de biographie fantasmée de David Berkowitz, le serial killer qui tuait des couples, frustré de ne jamais s’être envoyé en l’air. Comme Thanos qui sent qu’il peut se foutre la Mort sur l’oreille et s’en va tuer des trucs.

Encore une fois, si vous avez aimé, tant mieux pour vous. Je ne comprends pas ce que vous avez vu d’intéressant là-dedans, mais tant mieux. L’important est de passer un bon moment. Et puis ce n’est qu’un comics, on ne va pas se rendre malade pour ça. Mais pour ma part, je n’y ai rien trouvé de plaisait. Rien d’original, rien de captivant, beaucoup trop de dialogues d’exposition qui évitent de faire passer l’émotion par l’image, aucune cohérence avec les acquis du personnage, et même des gimmicks scénaristiques qui n’ont aucun sens et semblent juste là pour réveiller celui qui se serait endormi en ajoutant une surprise finale. Surprise que Aaron se gardera bien d’expliquer cela dit, comme s’il savait que ça ne tient pas debout.

Mais elle ne la ferme jamais avec ses discours sadiques ?

Mais elle ne la ferme jamais avec ses discours sadiques ?

Je comprendrais que certains d’entre vous se fichent de mes comparaisons avec d’autres comics, mais je les fais pour expliquer mes préférences. Je sais accueillir le changement lorsqu’il offre quelque chose de profond. Pas quand il recycle des clichés. Ce n’est pas forcément mal raconté, mais Aaron a sacrifié deux figures mythologiques et leur dimension épique pour raconter l’histoire d’un banal tueur en série frustré. C’est un peu la mythologie vue par quelqu’un de très ancré dans la réalité qui utilise les comportements d’être humains ordinaires pour des entités divines et cosmiques. C’est soit un manque d’imagination ou d’implication regrettable, soit un choix délibéré trop démystifiant pour remporter mon adhésion (je ne peux hélas pas m’empêcher d’avoir des gouts et attentes personnels).

Allez, je veux bien accorder une chose à ce comics : il reste bien le dessin de Simone Bianchi toujours au top. Il essaie de donner une dimension épique et sombre à l’histoire. Mais dès que les dialogues ou les rebondissements à la fois soporifiques et démystifiants du scénario pointent leur nez, on se dit que ce n’est que de la poudre aux yeux. Là encore, j’y vois plus un gâchis du talent de Bianchi d’avoir bossé sur cette histoire. Mais comme ça reste du travail effectué avec soin, je mets une étoile pour le dessin. Et 0,5 pour l’histoire.

Du tyran romantique qui veut gagner le cœur d'un être abstrait sans émotions, au petit con qui se fait embobiner par une pimbèche manipulatrice

Du tyran romantique qui veut gagner le cœur d’un être abstrait sans émotions, au petit con qui se fait embobiner par une pimbèche manipulatrice

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LA BO du jour : bavarde ou muette ? Chacun a sa vision de sa mort….

57 comments

  • Vindicator  

    Ok me voilà rassuré. Je sais pas comment vous tenez la cadence de publication.

  • Présence  

    Je partage entièrement ton analyse, mais je reste partagé sur la conclusion. Effectivement, Jason Aaron s’est éloigné de la version de Jim Starlin. D’un autre côté, à force d’avoir lu du Starlin, j’ai l’impression que personne ne sait ou ne veut écrire à sa manière, car ses récits sont finalement plus personnels que ne le laisse supposer la forme (entités cosmiques pérorant et s’envoyant des décharges d’énergie).

    Il est vraisemblable que les responsables éditoriaux avaient commandé une version plus accessible des origines de Thanos à Aaron, et que celui-ci s’est exécuté. Il fallait venir consolider l’apparition du personnage à la fin du film Avengers et donner de la matière aux potentiels lecteurs curieux du personnage. Du coup l’approche serial killer très humain devient assez logique dans ce contexte. Avec un soupçon de mauvaise foi, on peut même dire que la version de la mort comme une pouf correspond à la projection de Thanos jeune, à sa représentation mentale. Sous réserve d’accepter que cette histoire n’est pas du Jim Starlin, et que cette version est destinée au grand public, le récit d’Aaron se tien et il st grandement enrichi par les dessins de Bianchi. Du coup, ça aboutit, comme tu le dis, à une histoire de serial killer classique, avec des beaux dessins.

    Pourquoi aller lire du cosmique si on veut un portrait de serial killer humain classique ? – C’est vraiment que pour certains lecteurs, il peut y avoir tromperie sur la marchandise. Le lecteur habitué à la version Starlin peut se sentir floué. Le lecteur venu chercher un opéra spatial original peut aussi se sentir floué par une construction du personnage trop traditionnelle dans sa motivation de tuer un maximum de personne. D’un côté, j’ai bien aimé ce récit de serial killer ; d’un autre côté, je trouve que Thanos a perdu de sa mystique (comme ut le dis) et je préfère la version de Starlin. Le vieux lecteur de comics que je suis reste aussi très dubitatif quant à l’intérêt de lui avoir attribué un fils, certainement une autre exigence éditoriale.

    • Matt  

      J’étais curieux de lire ta réaction puisque j’avais vu sur amazon que tu avais apprécié, et qu’en même temps tu étais un fan de Starlin. Et je suis surpris que tu sois relativement d’accord même si tu as pu apprécier.
      Oui, je me suis senti floué c’est vrai. Mais hélas même en creusant et en essayant de me débarrasser d’un chouilla de mes attentes, je n’ai pas trouvé le récit prenant. Cela vient du fait que je n’ai pas du tout été surpris, ou alors de la mauvaise façon par des choix trop classiques.
      Évidemment je ne peux pas non plus me débarrasser de toutes mes attentes.
      Peut être que si ç’avait été présenté comme un what if, j’aurais été juste déçu mais pas agacé.
      Peut être aussi que si ce n’était pas Aaron au scénar (qui ne m’avait encore pas déçu une fois au moment ou j’ai lu ce récit), j’aurais été moins sévère. Je ne sais pas…

      J’ai laissé tomber les séries cosmiques post DnA (Infinity, tout ça) donc je n’ai su que brièvement qu’on lui avait attribué un fils. Je préfère Thanos lorsqu’il tient la tête d’affiche chez Starlin que lorsqu’il est juste l’ennemi des Avengers dans des crossovers qui font tourner la tête. Infinity m’a trop intimidé avec les multiples séries connectées pour que je me lance dans la lecture.
      Certains diraient que le gant de l’Infini c’est un crossover, mais je vois plutôt ça comme une série dont Thanos est le personnage principal et que ses actions rameutent les héros autour de lui. Mais finalement ils ne font pas le poids.

      Je suis curieux et en même temps très effrayé de la manière dont Thanos sera mis en scène dans le film Infinity War. J’espère vraiment pas qu’il sera juste un vilain bidon de plus.

      Et je ne sais pas trop ce que valent les récits récents de Starlin. A part mettre le mot « infini » partout, il arrive à se renouveler ?^^ Non parce que…les retours de vieux auteurs, ça ne donne pas toujours du bon. Claremont par exemple, c’était pas le top ces retours modernes.

      • Présence  

        Si tu as lu mon article sur le Gant de l’Infini, tu as vu que nous partageons un avis similaire sur la véritable nature du récit. :)

        La lecture de Thanos Rising ne m’a pas fait trop de mal parce que j’avais conscience que personne ne peut faire du Starlin. Même Jonathan Hickman que je tiens en haute estime avait eu du mal à bien le gérer dans le crossover Infinity de ses séries Avengers, avec déjà l’obligation d’introduire le fils de Thanos. Le même scénariste n’a pas su trop quoi faire de Thanos pendant la phase Secret Wars, Thanos se contentant d’un rôle secondaire de destructeur de Terres parallèles, au sein d’une équipe.

        Comme tu l’évoques également, je ne m’attendais pas à ce que Jason Aaron puisse faire aussi fort que Sclaped en seulement 5 épisodes. Enfin, l’entreprise Marvel était en train de procéder à la réédition progressive de toutes les œuvres de Jim Starlin à la même époque, et publiait par étape une nouvelle trilogie sur Thanos réalisée par Jim Starlin lui-même. Du coup, je ne me suis pas trop focalisé sur Thanos Rising, puisque j’avais de nouvelles doses de Starlin dans le même temps.

        • Matt  

          Et c’est bien du coup ces nouveaux récits de Starlin ?

          • Présence  

            A compter de 2014, Starlin a réalisé 6 nouveaux récits avec Thanos : (1) Thanos: The Infinity Revelation, (2) Thanos vs. Hulk, (3) Thanos: The Infinity Relativity, (4) The Infinity Entity (dessiné par Alan Davis), (5) Thanos: The Infinity Finale (dessiné par Ron Lim), (6) Guardians of the Galaxy: Mother Entropy (dessiné par Alan Davis).

            Pour l’instant je n’ai lu que les 2 premiers, les autres sont dans ma pile à lire. Le premier est du pur Starlin, avec une narration datée et une métaphore sur l’existence de plusieurs versions du personnage. Le combat Hulk / Thanos se situe plus dans le registre baston, pas très palpitante.

          • Nikolavitch  

            Je les ai relus d’une traite y a pas longtemps, et c’est franchement pas mal. avec un démarrage qui peut sembler gratuit (le double de Warlock qui prend sa place), il développe son petit univers et un Thanos qui est bien plus contemplatif et apaisé qu’il ne l’a été. j’aurais tendance à y préférer les périodes classiques de Warlock, ou le triptyque Gouffre d’Infini/The/End/Samaritan, mais c’est c’est chouette à lire.

          • Matt  

            Ah j’ai lu The End (traduit par Coulomb again…mais relativement acceptable aussi pour une fois, à part encore un foutu « m’amour »)

            J’ai lu que « The end » venait d’un désir éditorial de rendre les morts de héros permanentes. Ainsi quand Thanos détruit l’univers et décide de le recréer ( car pour le coup là aussi un devient Dieu), il déclare que pour préserver l’équilibre de l’univers, les résurrections ne seront plus possibles.
            Bon…ça n’a pas tenu^^
            La série suivante « Thanos » avec Galactus qui se fait manipuler par un parasite dévoreur montre Thanos agir dans le camp du bien de manière intéressante. Traduit par Coulomb aussi, mais acceptable aussi.
            Par contre, pas pu lire « goufre d’infini »…pour les mêmes raisons. Cloulomb, et pas du tout acceptable ce coup-ci. Gamora qui parle comme une poissonnière bourrée, non merci.

  • Tornado  

    Heu… J’ai l’impression que je ne peux jamais venir dire un truc sans déchainer un débat qui voudrait systématiquement que j’ai tort. On peut aussi simplement donner son avis sans tergiverser des heures durant, non ?
    Meilleurs les récits old-school ? Effectivement on ne sera jamais d’accord. Je trouve quasiment tout très mauvais, et parfois quand j’aime bien, je trouve ça gentiment naïf et certainement pas de l’ordre de l’œuvre derrière laquelle on peut trouver un trésor philosophique. Disons que pour moi, c’est un peu la « philo pour les nuls », à la rigueur. J’ai beau lire et relire ces oldies (quoique là, après plusieurs efforts, j’en ai un peu ras le bol et j’arrête le massacre), rien n’y fait. Je trouve l’ensemble très mauvais.
    En revanche, je suis lassé de défendre mon point de vue à la longue. J’ai le droit d’avoir des goûts et une sensibilité différente. Je ne prétend pas être supérieur aux autres, je ne prétend pas que les lecteurs qui aiment ce que je n’aime pas sont des idiots, mais en tout cas, je tombe des nues quand je constate le très faible niveau d’écriture de ces vieux comics portés aux nues. Je suis peut-être à côté de la plaque, je suis peut-être snob, mais c’est mon ressenti personnel.
    Là où je vous rejoins, par contre, c’est que les comics Marvel modernes, notamment ces dernières années, sont également très mauvais (Bendis en tête)…

    @Matt : On en a déjà parlé : Désolé. Lire un simple divertissement fun ne m’intéresse pas. J’ai besoin de creuser dans le texte et d’y trouver un sous-texte. Et en plus, j’ai besoin que ce soit bien foutu, c’est à dire bien écrit, bien raconté, bien dialogué, et bien mis en scène. Là encore, on peut me trouver snob, mais c’est comme ça. Les rares cas où j’arrive à m’éclater sans un gros sous-texte, c’est quand le truc est emballé de manière très conceptuelle. C’est-à-dire qu’il y a un rapport entre le fond et la forme qui fait sens.
    C’est vrai que j’intellectualise mes lectures. C’est dû à ma formation, mais aussi à ma sensibilité.
    Je reconnais que mon point de vue n’est pas celui de tout le monde. Quant à accepter qu’on me prenne de haut en m’expliquant que je n’y comprends rien et que je ne sais pas voir les qualités du mainstream. Heu… Non. Analyser une œuvre, la décrypter, y déceler les qualités de fond et de forme, c’est ce que la vie m’a amené à faire depuis 30 ans. C’est un peu toute ma vie en fait.
    Après, oui, on peut disserter sur ce qui nous plait et pourquoi. C’est ce que je fais. J’explique ce qui me plait ou me déplait et pourquoi.

    Cette mini-série sur Thanos m’a plu. Oh ! ce n’est pas le top du top, on est d’accord. Mais j’y ai trouvé ce que je voulais trouver dans ce type de (re)lecture.
    Je pense que l’essentiel est que les fans de Thanos sont trop attachés au personnage (et à sa mythologie) pour en accepter des variations. Je le conçois car ça me fait la même chose avec les personnages de Star Wars. Dès que je sens que quelque chose ne tourne pas rond dans la cohérence de ma perception de l’univers Star Wars, je tire la gueule aussi.

    Bon sinon, je repose ma question : Pensez-vous que la mort d’un amour peut donner naissance à un amour mort-né ? :D

    • Matt  

      Euh…qui a dit que tu avais tort ? On dit aussi ce qu’on pense. On ne te regarde pas de haut. Enfin pas moi.
      Mais bon j’ai un peu le même ressenti depuis ce matin face à certains arguments comme quoi j’ai pas compris la soi-disant grande finesse de cette histoire psychologique qui, je m’en excuse, m’a emmerdé à mourir !

      Je suis attaché au perso, certes. Mais pas que ! Là aussi je vais passer pour un puriste à la con si on ne retient que ça de ma critique. Même sans parler de continuité du perso, ce n’est pas le récit de serial killer le plus intéressant que j’ai lu. Loin de là. ça doit être le pire même. Avis perso aussi.

      En tous cas, pour ma part j’en arrive à trouver que la nécessité de glisser une morale ou une critique sociale dans tout type de récit est gonflante. Ne serait-ce que par souci de variété. D’univers ou de ton. Pas envie sans arrêt d’avoir l’impression de lire un truc instructif ou pseudo-profond et moralisateur. Un récit fun ou moins fun mais juste divertissant sans sous-texte, j’aime bien aussi^^ Et puis la psychologie pour les nuls, ça reste mieux aussi que pas de psychologie du tout non ? Chez certains trucs modernes de Bendis, y’en a même pas une once. Mais t’as le droit d’aimer ce que tu veux. Je n’ai pas remis ça en question.
      Je ne sais pas si ce sont mes interventions qui t’ont gonflé mais je n’ai (encore une fois) pas voulu te prendre de haut. J’explique aussi mon point de vue et mon ressenti.

  • Tornado  

    Non, je sais très bien que tu ne me prends pas de haut. Je répondais en général en partie après le post d’Eddy parce que mon aversion pour les comics old school déchaîne souvent les passions et je suis régulièrement obligé de subir la leçon comme quoi je suis trop bête pour ne pas m’apercevoir que les oldies étaient beaucoup plus profondes que les comics modernes. Ce qui n’a d’ailleurs rien à voir avec mon discours puisque je trouve également les comics de super héros modernes tout aussi bof au rayon du mainstream, et que je n’accroche qu’avec le travail de certains auteurs.

    • Matt  

      Tu vois quand j’étais gosse je lisais Spirou, les Schtroumpfs, tout ça. Pas vraiment de psychologie là dedans. Mais je m’en foutais (Et je suis d’accord pour dire que sur la forme c’est moins lourd et bavard que les vieux comics.)
      Mais quand j’ai lu le gant de l’infini de Starlin et aussi Thanos Quest qui le précède, j’ai découvert un méchant romantique travaillé qui se questionne sur le pouvoir, respecte sincèrement certains adversaires qu’il répugne à tuer mais se montre aussi impitoyable parfois. Et il devenait Dieu. Et à la fin il retournait à une vie humble sans regret. J’avais trouvé ça passionnant.
      Je pense que ceux qui ont comme moi trouvé matière à réflexion dans ce portrait atypique d’un méchant, même si ça reste léger (mais sans doute moins léger qu’un méchant de Spirou), ne peuvent pas tomber d’accord avec toi quand tu parles de naïveté infantile^^ C’est normal qu’ils réagissent.

      Pour ma part, la dimension mythologique de Starlin efface complètement certains tics de narration comme le fait de parler de parler de soi-même à la 3eme personne (ça se rapproche des discours des Dieux des mythes qui ne se prennent pas pour de la merde^^). Mais ça j’avoue que c’est très subjectif. Le cosmique vieillit bien mieux pour moi que, disons par exemple les captain america des années 70 que je ne peux pas lire non plus. Si Cap parle de lui à la 3ème personne, ça le fait beaucoup moins d’un coup…

    • Matt  

      Ah putain de m… ! C’est Coulomb sur la nouvelle edition ? Bordel de…
      J’avais ça dans les « récits complet marvel ». Je ne sais pas si ce n’était pas déjà elle, mais pourtant je ne me souviens pas de ses « m’amour ».
      Je me suis racheté la nouvelle édition, mais je ne l’ai pas relue. Noooonnnnn ! La déception m’attend.

      Ahem…bon euh ouais sinon en effet tu ne le démolis pas vraiment^^

  • Jyrille  

    « Comme Thanos qui sent qu’il peut se foutre la Mort sur l’oreille et s’en va tuer des trucs » : en voilà une phrase drôle et qui résume bien ton article coup de gueule ! Je n’irai jamais lire cette histoire, tout d’abord parce que le personnage de Thanos ne m’a jamais trop intéressé et puis parce que je suis totalement convaincu par tes arguments. Oh je vais aller voir les commentaires bien sûr, pour y lire des contradictions, mais c’est certain que cela ne suffira pas.

    Je remarque en tout cas que les articles négatifs possèdent fatalement des piques marrantes, comme celle que j’ai mise au début, et c’est peut-être pour ça qu’en général ce type d’article est recherché… ça et le plaisir sadique de voir d’autres personnes se faire démolir.

    Quant à la BO, et bien, c’est super génial, même si ce n’est pas la partie que je préfère chez Bowie. Savez-vous que c’est une reprise de Jacques Brel ? https://www.youtube.com/watch?v=Qq9-B6REgRI

    • Matt  

      La BO sur mes articles c’est souvent le boss hein, tu sais. Moi j’y connais rien^^ Si ‘a du jazz ou du blues, ou encore des trucs japonais ou de jeux vidéo, y’a des chances que ça vienne de moi par contre^^

      Je précise quand même que j’ai écrit cet article négatif pour relever le défi de la semaine « NON ! » du blog qui devait consister à descendre des vaches sacrées. Elle a été (je pense) annulée. Sans ça, je n’aurais jamais osé. ça ne me plaît pas plus que ça de démolir un truc. Et je ne veux pas vexer. Et d’un autre côté si on ne vexe pas assez, y’a moyen qu’on se fasse regarder comme un pauvre type qui n’a rien compris à ce qu’il a lu.
      Du coup c’est souvent fatigant d’écrire du négatif.
      Curieusement un mec qui encense un truc naze, personne ne va chercher à lui dire qu’il ne devrait pas aimer. Mais démolir en général, ça fâche et ça ouvre des débats…

      • Jyrille  

        Oui, je me doute pour la BO… et je suis d’accord pour les articles négatifs, je ne cherche jamais à en faire.

  • Eddyvanleffe  

    Navré d’avoir appuyé sur un clou déjà bien enfoncé Tornado,. j’ai pas forcément réalisé qu’on t’avait seriné la dessus.

    En revanche la thématique oldies/post moderne- bulles pensées/ narration journal de bord, naiveté/cynisme , me fascine parce que je la retrouve régulièrement sur internet, forums, blogs, You tube…
    Ca me fait réfléchir sur la perception nouvelle que donne parfois ce medium.

    J’ai pris beaucoup de recul ces derniers temps et je réalise que Marvel a raison de faire ce qu’ils font. de manière invisible, ils donnent au public à a fois ce qu’il veut tout en présentant doucement une transition vers autre chose.
    Les super héros n’ont plus rien à dire mais grace aux films, on ne peut paradoxalement plus se passer d’eux. on entretient donc tout ça artificiellement tout en transformant ça en truc de plus en plus « méta » de plus en plus loufoque, se moquant perpetuellement de lui-même.
    Tout ça n’est plus pour moi de toute façon, mais les éditeurs doivent bien préperer l’avenir et incarner les attentes de demain et laisser mourir les dinosaures.

    Quand je lis des previews, les sollicitations et les commentaires, ça me saute de plus en plus aux yeux. et ça m’interpelle…

  • Tornado  

    Oui, le cinéma semble avoir ouvert une véritable boite de Pandore ! :D
    Enfin, on verra bien. Qui sait à quoi ressembleront ces comics Marvel ou DC dans 10 ans…

  • Bruce lit  

    J’ai relu hier le Gant de l’infini et j’ai vraiment trouvé ça chouette.
    Je souscris totalement à ton analyse Matt, sans avoir lu cette histoire d’Aaron. Certains personnages s’accommodent de la part mystérieuse et inquiétante d’eux même. Voir Thanos se faire latter par un gamin de 5 ans ? Non !
    La relation ultime entre Thanos et la mort étant si finement décrite par Starlin, il est difficile pour le coup d’aller au delà de ça, surtout pour faire du titan pourpre un banal psychopathe « trouvable » partout ailleurs.

  • PierreN  

    Je ne doit pas utiliser le bon mot-clé, pas moyen de remettre la main sur la discussion que l’ont avait eu avec Matt et Eddy sur l’arc Get Mystique dans la section commentaires…

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