LE WU-XIA-PIAN PREMIERE PERIODE : LA SHAW BROTHERS 1/3

Encyclopegeek : les films de sabre

Une superproduction réalisée par MATTIE BOY

Premier assistant : EDDY VANLEFFE

Dans ce nouveau dossier sur le cinéma asiatique, nous vous proposons d’aborder le Wu-Xia Pian, c’est à dire littéralement le film de héros martial. Il s’agit très souvent de films de guerriers errants situés dans une Chine médiévale, plus ou moins historique car beaucoup de ces films lorgnent vers la fantasy. L’univers de ces films a toujours pour cadre le Jiang-hu (le monde des arts martiaux), et est peuplé de combattants aux facultés surnaturelles et pouvoirs démesurés, ainsi parfois que des démons ou dieux divers. Selon les films, la composante fantasy est plus ou moins prononcée. Certains films font plus penser à des films de capes et d’épées comme LES TROIS MOUSQUETAIRES, et d’autres à de la fantasy comme WILLOW ou EXCALIBUR.

Tâche ardue de vous parler de Wu-Xia Pian si vous n’êtes pas familier avec le genre. Car ce n’est pas dans ce genre cinématographique qu’on trouve les films les plus occident-friendly. Vous connaissez peut-être TIGRE ET DRAGON. Mais ce film (moderne), c’est la partie émergée de l’iceberg. Et son côté dramatique et zen est sans doute plus facile à appréhender pour un occidental. Ça l’a aidé à passer pour un film sérieux digne de recevoir des prix d’ailleurs. Mais ils ne sont pas tous comme ça, les Wu-Xia-Pian. Pour faire simple, imaginez que TIGRE ET DRAGON est le CYRANO DE BERGERAC des films de chevalerie chinoise. Ce n’est pas un rapprochement très satisfaisant mais disons que tout le monde connaît CYRANO DE BERGERAC et que c’est un film sérieux et dramatique qui jouit d’un statut prestigieux et qui a obtenu des prix. Dîtes-vous maintenant que parmi les films de fantasy ou de cape et d’épées occidentaux, on a aussi WILLOW, CONAN, LEGEND, PIRATES DES CARAÏBES, LE MASQUE DE ZORRO, EXCALIBUR, PRINCESS BRIDE ou même EVIL DEAD 3 (si si, ça compte.) Pas tout à fait la même chose, hein ? Tous sont de (plus ou moins) bons films dans leur genre, mais le registre varie pas mal et pour certains, il serait impensable qu’ils soient pris au sérieux dans un festival huppé.

Un genre typique de Hong-Kong

Eh bien voilà. Il y a un peu tout ça dans le Wu-Xia Pian. Des films sérieux, poétiques, historiques ou déjantés, comiques, mythologiques. Et certains cumulent plusieurs registres d’ailleurs. HISTOIRE DE FANTÔMES CHINOIS peut alterner des bouffonneries à la EVIL DEAD avec ses étranges créatures démoniaques, et des moments de vraie émotion avec son histoire d’amour entre un humain et un fantôme. C’est sans doute ce qui perturbe le plus les occidentaux qui ont du mal avec un certain mélange de genres ou de tons dans les films.

Dans les Wu-Xia Pian les plus sages, on aura malgré tout des personnages qui voltigent comme dans TIGRE ET DRAGON, qui peuvent dissimuler plein d’armes extraordinaires sur eux, ou évacuer le poison de leur corps grâce à la force de concentration de leur esprit. Dans les représentants les plus fous, des personnages de guerriers ou de moines surpuissants s’écriront une formule sur la main pour s’envoler, rebondiront sur des roseaux, voleront dans le ciel pour attraper des rayons du soleil et tisser une toile de lumière pour protéger le monde, feront s’envoler des arbres, etc. Non, je n’exagère pas. Il faut être prêt à voir de la fantasy digne des mythes les plus fous et pas juste les contes de Grimm.

Passage obligé, il faut bien parler des films de la Shaw Brothers par lesquels tout a commencé. Ce dossier sur les Wu-Xia Pian sera donc divisé en 3 parties. Et comme pour les polars hongkongais, j’ai sollicité l’aide de mon compagnon d’armes connaisseur du cinéma asiatique, Eddy Vanleffe. La première partie sera consacrée à quelques films de la Shaw Brothers. Les 2 suivantes parleront de Wu-Xia Pian emblématiques des années 80 aux années 2000.

Toute une époque

LA SHAW BROTHERS

La Shaw Brothers, c’est quoi ? Vous connaissez déjà sans doute le logo de la Shaw Brothers puisque Tarantino s’est amusé à le mettre au générique de KILL BILL. Mais l’histoire de la Shaw Brothers remonte aux années 1920, lorsque quatre frères issus d’une riche famille de Shanghai (Runje, Runme, Runde et Run Run) décident de se lancer dans le cinéma et créent leur société, Tianyi. Ils expérimentent un certain nombre de problèmes (financiers ou liés à la censure) qui les poussent à s’installer à Hong Kong en 1934. Mais ils doivent fermer à cause de la guerre. Après la guerre et la libération de Hong Kong de l’occupation japonaise, la société (rebaptisée Shaw and Sons) reprend son activité sous la direction de Runde Shaw. Devant les difficultés rencontrées face à la concurrence, Run Run Shaw fonde une société distincte à Hong Kong en 1957, la Shaw Brothers. Il achète des terrains sur lesquels sont construits des studios, des décors, et même une école d’acteurs. Il engage des centaines d’acteurs et de techniciens. Les premiers films produits sont des drames historiques ou des comédies. C’est à partir de 1965 que le studio se tourne vers le Wu-Xia Pian, dont la popularité découle de celle des chanbaras japonais comme les films d’Akira Kurosawa.

Pour les premiers films abordés dans cet article, je laisse la parole à mon estimé collaborateur Eddy.

L’HIRONDELLE D’OR  de King Hu (1966) – par Eddy Vanleffe

Regarder un film de la Shaw Brothers est une expérience assez troublante. C’est un peu comme revoir un vieux western de la United Artists en technicolor avec ses chevaux propres, lustrés et peignés, ses cow-boys rasés, gominés dans des décors de studios pimpants. Le logo ressemble même à ceux de la Warner.

King Hu est un cinéaste vedette de la Shaw Brothers. Son style est souvent bien plus « zen » que celui de ses confrères. Les scènes sont lentes et silencieuses, la nature très présente. Le film est aussi assez étrange dans sa structure, jugez plutôt : Dans une province reculée de la Chine, le gouverneur local a bien du mal à faire respecter la loi, aussi lorsqu’ils parviennent à capturer l’un des chefs du clan des cinq tigres, ceux-ci capturent un préfet afin de faire pression et de faire libérer les leurs. Le gouvernement envoie alors Hirondelle d’or négocier avec les crapules. Comme de juste, l’enquêtrice subira intimidations et attentats contre sa personne, qu’elle déjouera grâce à ses talents martiaux. Elle devra néanmoins s’associer avec Chat Ivre, un mendiant qui cache un secret qui le lierait au destin du moine renégat qui couvre les agissements du clan des cinq tigres. Le film a donc deux fils conducteurs distincts. Celui qui ressemble à un bras de fer kung-fu/psychologique entre Hirondelle d’or et les crapules et le duel soudainement mystique quasi fantastique entre Chat Ivre et le moine corrompu, chacun pouvant maîtriser le « chi ».

Les deux parties ne marient assez mal, mais elles offrent aussi une identité particulière à ce film fondateur lui aussi. Notons déjà qu’il s’agit d’un des premiers films du genre à mettre en scène un personnage principal féminin. Ici Cheng Pei Pei crève l’écran. Ayant eu une formation de danseuse, elle s’adapte avec merveille aux mouvements chorégraphiés et millimétrés du film. King Hu est minutieux et veut offrir un spectacle très ancré dans la tradition jusqu’à s’inspirer des codes de l’opéra de Pékin. Ainsi les deux combats de l’auberge et du temple se déroulent très lentement selon un rythme précis dicté par une percussion réminiscence du théâtre traditionnel.  Si ces scènes n’ont rien de réalistes, elles sont encore à rapprocher des duels très codifiés du cinéma hollywoodien qu’ils soient dans les films de chevaleries ou ceux mis en scène une fois de plus dans les westerns. Cheng Pei-pei y déploie toute sa science de la danse avec une grâce qui n’appartient qu’aux actrice asiatiques. On dit depuis que L’HIRONDELLE D’OR est une sorte de matrice dans laquelle a puisé le succès international TIGRE ET DRAGON. C’est un peu exagéré. Toutefois, l’embuscade nocturne et la poursuite aérienne sur les toits qui s’en suit est sans doute un hommage appuyé en effet. De plus le film d’Ang Lee s’offre les services de Cheng Pei Pei dans le rôle de Jade la Hyène, la perfide mais mémorable antagoniste du film. Une chose est sûre cependant, L’HIRONDELLE D’OR fait partie des films majeurs de la Shaw Brothers, un film fondateur d’une esthétique qui ne cessera de se développer pour finalement être reconnue et primé à l’international dans les célèbres A TOUCH OF ZEN, LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS ou HERO tous riches en personnages féminins forts, virevoltants et à la beauté époustouflante.

LA RAGE DU TIGRE de Chang Cheh (1971) – par Eddy Vanleffe

LA RAGE DU TIGRE est le troisième volet d’une fausse trilogie, celle du « sabreur manchot ». Les deux premiers volets, UN SEUL BRAS LES TUA TOUS et LE BRAS DE LA VENGEANCE, basés sur des romans Jing yong se font plus ou moins suite, mais l’acteur principal Yang Guo, star de l’époque entra en conflit avec le studio et s’exila à Taïwan. C’est donc David Chiang qui reprend le rôle. Chang Cheh en profite pour tout rebooter comme on dit de nos jours. Le film va s’avérer donc être plus viscéral, plus violent et plus extrême, ce qui rendra le film culte particulièrement en occident où de grands noms comme George Lucas et Quentin Tarantino vont allégement pouvoir piocher dedans.

David Chiang incarne donc le chevalier Lei Li, homme honorable mais terriblement arrogant. Suite à un malentendu, il est pris pour un voleur par le clan du tigre. Inconscient du piège, il acceptera un duel contre Lung dont les attaques en traîtrise le contraignent à la défaite. De honte et en guise de pénitence, il se tranche son propre bras et part s’isoler. Devenu serveur dans une auberge, il attire donc le mépris et la moquerie de tous ceux qu’il prétendait protéger avant. Seul un autre homme comme lui, Feng, magistralement interprété par Ti Lung, le reconnaîtra et deviendra son ami. Le film d’ailleurs escamote totalement une éventuelle romance au profit d’une amitié virile et guerrière. La fille de l’aubergiste en sera quitte pour une figuration de luxe, un peu comme si elle jouait dans les X-MEN.  Lei Li devra surmonter son handicap et trouver l’énergie vengeresse nécessaire pour affronter le clan du tigre en entier dans une scène d’anthologie où sur un pont, le chevalier seul contre tous se frayera un chemin sanglant pour enfin débarrasser la Chine de Lung le malfaisant.

Chang Cheh est un peu l’équivalent chinois de John Ford, il pratique donc un cinéma fonctionnel où chaque plan possède une utilité narrative dévolue entièrement à ses personnages. Ainsi le temps qui passe sera mentionné par la putréfaction du bras de Lei Li sur un plan. La pluie isolera les protagonistes et le pont sous un soleil de plomb réinstallera le héros à sa juste place après un passage d’introspection propice à l’humilité. Cette exigence formelle traumatisera John Woo qui en fera un hommage dans LA DERNIERE CHEVALERIE, vraie élégie du genre et en reprenant plus tard, étrangement les thématiques dans THE KILLER et son final aussi apocalyptique que grandiose. Quelque part, John Woo n’a cessé de vouloir émuler celui qu’il considère comme son mentor (en même temps, il fut assistant du réalisateur prolongeant dans la vie la relation maître/disciple tant de fois décrite dans le cinéma chinois). George Lucas lui aussi en retiendra les codes graphiques, Luke, son héros lumineux en blanc qui, lorsque mutilé, se remet en question, arborera le noir afin de mieux insister sur un manichéisme simplifiant les enjeux misant tout sur l’efficacité graphique. Tarantino, lui en reprendra carrément un scène (chorégraphie du double sabre au sol comprise) lors de l’attaque des 88 fous. Bref un film fondateur à plus d’un titre. Je voudrais insister sur Ti Ling, gracieux et au sourire généreux. Il est l’incarnation ultime de l’ami fidèle. Aujourd’hui le film a sans doute vieilli et d’autant plus quand on n’est pas habitué aux tics culturels asiatiques, mais il a su garder un impact dans son aspect matriciel et son souffle épique indémodable.

LES FILMS DE CHU YUAN ADAPTES DE GU LONG – par Mattie-Boy

Pour moi les films de la Shaw Brothers qui ont le mieux résisté au temps, sont les films de Chu Yuan : LE SABRE INFERNAL, LA GUERRE DES CLANS, LE COMPLOT DES CLANS, L’ÎLE DE LA BÊTE, LE TIGRE DE JADE. Pour plusieurs raisons. Déjà, parce que suite à LA RAGE DU TIGRE, Chang Cheh avait commencé à pousser le schéma des aventures de héros virils et badass jusqu’à la caricature et la Shaw Brothers cherchait à se renouveler. Et c’est avec Chu Yuan qu’ils ont trouvé un nouveau filon. Ce dernier a en effet proposé des films qui adaptaient les récits de l’écrivain Gu Long (1938 – 1985) qui se faisait une spécialité de raconter des histoires de chevaliers errants avec une touche d’enquête et de mystère. On peut considérer cet écrivain comme une sorte d’Alexandre Dumas chinois. Donc côté scénario déjà, c’était le haut du panier.

De plus, ces adaptations ont été les premiers films à lancer la mode des Wu-Xia Pian plus orientés « fantasy » qui ne se déroulaient plus dans une période historique très précise (contrairement aux films de King Hu, féru d’histoire.) Dans les films de Chu Yuan, il y a des guerriers aux compétences surnaturelles, des prêtresses aux allures de fées vivant dans des temples mystiques, etc. Le tout reste encore assez soft, il n’y a pas trop de « magie » mais on sent que la frontière entre le réel et la fantasy est très fine. On notera aussi un aspect un peu plus érotique (composante totalement absente des autres Wu-Xia Pian de la Shaw Brothers) avec des femmes parfois peu farouches et des héros séducteurs (notamment Ti Lung dont nous parlait Eddy, qui fut abonné à ce type de rôle à la James Bond version chevalier errant.)

Enfin, j’estime que Chu Yuan est le réalisateur qui soignait le plus la photographie de ses films. Ce qui fait qu’ils sont encore très beaux aujourd’hui, colorés et chatoyants et aux décors riches. Comme le disait Eddy, il y a un côté très théâtral dus aux décors de studios qui peuvent faire artificiels, mais ce n’est pas très différent des très beaux décors des films de la HAMMER.

LA GUERRE DES CLANS (1976) de Chu Yuan

Sur les ordres d’un employeur à l’identité secrète, Meng Sheng-hun, un tueur renommé, est engagé pour éliminer Sun Yu, le chef du clan de la porte du dragon. Cela s’annonce difficile car sa cible est constamment entourée de gardes du corps et guerriers redoutables (notamment son fils, son bras droit Lu qui dissimule 72 armes sur lui, et Han Tang, un mystérieux tueur au chapeau tranchant.) Tout d’abord, Meng va observer les querelles qui oppose Sun Yu au roi Wan, le chef du clan des Rocks. Toute la première moitié du film nous montre les deux clans s’affronter à coups de trahisons et autres retournements de situations impliquant des agents dormant de chaque clan infiltrés chez l’ennemi. Alors que le parrain sera en position de faiblesse à cause de sa guerre, Meng va tenter de s’infiltrer pour le tuer. Mais là encore le film nous réserve des surprises avec des traitres inattendus et des alliances improbables. C’est là tout l’intérêt assez jubilatoire du film qui devient une sorte de récit d’espionnage bariolé semblable à une partie d’échecs entre deux clans ennemis, et un 3ème acteur mystérieux : le commanditaire de Meng, inconnu de tous.

Et ce n’est pas tout. Au milieu de tout ceci, il y a aussi une charmante jeune femme qui vit retirée dans la forêt des papillons et dont Meng va tomber amoureux sans savoir qui elle est réellement. Sa relation avec elle va jouer un rôle dans son allégeance et ses décisions d’obéir ou non à son commanditaire.

Un autre intérêt du film est le monde impitoyable dépeint où il semble impossible de dormir sur ses deux oreilles sans se faire trahir par ses amis proches, la soumission et le sacrifice exigés des hommes de main, et aussi l’histoire de rédemption de l’assassin amoureux.

Les personnages principaux de ce Wu-Xia pian aux allures de film de gangsters en costumes sont bien évidemment Meng (joué par Lo Lieh, un acteur récurrent des films du studio), le parrain Sun-Yu (excellent Ku Feng qui joue à merveille le parrain qui a toujours un tour dans son sac pour s’en sortir), mais aussi le bras droit Lu joué par Yueh Hua (un autre acteur très prolifique de la Shaw Brothers souvent habitué aux rôles de méchants avec son charisme quelque peu inquiétant.)

Comme dit plus haut, la photographie est magnifique, les décors flamboyants, les chorégraphies de Tang Chia efficaces. Bref, un excellent film.

LE COMPLOT DES CLANS (1977)

LE COMPLOT DES CLANS nous propose de suivre l’histoire de Chu Liu-Xiang (Ti lung), un maître des arts-martiaux réputé qui se retrouve au centre d’une machination complexe visant à le faire accuser de morts mystérieuses de 3 chefs de clans, empoisonnés par « l’eau magique ». En effet, il est bien connu qu’il est très difficile de dérober de l’eau magique et que seul un grand maître y parviendrait. C’est pourquoi les soupçons se tournent vers Chu Liu-Xiang. Les femmes du palais de l’eau magique le chargent de retrouver le vrai coupable dans un délai d’un mois s’il veut se disculper. Débute alors pour notre héros un long jeu de piste pour découvrir la vérité.

Le scénario est encore une fois une des qualités du film. Pas nécessairement par sa complexité mais par sa capacité à nous intéresser à l’enquête en nous faisant remonter un à un les indices pour découvrir les tenants et les aboutissants : Pourquoi chaque chef de clan avait le portrait de la même femme dans sa chambre ? Pourquoi ont-ils chacun reçu une lettre accusant Chu Liu-Xiang ? A qui peut bien profiter leur assassinat ?

Le suspense est présent grâce à divers coups de théâtres et autres révélations pour le moins surprenantes. Le tout filmé dans de magnifiques décors de studio certes un peu théâtraux et qui sentent parfois le carton-pâte, mais très bien mis en valeur. Le repère final, le mystérieux temple de l’eau magique est bien sûr trop paradisiaque et coloré pour être réaliste. Mais cela colle avec le ton du film.

Car LE COMPLOT DES CLANS est un curieux film. Un des plus « fous » pour l’époque. Certes nous sommes encore loin de l’incursion de la fantasy pure et dure dans le genre du Wu-Xia Pian comme ce sera le cas lors du renouveau du genre dans les années 1980, mais ce film insère tout de même beaucoup d’éléments fantastiques, à commencer par ce fameux temple de l’eau magique et ses prêtresses redoutées qui semblent à peine humaines. Nous avons aussi le cas d’une femme devenue homme.

Les scènes de cape et d’épée (très belles au demeurant) suivent aussi un schéma allant du combat classique à des excès de violence gore qui explosent dans la dernière partie du film. On passe en effet d’un combat à mains nues à un combat au sabre faisant couler le sang jusqu’à des idées macabres et burlesques comme un bras arraché servant d’arme de jet. Certains pourront trouver cela de mauvais goût et un peu ridicule, mais il faut savoir que ce film ne fait qu’ouvrir la voie à ce que deviendra le genre par la suite.

A noter que ce film dispose d’une suite directe, qui est en réalité une nouvelle histoire mais mettant en scène le même personnage de Chu Liu-Xiang (ainsi que le redoutable tueur Point-Rouge rencontré dans ce film) : L’ÎLE DE LA BÊTE, toujours signé Chu Yuan. Ce film est davantage un film d’aventures de divertissement mais il reste très sympathique.

Je dirais que pour les néophytes, les films de Chu Yuan sont des must see. D’une part parce qu’ils sont beaux et soignés à la fois au niveau du fond et de la forme, mais aussi parce qu’ils vous diront si c’est un genre de cinéma pour vous ou non. Si vous n’adhérez pas, ce n’est pas la peine de tenter le moindre Wu-xia pian des années 1980 qui ne feront qu’accentuer les excès du genre. Mieux vaut s’en tenir à TIGRE ET DRAGON (chroniqué dans notre 3ème partie à venir) car, aussi excellent soit-il, il évacue tout le gore, la folie, et autres composantes plus outrancières du genre. C’est un Wu-xia pian très « zen ». C’est un peu comme si vous regardiez PSYCHOSE d’Hitchcock en imaginant que ça vous renseigne sur le cinéma d’horreur en général. Non. PSYCHOSE est très bien, et il peut gagner un prix à un festival et avoir l’aval de l’Intelligentsia. Mais voir PSYCHOSE ne vous prépare pas à voir les films de zombies de Romero, les films Lovecraftiens ou autres folies comme EVIL DEAD.

CONCLUSION partie 1 – par Eddy Vanleffe

Au début des années 1980, le studio Shaw Brothers décline face au succès du cinéma de Kung-fu des années 1970 en langue cantonaise. D’une part les studios de la Golden Harvest et leur poulain Jackie Chan leur font une ombre considérable, mais surtout les années 80 feront la part belle aux polars et aux triades. Le Wu-Xia-Pian ne devra finalement sa survie que grâce à la passion de quelques artistes qui auront à cœur de dépoussiérer le genre. Parmi eux, se distinguera Tsui Hark, jeune chien fou qui portera par la suite l’industrie du cinéma hongkongais quasiment à bout de bras. Mais tout ça sera raconté dans le chapitre suivant….

Le trailer de L’ÎLE DE LA BÊTE pour la route.

65 comments

  • JP Nguyen  

    Après une première lecture (l’article est dense, il faudra que j’y revienne) j’apprécie la comparaison Psychose/Tigre et Dragon en tant que représentants « respectables » de leurs genres, c’est très parlant.
    Je n’ai vu aucun des films chroniqués. En revanche, j’ai de vieux souvenirs de films avec l’acteur Wang Yu qui passaient sur M6 sans ma jeunesse, notamment un où il perdait un bras (Bruce a-t-il voulu rendre un hommage inconscient au cinéma chinois en se luxant l’épaule récemment ?)

    • Matt  

      Oui, Wang Yu c’est le héros des 2 premiers films du sabreur manchot : un seul bras les tua tous, et Le bras de la vengeance.
      La rage du tigre est considéré comme le 3eme volet de la trilogie mais c’est déjà un « reboot » avec un autre acteur^^
      Ils en ont fait plein sur ce thème.
      The Blade de Tsui Hark est aussi le même concept revisité. On en parle en partie 3.

    • Matt  

      Oui d’ailleurs mon estimé collaborateur s’est gourré un peu en disant que l’acteur principal est Yang Guo dans ces 2 films^^
      C’est bien Wang Yu.
      Yang Guo c’est…j’en sais rien.

      • Eddy Vanleffe  

        My bad…je me serais gourré? Pourtant si je l’ai mis, c’est que je nl’ai lu…peut être trop vite… j’ai l’impression que j’ai confondu l’acteur et son rôle…C’est ballot!

        • Matt  

          Bah même pas, Wang Yu s’appelle Fang Gang dans le film^^
          Yang Guo on trouve ceci « Yang Guo, nom de courtoisie Gaizhi, est le protagoniste fictif du roman wuxia Le retour des héros Condor de Jin Yong. »

          Enfin rien de grave, j’aurais pas tilté non plus. Mais JP a mentionné le vrai nom de l’acteur et là je me suis dit « bah euh…oui, y’a erreur du coup »^^

  • Franco  

    L’hirondelle d’or de king hu est à voir absolument. et de king hu mais pas chez les shaw brothers il faut voir également touch of zen son chef d’oeuvre.
    Un seul bras les tua tous de Shang sheh est a voir aussi, c’est le premier de la trilogie du sabre manchot, et l acteur jimmy yang hu est fantastique dans ce rôle dramatique. La rage du tigre est un reboot complet et propose un spectacle d’action assez genial mais niveau tension dramatique, un seul bras les tua tous est bien meilleur a mon goût Merci pour cet article sur ce genre méconnu en France et j’attends la suite !

    • Matt  

      Merci à toi pour ton retour enthousiaste^^
      Oui les premiers sabreurs manchots sont plus dramatiques et plus lents. La rage du tigre a eu un plus grand succès pour son côté divertissement d’action.

  • JB  

    Là, j’avoue ma totale ignorance des productions des Shaw Brothers. En regardant la liste des films sur Wikipedia (avec quelques titres VF hallucinants de racisme !), je crois n’avoir vu que la coproduction Hammer « La légende des 7 vampires d’or » et « Human Lanterns ».

    • Eddy Vanleffe  

      Comme je me suis jamais identifié de titres racistes, j’ai checké, et j’ai n’ai vu que un ou deux de tendancieux (mais ils sont gratiné j’avoue!) En général, ils véhiculent plutôt des clichés comme Shang-shi d’ailleurs. avec la meilleure volonté du monde, les distributeurs abusaient de de « dragons » de « shaolin » dans les titres…En revanche mis à part une brève période de mode seventies un peu racoleuse avec des titres très carrément bidons parlant de « samourais » ou de « karaté » là où on a du kung fu, ces films ont souvent été distribués par des passionnés dans des festivals ou autres…
      la collection shaw brothers de chez Wild side date du début des années 2000, pour des films essentiellement des années 70.
      c’est dire si ce cinéma est venu en pirogues jusqu’à nous.

      • Matt  

        Il y a eu des VHS René Chateau aussi avant la collection Wild Side en DVD.
        Je ne sais pas si c’était des VF ou des VOST.
        En tous cas ils n’ont pas gardé les VF chez Wild Side. Il y a moyen que ç’ait été très caricatural et ridicule les dialogues VF.
        Enfin c’est quand même connu depuis un moment tout ça. On n’est pas comme aux USA ou ils vivent refermés sur eux-mêmes et ou il faut être un taré passionné comme Tarantino pour connaître tout ça.

  • Tornado  

    Je n’en ai vu qu’un seul de la liste : LA RAGE DU TIGRE.
    C’était culte quand j’étais gamin et on trouvait la bande-annonce dans toutes les VHS René Chateau (avec celle de LA MAIN DE FER).
    Par contre à l’époque c’était juste « un film de karaté ». Une sorte de Bruce Lee encore plus violent avec un sabre !
    De mon côté j’aurais juré l’y trouver dans l’article (double) sur les samouraïs. C’est dire que je ne le soupçonnais pas faire partie du genre Yu Xa Pian puisque totalement exempt de fantastique et d’onirisme.

    J’ai envie de voir tous les autres. Ça a l’air très chouette.
    J’aime le cinéma carton-pâte (très bonne idée d’avoir fait le parallèle avec la Hammer). Pour moi c’est un cinéma théâtral misant tout sur l’ambiance et l’esthétique. Un « ailleurs » poétique. Et c’est le cinéma que je préfère (à l’opposé du naturalisme).

    • Matt  

      « De mon côté j’aurais juré l’y trouver dans l’article (double) sur les samouraïs. C’est dire que je ne le soupçonnais pas faire partie du genre Yu Xa Pian puisque totalement exempt de fantastique et d’onirisme. »

      Euh oui même genre de film que les samouraïs techniquement, mais mauvais pays^^

      Ah ça le naturalisme dans le wuxia-pian…non…j’en connais pas. ça devient même complètement fantaisiste et loufoque dans les années 80. ça risque de te faire fuir parfois pour l’humour hystérique et les délires cantonnais du genre. Mais pas pour la naturalisme^^
      La Shaw Brothers c’est encore soft. Et le renouveau lancé par Tigre et Dragon a proposé des films plus calmes et zen (mais pas naturalistes non plus, loin de là)

      Les wuxia des années 80 par contre…j’ai peut que tu ne sois pas le public^^ Tu verras ça dans la partie 2.

      • Tornado  

        Je suis fan de TIGRE ET DRAGON. Mais je n’ai jamais vu les autres.
        J’ai eu plusieurs fois l’occasion de voir les HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS mais à chaque fois je me suis débiné puisque effectivement ça avait l’air un peu trop loufoque. J’ai failli voir aussi LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS mais j’ai raté le coche.

        LA RAGE DU TIGRE = pas le bon pays… Haaannnn mais oui quel ballot (moi)… 🙄

        • Matt  

          Béh oui c’est chinois^^

          Le premier histoires de fantômes chinois est loufoque mais aussi touchant, avec une jolie histoire. Mais il y a en effet une grosse part comédie, avec le comique du film, le vieux moine taoïste qui fait même un rap…(ouais…bon…c’est pas non plus mon passage préféré)

          Les 2 suivants je ne les trouve pas extra. C’est uniquement de la comédie et c’est bien perché^^

          Dans le genre tu peux voir The bride with white hair, sérieux. Et avec une histoire d’amour impossible aussi. mais on les a chroniqué dans la prochaine partie.

          Après il y a HERO que tu peux voir. Dans le genre Tigre et Dragon, très joli. Et meilleur que le secret des poignards volants que perso je trouve bof…
          https://www.youtube.com/watch?v=srFhXDZhUZI

          mais là aussi on en parlera…dans la partie 3^^

          Après il faut savoir qu’il existe des puristes qui trouvent Hero ou Tigre et Dragon trop occidentalisés, car justement c’est plus posé, ce n’est pas gore (alors que certains wuxia sont gratinés niveau gore. On est parfois plus proche des délires de Sam Raimi) Mais bon il en faut toujours pour râler. Oui ok c’est un poil plus international, mais ça n’en retire pas les qualités.

        • Matt  

          Et histoire d’être chiant, Bruce Lee était chinois et ne faisait pas de karaté mais du Wing Shun qu’il a adapté pour créer son style le Jeet Kune Do^^ Et tout ça c’est du kung-fu (arts martiaux chinois.)

          La karaté est japonais, ce n’est pas du kung-fu !
          Et ce serait plutôt Sonny Chiba (Chiba Shin’ichi) parmi les célébrités japonaises qui étant pratiquant de karaté (et qui a joué Hattori Hanzo dans Kill Bill 2)

          Et au final les film de karaté…bah pour ma part je connais très mal. J’ai pas vu de films avec Sonny Chiba.

          ça va j’ai fait mon doctor ès-relou comme il faut ?^^

          • Tornado  

            Ouaip. Ça va ^^

            Quand j’étais gamin y avait karaté et judo. Pis c’est tout. Quand y avait tatanes c’était karaté, et quand y avait prises c’était judo.
            Le karaté tu pouvais aussi y voir du nunchaku et diverses armes donc des sabres et tout, les gens mettaient tout dans le même pannier-karaté…
            J’ai dû attendre le collège où j’ai brièvement été inscrit dans une école de karaté, puis de kendo. Là, j’ai commencé à percevoir tous ces genres divers.
            Aujourd’hui, si tu parles de karaté du passes pour un attardé (et je trouve ça drôle d’ailleurs). Récemment dans une soirée je me suis fait engueuler (gentiment) parce que je disais « karaté » et non « karaté-do » ! ^^

          • Matt  

            « Récemment dans une soirée je me suis fait engueuler (gentiment) parce que je disais « karaté » et non « karaté-do » ! ^^ »

            Ouais enfin comme partout (et toujours), il y a des puristes relou qui abusent.

            Mais après en 2021 quand on parle de ninjas de Chine ou de kung fu du Japon…y’a quand même deux trois lacunes à combler^^ (je te vise pas hein !)
            ça c’était le niveau des mecs du marketing dans les années 1980 qui parlaient de karaté dès que ça se tapait dessus ou de ninja samouraï dès qu’il y avait une épée et un bridé en « robe. »

          • Tornado  

            L’Asie, c’est loin. Et c’est très différent. Les choses mettent du temps à faire le voyage vers l’autre bout du monde.
            Quand j’étais gamin pour tout le monde Kung-Fu et Karaté c’était des synonymes. Personne n’avait capté que ça venait de deux pays différents. Et aujourd’hui encore je suis obligé de reprendre certains gamins qui considèrent que toute personne typée asiatique est un chinois…

            Le cours dans lequel j’étais inscrit quand j’étais ado pratiquait l’enseignement du Yoseikan Budo. C’est japonais. Qui connait cette discipline aujourd’hui ?
            Même moi j’avais oublié que c’était japonais. Et peut-être d’ailleurs que je ne l’ai jamais su…

            C’est tout l’intérêt de ce genre d’article : De la culture geek à la culture tout court…

          • Matt  

            Tout à fait.

            Après à l’époque personne ne savait rien. Et accéder à l’information n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui.
            J’ai un peu de mal à me dire que les gamins d’aujourd’hui ne savent pas mieux les choses que les gamins des années 80.
            Ou alors ils sont feignants et ne veulent pas vérifier ce qu’ils disent^^

          • Matt  

            Après selon les « cercles » ou tu écris (ou évolue), c’est difficile de jauger ce que les gens savent.
            Un article comme le notre aujourd’hui, sur un site spécialisé sur l’Asie et le ciné asiatique, ça passerait pour un truc pour les nuls^^
            Les passionnés savent déjà tout ça, et mieux que Eddy et moi.
            Du coup après faut informer, sans prendre les néophytes pour des cons, ou sans passer pour des cons auprès des connaisseurs.
            Pas facile tout ça…

  • Tornado  

    Je voulais dire « WU-XIA-PIAN » bien sûr 🤪 !

    Et j’ai aussi oublié de dire que le dessin est super ! (bien que j’en ai eu la primeur bien en amont…)

    • Matt  

      Danke schön !
      Au début je voulais faire un truc comme sur nos articles, un tableau avec qui s’occupe de quoi.
      Et puis au final c’était redondant donc j’ai fait un dessin de nous 2 en guerriers/moines chinois^^

      • Eddy Vanleffe  

        Et c’est top, me voilà avec une barbe comme j’ai toujours rêvé de porter…

        • Matt  

          Faut être patient je crois pour se faire pousser ça^^

          • Eddy Vanleffe  

            mon système pileux, c’est pas ça, je me suis fait recaler comme Taliban par exemple…

          • Matt  

            Bon sinon cher collaborateur, tu les as vus les films de Chu Yuan dont je parle ?^^
            Moi ce sont mes Shaw Brothers préférés aujourd’hui.
            Quand j’étais plus jeune, je préférais ceux où ça se bastonnait le plus.
            Mais bon avec le recul…et les chorégraphies qui ont vieilli un poil (c’est pas du level de Tigre et Dragon quoi^^) je préfère ceux qui envoient encore du lourd visuellement avec de beaux décors et des scénar plein de surprises. Et une touche d’aventure, de fantastique et d’exotisme.
            En gros les Chu Yuan quoi^^

            Les films comme la trilogie de la 36eme chambre de Shaolin dont tout le monde parle…franchement c’est loin d’être les meilleurs je trouve…

          • Eddy Vanleffe  

            non je les ai pas vu mais ça fait parti de ma wish list,
            Quand on a commencé à parler de cet article, je me sentais pas « compétent » pour parler du genre, du coup j’ai fait une opération rattrapage intensive ^^
            avec des films qu’on a même pas mis dans notre sélection comme Seven Swords ou les trilogie Swordsman….mais j’ai quasiment pas retrouvé de film de la shaw brothers….
            c’est ma grosse lacune, pourtant j’aime bien le cinéma pimpant et vieillot… comme tu le dis, ils traversent mieux le temps que certains « téléfilms » améliorés des années 80/90 (je pense à Flying Dagger ou Evil Cult)

          • Matt  

            Pas vu Evil Cult. C’est le truc avec la fin nationaliste un peu chelou sur le karma des japonais et la bombe nucléaire ? Ouch…

            Bah je te conseille les Chu Yuan en tous cas. Il y en a une tripotée de films de la Shaw Brothers. T’es pas obligé de tous de les faire (certains sont bof quand même hein)
            La guerre des clans est un classique^^
            Le sabre infernal ça fait un bon moment que je l’ai pas vu.
            Il y a des maitres d’armes bien bizarres : le peintre, le maitre échecs… Je me souviens d’un plateau d’échecs géant. Mais je ne l’ai pas vu depuis pas mal d’années celui là. Il faisait pas mal « fantasy » déjà.

            https://www.youtube.com/watch?v=aYuhERUynwo

          • Eddy Vanleffe  

            non le truc nationaliste c’est Docteur Wai qui est une variation de Indiana Jones et du Magnifique du regretté Belmondo, avec un écrivain qui écrit le film au fur et à mesure (mais ça c’est pas dans le montage occidental), ça finit avec un « champignon » et une reflet du bouddha et une voix off qui précise que le pays envahisseur de la Chine (ça se passe pendant la guerre) finira par être puni … J’étais sur les fesses en voyant un truc aussi cash dans un film de divertissement

          • Matt  

            Au passage Seven Swords, Spectrum films devrait enfin sortir la version initiale de 4h, mais pas avant fin 2022. Apparemment ils en ont chié pour avoir les droits.

            Je l’ai apprécié ce film, quasiment pas de CGI, comme une sorte de retour aux sources, mais trop de personnages survolés. Du coup je suis tenté par la méga version longue^^

            Ils ont aussi prévu de sortir Shin Godzilla. Mais c’est même pas encore dans leur calendrier des plannings qui va jusqu’à fin 2022.

  • Présence  

    Super dessin d’ouverture : j’aime beaucoup.

    Tâche ardue de vous parler de Wu-Xia Pian si vous n’êtes pas familier avec le genre. – Peut-être, mais, moi, je suis venu là pour ça : découvrir un genre que je ne connais pas dut tout. 😀 Je vais enfin découvrir ce que recèle la référence Shaw Brothers, que j’ai souvent vu passer, sans jamais chercher à en savoir plus. Mais là, c’est différent vous m’apportez tout sur un plateau. Merci.

    Bon, ça commence bien : j’ai vu Tigre et Dragon, ainsi que Le secret des poignards volants.

    Un personnage principal féminin et des percussions : deux caractéristiques qui sont saisissantes sur la bande annonce (que j’ai regardé) de L’hirondelle d’or.

    En lisant le § consacré à La rage du tigre, je ne peux pas m’empêcher de poser une question de béotien : à part la localisation géographique, qu’est-ce qui distingue ces films de leurs homologues japonais de Chanbara ?

    Les films de Chu Yuan : un savant dosage entre historique, enquête et Fantasy, si j’ai bien compris. Cette Fantasy est-elle l’équivalent culturel de nos contes de fées, ou des croyances animistes japonaises ?

    La guerre des clans – Récit d’espionnage, film de gangsters, chorégraphies : décidément tout est soluble dans le Wu-Xia Pian !

    Le complot des clans – Ls films de Chu Yuan sont soignés à la fois au niveau du fond et de la forme : m’enfin, c’est une phrase écrite exprès pour Tornado. 🙂

    • Matt  

      « En lisant le § consacré à La rage du tigre, je ne peux pas m’empêcher de poser une question de béotien : à part la localisation géographique, qu’est-ce qui distingue ces films de leurs homologues japonais de Chanbara ? »

      Pour celui-ci en particulier, peut être pas grand chose.
      Si ce n’est qu’évidemment ce ne sont pas les mêmes types de disciplines martiales, les mêmes costumes, le même système féodal, etc.
      Mais dans beaucoup d’autres films comme nous l’expliquons, les guerriers volent dans les airs, ont des pouvoirs, etc.
      Les chanbara c’est plus réaliste, historique. Et au final rares sont les chanbara aux héros solaires puissants et gentils^^ Lew Wu-xia-pian font plus souvent films d’aventures funs et épiques aux héros purs et aux méchants très méchants^^

      • Présence  

        Merci beaucoup pour cette réponse éclairante : je pars du loin, j’étais effectivement très loin du compte.

    • Matt  

      Et puis là je n’ai plus La rage du tigre en tête mais il y a surement des chorégraphies complètement abusées aussi^^

      Les chanbara, même les plus stylisés, ne sont pas souvent aussi… »aériens » Le samouraï va couper une mouche en 2 avec son sabre mais il ne va pas s’envoler par dessus 10 mecs^^
      Ce ne sont pas les mêmes codes de divertissement.

      • Présence  

        Maintenant que me l’as expliqué, je vois mieux en quoi ce ne sont pas les mêmes codes de divertissement. Merci beaucoup.

  • Bruce lit  

    J’adore le dessin d’ouverture qui capture assez bien les caractères de Matt (vigilant et sur la défensive) et Eddy (détendu et accueillant) ! Bravo Matt !
    Pour le reste je n’ai vu aucun de ces films et suis comme un nouveau né qui aurait tout à apprendre du langage et du vocabulaire de ce cinéma de genre absent de nos écrans télé et de mes vidéo clubs.
    Vous en imposez, c’est impressionnant !
    Je suis aussi très content de voir qu’Eddy apparait enfin dans les nuages tags du blog en occurrence les plus fréquentes (http://www.brucetringale.com/tag/eddy-vanleffe/) . C’est mérité !
    Tiens en ce moment je regarde Samourai Shampoo. Ca rentre dans votre thématique non ?

    • Matt  

      Bah samouraî = Japon donc pas trop wu-xia pian non^^ Mais chanbara oui.
      Mais surtout manga, avec les délires du manga qui ajoute des trucs modernes anachroniques.

      Je suis toujours surpris que vous soyez passé à côté de tout ça. Que ce soit les polars HK, les films de samourais, les films chinois.
      Mais en même temps j’ai constaté que les experts du ciné asiatique n’ont jamais ouvert un comics US ^^

      • Présence  

        Je suis passé à côté de tout ça, parce que dans ma jeunesse, il me semble que la disponibilité ou l’accessibilité à ces films étaient nulles, sans aucune incidence dans les médias auxquels je pouvais m’intéresser.

        • Bruce lit  

          Pareil.
          C’est l’époque où on résilie Canal Plus parce que ça devenait n’importe quoi. Le Video Club avait pas tout ça et je passais la soirée à écouter du rock et à jouer avec la console de jeu.

          • Matt  

            Et toutes les sorties DVD chez Wild Side et dans la collection cinéma de quartier de Dionnet début 2000, ça vous a pas interpellé ? Vous connaissiez Dionnet mieux que moi à l’époque d’ailleurs je pense^^ Moi je me disais « tiens c’est qui ce mec qu’on voit partout au début des DVD qui présente les films ? » ^^

    • Eddy Vanleffe  

      @Présence et Bruce

      De l’extérieur, c’est vrai que les films asiatiques peuvent se ressembler de manière troublante. D-s qu’on s’y interesse, on glisse le doigt dans deux Histoires différentes, des thématiques territoriales différentes. et puis rapîdement, onvoit la différence vesitmentaire notamment. Vous ne verrez pas de kimono dans un film chinois et les tenues des demoiselles sont différentes, ceci conditionnera de manière radicale la séductivité des deux cinéma. les femmes chinoises paraissent rapidement lus « libres » avec des rôles plus proches des films occidentaux. les façons de filmer de concevoir la figure du héros sont aussi assez éloignées. le héros chinois peut être aussi colérique que courageux, rederesseur de torts et pafois à la limite d’un super héros. La héros japonais dans les films de sabres, est taciturne, cache sa puissance, ses émotions etc… les chinois aiment aussi beaucoup le tragique. c’est aussi une première fenêtre pour comprendre des cultures vraiment différentes là encore. Pas de shinto, pas d’animisme non plus chez les chinois mais un cléricat boudhique très présent, un rapport à la mort très apaisé…
      Samouraï Shamploo
      C’est vraiment japonais jusqu’au fond du slip. deux Ronins dans une itnrigue impliquant la minorité catholique japonaise, la présence hollandaise etc…la fin de l’ère du shogunat etc…
      en revanche on a une bromance avec une fille qui fait l’arbitre. donc oui on se rapproche quand même du thème de la RAGE DU TIGRE.

      • Présence  

        Merci beaucoup pour ces compléments. Je vais revisionner les bandes annonces ici présentes avec ces éléments à l’esprit pour mieux les voir Je pars vraiment de très loin.

      • Matt  

        Merci Eddy
        Mine de rien c’est pas facile de faire le rôle de passeur. Et ingrat…^^ (dans le sens ou peut être que personne ne va tenter l’expérience ici. Ou être capable d’apprécier tellement vous partez de loin (selon vos propres mots hein ! Je critique pas.)
        J’aime bien parler de trucs que j’aime mais des fois j’aimerais bien me sentir moins seul^^
        Donc merci Eddy pour le coup de main.
        Et ne vous vexez pas les autres hein. Je ne dis pas ça pour me moquer d’un manque de connaissances ou quoi que ce soit. Juste que des fois bah…on se sent seul avec notre délire quand personne connaît.

  • Matt  

    Sinon oui je remercie Eddy pour son coup de main (même si j’aurais l’occasion de le remercier à 3 reprises pour les 3 parties^^)
    Je ne me serai pas lancé là dedans tout seul.
    Surtout qu’en plus, malgré le fait qu’on va aborder 12 films…ça ne reste qu’un échantillon de ce qui existe. C’est pourquoi on balance plein d’autres titres au passage^^ (même si ça ne sert pas à grand chose)

    • Tornado  

      Alors là LE COMPLOT DES CLANS, LA GUERRE DES CLANS… Ça fait un titre et demi seulement… 😆

      • Matt  

        J’ai pas compris la blague.
        Parce que les titres VF se ressemblent ?
        Bon alors les titres VO^^ :

        -Liu xing hu die jian, (« Météore, papillon, épée »)
        -Chu liu xiang (oui, juste le nom du héros^^)

        • Tornado  

          Ben oui ce sont les mêmes titres, quoi…
          Tiens je remarque que les titres originaux ne sont pas non plus très… originaux ! Le budget du film n’est pas passé par la case « chercher un titre recherché », quoi ! 😀

        • Matt  

          Bah « météore, papillon épée » ça fait original quand même.
          Un peu bizarre pour nous peut être.
          Le 2eme ouais, se sont pas fait chier avec juste le nom du héros^^

          Au début je me disais que j’allais parler d’un autre film pour ne pas parler de 2 films au titre trop similaire. Mais en fait on s’en fout, c’est pas ce qui compte^^
          J’aurais pu parler du sabre infernal. Mais je l’ai pas revu depuis un bail.

      • Matt  

        Tiens au fait en parlant de titre VF, un des pires est « la cité interdite » (2066) de Zhang Yimou (qui est plus un drame historique qu’un wu–xia pian…mais très beau)
        Pourquoi c’est le pire titre ? Il y en a des plus nazes certes.

        Mais…la cité interdite était le nom du palais au sein de la Cité impériale de Pékin dont la construction fut ordonnée par Yongle, troisième empereur de la dynastie Ming, et réalisée entre 1406 et 1420.
        Et le film…dont le vrai titre se traduirait plutôt par « Curse of the Golden Flower » (le titre anglais est meilleur pour le coup) se déroule au Xeme siècle…donc bien avant la construction de la cité interdite.
        C’est juste un palais impérial dans le film. Pas la cité interdite.

        https://www.youtube.com/watch?v=QBFi6LqYswI

        Mais sinon le film est cool si on aime les drames Shakespearien au sein de la cour impériale. Et visuellement ils se sont lachés.

        https://www.youtube.com/watch?v=qfctX7QAgwQ

      • Matt  

        Ahem…il date de 2006, pas 2066…
        On peut toujours pas éditer nos commentaires pour corriger nos conneries ?^^

        • Tornado  

          Impressionnante la bande-annonce. Ça me fait penser que je n’arrive pas à me rappeler de ce film dans le même genre que j’avais détesté… Impossible de m’en rappeler.

          • Matt  

            Que tu avais détesté ? Parce que ?

          • Matt  

            Il y a SHADOW du même réal, que j’ai quand même vachement moins aimé. Presque en noir et blanc. Sur fond de guerre. Ou tout le monde finit par se massacrer à coups de trahisons dans tous les sens.

            https://www.youtube.com/watch?v=AGetemRDuVY

          • Matt  

            Je ne suis pas non plus un fan inconditionnel de Zhang Yimou
            J’ai bien aimé Hero et la cité interdite, mais « le secret des poignards volants » fait un peu téléfilm opportuniste, et Shadow bof.

  • Jyrille  

    Merci les gars de parfaire ma culture ! Cela faisait depuis mon visionnage de Kill Bill que je me demandais d’où sortaient ces logos du temps passé. Cela dit je n’ai toujours pas vu les films japonais avec la fille qui se venge là… Mais Shaw Brothers j’en entends parler depuis longtemps sans jamais avoir cherché. J’attendais sans doute votre article.

    J’ai TIGRE ET DRAGON en DVD et je ne l’ai toujours pas regardé. Plus étonnant, j’ai aussi ONCE UPON A TIME IN CHINA, toujours pas vu en entier non plus. Et il faut que je revoie THE KILLER que j’ai aussi en DVD, ainsi qu’un autre polar dont j’ai oublié le titre.

    « Luke, son héros lumineux en blanc qui, lorsque mutilé, se remet en question, arborera le noir afin de mieux insister sur un manichéisme simplifiant les enjeux misant tout sur l’efficacité graphique » Comme c’est bien dit et bien vu.

    « renouveau du genre dans les années 1980 » Je ne comprends pas : cela commence dans les années 60 et votre article se termine avec un film de 77, il ne semble pas avoir connu autant de bas, si ? Même si la conclusion m’éclaire plus.

    Inutile de vous dire que je n’ai vu aucun de ces films ni n’en ai jamais entendu parler. Le dernier me tente bien. Mais bon… Je vous le redis, je pense que vous l’avez loupé : j’ai enfin vu TIME AND TIDE.

    • Matt  

      « cela commence dans les années 60 et votre article se termine avec un film de 77, il ne semble pas avoir connu autant de bas, si ? Même si la conclusion m’éclaire plus. »

      Bah ça commence à décliner et la Shaw Brothers ne fera plus rien. Et la survie (plutôt que le renouveau si tu veux) du genre dans les années 80 ne va tenir qu’à 2 ou 3 mecs, dont surtout Tsui Hark.

    • Matt  

      Le plus triste avec ces films aussi, c’est qu’ils ne sont diffusés nulle part. Et je ne sais pas si ça va changer.
      Je crois que les plateformes comme Netflix ne diffusent que des films en HD, non ? Donc tout ce qui n’a pas encore été remasterisé en HD ne sera pas diffusé…ce qui équivaut à 80% des films du monde entier (je n’exagère pas : selon le référencement des DVD et blu-ray existants, il existe grosso modo 290 000 DVD et 98 000 blu-ray en HD seulement…et on estime le nombre total de films depuis le début du cinéma à plus de 400 000. Certes il doit y avoir de la merde là dedans mais même…)

      Donc en gros plus ça va et plus on « trie » les films en fonction de leur popularité et les trucs moins connus disparaissent vu que personne ne met d’argent dedans (faut de pouvoir rentabiliser avec des ventes satisfaisantes.)

      Heureusement qu’on a des éditeurs passionnés (que je remercie) qui prennent le risque de ressortir des vieux films en blu-ray. Et je continuerai de leur acheter leurs blu-ray pour les soutenir (Netflix se sert chez eux de toutes façons. Si jamais un film HD en débarque sur Netflix France c’est avant tout grâce aux éditeurs indé qui ont pris la peine de ressortir le film.)
      C’est grâce à eux qu’on voit débarquer de vieux gialli italiens tombés dans l’oubli, quelques films chinois comme The bride with white hair récemment sorti en HD chez Spectrum films, etc.

      • Jyrille  

        Je ne sais pas Mattie pour la HD mais il est tout à fait possible que tu aies raison. En tout cas je viens de commencer une série Netflix (non finie mais terminée) qui pourrait te plaire : MARCO POLO.

        https://www.youtube.com/watch?v=TjxmgKuL7ZM

        • Matt  

          Tiens c’est vrai qu’on connait mal la vie de Marco Polo, et à ma connaissance, il n’y a pas trop de films là dessus. Après il était à la cour des mongols. Je sais pas trop à quel moment.
          Oh c’est tellement compliqué l’histoire chinoise, les guerres et les royaumes de l’époque^^ Je connais vachement moins que le Japon…
          Il y a eu tellement de peuples et tellement de chefs qui ont pris plusieurs noms…

          • Jyrille  

            Oui je découvre. Bon ce doit être très romancé mais j’apprends des choses, on y parle du kung-fu, des descendants de Gengis Khan qui deviennent le Grand Khan (comme dans Donjon bon sang !), ça parle d’empire chinois et mongol… Et bon les images sont belles.

          • Matt  

            Oui apparemment c’est à l’époque de Kubilai Khan (descendant de Genghis) qui a établi la dynastie des Yuan. Avant la dynastie des Ming. C’est l’époque de la Chine mongole quoi.
            J’avoue que je ne connais pas trop tout ça…c’est après les Song déjà^^ Du coup selon le trailer qui parle des Song, Marco Polo était là quand ils ont été renversé par les mongols.
            ça peut être intéressant si c’est pas trop n’importe quoi au niveau des libertés prises sur l’histoire.

          • Jyrille  

            C’est exactement ça ! Mon respect éternel. Là le Kubilai Khan tente de détruire les derniers Song résistants dans une forteresse.

          • Matt  

            Houlà on se calme. A part l’ordre des dynasties, je connais pas grand chose^^
            Je connais un peu la période des 3 royaumes aussi, bien avant, en 220. Parce que c’est une période connue sur laquelle ils ont écrit des livres, fait un film (de John Woo, à voir de préférence en version longue de…5h. 2 partie de 2h20 en fait, plutôt que la version internationale du film qui retire…la moitié du film.)

            La dynastie Qin est la première dynastie impériale à avoir unifié la Chine (période du film HERO d’ailleurs^^)
            Ensuite les Han, la période des 3 royaumes, mais ensuite c’est un gros bordel entre les Jin, les Tang, les Song…je suis largué ^^
            Puis les mongols, les Ming, et les Qing

  • Jyrille  

    OK merci Mattie. Et au fait, j’adore le dessin ! Beau job vraiment !

    • Matt  

      Merci^^

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