Les années lumières

Encyclopegeek : Photonik par Ciro Tota et Jean Yves Mitton

Première publication le 9/11/15- Mise à jour le 20/12/17

AUTEUR : 6 PATRICK FAIVRE

Cette Encyclopegeek portera sur la carrière du super héros français Photonik publié chez Lug dans les années 80.

Est-ce un oiseau ? est-ce un avion ? Non c’est Photonik !

Est-ce un oiseau ? est-ce un avion ? Non c’est Photonik !

La France a toujours entretenu des rapports ambivalents avec la Bande Dessinée Américaine. Oscillant entre mépris et admiration, les choses n’ont jamais été simples (ni claires) entre les deux cultures. Si les rapports tendent à se normaliser avec le temps, un mur (de l’Atlantique) semble toujours séparer les deux approches de la Bande dessinées. Cependant il existe des auteurs qui ont travaillé pour le rapprochement de ces deux univers. L’un d’eux s’appelle Ciro A. Tota.

Tout commence en 1980, l’éditeur Marcel Navarro a l’idée de lancer une publication de super-héros Made in France. Après tout il dispose d’artistes remarquables dans le staff de l’éditeur LUG qui ne demandent qu’à être occupé par autre chose que par des retouches (comprenez censure) des Comics Marvel !
Je ne reviendrais pas sur le protectionnisme appliqué aux BD Américaines dans les années 60 à 80, il y aurait largement de quoi faire plusieurs articles sur la question, mais on peut simplement souligner que  l’adaptation  des comics US aux normes Françaises justifiait l’emploi de plusieurs personnes à plein temps chez LUG.

Quoi qu’il en soit, l’idée de créations 100% Française se réalisera dans le magazine MUSTANG n° 54 de Juin 1980. La revue était précédemment dédiée à des Westerns. Pour des raisons purement fiscales il était plus facile/rentable de reprendre un titre déjà existant plutôt que d’en créer un nouveau. Moralité, même si le contenu n’a plus rien à voir le titre sera maintenu ! Les éditions LUG seront familières de cette stratégie puisqu’elles recommenceront cette politique quelques années plus tard avec le titre  Ombrax Saga  qui lui aussi passera du Western au Super héros au numéro 243 en 1986, mais n’anticipons pas…

Mustang #54 Le début d’une histoire fascinante et… des autocollants !

Mustang #54 Le début d’une histoire fascinante et… des autocollants !

THE MUSTANG’S YEARS

Paradoxalement, craignant un rejet massif d’une série produite en France,la décision fut prise de cacher (ou du moins de ne pas communiquer) l’origine des auteurs ! Ainsi donc Marcel Navarro deviendra « Malcom Naughton » (on ne rigole pas), Jean-Yves Mitton sera « John Milton » et Ciro Tota finira en « Cyrus Tota » ! La vérité sur la provenance des auteurs ne sera révélée que bien plus tard. Ainsi donc en Juin 1980 trois nouvelles séries voient le jour au sein de la revue. La première sera Mikros (« Titan microscopique »), la suivante sera Mustang (narrant les aventures d’Ozark et du Magi-Circus – On en frémit encore…) et enfin Photonik écrit et dessiné par Tota !

A relire de nos jours ces titres, il apparaît clairement que Photonik dépasse qualitativement très nettement ses petits copains jeu ! La série Mustang est un désastre créatif (histoire comme dessin) dont la lecture est à présent insoutenable. Le scénario de Mikros lui a très mal vieilli et les dialogues s’adressent manifestement aux plus jeunes (et encore, pour ne pas tirer un boulet rouge sur ces précurseurs, je m’en tiendrais à un discours politiquement correct). Au milieu de ce palmarès peu glorieux Photonik semble briller de mille feux !

Nazel Ziegel mi-professeur Xavier mi-professeur Nimbus !

Nazel Ziegel mi-professeur Xavier mi-professeur Nimbus !

Jugez plutôt : Le 24 décembre au soir un vaisseau spatial dont la forme évoque un building atterrit en plein cœur de Central Park à New York. Des sondes « Audio-Hypnotiques » sortent du vaisseau et se rependent à travers toute la planète. Grace à elles, le monde entier sera désormais sous l’emprise mentale du mystérieux Minotaure !

L’arrivée du vaisseau spatial aura bien des conséquences, à commencer pour Thaddeus Tenterhook, un jeune homme bossu qui travaille en tant d’homme de ménage dans le laboratoire de l’université. En effet alors qu’il est enfermé dans le labo, un appareil appelé Luminotron se met en marche ! Irradié au dernier degré l’homme est conduit à l’hôpital dans un état critique. Contre toute attente il se transformera quelques heures plus tard en Photonik « l’homme lumière » !

Deux autres personnes ont eux aussi pu échapper à l’emprise psychique du Minotaure : Le docteur Nazel Ziegel, un vieil homme télépathe et télékinésiste, ainsi que Tom Pouce, un adolescent marginal qui vit dans une grotte cachée dans Central Park. Si la résistance aux pouvoir mentaux de l’extraterrestre par Photonik et de Ziegel sont dus à leurs extraordinaires capacités, on n’apprendra que plus tard la raison laquelle Tom Pouce  a pu échapper au lavage de cerveau… Constatant l’asservissement de l’humanité le trio décide de s’unir afin de réveiller leurs semblables et se débarrasser de l’envahisseur ! Cette quête ne leur prendra pas moins de 12 épisodes.

Métamorphose !

Métamorphose !

Ciro Tota est né en Italie en 1954. Pour LUG il illustrera notamment la BD d’aventure Blek le roc ce qui lui permettra de se faire remarquer par Navarro. Ce dernier lui donnera l’occasion de dessiner et scénariser sa propre série : Photonik ! Tota ne fera pas les choses à moitié pour ses débuts, ayant l’intention d’ajouter une touche supplémentaire à une simple histoire de Super-héros, il n’hésitera pas à mêler mythologie, science-fiction et contes féériques …

Mais avant toute chose, Tota souhaite s’appuyer sur un trio d’individu symbolisant l’homme aux trois âges : l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse. Ensuite, pour s’assurer une base solide il s’inspirera d’un des Super héros les plus populaires : Spider-Man ! A l’instar du Peter Parker des débuts, Thaddeus Tenderhook est un bossu laissé pour compte, vivant dans une famille d’accueil qui le maltraite, travaillant comme homme de ménage dans une université où il est le souffre douleur des étudiants…Bref en comparaison Peter Parker est la star des boums, le Docteur Don Blake un athlète olympique et le jeune Steve Rogers un adepte du body building !
Dans la même idée pour le docteur Nazel Ziegel, Tota s’inspirera ouvertement du professeur Xavier (l’usage de ses jambes en plus). On apprendra plus tard que comme Magneto, Ziegel est un rescapé des camps de la mort.

Une sonde mentale, où l’art de raconter l’origine des personnages en deux planches !

Une sonde mentale, où l’art de raconter l’origine des personnages en deux planches !

Enfin pour Tom Pouce (sorte de Robin sans cape),  l’auteur souhaite jouer la carte de l’identification (le lecteur visé a plus ou moins l’âge du personnage). Le garçon est un fugueur qui a erré à travers les Etats-Unis avant de rencontrer son futur mentor, un vieux chef Indien qui l’immunisera contre les assauts psychiques à l’aide de fumées hallucinogènes et incantatoires !

Outre les comics US, Tota reconnaîtra comme influence le film Zoo in Budapest (de Rowland V. Lee en 1933) qui lui servira de modèle pour le cadre de Central Park, les gardiens du zoo, la grotte souterraine de Tom Pouce, etc. Le rythme de l’histoire est assez rapide, les informations arrivent au fur et à mesure comme autant de coups de théâtre et sans temps mort. Manifestement l’auteur dès le premier épisode a une idée tout à fait précise de l’histoire, son développement et sa conclusion. Tout est planifié à l’avance et Tota sait où il va. L’improvisation n’est pas de mise !

Soyons honnête, malgré le filtre de la nostalgie, la série n’est pas sans défaut : Ziegel habite un appartement délabré et conduit un tas de ferraille qu’on croirait directement sorti des pages de Gaston Lagaffe, mais par contre il trouve mystérieusement les moyens de confectionner un costume pour Photonik , de créer des gadgets pour Tom Pouce (dont les fameuses bottes qui lui permettent de voler)… Tout ceci sort vraiment de nulle part, mais bon vous me direz ce n’est pas moins crédible qu’un ado vivant chez sa tante puisse créer des lances toiles sans aucun budget !

Photonik face au puissant Minotaure !

Photonik face au puissant Minotaure !

Les sbires successifs que le Minotaure envoie affronter Photonik manque parfois d’épaisseur et de charisme. Tout comme on ne saura jamais pourquoi le Grand Stratéguerre enverra ses Golgoths un par un contre Goldorak au lieu de les envoyer tous en même temps, on ne comprendra pas plus qu’avec les moyens dont il dispose, le Minotaure ne mobilise pas plus de force pour éliminer les trois seules personnes sur terre susceptibles de contrecarrer ses plans !
On pense par exemple au Chasseur Ailé qui manque de peu d’abattre Photonik mais qui ne sera utilisé que 2 fois (dans le #4 et dans l’épisode final). Les premiers numéros s’ils peuvent tout à fait être lus à l’âge adulte nécessiteront malgré tout de faire appel à son âme d’enfant pour en apprécier pleinement la saveur.

Cependant l’intrigue fonctionne parfaitement et le contexte du trio de résistants face à l’oppression est efficace et porteur de nombreux éléments dramatiques. Les seconds rôles sont fournis et contribuent à créer une dimension réaliste. On affublera même Thaddeus d’une petite amie Jenny ! Ceci dit leur relation restera plus que chaste puisqu’elle portera le sceau des amours impossibles ! Il est amusant de voir le style du jeune dessinateur s’améliorer et s’affiner au fur et à mesure. Si l’on compare le style des premiers épisodes avec celui des derniers on a tout simplement l’impression de ne pas avoir affaire au même artiste !

La saga du Minotaure verra sa fin au 12éme épisode. Ce sera la première et dernière fois que Tota mènera une saga de cette ampleur à son terme. Le rythme de production des épisodes par Tota lui imposera des arcs narratifs beaucoup plus modestes (4 épisodes maximum). Bien que rencontrant des adversaires haut en couleurs aucun d’entre eux n’aura ni le charisme ni l’envergure de son premier ennemi !

Le jeune Nazel se paie carrément la tronche d’Hitler !

Le jeune Nazel se paie carrément la tronche d’Hitler !

THE SPIDEY’S YEARS

La revue Mustang arrivera à son terme au numéro 70 en octobre 1981. Souhaitant malgré tout sauver les deux séries phare du mensuel, LUG les transfèrera au sein de ses revues Marvel. Ainsi Mikros refera surface dans le Titans #35 et Photonik dans Spidey #22 tous deux datés de novembre 1981.

Autant le choix de Titans parait logique, autant le choix de Spidey laisse perplexe ! La revue comportera trois séries : Une réédition des premiers X-Men, Photonik et… Spidey les aventures de l’homme araignée destiné au tout petit ! Une programmation hétéroclite ! Peut-être trop et Tota sera assez déçu de voir sa série côtoyer un titre ouvertement enfantin… Il se consolera en se disant qu’il côtoie également les X-Men de Kirby ! Son soulagement sera sans doute total quand la série Spidey sera définitivement remplacé par Et si… au numéro 34.

Spidey la revue au casting improbable !

Spidey la revue au casting improbable !

Le problème principal que rencontrera la « période Spidey » est la difficulté de Tota à suivre un rythme mensuel. Son style s’étant considérablement amélioré par rapport à ses débuts, le découpage et le cadrage ont gagné en ampleur et surtout en détails, à tel point que le dessinateur aura toutes les peines du monde à finir son travail dans les temps ! Heureusement, tout comme il l’avait déjà fait préalablement durant la période Mustang, Jean-Yves Mitton prendra régulièrement le relais, le temps d’un ou deux épisodes, donnant ainsi le temps à Tota de prendre un peu d’avance sur la suite de la série !

Quand Mitton prend la série en main il est le seul maitre à bord (scénario comme histoire) et donne librement son interprétation du héros; il est donc amusant de comparer la vision radicalement différente des deux auteurs sur ce personnage !

Un design classe

La classe tout simplement !

Disons-le clairement: Mitton a une approche plus simple des histoires (qui sont moins complexes et s’adressent aux plus jeunes). Pour Tota, Photonik est une sorte de « Spider-man qui vole et se rend invisible , tandis que pour Mitton il s’agit bien plus d’un Superman lumineux ! C’est ainsi qu’on le verra le héros soulever un Boeing 747 à lui tout seul, ce qui serait parfaitement impossible pour le personnage dans version originale !

Tel le poisson d’Arizona Dream, Photonik perdra d’un côté et gagnera de l’autre : Dans le trait ce qui est perdu en finesse et en élégance sera gagné en dynamisme et en puissance ! On pensera ce qu’on veut de Mitton en tant que scénariste (pas que du bien me concernant) mais en tant que dessinateur il pourrait tout à fait donner des leçons tant son style est parfaitement adapté aux Super-héros… Musclés !

Photonik à Chinatown pour l’une de ses meilleures histoires

Hélas l’intérim de Mitton n’est pas suffisante pour maintenir le rythme mensuel et la série s’interrompt une première fois pour un an (d’octobre 1983 à aout 1984) sans que l’auteur ne puisse clairement expliquer la raison de cet arrêt ! Quoi qu’il en soit, la série revient au Spidey #55 avec un numéro Zéro ! Hélas pas pour longtemps puisque la série s’arrête à nouveau quatre numéros plus tard ! Cette fois-ci il faudra attendre presque 2 ans pour le voir revenir dans les pages du magazine ! Et bien entendu son retour ne sera une fois encore que furtif, soit sept épisodes, dont les trois derniers seront réalisés par Jean-Yves Mitton. Ce sera donc lui qui clôturera la série dans Spidey #86 en mars 1987.

Le destin d’un héros tient vraiment à peu de chose quand on y pense et en l’occurrence il ne tiendra qu’à une plaque de verglas ! En effet lors d’un séjour au ski, Jean-Yves Mitton se cassera le bras ! Donc plus de dessin pour lui pendant de longues semaines. Les éditions LUG se tournèrent tout naturellement vers Tota pour assurer son remplacement (couvertures, retouches…).
L’infortuné souffrait déjà de retards chroniques sur sa série, il lui sera désormais impossible de la continuer ! Victime des circonstances (et peut être aussi d’un désintérêt de son auteur) Photonik disparaîtra donc corps et bien pour les 14 ans à venir !

Photonik revient dans une édition luxueuse et des couleurs retravaillées

Photonik revient dans une édition luxueuse et des couleurs retravaillées

En 2001, LUG (qui s’appelle désormais SEMIC) sortira 4 comics en kiosque reprenant au total 8 épisodes de la période Spidey, puis Delcourt reprendra ces mêmes 8 épisodes sous forme de deux albums à couverture cartonnée. Les couleurs ont été retraitées par ordinateur, avec des dégradés de couleurs et des teintes plus chaudes, le résultat est nettement meilleur que l’original, mais malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous et l’expérience s’arrête là.

Après la fin de la série Tota ne reviendra plus vers l’univers des super-héros (sous quelque forme que ce soit) se concentrant sur des séries plus « Franco-Belge » comme Aquablue notamment… C’est donc un quasi miracle si une réédition en noir et blanc chez l’éditeur  Black & white a pu voir le jour (deux volumes parus en 2013 et 2014). Le travail y est superbe et contre toute attente le noir et blanc contribue encore plus à mettre en valeur la finesse du trait de Tota ! Un must absolu (même s’il est un peu cher et surtout à un tirage ultra limité).

Rebondissement incroyable ! l’éditeur annonce même un troisième volume… entièrement inédit !! Dieu seul sait ce qui a pu se passer pour convaincre Tota de revenir à ses premières amours, mais il n’en reste pas moins qu’on est ravi d’apprendre que l’auteur pourra enfin donner une fin digne de ce nom à ce personnage qui aura marqué toute une génération de lecteurs !

Les personnages prennent vie pour tourmenter leur créateur !

Les personnages prennent vie pour tourmenter leur créateur !

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Photonik fait la nique à tous les super héros amérNikains aujourd’hui chez Bruce Nik ! Un article NicKel, plein de niaKe et nostalgeeK sur ce phénomène des années 80 !

La BO du jour: Patrick Faivre se souvient de son héros apparaissant dans une époque de ténèbres

18 comments

  • Bruce lit  

    Bravo pour ce moment d’érudition et d’humour teinté de nostalgie ! L’anecdote concernant l’américanisation des noms des auteurs est cocasse ! et je n’avais aucun souvenir de l’évocation de la Shoah du docteur Ziegel. A bien des égards, cet articles est à rapprocher de celui que tu as écris pour PIF: même flinguage d’une série au potentiel fabuleux flinguée en pleine gloire et qui n’en finit pas avec des come-back ratés….
    Je n’ai aucun souvenir de Photonik. Très peu….Si ce n’est que j’aimais ses petites cornes sous le menton et le souvenir d’un pauvre gars qui passait le bali… Pour être franc, vu que je lisais les Spidey de manière anachroniques chez ma nourrice de l’époque (avec les Pifs d’ailleurs !), je n’en garde aucun souvenir d’un arc cohérent digne de ce nom. En tout cas, Millar a t’il été inspiré par ce personnage pour créer son Superior ? (un enfant handicapé qui devient valide par l’obtention de super-pouvoirs ?).
    Le scan où Tota s’autoparodie est impayable ! Très beau boulot l’ami ! Tu as alimenté à toi presque tout seul la rubrique Encyclopegeek ! Pif dans le mille !

    • Jyrille  

      J’ai eu un flash en revoyant ces images de Photonik que ma mémoire avait enfouie et que je n’avais jamais remontées. Ce fut un petit choc ! Merci donc Patrick pour cet article très drôle et très érudit qui m’apprend une tonne de choses, notamment que Tota, auteur de ce super-héros oublié chez moi, avait pris la suite de Aquablue (magnifiquement dessinée par Vatine au départ). C’est dingue.

      Pour le reste, je rejoins complètement Bruce.

  • JP Nguyen  

    Voilà effectivement un bel article, plein d’humour, avec un bon équilibre entre nostalgie et regard critique.
    Pour ma part, je dois avouer ne pas trop connaître cette série, le voisin qui m’avait branché sur les super-héros lisait plus Strange et Special Strange (ainsi que les Jeunes T).
    Quand j’ai eu l’occasion de lire du Mikros dans Titans, ça ne m’avait pas trop botté.
    Finalement, de Tota, je connais essentiellement les couvertures de Strange et Cie réalisées dans les 80-90.

    Pour ceux qui ne liraient pas Facebook (ce qui pourrait d’ailleurs constituer un surnom au héros du jour), voici mon « meilleur » jeu de mots sur le perso : « Finalement, c’est comme pour Original Sin, c’est la faute au Nick ! »

  • phil  

    Excellent article Patrick. Je partage ces avis à qques détails près. (je trouve le minotaure inferieur à d’autres ennemis par exemple) et merci, du coup, pour le petit coup de projo sur « notre » integrale

  • phil  

    Ah j’oubliais….jp : C’est honteux (mais très bon :)

  • Tornado  

    Mais c’est passionnant tout ça ! Dans mon esprit, Mitton et Tota étaient le même artiste. Je comprends pourquoi à présent !
    Merci pour ce pan de culture. Je sais tout à présent !

    Je n’ai jamais lu cette série. J’adorais pourtant le magazine Spidey mais je pense que je devais systématiquement zapper « Photonik », qui ne me correspondait pas à ce stade de l’enfance.
    En revanche, un peu plus tard, je suis tombé amoureux de la série « Epsilon » dans Titans. Une histoire de SF par Jean-Yves Mitton. J’ai gardé tous mes Titans donc je possède toujours ces épisodes. mais j’avoue que je serais carrément preneur d’une réédition en librairie. J’avais demandé à Delcourt si une telle sortie était envisageable et il m’avait répondu par l’affirmative !
    Cette anecdote justifie d’ailleurs ma confusion entre Mitton et Tota…

    De ce « petit » tour d’horizon, je garde dans l’esprit les dessins franchement épatants de cette série. A se demander, vraiment, pourquoi je n’y ai jamais adhéré.

  • Présence  

    Papy Présence : Oh mais je me souviens avoir acheté ce numéro 54 de Mustang (aucun souvenir des autocollants cependant, ce doit être l’âge). Comme à mon habitude, j’ai commencé par regarder les images avant de lire l’article, j’ai été frappé par leur qualité (comme tu le soulignes dans l’article, et en particulier celle à Chinatown, on dirait du Alan Davis).

    C’était très agréable de pouvoir ainsi effectuer une plongée dans le passé et de redécouvrir ce héros dont j’ai tout oublié, sauf l’existence. Comme Tornado, ton article m’a permis d’en apprendre plus sur Cyro Tota et de comprendre l’implication de Jean-Yves Mitton dans cette histoire. Du coup, je serais preneur d’un article de la même trempe consacré à Cosmo, Yana et Punky.

  • Patrick 6  

    @ Bruce : Ton parallèle avec Pif est amusant, à la nuance près que la disparition de Pif n’est pas due à des difficultés du dessinateur à garder le rythme… Du reste c’est sans doute pour ça que dans les comics us la tache est répartie entre dessinateur et encreur…
    Si j’alimente à moi tout seul l’encyclopegeek tu vas pouvoir la renommer encyclopepat ;)

    @JP : Ah les Jeunes T ! Ma deuxième série préférée après les X-Men dans les années 80 !
    Il faudra que quelqu’un nous fasse un article sur la série fétiche de Perez !
    Autrement JP tu es élu le roi de la rime en ique ;)

    @ Phil : Et bien tant mieux si je participe à promouvoir votre très réussie réédition !
    (N’oublie pas ma commission comme on a dit hein…)
    Bon alors ce volume trois c’est pour quand ?

    @Tornado : Tu as un gage pour avoir confondu Mitton et Totta ;)
    Comme tu l’as compris j’ai toujours eu un peu de mal avec les histoires de Mitton, aussi bien Mikros, que Cosmos ou même Epsilon (mais ça n’engage que moi) ses scénar étant généralement plus manichéens et plus…euh… musculaires, que ceux tout en finesse de Tota.

    @Papy Présence : C’est sans doute moi qui t’ai chipé tes autocollants quand tu avais le dos tourné :))
    Je me rappelle qu’à la lecture des premiers Mustang même si ce n’était pas clairement dit on comprenait bien vite que ces Super-héros n’étaient pas comme les autres… plus Européens finalement !
    Notamment dans les dialogues comme « Oh lecteur si tu as oublié l’histoire du précédent numéro c’est que le Minotaure est en toi ! » Impayable :))

    • phil  

      si les Dieux de la création graphique sont avec nous le volume 3 sera là pour St Malo/ Quai des Bulles l’an prochain

  • Sonia Smith  

    Merci Patrick pour cette mise en lumière de Photonik, une série que je suivais avec assiduité, impatience et parfois angoisse, je me rappelle notamment des épisodes avec l’horrible comte Wampyr qui me faisait frissonner. Ta comparaison entre les styles de Tota, tout en finesse, et de Mitton, tout en puissance, est vraiment juste, même si je suis beaucoup moins sévère que toi sur le travail de Mitton qui change certes de ton mais offre parfois des histoires étonnantes (j’adore Supermat!). Une des plus belles histoires à mes yeux est celle qui dévoile les origines de Ziegel et, comme tu le soulignes, c’est un grand mérite de Tota de traiter en profondeur les personnages secondaires en les mettant presque sur le même plan que le héros principal.
    Je confirme la grande qualité des Editions Black and White qui offre un nouveau regard avec les planches en noir et blanc qui subliment, à mon sens, les dessins de Tota et Mitton. j’attends avec grande impatience le troisième tome.
    Merci pour cet article sur ce héros qui le méritait bien

    • Patrick 6  

      Merci à toi Sonia ! Ah oui Supermat et la meilleure histoire de Mitton sur Photonik à mon avis ! En tous cas l’idée de l’échiquier mouvant était excellente…
      L’origine de Ziegel (« Sieg heil ! » Bravo le jeu de mot !) était très bonne aussi mais je crois que je lui préfère celle qui se passe à Chinatown, avec son double maléfique, que j’ai dû lire 10 fois à l’époque :))

  • comics-et-merveilles.fr  

    Impressionnant! Je n’ai jamais cherché à connaitre la série Mustang. J’ai découvert, puis suivi Photonik et Mikros qu’à travers Spidey et Titans.
    Je n’avais jamais remonté le temps malgré de nombreuses références aux épisodes passés.
    Mais la première partie de l’article donne sacrément envie de connaitre davantage cette première période.

    Avant je préférais assez largement les dessins de Mitton. Bizarrement, maintenant, la tendance tend à s’inverser quand je revois leurs travaux.
    Le style graphique un peu franco-belge touch m’avait toujours un peu dérangé, il faudrait que je feuillète les versions noir&blanc pour voir ce que cela donne.

  • OmacSpyder  

    Merci pour ce bel article qui met en lumière la genèse et la trajectoire de notre Homme Lumière national!
    Ce trio composé en effet des trois âges de la vie de l’homme permet un équilibre dans les interactions des personnages, et évite le premier rôle effaçant les rôles secondaires. Cette équation m’a toujours frappé et je pense aujourd’hui que le personnage de l’histoire est l’Homme créé par ce trio: l’enfant et son ressort, l’adulte et ses contraintes rehaussées de ses idéaux, et la vieillesse qui panse ses blessures passées pour atteindre une certaine sagesse. Ce trio est donc un ensemble indissociable et Tota a eu cette touche de génie de leur donner corps avec la grâce de son trait en supplément.

    Je me souviens de ces épisodes dans Spidey qui détenaient avec le sommaire, une étincelle particulière dans cette revue plus enfantine.
    Je me souviens des éditions Delcourt ressortant ces épisodes restaurés en format librairie, parfait pour le jeune adulte que j’étais. Et d’avoir croisé à un salon Tota, adorable, acceptant de me dessiner un Photonik en pleine promo d’Aquablue.
    Et aujourd’hui je suis ravi de trouver « à l’heure de Ziegel » cette édition en Noir et Blanc des aventures épurées de ce trio rafraîchissant.
    Ah! Ces trois âges..!
    Merci encore pour cet article!

  • Tornado  

    J’ai « rencontré » J.Y. Mitton l’été dernier. Je dis « rencontré » mais je ne lui ai pas parlé. J’ai assisté à une séance de dédicaces et le bonhomme était très sympa et loquace, très chaleureux. Pour l’occasion, sa maison d’édition rééditait la série « Epsilon », dont je suis fan, et que je « rêve » de voir rééditée depuis longtemps. Hélas, ils ont choisi de la rééditer en fascicules particulièrement onéreux. Alors que j’espérais voir une intégrale en librairie. Du coup, ayant tous les N° du magazine Titans dans lesquels elle a été publiée, je n’étais pas du tout intéressé et je n’ai donc rien fait dédicacer…
    Par contre, j’ai bien regardé ses dessins pendant la séance, et c’était la classe !

    • Matt  

      Ce n’est pas aussi ampoulé et chiant au niveau de la narration comme les vieux comics avec lesquels tu as du mal ?
      Moi j’aurais craqué. J’ai du mal à me contenter des éditions Lug au papier usé et jauni…
      Tu as connu Skull the Slayer dans Titans ? Je me souviens que j’avais trouvé ça sympa même si ça n’a duré que peu d’épisodes et qu’ils introduisaient les 4 fantastiques à la fin pour mettre un terme rapide à la série.

      • Tornado  

        Non, c’est beaucoup mieux écrit, même si ce n’est pas du Warren Ellis ! :)
        Je ne me souviens pas de ce « Skull ». C’était dans quels numéros ?

        • Matt  

          Titans 5 à 12

          http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=album&album=vo_skull_slayer1

          Bon…c’est surement vieillot maintenant, donc ça m’étonnerait que ça supporte une relecture de ta part de nos jours…mais j’étais curieux de savoir si quelqu’un d’autre a connu ça.
          A peine 8 épisode puis un marvel two-in-one avec The thing pour stopper la série…
          Skull était envoyé dans le temps avec des amis et affrontait des sorciers et gros monstres dans la jungle. Un peu un sous-Conan pulp.
          Si je le relisais maintenant, aucune idée si j’aimerais encore. J’ai hésité à acheter le TPB VO mais je ne l’ai pas (encore) fait. Mais à l’époque j’avais trouvé ça cool. Tout comme les premiers épisodes des gardiens de la galaxie de Steve Gerber dans Titans 6.

    • Patrick 6  

      Epsilon était moins kitsch que Mikros mais les dialogues étaient tel que je ne suis jamais rentré dans cette série !

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