UNGRATEFUL DEAD (Les années Marvel Knights du Punisher)

Focus : Les années Marvel Knights du Punisher

Un article de  TORNADO

1ère publication le 30/03/19 – MAJ le 30/07/20

Déjà les couvertures de Tim Bradstreet © Marvel Comics.

Déjà les couvertures de Tim Bradstreet
© Marvel Comics.

Cet article vous propose un panorama sur les versions du PUNISHER sous le label MARVEL KNIGHTS. Soit les deux mini-séries en quatre épisodes chacune de 1999 (PUNISHER (Vol.4) : PURGATORY et WOLVERINE/PUNISHER : REVELATION), la maxi-série du PUNISHER (Vol.5) WELCOME BACK FRANK et la série régulière du PUNISHER (Vol.6), réalisées entre 2000 et 2004.

A noter que la version précédente (PUNISHER (Vol.3 #1-18), par John Ostrander (scénario) et Tom Lyle (dessin), date de 1995 à 1997 et a été publiée sous un label intitulé MARVEL EDGE. Une version manifestement inédite en VF. Nous n’en parlerons pas aujourd’hui.

 Il revient, et il n’est pas content… © Marvel Comics.

Il revient, et il n’est pas content…
© Marvel Comics.

1998.

« J&J » (c’est comme ça que l’on nomme alors le duo composé de Joe Quesada (dessinateur) et Jimmy Palmiotti (encreur)), reviennent chez Marvel après s’être momentanément barrés afin de fonder leur propre studio : Event Comics (dans lequel on trouve notamment les séries ASH et PAINKILLER JANE). Comme ce sont à présent des gars sur qui il faut compter, ils parviennent à signer un contrat d’exclusivité avec la Maison des idées pour un projet qui leur tient à cœur : Ce sera le label MARVEL KNIGHTS.

Pour commencer, J&J choisissent leur quatre héros (ou équipes) préférés parmi les personnages secondaires de l’univers Marvel : Daredevil, la Panthère Noire, le Punisher et les Inhumains. Puis ils contactent divers auteurs et artistes qu’ils estiment, dont certains viennent d’autres horizons (comme par exemple le réalisateur Kevin Smith). L’idée principale est claire : Les scénarios devront être extrêmement chiadés, plus matures que d’ordinaire. La partie graphique sera au top, les histoires seront autonomes et auto-contenues, et J&J eux-mêmes collaboreront de près à l’ensemble, en mouillant la chemise s’il le faut. Mais avant tout, chaque héros devra évoluer, sortir de son statuquo et remuer à fond sa mythologie interne.

Après des années (les 90’s) sacrifiées sur l’autel du racolage avec des sagas au graphisme spectaculaire mais au contenu souvent inepte, il est temps de redorer le blason des super-héros Marvel.
Le résultat, on le connait : Ce sera un immense succès. Six à sept années exceptionnelles au cours desquelles Marvel n’aura jamais été aussi géniale, au point de n’avoir rien à envier à ses lointaines cousines plus ou moins indépendantes et réservées d’ordinaires aux adultes, telle l’étincelante ligne Vertigo de la distinguée concurrence, par exemple.

 Les quatre premiers. © Marvel Comics.

Les quatre premiers.
© Marvel Comics.

Très vite, J&J élargissent le nombre de leurs séries et leur réseau de collaborateurs. Ils font appel à des scénaristes d’exception et s’entourent de la crème des meilleurs auteurs du moment en se tournant autant que possible vers le domaine des comics indépendants : Grant Morrison, Garth Ennis, Neil Gaiman, Brian K. Vaughan, Mark Waid, Christopher Priest, Warren Ellis, Bruce Jones, Mike Carrey, Paul Jenkins, Ed Brubaker, J.M. Straczinsky, David Mack, Mark Millar, Brian M. Bendis (ces deux-là sont à l’époque de très bons auteurs…), Michael A. Oeming, le duo Jeph Loeb & Tim Sale. Une incroyable galerie de talents hors du commun.

Dans l’ensemble, les créations qui émergeront du label MARVEL KNIGHTS vont marquer les mémoires au point d’apparaitre avec le temps comme des classiques de références, tels le DAREDEVIL  de Kevin Smith, le PUNISHER de Garth Ennis, les RUNAWAYS  de Brian K. Vaughan, le 1602 de Neil Gaiman, les INHUMAINS de Paul Jenkins & Jae Lee, le IRON FIST de Brubaker & Fraction, et les magnifiques mini-séries « color » de Jeph Loeb & Tim Sale.
Le tsunami sera si puissant qu’il emportera avec lui la plupart des séries régulières de l’univers Marvel, lesquelles seront contaminées par l’esprit MARVEL KNIGHTS (bouleversant ainsi le statuquo) le temps d’un run, comme les NEW X-MEN de Grant Morrison, les DAREDEVIL de Bendis, de Mack et plus tard de Brubaker , les FANTASTIC FOUR de Mark Waid, le CAPTAIN AMERICA  de Brubaker, le HULK  de Bruce Jones, le AMAZING SPIDERMAN  de J.M. Straczinsky, le IRON MAN EXTREMIS  de Warren Ellis.
Dans leur giron, d’autres labels tout aussi réussis (au début en tout cas) verront le jour, comme le label MAX avec notamment la seconde version – encore meilleure – du PUNISHER de Garth Ennis et la série ALIAS  de Bendis. Et il y aura aussi, bien évidemment, l’univers ULTIMATE avec les ULTIMATES de Mark Millar.

De très nombreux tie-in seront mis en chantier notamment autour du run de Grant Morrison sur les X-MEN, comme par exemple la série X-STATIX de Peter Milligan & Mike Alred  ou l’étonnante mini-série X-FACTOR : THE MOUNTAIN TOP  de Jeff Jensen & Arthur Ranson.
Enfin, plusieurs essais originaux seront tentés, qu’ils soient sous forme de séries limitées comme la très réussie SPIDERMAN TANGLED WEB, ou de mini-séries plus ou moins liées à la continuité comme le MARVEL1985  de Mark Millar, le POWERLESS de Matt Cherniss, Peter Johnson et Michael Gaydos, ou le CAPTAIN AMERICA TRUTH  de Robert Morales & Kyle Baker.

Toutefois, il n’y aura pas que des réussites. Et même au tout début, au temps de l’âge d’or du label, certaines créations seront des ratées.
Les deux exemples qui suivent ont donc été piochés parmi ces exceptions qui confirment la règle puisque le Punisher avait, au départ, assez mal démarré…

Non, sérieux, rigolez pas ! © Marvel Comics.N

Non, sérieux, rigolez pas !
© Marvel Comics.N

THE PUNISHER MARVEL KNIGHTS : PURGATORY #1 à 4, par Christopher Golden& Tom Sniegoski (scenario), Bernie Wrightson (dessin) et Jimmy Palmiotti (encrage).

Le pitch : Frank Castle est mort peu après sa famille, massacrée lors d’un pique-nique à Central Parc. Mais un ange déchu le ressuscite sous la forme d’une sorte de Golem vengeur, un agent du Paradis doté de pouvoirs divins et d’un arsenal céleste. Il est en fait manipulé par les anges et les démons, au beau milieu de ce qui semble être une guerre ancestrale…

Hé les gars ! SPAWN ça cartonne, non ? Et si on faisait du PUNISHER avec une sauce à la SPAWN ?
Cette mini-série (publiée à l’origine entre novembre 1998 et février 1999) jouit d’une réputation calamiteuse. Mais la perspective de lire un PUNISHER dessiné par l’immense Bernie Wrightson aura été suffisamment alléchante pour que j’en tente quand même la lecture. Hélas, la dite réputation n’était pas usurpée et la chose est une purge de première bourre…

Comment une telle chose est-elle possible ? Alors que la ligne directive MARVEL KNIGHTS visait à trancher avec l’esprit des 90’s afin de faire évoluer les personnages et leur mythologie vers de très bons récits autonomes, voilà que l’on se sent propulsés en ligne directe vers les comics IMAGE du milieu de la décennie de Jim Lee et Rob Liefeld. Un bon en avant mais dix en arrière, quoi…

Bernie ! Où es-tu ??? © Marvel Comics.

Bernie ! Où es-tu ???
© Marvel Comics.

Le scénario imaginé par Golden & Sniegoski est bête comme leurs pieds et l’on se sent mal à l’aise pour le pauvre Frank, bringuebalé dans une histoire à la noix dans laquelle il parait plus ridicule et basiquement idiot que jamais (dès qu’il s’énerve, ses yeux deviennent rouges et une rune lumineuse apparait sur son front ! Houlalah que ça fait peur !). Le résultat est en dessous de tout : du sous-SPAWN, du sous-DARKNESS et, surtout, du sous-PUNISHER…

Comment une autre telle chose est-elle possible : Le grand Bernie Wrightson, d’ordinaire si brillant, nous livre ici un travail d’une laideur et d’une vacuité indigne de sa gloire. Disons que ce n’est pas tout à fait du Rob Liefeld, mais que c’est loin d’être du Jim Lee, du Marc Silvestri ou du Tod McFarlane. Je le dis comme ça car il semble que l’héritier de Frank Frazetta ait tout fait pour que l’on ait l’impression d’être revenu au temps des comics IMAGE publiés avec une moulinette (un peu comme le Marvel époque SAGA DU CLONE , en fait). Quant à Jimmy Palmiotti, il encre lui-même le tout sans trop y croire, ce qui parait paradoxal étant donné l’intention première de nous livrer un PUNISHER All New, All Different…

Frank ! Où es-tu ??? © Marvel Comics.

Frank ! Où es-tu ???
© Marvel Comics.

MARVEL KNIGHTS – WOLVERINE / PUNISHER : REVELATION #1 à 4, par Christopher Golden & Tom Sniegoski (scenario), Pat Lee (dessin + couleurs) et Alvin Lee (encrage).

Le pitch : A New York, des ouvriers découvrent d’anciennes galeries de métro oubliées par les autorités. En creusant, ils libèrent une créature mi-homme, mi robot, qui répand la peste sur son passage. Wolverine et le Punisher, qui passaient par là, voient leur amie respective succomber à la terrible épidémie. Leur vengeance sera terrible !

La première histoire du Punisher version Golem n’a pas marchée ? Et si on le mettait en team-up avec Wolverine, alors ? Ça marchera forcément ça, vu que tous ces bourrins de lecteurs se ruent sur le moindre comic-book avec Wolverine dedans !
Bien que déguisée en crossover à cheval sur deux super-héros badass, cette histoire tente bel et bien d’être une suite à la précédente dessinée par Bernie Wrightson, quand bien même on y met le griffu dedans, et quand bien même on saupoudre le tout de mythologie X-MEN avec le décorum construit autour des Morlocks (des mutants qui vivaient dans les sous-sols de la Grande Pomme).

Cette seconde mini-série (publiée à l’origine entre juin et septembre 1999) commise par le duo perdant Golden & Sniegovski est quasiment aussi mauvaise que la précédente. Comme si ces scénaristes ne savaient pas écrire autrement ou bien comme s’ils n’avaient pas compris les consignes de la ligne MK.
Une fois encore, on a l’impression, avec le recul, que l’on est toujours perdu au milieu d’un comic-book de chez IMAGE, avec un dessinateur qui se prend pour un autre, pour une histoire de démons et de robots cyberpunk qui verse à fond dans le pseudo dark-âge de pacotille avec des gros flingues. Soit un pur produit pour ado, sans épaisseur et sans plus-value pour que l’on puisse, adulte, se satisfaire d’une telle lecture digest et primaire.
Du comic-book racoleur comme il en pleuvait à l’époque. Et si certaines publications de la dite période peuvent se relire aujourd’hui (je pense encore une fois aux premiers SPAWN, ou à des créations tout à fait recommandables comme GHOST, voire à certains épisodes Marvel comme les X-MEN de la période Lobdell), nous sommes ici dans le fond du panier.
Quant au dessin de Pat Lee, c’est plutôt embarrassant. S’il cherche à épater la galerie avec sa palette de couleurs sophistiquée, niveau graphisme, c’est très, très, très mauvais. Un cousin de Rob Liefeld qui s’ignore, avec poses ridicules, silhouettes anormalement étirées et rigides comme des parpaings, membres hypertrophiés, visages lisses et juvéniles, et j’en passe…

 Ça ? du PUNISHER ? © Marvel Comics.

Ça ? du PUNISHER ?
© Marvel Comics.

Conscients de la débâcle, J&J vont rapidement balancer ces deux mini-séries aux oubliettes (contrairement à Panini qui rééditera le WOLVERINE/PUNISHER en album comme s’il s’agissait d’un chef d’œuvre) et faire comme si elles n’avaient jamais existé en appelant Garth Ennis & Steve Dillon, duo gagnant des séries HELLBLAZER et PREACHER, et en leur laissant le soin de tout recommencer à zéro.

THE PUNISHER MARVEL KNIGHTS : WELCOME BACK FRANK #1 à 12 + THE PUNISHER (vol.6) #1à 7 et 13 à 37, par Garth Ennis (scenario) & Steve Dillon (dessin).

Voici donc la première série du PUNISHER écrite par Garth Ennis (*), auteur aussi controversé pour sa violence débridée, sa vision acerbe du monde et sa haine des super-héros, qu’adulé (ici-même par la majorité de la team) pour sa qualité d’écriture, son humour et sa profondeur thématique indéniable. Soit un cocktail explosif de second degré, de sous-texte effectif et de violence décomplexée à la Tarantino.

Sous la plume d’Ennis, on ne sait pas vraiment si l’on peut comparer le Punisher aux autres super-slips de la Maison des idées (envers lesquels notre scénariste n’a jamais caché son allergie (il paraitrait que le seul gugus en costume qu’il respecte, c’est Daredevil)), puisqu’il n’est doté d’aucun superpouvoir et ne combat aucun super-vilain. Du coup, le scénariste en profite pour appuyer le côté humain de son personnage. Il développe une version unique, un antihéros à la fois vulnérable et indestructible car, bien que simple humain, il n’en est pas moins fort et téméraire dans le sens le plus extrême du terme. Il est également sans concessions, violent, effrayant, dingue, dangereux, sans pitié… en bref, une étonnante alchimie dans laquelle se dessine un PUNISHER à la fois caricatural et dérangeant, le tout pimenté d’une étonnante note d’humanité poignante.

Et dire que DD est le super-héros qu’Ennis respecte le plus… © Marvel Comics.

Et dire que DD est le super-héros qu’Ennis respecte le plus…
© Marvel Comics.

Ennis inaugure d’amblée la thématique qui va devenir sa marque de fabrique sur toutes les séries qu’il dédiera au PUNISHER. Soit la version d’un antihéros cruel et violent, jusqu’auboutiste dans sa croisade mortelle aux limites de la folie, contrebalancée par une dimension quasi mystique faisant du personnage une âme damnée, condamnée à errer dans le tunnel sans fin de sa mortelle vindicte vengeresse. Un pur exutoire pour le lecteur, qui regarde ainsi mourir toutes les ordures de la terre, sans avoir à se salir les mains puisque c’est Frank qui s’en charge à sa place, endossant seul au final le prix de sa damnation.

On trouve aussi, dès le premier arc, le prototype de l’ennemi « énorme » que va devoir affronter Castle en la personne du Russe. Par la suite, que ce soit dans la série MARVEL KNIGHTS ou dans PUNISHER MAX, Ennis déclinera à l’envie ce type d’antagoniste « king-size » virtuellement increvable, à la hauteur du Punisher, dont le plus célèbre est bien évidemment le truculent Barracuda .

Enter… the Russian ! © Marvel Comics.

Enter… the Russian !
© Marvel Comics.

Et c’est un plaisir, enfin, de découvrir un Frank Castle dans l’envers du décor, chez lui ; de le voir se lier presque malgré lui avec son voisinage ou avec quelques personnages improbables de flics losers et autres indics truculents et hauts en couleur. Le tout servi par des dialogues irrésistibles ! Ennis ne fera d’ailleurs évoluer son personnage qu’au milieu d’êtres humains « normaux », ne croisant que rarement la route d’autres super-héros, sinon pour les ridiculiser ! Ses ennemis sont désormais la mafia, les gangsters et les serial-killers, ni plus ni moins. Et tel un anti SCARFACE, le Punisher ne fera aucun prisonnier !

Les amateurs seront heureux de retrouver Steve Dillon à la partie graphique, le vieux complice de Garth Ennis. Les détracteurs (comme votre serviteur) feront comme si de rien n’était, reprochant en silence à ce dessinateur sa paresse au niveau des décors, des détails, des mouvements et des expressions (en gros les mêmes pour tous les personnages…).
Quoiqu’il en soit, il s’agit là d’une sacrée bonne série. Drôle, trash et pleine d’esprit (la version MAX sera beaucoup plus sombre et âpre), aux scènes d’action d’anthologie, elle nous offre en sous texte une réflexion sur la justice qui n’a rien à envier aux autres médiums dans le genre, puisque nous sommes ici immergés dans un univers à la frontière du comic-book de super-héros et du polar (dans la lignée de ce qu’avaient réalisé Steven Grant & Mike Zeck dans les années 80).

Après WAR JOURNAL : LE JOURNAL D’UN FRANK… © Marvel Comics.

Après WAR JOURNAL : LE JOURNAL D’UN FRANK…
© Marvel Comics.

Suite au succès de la maxi-série WELCOME BACK FRANK (un titre semblant avoir été choisi comme pour annuler les deux mini-séries précédentes…), Ennis & Dillon ont donc rempilé sur la série régulière (Vol.6) et sa bonne trentaine d’épisodes. Cependant, à ce stade, Dillon est remplacé un arc sur deux par divers dessinateurs (d’autres copains de Garth Ennis), comme Tom Mandrake, Darrick Robertson, Cam Kennedy et John McRea.
Avis aux puristes : Tout au long de la série, chaque fois que Frank croisera un autre super-héros Marvel, ce dernier (mis à part Daredevil) va prendre cher, à commencer par Spiderman, avant que Wolverine ne soit carrément livré à une série de tortures sadiques (si Ennis avait lu la mini-série chroniquée plus haut avec le team-up et qu’il avait trouvé ça pourri, il ne s’y serait pas pris autrement pour le dire…)… Mais, si on ne craint pas de voir ses super-héros chéris se faire ridiculiser et maltraiter, le résultat est très drôle ! Et tout l’ensemble de la série est d’une qualité constante (à noter que sur l’épisode #7, Steve Dillon assure tout seul l’écriture et le dessin d’un excellent one-shot sans paroles, et que sur les épisodes #8 à 12, Ennis fait une pause et passe le relais à Tom Peyer qui s’associe, le temps d’un arc honorable, au dessinateur Manuel Gutierrez).
Alors, quand bien même la série suivante du PUNISHER MAX sera meilleure (encore que la fin de la série MARVEL KNIGHTS s’en rapproche beaucoup, au point d’en poser les jalons), ce n’est pas une raison pour priver cette première version de ses 5 étoiles…

(*) Si WELCOME BACK FRANK est effectivement la première série du PUNISHER par Garth Ennis, celui-ci avait déjà écrit un one-shot dédié au personnage dans l’édifiant THE PUNISHER KILLS THE MARVEL UNIVERSE .

Pauvre Wolvie ! © Marvel Comics.

Pauvre Wolvie !
© Marvel Comics.

Bonus : DEADPOOL (Vol.3) #46 à 56, par Jimmy Palmiotti & Buddy Scalera (scenario), et divers artistes.

Pourquoi ce bonus du run de Jimmy Palmiotti sur la série Deadpool de 2001 ?
Et bien tout d’abord car il s’agit d’une excellente suite d’épisodes (publiés en VF dans le recueil UN ETE MEUTRIER), même s’ils sont illustrés de manière fluctuante par plusieurs dessinateurs, dont Paul Chadwick, Ron Randall et Darick Robertson.
Le gros point positif est que le bouquin est très indépendant et peut se lire seul. Palmiotti et son équipe nous proposent plusieurs petites histoires de type Série-noire, dans lesquelles le personnage apparaît comme une sorte de détective privé/mercenaire à la solde du plus offrant. Ou le croisement jubilatoire des récits de Dashiell Hammett avec une sorte d’AGENCE TOUT RISQUE dans laquelle Deadpool endosserait tous les rôles !

Vous y verrez le super-héros dingo écumer les soirées jet-set new-yorkaises et draguer les filles en costard et belle gueule (il peut transformer son apparence grâce à un système holographique !) ; vous le verrez devenir tueur à gage et même s’élever au rang de mentor en formant le jeune Deadpool Kid ! Mais surtout, et c’est pour cette raison précise que vous trouvez la chose en bonus dans le présent article, vous le verrez se frotter à la mafia et affronter à la fois les derniers membres de la famille Gnucci, la police et le Punisher, dans un arc narratif faisant directement suite à la maxi-série WELCOME BACK FRANK de Garth Ennis & Steve Dillon, dont il constitue l’épilogue (même si un CODA par Ennis & Dillon existe également dans la mini-série PUNISHER WAR ZONE (Vol.2) : LA RÉSURRECTION DE MA GNUCCI, publiée en 2009) !

Soit un très bon cru DEADPOOL, qui trouve un juste équilibre entre l’humour et l’intégrité d’un vrai scénario, ce qui n’est pas toujours le cas (loin s’en faut !) avec ce personnage selon les auteurs !
La meilleure version de Deadpool que j’ai pu lire avec la mini-série IL FAUT SOIGNER LE SOLDAT WILSON, avis tout à fait personnel et subjectif…

 Une guest-star de choix pour la série DEADPOOL : le PUNISHER MARVEL KNIGHTS ! © Marvel Comics.

Une guest-star de choix pour la série DEADPOOL : le PUNISHER MARVEL KNIGHTS !
© Marvel Comics.

Notre article touche à sa fin. Avant de terminer, un dernier mot : Il y en a toujours qui veulent me contrarier et dire que tout se vaut. Mais avec le recul, cette période MARVEL KNIGHTS est tout de même à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire éditoriale de Marvel Comics. Jamais, avant ou après, nous ne pourrons voir une période dans laquelle émergeront autant de créations autonomes d’une telle qualité, chapeautées par de tels auteurs (à part Alan Moore, il y a quasiment tous les meilleurs de la profession !). Jamais la ligne éditoriale n’aura été si élégante, intègre et exigeante, au point d’en remontrer à toute la sphère des comics indépendants et des publications pour adultes. Jamais, enfin, autant de nouvelles orientations (avec autant de succès) auront été essayées pour les personnages phares de cet univers.

Très vite, Joe Quesada va devenir le boss de la Maison des Idées, redéfinissant tout son univers à l’aune de son label co-créé avec Jimmy Palmiotti. Une fatalité ? Hélas, oui : C’est lui qui initiera les gros events racoleurs qui perdurent depuis 2005, autour desquels toutes les séries deviennent des tie-in connectés. Et l’univers Marvel de redevenir comme avant. Les MARVEL KNIGHTS ne furent donc bel et bien qu’une parenthèse enchantée…

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Grateful When You’re Dead : Fuite en avant, pulsion de mort, hommage à un groupe de rock qui vénérait les crânes… Tout pour plaire à Frank !

67 comments

  • Matt  

    QUelqu’un a lu le Punisher de Greg Rucka ?

    C’est publié dans les marvel knights v2.
    Je cherche à savoir si y’a des trucs qui valent le coup dans ces magazines pour me persuader de les acheter pour le Winter SOldier de Brubaker^^

    • Eddy Vanleffe  

      J’ai lu et j’ai pas aimé…fidèle à tous ses titres, Rucka met Le Puisher sur une voie de garage pourle remplacer par une femme trop bad-ass qui une une vie intérieure super riche et une raison de faire du méchoui de criminel vachement plus profonde que Castle.
      après un premier épisode magistral en caméra subjective, la suite décompressée à outrance est assez molle du genou. je reserve ça aux fan de Rucka et de ses thématiques

      • Matt  

        « une raison de faire du méchoui de criminel vachement plus profonde que Castle. »

        ça pourrait me parler^^
        Vu que j’aime pas trop Castle moi…
        Bon et le Winter SOldier de Brubaker, t’as lu ?

        • Eddy Vanleffe  

          brucetringale.com/vengeance-spectrale/

          si tu veux…

          • Eddy Vanleffe  

            le Winter Soldier?
            ouais pas mal toujours dans une sorte d’espionnage à la sauce Marvel avec du Black Widow dedans…Butch Guice au dessin ça suffit pour certains …^^

          • Matt  

            Bon mais pourquoi tu m’as pas répondu sur l’article Captain America hein ? Hein ?^^

            Ahem…
            Me fais bien envie ce Winter Soldier.
            Peut être que je vais prendre les magazines…même si hélas il y a cette purge de Thunderbolts de Daniel Way dedans aussi…

          • Eddy Vanleffe  

            y’a pas un deluxe? parce que ça doit être très long comme truc… dix, douze épisodes à tout casser…

          • Matt  

            14 épisodes
            Et non, pas de deluxe. Rien en librairie. C’est ce que je dis sur l’article de Tornado sur le captain america de Brubaker. Je demandais si quelqu’un l’avait lu et que c’était encore un des rares trucs Marvel que j’ai envie de lire^^
            Du coup ce sera VO (mais j’ai pas trop envie) ou magazines kiosque plein d’autres séries pas toutes bonnes…

  • Présence  

    Comme promis un peu plus haut, je reviens maintenant que j’ai lu la première moitié des épisodes de Punisher Marvel Knights. Premier constat : quel pied !

    Avec les années qui ont passé, je commence à mieux voir ce que les visages de Dillon peuvent avoir de répétitifs, ou de monolithiques. Pour autant, je trouve que cela convient très bien à cette version de Punisher de n’avoir que trois expressions de visage : ça ajoute encore à son comportement focalisé et monolithiques. Les décors sont simples, mais ni inexistants, ni en carton-pâte comme ils peuvent l’être dans les comics mensuels.

    J’ai donc découvert comment Punisher utilise Spider-Man comme un bouclier : énorme. Les mauvais traitements qu’il fait subir à Logan (Robertson & Ennis ont bien chargé la barque pour le caractère agressif de Logan) : désopilant. Le condensé des Troubles en Irlande vaut son pesant de cacahuètes pour son cynisme. La poisse de Martin Soames atteint des sommets, ou plutôt des profondeurs : coucher avec sa mère sans l’identifier, passer une nuit avec un tueur en série.

    L’hommage à Steven Grant & Mike Zeck : j’ai bien retrouvé Frank Castle entièrement dédié à sa guerre, ainsi que le milieu criminel. Par contre, la version Zeck & Grant est plus faillible, et Castle est moins méprisant, moins excédé par la bêtise des criminels. Et bien sûr, il n’y a pas de moments Ennis de type rouleau compresseur ou Russe très fier de ses nouveaux attributs. 🙂

    • Tornado  

      Que ce serait le pied, je n’en doutais pas !
      Que tu mettrais autant de temps à venir à cette lecture par contre, ça c’est surnaturel !
      Bien, j’attends encore ton avis sur la seconde partie de la série ! 🙂

      • Présence  

        La suite de la série

        Les retrouvailles avec Joannie la souris : sympathique pour la manière dont Punisher parvient à défaire son adversaire et pour la romance qui n’existe que dans l’esprit de Joannie.

        Les policiers ripoux (épisodes 20 à 22 : du très bon Garth Ennis, avec une réflexion sur les exigences du métier de policier.

        Sid Saggio et l’Architeuthis : très agréable avec la conclusion du Punisher. Je n’y pense jamais comme ça je peux rester sain d’esprit.

        L’enfant obèse dans les souterrains de New York : une ambiance bien macabre avec les dessins de Tom Mandrake, et un questionnement sur la limite d’une politique d’aide sociale sans condition, du très bon Ennis.

        L’épisode avec Elektra : pas sûr qu’Ennis était très intéressé pour écrire cette histoire…

        Les rues de Laredo : sympathique utilisation de conventions de genre, mais Ennis a dû mal à leur insuffler un peu d’originalité.

        La vie de Martin Soames (épisode 29) : ce n’est pas charitable de ma part, mais les moments Ennis ont bien fonctionné avec moi, comme Soap crachant une dent ensanglantée en ayant conscience que ce n’est pas l’une des siennes, mais celle d’un criminel qui vient de se faire exploser le caisson à moins d’un mètre de son visage.

        La conjuration des imbéciles : Garth Ennis crache dans la soupe, ou au moins mord la main de celui qui le nourrit en raillant méchamment Logan, dans un comics Marvel. En faisant abstraction de cette schizophrénie (je fais du Marvel tout en méprisant leurs comics) : une avant dernière histoire de Punisher version Marvel Knights, dans une veine de farce grotesque, accentuée par les dessins de John McCrea, Punisher restant une machine à exterminer les criminels d’une rare efficacité.

        • Tornado  

          Merci pour ton retour.

          Il faudra que je me les relise. Je me souviens peu de cette 2° partie de la série en fin de compte.

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