La quadrature du cercle (Secret Empire)

Secret Empire par Nick Spencer et collectif

Avec plein de superhéros à l'intérieur

Avec plein de superhéros à l’intérieur ©Marvel Comics

Article de PRESENCE

VO : Marvel 

VF : Panini (kiosque)

Ce tome comprend les épisodes qui forment l’événement de l’été 2017 dans l’univers partagé Marvel. Il fait également suite aux 2 séries consacrées à Captain America écrites par Nick Spencer qu’il est conseillé d’avoir lues avant (même si ce n’est indispensable), à savoir Captain America: Sam Wilson et Captain America: Steve Rogers.

Enfin il est recommandé de lire en parallèle le tome Captain America: Secret Empire (épisodes 22 à 24 de la série Sam Wilson, et 17 à 19 de la série Steve Rogers ) qui se déroule concomitamment à celui-ci et qui apporte des informations complémentaires sur les actions menées par Steve Rogers et par Sam Wilson. L’intégralité du récit a été écrite par Nick Spencer.

Ce tome comprend les épisodes 0 à 10 de la série Secret Empire, ainsi que l’épisode Omega, le numéro 25 de la série Captain America et le Free Comic Book Day 2017 (en abrégé FCBD). Les dessinateurs sont les suivants : Daniel Acuña (épisodes 0 et 8), Andrea Sorrentino (FCBD, 2, 3, 5, 7 et Omega), Steve McNiven (épisodes 1 & 10, avec un encrage de Jay Leisten), Leinil Francis Yu (épisodes 4, 6 et 9, avec un encrage de Gerry Alanguilan, et l’aide de Joe Bennett pour le 9), Jesús Saiz (Captain America 25).

Enfin, Rod Reis a dessiné les pages (entre 3 et 5 par épisode) d’un fil narratif spécifique dans chaque épisode, et d’autres artistes sont venus prêter main-forte pour terminer les épisodes 9 et 10. Chaque épisode comporte plus d’une trentaine de page, ce qui aboutit à un récit de près de 400 pages. Ce tome comprend également l’ensemble des couvertures variantes réalisées, soit près d’une cinquantaine.

En 1945 au Japon, Captain America (Steve Rogers) rejoint Kraken à l’entrée d’une caverne sur la pente enneigée d’une montagne. À l’intérieur l’attend un oracle qui lui prédit qu’il va oublier qu’il est un agent d’Hydra, que ce savoir lui reviendra des années plus tard et qu’alors il saura qu’il est temps de rétablir la grandeur d’Hydra. Au temps présent, tout part en sucette. Les supercriminels évadés de Pleasant Hill (voir Avengers: Standoff) envahissent New York, détruisant tout sur leur passage. Les forces armées d’Hydra envahissent la capitale de l’état souverain Sokovia. Dans l’espace juste à proximité de la Terre, les Ultimates de Captain Marvel et les Gardiens de la Galaxie repoussent vague après vague d’extraterrestres Chitauri. À New York, Nitro se fait exploser, détruisant un bloc d’immeubles, rappelant la tragédie de Stanford (Civil War). Comme le prévoit la Loi, le président des États-Unis décide de confier les pleins pouvoirs au directeur du SHIELD, c’est-à-dire à Captain America (Steve Rogers).

La prophétie (Rod Reis)

La prophétie (Rod Reis) ©Marvel Comics

Captain America prend des décisions rapides et efficaces, à commencer par activer le bouclier protecteur autour de la Terre. Cela a pour effet d’empêcher les Chitauri de pénétrer dans l’atmosphère, mais aussi d’enfermer les superhéros cosmiques à l’extérieur de la Terre. Suite à l’emploi du pouvoir de Blackout (Marcus Daniels), New York se retrouve enserrée dans les ténèbres d’une énergie inconnue. Une fois que Steve Rogers dispose des pleins pouvoirs, une flotte de vaisseau aux couleurs de l’Hydra se stationne au-dessus de la Maison Blanche. Certains superhéros s’organisent en un mouvement de résistance contre Hydra, sans perdre espoir de réussir à libérer Steve Rogers de l’emprise mentale sous l’influence de laquelle il est certainement pour agir comme ça. D’autres acceptent ce nouvel ordre social comme porteur de sécurité. Les 2 camps se retrouvent fortement impressionnés par le fait que Steve Rogers soit capable de soulever Mjolnir, le marteau de Thor, abandonné sur un champ de bataille : Steve Rogers est digne.

Pour peu qu’il ait déjà lu un ou deux événements de ce genre, le lecteur sait exactement à quoi s’attendre. Le scénariste a mis conçu et mis en chantier une menace à l’échelle de la planète, de l’univers ou de de la réalité (cochez la bonne réponse) et les superhéros vont devoir subir quelques défaites significatives, avant de se liguer et de reprendre le dessus. Il y a forcément des affrontements physiques homériques prenant de plus en plus d’ampleur, avec des utilisations de superpouvoirs en masse, pour des effets pyrotechniques qui en mettent plein les mirettes. Les bons gagnent à la fin et le statu quo est rétabli, en attendant le prochain crossover.

Un chef qui prend des décisions et qui les fait appliquer ©Marvel Comics

Pour peu que le scénariste ait bien fait son travail, le lecteur retrouve de nombreux superhéros de premier plan, et quelques superhéros méconnus ou oubliés. Au vu des enjeux, peu de personnages bénéficient d’une réelle exploration de leur personnalité, cela se limite au grand maximum à une demi-douzaine, et encore. Il y a fort à parier que l’auteur doive intégrer de nombreuses exigences éditoriales, que ce soit pour apporter une résolution à des intrigues secondaires ou à des situations conflictuelles en suspens, et qu’il doive intégrer des modifications pour plusieurs personnages, dictés par les responsables éditoriaux, et arrivant comme un cheveu sur la soupe. C’est dire si l’exercice de style est contraint, et effectivement il y a tout ça dans Secret Empire (2017).

Depuis quelques années, les responsables éditoriaux imposent en plus un calendrier de production très contraint, à la fois pour le scénariste qui se retrouve à intégrer une myriade de modifications de dernière minute, pour une coordination fine avec les séries mensuelles en cours qui ont dû toutes interrompre leur intrigue, à la fois pour les dessinateurs devant produire un nombre de pages plus élevé que d’habitude en un temps plus court. En découvrant qui a dessiné quel épisode, lecteur a la preuve immédiate de ce dernier point. Il est étonné par l’ampleur de cet événement : 13 épisodes, auquel il faut rajouter le dernier de la série Captain America, et on peut encore rajouter les 3 derniers des séries Steve Rogers et Sam Wilson, soit 20 épisodes au total, une entreprise titanesque. Il n’y a donc pas moins de 5 dessinateurs principaux : Daniel Acuña, Andrea Sorrentino, Steve McNiven, Leinil Francis Yu et Rod Reis. Il convient d’y ajouter encore un dessinateur secondaire Joe Bennett qui réalise les planches que le dessinateur principal n’a pas eu le temps de réaliser. Il s’agit donc d’un énorme dispositif industriel pour tenir les délais de production, assez éloigné de toute considération artistique. De fait tous les dessinateurs ne se valent pas.

Quelques personnages obligatoires ©Marvel Comics

Si le lecteur a suivi la carrière de Leinil Francis Yu, il sait qu’il s’agit d’un dessinateur plus préoccupé de faire poser les personnages, que de s’occuper des arrière-plans, ou même de concevoir des mises en scène et des placements de superhéros intelligents par rapport aux mouvements et aux déplacements. Effectivement il en est ainsi dans les 3 épisodes qu’il dessine avec des combattants prêts à bondir, avec des silhouettes agressives. Le lecteur se souvient que Leinil Yu avait également dessiné un précédent événement : Secret Invasion (2008) écrit par Bendis. Les 2 épisodes dessinés par Steve McNiven sont plus intéressants et plus riches visuellement, surtout le premier avec une myriade de personnages immédiatement reconnaissables, et une narration visuelle plus solide et plus fluide. Par contre, il est visible qu’il a souffert des délais pour l’épisode 10 car les dessins sont moins aboutis. Le lecteur se souvient que McNiven avait également dessiné un précédent événement : Civil War (2006/2007) écrit par Mark Millar.

Daniel Acuña a pu bénéficier du temps nécessaire pour soigner ses pages, et le lecteur retrouve avec plaisir ses dessins réalisés à l’infographie, avec une apparence de couleur directe. Il sait installer l’ambiance d’un endroit à l’aide d’une couleur principale. Il s’en sort pour représenter l’importante quantité de personnages différents. Il sait faire resplendir les utilisations de superpouvoirs sans qu’elles n’en deviennent clinquantes. Il réalise des dessins en pleine page qui en imposent, que ce soit le cœur de New York enténébré, ou l’arrivée de la flottille de vaisseaux d’Hydra se positionnant au-dessus de la maison Blanche, ou encore Sam Wilson abattu en plein vol. Jesús Saiz est de retour pour le dernier épisode de la série Captain America, avec des dessins descriptifs léchés, très agréables à l’œil dans leur précision. Lui aussi a pu réaliser son épisode dans des délais raisonnables, et livrer des planches finies qui ne donnent pas l’impression d’avoir été terminées à toute allure.

Quasar, par Daniel Acuña

Quasar, par Daniel Acuña ©Marvel Comics

Lors de l’annonce des artistes affectés à cette histoire, le lecteur se faisait un plaisir de voir Andrea Sorrentino appliquer son mode de représentation caractéristique à une entreprise d’une telle envergure. Le FCBD commence de belle manière, avec des cases dont la forme épouse celle d’une étoile centrale. L’apparition de Captain America à la tête du Cercle Intérieur d’Hydra jette un froid glacial, à la fois par leur pose de vainqueur, mais aussi par le choix d’une couleur rouge sombre. Dans l’avant dernière page, il découvre une composition de page typique de cet artiste : 25 cases (en 5*5), avec des réactions à une image principale, une structure épatante, mais une finition de chaque case un peu trop rapide. Au cours des 6 épisodes mis en images par Andrea Sorrentino, le lecteur va ainsi passer de cases un peu expédiées, à des structures de disposition de cases à couper le souffle, parsemées d’images saisissantes, souvent glaçantes dans leur contraste très tranché entre les surfaces noires déchiquetées et les couleurs cafardeuses.

D’un côté, cet artiste a du mérite à réussir ainsi à imprimer une ambiance si marquée dans un récit si codifié ; de l’autre le lecteur aurait bien aimé qu’il dispose de plus de temps pour peaufiner certaines cases et certaines pages. Au final, l’artiste le plus constant s’avère être Rod Reis à qui il échoit d’illustrer un fil narratif très déconcertant, avec des tonalités de conte, ce qu’il fait avec une sensibilité remarquable, renforcée un choix de couleurs adaptées.

Composition de page en étoile ©Marvel Comics

Dès le départ, Nick Spencer respecte dans le moindre détail les spécifications de sa lettre de mission. Au lieu de la Terre ou de l’univers, c’est la démocratie qui est en péril, avec la prise de pouvoir de Captain America, sous influence totale de l’Hydra. Il y a des tas de superhéros dans tous les sens, et, parfois, même le lecteur chevronné peut éprouver un doute sur l’identité d’une silhouette apparaissant le temps d’une case. Avec un peu de chance, il l’apercevra une deuxième fois 3 épisodes plus loin et pourra enfin comprendre quelle est cette superhéroïne avec un X rouge sur l’épaule (Bon sang, mais c’est bien sûr : Illyana Raspoutine). En bon élève, le scénariste cite d’autres crossovers, récents comme Civil War II (2016) par Brian Michael Bendis & David Marquez, ou plus ancien comme The Infinity Gauntlet (1991) par Jim Starlin, George Perez et Ron Lim.

Le lecteur prend petit à petit conscience du degré élevé de préparation de cet événement pour l’intégrer dans l’univers partagé Marvel. La vision d’Ulysses Cain relative à Spider-Man (Miles Morales) causant la mort de Captain America (Steve Rogers) trouve enfin sa résolution, ainsi que l’invasion des Chitauri référencée dans plusieurs séries. Bien sûr, Spencer effectue les placements produits exigés par les responsables éditoriaux, avec une page consacrée à Jean Grey (version jeune), et une case gratuite dédiée à Shang-Chi (l’indication d’une nouvelle série à venir).

La prophétie d'Ulysses Cain

La prophétie d’Ulysses Cain ©Marvel Comics

Nick Spencer ne se contente pas de placer les personnages imposés ; il n’hésite pas non plus à placer ceux qu’il a écrits dans des séries précédentes comme Ant-Man (Scott Lang) et Giant Man (Ras Malhotra), pour le plus grand plaisir des lecteurs qui ont suivi la carrière du scénariste chez Marvel. Pour le reste, cette histoire se déroule comme prévu. Le lecteur reste le bec dans l’eau pour une ou deux intrigues très secondaires qui restent sans explication, comme la manière dont Steve Rogers a bien pu faire revenir Bruce Banner. Plus surprenant encore, l’intrigue principale suit très exactement ce que peut prévoir le lecteur. Captain America et Hydra d’un côté, les rebelles de l’autre sont à la recherche des fragments du cube cosmique (Kobik) et tout reviendra dans l’ordre à la fin grâce à l’utilisation du cube, même pas besoin de lire ce tome pour le savoir.

Sans surprise non plus, le parcours de Steve Rogers en tant que commandeur suprême des États-Unis vérifie la maxime de John Emerich Edward Dalberg-Acton, le Baron Acton : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. Pourtant il se passe quelque chose d’inattendu dès l’épisode 1. Le lecteur découvre une page dans laquelle Carol Danvers s’adresse à un interlocuteur et confie ses craintes. Soudainement un personnage exprime ses convictions et acquiert de l’épaisseur. Le lecteur se dit que Spencer se fait plaisir, et il n’a qu’une hâte, c’est de retourner à son blockbuster. Mais ça se reproduit un peu plus loin.

Le pouvoir corrompt ©Marvel Comics

Alors qu’il se conformait rigoureusement aux diktats du sous-sous-genre événement, Nick Spencer se permet de faire entendre sa voix d’auteur. A plusieurs reprises, des personnages de premier plan expriment leur point de vue qui dépasse la prochaine étape de la bataille, qui donne un éclairage sur leur état d’esprit, et même sur leurs valeurs. C’est vrai que le lecteur s’attendait à une scène de ce genre entre Steve Rogers et Tony Stark, et que ce dernier se fait un plaisir d’ironiser sur le fait que pour une fois il est du côté des bons. Mais bien vite, Natasha Romanova a droit à ce même traitement de faveur, et même Clint Barton. Ce n’est donc pas un accident de parcours, et en plus Nick Spencer sait les montrer sous une facette personnelle. Mais ce n’est pas tout, il ose se montrer encore plus réflexif.

Dans la série Captain America: Steve Rogers, Nick Spencer avait eu la lourde tâche de remodeler l’histoire de Steve Rogers depuis sa naissance pour montrer quelles modifications l’utilisation du cube cosmique avaient apportées à sa vie. Mais en filigrane, il y avait aussi une réflexion sur le besoin de sécurité, au prix de la liberté, et le besoin de gouvernance par un meneur assuré. Au fur et à mesure, Captain America incarnait un chef autoritaire, avec une vision claire sur les décisions à prendre, et une volonté et les moyens de les faire appliquer. Sous couvert d’un récit de superhéros, Nick Spencer mettait en scène la soif des citoyens pour un responsable fort et charismatique. Secret Empire continue de développer ce thème jusqu’à le pousser dans ses derniers retranchements.

Il y a même des civils.

Il y a même des civils ©Marvel Comics

La position de l’auteur est claire dès le départ, puisque Steve Rogers endosse un uniforme vert de gris, pour un parti dont le nom commence par un H (comme Hitler) et qui trouve ses racines dans le nazisme de la seconde guerre mondiale. Il y a effectivement apparition de camps de concentration, et une traque des Inhumains parce qu’ils sont impurs par rapport à la race humaine. Mais dans le même temps, il y a bel et bien une augmentation de la sécurité dans les rues, une baisse du chômage, et une conviction renforcée d’appartenir à une nation qui va de l’avant. Ce thème culmine dans le numéro Omega qui s’avère être une longue discussion entre Steve Rogers et une autre personne, et un credo pénétrant sur la responsabilité qui accompagne la délégation de pouvoir à un individu élu. Non seulement, Nick Spencer s’est permis d’insuffler une personnalité à plusieurs superhéros au cours du récit, mais en plus il mène à son terme une réflexion sur la démocratie et sur la délégation de pouvoir de manière décillée et honnête.

Cet événement dans l’univers Marvel est conforme en tout point à ce que l’on peut attendre de ce genre de produit fabriqué sur mesure : des tonnes de superhéros, des combats homériques, et un retour au statu quo à la fin du récit. Les artistes se succèdent pour soutenir un rythme de parution effréné, avec comme pour conséquence une qualité de dessins très fluctuantes, malgré leur alternance. Nick Spencer écrit exactement l’histoire qu’imagine le lecteur, jusqu’au final où tout rentre dans l’ordre grâce au cube cosmique. Pourtant il écrit une histoire personnelle sur une question politique fondamentale, en exposant son point de vue avec franchise et honnêteté, en réussissant à donner sa vision tout aussi personnelle de plusieurs superhéros Marvel, la quadrature du cercle pour la démocratie, mais aussi pour le genre si difficile du crossover.

Quelques face-à-face différents

Quelques face-à-face différents ©Marvel Comics


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Secret Empire, crossover obligé de Marvel ? Oui, mais pas que. Il s’agit aussi pour Présence d’un admirable travail de son auteur Nick Spencer qui sait déjouer les impératifs éditoriaux pour livrer sa réflexion sur notre démocratie. Une review en profondeur à découvrir chez Bruce Lit.

La BO du jour : Est-ce de cette démocratie que nous avons envie ?

67 comments

  • Patrick 6  

    Je crois que ces Mega crossovers sont l’une des raisons pour laquelle j’ai arrêté de lire des Comics !
    Si j’avais été réjouis par les premiers du genre (je veux dire toutes les séries impactées et participantes au même événements) comme House of M ou Civil war (le 1er) j’avais été nettement plus déçu et lassé par la suite (notamment Secret invasion et Fear itself) qui ressemblait plus à un passage obligé cynique, mercantile et routinier, qu’à une histoire créative s’imposant « naturellement » (on se comprend hein).
    Bref tout ça pour dire que je suis très étonné par ton article et par tes 5 étoiles. Même certaines planches scannées ici sont créatives et originales ! (qui est le dessinateur de la page « en étoile » ?)
    Bref un vraie surprise, je pourrais bien m’y risquer un jour, même si une vingtaine d’épisodes de qualité inégale comme tu le signales ça fait quand même un peu peur…

    • Présence  

      Le dessinateur de la page en étoile est Andrea Sorrentino dont les pages évoquent parfois celles de Jae Lee dans ses intentions esthétisantes.

      5 étoiles : c’est mon ressenti de lecture. J’ai pris grand plaisir à découvrir l’issue de la série Captain America Steve Rogers, avec une réflexion sur la délégation de pouvoir dans une démocratie.

  • Matt  

    Alors le voilà ce secret empire.
    Le truc, c’est que tu as beau dire qu’il n’est pas indispensable de lire la série Steve Rogers, moi j’ai l’impression que non seulement c’est nécessaire, mais selon ce que j’ai pu feuilleter, c’est aussi recommandé de commencer par Avengers Standoff qui explique d’où sort Kobik, le cube cosmique/petite fille qui façonne à ce moment là un Captain America jeune…qui s’avérera au service de l’Hydra avec un passé réécrit.
    Donc ça fait qu’il faut lire Standoff, les 25 épisodes de Steve Rogers, quelques uns de Sam Wilson, puis les 20 épisodes de Secret Empire.
    ça fait vraiment beaucoup. Je reconnais que pour la première fois depuis un bail, cet event a l’air ambitieux mais c’est vachement étalé dans le temps et sur plein de séries.
    Et j’ai du mal avec le paysage de l’univers Marvel. J’en reconnais presque aucun sur le scan « des persos obligatoires »
    En tous cas pour l’instant la série Steve Rogers n’est même pas encore parue entièrement en VF donc bon…ce ne sera pas pour tout de suite.
    Et j’avoue aussi que Kobik c’est un peu trop le Deus ex machina qui peut tout arranger d’un claquement de doigt comme Thanos dans le gant de l’infini. Si ça convient assez bien pour une histoire cosmique dont le thème est le pouvoir, dans une sorte de récit d’espionnage ou on a surtout envie de voir les machinations intelligentes des personnages, ça me semble être une énorme facilité scénaristique cette Kobik qui peut tout faire basculer.

    • Présence  

      C’est vrai que nous n’abordons pas ce crossover de la même manière. J’y suis venu parce que j’aime l’écriture de Nick Spencer et que c’était la conclusion de ses 2 séries sur Captain America. Du coup, je n’arrive pas à me projeter complètement à la place de quelqu’un qui envisagerait de lire uniquement ce crossover. Je ne sais pas faire l’exercice qui consiste à oublier ce que j’ai lu.

      Concernant Kobik, des lecteurs comme nous savent déjà qu’il y aura un truc pour que tout revienne à la normal, avec des modifications temporaires plus ou moins significatives. Spencer ayant clairement affiché la présence de ce joker dans la série Captain America Steve Rogers, le lecteur n’est pas pris en traître par ce joker. Je comprends bien qu’on puisse ne pas vouloir participer à cette lecture, si on n’adhère pas à ces règles narratives artificielles.

  • Matt  

    Toute l’histoire du passé réécrit de Rogers est dans la série Steve Rogers non ? Je me demande si on peut comprendre d’où sort son allégeance et ses rapports avec la nouvelle Madame Hydra si on ne lit pas la série Rogers.

    • Présence  

      Oui, toute l’histoire du passé réécrit de Rogers est dans la série Captain America: Steve Rogers. Si on n’a pas lu cette série, on peut soit le prendre comme un fait acquis sans creuser plus avant, soit consulter wikipedia en VO, ou un autre site spécialisé comics avec un bon résumé.

      • Matt  

        Ouais mais ça ressemble quand même à une conclusion avec grosse bagarre. C’est un peu la version allégée d’un truc plus intéressant si on ne lit que Secret Empire. Enfin le cheminement de Steve Rogers dans sa série semble plus intéressant au final.
        Bon pour Kobik il semble y avoir un rappel dans la série Steve Rogers donc il n’est pas forcément nécessaire de lire Standoff avant…mais ça semble être un truc que Spencer prépare depuis un bail. Et moi ça me paraît long quand même…
        Si encore tout sortait en gros omnibus (euh…il en faudrait presque 2…) Mais chercher partout des bouts de série ça m’insupporte.
        Et je ne parle même pas de la publication VF. Secret empire a ses revues dédiées en kiosque, donc on peut le lire…mais la série Steve Rogers va encore mettre un an à être publiée entièrement en librairie. Et pour la lire en kiosque il faut être prêt à acheter 30 revues anthologiques bourrées d’autres séries incomplètes…
        Je le répète mais si seulement ça sortait comme aux US dans des revues avec un seul épisode d’une série, je préférerais.
        Oui ok ça marche pas chez nous ce format. Mais je dis ce que j’aimerais^^

        • Présence  

          Je comprends tout à fait ta remarque. C’est ce type de frustration qui m’a incité à passer à la VO il y a trente ans : à l’époque c’était encore Lug et Arédit/Artima. Lug avait un retard de plusieurs années sur certaines séries, et pouvait en interrompre la parution d’un mois sur l’autre, sans recours pour le lecteur. La chasse aux kiosques et aux petits formats d’Arédit/Artima s’effectuait chez les marchands de journaux mais aussi sur les marchés. C’était au siècle dernier et il n’y avait pas internet. J’ai dû attendre parfois 10 ou 15 ans pour découvrir la fin d’une histoire ou un épisode sauté en VF à l’occasion de la réédition VO d’une série.

          • Matt  

            Mais du coup tu fais le vil tentateur en parlant en avance de trucs qu’on ne peut pas lire^^ Tu nous pousses à aller vers la VO, sacripant !^^

            Bon en tous cas je ne rejette pas cet event mais je verrais surement plus tard. Ou alors je le lirais en ligne sans l’acheter en VO^^ (ouh c’est vilain) Sinon je sais que quand il sortira en VF, j’aurais envie de le racheter et ça fera 2 fois la dépense.

            ça m’a aussi donné envie de retenter la lecteur des secret warriors de Hickman…
            C’est con je les ai plus…^^
            Enfin je sais que la fin m’a déçu…mais il y avait des trucs cool quand même que j’ai l’impression de revoir un peu dans le boulot de Spencer.

  • Matt  

    N’empêche Spencer ressort les personnages introduits par Hickman et son conseil de l’Hydra. Je me demande s’il s’est inspiré de ses Secret Warriors. ça en donne l’impression en tous cas.

    • Présence  

      C’est exactement ça : Spencer met en scène la mythologie du SHIELD revisitée par Hickman dans la série Secret Warriors.

  • Eddy Vanleffe  

    comme beaucoup d’entre nous
    les crossovers: j’y arrive plus
    Marvel: j’y arrive plus
    Mais:
    C’est marqué dessus comme le port salut:
    C’est imbriqué, c’est connecté et il faut avoir la connaissance générale de l’univers en dehors des pages qu’on lit.
    C’est logique, c’est même une parti du truc qui fait que c’est passionnant à la base: la lecture/spéléologie.

    J’ai fait quelques events sérieusement, et j’ai vraiment kiffé sur le moment. c’est un peu comme du binge watching quelque part.
    je me souviens d’avoir vraiment traqué les numéros Blackest Night et je me suis fait le pari (parce que Panini a donné une couverture très clair de la chose ) de suivre TOUT Secret Wars. ce fut de bonnes expériences de lectures.

    si un gros deluxe sort sur ce secret empire, je verrais, Nick Spencer étant le dernier auteur Marvel qui m’interpelle vraiment, justement parce qu’au beau milieu des pugilats sans saveur, il a inséminé un discours profond sans forcément faire du méta à la con si à la mode aujourd’hui, à la mode des anciens Starlin (et son anticléricalisme) Engleheart ( et sa vision politique) gerber (et son anarchisme) et Calremont (et son humanisme pacifiste)

    • Présence  

      J’avoue tout : moi aussi j’ai lu tout Blackest Night, avec tous les numéros des séries mensuelles qui en portait la mention, ainsi que toutes le séries annexes. C’est vrai que c’est une forme dérivée de Binge watching : on a tout l’univers d’un éditeur dans quelques épisodes. Par contre pour Secret Wars, j’ai choisi en fonction des auteurs pour la lecture des séries annexes. Pour Civil War II, je me suis même retrouvé dans la configuration inverse où j’ai uniquement continué à lire les séries que je suivais, sans lire le crossover, et à ma grande surprise ça passait très bien, sans sensation de manque.

      • Eddy Vanleffe  

        exprérience de lecteur:
        à l’issue de Secret wars, j’ai cru déceler une manipulation à la limite de malhonnête…
        ils avaient l’occasion de tout réécrire comme ils le voulaient, mais il ne l’ont fait que pour écarter les FF…
        why?
        exemple: mort de Cyclope. ben…il meurt le gars tout ça pour qu’on apprenne qu’il est mort autrement deux mois plus tard….
        et ce genre d’écueil, y’en a plein…
        je crois que Hickman a été parasité dans ce qu’il voulait écrire et que la fin n’est pas vraiment de lui…
        Par ccontre l’expérience Battleworld, etc… les mini séries associées avaient quand même un gout de pur délire jouissif… plus de bon que de dégueulis…

        • Présence  

          Tout réécrire comme ils le voulaient – Dans la promotion VO de l’événement, les responsables éditoriaux avaient soigneusement entretenu le doute de la remise à zéro, avec des propos ambivalents, sans rien promettre. Du coup, je ne sais pas si on peut parler de malhonnêteté.

          L’expérience des relances partielles (Infinite Crisis) ou complète (New 52) de DC donne l’impression qu’il n’y a pas des responsable éditorial ou de comité éditorial à la hauteur, pour orchestrer une remise à zéro cohérente qui tienne la route pendant plusieurs années. Il y a certainement un problème de compétence pour organiser des changements d’une telle ampleur, mais aussi un manque de visibilité à moyen terme pour pouvoir structurer un tel projet et lui donner des fondations solides. Du coup, même si la continuité en vigueur de Marvel est difficile à gérer et pleine de contradictions, elle me semble préférable au projet New 52, illisible (par exemple, la continuité de Batman étant le cul entre 2 chaises : on garde tout les événements majeurs, mais pas forcément avec les personnages d’origine parce que certains n’existent plus), proposant des nouvelles versions des superhéros moins intéressantes que les précédentes (à de rares exceptions près), effaçant toute la richesse de la transmission générationnelle, à commencer par la JSA.

          • Matt  

            L’ennui c’est qu’une continuité infinie ça dillue aussi la richesse des persos, avec des évènements de leur vie qui deviennent de plus en plus insignifiant (genre pour justifier que le perso a vécu tant de trucs dans sa vie et qu’il a toujours moins de la quarantaine, ben on en arrive à se dire finalement qu’il n’a passé que 3 mois dans telle équipe, qu’il n’a été en couple avec tel perso que 2 jours, etc…et ça ne tient même plus debout. La relation Peter/MJ va finir par être justifiable que si elle a duré 2 mois^^)
            Donc tu fais bien de parler de transmission générationnelle parce que je crois que les lecteurs doivent faire ça aussi^^ Ce n’est pas fait pour une seule génération. Pour ma part j’en ai assez de suivre des persos qui n’ont plus rien de cohérent dans leur vie. Alors que les jeunes qui ne veulent pas lire les comics old school ou qui viennent juste de plonger dans Marvel ne seront pas dérangé par cette continuité (quoique…les multiples références, c’est pas très malin pour ça)

          • Eddy Vanleffe  

            Je ne suis pas client du New 52 du tout, j’ai tout largué à deux ou trois exception près.
            en revanche, je leur concède le coté osé du truc, simplement, c’est un gros au revoir aux lecteurs d’avant afin d’en accueillir de nouveaux…
            New 52 n’était pas pour moi mais je leurs souhaitait bon vent….
            Rebirth m’a fait du bien
            relire des trucs familiers avec les saveurs d’antan…
            c’est un peu comme acheter l’album du comeback d’un groupe qui s’est séparé il y a dix ans. c’est moins bien, on est un chouïa déçu mais on a quand même retrouvé un truc qui nous manquait
            Après je lâche déjà des séries, parce que comme chez Marvel, le tout est distrayant mais assez vide.
            Comme Matt le dit, il faut savoir laisser partir parfois…
            Marvel C’est fait!

          • Matt  

            Disons que si je lis du Marvel moderne, il faut que ce soit un truc déconnecté de l’actualité Marvel. Genre une mini série qui tient la route et qui pourrait se situer un peu n’importe quand.
            Par exemple les séries Black Widow de Edmonson ou de Smanee…bon à part le truc WTF de Nick Fury en monstre chelou sur la lune…bah ça peut se passer un peu n’importe quand et ça ne fait pas appel à 60 ans de continuité ultra complexe.
            Il y a des flash back sur la vie passée de Black Widow mais ce sont des trucs qui ne font pas appel à la continuité mais juste le background du perso à l’époque où elle bossait pour la mère Russie.
            C’est des trucs que je peux encore lire parce que ça ne fait pas trop référence à l’actualité Marvel et des multiples évènements bordéliques avec des références au passé de chaque perso qui devient trop vaste pour une seule vie.

          • Eddy Vanleffe  

            Nous sommes tous des lecteurs différents et ce point est particulièrement révélateur:
            les récits ou mini séries déconnectées de l’arbre monde présentent un problème pour moi; ce sont souvent des bd insipides, réécrivant des arcs ou variant sur un arc déjà existant et souvent bien meilleur. Black Widow me fait envie mais j’ai commencé celui de Edmonson et c’est d’un bateau…j’ai l’impression d’avoir lu ce genre d’histoire 200 fois…
            et cette Natasha dont le nez gonfle d’épisode en épisode sous le crayon de Noto pour en faire la reine des poivrotes à la fin, ça m’est tombé des mains….
            certaines séries comme Vision, Silver surfer ou Ant-Man tirent leur épingle du jeu, parce que l’auteur parvient à donner une histoire autonome tout en se servant du « folklore » et donner une saveur « Marvel » à l’ensemble, mais….

            pour ce qui est de l’univers central, y’a plus de pilote dans l’avion depuis un moment…
            du coup ça réduit fortement mon intérêt pour l’éditeur.
            mais paradoxalement, j’aimais le côté connecté quand il était à la fois présent mais pas étouffant…

          • Matt  

            Après je dis mini série mais ça peut être une maxi série comme les Inhumains de Jenkins aussi^^
            Je ne suis pas bien fan de la série de Edmonson et Noto non plus. En fait la fin m’a complètement déçu avec un espèce de Deux Ex machina futuriste machin.
            Dans un récit d’espionnage, même chez Marvel, j’espérais autre chose.
            La série de Samnee est peut être plus simple niveau scénario mais aussi plus fun. Il y a juste un passage WTF ou Natasha doit demander conseil à son ancien patron Nick Fury…et comme je ne sais pas quel auteur a eu l’idée de transformer Fury en bestiole qui vit sur la lune (surement pour l’écarter et laisser la place à son fils noir qui fait penser aux films…soupir…), ben…elle se retrouve à devoir aller sur la lune le temps d’un épisode pour poser une question…
            ça fait un peu kitsch.
            Mais sinon j’ai bien aimé.

            Mais de toutes façons, je ne parlais pas forcément de la qualité de ces séries. Juste de leur nature déconnectée. Je ne partage pas ton ressenti du « si c’est déconnecté, c’est insipide »

  • Tornado  

    Ton article est construit comme un Alan Moore ! Pendant toute une première partie, tu déconstruis la chose en en montrant toutes les absurdités et les défauts, et après, tu recolles le tout en y apportant diverses couches de lectures. Trop fort ! :D

    Bon, je ne lirais pas cette chose en dépit de cette brillante démonstration. Rien que l’image avec la mention « Quelques personnages obligatoires » me fiche la nausée. J’y arrive plus. Je suis resté dans la phase de déconstruction…

    • Présence  

      Pour être honnête, la partie déconstruction, c’est la vôtre, une forme de compilation de vos observations sur les précédents crossovers.

      C’est là où Alan Moore prend toute son ampleur. Là où Nick Spencer reste dans le genre superhéros avec toutes les conventions afférentes, Moore s’est livré à la déconstruction du genre superhéros, et a une proposition, voire plusieurs, de personnages post-superhéros, même quand ils conservent des capacités physiques hors du commun.

  • OmacSpyder  

    Bien. Certains scans font très envie. Et ayant entamé (après la lecture de certains avis éclairés) la lecture de Captain America : Steve Rogers et ayant lu Avengers : Sandoff, je pense que je poursuivrai sur ce Secret Empire.
    D’autant plus que tu le défends sacrément bien. Y aurait-il eu une manipulation cosmique faisant que Présence est désormais un agent de Marvel depuis le début?! Là est la question! :)
    Toujours est-il, il y a un Absolute (Panini) qui sort en septembre. Est-ce que ça vaut ce massif achat selon toi?

    • Présence  

      Merci de l’information, il me semblait bien avoir vu passer la nouvelle sur l’Absolute, mais je n’arrivais pas à la retrouver sur internet. Généralement Panini reprend le contenu des éditions US pour les Absolute, ce fut le cas par exemple pour l’Absolute d’Infinity. A confirmer une fois que la liste des épisodes sera diffusée.

  • Bruce lit  

    Et si Présence ne m’avait pas fait découvrir le Cap’ de Nick Spencer,
    Et si je n’avais pas été subjugué par son engagement politique dans du mainstream,
    Je n’aurais absolument pas envie de lire un énième crossover avec Kamelia machin, Miles bidule et une Ororo de nouveau avec les cheveux longs.
    Mais.
    Je veux trop savoir comment se termine Secret Empire.
    Tu es le mal Présence, non seulement tu vends ta came chez moi mais en plus j’ai droit à des échantillons gratuits histoire de me rendre accro.
    Il ne manquerait plus qu’en plus de l’AFP, j’ai les stups au cul.
    Je partage ton opinion sur Yu que j’aimias bien à ses débuts : un très bon dessinateur de posters….
    Secret Empire restera à mes yeux un commentaire assez engagé des premières années Trump. Quoiqu’il arrive, c’est déjà un classique.

    • Eddy Vanleffe  

      Vu sous cet angle, c’est déjà un must have, bien fidèle

    • Matt  

      T’as lu toute la série Steve Rogers, Bruce ?

    • Matt  

      « Je n’aurais absolument pas envie de lire un énième crossover avec Kamelia machin, Miles bidule »

      En feuilletant, c’est ce qui m’a calmé.
      Lire la série Steve Rogers, je me disais « pourquoi pas ? » mais en feuilletant ce Secret Empire…ouh punaise ! TOny Stark est une I.A, tous les persos ont laissé place à leur remplaçant (Hulk, Thor, Logan) et il y a ces persos dont j’ai rien à carrer comme Miles, Kamelia, tout ça…et ils sont tous là à s’agiter…et à me rappeler que j’en ai plus rien à carrer d’eux.

      • Présence  

        Quitte à être cynique, autant que j’aille jusqu’au bout : que ce soit Logan ou Old Man Logan (et les autres remplaçants), ça na finalement que peu d’importance. En effet, dans un crossover, les personnages sont peu mis en avant, à l’exception d’une poignée. Du coup, on ne vient pas tant pour le plaisir de retrouver une centaine de personnages qui apparaissent le temps de 1 à 10 cases, mais plus pour l’effet binge comme l’évoquait Eddy.

    • Présence  

      De rien, tu paieras plus tard…

      Je ne suis pas du tout convaincu par le parallèle avec Trump. D’une part il n’a commencé son exercice du pouvoir qu’en janvier 2017 ; d’autre part Spencer a dû rendre ses scénarios au moins 3 mois avant le début de la parution qui a eu lieu en été 2017. En outre, la première année de présidence Trump montre un individu gouvernant à coup d’effet de déclaration, avec une habileté surnaturelle à promouvoir des choix qui lui bénéficient financièrement à titre personnel. La gouvernance de Steve Rogers participe d’un autre projet : celui d’un individu fort souhaitant changer les choses pour le bien de la majorité, quitte à utiliser la force contre les minorités.

      • Bruce lit  

        @Présence : objection !
        Loin de moi de comparer Steve Rogers à Trump.
        Par contre on peut voir ce Secret Empire comme le bilan des années Obama, un super héros dont le monde attendait beaucoup. Il est supplanté par la montée des tensions, des extrêmes, du racisme et du patriotisme malsain (not my captain A, give back the shield). L’amérique de Spencer ressemble à s’y méprendre à la campagne électorale de Trump. Même si le président tient plus de DKR voire de The Boys (à côté de Trump Bush Jr est un prix Nobel).

        @Matt : il me reste deux tomes à lire. Je prends mon temps. l’écriture de Spencer mérite de se digérer. Il est très, très bavard.

  • Yuandazhu kun  

    Qu’est-ce que t’es bon Présence….c’est dingue ! Secret Empire ne m’interesse pas (le pitch de départ est vraiment très gros), mais le fait qu’il faille lire deux séries de Captain America pour appréhender la totalité de l’oeuvre est pour moi un plus. J’aime ce qui est construit sur du long terme. Ainsi cet event est plus que ce qui l’est censé être.
    Je reste malgré tout moi aussi surpris de la notation, 5 étoiles ( c’était vraiment un plaisir total de lecture ?)…Du coup, ça met le doute, comme tu sais si bien le faire.
    En tout cas, un grand merci pour ce superbe article ! Ton amour du mainstream permet toujours de m’éclairer sur beaucoup de séries, et de remettre en question réguliérement ce que je croyais pour acquis.

    • Présence  

      Un plaisir de lecture ? Oui. Je voulais avoir la fin de l’histoire, je l’ai eu. Je voulais un crossover qui se plie aux conventions du genre : je l’ai eu, avec plein de superhéros dedans et d’affrontements pyrotechniques. J’espérais un peu de fond : j’ai eu une réflexion sur les responsabilités de celui qui délègue son autorité.

      J’aurais pu en vouloir plus : oui bien sûr. J’aurais préféré une équipe artistique stable et impliquée dans toutes ses planches, mais ce n’était pas compatible avec les délais de production. J’aurais pu aussi espérer moins d’obligations éditoriales pour les personnages imposés, et les modifications tellement importantes qu’elles ne dureront au mieux que 3 mois, mais c’est la règle de ce genre de récit.

      Comme tu le dis, Nick Spencer a eu le temps de préparer son crossover sur la durée, et de parler de sujets qui lui tiennent à cœur, pour un récit pas creux, où la voix de l’auteur réussit à se faire entendre dans la fabrication de ce type d’événement.

  • JP Nguyen  

    Il y a quelques semaines, j’ai lu Civil War II en VF, emprunté en médiathèque (il faut reconnaître que c’est un côté agréable de la mode des super-héros, ils deviennent plus accessibles alors qu’autrefois, il fallait faire des bouquinistes ou se tourner vers la VO).
    Si un gros recueil Secret Empire sort en VF, je le lirai peut-être aussi… Je n’en trépigne pas d’impatience mais cet article lui donne sa chance…

    • Présence  

      Quoi qu’il en soit, il faut avoir conservé un goût pour ce sous-sous-sous genre de comics de superhéros qu’est le crossover, sinon on risque l’intoxication. :)

  • Jyrille  

    Merci beaucoup Présence pour cet article didactique et comme toujours une analyse et une réflexion très poussée. Je ne lirai sans doute jamais ça, mais comme ça j’apprends beaucoup de choses. Je reste impressionné par tes capacités à voir au-delà de la première lecture : est-ce que tu relis systématiquement les bds que tu chroniques ? Quoiqu’il en soit je ne sais pas comment tu fais pour lire et écrire autant !

    J’aime beaucoup le scan avec Rogers tout vert devant son pupitre, tout comme le scan de Spider-Man tenant Cap du bout des bras. Les dessins de Acuna me font penser à ceux de Tocchini, celui qui dessine le Low de Remender. Je reste tout de même curieux de savoir pourquoi Cap est chez Hydra puis redevient le héros que nous aimons.

    La BO : je ne l’ai pas réécouté, je suis pas sûr d’avoir envie. J’ai toujours une tonne de Pink Floyd à écouter, et je repousse constamment…

    • Présence  

      Je ne relis pas les BD ou comics. J’écris généralement mon article le jour même ou avec 24 ou 48h de décalage. Quand j’ai envie de faire un article plus étoffé, je reviens sur les passages qui m’ont marqué pour prendre des notes brèves, afin de composer quelque chose de plus construit, et je rédige avec la BD sous les yeux en la feuilletant régulièrement. Au final, l’écriture de l’article (+ sa relecture) me prend souvent plus longtemps que la lecture de la BD ou du comics.

      • Jyrille  

        Merci Présence pour tes secrets de fabrication !

  • James  

    voilà pourquoi,je préfère acheter des intégrales que les nouvelles publications marvel!Je suis un vieux lecteur et je dois dire que j’ai bien enrichi marvel et panini bien que ces dernières années,ils ne le méritent vraiment pas!!Cette histoire est une insulte à captain América!Nick Spencer a dépassé la limite du bon goût!Et cette destruction systématique des héros classiques de marvel par les SJW américain est la raison d’arrêter les marvel (nouvelle vague) pour moi et mes proches!!

    • Présence  

      Bonjour James,

      merci de votre passage et de votre réaction.

      Je suis moi-même un vieux lecteur, passé depuis longtemps en VO. Ce n’est pas la première fois qu’un superhéros passe du côté obscur, et je n’ai pas trouvé que Nick Spencer se montrait insultant vis-à-vis de Captain America ou de son héritage. En fait, je ne trouve pas que Spencer soit plus un Guerrier de la Justice Sociale qu’Alan Moore dans Watchmen, pour prendre une référence connue de tous et qui date de plus de 30 ans (1986/1987).

      D’une certaine manière, il me semble que Nick Spencer joue sur la tentation du totalitarisme pour montrer que les valeurs de Steve Rogers en font quelqu’un d’autre qu’un dictateur en puissance, que Captain America n’est pas un symbole d’oppression, ni même une tentation de faire se conformer tout le monde, tout un peuple, à une vision unique.

  • Bruce lit  

    Bien j’ai fini….
    Et c’est très insipide comme histoire, long, mais long…
    En soi l’histoire est excellente, peut être le meilleur crossover Marvel de tous les avec des enjeux très intelligents. Les dessins sont homogènes. l’épilogue et le prologue sont très bons.
    Et puis, voilà, les contraintes éditoriales…Putain, pour tenir à l’univers Marvel, il faudrait que je m’y retrouve….
    Or les Xmen ? Des collabos !
    Le Punisher au service d’Hydra ????
    Ce putain de Groot, les Gardiens, les Défenseurs version TV, , Miles Morales, Karima Machin, Hulk version gamin, Iron Riri (soupirs), l’univers Marvel vieux de 60 ans dépend de personnages sans aucune épaisseur. Ce n’est pas sérieux…
    Parmi les vieux de la vieille ? Hawkeye, qui n’aura jamais la carrure pour porter une équipe, Tony Stark réduit à l’état de fantôme et Carol Danvers version Bitchy…De quoi avoir envie que les vilains gagnent.
    Impossible de s’investir dans des héros de commande sur qui repose un univers qui, il y a peu, ne les représentait pas.
    Un gâchis monumental.

    • Présence  

      Ayant bien aimé, je soulignerais, en toute mauvaise foi, ton jugement de valeur sur l’histoire excellente, avec des enjeux très intelligents. :)

      Je suis en train de lire la période Secret Invasion de Avengers: The Initiative, dans laquelle il y a une palanquée de superhéros nouveaux, presqu’un crossover dans le crossover Je me faisais la réflexion qu’il est inéluctable que de nouveaux superhéros remplacent les anciens, que chaque génération se fasse sa place au soleil et relèguent les vieux au second rang.

      Punisher au service de l’Hydra n’est pas pire que Steve Rogers en Captain Hydra, non ?

    • Matt  

      Ah ben c’est précisément ce qui me faisait peur au niveau du casting^^ Je ne reconnais plus rien de cet univers et tous ces persos insipides ne me donnent pas envie de les connaitre.
      Je crois donc que je vais surement faire l’impasse aussi.

  • Eddy Vanleffe....  

    Pas lu et pas envie, mais en fait je pense aussi qu’à un moment il faut passer la main.
    C’est chagrinant et je l’écris sans y croire vraiment mais je crois que la volonté de la diversité, de renouveler est indispensable….
    certains nouveaux lecteurs aiment Kamala Kahn, Miles Morales. ils représentent des préoccupations actuelles qui ne sont pas en résonances avec les nôtres.
    au beau milieux des années 80, on trouvait ça hyper cool d’être anti-racistes tout en ayant une forme de racisme bien à nous qui consistait à ne pas se remettre en question, juste ugrader notre système…
    Maintenant, le système est de plus en plus remis en question et les minorités, veulent leur part du gâteau…On ne traite plus ces sujets de la même manière…
    C’est fait au forceps, et ça sera développé plus tard mais je pense honnêtement, que la nouvelle version des Champions a du potentiel pour Marvel
    Ca fait vieux con de dire ça, mais en fait je crois vraiment que ne me parle plus à moi, mais à d’autres avec un narration en SMS qui ne me plait même pas de lire…

    • Bruce lit  

      Le changement, c’est maintenant…
      Ou jamais…
      On ne lance pas un crossover aussi monumental avec des héros aussi peu installés.
      De toute manière, on voit que Spencer s’en fout totalement : c’est un zapping obligé entre les Inhumains (qui ne servent à presque rien), les Xmen, Les Gardiens, les Champions et toute la smalla. Côté distribution, Maximum Carnage à côté, c’est de la petite bière.

    • Présence  

      La remarque d’Eddy m’a fait penser à une chanson interprétée par Joe Cocker : N’oubliez jamais. Dans le refrain se trouve : Every generation has its way. Effectivement, place aux jeunes et aux préoccupations actuelles qui ne sont pas en résonances avec les nôtres.

      Des héros aussi peu installés, ça dépend desquels : Miles morales est présent depuis 2011 quand même. Groot trouve ses origines dans une histoire publiée en 1960. En plus, les lecteurs savent que les crossovers ne sont pas les histoires où les personnages priment et que la surenchère est de mise, fait partie intégrante du cahier des charges.

      En y repensant il y avait aussi des petits nouveaux dans Contest of Champions (1982) : Talisman, Darkstar, Defensor, Sasquatch, Blitzkrieg, Vanguard, Shamrock, Arabian Knight, Sabra, Collective Man. Et dans Secret Wars (1984/1985) : Monica Rambeau, Julia Carpenter, James Rhodes, sans même parler de Titania et Volcania. Dès les années 1980, les crossovers étaient déjà l’occasion de mettre en avant de nouveaux produits.

      • Eddy Vanleffe....  

        si on pousse le raisonnement…
        je suis sûr que la génération Ghost Rider, Luke Cage, Wolverine, Iron Fist etc…n’a pas emballé tout de suite la génération Lee/kirby
        d’ailleurs le message méta de MARVELS c’est que la mort de Gwen Stacy a cassé cet univers à jamais…
        plus de violence, d’amertume….

        • PierreN  

          En parlant de Busiek justement, très fan des X-Men de Lee/Kirby, il n’avait pas l’air de sauter de joie lorsqu’ils ont pour la plupart été remplacés par Logan, Ororo, Piotr et Kurt (un courrier des lecteurs du débuts des années 80 l’atteste ; c’est marrant de retrouver ces futurs auteurs dans ces colonnes, un peu comme la présence de contributeurs du blog dans le courriers des lecteurs des revues Lug).

          • Présence  

            C’est le cycle de la vie : les gens deviennent vieux, ils cèdent la place aux jeunes… et dans les comics, les vieux redeviennent jeunes et reprennent leur place aux nouveaux jeunes. :) C’est comme ça que les jeunes X-Men de Bendis viennent d’aller voir ailleurs.

            Qui se souvient encore de Defensor, ou saurait dire à quoi il ressemble, pourtant introduit en grande pompe dans le tournoi des Champions ?

  • Tornado  

    Comment ça ? Vous ne rêvez pas tous d’un crossover entre le Deadpool Corps, Gwenpool, Miles Morales et tout le spiderverse (Gwen Stacy compris), Kamala Miss Marvel, baby Groot, Ecureuilette et les X-babies, le tout dessiné par Skottie Young ? (chuis sûr que Présence serait preneur, n’empêche) :D
    Pfiou, après avoir écrit une phrase pareille, faut que je m’aère, j’ai la nausée… :(

    • Présence  

      Je réserve mon avis, en fonction du scénariste, car tu ne l’a pas annoncé. :)

  • Matt  

    Moi j’ai envie de dire qu’au moins Ghost Rider, Iron Fist, Luke Cage, Wolverine et les nouveaux X-men…c’était pas des mecs qui piquaient le costume et le nom d’anciens héros (Miles Morales = spider-man, Kamila = Ms Marvel, Amadeus Cho = Hulk, etc.) Et ils laissaient de la place aux anciens aussi.

    Là ce sont de nouveaux personnages qu’on veut nous « forcer » à aimer en leur donnant le rôle des anciens, comme si c’était ce qui comptait qu’ils aient le costume ou le nom.
    Moi ça me fait l’effet inverse, ça me donne l’impression qu’ils sont vides et qu’ils essaient de plaire à ceux qui sont attachés à un costume et une identité. Genre ils sont pas pareils, mais si regardez un peu quand même, c’est un peu les mecs que vous connaissez déjà.

    • Présence  

      Ce n’est pas nouveau comme phénomène : avant 2000, DC avait déjà remplacé Bruce Wayne par Jean-Paul Valley, Diana par Artemis, Dick Grayson par Jason Todd, et même Marvel avait remplacé par Tony Stark par James Rodhes, Mar-Vell par Carol Danvers, et j’en oublie sûrement.

      • Matt  

        Mais Carol Danvers existait en tant que miss Marvel ou Binary ou plein de persos.
        James Rhodes était War machine.
        Ces nouveaux héros (tous ados en plus…ça m’agace. Ghost Rider, Luke Cage, Wolverine, James Rhodes, c’était pas systématiquement des ados de mes 2 qui sortent des vannes sur les smartphones) ne sont rien d’autres que des versions alternatives de persos connus.

      • Matt  

        Warbird, pour Carol Danvers. J’avais oublié le nom^^
        c’est pas comme si elle avait débarqué de nulle part pour remplacer un perso.

      • Matt  

        Et en plus un perso qui remplace temporairement un autre perso, ça peut être intéressant justement si ça va à contre-emploi de ce qu’ils étaient avant. Mais là les persos n’étaient rien d’autre avant donc ça ressemble à de la copie pour faire pareil mais en plus jeune et branché.
        Et des fois ce n’est même pas du remplacement. Parce qu’il y a 2 Thors, 2 spider-man, 25 Hulk…

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