Le vrai visage de la Guerre (Le soldat inconnu de Joshua Dyssart)

Unknown Soldier par Joshua Dysart et Alberto Ponticelli

Une fiction tirée de faits hélas bien réels

Une fiction tirée de faits hélas bien réels

Par : JP NGUYEN

VO : Vertigo

VF : Urban

Cet article vous propose un survol de Unknown Soldier, série terminée en 25 numéros, publiée chez DC Comics dans la collection Vertigo de 2008 à 2010.

Ecrite par Joshua Dysart, connu pour être le scénariste de Harbinger , elle a été majoritairement dessinée par Alberto Ponticelli, avec des contributions ponctuelles de Pat Masioni et Rick Veitch.

Pour que vous gardiez le plaisir de la découverte de l’inconnu, nous essaierons de garder un maximum de spoilers cachés sous leurs bandelettes.

Sur Bruce Lit, nous vous avions déjà parlé du Soldat Inconnu, en chroniquant la mini-série de 1997  par Garth Ennis et Kilian Plunkett. Si le personnage principal de cette nouvelle série conserve une apparence familière avec un visage dissimulé par des bandages, il s’agit d’une itération assez différente, qui reprend le concept de base et le transpose dans un nouvel environnement: l’Afrique de l’Est du début des années 2000.

Ironiquement, au début du récit, ce nouveau « Soldat Inconnu » n’est ni soldat, ni inconnu ! En 2002, le docteur Moses Lwanga , médecin américain né en Ouganda et revenu sur sa terre natale, œuvre dans l’humanitaire et tente de sauver ce qui peut l’être au milieu d’une terrible guerre civile en Ouganda, opposant, au nord du pays, les forces du président Museveni aux rebelles de la LRA (Lord’s Resistance Army), dirigés par Joseph Kony, un fanatique religieux qui n’hésite pas à enrôler des enfants pour leur faire commettre les pires exactions.
Marié à Sera, ougandaise et médecin comme lui, Moses semble, malgré ce contexte difficile, mener une vie en parfait accord avec ses idéaux. Mais la nuit, il est hanté par des cauchemars de plus en plus violents.

Moses pensait pour échapper à son destin…

Moses pensait pour échapper à son destin…

Dans « Possédé » (#1-6), suite à une confrontation sanglante avec des enfants soldats, Moses pète les plombs, se transforme en Soldat Inconnu et entre en clandestinité pour mener sa propre guerre contre Joseph Kony. Le Soldat se retrouve ensuite au centre d’un complot visant à motiver une intervention de l’Occident dans le conflit ougandais en provoquant une plus grande exposition médiatique, même si cela doit passer par un «Meurtre pieux » (#7-12).

Forcément, l’opération planifiée ne se déroule pas tout à fait comme prévue et le Soldat doit ensuite se mettre au vert, enfin façon de parler, étant donné qu’il atterrit dans l’arrière pays ougandais, en pleine « Saison sèche » (#13-18). Enfin, rattrapé par son passé et retrouvé par ses véritables créateurs, le Soldat va saisir une ultime opportunité d’accomplir la mission qu’il s’était assignée, pour se rapprocher d’un « Monde parfait » (#19-25).

… mais le destin le rattrape.

… mais le destin le rattrape.

Les tomes de la VF bénéficient d’un contenu éditorial de qualité, avec les coulisses de la production de la série dévoilées par Joshua Dysart lui-même, des informations pour mieux comprendre le conflit ougandais, ainsi que des articles consacrés au personnage du Soldat Inconnu, signés par le traducteur Jérôme Wicky, dans les tomes 1 et 4 (dans ce dernier, l’analyse de l’ensemble de la série par Wicky est excellente). Même si ces textes ne sont pas indispensables pour la compréhension de l’intrigue, ils permettent de mieux mettre en perspective la démarche des auteurs et principalement du scénariste. J’ai trouvé le propos de Dysart plein de sincérité et d’humilité lorsque, évoquant le contexte du fort peu médiatique conflit ougandais, qui n’a hélas rien de fictif, il a avoué avoir tenté de se documenter du mieux possible tout en intégrant bien que, pour écrire une œuvre de divertissement, il devrait travestir la réalité avec un certain nombre d’artifices liés aux œuvres de fiction.

La marque du talent de Dysart, c’est qu’on n’aurait même pas besoin de lire sa postface pour être convaincu de sa démarche, qui à partir d’une idée aussi élimée que les bandages faciaux de son protagoniste (le concept de super-soldat créé par le gouvernement américain), a déroulé une histoire passionnante. Et même si la série se voulait régulière au départ et a subi un arrêt forcé, Dysart a eu suffisamment de temps préparer et raconter sa conclusion, pour qu’on ne ressente pas du tout un goût d’inachevé.

Un exécuteur impitoyable…

Un exécuteur impitoyable…

Son Unknown Soldier parle de la guerre, évidemment, mais le récit ne se concentre pas exclusivement sur l’action, les grandes manœuvres ou les champs de bataille. Il montre la révoltante réalité des enfants soldats et leur très difficile réhabilitation, pour ceux qui arrivent à déserter la LRA. Dysart s’intéresse aussi aux autres victimes, celles qui survivent aux exactions et qui doivent réapprendre à vivre. La politique, africaine et occidentale, est aussi évoquée, avec un bilan contrasté qui ne tombe pas dans le piège du tableau simpliste. Ces sujets ne sont pas faciles mais l’histoire les aborde par petites touches, par le biais de personnages forts que l’on suit tout au long de la série.

Il y a bien sûr Moses, le médecin devenu soldat, ce qui est une trajectoire assez inhabituelle. Au cours du premier arc, des flashbacks montrent un entraînement et un conditionnement mental qu’il aurait subi. Mais bien qu’étant doté de capacités remarquables, il n’est pas vraiment dépeint comme un véritable super-soldat. Ce n’est pas un Captain America ni même un Jason Bourne. En revanche, comme ce dernier, il est à la recherche de son identité. Le masque qu’il a revêtu est à la fois une force et une malédiction. Son visage emmailloté le singularise et lui confère une aura particulière avec une confiance en lui décuplée tout en le privant de visage et en annihilant sa personnalité.

Hanté par les morts qu’il a causées ou qu’il n’a pu éviter…

Hanté par les morts qu’il a causées ou qu’il n’a pu éviter…

Dans le second arc, Moses se lie avec Paul, un enfant soldat. Il cherchera à obtenir pour ce jeune garçon une rédemption qu’il sait à présent impossible pour lui. Sa route croisera aussi à plusieurs reprises celle de Jack Lee Howl, un ex-agent de la CIA qui a déserté après une mission ayant mal tourné au Congo. A l’idéalisme exalté du Soldat, Jack oppose son cynisme et son désabusement. Enfin, la femme de Moses, Sera, également médecin, est loin de rester cantonnée au rôle de la veuve éplorée. Elle mène une quête pour retrouver son mari disparu et peut compter sur Momolu Sengendo, reporter ougandais. On pourra noter que Sera et Momolu, les deux personnages récurrents les plus positifs de la série, ne sont pas du tout des guerriers.

Seuls les civils peuvent vraiment gagner la paix…

Seuls les civils peuvent vraiment gagner la paix…

Toutes ces pérégrinations se déroulent en Afrique et les illustrations d’Alberto Ponticelli nous font voyager dans des paysages à la fois beaux, sauvages et dangereux. Décors, personnages, véhicules, narration, le dessin de Ponticelli est efficace mais sans fioritures, il est totalement au service de l’histoire et ne verse jamais dans le gore gratuit (même si le sang coule à flots) ou dans la pose outrancière.

Ponticelli utilise un trait à la fois tremblé mais net, qui m’évoque une certaine parenté avec celui de Jock, mais en plus détaillé et moins contrasté. Dans ses planches, la violence est montrée crûment mais sans volonté esthétisante. Sur les numéros 13-14, c’est Pat Masioni, dessinateur congolais, qui prend le relais, avec une mise en couleurs de José Villarubia, qui vient un peu rompre avec l’aridité des épisodes précédents, amenant un supplément de texture et un côté onirique. Oscar Celestini, le coloriste régulier semble d’ailleurs influencé par le passage de Villarubia, car les épisodes suivants prolongent l’utilisation de cette palette plus riche en nuances.

Conclusion du numéro 21, avec la AK-47 en guest-star

Conclusion du numéro 21, avec la AK-47 en guest-star

Rick Veitch dessine un one-shot dans le numéro 21 pour illustrer les mille vies d’un fusil d’assaut Kalachnikov qui a circulé de mains en mains avant de se retrouver dans celles d’un enfant faisant face au Soldat Inconnu. Cet épisode à la fois fort bien documenté et raconté fait penser à du Garth Ennis (notamment par rapport à sa minisérie 303 ). Du côté des couvertures, les six premières de la série sont réalisées par Igor Kordey, avec des variants de Richard Corben, puis à partir du numéro 7, c’est Dave Johnson qui officie. Cet artiste est connu pour son travail sur 100 Bullets mais il a aussi réalisé les couvertures du Punisher MAX de Jason Aaron et de la maxi-série Fury MAX, My War Gone By.

Par son traitement assez réaliste et l’évocation de certains hauts-faits de la CIA, Unknown Soldier s’inscrit assez bien dans la lignée de la série de Garth Ennis et Goran Parlov. Je dirais même qu’elle fait montre d’une ambition encore plus grande en se consacrant à un conflit armé beaucoup plus récent et en brossant un tableau à la fois détaillé et contrasté.

Mais plus que d’un conflit en particulier ou de la guerre en général, Unknown Soldier nous parle des hommes (voire des enfants), qui orchestrent, font ou subissent la guerre. Que ce soit en transformant Moses le médecin, sauveur de vies, en faucheur, ou en montrant des enfants soldats ayant perdu à jamais leur innocence, la série nous interroge sur ce qui nous rend humain, ce qui donne la vraie force dans une existence. Dysart évite allègrement le message simpliste qui ferait de la force et la violence les solutions à tous les problèmes. En cela, l’œuvre reflète les convictions mais aussi les interrogations d’un auteur avouant être un pacifiste à mi-temps. Quelqu’un qui voudrait croire dans la vertu de la non-violence mais qui ne peut s’empêcher de songer que la force est parfois le seul recours valable.

Entre Moses et l’agent Jack : une alliance fluctuante

Entre Moses et l’agent Jack : une alliance fluctuante

En choisissant la voie du soldat, Moses finit par se perdre tandis que sa femme, partie à sa recherche, parvient à trouver la voie de l’oubli et du pardon. L’instinct guerrier de Moses lui est certes utile pour survivre à plusieurs batailles mais il l’empêche de reconstruire ensuite une existence qui en vaille la peine. Comme le Punisher d’Ennis , il se retrouve accro à la guerre, qui seule donne un sens à sa vie. Mais là où les récits du justicier à tête de mort subliment ce noir penchant pour lui donner une certaine utilité (dessouder des mafieux ou d’autres affreux), Dysart choisit le contrepied en montrant la vacuité de ce désir de violence justifiée. En cela, c’est un récit plus mature que beaucoup d’autres comics mainstream…

Une toile de fond (dédicace Tornado) réaliste très bien exploitée dans une histoire bien racontée et bien dessinée, alors pourquoi seulement quatre étoiles et demi ? Eh bien, disons que je suis un être faible. Avec l’âge, j’ai une préférence pour la fantaisie, la rêverie, un certain optimisme (oui, c’est le fan de Punisher MAX qui écrit ça). Si Unknown Soldier n’en est pas totalement dénué (les dernières pages sont consacrées à un tour d’horizon du sort, plus ou moins enviable, des protagonistes) il nécessite quand même un certain investissement du lecteur.

Pulsions d’amour et de mort…

Pulsions d’amour et de mort…

Sous le soleil africain, c’est toute la noirceur de l’âme humaine qui nous est montrée dans un reflet à peine déformé de notre réalité. Malgré quelques notes d’espoir bien présentes, dans Unknown Soldier le ton est surtout à la tragédie et l’on y entend en musique de fond la mélodie du malheur, celui du continent africain, gangréné par les guerres intestines, la corruption et exploité par un occident cynique. Si j’ai apprécié la démarche et l’intelligence de la série, ce n’est pas une lecture à conseiller si on est sous antidépresseurs (ou quand on broie du noir, zut, trop tard, je ne voulais pas faire de l’humour…). Que voulez-vous, même si j’ai une assez bonne idée de la marche pitoyable du monde, quand j’ouvre un comicbook j’aurais plutôt tendance à vouloir faire comme le soldat inconnu et me… voiler la face.

Dave Johnson signe des covers de toute beauté pour le dernier arc, « Beautiful World »

Dave Johnson signe des covers de toute beauté pour le dernier arc, « Beautiful World »

////////

 

On a pas changé 4/6
Bien moins aimable et bon enfant que le Congo de Tintin, voici l’Ouganda des années 90 déchiré par la guerre, les milices et les enfants soldats. Heureusement un ancien pacifiste devenu combatif veille. Heureusement ?
Le soldat inconnu de Joshua Dysart, une réussite dérangeante passé au crible de Jean-Pascal Nguyen.

La BO du jour :
Allez, un peu d’optimisme, avec une chanson de Corneille, survivant du génocide au Rwanda, voisin de l’Ouganda :

21 comments

  • Matt & Maticien  

    J’ai effectivement pensé au Punisher à la lecture du début de l’article. L’analyse comparée est éclairante du coup. Le choix de l Afrique et de ses problématiques et effectivement garant de renouvellement et dépaysement. Mais la série s’est elle bien vendue? Tu sembles dire que la série a connu un arrêt dans sa diffusion …

    Le numéro 21 sur la kalachnikov à l’air très intéressant.

  • Présence  

    Je garde un excellent souvenir de cette série, effectivement bien noire avec un regard qui confronte la réalité de la situation des individus dans cette région du globe. Je te rejoins en tout point sur ton analyse : le sérieux du travail de documentation de Dysart, la profondeur psychologique des personnages, le point de vue mesuré sur les différentes forces en place, et l’insoutenable instrumentalisation des enfants.

    Je partage également ton point de vue sur le travail de José Villarrubia, coloriste discret mais avec un réel point de vue artistique. Merci d’avoir inclus des couvertures, j’avais oublié à quel point le travail de Dave Johnson est pile en les 2 yeux.

    • Bruce lit  

      Pour l’instant mon meilleur comics 2017. Point.
      Quand on arrive à ce stade de perfection égale à celle de Punisher MAX, il n’y a pas à transiger. Voilà ce que les Comics ont de mieux à nous offrir.
      J’ai lu Meutre Pieux en route vers ma convention Nantaise, et j’ai ressenti le plaisir (rare) physique d’une lecteur hors du commun : palpitation, impatience de connaître la fin, mais en même temps ralentissement vers les dernières pages pour en retarder l’échéance, chair de poule et reconnaissance une fois de plus de l’indéniable talent de Dyssart qui rentre dans TOP personnel.
      Je comprends néanmoins ton appréhension JP : c’est pas très drôle comme BD. Mais qu’est ce que c’est bien.
      Je suis étonné par contre que tu ne cites pas les multiples influences de l’histoire : la première serait Blood Diamonds revendiquée par Dyssart lui même.
      Il me manque encore les deux derniers volumes que je dois trouver en VF mais ton histoire de Kalash’ m’évoque le générique de Lord of War où l’on suit le processus de fabrication d’une balle, sa vente, son exportation jusque son destin final, logée dans la tête d’un enfant.
      Enfin, le scénario m’évoque vraiment celui du jeu Far Cry 2 où les factions rebelles et gouvernementales sont renvoyées dos à dos. Mattie Boy doit connaître.

      A part ça ton article rend parfaitement justice à la série et me rappelle le bon temps où tu me faisais découvrir Punisher MAX sur Amazon.
      Pour la BO, je serai plus sombre que toi et aurais trouve tout à fait approprié et dans la lignée de la semaine cette chanson de Balavoine.

  • Matt  

    Je constate que vos coups de coeur, vos meilleurs comics…c’est toujours des trucs réalistes tristes qui parlent de problèmes tragiques du monde.
    Pas de jugement de ma part hein, mais suis-je le seul à pouvoir apprécier un truc fun et léger autant qu’un truc déprimant réaliste ? Ok tout ça c’est important d’en être conscient et tout…mais si vous étiez ultra sélectifs dans votre bibliothèque vous n’auriez que des récits tristes et tragiques alors^^

    Sinon le comics en question a l’air bien. Ton article le vend bien JP.
    Je ne suis pas sûr d’y trouver mon compte cela dit. Déjà je déteste les récits de guerre. Que ce soit en BD ou film. J’ai aucun film de guerre. Et même les plus encensés m’ont fait chier à un certain degré. Je vais pas me faire que des potes en disant ça, mais aussi important que ce soit d’être conscients des horreurs de la guerre, ça ne m’intéresse pas de me plonger dedans dans une fiction. Je préfère me renseigner ou voir un documentaire à ce compte là.

    • Bruce lit  

      Prochainement : Hulk et la Chose…

      • PierreN  

        Hulk et la Chose: dans le genre « fun et léger » c’est dur de faire mieux, et Wrightson y était plus en forme que sur The Cult.
        Ce Unknown Soldier a l’air pas du tout sinon, même si la version d’Ennis conservera sans doute ma préférence. Christoper Priest/Jim Owsley a lui aussi fait une maxi-série sur le personnage, mais elle doit toujours être inédite en VF.
        Je me vois mal privilégier une manière de faire, puisque j’apprécie de manière égale les drames et les histoires plus portées sur l’humour (j’aime autant le Aaron de Scalped que celui de Wolverine & the X-Men).

  • JP Nguyen  

    @Matt&M : de ce que j’ai compris, les ventes de la série n’étaient pas suffisantes pour continuer (même si elles avaient agréablement surpris en permettant d’aller au-delà du 12ème numéro… quand on sait que certaines séries sont annulées au bout de 6…)
    Mais heureusement, les auteurs ont eu le temps de se retourner pour préparer une fin digne de ce nom et du coup, je n’ai pas ressenti un goût d’inachevé…

    @Présence : Dave Johnson est un illustrateur top niveau. Il mériterait bien un petit focus, soit via tes publications sur le mur FB du blog, soit carrément dans un article, même si le fait que ce soit principalement un cover artist rend l’exercice moins aisé que d’habitude…

    @Bruce : oui, c’est comparable à Punisher MAX en terme de qualité, mais avec un côté plus déprimant car encore plus inspiré du réel…

    • Matt&Maticiem  

      Thamks

  • JP Nguyen  

    @Matt : ah non ! je n’aime pas que des trucs tristes !
    Allez, une petite liste d’articles présents sur le blog pour le prouver :
    Garulfo, La Quête de l’oiseau du temps, Fantastic Four : The End, JLA : The Nail, Bill Baroud, Batman : Animated, Lobo… et encore, ce ne sont que mes articles.
    Présence a chroniqué du Sergio Aragones, du Major Bummer, la She Hulk de Slott etc.

    • Matt  

      Houla ! C’est quoi ces réponses ? On s’est mal compris. Je n’ai pas dit que ne lisiez que ça. Je sais bien qu’il y a des trucs délirants sur le blog.
      Mais vous semblez décerner des palmes d’or souvent à des trucs atroces^^ Bruce qui décerne le premier prix 2017 à ce comics aussi. Mais comme je le disais, c’est pas une critique ni rien. Vous êtes libres, encore heureux.
      Je constate juste que c’est souvent les trucs réalistes qui traitent de problèmes sérieux et souvent tragiques qui récoltent les meilleurs échos dans les commentaires. Simple petite remarque innocente. Je peux me planter, n’y voyez aucune malice.

      La quête de l’oiseau du temps, pas triste ? Euh…

      • Bruce lit  

        No harm done.
        J’ai, je pense comme JP, un net penchant pour la mélancolie et les oeuvres tristes. Qu’elles soient musicales ou scripturales.

  • Tornado  

    Merci pour la dédicace. C’est d’ailleurs dans ce paragraphe que je comprends pourquoi je suis passé à côté de cette série : Je lui ai vu trop de réalisme, trop de naturalisme documentaire. Ce que je fuis en règle générale.
    Au bout du compte, je sais que je suis passé à côté de quelque chose d’important. Un jour peut-être…

    @Matt : Je l’assume personnellement : Mes récits préférés sont de l’ordre du NOIR, du TRASH, du DARK. J’y trouve personnellement une intensité qui me fait vibrer à la lecture. Les récits purement et simplement fun ne m’intéressent pas.

    • Matt  

      Bah si je ne lisais que ça perso, je me serais déjà tiré une balle. Il me faut du délirant aussi. Ou de l’aventure divertissante légère.

  • JP Nguyen  

    @Matt : pas de soucy, je ne suis pas du tout fâché mais c’est juste que ta formulation, peut-être par volonté de synthèse, était un peu exagérée :
    « Je constate que vos coups de coeur, vos meilleurs comics…c’est toujours des trucs réalistes tristes qui parlent de problèmes tragiques du monde. »
    Du coup, ma liste, c’était juste pour moduler le « toujours des trucs réalistes tristes »
    Et la Quête, c’est triste mais réaliste ;-)

    Après, je suis sans doute un individu avec un certain penchant pour la mélancolie, mais je me soigne ! Dans l’article, j’écris :
    « avec l’âge, j’ai une préférence pour la fantaisie, la rêverie, un certain optimisme »

    • Matt  

      Bah je ne dirais pas que j’aime pas les récits tristes. Quand ça te rend triste c’est souvent que c’est assez bien fait. Mais comme je le précise, si je ne laissais pas de la place au fun, à l’humour, à l’aventure légère qui finit bien, je serais déjà au fond du trou.
      Je lis aussi des BD pour me sentir bien, m’évader. Pas juste pour me matraquer de drames tristes.

  • Tornado  

    On est libre, hein ? Lire des trucs fun, quand c’est bien fait, je ne vois aucun mal à ça. Pour ma part je vais toujours rechercher une toile de fond, sinon, je me désintéresse de tout très vite. Même quand je lis « Les Tuniques Bleues » ou les « Schtroumpfs », je recherche la parabole historique ou la parabole communiste. C’est la marque de l’auteur qui m’intéresse. Et c’est ma déformation professionnelle qui opère.
    Je suis également quelqu’un de mélancolique, mais par contre la mélancolie est une chose que j’ai appris à apprivoiser depuis très longtemps. C’est un sentiment qui ne me touche pas en mal. Je peux écouter du Brel ou du Ferré pendant des jours entiers sans que ça me déprime, par exemple.

  • Jyrille  

    JP, merci beaucoup d’un côté, car je ne connaissais pas du tout cette oeuvre avant d’avoir lu le préambule de Harbinger. Et cela m’a fortement intrigué. D’un autre côté je ne te remercie pas car du coup je suis très intéressé par cette bd ! Le personnage principale semble un peu inspiré d’un des Minutemen de 100 bullets, et même si je n’ai pas encore craqué pour Punisher MAX, peut-être serait-ce mieux pour moi de commencer ici. Ton article est limpide, et j’attendais le moment où tu relevais que de sauveur de vie, le personnage passait à voleur de vie…

    En ce qui concerne la mélancolie ou les trucs fun, je suis résolument tourné désormais vers le fun, mais celui qui a une histoire, un suivi, comme les séries télé. Les comics ont ce long format en de nombreux épisodes, et tout peut être fun, même Deadly Class… Par contre l’humain est fait de cette contradiction : si l’histoire est prenante et sombre, retourne les sens et nous laisse dans un état second, nous aurons plus de chances de trouver ça génial qu’une comédie grandiose. Watchmen, ce n’est franchement pas marrant.

    Je crois tout simplement que parce que nous n’avons pas l’occasion de rire dans la vie, pas comme dans une comédie. La gravité est partout. Du coup, une comédie, on peut trouver ça génial, quelle que soit son principe de base (surréalisme anglais, slapstick movie, comédie de moeurs à la Friends…), on sait au fond de nous que ce n’est forcément pas réel. Alors que la noirceur…

    Bon, c’est une idée hein, il doit y avoir d’autres raisons. Pour parler musique, je rejoins Tornado. Le dernier Bowie, par exemple, n’est absolument pas un album triste pour moi et j’ai très souvent envie de l’écouter. Il me remplit de joie. Comme Cure, et je pense que Patrick pourrait également nous en parler.

  • PierreN  

    « Le personnage principal semble un peu inspiré d’un des Minutemen de 100 bullets »

    C’est plutôt l’inverse pour le coup, puisque le Unknown Soldier dans sa version première (illustré par le grand Joe Kubert), est apparu à partir des années 60.

    • Jyrille  

      Et bien je ne connaissais pas ! Merci de la précision, PierreN !

  • Lone Sloane  

    Je suis intéressé, même si aux 4 tomes d’Urban je préfererai une kolossale intérgrale à la Bliss Comics comme le Harbinger du même auteur qui est à un tarif intéressant pour la pagination (et tant pis pour le confort de lecture).
    Tu as mis en avant tout ce qu’un lecteur adulte consentant a envie de trouver dans un comics, et quand en plus je découvre que Joshua Dysart est né la même année que moi et qu’il a eu le bon goût d’adapter le mémorable album Greendale de Neil Young sur papier, toutes les planètes me paraissent alignées providentiellement…

  • Bruce lit  

    Voilà, j’ai terminé le volume 4 hier.
    Parfait de bout en bout.
    Fin magnifique.
    La meilleure suite de Punisher MAX en terme de comics.
    A ce stade, il n’y a pas de concurrence.
    Merci pour cette découverte pas si innocente que ça JP puisque il y a 10 ans, je me lançais dans Punisher MAX en te lisant.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *