Le défi Nikolavitch : A quoi servent les Crossovers ?

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(C) Mattie-Boy

Le défi Nikolavitch : D’un crossover l’autre

AUTEUR:  ALEX NIKOLAVITCH

Chaque mois, Alex Nikolavitch, traducteur, romancier, essayiste, scénariste et guest de Bruce Lit est mis au défi de répondre aux plus grandes énigmes de la culture comics.

On m’a demandé récemment pourquoi on ne bitait plus rien aux crossovers de chez Marvel et DC. Et je crois que la question est mal posée. Il faut penser plus large, définir les vrais enjeux cosmiques de ces conflagrations gigantesques et régulières.

C’est vrai que c’est souvent un bordel sans nom. ©DC Comics

C’est vrai que c’est souvent un bordel sans nom.
©DC Comics

Car le vrai drame, le voilà : nous arrivons à une crise majeure dans l’histoire des comics, il n’y a plus de noms de crossovers disponibles. On est obligé de les recycler, comme pour les canettes de binouze. Vous regardez les War Secret XIII, Multi Crisis et autres Infinity Carnage, et vous constaterez sans peine qu’on n’invente plus de noms de crossovers originaux, c’est fini, tout ça. C’était avant ! Quand on était jeunes, Jeff, quand c’était le temps… enfin bref.
On a peut-être abusé du crossover avec le temps.

Pourtant l’idée était pas mal et pas nouvelle. L’Iliade, vous connaissez ? Un méga event avec des héros venus de toutes les cités grecques ! Et rien ne sera plus jamais pareil après ! Les Argonautes, pareil, un super combo permettant de mixer les pouvoirs d’Orphée, d’Hercule et autres, oui Monsieur ! Et D’Artagnan contre Cyrano c’est 1925 (par le fils de Paul Féval, qui a écrit des Fils de Lagardère) (c’est Paul Féval qui écrivait Lagardère, et son fils qui a écrit le fils, je sais pas si je suis clair, là) (bref. Paul Féval fils a aussi donné dans le super-héros avec les aventures de Félifax, l’homme-tigre) (tout se recoupe).

Alors où est-ce que ça a déconné ? Où est-ce qu’on s’est plantés ?
Alors John Byrne, mais il est peut-être un peu de parti-pris, vous dirait que tout ça c’est la faute à Jim Shooter. Ce qui est un peu réducteur. Mais on va quand même prendre ça comme point de départ.
En 1984, Shooter est rédac’chef de Marvel depuis 6 ans. Un contrat de licence avec Mattel pour une série de figurines articulées est en cours de négociation, parce que c’est l’époque où les figurines Star Wars ou Master of the Universe partent comme des petits pains chauds en hiver, et qu’il faut suivre le mouvement.

La mère de tous les crossovers ©Marvel Comics

La mère de tous les crossovers
©Marvel Comics

Mais pour emporter le morceau, il faudrait un événement éditorial auquel associer le lancement des jouets, pour créer une marque, et il faut donc un titre qui claque. Et comme les figurines incluront aussi bien des X-Men que des Vengeurs ou des Fantastiques, l’idée est d’avoir une série réunissant momentanément tout ce petit monde, avec « Wars » quelque part dans le mix parce que comme je le disais, les jouets Star Wars ça marche encore bien. Le résultat s’appellera Secret Wars et le reste c’est de l’histoire. 12 épisodes, plus des tie-in dans une dizaine de séries, et une suite encore plus touffue l’année suivante. Et plein de dollars pour Marvel.

C’est là que ça devient rigolo. Marvel, historiquement, a longtemps été à la traîne de DC en termes d’idées. Même les Fantastic Four, pour révolutionnaires qu’ils aient été, n’ont été créés que pour sauver une boite en faillite en surfant sur le succès de la Justice League.
Mais au milieu des années 80, la situation s’est plus ou moins inversée. DC patine un peu, vit sur ses acquis et le sait. Les personnages vieillissent, et les séries « jeunes » comme les Teen Titans de Wolfman et Perez lorgnent complètement sur le côté Soap décomplexé des X-Men de Claremont. Alors le crossover qui cartonne suscite des envies. Du coup, le résultat sera Crisis on Infinite Earths, qui en profite pour rebooter un univers considéré comme trop touffu et donner un coup de jeune à ses vedettes, notamment Superman, Wonder Woman et Flash (le travail sur Batman se fera d’une façon subtilement différente et commencera par un coup de vieux, Dark Knight Returns, mais c’est une autre histoire).

Faut que ça charcle, sinon c’est pas la peine de se déplacer. ©DC Comics

Faut que ça charcle, sinon c’est pas la peine de se déplacer.
©DC Comics

Et en ce qui concerne Crisis, il y a clairement un avant et un après. Si Marvel commence à organiser de nouveaux crossovers, comme Secret Wars II, DC les systématise directement avec Legends, Millenium et d’autres, renforçant la cohésion de son univers censément tout neuf, mais dont les coutures craquent déjà aux entournures.
La fin des années 80 est marquée par une multiplication de ces événements, qui servent aussi bien à promouvoir les annuals qu’à faire avancer les storylines globales de groupes de titres, comme la pléthore de revues consacrées aux Vengeurs ou aux X-Men ou à relancer les ventes des titres les plus faibles.
Entretemps, les remplaçants de Shooter, DeFalco puis Harras, sont revenus sur une partie des changements de sa période au niveau de l’évolution des personnages, via une approche « back to the basics » mais ont conservé le crossover régulier.

Puis vient le début des années 90, la fuite des « cerveaux » vers Image, et la multiplication des gadgets éditoriaux, covers brillantes et alternatives, crossovers alambiqués et gratuits, relaunchs intempestifs, multiplication de personnages identiques, qui finissent par faire s’effondrer le marché. Marvel est en faillite. Et si notre histoire commence avec un deal pour des figurines, il est intéressant de noter que ce chapitre se clôt sur la mauvaise gestion de la maison par son nouveau propriétaire, justement un fabriquant de jouets.

 Cas particulier, ce cross-là a surtout servi à balayer toutes les innovations précédentes de Claremont. ©Marvel Comics

Cas particulier, ce cross-là a surtout servi à balayer toutes les innovations précédentes de Claremont.
©Marvel Comics

Les gros crossovers de la période sont des monstres boursouflés et inutiles, de Maximum Carnage (qui m’a conduit à abandonner pour longtemps la lecture des titres consacrés à Spidey), Onslaught (qui réorganise en profondeur l’univers Marvel, mais pas pour très longtemps) ou l’interminable Clone Saga, qui se termine en eau de boudin faute de courage éditorial. Scénaristes et editors naviguent désormais à vue et les bonnes choses (comme les Thunderbolts) ne parviennent pas à redresser la barre.

L’éditeur brade les droits ciné et attend la mort. Son salut viendra d’un de ses petits labels, Marvel Knights, dirigé par Joe Quesada et Jimmy Palmiotti qui démontre qu’on peut encore faire fonctionner ses personnages à condition de les respecter et de les traiter convenablement. Quesada est rapidement bombardé boss et se lance dans une politique mettant en avant les scénaristes : Ennis, Bendis, Stratzsc… Scracz… JMS, quoi… Morrison, puis Brubaker… redonnant du lustre à toute la ligne. L’heure est aux runs longs, relativement indépendants de la continuité générale, et il y a une règle : plus de crossovers gratuits (et une autre règle : « Bucky reste mort ») (on sait comment ça a tourné).
Et pendant quelques temps, ça tient. Les premiers crossovers ont de l’ambition : Avengers Disassembled, par exemple qu’on l’aime ou pas, permet de relancer durablement les séries concernées, de leur donner une direction nouvelle.

Chez la Distinguée Concurrence, on a adopté une autre méthode. Le système de grandes sagas répercutées sur toute une famille de séries, bien mis au point avec Death of Superman et Knightfall, a trouvé son apogée avec No Man’s Land. Mais des sagas sans intérêt comme War Games ont fait retomber le soufflé.
Et là, comme par coïncidence, aux alentours de 2005, les Big Two veulent revivifier le truc. Et donc se tournent vers leur passé. Un Secret War et un Infinite Crisis sont lancés. Ils vont signer la mainmise de Bendis chez Marvel et de Johns chez DC. Créer l’évènement, alors que les comics sont en perte de vitesse depuis dix ans et que le cinéma ne parvient pas encore à remettre les super-héros au centre du jeu, tel est le but de ces nouveaux crossovers.
Chez Marvel, il faut admettre que ça a de la gueule : chaque crossover annuel pose les germes du suivant, avec House of M qui crée des conditions de défiance tournant au conflit ouvert dans Civil War, conflit dont on découvre qu’il a été attisé par les Skruls préparant Secret Invasion, une invasion qui déclenche le Dark Reign, lui-même abattu dans Siege… Et les scénaristes de laisser entendre que tout ça participe d’un grand plan, d’une vaste tapisserie. Bon, le problème dans ces cas-là, c’est de ne pas se prendre les pieds dans le tapis, bien sûr. Et le fait que ces grosses machines impactent des séries au point de les rendre parfois illisibles. Ou de torpiller les plans de leurs auteurs : c’est ce qui arrive à Scratczt… JMS sur Thor, qui a complètement réinventé les enjeux de la série et commence à entrer dans le dur, mais qui lâche l’affaire quand il voit Bendis faire mumuse avec ses jouets dans Siege. Quelques séries parviennent néanmoins à passer entre les gouttes, comme Daredevil, mais des titres comme Iron Man ou Captain America se retrouvent à délocaliser une partie de leur développement dans les events, sans parler de New Avengers qui n’existe plus que comme rampe de lancement des concepts des cross.

 On mixe trois univers en un seul et on supprime des slips au passage. ©DC Comics

On mixe trois univers en un seul et on supprime des slips au passage.
©DC Comics

L’emballement de la machine est tel, chez Marvel, qu’on envisage une refonte/relaunch façon DC. Je n’en parlerai pas plus ici, parce que je n’ai pas réussi à m’intéresser ni à Infinity (j’en ai lu deux ou trois épisodes avant de lâcher l’affaire, n’ayant pas réussi non plus à lire les Avengers de Hickman qui préparaient interminablement le truc, j’ai trouvé que tous les héros avaient enfilé la cape d’imbitabilité), ni à AvX (dont les enjeux, vu des quelques séries que j’ai picorées qui y faisaient allusion, me semblaient débiles), ni à Civil War II (dont je n’ai même pas vraiment compris pourquoi les personnages se bastonnaient), ni au nouveau Secret Wars (dont j’ai lu quelques minis quand j’aimais les auteurs) et de fait, je n’ai rien lu chez Marvel depuis la fin du Surfer de Slott (faut que je rattrape mon retard sur les Thor et les Doc Strange d’Aaron, et que je voie ce que fait Waid en ce moment, et les FF de Slott, mais sinon rien ne me fait envie) (ah, si, Monsieur Bruce m’a prêté Secret Empire, qui est sur ma pile). J’ai le même sentiment de trop plein qu’au moment de Maximum Carnage et de Phalanx Covenant.

Chez DC, le problème est inverse : ils assument de ne pas avoir de grand plan. Et quand Morrison leur en propose un avec un reboot de l’univers à la fin de Final Crisis, ils refusent, avant de recycler l’idée à la fin de Flashpoint. Sans pouvoir tout rebooter, parce qu’il y a les storylines de Johns en cours sur Green Lantern et de Morrison sur Batman, ce qui génère de l’incohérence en pagaille.
Les cross qui suivent sont inégaux. Forever Evil est assez chouette, mais Future’s End est interminable, je n’ai pas compris de quoi parlait World’s End (que j’ai confondu au départ avec le précédent) et j’ai même oublié le titre du pseudo Secret Wars mitonné en urgence au moment du déménagement de l’éditeur. À moins que ça ait été World’s End, justement. Oh et puis fuck it. Et j’ai pas été voir ce que racontait le crossover de Johns avec le DC Universe et les Watchmen, mais ça c’est juste parce que je flippe de la malédiction de Glycon.
Hein ? Non, je ne lis pratiquement plus de DC non plus. Je ne suis plus attiré que par des trucs hors continuité, comme le White Knight ou ce genre de trucs.
Mais c’est pas le sujet.

Alors vous me mettrez deux celestials, un titan fou, un bouffeur de planètes et une entité universelle et l’addition, s’il vous plait. ©Marvel Comics

Alors vous me mettrez deux celestials, un titan fou, un bouffeur de planètes et une entité universelle et l’addition, s’il vous plait.
©Marvel Comics

Alors, les crossovers, ça a rarement été génial, on va pas se mentir. Le premier Secret Wars, c’est pas phénoménal. Et le premier Crisis, ça vaut surtout par le caractère épique du jeu de massacre. Et la dynamique actuelle des univers partagés fait que les changements apportés à ces occasions ne sont pas voués à durer. Le costume noir de l’Araignée, la mort de Flash ou de Captain America, l’accession au pouvoir d’Osborn ou de Luthor, tout ça n’est plus qu’un trompe l’œil auquel on ne croit plus, parce que ce sera annulé un, deux ou quatre ans plus tard par un autre scénariste, quand ce n’est pas une pirouette (parfois brillante, voir les Captain America de Nick Spencer) dont on sait qu’elle cache un truc.

Mais comme je le disais, les crossovers, on le sait que c’est pas top, neuf fois sur dix. Et on y va quand même.
Alors la vraie question est là. Pas dans « pourquoi les crossovers c’est pourri », mais dans « qu’est-ce qu’on cherche dans un crossover ? » Perso, j’ai bien aimé Siege et World War Hulk parce que c’était de la bonne grosse baston de super-héros complètement décomplexée. Fear Itself, ça aurait été vachement bien si ça avait été un arc de Thor en 4 numéros et pas un cross à rallonge. La trilogie Infinity Gauntlet a toujours une place à part dans mon cœur.
Un crossover peut faire une histoire distrayante et spectaculaire, et comme on le bourre de personnages, il faut le bourrer d’enjeux. Et d’enjeux balaises de préférence. Fin du monde, fin de l’univers, massacre général, extinction de l’espèce, chute d’un dieu… On ne peut pas faire un crossover sur la prothèse de hanche de Tante May, quoi. Le problème, c’est que la démultiplication des enjeux ET des crossovers, qui fait que la Terre toute entière manque de disparaître trois fois par an. Et comme il faut aussi des enjeux dans les séries régulières, Doc Strange repousse Dormammu deux jours après que Vengeurs et Fantastiques aient renvoyé Galactus chez lui, et le mois d’après les X-Men devront déjouer une invasion par une branche déviante des Shi-Ar.

Avouez, c’est ça qu’on aime, en fait. La castagne géante. ©Marvel Comics

Avouez, c’est ça qu’on aime, en fait. La castagne géante.
©Marvel Comics

D’autant que contrairement à une série régulière, un crossover ne permet pas de développer les personnages dans leur quotidien. On n’y trouvera pas les matchs de base-ball et les sorties à la cafète des X-Men, ni les problèmes de licence de Matt Murdock ou les coups de gueule de Perry White et la cuisine d’Alfred. D’où ce caractère assez souvent bancal, touffu, qu’une plus grande longueur ne permet pas de régler parce qu’elle n’amène qu’une multiplication de péripéties.

Du coup, on attend toujours un peu trop d’un crossover. Et pour peu qu’il soit mal fichu, parce que le scénariste a pas eu le bon cahier des charges, que les collègues en charge des autres séries n’aient pas joué le jeu, ou que la fin ait été changée au dernier moment pour des raisons éditoriales, c’est la cata.
Mais on y retourne. On veut une dose. Tant pis si c’est préparé avec la subtilité d’un kebab graisseux pris à la sauvette dans un quartier interlope. Sauf qu’au prix actuel des comics, c’est souvent un peu moins cher d’aller se taper un kebab. Et que ça s’appelle Doner ou Gyros, on demande de toute façon frite-sauce-blanche.
Alors à quoi bon trouver de nouveaux noms, hein ?

——-

Tout le monde trouve ça con, inutile, agaçant , souvent mal écrit et sans aucun effet à long terme. Et pourtant 40 ans après Secret Wars, DC et Marvel continuent d’user et d’abuser du crossover !
Allo, Alex Nikolavitch ? Mais ça sert à quoi un crossover alors ?
Réponse dès septembre dans un nouveau défi Nikolavitch, uniquement sur Bruce Lit !

Illustration sonore :

41 comments

  • Présence  

    J’aime beaucoup cet article qui commence par proposer de penser plus large. Par contre je suis un peu décontenancé par la mise en accusation de John Byrne qui n’est pas suivi d’effet. On reconnaît tout de suite la patte de l’auteur quand il ose, dans un même article, faire référence à Paul Féval et indiquer qu’il a apprécié World War Hulk pour ce qu’il est.

    Même si je ne mange pas de kebab, je fais partie de ces lecteurs qui reviennent régulièrement pour leur dose de crossover. Je trouve qu’avec les années qui passent, quelques uns sont de mieux en mieux construits, à commencer par celui de Jonathan Hickman, et ceux de Grant Morrison dont l’excellent Multiversity.

    • Nikolavitch  

      C’est pas une accusation, plus une espèce de vanne, pour Byrne et Shooter.
      Sur le fait de passer de WWH à Féval , j’assume complètement , c’est même une clé de mon approche de la pop culture

      • Présence  

        Ma remarque sur Féval & WWH était pensée comme une marque de respect car je serais bien incapable d’en faire autant.

        • Nikolavitch  

          Ah, mais je ne l’ Pas mal prise, mais en effet, j’adore ces collisions

  • Eddy Vanleffe  

    le défaut de certains crossovers, c’est qu’il faut être un fan fou furieux du truc pour bien tout comprendre…
    Final Crisis oublie absolument d’être pédagogue et c’est imbitable.
    Multiveristy doit être un régal de mythologie…

    j’aime bien Blackest Night pour ma part… les crossovers Bamtan ou les mutants (pas tous mais certazins d’ente eux qui j’ai suivi en fait)
    sinon les Events, je dois dire que comme CIVIL WAR a été pour moi une fracture claire et nette dans mon addicton aux comics. ça été une sorte de Rubicon, la fin de mon idylle avec les apports britanniques sur le comics…
    Red Richards et ses camps de concentrations dans la zone négative… Ok the dream is over….

    • PierreN  

      « On ne peut pas faire un crossover sur la prothèse de hanche de Tante May, quoi »

      Chiche. :D

      « et les FF de Slott »

      Quid de son Iron Man ?

      En général, je dois avoir un faible pour les crossovers mutants de la fin des 80′s (Inferno, Mutant Massacre, etc…) là où les plus récents me plaisent rarement (sauf Schism, bien au-dessus des purges comme Battle of the Atom ou Necrosha). L’intérêt d’AoA varie en fonction des équipes créatives et des axes narratifs des différents titres.
      Mes préférées sont finalement les plus axées sur le pôle cosmique : ceux de Giffen & DnA, Operation Galactic Storm (un espèce de lointain héritier de la Kree-Skrull War, dont l’ampleur épique préfigure celle des events à venir, de même que la Korvac Saga de Shooter comme ancêtre de son Secret Wars), et bien sûr Infinity Gauntlet (encore plus fan de Thanos Quest ainsi que du corpus 70′s de Starlin sur Thanos), là où ses suites à rallonge sont de moins en moins convaincantes.
      World War Hulk ne pète pas plus haut que son cul effectivement et assume cet aspect bourrin.

      • Nikolavitch  

        Pas encore lu son iron main ni ses ff
        Ça viendra

        • Matt  

          Les gardiens de la galaxie aussi, les premiers de Gerber. Qui ont débuté avec des crossovers pour installer les personnages en douceur, et qui ont permis de leur donner une série ensuite.

          D’ailleurs ouais tiens, ne peut-on pas considérer que les crossovers existaient avant Secret Wars lorsque des équipes se réunissaient ? Comme les gardiens qui vont rencontrer les Défenseurs.
          ça peut donner une autre fonction au mini crossover : faire connaître de nouveaux persos que personne n’aurait voulu suivre s’ils n’avaient pas débuté auprès de personnages déjà connus ?

      • Matt  

        Comme Pierre je suis fan des crossovers cosmiques. Déjà je trouve qu’ils sont plus simples à suivre. Les héros terrestres sont rarement au centre (et ce sont eux qui ont la continuité la plus chiante)
        Dans le old school, outre Spider-man, je crois que le cosmique c’est ce que je préfère. Surtout Gerber et Starlin.
        La collection Hachette est chouette pour ça : Captain Marvel avec les premières sagas Thanos, la mort de Captain Marvel, le Warlock de Starlin.
        Et puis bien sur le silver surfer de Starlin avec le retour de Thanos, le gant de l’infini, etc (bon…la guerre et la croisade de l’infini, c’est pas génial par contre)
        Puis hop les Annihlation de DnA, War of Kings, Realm of Kings, Thanos Imperative. Du bon tout ça !

        • Nikolavitch  

          j’adore les délires cosmiques.

          et je rêve, ou ton illus de titre devient ultra méta, là ?

          • Matt  

            Meta et feignasse, comme un crossover^^ Juste repris des versions alternatives pour un crossover interdimensionnel entre les multiples Nikolavitch.

          • Nikolavitch  

            Crisis on infinite Vitch !

  • Tornado  

    Je me suis remis aux comics de slips mainstream avec Civil War. Et à la 1° lecture, j’avais été très impressionné et je pensais que c’était génial le slip contemporain, et que ça allait le rester.
    Et puis, un World War Hulk, un Secret Invasion et un Siège plus tard, je laissais tomber (et je ne parle même pas des trilogies du Messie que je me suis tapé, et encore moins des Onslaught, Death of Superman, Knightfall et autres Clones Saga que je me suis infligées par pure curiosité intellectuelle…). Une petite rechute avec AvX vendu comme l’aboutissement de l’ère Quesada, et pis terminé.
    Pas aimé les Starlineries non plus.
    Ai essayé Hickman (son début sur les Avengers) parce que l’ami Présence était à fond dessus, mais j’ai vite lâché l’affaire.

    Aujourd’hui, rien que le terme « Crossover » ou « event » me fait partir en courant (parfois en hurlant).
    Heu… Par contre je ne suis pas hyper solidaire de ce regain d’engouement pour les World War Hulk et autres Secret Invasion sous prétexte que c’est de la baston décomplexée. C’était quand même bien mauvais (pour moi en tout cas). :D

    Mais je suis certain d’essayer Multiversity. Parce que le pitch me branche bien et que j’ai lu les Action Comics de Morrison, et que sa JLA et son Batman m’attendent sur mes étagères.
    Mais rien d’autre ne me fait plus envie que ce soit chez Marvel ou DC. Justement à cause de ces crossovers à la noix…

  • Tornado  

    Ah, quand même, j’ai oublié de préciser qu’avec le recul, le meilleur crossover pour moi, le seul que je continue d’adorer on va dire, c’est House of M.

    • Matt  

      Pareil pour House of M. Et j’aime bien Civil war aussi même si c’est devenu une manie de lui taper dessus. Alors ok c’est pas the best comics ever, mais comparé aux suivants…ça reste dans les meilleurs.

      • Tornado  

        Je trouve aussi.

  • Bruce lit  

    Un récit complet Nikolavitch avec toute une partie de l’histoire DC que je ne connaissais pas. Je n’avais jamais fait le rapprochement entre les deux Wars (Star +Secret).
    Je n’ai jamais aimé les crossovers, même enfant, ça me faisait l’effet d’une page de pub en plein milieu d’un truc intéressant. L’une des qualités de Claremont aura de toujours su rebondir sur ses pattes suite à ces figures imposées, notamment avec Colossus qui fait les cornes à Kitty dans l’espace.

    Alex, pour discuter le bout de gras, je situe les prémices des premiers crossvers Marvel avec le Mariage de Reed et Sue dans les FF : tous les gentils vs les vilains. N’oublions pas non plus le tournoi des champions.

    Globalement, les cross Xmen étaient plutôt pas mal, ma préférence allant au Chant du Bourreau (tout simplement parce que les équipes annexes étaient purement et simplement écartées.) . Ce qui était bien avec Claremont et Lobdell c’était toujours les épilogues plus intimistes, aussi doux qu’une réconciliation après une querelle amoureuse.

    J’ai souvent lu aussi que le cross permet au néophyte de se familiariser avec plein de personnages pour ensuite rentre dans leurs séries. C’est un argument que je peux comprendre en le comparant au fait que je sois entré chez les Beatles et les Stranglers via un Best Of.

    La BO : je ne suis pas le plus grand fan de Hendrix mais je trouve cette reprise mollassonne et un peu plate.

    • PierreN  

      « je situe les prémices des premiers crossvers Marvel avec le Mariage de Reed et Sue dans les FF : tous les gentils vs les vilains. N’oublions pas non plus le tournoi des champions. »

      Et les Avengers contre les Defenders en 1973.
      On peut même remonter encore plus loin ; le premier affrontement entre Namor et Jim Hammond la 1ère Torche Humaine en 1940 (les deux premiers surhommes plus ou moins ex-aequo de Timely), c’est du proto-crossover avant l’heure (menant en plus à la formation du All-Winners Squad, bien avant l’équipe rétroactive que sont les Invaders de Roy Thomas).
      Marvel refait le coup 20 ans plus tard, dès lors que la 1ère rencontre de Hulk et de Namor avec les FF remet leur conception de l’univers partagée au premier plan (Hulk n’ayant plus de série fixe, il se mit à squatter les séries des autres pendant un temps), jusqu’à ce que la réunion des Avengers entérine ce modèle « best-of/all-stars », déjà établi par la concurrence (JSA/JLA).

  • Eddy Vanleffe  

    C’est quand même rigolo qu’ avec des motivations opposées, des réflexes antagonistes on en devienne quand même par être d’accord… :)
    Moi aussi j’ai repris parfois sporadiquement avec une sorte de… curiosité? mais non …
    Moi aussi House of M, je continue de bien aimer…
    Secret Invasion je l’ai pas lu, j’ai lu les séries qui en parlaient mais j’ai pas fait le magazine en lui-même…
    Fera itself, non merci. pas moyen.
    Wolrd War Hulk, j’ai été déçu par le retour à la normale en cinq cases… si Hulk met un tel bordel, y ‘a pas moyen de revenir en arrière…
    Siege, j’ai pas eu envie non plus…

    Par contre j’ai voulu faire Secret wars 2015 en entier. comme un jeu. c’était une sorte de pari à la con. Panini avait tout bouclé avec une dizaine de mags sur cinq mois…
    c’était rigolo et certaines séries étaient réussies.
    la fin de la série principale n’est pas la hauteur de l’ambition de l’auteur, mais il y avait de l’envie.
    Depuis. plus rien. fini.

    • Matt  

      Ce qui m’empêche de lire World war Hulk, c’est aussi cette idée que les héros sont devenus des connards quand même. Iron man et Red Richards sont quand même au delà de toute rédemption. Enfin…Iron Man devient amnésique dans sa série et ça permet de le « rebooter » en quelque sorte. M’enfin…
      ça donne envie d’ignorer ces crossovers salissants et de se focaliser sur des séries qui ont d’autres idées que de transformer tous les persos en enfoirés.

      Au moins les vieux crossovers n’étaient pas juste prétexte à faire faire des saloperies aux héros. Et il y avait de vrais méchants, et pas juste des héros qui se tapent dessus.

      • Bruce lit  

        C’est la grande tendance de cette dernière décennies : Marvel a proposé des histoires de Super Anti-Héros.

        • Matt  

          Civil War je trouvais que c’était intéressant parce que ça posait la question de la légitimité des super-héros, et techniquement les méchants de l’histoire ne faisaient qu’obéir aux lois du gouvernement…comme on le fait tous en fait.
          Difficile de se dire qu’on va lancer une révolution parce que les lois ne nous plaisent pas. Enfin beaucoup le disent mais personne ne le fait. Du coup les conflits d’idées politiques c’était moins facile de les juger comme « bons » ou « mauvais ».

          Mais quand ils agissent d’eux-mêmes pour balancer Hulk dans l’espace…hum…argh…ben…
          Bon ok Hulk est un danger public et une brute mais euh…bon…argh…quand même quoi…
          Putain Namor n’a pas voulu le faire. Mais Reed Richards, Iron Man et le fucking Dr Strange l’ont fait. Même Strange bordel, le sage et réfléchi. Eddy dirait que c’est du putaclick^^ ça surprend et choque, ça pousse à aller lire le truc. Mais à terme, tout le monde est sali.

  • Jean-Paul Jennequin  

    Intéressant article, sur lequel je ferais juste une ou deux remarques.
    D’abord, ta remarque « Même les Fantastic Four, pour révolutionnaires qu’ils aient été, n’ont été créés que pour sauver une boite en faillite en surfant sur le succès de la Justice League. » n’est pas exacte. Effectivement, les Fantastic Four ont été créés pour surfer sur le succès de la Justice League (et plus largement des super-héros de deuxième génération) chez DC. Par contre, que Marvel ait été en faillite en 1961, où as-tu été pêcher ça ? S’il y a bien eu une « implosion » d’Atlas/Marvel, elle date de 1957. En 1961, la section comics de la maison d’édition (qui publiait aussi pas mal d’autres trucs dont des « men’s magazines » qui marchaient plutôt pas mal) était limitée par son contrat de diffusion à la publication d’une douzaine de titres par mois, mais ces titres se vendaient suffisamment bien pour l’époque et quand ce n’était pas le cas, on les arrêtait (exemple : Amazing Fantasy/Amazing Adult Fantasy arrêté au numéro 15).
    Autre remarque : le mot « crossover » a, à l’origine un sens qui est, me semble-t-il, assez différent de celui d’aujourd’hui. Quand tu cites la rencontre Human Torch/Sub-Mariner ou celle des Avengers et des Defenders, ce sont ce que j’appellerais des crossovers « à l’ancienne », c’est-à-dire le « crossing over » d’une série dans une autre. Depuis Secret Wars, « crossover » me semble devenu peu ou prou synonyme d’ »event ». Mais par exemple, la Saga du Clone ne concernait que les titres Spider-Man et était plutôt une storyline à rallonge qu’un « vrai » crossover » puisqu’il concernait un seul et même personnage. Mais c’est vrai que la distinction n’a guère d’intérêt puisque la plupart de ce que l’on regroupe sous le vocable de crossovers depuis Secret Wars et Crisis sont aussi des « events ».
    Tes remarques sur Secret Wars et ses origines dans une ligne de jouets (tout comme Super Powers chez DC) m’ont paru d’autant plus pertinentes que tout le principe du crossover m’a toujours semblé relever de la même logique que celle de l’enfant qui imagine une histoire réunissant les jouets dont il dispose. Alors qu’importe si Batman, Robin, Spider-Man et Spawn ne sont pas à l’origine dans le même « univers » ! On va leur inventer une aventure ensemble.
    Mais c’est sûr que si cette logique est à l’origine du principe du crossover, ce qui préside aux destinées du crossover depuis Secret Wars et Crisis, c’est la volonté éditoriale de mettre en place des changements durables dans l’univers imaginaire. Et comme tu le fais fort bien remarquer, les changements en question sont de moins en moins pris au sérieux (et de moins en moins durables) par les lecteurs qui voient bien, au bout de quelques années de lectures de comics, ce qu’il en est vraiment. On en revient à ce qu’avait dit Stan Lee : qu’il faut donner au lecteur l’illusion du changement, pas la réalité.

    • Nikolavitch  

      Où Jean-Paul démontre en quelques lignes qu’il demeure le boss en matière d’érudition comiquesque.

      Oui, j’exagère clairement, sur la situation de Marvel en 61…

      et en effet, idéalement, un crossover, c’est une histoire qui se déroule à cheval sur plusieurs séries, mais le terme a un peu bavé et fait tache d’huile…

      • Bruce lit  

        Si mon Lavitch se goure, je veux bien être gourd, gourd, gourd (100 points à qui trouvera le clin d’oeil à une célèbre série Vertigo).

        • PierreN  

          @Bruce : 100 Bullets ?

          • Bruce lit  

            Putain balèse Pierre ! respect !
            Quel arc ?

          • PierreN  

            Euh… celui avec le vendeur ambulant de glaces ?
            Mais il signifie quoi ce mot concrètement ? J’ai l’impression qu’il est resté tel quel en VF, donc il n’a peut-être pas d’équivalent…

          • Bruce lit  

            Nannnn !
            C’est celui avec Milo Garett dans Le bal des marionnettes. Jeremy Manesse le traduit je pense au sens de « Numb ».

  • Matt  

    Sinon moi j’en suis bien content de la frilosité sur la saga du clone. Parce que la décision de dire que le clone était en réalité l’original, ça me dérangeait pas mal pour la raison suivante :

    -depuis 1975, on aurait donc suivi les mésaventures du clone, c’est lui qui se marie avec MJ, qui a une aventure avec la chatte noire, qui dit adieu à Harry Osborn, etc. Et parce que d’un coup on nous révèle qu’il est le clone, on l’aurait dégagé de l’équation et on aurait suivi les aventures d’un autre ? Comme si le status de clone signifiait que le perso ne méritait plus sa série. Moi ça me posait souci. ça veut dire qu’un clone n’est pas un personnage digne et que notre attachement pour lui et les aventures qu’il a vécu entre 1975 et 1995, ça n’avait pas d’importance et on devait d’un coup suivre un perso qu’on n’avait pas vu depuis 20 ans à la place ? Un mec qui avait techniquement vécu moins de choses entre 1964 et 1975 et une seule série, alors que l’autre aurait eu 20 ans d’aventures sur 2 puis 3 séries ?

    Bref si l’idée que le Peter de 1975 à 1995 était le clone avait été conservé, je n’aurais pas digéré le fait qu’il se fasse dégager au profit de la « vraie » version.

    • Nikolavitch  

      le problème de la frilosité n’est même pas là : il est que quelqu’un ait proposé l’idée, que la boite ait dit « okay », puis qu’elle ait fait machine arrière en cours de route, imposant une conclusion mal foutue. il fallait soit refuser l’idée d’emblée, soit aller au bout (quitte à imaginer trois ans plus tard un autre cross qui aurait réglé le truc)

      • Eddy Vanleffe....  

        C’est juste une impression mais j’ai parfois l’impression que c’est le cas d’un crossover sur deux. j’ai eu cette impression sur notamment sur World War Hulk et Secret Wars…
        mais c’est intuitif, pas du tout basé sur des rumeurs…

  • JP Nguyen  

    J’allais faire ma petite remarque pour distinguer crossover et event mais Jean-Paul Jennequin m’a devancé.
    Il y a quand même une notion d’ampleur pour distinguer les deux. Et aussi de construction de l’intrigue : tous les chapitres se suivent-ils et sont-ils nécessaires à la compréhension globale ?
    A mon sens, le chant du bourreau ou, un peu plus récent, the omega effect, ne sont « que » des crossovers. House of M, Infinite Crisis, ce sont des events.
    Le dernier que j’ai lu, c’était Secret Wars de Hickman, et encore je n’ai pris que la série principale…

  • Matt  

    Et si jamais ils avaient décidé que les 2 personnages méritaient tout autant d’avoir leur série, ç’aurait fait 2 persos identiques, et déjà trop de Spider-men…

  • Jyrille  

    Comme d’hab : j’apprends plein de trucs, je suis épaté par l’érudition et la clairvoyance de Nikolavitch, et j’adore l’humour. Cette légende notamment : « Alors vous me mettrez deux celestials, un titan fou, un bouffeur de planètes et une entité universelle et l’addition, s’il vous plait. »

    Génial.

    Dans tout ce que tu cites, je n’ai lu que le premier Civil War et Fear Itself (en VO celui-là). Autant je pouvais encore comprendre Civil War, autant Fear Itself j’ai été perdu du début à la fin. Heureusement que les dessins sont agréables.

    La BO : je ne connais pas cette version mais j’adore le titre. Et il est très pertinent !

  • Jyrille  

    Ah et j’adore le dessin de Matt ! Bien vu !

  • Jyrille  

    Je vais lire un autre crossover (ou event car Jean-Paul Jennequin et JP ont raison) que je viens d’acheter : Final Crisis. J’ai un peu peur de ne rien comprendre, mais je voulais avoir les trois tomes puisque les deux premiers édités par Urban reprennent les Seven Soldiers of Victory uniquement. D’ailleurs j’ai trouvé que les dessinateurs des séries sur Frankestein, Mister Miracle et Bulleteer étaient moins bons (mais je pinaille, c’est juste que ceux sur les autres séries sont terribles).

    Et forcément je vais me prendre Multiversity même si j’ai les mêmes craintes.

    La remarque sur les jouets est super bien vu. Ca me fait penser qu’il y a deux reportages (enfin un c’est une série) sur les jouets Mattel et d’autres de notre enfance sur Netflix qu’il faut que je regarde.

    • Bruce lit  

      Le reportage est très chouette et complet. Je l’ai vu la semaine dernière.

    • Présence  

      J’aime beaucoup les dessins flamboyants de Doug Mahnke sur la série Frankenstein à qui il apporte une présence impressionnante, et un air tragique très convaincant.

      • Jyrille  

        Je suis d’accord. Mais le dessin est parfois surchargé (surtout dans le premier épisode) et dessert un peu l’action comme les personnages.

  • OmacSpyder  

    Voilà un article qui ratisse large, et qui a le mérite de poser comme crossover de départ rien que moins que l’Illiade! Avec la comparaison d’autant plus répandue après le décès de Stanley Lieber qui voit Stan Lee comme un Homère du XXème siècle, ce propos trouve une actualité d’autant plus manifeste.

    Le passage en revue des crossovers Marvel et DC offrant un regard global pour les situer dans l’historique des Big Two est une véritable prouesse. Elle permet d’englober cet engouement qui confine à l’emballement et dont les lecteurs prennent leur dose récurrente. Comme un shoot initial dont on chercherait à retrouver la première sensation!

    Le crossover offre-t-il une vision différente des superhéros? Quelle est cette dose magique qu’ils prétendent offrir au lecteur y plongeant régulièrement? De quoi sont-ils le symptôme?
    Le crossover offre la vérité. Rien de moins. La vérité d’un coup sur l’univers en question. Une vérité articulant celle des superhéros et de leur société à un temps T.
    Le temps présent durant de moins en moins longtemps, les crossovers se multiplient. C’est une accélération du temps.

    Le glissement subtil de la notion de crossover à celle d’event pourrait sembler anecdotique. Elle représente néanmoins le même glissement de représentation du temps que celui entre les actualités et la société de l’événement. Nous sommes dans une ère anhistorique, les événements de succédant sans faire sens, reléguant le temps d’avant non pas à l’histoire mais à l’amnésie. La commémoration récente du centenaire de l’armistice de 1918 à d’ailleurs suivi ce même traitement, glissant d’une réalité historique à un « Event », sous-titré régulièrement par les organes de communication « 100 ans de paix franco-allemande ».

    Nous vivons désormais un crossover permanent. Plus de gentils ni de méchants. Tout est en nuances de gris. Et les acteurs entrant en VS un instant changent à l’event suivant.
    Voilà à quoi servent aussi les crossovers. Nous rappeler dans quel temps nous vivons et ce que la fiction raconte de notre réalité glissant elle aussi comme une fiction sans cesse réinventée.

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