La séduction du mal (Satanik 2)

Satanik (les épisodes) de Max Bunker et Magnus

Un article de MATTIE BOY

VO : Corno, Mondadori

VF (partiellement) : Editions de poche & autres

Ze Mattie-Boy collection !

Eh oui voici un nouvel article sur Satanik ! J’ai passé des mois sur la restauration et traduction de plus d’une vingtaine d’épisodes, donc je me sens légitime pour en parler à nouveau. Aujourd’hui on va se focaliser sur les épisodes que j’ai préféré parmi les 25 que j’ai pu lire.

Je rappelle que SATANIK est une BD italienne signée Max Bunker et Magnus. Plus de détails ici. Quant à Satanik le personnage, c’est une anti-héroïne meurtrière, cruelle. Donc tout d’abord, posons-nous la question : pourquoi ai-je trouvé ça prenant, limite addictif, ce feuilleton immoral ? ça peut paraitre curieux quand on y pense (parce qu’après tout, nous sommes tous foncièrement bons, non ? Ha ha ha !)

Je pense que, pour moi du moins, cela vient du fait que le personnage principal est une femme, et que c’était très audacieux, à l’époque de la publication de cette BD dans les années 60, de mettre en scène ce type de personnage. Parce que oui, Satanik est une ordure, mais c’est aussi une femme cultivée, intelligente, indépendante, implacable, retorse, extrêmement forte ! Elle remballe avec fureur les hommes qui lui disent qu’elle devrait plutôt penser à se marier plutôt que reprendre des études (SATANIK 34), elle se venge de ses sœurs qui sont des pimbêches idiotes (SATANIK 1, 5, 47), elle surpasse en intelligence la plupart de ses adversaires, etc. Et à la base, c’est aussi une femme laide méprisée à cause de cela, malgré ses autres talents. Elle s’est arrangée pour devenir belle via ses expériences, mais on sent la critique du culte de l’apparence.

Un dessin toujours simple mais efficace, avec ce qu’il faut d’ombres pour l’ambiance
©Corno
©Mondadori

Certains pourraient trouver que ce type de personnage reflète une misogynie des auteurs car elle est mauvaise, impitoyable, meurtrière, et malgré la revanche qu’elle avait à prendre sur la vie à cause de son physique ingrat, la punition n’est plus du tout à la hauteur du crime tant elle a tué ! Elle est au-delà de toute rédemption.

Mais on est dans une BD à l’humour noir, dans une fiction mettant en scène une sorte de super-vilaine. Cela n’a pas pour but de traiter de réalité sociale. C’est du divertissement provocateur. C’est même un parti pris de pousser le lecteur à se ranger dans le camp d’un personnage qui n’a rien de noble. Et ça fonctionne, car elle affronte très souvent d’autres ordures, des mafieux, des escrocs, et beaucoup d’hommes stupides, obsédés, cupides…qu’il est très amusant de voir tomber dans les pièges qu’elle leur tend. Il y a cet aspect important aussi : elle est seule contre tous. Il y a donc une sorte de complicité étrange qui se crée entre le lecteur et cette femme fatale sexy et impitoyable, malgré sa cruauté. Je pense aussi que ça vient du fait qu’elle est too much, surréaliste. Si on prend l’exemple du tome 36, elle se débarrasse de 3 hommes à la suite, et les auteurs ne se donnent même pas la peine de nous montrer comment. On voit qu’ils sont séduits, puis on passe à autre chose, et quelques pages plus tard, Satanik passe à côté du cadavre d’un type et se dit « ah oui je dois aussi me débarrasser de ce corps. » La facilité avec laquelle elle piège et élimine les gêneurs, et la façon de le montrer sont tellement outrancières que c’en devient drôle.

Pour moi de toutes façons, le féminisme ne consiste pas à prétendre que toutes les femmes sont nobles, des modèles, des héroïnes…sous prétexte qu’elles donnent la vie, ou je ne sais quoi… On peut donner la vie et puis battre son gosse aussi, hein. Non, pour moi ça c’est du féminisme béat de pacotille qui glorifie la femme au-delà du raisonnable pour contrebalancer le machisme, mais de manière tout aussi bête. Le féminisme n’est pas une question de morale, mais de droits et de reconnaissance. Une femme doit avoir les mêmes droits que les hommes, son travail doit être aussi bien reconnu, il ne devrait pas y avoir de préjugés contre elle, ni de rôles dans lesquels les enfermer. Et bah franchement si Satanik ne véhicule rien de tout ça, j’ai loupé un épisode. C’est clairement une femme qui repousse toutes les barrières. De manière horrible et illégale parfois oui, mais ça c’est du domaine de la fiction. Ça ne l’empêche pas d’illustrer une critique des préjugés contre les femmes.

Est-ce qu’il faut prendre exemple sur un tel personnage ? Evidemment que non (tout comme vous ne prenez pas exemple sur le Punisher. Du moins j’espère…) Est-ce qu’il véhicule un message d’émancipation, d’indépendance, de force de caractère ? Complètement ! Bon, je ne dis pas que c’est un modèle de BD féministe, mais je ne trouve pas que ce soit misogyne.

Bref, tout ça pour expliquer pourquoi il s’avère amusant de voir une anti-héroïne cruelle faire tourner en bourrique ses adversaires.

Elle les fait tous baver. Et leur en fait baver aussi !
©Corno
©Mondadori

Dans un registre plus technique, je dois dire que j’apprécie beaucoup la fluidité de lecture de cette BD. Loin des pavés de texte des EC comics ou Warren Publishing (que j’aime quand même hein ! Mais admettons-le : parfois c’est lourd tous ces encarts de texte.) Ici, les textes sont réduits au minimum. Il peut même y avoir une ellipse de 3 jours d’une case à l’autre sans la moindre indication temporelle de type « 3 jours plus tard ». Mais le personnage va par exemple râler que ça fait 3 jours qu’il travaille sur un truc, et paf on a compris. La BD ne prend pas le lecteur pour un demeuré, et il en découle une fluidité comparable aux BD franco-belges d’époque et bien loin des comics US un peu lourdauds. Et puis bien sûr, je suis toujours aussi fan du trait de Magnus, mais j’en ai déjà beaucoup parlé. On voit une progression de son style d’ailleurs entre les premiers épisodes et les suivants. Expressions faciales plus soignées, outrées, drôles et/ou inquiétantes.

Bref, passons à mes épisodes préférés parmi ceux que j’ai pu réunir :

Episodes 1 à 4 :

Les 4 premiers sont essentiels. Pourquoi les 4 et pas les 2 ou 3 ? Parce que le 4ème marque l’incursion de plain-pied de la série dans le fantastique, une composante qui reviendra régulièrement par la suite, donc les 4 ensemble constituent une bonne introduction à la série. Il n’y a cela dit pas encore autant d’humour noir que dans les épisodes suivants. Satanik nous est donc présentée comme une belle garce impitoyable qui élimine tout le monde sur son chemin. Elle va se marier, assassiner, hériter, faire face à des truands, les rouler, devenir star de cinéma, etc. Dans le tome 1, il s’agit surtout de son origin story. Comment la moche Marny Bannister est devenue une femme fatale. On fait la connaissance de ses sœurs aussi, dont une qui meurt assez vite, ainsi que du lieutenant Trent, un adversaire récurrent de Satanik qui va la traquer sans relâche.

Dans le tome 2, elle fait face à des truands qui en ont après le père de son amant occasionnel (à qui elle veut soutirer de l’argent bien sûr.) Dans le 3, elle ne cherche pas à faire quoi que ce soit d’illégal mais se retrouve face à des producteurs véreux et des stars jalouses dans un monde du cinéma dépeint de manière bien noire, sans paillettes. La formule qui fonctionne le mieux dans cette série est celle qui consiste à placer Satanik au milieu d’une autre bande de filous, et la voir produire l’étincelle qui va tout faire partir en vrille et pousser toutes les ordures présentes à s’entretuer (épisodes 2, 3, 7, 8, 11, 14, 18…) Quant à l’épisode 4, Satanik recherche un livre de magie noire dans un bled paumé et se retrouve face à une secte maléfique dont les membres volent l’énergie vitale de victimes pour rester immortels. C’est un changement appréciable qui vient ajouter un peu de variété.

Face à des truands ou des adeptes de magie noire
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Episode 7 La croisière du vice :

J’adore les récits qui se passent sur un bateau en plein milieu de la mer, avec meurtres et magouilles sans échappatoire possible. Ici, Satanik cherche juste à quitter l’Amérique à bord d’un paquebot mais découvre qu’une bande d’escrocs a organisé un trafic quelconque, avec gaz soporifique pour endormir l’équipage et échange de marchandises en pleine mer. Elle va seulement vouloir se choper une part du gâteau et va déclencher la suspicion des escrocs qui nourrissent en plus des querelles secrètes entre eux en rapport avec des coucheries et autres joyeusetés. C’est l’exemple parfait du schéma où Satanik vient jouer le rôle du grain de sable dans un plan de truands pour rafler la mise et déclencher une réaction en chaine de meurtres en tous genres.

L’épisode 8 est un peu dans le même genre, avec davantage d’humour noir. Le 8 est d’ailleurs peut-être le premier épisode à jouer ouvertement et explicitement la carte de l’humour noir avec trahisons en tous genres, personnages qui meurent de manière ridicule, et expressions faciales plus outrées, comiques.

La croisière s’amu…s’amenuise ?
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Episode 11 Le visage de la vérité :

Celui-ci je l’aime bien même si l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, parce qu’on y voit Satanik faire un peu d’introspection. Elle se remet un peu en question, semble culpabiliser d’avoir tué tant de monde, et se retrouve cette fois victime d’un vol et de la destruction de sa demeure alors qu’elle n’avait rien demandé. Evidemment, par la suite, malgré ses remords temporaires de cet épisode, elle continuera ses méfaits. La continuité n’est pas un élément très important pour les auteurs. Mais de temps en temps, dans quelques épisodes, ils nous rappellent que Satanik est humaine. Elle pleure parfois, elle tombe amoureuse, etc. Aux alentours du tome 60, elle se marie même avec un homme qu’elle aime sincèrement, un journaliste du nom de Max Lincoln rencontré mais laissé pour mort dans le tome 38. Bref tout ça pour dire que même si la morale et les comportements du personnage sont un peu fluctuants, cet épisode est sympathique pour la voir dans un rôle où elle se pose des questions et n’aime pas ce qu’elle est devenue.

Une Satanik un peu perturbée
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Episode 15 Le portrait d’Alex Bey :

Il s’agit d’une sorte d’adaptation du PORTRAIT DE DORIAN GRAY. Assez bien fichue d’ailleurs. Sauf que là l’homme s’appelle Alex Bey. Un épisode qui sort un peu du lot. Satanik fait face à un adversaire à sa hauteur cette fois, intelligent et cruel, pour lequel elle va même éprouver des sentiments (les salauds s’attirent.) Mais elle n’arrivera pas à séduire Alex Bey comme elle le fait avec la plupart des hommes. Ce dernier est peut-être encore pire qu’elle. Comme dans le classique de la littérature, Bey dispose d’un portrait qui « absorbe » ses crimes, ses méfaits, la décrépitude de son corps et son âme. Il est donc toujours jeune et beau tandis que son portait devient une illustration de cauchemar. Mais il devient le mal incarné, le pendant masculin de Satanik. Cette dernière va enquêter sur cet homme qui la fascine, tenter de s’associer avec lui, lui proposer son amour, mais cela va mal finir.

Alex Bey, un homme diabolique impossible à manipuler
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Episode 18 La veuve noire :

Sans doute l’épisode le plus marrant parmi ceux que j’ai. Satanik se fait passer pour la veuve d’un truand et rentre en deuil dans sa belle-famille en Corse, en espérant toucher l’héritage. Alors…cette lecture est déconseillée aux Corses susceptibles ! Les auteurs ridiculisent complètement une famille mafieuse pleine de traditions très strictes. Dans cet épisode, la mamma (qui a de la moustache !) interdit à quiconque d’approcher la veuve, de la regarder, d’être attiré par elle, parce qu’elle est sacrée et ce ne serait pas correct pour le défunt. Et le cousin Doumé, sensible de la gâchette, sera là pour rappeler cette règle à ses frères et cousins. Et là c’est le festival ! Satanik se met en maillot pour aller se baigner ? Un truand ne peut pas s’empêcher de regarder et le cousin Doumé lui refait une boutonnière à coup de mitraillette ! Un autre veut finir dans son lit ? Il subit le même sort. Ce qui est amusant, au-delà de ça, c’est que tout le monde a peur de cette famille, donc on voit le médecin légiste diagnostiquer une insolation mortelle à un cadavre troué de balles ! Et au passage…je crois bien que Satanik ne lève la main sur personne dans cet épisode ! Toute la famille s’auto-massacre stupidement, et c’est franchement poilant !

Un véritable soleil de plomb qui tue ces pauvres mafieux !
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Episode 34 Le métal qui rend fou :

C’est dans cet épisode qu’il y a une petite critique de la condition féminine. Satanik s’intéresse aux recherches d’un scientifique du nom de Cents sur un super métal indestructible. Evidemment elle voit l’intérêt financier de la découverte car c’est Satanik et elle est cupide. Mais elle respecte les scientifiques, étant elle-même chimiste. Au début de l’aventure, elle sort avec un type qui souhaite l’épouser, mais qui malgré tout lui refuse sa requête lorsqu’elle dit avoir besoin d’argent pour se lancer dans des recherches sur le super métal elle-même, prétextant qu’elle ferait mieux de lui demander un collier ou un manteau de fourrure. Furieuse, Satanik se met à la recherche de Cents, va travailler avec lui, ils vont découvrir le super métal (partiellement…) et pour une fois, elle ne va pas se débarrasser de son associé, elle va partager ses gains avec Cents et lui souhaiter une bonne retraite. Au-delà de ça, c’est aussi une aventure qui se moque de l’obsolescence programmée des produits qu’on nous vend puisqu’à la fin, les industriels qui se sont bêtement arrachés la formule du super métal réalisent qu’un métal inusable ne sera pas rentable. Très bon épisode, amusant et plutôt satirique !

Allons, tu es une femme. Reste à ta place, enfin !
©Corno
©Mondadori

Episode 45 L’île des monstres :

Cet épisode est un hommage évident aux récits de H.P Lovecraft. D’ailleurs, cela se déroule à Innsmouth, petit village de nouvelle Angleterre dans lequel Satanik se cache pour échapper à la police. Rapidement, elle apprend qu’il se passe des choses étranges sur une petite île au large, l’île du diable. Elle dérobe une amulette magique à un marin qui l’a trouvée sur cette île (après l’avoir tué bien sûr, on ne compte même plus les meurtres de la miss !) Et elle va découvrir que cette amulette a des pouvoirs. Notamment celui de repousser des monstres, ou plutôt des humains transformés qui vouent un culte maléfique à des entités millénaires d’une autre dimension. Ça ne vous évoque rien ? Il va s’avérer que l’amulette empêchait ces créatures de débarquer dans notre monde, et qu’en la récupérant, le marin a lâché les monstres sur Innsmouth. Satanik va devoir trouver un moyen de stopper ça (même une criminelle n’a pas envie que le monde soit envahi de monstres !) Durant les péripéties qu’elle va vivre, elle va se faire capturer et emmenée par les monstres dans un autre village…Dunwitch (ça va les références ? Z’avez tout suivi ?) Bref, très sympathique épisode qui change des autres, dans une atmosphère horrifique bien mise en valeur par Magnus.

Ambiance horrifique
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Episode 47 Le phare du golfe noir :

Cet épisode est un prétexte à un gros flash-back sur la vie de Marny Bannister avant qu’elle devienne Satanik. Dans le présent, elle se retrouve impliquée dans un vol de virus du cancer (dont elle espère trouver un vaccin figurez-vous…mais pour s’enrichir bien sûr !) et doit récupérer le virus auprès de truands complètement stupides. Mais c’est surtout un prétexte pour la faire se rendre en un lieu qu’elle a connu dans sa jeunesse : le phare du golfe noir. On y apprend qu’elle y a rencontré un homme, Albert, qui s’intéressait à elle malgré sa laideur, en particulier parce qu’elle était intelligente et cultivée, passionnée par l’art et la science. Mais on apprend aussi que sa sœur Dolly a pris un malin plaisir à séduire cet homme pour le lui voler et la ridiculiser. L’histoire finit mal avec Marny qui tente de fuir en plein tempête, le cœur brisé, et Albert qui tente de la sauver et meurt à sa place. C’est une sympathique aventure qui nous rappelle, malgré ce qu’est devenue Satanik, qu’avant tout ça, elle était humaine, avait des émotions, qu’elle a souffert et que c’est sans doute en partie pour ça qu’elle est devenue le monstre qu’elle est aujourd’hui.

Marny a failli être heureuse autrefois
©Corno
©Mondadori

Les autres épisodes méritent d’être lus aussi, mais sortent moins du lot. Certains épisodes nous racontent des projets de Satanik, comme les épisodes 17, 20 et 21 durant lesquels elle réunit des formules scientifiques et de l’argent pour construire un laser rajeunissant pour remplacer ses potions.

Je continue à penser que cette BD n’est pas pour tout le monde. On ne lit pas SATANIK pour s’attacher à des personnages (les ¾ sont des ordures.) mais pour l’humour noir et la satisfaction de voir ces ordures s’entre-déchirer. Mais pour ma part, je suis bien content de m’être cassé le c…euh…la nénette à récupérer ces épisodes parce que j’ai bien accroché, et je trouve toujours ça dommage que personne ne s’intéresse à rééditer les séries de Max Bunker et Magnus en France.

De belles pages d’introduction
©Corno
©Mondadori

La Bo du jour :



39 comments

  • Matt  

    Ah bah pour info, il est déjà dépassé cet article^^ Depuis, j’ai traduit 5 épisodes de plus.
    ça en fait 30.
    J’ai tout épuisé mes sources. Les 2 derniers épisodes que j’ai fait j’ai d’ailleurs du acheter la revue en Italie pour la scanner…
    Alors on va arrêter les frais, ça revient cher^^
    Mais je suis bien content.

    Peut-être que je parlerai des épisodes manquants. Car pour le coup ils sont très chouettes. Le 39 et le 52 sont des histoires dans lesquelles Satanik a morflé et se retrouve en mauvaise posture. ça change un peu, et c’est un peu mérité aussi^^
    Le 49 et le 50 c’est un dyptique avec la première apparition du baron Wurdalak, une sorte de Dracula qui devient plus tard un ennemi récurrent.

    Bon sinon j’ai pas trop développé le sujet dans l’article de peur d’une levée de boucliers de bienpensants…mais il y a aussi un aspect cathartique dans cette BD qui la rend fun à suivre. Différent du Punisher qui tue les salauds…là c’est plutôt le fantasme du mal.
    Alors attention hein, je suis pas en train de dire que je rêve de faire le mal. Mais Satanik ne viole pas, ne maltraite pas des enfants, ne vend pas de drogue, elle ne dirige pas une mafia. Elle est seule, vole et tue les emmerdeurs. Ce sont des actes primaires, même des instincts animaux, qu’on peut tous « comprendre »^^ Je pense qu’on a tous eu des fantasmes de faire manger un arbre à un connard qui roule mal sur la route, ou faire bouffer son bulletin de naissance à un escroc.
    On ne le fait pas bien sûr. Mais c’est pour ça qu’en fiction, avec une touche d’humour noir, on peut carrément se poiler devant des crimes.

  • Bob Marone  

    Beau travail archéologique. Par curiosité, tu en trouves souvent en broc des Satanik ? Je suppose qu’il y a des rééditions en italien (j’ai un volume cartonné, format poche, reprenant 2 histoires de Diabolik, et j’imagine que le même format doit exister pour Satanik).

    Le dessin de Magnus mériterait bien une petite réédition/édition en français. Mais quand on voit le four total des tentatives d’édition de Dylan Dog en France, ça m’étonnerait fort que quelqu’un s’y risque. Le format kiosque, les histoires très formatées des fumetti (et ici assez datées) n’ont pas très bonne presse. Enfin, Satanik souffre à la fois de son image sulfureuse de parution « pour adultes » type revue Elvifrance et, paradoxalement, de son manque de souffre. Pour résumer : pas assez de cul pour en faire une œuvre culte. Pourtant, le personnage est assez sadien…

    • Présence  

      Le four total des tentatives d’édition de Dylan Dog en France : les éditions Mosquito continuent leur travail de publication d’épisodes choisis, le 7ème devant arriver en mai 2021.

      http://www.editionsmosquito.com/serie-17.html

      • JB  

        Je vais précieusement conserver ma collection des albums « 2 heures et demi » de Glénat !

      • Bob Marone  

        @ Presence
        Sans méjuger le travail de Mosquito, que je trouve formidable dans leur effort de faire valoir le patrimoine dessiné italien (Toppi, Battaglia, Micheluzzi et consorts), je ne suis pas sur que leur édition de Dylan Dog remporte un succès fou. Leur politique de publier des récits épars en insistant sur le dessinateur est plutôt maline (Roi est un superbe dessinateur N&B par exemple). Mais je crains que cela ne marche qu’auprès de quelques esthètes ou amateurs de fantastiques transalpin… J’ai ainsi vu des piles du même album chez des soldeurs (Statue vivante de mémoire) à peine quelques semaines après sa sortie.
        Cela dit c’est chouette et fort courageux de leur part de continuer.
        Enfin, si je déduis correctement, tu es un amateur de Dylan Dog. Excellent choix ! Si le coeur t’en dit : http://modestechroniquebedephilique.blogspot.com/2013/03/dylan-dog-le-grand-guignol-milanais.html

    • Matt  

      Bob, je te renvoie à mon précédent article si tu ne l’as pas lu. Il est en lien au tout début quand je dis « plus de détails ici »^^
      J’explique ce que j’ai trouvé en français, à quel point c’est chaotique comme édition, parfois censuré, etc.
      Et aussi que j’en ai scanné et traduit moi-même pas mal.

      Pour ma part ça ne me gêne pas du tout que ce ne soit pas très « cul »
      Magnus a fait plein de boulots érotiques par la suite, mais ça devait être compliqué à l’époque. Déjà en l’état c’était parfois censuré. Faut pas oublié le côté très « religieux » de l’Italie hein.
      Rien que le concept d’anti-héros qui font des trucs immoraux c’était provocateur. Et encore plus à l’époque. Au même moment aux USA, on avait le comiccode quand même quoi…

      • Bob Marone  

        Je reste soufflé par ton boulot d’exhumation et de restauration.
        Merci pour ce partage en tous cas.

  • Surfer  

    Toujours pas lu un seul épisode de cette série malgré ton article précédant qui avait déjà valorisé les qualités.
    Le problème c’est que se procurer une BD de Satanik n’est pas facile à moins de faire les brocantes ou les sites de vente d’occasion.
    Comme tu dis une réédition serait bienvenue.

    L’intérêt de cette série est effectivement la caractérisation de ce personnage qui a l’air excellente et audacieuse. Ce qui n’était pas du tout commun pour un personnage féminin dans les années 60.

    J’ai bien aimé ta définition du féminisme 😉. Je suis assez d’accord avec toi👍

    La BO: Même si ce n’est pas la musique d’un film de DARIO ARGENTO. Elle m’a donné envie de me refaire l’intégrale de ses GIALLO que j’ai en DVDs.

    • Matt  

      Salut Surfer.
      Bah moi je pourrais te filer tous les scans que j’ai tu sais.
      Je n’ai pas les moyens de les imprimer pour toi comme je le fais pour moi^^ Mais ça peut être un début.
      Je les ai filé aux membres de la team. Mais j’ai pas ton mail je crois donc…

      Pour la BO, j’ai même pas encore vu ce film, inédit chez nous (pas d’édition DVD) mais trouvable on zeu web.
      Mais bon Bruno Nicolai, comme Fabio Frizzi et ces autres compositeurs italiens, c’est souvent assez sympa musicalement.

      • Surfer  

        Merci Matt, c’est super sympa .😉👍
        Mais, je ne vais pas t’imposer l’envoi des scans par mail car je ne lis pas les BDs en numérique. Je n’y arrive pas. 😩
        Et puis, je n’aurais pas le courage de tout imprimer et relier.

        Par contre, je garde bien en mémoire tes 2 articles et tout le bien que tu penses de cette série.
        Et, je ne désespère pas de trouver chez un bouquiniste ou au détour d’un vide grenier ces précieux trésors.

        Concernant les compositeurs italiens tu as tout à fait raison. Tu aurais pu citer Ennio Morricone qui est un Dieu ! Je le vénère !

        • Matt  

          Bah tu ne trouveras pas ceux que j’ai traduits moi-même^^
          J’ai eu beau chercher, plein d’épisodes ne sont pas parvenus jusqu’à chez nous.
          Quant aux autres, il manque parfois des pages pour cause de censure bizarre.

          Hélas tu n’as pas des tonnes d’alternatives. C’est bien ce qui m’a motivé à bosser là dessus. Je suis fan de Magnus et je voulais lire un peu cette série.

          Tout ce que je peux faire pour toi éventuellement c’est te donner quelques infos :

          Sur les 52 premiers épisodes, il y en a 17 qui ne sont pas signés Bunker et Magnus. Ils sont assez moches. Ils ne m’ont donc pas intéressés. Les 17 numéros à fuir sont donc les :
          10,13,16,19,22,25,28,30, 32, 35, 37, 39, 42, 43, 46, 48, 51

          Ensuite je te donne les correspondances des numéros des revues Demoniak (les mieux traduites. Dans d’autres éditions c’est parfois une vraie cata plein de fautes et d’expressions d’argo des années 40) :

          Les épisodes :

          1 à 4 ; dans Demoniak 1 à 4 (là ça va encore)

          5 : jamais trouvé, traduit moi-même

          6 : Demoniak hors série 1 (voir ici pour s’y retrouver : http://petitsformatsadultes.com/de-poche/editions-de-poche-demoniak-satanik-hors-serie-3/)

          7 ; Demoniak 5

          8 : Demoniak 6

          9 : Demoniak hors série 2

          11 : Demoniak 7

          12 : jamais trouvé, traduit moi-même

          14 : Demoniak hors série 3

          15 : Demoniak 1 série n°2 (voir ici : http://petitsformatsadultes.com/de-poche/editions-de-poche-demoniak-satanik-2e-serie/)

          17 : Demoniak 9 série n°1 (éh oui on revient en arrière^^)

          18 : Demoniak 4 série n°2

          20 : Demoniak 8 série n°1

          21 : 2ème histoire présente dans le Demoniak hors série 2

          26 : Demoniak 3 série n°2

          Le reste, te fatigue même pas. C’est mal traduit, censuré, etc.
          Dans cette liste, avec les revues Demoniak, à part les 4 premiers épisodes auxquels il manque quelques pages (que moi j’ai récupérées dans des versions italiennes), les autres épisodes sont complets et bien traduits.

          • Surfer  

            Merci pour ce complément d’information concernant l’édition française de SATANIK.

            Je viens de lire ton article très intéressant sur les GIALLI.
            D’après ce que j’ai compris tu n’adhères pas trop à SUSPIRA de ARGENTO.
            Et bien moi c’est tout l’inverse. Il m’a fasciné… j’adore son esthétique baroque et son langage visuel où les couleurs sont mises à profit et ont du sens. L’ambiance musicale envoûtante est aussi très immersive.
            C’est grâce à ce film que je me suis intéressé à toute la filmographie du réalisateur.
            Je me suis procuré un coffret DVD qui rassemble 8 de ces films :

            -L’oiseau au plumage de cristal
            -Le chat à 9 queues
            -4 mouches de velours gris
            -Les frissons de l’angoisse
            -Suspira
            -Inferno
            -Ténèbres
            -Phenomena

            Les bonus de ces DVDs sont très riches. Pas mal d’entretiens avec D. ARGENTO. Et surtout, des spécialistes du cinéma font une analyse approfondie et pertinente du genre GIALLO.

          • Matt  

            Ouais non j’avoue ne pas être fan de Suspiria. Ni même de Argento en fait. j’aime certains de ses gialli mais je suis loin d’aimer toute sa filmo.
            Et je n’aime pas toujours ses choix de musiques.
            Dans Profondo Rosso, ça va très bien les Goblins.
            Mais dans Phenomena, Iron Maiden, sérieux ? Sur des scènes mystérieuses ? Pas du tout accroché.

          • Eddy Vanleffe  

            Je suis fan d’Iron Maiden et de Flash of the blade en particulier mais oui je suis tout à fait d’accord avec toi, ça ne marche pas…
            Pour que ça fonctionne il faudrait que le groupe compose POUR un éventuel film (quel qu’il soit) il sont suffisemant talentueux pour produire un score bien plus agréable et surtout bien plus adapté, là c’est collé n’importe comment, (il me semble en plus que c’est pas la musique originale…)

  • Présence  

    Superbe illustration d’ouverture : j’aime beaucoup.

    J’ai également beaucoup aimé ton introduction : les raisons pour lesquelles cette série de ta plaît, une femme cultivée, intelligente, indépendante, implacable, retorse, extrêmement forte, un divertissement provocateur qui n’a pas pour but de traiter une réalité sociale, la complicité étrange qui se crée entre le lecteur et cette femme fatale sexy et impitoyable, malgré sa cruauté.

    Je te remercie beaucoup pour ta traduction et ta mise à disposition de ces nombreux épisodes, grâce auxquels j’ai pu explorer un pan de la culture BD qui m’était jusqu’alors inaccessible. Comme toi, j’ai trouvé que la fluidité de lecture de cette BD participe au plaisir de ce divertissement.

    La formule qui fonctionne le mieux dans cette série est celle qui consiste à placer Satanik au milieu d’une autre bande de filous, et la voir produire l’étincelle qui va tout faire partir en vrille et pousser toutes les ordures présentes à s’entretuer. Ça aide aussi à se reconnaître dans le personnage qui devient bon, par comparaison à des individus plus cruels que Satanik.

    Le 8 est d’ailleurs peut-être le premier épisode à jouer ouvertement et explicitement la carte de l’humour noir avec trahisons en tous genres, personnages qui meurent de manière ridicule, et expressions faciales plus outrées, comiques. – Ça peut être imparable quand l’auteur passe ainsi en mode farce macabre.

    En lisant ton florilège personnel, je suis encore plus frappé par la diversité des scénarios, par l’inventivité intarissable des scénaristes. Merci beaucoup pour cette découverte, et encore bravo pour le travail de traduction.

    • Matt  

      « Ça aide aussi à se reconnaître dans le personnage qui devient bon, par comparaison à des individus plus cruels que Satanik. »

      Ce qui est marrant c’est qu’ils ne sont pas nécessairement plus cruels qu’elle non plus^^ Elle reste assez impitoyable. Mais c’est un jeu auxquels les auteurs semblent bien s’amuser.
      Dans le tome 52 SPOILER Satanik se fait violer et elle galère un peu tout le long de l’aventure à être clairement dépassée par les forces qu’elle affronte (c’est une histoire fantastique ou elle se retrouve dans une autre dimension, c’est lié à l’histoire du livre de la magie noire qu’elle récupère tôt dans la série)
      Et curieusement, même si tu pourrais trouver qu’elle mérite un payback, bah t’es plutôt de son côté.
      Pareil dans le tome 39 ou un braquage foire, qu’elle se prend une balle et doit rester cachée dans une vieille baraque en perdant le contrôle de ses transformations (la casa degli spiriti) T’as envie qu’elle s’en sorte.
      Mais oui, ça aide que les autres personnages soient de grosses ordures aussi.

  • Tornado  

    Alors comme ça on aime chez Satanik ce que l’on reproche au Punisher ? (ahahahah !) 😉
    Blague à part je te suis complètement sur ta vision du féminisme. Ils nous les cassent tout particulièrement les SJWs agressifs à essayer de mordre tout le monde sur les réseaux sociaux dès qu’on est pas dans les extrêmes. On se croirait revenus au temps du tribunal révolutionnaire de Robespierre où on te décapitait si tu avais le malheur d’être « modéré » (c’es-à-dire pas dans le camp des extrémistes)…

    Hé ! Je trouve dommage que n’aies pas mis dans cet article tous tes dessins persos que tu nous as envoyés en mp. Ça aurait pu rythmer l’article de manière amusante tous ces petites illustrations où on voit Satanik t’obliger à traduire ses aventures ! 🙂

    • Matt  

      ç’aurait fait beaucoup d’illustrations, et je voulais quand même montrer le boulot des auteurs et pas trop me la péter moi-même avec le mien^^

      Alors pour le Punisher, tu sais que j’ai du mal à expliquer ce qui ne marche pas pour moi. Peut être parce qu’il est trop « iconique » ou « super-héroesque » Et trop fort aussi.

      Les auteurs jouent avec nos repères moraux. Satanik est une ordure dans un sens. Donc c’est l’opposé du Punisher qui…punit les ordures. MAIS…elle représente aussi une partie fantasmée de nous, cette liberté de péter la gueule à qui t’emmerde, etc. Donc c’est un peu différent. C’est…bah la séduction du mal^^ Je ne dis pas qu’il faut le faire, mais c’est aussi une forme de catharsis. C’est le sujet du tome 2 de SODA aussi, la série franco-belge que j’ai chroniquée, dans lequel le héros se défoule par écrit en imaginant qu’il bute ses insupportables voisins. Mais évidemment entre le fantasme « pour décompresser » et l’acte, il y a un gouffre. c’est bien pour ça que je ne crois pas au « péché par la pensée » comme les curés ou ces foutus bienpensants. Non justement, la pensée c’est ton espace de liberté et d’imagination pour te lâcher sans blesser personne.
      Il y a un peu de ça dans Satanik.

      Et ensuite, il y a la satisfaction (celle-ci plus proche de celle du Punisher) de voir les autres ordures de ses aventures s’entretuer.

      Je pense que le problème avec le Punisher ça vient juste du fait que d’une part, l’humour de Ennis est trop dégueu pour moi, donc je passe à côté de ce qui est censé faire rire, et en plus il est trop fort et bute tout le monde à lui tout seul. Curieusement, un « vengeur » ne me fait pas rêver.
      Je préfère voir les ordures devenir parano et s’entretuer comme des cons^^

      Mais clairement, si j’étais psychologue ou plus habitué aux mécanismes de l’esprit, de la catharsis dans la fiction, j’aurais pu développer toute une réflexion là dessus. Mais je suis moi-même un peu en difficulté pour expliquer ce qui est fun dans Satanik.
      D’ailleurs on peut trouver des meurtres fendarts dans une fiction, avec un peu d’humour noir et des situations précises.
      Par contre je mets quiconque au défi de rendre un viol ou une maltraitance d’enfant drôle.
      Mais ça reste des crimes dans tous les cas pourtant.
      La fiction permet un recul sur certains actes, mais moins sur d’autres.

      Et dans Satanik tu te fais promener et tes repères moraux sont un peu perturbés^^ Et c’est amusant en fait.
      Tu vas rire des excès de ses actes, comme quand elle fait couler un bateau (même si ça va noyer tout l’équipage…) mais tu vas pas rire du tout quand un mec va essayer de la violer alors que…bon…c’est une garce, c’est pas déconnant qu’elle récolte ce qu’elle sème parfois.
      Mais je pense que les auteurs savaient très bien ce qu’ils faisaient. ça te force à rester de son côté en la rendant victime de choses qu’on a plus de mal à prendre à la légère.

      Et puis progressivement elle a deux ou 3 potes Satanik^^ Elle laisse même son ennemi juré Trent en vie dans les épisodes sur le baron Wurdalak.
      Et je crois qu’aux alentours de l’épisode 100, elle rejoint une agence qui enquête sur des criminels. Elle devient un poil moins meurtrière quoi.

      Bref…peut être qu’un jour tu en liras et tu me diras si t’apprécies^^

      • Jyrille  

        Dans C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS il y a un meurtre d’enfant très drôle. Oui c’est horrible. Mais drôle.

        Par contre je pense que personne, y compris une garce, ne mérite de se faire violer.

  • Bruce lit  

    « Parce que oui, Satanik est une ordure, mais c’est aussi une femme cultivée, intelligente, indépendante, implacable, retorse, extrêmement forte ! Elle remballe avec fureur les hommes qui lui disent qu’elle devrait plutôt penser à se marier plutôt que reprendre des études (SATANIK 34), elle se venge de ses sœurs qui sont des pimbêches idiotes (SATANIK 1, 5, 47), elle surpasse en intelligence la plupart de ses adversaires, etc. Et à la base, c’est aussi une femme laide méprisée à cause de cela, malgré ses autres talents. Elle s’est arrangée pour devenir belle via ses expériences, mais on sent la critique du culte de l’apparence  »
    Mais c’est du Emma Frost avant l’heure tout ça, non ?
    Si ce blog pourrait relancer l’intérêt pour SATANIK, je serai le premier à Ulluler au besoin. Sait-on jamais.

    Comme Surfer, j’ai du mal à lire en numérique. Dans le train ? No way, pas sur mon téléphone.
    En vacances sur ma tablette ? Les enfants vont venir me squatter sans arrêt.
    Le matin dans mon bureau sur mon ordi ? Pas confortable.
    Mais je suis un lecteur patient et s’il faut attendre 10 ans, be it.
    Sur le féminisme, ta définition rejoint aussi la mienne.

    • Matt  

      Bah j’aime pas lire en numérique non plus mais vous comprenez bien que je ne peux pas vous imprimer à tous des exemplaires hein !^^

    • Matt  

      Oui si ça pouvait relancer l’intérêt pour les travaux de Bunker et Magnus en général même !
      Mon choix s’est porté sur Satanik because…bah femme fatale méchante, Jekyll & Hyde, des épisodes fantastiques, etc. C’est pour moi tout ça^^
      Mais évidemment je lirai bien du Kriminal aussi.
      Et du Alan Ford.
      Mais jamais je ne pourrais abattre le même taf pour toutes les séries.
      Je suis même surpris d’être allé aussi loin avec Satanik. Je voulais me bricoler 4 ou 5 épisodes…et me voilà avec 30 épisodes qui m’ont pris 4 mois de taf…(bon ok pas trop en décembre vu comme j’étais tout malade. Disons 3 mois de taf)

      • Bruce lit  

        Pour en revenir au Punisher, tu n’as pas essayé la version Aaron ou Remender ? Si c’est l’humour trash de Ennis qui te bloque, ces auteurs pourraient d’avantage te parler.

        • Matt  

          Il y a aussi son côté trop fort au mec. Il se fait rarement défoncer la gueule.
          Mais j’avais lu je crois Remender. Même avec le passage Frankencastle qui m’avait fait planer^^ Mais je doute que ce soit du goût de tout le monde.

          • Bruce lit  

            Tu plaisantes ? Le mec est une ambulance sur pattes tellement il s’en prend plein la gueule.

          • Matt  

            Chez Ennis, il est plutôt du genre à botter le cul de Wolverine une main dans le dos.

            Et puis il a beau se faire taper, il se relève.
            ça fait très actionner des années 80 avec le gros costaud trop fort. M’agace ! J’ai jamais été fan de ce genre de perso trop fort.
            Si un récit existe dans lequel il bute un gars au sniper sans s’approcher, pose une bombe, s’arrange pour que des truands se retournent les uns contre les autres, ce genre de trucs, je veux bien. ça fait plus cérébral.

            Mais le voir foncer dans le gars avec 2 mitraillettes, niquer tout le monde et s’allumer une clope à la testostérone, ça me gonfle. Au final ça fait encore trop « super héros » avec les bastons obligatoires. Et ce sont des bastons gonflantes pour moi parce qu’il est trop fort.
            Je comprends que ce soit le kiff de certains de voir un gros costaud pas content punir les salauds à coups de tatanes dans la gueule. Mais pour moi c’est chiant.

            Et puis c’est un soldat, et j’aime pas les trucs militaires j’aime même pas les films de guerre. Bon il vous faut quoi de plus ? On refait ce débat sans arrêt.^^

            Sans doute qu’un auteur a pondu un Punisher que je pourrais mieux supporter oui. Mais suis-je motivé pour parier dessus et mettre de l’argent dedans alors qu’il y a tant de trucs à lire ? Non.

            Bon, et Satanik sinon ?^^
            L’est pas bien mon dessin ?
            T’aimes bien le dessin de Magnus ?

          • Jyrille  

            Ton dessin est d’enfer Mattie (je les garde tous précieusement), et si tu veux un Punisher différent, et bien… mate celui de Netflix ^^

  • Bruce lit  

    Oui les dessins sont intemporels je trouve, forte signature graphique, j’aime beaucoup cette épure. Et ton dessin est parfait.

  • Kaori  

    Tiens, t’as pas parlé du féminisme qui consiste à penser que les hommes devraient s’excuser pour les crimes commis par leurs pairs…
    Le féminisme qui consiste à glorifier la femme, il ne sert pas à grand-chose, mais il ne fait pas de mal. Celui par contre qui consiste à, comme je le disais plus haut, considérer les hommes comme l’origine de tous leurs maux, me dérangent beaucoup plus.
    Quant à ta version du féminisme, je suis tout à fait d’accord 😉 . Bon, après, je n’ai aucune attirance pour ce genre de personnage féminin, mais ça n’enlève rien à la qualité de tes propos et de ton travail !! Bravo !

    • Matt  

      « Le féminisme qui consiste à glorifier la femme, il ne sert pas à grand-chose, mais il ne fait pas de mal.  »

      Je trouve que si. Il fait du mal dans le sens ou si tu crées un personnage féminin méchant, tu seras considéré comme machiste, sexiste, irrespectueux, etc.
      Et dans la vie courante, en gros si tu as le malheur de reprocher un truc à une femme, alors t’es misogyne…

      Mais oui en effet, c’est pas bon non plus celui où on est censé s’excuser de ce qu’un autre à fait ou dit. Mais tu vois, je le connaissais même pas celui-là^^

      Merci d’être passée même si cette BD n’est pas ta came^^

      • Kaori  

        Bah, malheureusement, je ne suis pas allée bien loin… Avec mon conjoint, dimanche, on regardait une interview « tac-au-tac » (qui s’appelle plus exactement « Dos à dos », mais bref…). L’interviewée était une chanteuse que je ne connais même pas. La question était « Si vous étiez un homme pendant 24h, que feriez-vous ? » . Après un temps de réflexion, cette chanteuse a répondu « Je dirais pardon »…… On en est restés bouche bée… Et malheureusement, c’est un courant de pensée qui pullule de plus en plus sur Internet. Comme quoi les hommes sont incapables de comprendre les femmes, et quand bien même ils essaieraient de les soutenir, ils ne feraient pas ça de la bonne façon…

        Je comprends aussi ce que tu dis sur l’image de la femme. Je n’avais jamais remarqué ce féminisme-là, pour ma part 😉 .

  • Eddy Vanleffe  

    bravo pour ce second plaidoyer passionné de cette bande dessinée confidentielle mais culte…
    Le féminisme…
    il y a plein de forme des féminismes…
    l’époque est à la fragmentation… même quand on est d’accord sur le fond on se concentre sur les divergences.
    ma tendance personnelle est d’avoir un féminisme sans doute typiquement masculin qui dans la fiction se manifeste pas un panachage d’intelligence, de charme, de charisme (pas la même chose), d’émotivité et d’esprit et une pincée de sensualité…
    là où je commence à toquer c’est la nouvelle écriture qui consiste à en faire des personnages cheatés et antipathiques à mort parce que tout leur est dû.. ou alors les persos à la Greg Rucka où on met artificiellement des boucles d’oreilles à Schwarzy et où on parle de règles ou de trucs comme ça pour faire bien militant bas du front…
    Netflix a tué mes envies en 2020, et je relis des mangas

    @Kaori…
    C’est pas Camelia Jordana? si elle continue elle va faire plus de mal à la cause féministe que tous les Bigards et les Tex réunis…

    • Kaori  

      Non, c’est une certaine Iseult.

    • Matt  

      Oui bon ne partez pas en débat les gars (éh ! y’a une fille et je dis les gars ! Sexisme !!^^)

      J’ai abordé ce sujet parce que Satanik c’est la première héroïne de fumetti (et elle est peut être même arrivée avant les héroïnes de franco belge ou de comics, j’ai pas fait de recherches approfondies pour garantir ça, mais c’était inhabituel à l’époque.)
      Et même si elle est méchante et que dans le climat actuel, des crétins viendraient dire que c’est forcément misogyne de ne pas représenter la femme comme une sainte (soupir…), eh bien j’ai trouvé qu’en réalité le personnage pouvait véhiculer un message progressiste.
      Je rappelle l’époque hein ! C’était les années 60.
      Et puis le fait qu’elle soit méchante ça vient plutôt de cette mode des fumetti neri provocateurs à base d’anti-héros (Kriminal est un homme, et aussi un criminel assassin etc…)

      Et je pense que les auteurs, pour créer un personnage comme ça, très intelligente, une scientifique qui plus est (une vocation encore aujourd’hui pas forcément très féminine, alors imaginez à l’époque !) qui ne se laisse marcher dessus par personne, envoie bouler les hommes qui lui disent de rester à la cuisine, bah ils devaient respecter un minimum les femmes^^ Ce n’est que mon avis.
      Je pense que pour l’époque c’était couillu et ça participe au charme du truc.
      Après faut aimer le délire immoral/humour noir évidemment^^

      Les gens mélangent tout maintenant. Tu fais une caricature, tu te fais buter
      Tu sors une blague, tu écris un personnage méchant, c’est forcément du sexisme ou du racisme ou je ne sais pas quoi. Le méchant il faut qu’il soit blanc, de taille normale, beau, etc. Sinon c’est soit anti-noir, anti-nain, anti-moche, anti-gros…pfiou…
      Et un jour les blancs beaux et « normaux » ils auront le droit de se plaindre de devenir l’archétype du connard ?
      UN type d’une communauté dit un truc de travers, toute la communauté doit s’excuser.
      Tiens bah c’est pas du racisme ça ? Quand le crime de l’un devient une tare de tout un « peuple » ?
      Genre y’a des hommes salauds alors tous les hommes sont des merdes ?

  • Jyrille  

    Je n’ai toujours lu que l’épisode 1, et je te suis toujours reconnaissant pour le boulot abattu (impressionnant, j’en reste vraiment épaté) et le partage. Ton article me donne envie de recommencer dès que possible, surtout que désormais j’ai un peu plus de vision sur la suite.

    Les scans sont de toute botey ( (c) Ed ) notamment celui sur Innsmouth. C’est incroyable comme Magnus fait beaucoup avec peu d’effets.

    Pour le féminisme, je pense que tu as raison pour cette bd. C’est assez précurseur, il y a finalement pas mal d’oeuvres qui mettent des salauds en avant mais qui nous intéressent et suscitent notre empathie (Hannibal Lecter, Melrose Place…).

    La BO : pas mal du tout, je ne connais pas. C’est tiré de quel film ? Qui l’a composée ?

    • Matt  

      Coucou

      Merci de ton retour.
      J’espère bien te donner envie de continuer. Tu as de quoi faire^^
      Oui Magnus compose des ambiances vraiment top parfois. Tiens bah jette un oeil aux 25 premières pages du tome 11 par exemple, ça déchire (mon scan « une Satanik perturbée » est tiré de là) De nuit, dans un manoir qu’elle s’est achetée, ambiance sinistre de vieux château, la classe totale sur les 25 pages.

      Après bien sûr il y a des aventures plus « urbaines » avec moins d’ambiance, mais ça reste très sympa.
      J’ai fait autant d’épisodes parce qu’au final une partie du charme de la série vient aussi de son côté feuilleton je trouve.

      Pour la BO c’est tout écrit^^
      Bruno Nicolai le compositeur.
      Et le film bah…La dama rossa uccide sette volte (la dame rouge a tué sept fois)
      Inédit chez nous (enfin…il y a eu une VHS à une époque mais bon…) C’est un giallo que je pense regarder, on peut le trouver bricolé sur le net à partir d’un blu-ray anglais.

  • Franz  

    Vous analysez très bien les motivations à se plonger dans une vieille bédé qui, passée par la patte de Magnus, conserve toujours un grand pouvoir d’attraction. Votre travail est remarquable et c’est un plaisir de vous lire.

    • Matt  

      Eh bien merci pour ce retour, ça fait plaisir.
      Content que ça vous ait plu.

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