La Relève (Young Avengers)

ENCYCLOPEGEEK YOUNG AVENGERS

Par : TORNADO

VO : Marvel Comics

VF : Panini Comics

1ère publication le 22/01/20 – MAJ le 10/08/20

Un air de famille ! © Marvel Comics

Un air de famille !
© Marvel Comics

Cet article est consacré à l’équipe des YOUNG AVENGERS. Vous y trouverez la plupart de ses itérations, depuis la première maxi-série créée par Alan Heinberg jusqu’à sa reprise par Kieron Gillen, en passant par les mini-séries tie-in liées à certains events comme CIVIL WAR.

L’article sera découpé par ordre chronologique en séparant, bien entendu, chaque arc narratif et chaque équipe artistique. Vous n’êtes pas obligé de tout lire car, si vous cherchez surtout à connaitre telle ou telle itération, il vous suffit de vous y rendre en suivant le déroulé chronologique.
Enfin, j’adresse une petite recommandation : La première maxi-série étant avant tout basée sur le plaisir du suspense et du mystère lié à l’identité réelle des personnages, il est sérieusement conseillé de la lire avant de parcourir la suite de l’article dédiée aux séries qui ont suivi, car cela risque de vous divulgâcher certains de ces éléments…

The first one, the best one ! © Marvel Comics / Panini Comics

The first one, the best one !
© Marvel Comics / Panini Comics

1. YOUNG AVENGERS : AFFAIRES DE FAMILLE par Alan Heinberg et Jim Cheung (2004 – 2005)

Au lendemain de la saga AVENGERS DISASSEMBLED, qui voyait la dissolution de la version « classique » des Vengeurs suite à un (premier) pétage de plomb de la Sorcière rouge, une nouvelle équipe de super-héros adolescents commence à se faire remarquer. Les membres de l’équipe ressemblant fortement aux Vengeurs originels (Captain America, Iron Man, Hulk et Thor), une journaliste a tôt fait de les surnommer les Jeunes Vengeurs. Bientôt, ils sont rejoints par deux jeunes filles au caractère bien trempé, avant que ce qui reste des véritables Vengeurs ne viennent tenter de les raisonner…

Dès le début de ces aventures, l’addiction est immédiatement suscitée par une affolante série d’énigmes et de mystères : D’où viennent ces jeunes prodiges ? Quels rapports entretiennent-ils avec leurs modèles ? Sont-ils leurs enfants cachés ? D’où tiennent-ils leurs pouvoirs ? Etc.
Bien que certaines de ces questions trouvent rapidement des réponses, l’histoire ne cesse de tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout, car d’autres questionnements, existentiels et passionnants, prennent alors le relais : Quelles sont, dans la vie, les limites de l’identification qu’entretiennent les jeunes avec leurs parents ? Les modèles que l’ont se choisit au delà de nos parents nous permettent-ils de nous construire sainement, de nous épanouir et de réussir à surmonter notre complexe d’Œdipe ? Le pouvoir est-il une composante essentielle de la réussite ? Qu’en est-il du courage et de la volonté ? L’énergie de la jeunesse peut-elle déplacer des montagnes ?

Young Avengers : Assemble ! © Marvel Comics

Young Avengers : Assemble !
© Marvel Comics

Derrière leurs airs racoleurs pour djeuns, les douze épisodes de cette première saison de YOUNG AVENGERS révèlent au contraire l’une des séries Marvel majeures des années Quesada (rédacteur en chef des années 2000 et initiateur de l’ère MARVEL KNIGHTS). Alan Heinberg y accumule des événements incontournables pour la continuité du Marvelverse (retour de certains héros, révélations détonantes, étoffement de la mythologie des AVENGERS, genèse de HOUSE OF M) et mêle un tel nombre de notions universelles qu’elle marque les mémoires.

C’est ainsi que le scénariste réussit un coup de maître : Celui d’utiliser le prisme de la jeunesse pour y faire converger toutes les meilleures thématiques liées ces dernières années au monde des super-héros. Par exemple, il est très intéressant de se dire que l’héroïsme ne nait pas forcément d’une volonté basique de sauver le monde gratuitement (stéréotype navrant et ridicule, fréquemment mis en avant dans l’univers des comics), mais parfois d’une volonté de dépassement personnel liée à un mal être, notion indissociable du monde de l’adolescence. C’est ainsi que certains de nos jeunes super-héros le sont devenus afin de revendiquer leur droit à la différence et de s’émanciper du poids de l’héritage, du regard des autres et des idées arrêtées liées au conservatisme, au racisme et à l’homophobie.

Malgré son manque de réalisme, sa suite de péripéties parfois poussives, avec ses futurs alternatifs et sa nouvelle Guerre Krees/Skrulls, cette maxi-série est un pur bonheur et mérite généreusement ses 4,5 étoiles.
Portée par un dessin agréable et efficace, une narration énergique et fluide, une ligne globale d’une remarquable cohérence, elle met en scène un groupe de personnages particulièrement palpables et attachants (impossible de ne pas tomber amoureux de la nouvelle Hawkeye !).
Si vous l’avez aimée, ne manquez pas de lire la série RUNAWAYS du scénariste Brian K. Vaughan, que j’ai personnellement trouvée encore meilleure que YOUNG AVENGERS. Moins alambiquée, davantage les pieds sur terre, elle s’émancipe encore bien plus de l’événementiel, de la continuité du Marvelverse et de ses super-héros, certes emblématiques, mais suffisamment présents sur les autres séries !
D’ailleurs, ces deux équipes de jeunes héros se rencontreront régulièrement, comme nous allons le voir…

Oyé ! lecteur complétiste, achètes donc tout ce qui sort sous la bannière Civil War ! © Marvel Comics

Oyé ! lecteur complétiste, achètes donc tout ce qui sort sous la bannière Civil War !
© Marvel Comics

2. CIVIL WAR : YOUNG AVENGERS & RUNAWAYS, par Zeb Wells & Stefano Caselli (2006)

A l’occasion du tsunami CIVIL WAR, toutes les séries en cours participent à l’événement. Le plan est évidemment commercial puisqu’il pousse le lecteur complétiste à courir acheter la moindre revue, dans la mesure où chaque personnage est concerné, de près ou de loin, par la guerre civile.
Toutefois, cette année là, certaines séries sont en stand-by. C’est le cas de YOUNG AVENGERS, au succès retentissant, mais qui s’est arrêtée afin que son scénariste, Alan Heinberg, retourne un temps à la télévision écrire la nouvelle saison de GREY’S ANATOMY… C’est donc l’occasion pour Marvel de proposer une mini-série de quatre épisodes liée aux événements de CIVIL WAR, et d’en profiter pour lui adjoindre l’équipe des RUNAWAYS dont la série, toujours en cours, a du mal à trouver son public (ce qui est injuste, tant elle est génialissime !). Une série à succès réussira-t-elle à mettre en lumière une série au succès modeste?

La relève Marvel, double ration ! © Marvel Comics

La relève Marvel, double ration !
© Marvel Comics

Au delà de ce pari commercial, les deux séries entretiennent des liens qui, bien qu’ils soient fortuits, sont étonnamment étroits : Il s’agit de deux équipes d’adolescents. Elles sont toutes deux fondées sur la difficulté qu’éprouvent les jeunes à s’émanciper des adultes. Chacune compte un skrull dans ses rangs. L’androïde de l’une est le frère de l’autre. Chacun possède son sorcier ou sa sorcière. Etc. Qu’ils finissent par se rencontrer, alors qu’ils officient aux deux coins opposés des USA, était donc logique !

Cette mini-série n’a rien d’exceptionnel et fait même pâle figure au milieu du maelstrom CIVIL WAR. Zeb Wells est un scénariste efficace et j’apprécie beaucoup son travail la plupart du temps (même lorsqu’il est associé à l’abominable Skottie Young sur la série NEW WARRIORS qui fait office de prélude à CIVIL WAR !), mais il n’apporte pas grand chose à ces franchises en termes d’épaisseur. Certains passages sont confus et capilotractés. L’intrigue, au delà de l’idée d’une rencontre entre les deux équipes et de leur participation à l’event, n’a guère d’intérêt. Sauf qu’elle sonne le retour d’un ancien personnage de l’univers Marvel : Rien moins que le Marvel Boy de Grant Morrison !

 A chacun son one-shot ! © Marvel Comics

A chacun son one-shot !
© Marvel Comics

3. YOUNG AVENGERS PRESENTS, par divers auteurs (2008)

C’est l’heure du bilan : Trois ans plus tôt, les lecteurs découvraient une nouvelle équipe charismatique, pleine de punch et de fraicheur, à travers une création superbement écrite : YOUNG AVENGERS. Un véritable carton, cortège de nominations et de récompenses. Mais la série est toujours en standby.
Marvel commande diverses mini-séries, souvent à l’occasion des events annuels, histoire de profiter du succès de la franchise tout en faisant patienter les fans avant le retour d’Alan Heinberg, le scénariste chéri. Se succèdent ainsi YOUNG AVENGERS & RUNAWAYS en 2007, YOUNG AVENGERS PRESENTS en 2008, SECRET INVASION : RUNAWAYS / YOUNG AVENGERS en 2009 et DARK REIGN : YOUNG AVENGERS en 2010.

La mini-série qui nous intéresse ici, YOUNG AVENGERS PRESENTS, regroupe six one shots mettant en lumière chaque membre de l’équipe. Elle affiche un casting assez prestigieux avec, respectivement, les scénaristes Ed Brubaker, Brian Reed, Roberto Aguirre-Sacasa, Kevin Grevioux, Paul Cornell et Matt Fraction. Au dessin s’additionnent Paco Medina, Alina Urusov, Harvey Tolibao, Mark Brooks, Mitchell Breitweiser et Alan Davis.
L’idée consiste à épaissir la mythologie interne de l’équipe mais, hélas, le travail des scénaristes est quand même très anecdotique. Brubaker, avec le personnage de Patriot, poursuit son entreprise de rétro-continuité autour de la figure de Captain America, entamée avec sa série régulière et développée via diverses créations parallèles comme LE PROJET MARVELS. C’est une idée parfaitement logique, qui intègre à la fois le jeune Patriot dans la lignée de ses modèles (dont le premier Captain America noir) et développe la thématique de l’héritage ainsi que celle de la figure parentale, propres à la série des YOUNG AVENGERS. Malheureusement, en une vingtaine de pages, il n’a guère le temps de développer son propos et, s’il met en avant la figure de « grand frère » qu’est naturellement devenu Bucky Barnes, il n’approfondit absolument rien.

Un épisode pour les fans de Brubaker sur Captain America… © Marvel Comics

Un épisode pour les fans de Brubaker sur Captain America…
© Marvel Comics

Ce manque d’ampleur et de densité est encore plus évident sur les autres épisodes, dont le meilleur est certainement celui dédié à Hawkeye, puisqu’il joue la carte de la nostalgie en permettant à Alan Davis de dessiner un personnage qui lui est particulièrement familier.

Il y a donc un paradoxe dans ce recueil de six épisodes, qui est censé approfondir le background de la franchise mais qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions, faute d’une lecture trop concise.
Chaque épisode est un régal pour les yeux, mais cela ne justifie pas d’investir dans une mini-série qui s’oublie aussitôt la couverture refermée. Et d’ailleurs, je ne vous parlerai pas de SECRET INVASION : RUNAWAYS / YOUNG AVENGERS  ni de DARK REIGN : YOUNG AVENGERS puisque, déçu par ces itérations successives, je m’étais abstenu de poursuivre l’aventure de l’équipe jusqu’au relaunch effectué par Alan Henberg lui-même…

Ces épisodes s’insèrent dans la continuité de l’univers Marvel à l’époque du crossover WORLD WAR HULK. En France, ils ont été publiés dans le magazine Marvel Heroes hors-série (2°série) N°4, par les éditions Panini.

Alors, on dirait qu’en fait, la Sorcière rouge elle est gentille, parce que le méchant… © Marvel Comics

Alors, on dirait qu’en fait, la Sorcière rouge elle est gentille, parce que le méchant…
© Marvel Comics

4. AVENGERS : LA CROISADE DES ENFANTS, par Alan Heinberg & Jim Cheung (2010 – 2012)

AVENGERS : LA CROISADE DES ENFANTS (LE RETOUR DE LA SORCIERE ROUGE) est une mini-série en neuf épisodes qui marque le retour de l’équipe artistique originelle.
Le récit met en scène le groupe des Young Avengers mais également l’essentiel des héros Marvel de premier plan, tels les Avengers et les X-men. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, de la suite de la première maxi-série réalisée en 2006.

En réalité, LA CROISADE DES ENFANTS (LE RETOUR DE LA SORCIERE ROUGE) est un récit ambitieux destiné à devenir une étape de première importance dans la continuité de l’univers Marvel.
Afin de bien saisir les enjeux de ces épisodes, il vaut mieux avoir lu, au préalable, les principaux événements Marvel depuis au moins les tragiques AVENGERS DISASSEMBLED et HOUSE OF M (parus entre 2004 et 2006). Il y a également de nombreuses références à d’autres événements survenus depuis la première apparition du personnage de la Sorcière rouge en 1964, mais il s’agit surtout de mettre un terme aux tragédies initiées par cette héroïne passée du côté obscur de la force depuis 2004.
L’équipe des Young Avengers ne sert finalement que de prétexte et de catalyseur afin de remettre l’univers Marvel à plat, permettant de réhabiliter la Sorcière rouge et de ressusciter une partie des héros morts depuis toutes ces années…

C’est ainsi que LA CROISADE DES ENFANTS est moins la suite de la saga YOUNG AVENGERS : AFFAIRES DE FAMILLE qu’un des principaux events Marvel de son époque. Et ce bien que la mini-série mette en scène le groupe des Young Avengers et soit réalisée par la même équipe créative.
Par ailleurs, cette nouvelle saga peut également être considérée comme le prologue du méga-crossover de 2012 : AvX qui, pour le coup, mettra un point d’orgue à tout cet imbroglio développé dans l’univers Marvel depuis 2004…

 Y a même des noms pour s’y retrouver… © Marvel Comics

Y a même des noms pour s’y retrouver…
© Marvel Comics

J’avais adoré YOUNG AVENGERS : AFFAIRES DE FAMILLE. Il s’agissait d’une œuvre brillante, qui dynamitait la mythologie des AVENGERS de l’intérieur, tout en réussissant à la dépoussiérer et à l’affiner en travaillant chaque personnage en profondeur. Et puis c’était une histoire vraiment originale, complètement autonome par rapport aux impératifs commerciaux de l’éditeur Marvel tout puissant.

Hélas, pour LA CROISADE DES ENFANTS, il apparaît que le travail d’auteur d’Allan Heinberg a été relégué aux oubliettes afin qu’il soumette sa création à un impératif éditorial et fasse comme jadis Kurt Busiek avant lui avec AVENGERS FOREVER : Recoller les morceaux de la sacro-sainte continuité…
Pour son premier récit, Heinberg profitait d’une période de chaos (un univers Marvel complètement dissout) pour donner libre cours à son imagination à la fois impertinente et respectueuse de la continuité. Pour cette seconde création, il s’agit manifestement d’un travail de commande avec des objectifs précis, rendant impossible toute velléité de révolutionner la mythologie comme ç’avait été le cas en 2004.

Une fois ce constat relevé, il est impossible de lire cette nouvelle mini-série sans en déceler toutes les ficelles éditoriales et les rebondissements factices : La Sorcière rouge doit être réhabilitée. Les super-héros morts depuis tout ce temps doivent être ressuscités. Et quelqu’un (un super-vilain de préférence) doit porter le chapeau…
Tous ces impératifs et autres contraintes éditoriales jouent évidemment en défaveur de l’ensemble et empêchent le scénariste de renouveler sa prouesse en réalisant un nouveau récit à la hauteur du précédent.
Il faut donc s’y résigner : LA CROISADE DES ENFANTS est un event mainstream pur et dur, bourré de grosses ficelles scénaristiques propres au monde éditorial des super-héros, et parsemé de gimmicks et autre clichés crétinoïdes, tels que les gros bourrins qui se battent avant de discuter, les bastons iconiques réunissant des dizaines de personnages dans la même image, et les super-héros qui se font des blagues en plein combat
Cependant, malgré ces pirouettes scénaristiques infantiles et usées jusqu’à la corde, le tout est franchement addictif, bien troussé, et tient ses promesses en matière de récit épique.
Les résurrections de certains personnages sont vraiment bien amenées et les voyages temporels (un bon deus ex-machina cynique dont raffolent les éditeurs de la Maison des idées !) tiennent étonnamment bien la route.
Comme pour la maxi-série originelle, le duo Heinberg/Cheung soigne son travail et réalise une série d’épisodes supérieurs, qualitativement parlant, à l’ensemble des productions du moment en matière de comics de super-héros.

En conclusion, LA CROISADE DES ENFANTS est une grosse machine éditoriale qui s’impose comme une étape incontournable de la continuité de l’univers Marvel.
C’est un récit réservé à un lectorat ciblé, qui nécessite une solide connaissance de la continuité de cet univers et de ses personnages.
C’est une histoire de super-héros mainstream, sacrifiée sur l’autel des clichés infantiles du monde des super-héros.
Mais c’est également un récit extrêmement généreux et bien ficelé en termes de résolutions (une forme de récompense pour le lecteur assidu du Marvelverse).
C’est enfin superbement mis en image et dialogué avec soin et amour.
La critique de cette mini-série peut ainsi varier en fonction de l’attachement du lecteur aux personnages et, selon que l’on se focalise sur le fond ou la forme, on aimera plus ou moins l’orientation infantile visant à établir le statuquo dans l’univers Marvel (ça c’est le FOND), ou la qualité du travail réalisé par les auteurs (ça c’est la FORME)…

Une équipe qui a bien changé… © Marvel Comics

Une équipe qui a bien changé…
© Marvel Comics

5. YOUNG AVENGERS, par Kieron Gillen & Jamie McKelvie (2012 – 2013)

Entre 2012 et 2013, le scénariste Kieron Gillen écrit 15 nouveaux épisodes, en grande partie dessinés par Jamie McKelvie, dédiés à l’équipe des Young Avengers. Mais s’agit-il encore des Young Avengers ?
L’ensemble forme une histoire complète, mais constitue en même temps la suite des sagas relevées plus haut.

La chose était trop tentante : Retrouver cette équipe de jeunes super-héros à laquelle j’étais resté très attaché depuis le début, et qui plus-est dans une histoire auto-contenue. Et bien c’est raté, Je n’ai pas aimé du tout cette suite d’épisodes.
Je ne peux pas dire que l’ensemble soit mauvais. C’est même au contraire bien fichu. L’écriture de Kieron Gillen est maitrisée et efficace car il parvient à donner une élégance à son développement en faisant bouger et parler ses personnages comme des jeunes de leur temps qui ne sont pas des enveloppes vides ou des crétins patentés (ce qui est suffisamment rare dans le Marvel contemporain pour être signalé). Quant à Jamie McKelvie, il livre une série de planches classieuses et originales, tout en restituant fort bien l’image qui s’était imprimée en nous de ces ados pas comme les autres (exceptée Hawkeye, qui était unique sous les pinceaux de Jim Cheung).
Mais le fait est que la sauce n’a pas du tout fonctionné avec moi.

Il faut dire aussi que l’essentiel du récit se construit (ou plutôt se ratatine) à travers des aventures basées sur le concept des passages entre les univers parallèles formant le multivers, et que je trouve cela particulièrement insupportable lorsque c’est traité par dessus la jambe, ce qui est clairement le cas ici, où les personnages peuvent passer d’un univers à un autre comme vous-mêmes pouvez passer d’une pièce à l’autre dans votre appartement…
Le pitch est le suivant : Pour faire plaisir à son petit copain Teddy alias Hulkling (fils de Captain Marvel et d’une princesse skrull), Billy alias Wiccan (fils de la Sorcière rouge qui possède les mêmes pouvoir que sa maman), décide de farfouiller dans le multivers à la recherche d’une dimension où la mère adoptive de Teddy serait encore en vie (mais sur le point de mourir, histoire de ne pas la voler à un autre fils éploré), afin de la lui ramener. Malheureusement, c’est le moment où un parasite multidimensionnel en profite pour se greffer sur la maman en question dans le but de dévorer notre réalité. Les Young Avengers devront donc se reformer afin de combattre la menace (surnommée Maman), d’autant que ce parasite possède le pouvoir bien pratique de posséder l’esprit de tous les adultes de la terre…
Bon… Suis-je le seul à trouver ce pitch complètement grotesque et débile ??? Et ce n’est pas terminé…

En bon soldat de la Marvel Company, Kieron Gillen décide alors de faire ce que les fans férus de la continuité adorent : Les flatter dans leurs connaissances des moindres recoins de l’univers Marvel en mettant en scène tout un tas de personnages que seuls les férus de la continuité des moindres recoins de l’univers Marvel connaissent ! Pour un soi-disant récit auto-contenu, autant dire que le lecteur venu lire une histoire autonome aura l’impression de s’être fait passer un camion poids lourd à travers le fondement…
Les connaisseurs reconnaitront par ailleurs deux influences majeures qui opèrent ici dans le concept de la série, à savoir le cacophonique VENGEANCE de Joe Casey (2012) et le tout aussi insupportable et abyssalement vide HAWKEYE de Matt Fraction. Soit deux séries jouant l’une sur les personnages obscurs de l’univers partagé Marvel, et l’autre sur la mise en forme arty d’épisodes ne racontant strictement aucune histoire. C’est dire le mélange improbable et indigeste qui peut se dégager de la lecture de ces YOUNG AVENGERS selon Gillen !

 C’est joli, c’est arty, mais de quoi ça raconte ? © Marvel Comics

C’est joli, c’est arty, mais de quoi ça raconte ?
© Marvel Comics

Soyons sincères : Kieron Gillen ne nous raconte pas une histoire ici. Il nous développe un prétexte afin de mettre en scène une bande de jeunes super-héros. Il ne se prive d’ailleurs pas pour recycler son travail précédent (JOURNEY INTO MYSTERY) en raccrochant le personnage de Loki (version ado) à l’équipe. Il ramène également une Miss America en droite ligne du VENGEANCE de Joe Casey ! Ce dernier personnage, qui occupe souvent le devant de la scène (notamment en traversant les univers parallèles en donnant des coups de pied…) est d’ailleurs particulièrement antipathique et nous fait regretter l’ancienne équipe originelle. On notera enfin que l’équipe en question a sérieusement été transformée, et qu’il ne reste pas grand chose ici de son cast initial. En fait, étant donné que Speed disparait très vite (!), il ne reste qu’Hawkeye, Wiccan et Hulkling

Le lecteur ayant profondément aimé la série originelle et ses personnages ne retrouve pas les sensations attendues. A la place, il subit un agglomérat de personnages secondaires de l’univers Marvel à la sauce « ados », avec une histoire prétexte capilotractée et un traitement de la mythologie de l’univers Marvel tellement bordélique qu’il en devient désincarné. Je suis personnellement resté en dehors de ces épisodes où les divers personnages se télescopent dans moult univers parallèles tous plus creux et vides les uns que les autres (au point qu’ils finissent dans un univers tout simplement… blanc et vide !!!), où les combats factices s’accumulent entre des hordes de gugusses tout aussi factices et inconnus. Ce traitement du multivers apparait donc ici comme un élément propre à ne générer uniquement que des altercations entre divers personnages, exacerbant leurs relations adolescentes (et leurs hormones) dans la cacophonie la plus totale. Le manque de tension et de suspense (à défaut de pouvoir parler de « réalisme » à propos d’une série Marvel) qui aurait pu être effectifs avec un récit mieux défini et structuré m’a sorti d’une histoire qui n’en est même pas une. Et seul le fait que la caractérisation des principaux héros soit soignée (répétons encore qu’ils ne sont pas traités comme de simples personnages de papier) m’aura permis de m’accrocher jusqu’à la fin, non sans mal…

En bref, ce run du scénariste Kieron Gillen est à réserver aux lecteurs férus de la continuité et des moindres recoins de l’univers Marvel qui sont capables de se satisfaire d’un état d’esprit avant tout, à défaut de lire une véritable histoire avec de véritables enjeux autres que les relations entre divers personnages qui, aussi soignées soient-elles, finissent par sonner creux à force de se développer dans un contexte complètement surfait. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait là une toile de fond très intéressante (ne pas tenter de modifier les failles de la réalité au risque d’en créer une bien pire), malheureusement abandonnée aussi vite que la disparition incongrue de Speed…

 Hawkeye par Jim Cheung : I love you ! © Marvel Comics

Hawkeye par Jim Cheung : I love you !
© Marvel Comics

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A travers les Young Avengers, il y a plein de thèmes sur l’adolescence, en sous-texte…

76 comments

  • midnighter  

    j’ avais moi aussi adoré les tout premiers épisodes : le hulk qui est en fait un hybride skrull kree, le thor un sorcier fils de wanda, le capitaine america le petit fils du cap black des années40, mais surtout le iron man qui est kang ado avec une super armure qu’ il laisse devenir le nouveau corps de vision; vraiment dommage qu’ il ne reste que dans les deux où trois premiers épisodes. et la scène où wiccan et hulkling veulent avouer à leurs parents adoptifs qu’ ils ont des super pouvoirs est jubilatoire

    j’ avais découvert la série car elle était la quatrième série dans la version française kiosque avengers de l’ époque; excellente surprise parce que je m’ attendait à rien du tout

    la croisade des enfants c’est effectivemment du bon bourrin par l’ équipe d’ origine. moi j’ ai effectivement trouvé que ça tournait au running gag ( j’ ai acheté la croisade en version librairie ) à chaque issue :  » on écoute pas ce que nous on dit les avengers adultes dans les issues précédentes, on part en loucedé en patrouille ou en mission et on se retrouve dans des bastons homériques avec ou sans eux  »

    la dernière version dont tu parles j’ ai rien capté, j’ ai cru que j’ étais devenu un boomer, ton analyse me rassure ( bon, le fait que je sois arrivé en plein milieu parce que ça devait etre en deuxième ou troisième partie d’ un fasicule kiosque que j’ avais acheté pour une autre série a pas du arranger les choses )

  • Matt  

    EH ben il ne fait pas les choses à moitié le Tornado. Toutes les séries !
    Bon j’ai pris le deluxe de la première série sur tes conseils. Pas encore lu^^ Mais comme il commence à monter en prix, j’ai voulu le choper avant qu’il coute 80€…
    J’avais lu La croisade des enfants par contre.
    Bon, je n’ai pas trouvé ça mal fait, mais en effet j’ai bien senti la manœuvre éditoriale pour réhabiliter la sorcière rouge. Par contre j’ai oublié comment…ça devait être capillotracté. Ils font porter le chapeau à Doom c’est ça ? C’est pourtant Wanda qui a prononcé les mots. Bon bref…
    De toutes façons ça me plaisait l’idée de Wanda qui fait une dépression et fout en l’air le monde involontairement. Oui difficile de la réhabiliter après ça…mais bon…c’était original. ça créait une situation difficile. Dans son état elle n’était pas responsable de ses actes. Et d’ailleurs…elle n’a même pas « agi », juste pensé, craqué, poussé des cris. Des trucs qu’on fait tous. Mais entre ses mains, avec ses pouvoirs, c’était destructeur.
    Du coup ça posait la question de la responsabilité. Du « péché » par la pensée (qui est une grosse connerie…sauf peut être quand ta pensée peut détruite le monde^^)
    C’était au final difficile de blâmer le personnage…et en même temps parfaitement compréhensible que tout le monde la déteste.
    Bref…

    Je ne lirai pas le reste. J’avais feuilleté la série de Gillen. J’avais en effet trouvé ça con comme idée d’aller chercher n’importe qui dans l’espace temps pour faire une surprise. Merde mec tu peux ramener un truc dangereux ! Et ben ça n’a pas loupé^^ Après je ne suis pas allé bien loin.

    • JB  

      Je viens de relire les 2 derniers numéros. L' »aveu » de Fatalis n’est convaincant ni pour le lecteur, ni pour les personnages. Il déclare qu’il est responsable des morts d’Avengers Disassembled au moment où il perd et s’enfuit : Fatalis semble prendre le blâme tant pour protéger Wanda (qu’il allait épouser) que dans un sursaut d’orgueil. Les Vengeurs, Magnéto et Pietro s’y raccrochent. Les X-Men, de leurs côtés, sont plutôt convaincus par un discours de Wiccan qui leur rappelle qu’ils ont plusieurs ex-terroristes et des meurtriers dans leurs rangs.

  • Nikolavitch  

    Pareil, je reste convaincu que la première série des YA est la meilleure chose qui soit sortie de Disassembled (les NA m’ont globalement emmerdé comme un rat mort).

    et, en effet, Children’s Crusade se laisse lire, mais traine en longueur et abuse de coups de théâtre moisis.

    c’est vraiment un gâchis à l’arrivée…

  • Eddy Vanleffe  

    dès le premières lignes de l’article, je dois remercier Tornado qui explique mieux que je ne pourrais jamais le faire ce qui ne pas plus dès les premières pages de la série, ce mystère autour des jeunes… ça n’a pas pris du tout, c’est à mes yeux la retcon la plus grossière que j’ai lu. même Byrne qui fait des pieds et des mains pour tenter de nous convaincre que jean Grey pilotait phénix depuis un cocon dans la mer est plus « réaliste ». la politique escamotée..C’est le premier comics sur la diversité Marvel mais pour en faire quoi?
    va-t-on dénoncer les USA sur le traitement des noirs pendant la guerre avec patriot? non, on a un gamin bien sage qui fait de son mieux pour être digne du drapeau, et le couple gay rencontrent ils des problèmes? non tout le monde les applaudit, c’est à se demander pourquoi tant de jeunes homos font des tentatives de suicides par peur d’être « outé »… En plus on m’enlèvera pas de l’idée que c’est mauvais copie des Titans de DC, mais bon par inséré au forceps…
    C’est poussif mais très bien dessiné par Jim Cheung que j’adorais sur SCION.
    j’ai la série « presents »dans mon volume, et ça m’a laissé froid et pour finir la série de Gillen, c’est tout ce que je ne veux plus lire.. de la poudre aux yeux pour ne rien raconter d’autre que : « la jeunesse vous emmerde », tout en étant un catalogue de superficialité ou l’ajout d’une miss America gerbante d’arrogance, avec une estime de soi répugnante… j’ai lu sept épisodes le temps que je me lasse du magazine et je ne veux plus y retourner…

    les Runnaways sont bien bien bien meilleurs à tous point de vue et je suis à peu près sûr que c’est aussi le cas des CHAMPIONS dernièrement bien que je n’en ai pas lu une seule page, mais au moins les personnages ont tous une vie et le fuck aux Avengers est raconté de manière organique…

    • Matt  

      Mec…tout est tellement politisé maintenant…t’en as pas marre que chaque noir ou jaune ou latino se fasse le porte paroles de sa « race » ?
      T’es noir alors tu dois militer ?
      Un auteur met en scène un perso noir alors il doit dénoncer les discriminations forcément ? Tu peux pas être noir sans un faire un flan et un porte parole politique ?
      Là je suis pas d’accord avec toi^^
      Pareil pour le couple gay. Il faut forcément que ça dénonce quelque chose ? Tu peux pas juste être gay sans que ce soit « a big deal » ?

    • Matt  

      ça me fait penser au MCU qui se sent obligé de mettre un noir dans chaque équipe parce qu’un groupe de blancs ça fait pas ouvert d’esprit.
      Euh…sauf que je sais pas moi mais…il y a bien des groupes de musique qui sont composés seulement de blancs. Est-ce qu’on les accuse de ne pas mettre un noir au milieu pour montrer qu’ils sont ouverts ?
      J’ai pas d’amis noirs non plus moi. Est-ce parce que je suis raciste ? Non, j’ai pas connu de potes noirs c’est tout.
      Cette idée qu’il FAUT mettre des minorités même si le personnage de base tiré du comics n’est pas une minorité, déjà ça m’agace.
      Ensuite, les faire forcément militer pour leur cause comme si leur personnalité se résumait à « je suis noir, je dois parler de ma condition de noir » c’est pénible aussi.
      Vous avez vu le film Green book ? ça parle d’un noir riche, et gay. Qui ne se sent ni accepté par les blancs parce qu’il n’est qu’une attraction pour eux, ni par les noirs plus pauvres parce qu’il ne vient pas de leur monde et qu’ils le regardent comme un riche.
      ça veut dire qu’on peut très bien être noir (ou gay) sans représenter TOUS les noirs (ou tous les gays)

      • Eddy Vanleffe  

        alors je me suis mal exprimé et surtout pour pas spoiler et parasiter l’article de Tornado.
        mais Patriot a une histoire puisée dans un récit qui dénonce les traitement des noir pendant la guerre. ce n’et pas un personnage anodin sur cette question, mais on va vite mettre ça sous le tapis.
        pour le couple gay, tu as sans doute raison mais c’est aussi dans L’ADN des séries Marvel que mettre ses persos face aux difficultés de ce monde, du coup cette « lacune » fait étrange.. c’est plus compliqué d’être mutant?
        sur le reste je suis d’accord de ne pas faire de « big deal » à chaque coup, c’est qu’ici ça paraissait survendu sur cet argument…
        et puis derrière on voit que c’est un scénariste TV, c’est du pur soap…

    • Matt  

      Alors je sais…on est habitué dans les comics au fameux « sous-texte » mais c’est bon quoi…pas obligé que ce soit le thème de chaque foutu comics qui a un black dans l’équipe.

      • Tornado  

        @Matt & Eddy : On en a déjà parlé : Un sous-texte, ce n’est pas une dissertation. c’est un exposé.
        L’auteur n’a aucune propension à nous expliquer le sens de la vie. Il n’en a pas davantage les clés que nous. Son travail (d’auteur) consiste à dire des choses, à soulever des questions. Pas à apporter des réponses. C’est au lecteur de faire le cheminement d’après son vécu, ses ressources, ses expériences, et de se fonder ses propres opinions, son propre positionnement.
        En Histoire de l’art, l’analyse des oeuvres consiste toujours à explorer les pistes que l’auteur a semées. Mais encore une fois il n’a fait qu’exposer des éléments, soulever des questions.
        On ne peut pas demander à un auteur de tout expliquer. La toile de fond est là. C’est suffisant. Les questions soulevées sont là. Il n’en faut pas plus. Le reste du travail appartient au lecteur.
        C’est pareil en littérature ou au cinéma. On a des thèmes, des thématiques, des problématiques. Jamais des réponses toutes faites, qui de toute manière ne contenteraient personne car nous avons tous des avis différents.
        Pour ma part un recit est intéressant lorsque j’y vois un sous-texte. Mais ce sont les questions qu’il soulève que je trouve intéressantes, rarement les réponses qu’il apporte. Heureusement, il n’y a en général que des questionnements. C’est le travail de l’auteur.

        Ici, le personnage de Patriot n’est pas intéressant parce qu’il est noir, mais par ce que son héritage apporte comme lieux de questionnements.
        Les personnages de Hulkling et Wiccan ne sont pas intéressants parce qu’ils sont gays, mais à travers le malêtre qu’ils ont appris à dépasser en devenant des super-héros, en acceptant leur propre différence, et donc également leur héritage. Punaise, je vois difficilement ce qu’on pourrait faire de mieux en termes de toile de fond !

        • Eddy Vanleffe  

          pas mal comme argument..
          mais je ne me suis pas investi du tout dans ces personnages que j’ai trouvé vraiment remplissage…

          • Tornado  

            Je ne l’ai pas développé beaucoup dans l’article car ça me parait évident et, pour tout ce qui est question de sous-texte justement, j’estime que less is more dans la mesure où c’est à chacun de se forger sa propre perception des choses (du coup Matt ne peux pas me reprocher de voir des choses précises chez les auteurs puisque je ne fais que relayer les questions posées ^^).
            Au final il n’y a réellement que cette phrase dans mon article qui relève les éléments du sous-texte :
            « C’est ainsi que certains de nos jeunes super-héros le sont devenus afin de revendiquer leur droit à la différence et de s’émanciper du poids de l’héritage, du regard des autres et des idées arrêtées liées au conservatisme, au racisme et à l’homophobie.« .
            Ça c’est un élément de cette série que j’ai vraiment adoré ! Je déteste les superslips naïfs qui passent leur vie en costume flashy en attendant sagement qu’arrive une occasion de sauver le monde. Qu’est-ce que c’est con ! Et j’adore à l’inverse les antihéros torturés, qui deviennent héros malgré eux, par obligation, par procuration, par hasard ! 🙂

  • Tornado  

    Là où je ne serais jamais d’accord avec Eddy (à propos des comics), ce n’est pas sur le fond mais sur la forme. Un Byrne c’est tellement raconté avec les pieds (qui chaussent du 2 parce que c’est au niveau d’un gamin de 6 ans) que je trouverais ça toujours tartignolle. Là, avec les YA, c’est hyper bien raconté, découpé, dialogué. A partir de là, je n’ai plus qu’à me laisser porter et je raccroche moi-même les thématiques liées au sous-texte (et j’y vois un sacré sous-texte, lié non pas aux seules difficultés d’être des minotités, mais de lier cette situation de minorités au thème de l’héritage). Avec les vieux comics ça ne marche pas. Le combat du mois avec les dialogues moyennâgeux font que le bouquin me tombe des mains et que rien dans la toile de fond n’a de chance de m’atteindre. Question de grille de lecture encore une fois. Mais aussi, pour ma grille de lecture personnelle, question de talent de narrateur.

    • Eddy Vanleffe  

      C’est une formule …j’ai trouvé le retcon de Byrne à chier en son temps… ^^
      mais là, le paravent de la modernité ne me dissimule pas un remplissage de pages assez déconcertant..
      MAIS j’admet volontiers qu’on puisse aimer le bouquin uniquement sur le crédit du dessin qui est juste à tomber par terre…

  • Matt  

    Au fait Tornado, je ne sais pas trop ce que tu trouves à Hawkeye. Enfin elle est jolie mais…Jim Cheung, aussi talentueux soit-il, dessine quand même toutes ses femmes avec le même visage quasiment. Non ? J’ai rêvé ?
    Du coup sa Wanda est magnifique aussi, tout ça…mais c’est un peu toujours le même physique.
    C’est sa personnalité qui te plait ?^^

    • Tornado  

      Je ne suis pas du tout objectif avec cette Hawkeye par Jim Cheung car elle est le sosie parfait de mon grand amour de fac…

      • Matt  

        Ouais mais du coup…tu ne vois pas ce grand amour chez TOUTES les femmes dessinées par Cheung ?^^ Il n’y a que moi qui a ce sentiment qu’elles se ressemblent toutes beaucoup ?

        • Bruce lit  

          Au fait, très bien la BO, je ne connaissais pas.

  • Kaori  

    J’ai croisé à plusieurs occasions, lors de mes « trips Quicksilver et Bucky Barnes », ces Young Avengers.
    Du coup, je connais déjà pas mal des secrets, mais ça donne quand même envie de lire cette première série.
    Et puis, forcément, un peu les autres, puisque je fonctionne comme ça…
    Par contre, ça ne fait tilter que moi que l’auteur soit aussi scénariste de GREY’S ANATOMY ??

    J’ai lu LES ENFANTS DE LA CROISADE… Pas terrible en effet, mais la fin m’avait profondément agacée… Que les X-Men se fassent ramasser la gueule par le discours d’un ado, putain mais ces quoi ces X-Men de merde ? (et c’est quoi ce Cyclope de merde ??)
    Bon, il faut dire à ma décharge que je n’ai pas lu HOUSE OF M, donc la haine envers Wanda, je ne l’ai pas. Je suis de l’avis de Matt, concernant Wanda : victime de sa dépression…

    • Matt  

      Ah pourtant c’est un sujet sensible sur lequel il est difficile de choisir un camp.
      Les X-men sont super vénères…et le discours de l’ado c’est justement de dire que Wanda a fait une connerie mais involontairement. Et tant mieux s’ils s’écrasent parce qu’à cette époque les X-men devenaient vachement répressifs et violents. Du coup le fait qu’ils soient capables d’écouter c’était plutôt bien vu selon moi.
      Difficile de choisir un camp parce que Wanda a commis un crime terrible. Imagine un mec massacre toute ta famille par la pensée…mais juste parce qu’il a eu un coup de colère et qu’il a pensé à un truc terrible. Tu le détesteras. Tu lui diras qu’il était conscient d’avoir de tels pouvoirs et qu’il aurait du faire attention à ce qu’il pense. Impossible de pardonner ça.
      Et c’est difficile d’imaginer cette situation dans la vraie vie parce que justement personne n’a un pouvoir pareil (heureusement pour le coup !)

      • Bruce lit  

        Et c’est difficile d’imaginer cette situation dans la vraie vie parce que justement personne n’a un pouvoir pareil (heureusement pour le coup !)

        Pas tant que ça : la chauffeuse scolaire qui tue des enfants parce que épuisée au travail qu’elle s’endort au volant.

        • Matt  

          Moui…
          Enfin là on peut toujours lui dire qu’elle n’aurait pas du bosser dans cet état.
          Disons que les pensées sont beaucoup moins faciles à contrôler. On a tous souhaité la mort de quelqu’un à un moment, par colère. Si ça se produisait parce qu’on le pense…on pourrait faire des dégats de dingue.
          Même Kira qui écrit dans le Death note, ça implique une action de sa part d’écrire. C’est pas juste un souhait par la pensée ou un fantasme du subconscient^^ (tiens on y revient)

          • Bruce lit  

            Absolument.
            Je signale quand même qu’un précédent a déjà eu lieu : la dépression nerveuse de Charles Xavier qui donne naissance à Onslaught. A force de sauver le monde avec ses élèves, d’essuyer les crachats et les quolibets, la haine des humains va transformer son défenseur et martyr en psychopathe sans coeur. De quoi pouvoir oppresser les humains et réalimenter leur haine. Un parfait triangle des émotions qui montre que si le traitement par Marvel était naze, l’idée d’Onslaught avait du sens.

          • Matt  

            Et je vais dire un truc polémique^^ : l’idée de l’utopie parfaite contrôlée par les X-men possédés par la force Phénix dans AvX n’était pas déconnante non plus^^
            La tyrannie de la droiture.
            Après ce qui est naze dans AvX c’est le reste : le début ou tout le monde se tape dessus sans discuter, Wolverine qui veut trucider Hope (Gillen avait je crois tenté de justifier le truc en prétendant que c’est Hope qui lui avait demandé de la tuer si elle perdait le contrôle, afin que Wolverine passe moins pour un trou du cul. Mais on sent bien que c’est rafistolé de partout ces idées)

      • Kaori  

        Ben justement, cette personne, je la considérerais comme victime de son pouvoir. On a tous un jour ou l’autre souhaiter la mort de quelqu’un. Qui est capable de contrôler ses pensées ? Personne.
        Une action, c’est différent. La parole, à la limite, oui, c’est peut-être entre les deux. Elle aurait dû se retenir de prononcer/murmurer ces mots. N’est pas Black Bolt qui veut…
        Mais franchement, non, je ne la blâme pas.

        • Matt  

          Ah mais je comprends bien.
          Mais ça reste parfaitement compréhensible que plein de gens qui ont été impactés personnellement par le drame la déteste^^
          C’est toujours délicat de réhabiliter ces personnages après. Pareil pour Xavier. C’est les limites de cet univers qui n’a pas de fin et où personne ne peut rester mort ou disparu à jamais.

          • Kaori  

            Xavier, je ne peux pas parler. Mais Jessica Drew, par exemple ? Sous prétexte que son visage a été utilisé pour commettre des crimes, tout le monde ou presque la déteste… C’est logique, ça ??

          • Eddy Vanleffe  

            Dans les X-Men, il manque une scène entre Magneto et xavier et où Magneto dit
            « Au fait j’ai fait mojns de crimes que toi?! »
            et Xavier:
            -Heu….(putains de scénaristes marvel de mes deux…!!!!, reviens Lobdell tu étais le seul à m’aimer…)

          • Matt  

            @Kaori : je ne connais pas le truc auquel tu fais référence pour Jessica Drew^^

          • Kaori  

            @Matt : je fais allusion à SECRET INVASION où Jessica Drew était en fait une skrull, la vraie étant prisonnière… Et quand la vérité a éclaté, tout le monde a tourné le dos à la vraie, parce que son visage leur rappelait trop ce qui s’était passé…

          • Matt  

            Ah oui !
            En fait je connais^^
            Mais j’avais même oublié que c’était le nom de Spider woman…
            Ouais ben c’est psychologique. ça peut s’expliquer que certains aient du mal. Mais tous…ouais c’était un peu con.
            Wanda c’est différent quand même, elle a buté plein de monde^^ Involontairement mais quand même…
            Disons que ça reste cohérent que certaines personnes souhaitent sa mort. Dans notre monde, ce serait pareil. Quelqu’un qui peut tout détruire par la pensée comme ça…ce serait condamnation à mort, rien que pour éviter que ça se reproduise.

          • JB  

            Il y a quand même un problème dans l’ère moderne, c’est que quasiment chacun des personnages présents lors du climax de Children Crusade a commis des atrocités. Tony Stark lors de Civil War (goulag),Magneto (vague EMP lors d’Attractions Fatales), Logan (à plusieurs reprises, notamment dans Ennemi d’état), Cyclope et son escadron de la mort, Jessica Jones aux ordres de l’Homme Pourpre… Difficile de tracer une limite sur ce qui est impardonnable.

        • Eddy Vanleffe  

          c’est totalement retconné la aussi mais j’ai adoré l’épisode de résilience qu’avait écrit Bendis sur Wanda vivant sa vie amnésique loin de tout cette violence en Europe de l’est… Clint et elle vivaient une idylle et il y avait du pardon ,de la paix retrouvée dans cette épisode…
          BOOM crossovers marvel de merde, c’était des robots
          BOOM blague de merde sur Clint qui a baisé un DOOM-bot…
          BOOM nous sommes des bourrins, la finesse on l’écrase avec nos bottes par Crom!

  • Bruce lit  

    Merci Tornado de remplacer si complètement l’article précédent évaporé dans les brumes niçoises…
    J’avais lu La relève et Children Crusade et n’en garde…aucun, mais aucun souvenir. Juste celui d’avoir apprécié à l’époque mais sans doute pas plus que ça, puisque je n’en ai aucune réminiscence sinon de dessins superbes entre Doom et Wanda. Il va falloir que je refeuillete ça.
    Globalement après le vent de fraîcheur Quesada, il a fallu raccrocher toutes ces séries à l’univers Marvel et leurs events. Il faut le voir comme un échantillon rattrapé par une grosse marque.
    Sur l’homosexualité des héros, peu m’importe. Je peux la lire ou ne pas la lire, ce n’est pas un argument de vente pour moi. Je n’ai jamais réfléchi à mes héros en tant que personnages sexués. Je veux dire par là, que ce qui m’intéressait enfant, c’était leur personnalité et comment apprendre d’eux à affronter leurs problèmes. Je peux comprendre que pour des jeunes homos, celà fasse partie de leur parcours d’avoir des relais culturels pour les soutenir.
    Big up enfin pour ton tacle envers Gillen et Fraction : du vide derrière les apparats. Ce sont les Malmsteem du comics pour moi.

    • Matt  

      Mais non le Iron Man de Fraction c’est très bien^^

      • Nikolavitch  

        je plussoie. c’est franchement plein de bonnes idées.

  • Surfer  

    Tout comme pour les nouveaux mutants:
    Je n’ai jamais été attiré par les Young Avengers.
    Je n’ai jamais adhéré aux spinoff ou séries parallèles.
    Manifestement, d’après la chronique du jour, je ne rate pas grand chose.
    La simple idée de créer une équipe de teen-agers pour remplacer les Avengers s’ils venaient à disparaître m’a parue, pour le moins, saugrenu.
    Les histoires d’ados ne m’intéressent pas.
    Mettre en avant un couple gay ou des minorités peut-être intéressant si cela sert l’histoire. Si c’est simplement pour suivre un cahier des charges ou respecter un quota c’est ridicule.
    Malgré tout, à cause ou grâce à Tornado, j’essaierai tout de même de lire Young Avengers: affaires de famille si je tombe dessus par hasard.
    Il y à peut-être quelque chose à en tirer

  • Présence  

    Chic : le retour du verbe Divulgâcher.

    Tout comme Tornado pour Young Avengers d’ALlan Heinberg & Jim Cheung, sauf que je n’aurais pas su faire ressortir le thème autant de thèmes. Je n’avais pas perçu la question des limites de l’identification avec les parents, et des modèles qu’on choisit pour se construire.

    Civil War: Young Avengers & Runaways : pas lu. Ce commentaire me dit que je peux continuer à vivre sans l’avoir lu, et que la richesse de ma vie ne s’en trouvera pas diminuée pour autant.

    Young Avengers presents – Maintenant que tu en parles, je pense que c’est l’épisode que tu mets en avant (celui de Patriot) qui m’a donné envie de lire la minisérie Truth avec Isaiah Bradley.

    Avengers, la croisade des enfants – Le tout est franchement addictif : même ressenti que Tornado et une meilleure note, 4 étoiles pour moi, mais parce que je suis plus sensible à l’effort de retricotage de la continuité 🙂 comme Tornado l’exprime si bien.

    Young Avengers de Gillen & McKelvie – Entièrement d’accord et pas du tout d’accord avec Tornado. D’un côté;, ce n’est pas la même équipe et pas les mêmes créateurs, donc si on vient chercher du Heinberg, on ne peut qu’être déçu. Par contre, si on vient chercher du Gillen on est servi. Pour cette histoire, j’ai été séduit le développement du thème de la relation avec la mère (celui-là, j’ai réussi à le voir 🙂 ).

  • Matt  

    Au fait ça me fait penser que du coup ça y est le premier deluxe des Runaways est sorti.
    J’espère une bonne édition. Bon en général les deluxe ça va…c’est une des meilleures collections de Paninouille.
    Et j’espère surtout qu’ils vont sortir la suite. Si personne n’achète neuf à Panini, ça peut tomber à l’eau^^
    Et bien sûr ça s’appelle Runaways maintenant, avec titre VO et tout…allez comprendre

    • Bruce lit  

      Les Fugitifs, ça sonne trop Pierre Richard, sans doute…

  • Jyrille  

    Plus je vous lis, plus je me dis que je ne lirai jamais une tonne de choses. Je n’imagine même pas la bibliothèque qu’il faut pour avoir tous ces épisodes Marvel ! C’est sans fin non ?

    Bref, je ne lirai jamais ça mais merci de parfaire ma culture. Je suis épaté par ta connaissance de cet univers, c’est tellement compliqué… Je suis d’accord avec ta dernière légende, Hawkeye est super chouette comme ça !

    Et je tire toujours mon chapeau à tes analyses, tu arrives tellement bien mettre à plat ce qui ne va pas, je ne sais pas comment faire, personnellement…

    La BO : jamais écouté ce groupe. Je ne connais pas en fait. C’est pas trop mon truc même si c’est plutôt fun 😀

    • Tornado  

      Pour la BO personne ne reconnait le chanteur ? Aka David Sylvian ? 🙂

      • Jyrille  

        Ah ah ! Non. Pas sa voix habituelle pour moi 😉

        • Tornado  

          Pour moi non plus ! 🙂

    • Matt  

      SI ça peut te rassure Jyrille, je ne possède pas la moitié des comics Marvel dont on parle ici.
      L’idée c’est aussi de faire du tri hein^^
      Mais si t’as que dalle, tu dois te sentir noyé dans tout ce bordel oui. L’idée c’est quand même de découvrir tout ça progressivement au fil des années.

      • Jyrille  

        Oui, mais justement, je ne le ferai pas. J’en ai quelques-uns, basés sur des auteurs surtout, et sans doute plus de Batman que n’importe quoi d’autre (et quelques DD aussi…).

  • JP Nguyen  

    J’ai la première série sur mon disque dur. Je l’avais lu et appréciée à l’époque mais les délais de prod avaient un peu nui au « momentum » de la série.
    Je n’ai quasiment aucun souvenir au delà du premier arc, qui révèle l’identité d’Iron Lad.
    Et puis, il y a un côté saoulant dans le mainstream avec plusieurs générations de jeunes qui passent (New Mutants, New Warriors, Génération X, Young Avengers) et les vieux qui ne passent jamais la main.
    Du coup, la promesse de maturité et d’émancipation n’est jamais totalement tenue.
    Ce ne sont que des ersatz, des versions djeuns ou Light et pas tellement des personnages intéressants par eux mêmes.
    L’article m’a donné envie de relire ça, mais je ne me fixe pas une grosse attente…

  • Matt  

    Tiens ça me fait penser que j’ai essayé de la lire cette série (la première, de Heinberg)
    Et…bah non, pour le coup ça n’a pas marché chez moi.
    Me suis intéressé à personne, attaché à personne.
    Je ne dirais pas que c’est mauvais, mais je crois que les équipes de jeunes qui se cherchent et font les rebelles et tout…bah je m’en fous. Je ne suis pas le public.
    C’est joliment dessiné après.
    Voilà voilà.

    • Tornado  

      Je ne dirais pas que je trouve ça boulversifiant, mais étonnifiant, ça oui. C’est une chouette histoire, prenante, rondement menée, et originale (sur le moment en tout cas).

    • Matt  

      Sans doute, sans doute.
      Après, au delà des compétences des auteurs, il y a un truc qu’on semble toujours oublier : les goûts persos^^
      ça n’a pas pris avec moi. Mais je ne vais pas gueuler sur les auteurs qu’ils sont nazes parce qu’ils n’ont pas réussi à m’accrocher. Des fois c’est juste pas le bon moment, ni les bons ingrédients pour nos papilles^^

  • Tornado  

    J’avais déjà été surpris que ni Présence ni Bruce n’accrochent à THE RUNAWAYS, qui avait été pour moi un chef d’oeuvre instantané. Ayant également accroché à Gotham Academy, il semblerait que je sois très sensible aux séries mettant en vedette des super-héros ados, pour peu que ce soit bien écrit, universel dans le propos et surtout pas trop racoleur (faut pas en plus que ce soit dessiné par Skottie Young avec des passages trop ciblés ados, quoi…).

    • Matt  

      Moi je peux même pas tester Runaways.
      Je vois qu’ils ont sorti un premier deluxe mais bon…ça veut dire que dans 3 ans peut être, il y aura le truc au complet. Et que dans 2 mois, le premier deluxe sera épuisé et coûtera un rein. ça donne envie de se lancer dis donc !!

    • Bruce lit  

      J’ai lu hier le 1er tome de Saga. Je crois en fait ne pas aimer le style et l’écriture de Vaughan. J’en ai très vite fait le tour avec Y THE LAST MAN. Son personnage féminin est d’une vulgarité sans égal. Mon idéal féminin ne s’accorde pas avec « Lèche mes hémorroïdes connard. »..

      • Jyrille  

        Tu devrais donc lire INJECTION de… Warren Ellis 😀

        • Bruce lit  

          Jamais, c’est fini, je ne lirai plus jamais cet auteur ni Morrison.

      • Jyrille  

        Ah et rien à voir mais la saison 2 est tellement cool (j’en suis à un peu plus de la moitié) que j’ai acheté les trois tomes de UMBRELLA ACADEMY.

      • Matt  

        Sabretooth ou le Punisher sont-ils tes idéaux masculins ? (si tu réponds oui, je vais prendre peur)
        Si non, alors pourquoi tu recherches ton idéal féminin dans les persos féminins ?
        C’est pas étonnant que tu n’aimes pas Emma Frost ou Mystique ou ce genre de persos.
        Mais n’est-ce pas hyper réducteur au final si toutes les femmes de fictions devaient être douces, gentilles, polies, vertueuses ?
        Si on peut trouver intéressant des psychopathes de fictions qui assassinent comme ils respirent, pourquoi pas une femme manipulatrice ou sadique aussi ? Ou vulgaire, ou agressive, ou gothique, etc.

  • Bruce lit  

    Oui tu as raison, Mystique ou Emma Frost n’ont rien pour me séduire. Et c’est très bien d’écrire d’autres femmes que celles qui correspondent à mon idéal féminin. Je suis effectivement insensible aux femmes badass comme Ripley ou Sarah Connor. Par contre, je peux apprécier une dingue comme Lady Killer.

    • Matt  

      Pas encore lu Lady Killer^^ Les 2 tomes sont dans ma pile de lecture…qui devient progressivement une pile « tornadienne » qui ne fait que grossir.

      Sinon, mini constatation de ma part, j’ai l’impression que les lecteurs masculins ont du mal avec des personnages féminins qui représentent ce qu’ils craignent de la part des femmes dans la vraie vie^^ Je ne sais pas si c’est pareil pour les lectrices et les personnages masculins détestables.
      Pour ma part, je n’apprécie pas tous les personnages (féminins ou masculins) mais je pense prendre assez de recul, et je les vois tous comme des personnages de fiction qui peuvent être intéressants ou qui peuvent être crédibles en tant qu’humains.
      Je t’assure qu’Emma Frost ou Mystique c’est pas le type de femme que je rêve de rencontrer^^ Mais ce sont des femmes fortes d’une certaine manière, qui utilisent des armes à elles, sans que ce soit des garçons manqués ou des « badass » armées jusqu’aux dents.
      La femme super dangereuse de toutes façons, c’est soit un garçon manqué super costaude et plein d’armes, soit une femme qui utilise la manipulation et la séduction (éh ! ça peut paraître sexiste mais ça reste une arme des femmes très efficace sur les hommes^^)
      Et en général ce n’est pas trop le fantasme des hommes de se faire manipuler. Mais si tu veux écrire un personnage féminin dangereux et intelligent, bah t’as pas trop le choix.
      Du coup moi j’arrive très bien à apprécier ce genre de perso.
      Sans rêver de vivre avec^^

      • Tornado  

        Quant à moi je me fiche de tout ça. La seule chose qui m’importe c’est que l’histoire soit bien écrite. A partir de là peu importent les personnages…
        Le seul type de personnage qui me dérange profondément, c’est le salaud qui réussit tout, qui est adulé, sans punition aucune. Heureusement, c’est extrêmement rare dans les histoires (alors que dans la vie…).

        • Matt  

          Et le film Malveillance hein ?^^
          Oui ok c’est spécial.
          Mais punaise…autant j’ai aimé le film, autant j’ai jamais envie de le revoir^^

          Tu n’accordes aucune importance aux personnages s’ils sont trop gentils de manière irréaliste ? Ou trop cons au point qu’ils servent à faire avancer un scénar mal écrit ? (genre si le perso ne fait pas une grosse connerie débile, le scénario ne peut pas avancer. Je déteste ça.)

          • Bruce lit  

            @Matt : liste-moi des personnages de garces au cinéma. Je me rends compte que c’est vraiment pas mon style. BASIC INTSINCT je n’ai jamais aimé.
            Ah si ! Baby Jane ! qu’est ce que c’était bien ça !

          • Matt  

            Je ne suis pas fan de Basic Instincts non plus, mais pas vraiment à cause du perso féminin. Plutôt à cause du fait que les flics sont tous cons et se font tous mener par le bout de la bite. Je ne trouve pas ça réaliste. Si c’était des types normaux ok. Mais c’est censé être des flics qui enquêtent quoi.
            Le perso féminin est au final « trop fort » à cause d’adversaires trop cons.
            Et si je me trompe et que c’est réaliste…ça fait peur.

            Des méchantes dans les films (et que j’aime bien) ?
            -Ursula la sorcière de la petit sirène de Disney (quoi ? ça compte, non ?^^)
            -Annie Wilkes (Misery)
            -Milady de Winter (de divers films)
            -Les vilaines sorcières jouées par Barbara Steele^^
            -Gogo Yubari dans Kill Bill
            -Amy Dunne (Gone girl)
            -Nancy Downs (dans The craft, jouée par Fairuza Balk)
            -la reine Borg dans Star Trek

            Mais bon après il y a des personnages « méchants » mais cool, façon Catwoman, les méchantes Bond girls, etc. ça compte pas trop ça. Elles ne font techniquement pas des masses de trucs horribles.

            Bon…Cersei Lannister est un peu TROP horrible pour être appréciée. Mais reste un perso bien écrit. Et la même actrice dans Dredd est plutôt cool dans le rôle de « Mamma »

            Après au final il n’y en a pas tant que ça des persos de femmes méchantes dans les films. Ou alors ce sont des seconds couteaux qui sont dans le mauvais camp mais ne font rien de détestable spécialement durant le film. Du coup c’est facile de les apprécier juste pour leur look ou leur jeu d’actrice.

          • Bruce lit  

            Il y aurait matière à article non ?

          • Matt  

            Ah tu parles de Joan Crawford dans baby Jane ?
            Houlà ça fait 10 ans que j’ai vu ce film. Me souviens plus trop. C’est comme les 12 salopards du même réal, ça date mes souvenirs !

          • Matt  

            Après le piège dans les films c’est qu’il faut y ajouter le jeu d’actrice.
            Par exemple Cersei Lannister pourrait surement être intéressante en BD.
            Mais jouée par Lena Headey…cette femme joue tellement bien la garce avec…tout son corps et ses expressions faciales…qu’on se met à la détester^^ Je crois qu’elle me ferait peur si je la rencontrais.

          • Matt  

            Mais tu vois, toi quand tu détestes un personnage, tu vas présenter ça comme un défaut ou un truc qui te fait fuir.
            Ce n’est pas Cersei qui m’a fait fuir GoT. C’est sa trop longue durée.
            Cersei reste un bon personnage, une garce puissante et dangereuse.
            Mais évidemment pas du tout mon idéal féminin ! Argh !
            Et difficile à admirer malgré tout tant le jeu de Lena la rend antipathique.

      • Kaori  

        Il y a quand même certaines filles qui aiment le côté « badass » des hommes.
        C’est bizarre mais le Punisher m’a fait fantasmer à une époque très lointaine. Je crois qu’il y a une certaine forme de sécurité à s’imaginer être avec un type « dangereux », loin d’être une chiffe-molle.
        Si je prends mon exemple, c’est très fréquent que je m’intéresse plus au personnage masculin borderline qu’au héros tout le temps gentil. C’est particulièrement vrai dans le manga, ou dans les séries. Le personnage qui doit lutter contre ses démons intérieurs, c’est tellement plus intéressant que celui pour qui tout coule de source, tout est facile, jamais attiré par le côté sombre. Et en plus, ce n’est pas toujours très réaliste. Après, oui, j’aime quand même voir mes idéaux masculins représentés. Mais pas le simplet de service.

        Pour les femmes, je suis encore plus intransigeante. Je n’arrive pas du tout à apprécier une femme qui se sert de ses charmes pour arriver à ses fins. Une femme qui dépasse sa condition physique, qui dépasse ses limites, oui. Mais qui use de la manipulation, ça, j’ai horreur de ça.

        • Matt  

          « Mais qui use de la manipulation, ça, j’ai horreur de ça. »

          Sauf que ça existe.
          Et que je ne vois pas pourquoi un personnage de fiction devrait correspondre forcément à ce qu’on aime voir.
          Si c’est le perso principal à la limite, je comprends que ça fasse fuir.
          Mais je pense aussi qu’il faut accepter de voir des personnages comme il en existe dans la vie, même si ça ne représente pas nos idéaux.

        • Matt  

          En tous cas, même si on n’aime pas tel ou tel personnage, ça ne devrait pas être formulé comme un reproche envers la BD ou l’auteur.
          L’auteur il met en scène les personnages qu’il veut. Celui qui ne supporte pas, eh bien il va lire autre chose sans s’énerver^^

          • Eddy Vanleffe  

            Les personnages féminins….
            certains sont touchants, d’autre bad-ass, dautre encore séduisantes, la plupart ont une part de sex appeal qui ne laissent pas indifférent (les mec en tout cas, mais on je suis assez convaincu qu’il y une dimension « objective » sexy qui rapproche un peu tout le monde comme le fait je m’incline bien as devant le pouvoir et le musc de Bruce Willis^^)
            Un mélange d’histoires et de d’incarnation.
            J’adore Kriss de Valnor par exemple et j’adore Lamu qui n’ont pas grand chose à voir. J’aime Katchoo mais finalement Francine est plus touchante au final.
            Je vais vous choquer et je sais que vous allez me lancer des cailloux à travers l’écran, mais le seul apport de MOrrisson sur le long terme chez les X-Men qui a été passionnant à lire et été Emma Frost
            TOUS les auteurs s’en s’ont servi depuis et Emma a eu de belles scènes parfois sur la corde raide. je lis le run juste avant Hickman et il y a une scène dans la résurrection de Phénix où Les X-men recherchent l’endroit ou pourrait ressurgir ou se cacher Jean… Emma crache l’info à regrets. « sur le plateau d u nouveau Mexique »… » Parfois, l’esprit de Scott dérivait et pensait à elle et cet endroit.
            ON est plus dans la femme Bad ass mais celle qui doit vivre avec la mémoire d’un autre, partager son amant malgré sa jalousie…Il y une douleur. Ce n’est plus un super-pute. J’aime beaucoup cette Emma là. Dans la dernière série Marauders, elle fait une confiance aveugle en Kitty c’est sa boussole morale.(c’est une des rares série depuis le HOX/POX qui a retenue mon attention)

          • Matt  

            Moi je ne te jette pas de cailloux, je suis bien d’accord^^
            Enfin…j’apprécie plus le run de Morrison que toi…mais sur Emma on est d’accord^^

          • Matt  

            C’est sûr qu’elle a un côté garce (comme Kriss tiens^^)
            Mais ça me fait toujours marrer que des lecteurs s’offusquent qu’elle drague ou qu’elle balance une vanne sarcastique, alors qu’à côté ils kiffent des personnages de psychopathes tueurs. La prise de recul de la fiction ne semble pas s’appliquer à tous les persos^^

          • Kaori  

            Je n’ai rien contre Emma, à la base. Elle fait son rôle de garce, pas de problème, parfois ça peut même être jouissant. J’adorais la petite rouquine bien garce de Melrose Place, par exemple. En soi, je n’ai rien contre les garces. Sauf quand elles viennent foutre la merde dans les couples que je kiffe…

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