Les Titans du clash! (TITANS)

 

TITANS : la série Netflix

1ère publication le 08/05/19- MAJ le 28/07/19

C'est par où le salon du cosplay cheap? ©2018-DC Universe-Warner Bros source:http://www.geekykool.com/wp-content/uploads/2018/10/tv-trailer-titans.jpg

C’est par où le salon du cosplay cheap?
©2018-DC Universe-Warner Bros
source : geekycool

Une mondaine conversation autour d’un clavier printanier entre EDDY et KAORI à propos de TITANS la série télévisuelle du réseau de streaming DC UNIVERSE créée par le bataillon de Akiva Goldsman,Greg Berlanti, Geoff Johns et Sarah Schechter. Le tout est diffusé en France par le grand Satan NETFLIX depuis le onze janvier 2019

Pour qui a-t-elle été produite ?
C’est la question qu’on peut se poser quand on constate l’encombrement multimédia de ces petits hommes en collant qui s’incrustent jusque dans nos Lego… Comment ça « On s’en fout » ? Bon ben on remballe nos cartons alors.
Non mais on a quand même envie de vous enquiquiner avec ça. Parce que Batman et Marvel, ça va bien 5 minutes…
Alors c’est parti pour un questionnaire à deux voix !

1° Non parce qu’au départ, les Titans pour vous, c’est quoi ?
Mais tout vient de là, de cette époque où on n’avait pas froid aux jambes...heu... aux yeux! ©1980-DC comics-Warner Bros

Mais tout vient de là, de cette époque où on n’avait pas froid aux jambes…heu… aux yeux!
©1980-DC comics-Warner Bros

Eddy : Mon premier contact avec cette équipe fut ce célébrissime crossover : THE UNCANNY X-MEN VS THE NEW TEEN TITANS publié en VF chez Lug . On pouvait y lire la rencontre ô combien symbolique en ce début des années 80 entre les deux coqueluches des éditeurs concurrents Marvel et DC. Une sorte de rêve éveillé pour beaucoup de fans de l’époque et surtout l’occasion pour moi de découvrir tous ces personnages hauts en couleurs, Starfire et sa facette animale attirée par ce diable de Wolverine, la mystérieuse Raven torturée, magnétique et si énigmatique comme peut l’être Ororo, Cyborg sorte de Colossus sombre et hanté par la colère et Beast Boy le pervers polymorphe draguant ouvertement une Kitty loin d’être indifférente. À leurs côtés, nous avons les marques habituelles Wonder Girl, Flash et Robin étrangement semblables à des figures plus anciennes et expérimentées comme Jean Grey, Cyclope ou Angel… Oui ces deux équipes se faisaient écho et cela me fascinait. Dès que j’en eus l’occasion, j’ai rassemblé tout ce que je pouvais sur eux, chez Arédit ou en VO. C’était un comics à la fois très positif mais quand même assez sérieux, car si les mutants stars de la maison d’en face dominaient de la tête et des épaules le mainstream des années 80 grâce à leur sous-texte antiraciste, Marv Wolfman eut l’intelligence de trouver ses propres thèmes pour approfondir sa série. Aucun Titan n’a de parents, tout le monde est orphelin ou en famille d’accueil ou en rupture avec son tissu familial. Tout le monde sauf Wally (Kid Flash), ce qui donne lieu à un épisode empli d’émotions où il avoue finalement ne pas trouver sa place dans le monde super-héroïque. La série explore ainsi la jeunesse en manque de repères, les paumés, les drogués ou encore le handicap. Les Teen-Titans trouvent une vraie fibre sociale en se focalisant sur les inadaptés ou sur la recherche identitaire (comme cette enquête pour retrouver les vrais parents de Donna Troy) non pas culturelle mais bien personnelle. Wolfman et Perez évoquent les sujets que les X-Men oublient et forment en creux un complément idéal à ces derniers en adoptant cette écriture à la sensibilité journalistique pratiquée également par des Christopher Priest, Bill Mantlo ou Ann Nocenti.

Kaori : Contrairement à toi, Eddy, je n’ai connu les Titans que par les séries animées et en tout premier celle des années 2000. Ce fut une vraie bonne surprise. La série s’est avérée très prenante, et j’ai le souvenir d’un matériau de qualité, bien qu’en regardant les images aujourd’hui, je trouve qu’elle n’avait rien d’extraordinaire! Pourtant, elle a su tisser des liens entre ces personnages que je ne connaissais quasiment pas, à part Robin. Bon, ayant un attachement pour ce personnage depuis la série animée BATMAN, c’était un des points qui m’avait attirée vers la série. Après cette série, j’ai suivi de loin les TEEN TITANS GO que ma fille de 6 ans adore (et qui me fait bien marrer aussi, je l’avoue!). Et enfin, j’ai vu quelques films d’animation récemment, avec Starfire et Nightwing adultes, que j’ai trouvés de bonne qualité, notamment celui sur Raven et son père (film qui s’appelle LA LIGUE DES JUSTICIERS VS TEEN TITANS). Cette équipe présente Raven, Cyborg, Changelin, Starfire et Robin. C’est bien plus tard que j’ai découvert les Teen Titans d’origine.

Eddy : J’oubliais ces adaptations, si l’animé des années 2000 était assez marrant, il m’agaçait aussi prodigieusement à singer les tics mangas au service des gags hystériques la plupart du temps insupportables. Les films Warner animation tout en étant moyens, sont bien plus à mon goût. Si je devais chercher une sorte de parent proche de la série TV, ce serait plutôt les trois saisons de YOUNG JUSTICE  que je conseillerais, puisqu’on y retrouve cette thématique d’héritage et de transmission au cœur même de ces personnages. Mais c’était vraiment l’animé qui t’a convaincu de regarder ou plutôt l’envie de retrouver certains personnages – comme Nightwing au hasard ?
Kaori : YOUNG JUSTICE, j’ai raté les 2 premières saisons. Faussée par le titre français «LIGUE DES JUSTICIERS : NOUVELLE GÉNÉRATION». Je n’arrive pas à m’intéresser à la Ligue des Justiciers. Par contre j’ai vu la première partie de la saison 3. Et j’avoue que j’aime bien, oui ! J’avais peur d’être noyée par tous ces personnages, mais au final, non, ils sont tous attachants. J’ai hâte de voir la suite cet été… Et pour répondre à ta question, non, ce n’est pas à cause de l’animé que j’ai eu envie de regarder la série TITANS… Oui, bon, ça va, je plaide coupable… Dès que je vois « Dick Grayson » écrit quelque part, je fonce… Pour le pire, mais parfois aussi pour le meilleur!

Dans les années 2000, les Teen Titans sont devenus une sorte de japanime humoristique survitaminé cassant avec le ton instauré par Bruce Timm. ©2003-2006 Warner Bros animation source: https://deathdetective.files.wordpress.com/2017/01/teen_titans.png?w=1400

Dans les années 2000, les Teen Titans sont devenus une sorte de japanime humoristique survitaminé cassant avec le ton instauré par Bruce Timm.
©2003-2006 Warner Bros animation
source: Death Detective

2°Et à la TV, ça devient quoi ?

Eddy : Et bien curieusement, le thème de l’enfance démolie et de la déficience parentale sont bien au centre de la série. Robin fuit Batman tout en étant hanté par son enfance au service de ce justicier psychorigide. Raven voit sa mère mourir sous ses yeux avant d’apprendre qu’elle n’était qu’adoptive cherchant à la protéger d’un père de toute façon nocif et dangereux. Garfield a perdu ses parents et a trouvé l’abri auprès d’une famille de monstres (la DOOM Patrol). Donna Troy cherche aussi à s’émanciper de son modèle. Mais le pire, c’est bien ce duo de justiciers amateurs que sont Hawk et Dove. Jamais le thème de la violence sur enfant n’a été aussi explicite et frontal qu’ici dans une série de super-héros DC. L’épisode les concernant saute allégrement le pas entre un monde assez métaphorique laissant place à l’émerveillement et le sordide d’un univers ultra-noir. C’est tétanisé que l’on observe le logo du générique de clôture. Si l’ambiance générale et la violence graphique lors des combats s’obstinent à paraître forcées tout au long de cette première saison, on réalise que malgré tout, les showrunners respectent la sève profonde des personnages et de leurs backgrounds. L’histoire générale est celle de Raven aux prises avec son géniteur démoniaque, ce qui est également un fil conducteur du comics. Il n’y a que Starfire qui s’imbrique bizarrement au reste. Non on est bien dans une adaptation des Titans. Des Titans trashs, mais ce sont bien eux…

Kaori : À la télé, ça devient un vrai petit plaisir addictif, avec une introduction sombre dès le départ, qui casse avec le ton auquel j’étais habituée, que ce soit dans le média papier ou dans le média télévisuel (notamment par rapport à ce que l’on nomme le « Arrowverse »). C’est aussi la naissance de l’équipe, découvrir les personnages un à un et attendre avec impatience le moment où ils seront réunis. La scène dans la grange, lorsqu’ils présentent leurs pouvoirs, est un de mes moments préférés.
C’est également, comme tu le soulignes, une série qui aborde des thèmes très sombres que l’on n’a jamais vus dans un média télévisuel et cinématique sur les super-héros. Enfin, c’est la résilience et le passage à l’âge adulte : apprendre de ses erreurs et aller de l’avant. Mais je voudrais rebondir sur un point : tu parles de la mère adoptive de Raven, là pour protéger Raven de son père. On apprend pas mal de choses sur sa mère biologique par la suite. Et là j’avoue que je n’ai toujours pas bien saisi la logique de cette dernière concernant ses décisions… C’était clair pour toi ??

Eddy : Dans le comics, la mère de Raven se fait manipuler par Trigon au point de considérer leur relation comme un viol. Ici sans spoiler, les scénaristes ont voulu créer un twist. Pour l’instant, à la fin de cette première saison, on est lâché en plein suspens. On peut se poser la question de quels tourments devront affronter les personnages moins exposés jusqu’ici.

3°Plein de gens ont craché dessus avant la sortie, c’était mérité ou pas ?

Eddy : Oui et non. Les premiers trailers semblaient annoncer un véritable hors sujet dramatique en se focalisant uniquement sur les dissonances d’avec le matériau originel et sur le côté gore, claironnés par le studio. Les petits malins voulaient se faire remarquer en jouant sur le contraste avec le « Arrowverse » et le MCU dont le ton « comédie pouet-pouet » énerve une certaine frange de fans. Le buzz ferait le reste. Au finish et même si je ne voulais pas la regarder au début, je suis agréablement surpris de voir naître un certain nombre de personnages que j’apprécie beaucoup au sein d’une intrigue qui n’a pas grand-chose à envier à ses consœurs Marvel-Netflix. C’est même mieux rythmé et moins monolithique. C’est pourtant l’attachement aux personnages de départ qui m’a convaincu de me scotcher à l’écran. Je suis un putain d’addict, c’est grave Docteur Kaori ?

Kaori : Mon cher Eddy, ce n’est pas moi qui vous blâmerai, je suis atteinte du même mal ! Pour tout dire, je me méfie beaucoup des critiques « à l’avance ». Déjà, je ne les lis pas. Je n’ai vu toutes ces critiques qu’après avoir découvert la série. Est-ce qu’il fallait crier que la série serait nulle parce que Robin s’exclame « F*ck Batman ! » dans le trailer ? Ou à cause des photos promos ? Je ne vois toujours pas l’intérêt de dire que ça sera nul alors qu’on n’a rien vu ou rien lu. Ça a même tendance à m’exaspérer. Alors oui, il y a des défauts, les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et c’est assez violent, mais mérité, non, absolument pas.

Eddy : Je m’informe trop et parfois, cela influence trop mon jugement. Je plaide coupable.

Kaori : Et moi j’opte pour l’optimisme! C’est comme ça que j’ai découvert une info sur la saison 2 qui me met toute en joie (oui, je suis une fangirl, je plaide couplable!) !! Mais chut, pas de spoiler ici…

Fuck Batman, du sang, de l’horreur… les intentions sont claires.

4°Pourquoi autant de violence?

Eddy : Parce que !
Il y a deux publics et ce n’est pas simple de les faire cohabiter. Il y a ceux qui réclament du positif et du Sens of Wonder, auxquels on ne peut que conseiller FLASH, où les héros remontent le temps, voyagent dans les dimensions, parlent à leurs doubles négatifs du passé et affrontent des singes intelligents télépathes entre deux romances. Et il y a ceux qui veulent un ton adulte et sérieux dans la lignée des DARK KNIGHT de Nolan. La surprise fut de choisir un titre assez coloré dans son ADN pour accoucher d’une intrigue assez glauque à l’arrivée. Passé cet élément finalement «cosmétique», on retrouve surtout la violence dans les combats avec ces gangsters carbonisés et ces fractures ouvertes en plein kung-fu. On verra à l’usure si ce choix de ton sera judicieux et sera récompensé par le public toujours plus avide de sang. Par la suite la série devrait aborder quand même un peu l’horreur et le fanatisme des sectes, mais là encore le traitement fera la différence.

Kaori : Je pense qu’il fallait montrer à quel point Dick Grayson était « consumé » par ses années auprès de Batman. Et oui, il y a aussi un moyen de se démarquer des séries classiques de la CW. Ici on est sur un média plus confidentiel, moins grand public. Il fallait marquer la différence. Et puis c’est un moyen de présenter divers genres, et de s’adresser à un autre public.

Voici le titan mystère: Le terrible Photoshop! ©2018-DC Universe-Warner Bros source:https://images.wired.it/wp-content/uploads/2019/01/06144101/1546778461_titans-dc-universe-personaggi-678x381.jpg

Voici le titan mystère: le terrible Photoshop!
©2018-DC Universe-Warner Bros
source: Image Wired

5°Et faire de Dick Grayson un psychopathe, c’est n’importe quoi, non ?

Eddy : C’est tangent ! Il faut expliquer sans mettre en scène Batman, tout un vécu et tout l’état d’esprit dans lequel se retrouve Dick Grayson au début de la série. Les auteurs capitalisent sur l’identité de Robin mais on sent qu’ils abordent la transition avec Nightwing. On doit ressentir le dégoût qu’il a pour son ancienne vie tout en mettant en scène le dégoût de lui-même. En tant que Robin il se dédouble pour finalement devenir une caricature de Batman. Il est déjà ce qu’il ne veut pas devenir. Pour comprendre ce rejet, les images doivent être extrêmes. Je n’aime pas ces scènes qui trahissent le personnage de comics mais qui prennent sens à l’intérieur de la série. Sa confrontation avec Jason Todd et son cauchemar final illustrent parfaitement l’évolution qui se prépare pour lui.

Kaori : Je te rejoins. C’est un des points de divergence que j’ai avec mon compagnon. Il n’a pas trouvé cohérent la fuite et le rejet de Dick vis-à-vis de Batman à qui il reproche d’être trop violent, alors qu’il est lui-même hyper violent. Pour moi ça se tient, justement. Bon, pas à tous les niveaux. La scène de l’asile, où il demande à Starfire de faire une certaine chose, m’a beaucoup surprise. Où est passé le serment de ne jamais tuer ? Mais le reste fait sens : abîmé par les méthodes de Batman, il n’a d’autre choix que d’évoluer. Il ne peut plus être Robin, et il ne sait pas être simplement Dick Grayson. C’est très clair dans ses discussions avec Donna Troy (d’ailleurs j’ai adoré sa relation avec elle !).

Eddy : On est totalement raccord. La scène qui clôt l’épisode où ils sont prisonniers dans l’hosto est une vraie fausse note. Où sont les héros, où sont les tarés ? Le reste tient surtout quand on polarise Dick entre Jason (son côté le plus extrême) et Donna (son côté le plus lumineux) qui apparaît à point nommé et qui est en plus un vrai rayon de soleil. T’aimes bien Jason, toi ? Il a été inventé pour être détestable.

Kaori : Je répondrai très simplement: j’adore le détester. Oui il est détestable, et j’adore ce qu’il provoque comme sentiment chez Dick. C’est très bien rendu dans la série : Dick a été remplacé, effacé. Batman n’a plus Dick pour jouer son « Robin » ? Pas grave, il en prend un autre. C’est violent, je trouve. Et dans la série, j’aime bien le côté « sale gosse » de Jason. Cela permet aussi à Dick de voir que tout le monde n’est pas fait pour être Robin et qu’il n’est pas le plus violent, finalement. Enfin, j’aime bien leurs contrastes. Attention, je parle du Jason de la série. Je n’ai jamais eu une grande affection pour le Jason des comics. À part quand il est avec toute la Bat-Family. Les interactions entre les anciens et nouveaux Robin m’amusent beaucoup. Peut-être un truc de fille…

À propos de Donna : oui, c’est le côté lumineux de toute la série ! Un vrai vent de fraîcheur. L’actrice est incroyablement bien choisie, et ses interactions avec Dick le rendent comique et plus sympathique, plus joyeux aussi. Mais cela revient à une discussion que nous avions déjà eue : Dick ne brille jamais autant que quand il est en duo ! Finalement, celui avec qui il s’appaire le moins bien, c’est Batman…

6°Mais que vient fabriquer la DOOM PATROL là-dedans ?

Eddy : Bon et bien comme dans le comics, il s’agit de la première famille adoptive de Beast Boy (Garfield Logan). C’est un peu introduit n’importe comment mais cela offre une vraie bulle d’oxygène dans cette dépression cathodique. Les personnages de Rita Farr (Elasti Girl) et Negative Man sont peu développés, mais ils sont déjà entourés d’une certaine aura d’étrangeté. Incapables de se réinsérer au sein de la société traditionnelle, ils sont un peu les otages d’un savant fou. Robotman et son design très très kitsh aurait pu très mal passer mais, on est clairement dans un climat hors du temps, dans un espace fermé et à part où tout est étrange et ainsi même les limites des effets spéciaux ne dérangent pas. On renoue même avec une certaine façon de filmer le fantastique très suranné. On pourrait critiquer le fait que cela vient enclencher le bouton pause dans l’histoire principale mais personnellement je préfère ça à une série qui étend son unique intrigue sur treize looonngs épisodes dont la moitié doivent meubler avec des passages musicaux.

Kaori : Tout à fait ! En fait, c’est effectivement un épisode où je me suis dit « C’est quoi ce bordel ?? Je veux la suite, moi !! ». (Surtout que je ne connaissais absolument pas la Doom Patrol !) Et c’est là qu’on se retrouve dans cette maison pleine de freaks, on ne sait pas de quel « côté » ils sont, tous plus angoissants les uns que les autres. Grand moment de stress où je m’attendais au pire. Et la libération est venue dans la cuisine au son d’AC/DC. Au final, j’ai adoré cet épisode, et j’ai même ressenti une profonde empathie pour ces personnages détruits par la vie, mais unis et plus forts ensemble. Par contre, je ne sais pas si pour autant je regarderai la série dérivée.
Eddy : Moi je vais tenter le coup, ne serait-ce que pour voir des miettes de Grant Morrisson (le scénariste du comics) et embêter Bruce.

Kaori : Ha ! Ha ! J’avoue que les bandes annonces font envie. Tu me donnes des idées, tiens. Je pourrais faire la chronique du run de BATMAN AND ROBIN par Morrison…

Un aperçu de la Doom Patrol présentée ici comme une sorte de famille Adams.

7°Et Starfire en pseudo-prostituée sadique, on en parle?

Eddy : Foutchtra ! C’est vraiment le truc clivant. Déjà dans l’inconscient populaire, Starfire possède deux images, celle de la Sex-Symbol alien décomplexée qui apprend les langues étrangères en roulant des pelles et celle de la cruche naïve pure et gentille du dessin animé des années 2000. On a dit qu’il fallait faire dans le trash, donc elle est carrément lookée tapineuse dans la série. Sur les photos avec sa perruque fuchsia, c’est immonde et ça a bien alimenté le bad-buzz… quand on creuse, on retrouve bien une guerrière alien assez libre dans son string, sans que ce soit exagéré non plus… Bref ! Si ce n’est la tenue, le personnage est plutôt fidèle et il est encore à développer, puisque son origine reste à découvrir. Coupons cours si tu le veux bien à la polémique sur le choix d’une actrice noire. Si un dieu Nordique peut faire raisonnablement grincer des dents en black, une extra-terrestre à la peau orange n’existe pas, donc l’actrice aurait pu être inuit, aborigène, laotienne ou limousine que ça serait pareil en fait. Mon problème reste sur ses cheveux qui défient Christina Cordula à chaque apparition. Elle fait sauter le contraste de ma télé. Sa violence me pose tout de même un souci puisque bien plus gratuite que celle de Robin, encore que là encore, le comics en faisait un élément borderline à la Wolverine au moment de sa création alors…

Kaori : Oui, c’est le gros point noir de la série pour moi aussi. On est d’accord que le fait qu’elle soit Afro-américaine n’est pas un problème. J’ai eu la même discussion avec un gars sur FB qui ne comprenait pas ce choix. Je lui ai demandé s’il connaissait beaucoup d’ethnies où ils avaient la peau orange… À sa décharge, il ne savait pas que Starfire avait la peau orange, à la base. Non, mon vrai problème avec ce personnage (et non, ce n’est pas la perruque, choix certes discutable, mais franchement, je m’en contrefous), c’est sa violence gratuite et le plaisir qu’elle y prend. La langue au coin des lèvres après avoir cramé des gars qu’elle ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam, ça, je ne comprends pas. Bon, après, elle s’humanise au contact de Dick, et j’ai trouvé amusant le petit jeu entre eux deux à ce sujet. Mais je ne vois toujours pas pourquoi elle prend autant son pied au début de la série. Par contre, j’ai adoré la scène dans le resto, où elle met une raclée au trouduc qui venait enquiquiner la serveuse.

Eddy : Son indifférence vis à vis de la vie humaine est sans doute le marqueur de ses origines aliens, qui sont sensés ne pas avoir de conscience humaine. Ce qui fait bien rigoler quand tu vois un peu l’actualité, mais bon c’est un des lieux communs de la science-fiction. De toute façon Kory et Dick, c’est une longue histoire…

Kaori : Oui, je sais… Je n’ai jamais réussi à appréhender ce personnage dans les comics. Je ne sais pas, j’ai dû passer à côté de quelque chose. Il faudrait que je lise son arrivée sur Terre. Mais bon, à vrai dire, je suis plutôt branchée Barbara…

Eddy : Pareil ! Barbara, que ce soit en Batgirl ou en Oracle, rules !

Non cette photo n'a pas été prise au bois de Boulogne. ©2018 DC Universe-Warner Bros source:https://jovemnerd.com.br/wp-content/uploads/2018/09/titans-fotos.png

Non cette photo n’a pas été prise au bois de Boulogne.
©2018 DC Universe-Warner Bros
source: jovemmerd

8°Et Hawk et Dove, ils ne servent à rien, non?

Eddy : Là encore on est dans une intrigue parallèle assez bienvenue. Leur histoire, j’étais parti pour n’en avoir rien à faire, mais ils s’avèrent attachants et surtout l’impact émotionnel de leur origine est un vrai coup de poing sur la table. Dove sert un peu aussi à replacer le côté séducteur de Robin, tandis que Hawk incarne une sorte de jalon moral tordu. Le gars est abîmé aussi physiquement que mentalement mais il a l’air d’être trop primaire pour être perméable au mal ce qui pourrait être utile par la suite. Ils ont un potentiel dingue.

Kaori : Tout à fait d’accord ! Et c’est encore un épisode « bonne surprise », et même plus que ça, parce que c’est sans doute mon épisode préféré de la saison. Curieux sachant qu’il est totalement hors continuité. Mais je me suis pris une grande claque. À tel point que j’ai obligé mon homme (qui déteste les comics) à (re) regarder avec moi toute la saison pour arriver à cet épisode et regarder la suite ensemble. Je ne sais pas quel rôle Hawk et Dove vont avoir par la suite, mais, à la limite, peu importe. Le thème abordé et la relation entre les deux personnages valaient la peine d’un épisode rien qu’à eux.

La bande annonce la plus globale avec un focus sur la scène préférée de Kaori. 

9° Du coup cette saison 2, vous allez la regarder?

Eddy : Certainement. Déjà parce qu’au bout de onze épisodes, la première histoire concernant Trigon ne fait que commencer et que je voudrais au moins voir la fin de cette intrigue-là.

Kaori : Bien sûr! Bon, je redoute cette saison, j’ai peur qu’elle soit moins bonne que la première et j’ai un peu peur de l’arrivée d’un personnage qu’on a pu apercevoir en post-générique de l’épisode final, mais oui, ne serait-ce que pour conclure l’affaire Trigon.

10°Qu’est-ce que vous espérez y voir?

Eddy : La naissance de Nightwing, les origines de Starfire, plus de Donna Troy avec si j’ai du bol l’enquête pour retrouver ses parents. Je suis en mode fan-positif et ne cherche pas un nouveau TWIN PEAKS.

Kaori : Nightwing, of course, une réconciliation Batman/Dick (on peut toujours rêver), encore un peu de Jason Todd (la violence du personnage indique qu’il y a encore des choses à dire à son sujet !), la suite du passé entre Hawk et Dove, et plus de Dick/Donna.

Eddy : Batman et tout le reste de l’univers, je crois que ce ne sera qu’allusif malheureusement… par contre il n’est pas exclu qu’on fasse un tour à Metropolis prochainement…

Kaori : Toi, tu n’as pas lu les dernières news sur la saison 2, niark niark. Oups, on avait dit « pas de spoiler »… Mais ça me permet de rebondir : allusif, oui, c’est comme ça qu’est apparu Batman dans toute la saison1 : une ombre, une silhouette, et pourtant, il est particulièrement présent ! C’est une des grandes surprises de cette série, c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé, car je ne m’y attendais pas du tout.

11°Du coup cette série a-t-elle une place dans ce maelstrom de séries TV adaptées de comics?

Eddy : C’est une tentative d’adaptation assumant à plein son héritage comics comme Flash tout en se frottant avec le ton mature des séries de Netflix-Marvel. L’avantage est le nombre de personnages charismatiques et le fait de croiser deux ou trois intrigues pour éviter le surplace des autres productions du genre. C’est largement aussi valable qu’UMBRELLA ACADEMY dans le même genre… Du super héros adult-fantasy, ce n’est pas si courant.

Kaori : Oui, pour moi elle dépasse largement les productions de l’Arrowverse, que j’ai suivi durant quelques saisons, mais qui m’ont perdu à cause de leurs crossovers et leur trop grand nombre d’épisodes. Le format court (11 épisodes pour la saison 1) permet de dire l’essentiel et d’avoir une trame qui ne se noie pas dans les sous-intrigues inintéressantes. Et malgré le peu d’épisodes, on arrive à s’attacher sans problème à ces personnages qui cherchent presque tous leur identité.

Eddy : C’est bizarre, ils parviennent à être à la fois « insérés dans un univers plus vaste » et être autonomes. Auraient-ils retrouvé la recette de cette époque où nous n’avions pas besoin de lire 720 épisodes de quarante séries pour avoir la sensation d’univers partagé? Un vocabulaire, un lieu et une allusion bien placée suffisent à donner de l’ampleur et de l’envergure.

 Toutes itérations confondues depuis 1980, l'équipe semble bien vouloir se stabiliser autour de Nightwing, Starfire, BeastBoy et Raven ©2017 DC-Warner animation source: http://s3-us-west-1.amazonaws.com/dcn-wp/wp-content/uploads/2016/01/04085137/image-6.jpg


Toutes itérations confondues depuis 1980, l’équipe semble bien vouloir se stabiliser autour de Nightwing, Starfire, BeastBoy et Raven
©2017 DC-Warner animation
source: amazon

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O une musique appréciée même par les aliens de Hala. Preuve qu’une invasion imminente ne serait pas forcément nocive. Et puis comme le dit Kaori, dans AC/DC, il y a…DC

108 comments

  • PierreN  

    Un acteur de GOT (Jorah Mormont) a été choisi pour interpréter Wayne/Batman donc à priori oui.

  • Bruce lit  

    Ah au fait…
    Donc j’avais tout vu et c’est plutôt pas mal. Mieux que DD en tout cas.
    Pas mal de défauts qui m’ont irrité :
    -La photo : moche et terne
    -Les héros, à l’image de la photo : tous évoluent sous antidéprésseurs. Pas bcp d’humour voire d’humour tout court.
    -La frustration de ne jamais voir Bruce Wayne (apparemment ça va changer d’après ce que dit Pierre).
    -Le costume de Starrfire : avec le temps, je pensais qu’on allait comprendre pourquoi elle a été habillée comme une pute et pourquoi elle ne se change jamais. Toute son intrigue est finalement nébuleuse et non résolue quand on y pense.
    L’intrigue globale est chiante tandis que les épisodes les plus intéressants sont finalement des One Shots : les 2 épisodes de Hank et Dawn (excellents mais ici encore non résolus) et le what if de Robin, très appliqué dans l’écriture.
    Pour le reste , le syndrome Netflix : la série aurait gagné a duré moitié moins avec plus de punch .
    Je lui mets un 7/10 parce que je suis de bonne humeur ce matin.

    • Kaori  

      Ouf, j’avais peur que ça soit pire, on s’en sort pas trop mal alors ;)

      Oui, un Bruce Wayne a en effet été casté pour la saison 2 :)

      Concernant l’humour, hum… J’ai envie de dire « c’est DC », et en même temps, l’humour, c’est ce qu’on reproche aux adaptations Marvel.
      Pour ma part, je n’ai pas trouvé que ça en manquait, peut-être parce que c’est un humour de référence…

      • Bruce lit  

        @Kaori : effectivement, concernant l’humour, il y a un équilibre à trouver entre la dépression DC et les gags lourdingues de Marvel. Je trouve simplement que l’ensemble manque de cachet, de générosité, de folie.
        Je regarderai tout de même la saison 6 pour le plaisir de retrouver cette charmante petite Dawn…

        • Jyrille  

          Le manque d’humour, c’est le gros point noir de cette série. Mais tu n’en as pas non plus dans le DD de Netflix. Et un tout tout petit peu dans leur Punisher…

          Par contre ça fait partie intégrante de Umbrella Academy.

          • Kaori  

            De l’humour dans The Punisher ? Pas dans la saison 2, en tout cas… Saison 1, peut-être avec son pote Micro ?

            Et sinon : Congratulations Cyrille :)

          • Jyrille  

            Oh si y en a un peu dans la saison 2, avec la gamine (un des points forts d’ailleurs). Et merci ! :)

  • Eddy Vanleffe....  

    le truc que j’attends le moins pour une saison 2, c’est bien que Batman vienne à l’instar d’un Wolverine chez Bryan Singer tout étouffer la dynamique d’un groupe dont la vocation est l’émancipation par rapport aux aînés…
    ce que je veux voir c’est le passé de Wonder Girl, la dispute de Kory et sa sœur, l’arrivée de Terra, Deathstroke, la chute de Raven, la métamorphose en Nightwing, bref les intrigues propres aux Titans…
    la dynastie Batman., c’est un appendice…

    • Kaori  

      Je ne pense pas que ça sera le cas. Je vois ça plutôt sur un épisode, peut-être deux épisodes, pour que justement, Dick soit libéré de Robin, mais d’une bonne manière.
      Je me demande comment ils vont amener la transformation… Et logiquement, on devrait revoir Jason Todd, d’après la fin du 9ème épisode.

  • JP Nguyen  

    Euh, ben moi, chai plus si je vous avais dit que j’avais commencé la série (en grande partie influencé par l’article).
    J’ai pas encore fini (j’en suis à l’épisode de l’asile).
    C’est pô mal… Nan, vraiment, c’est pô mal du tout… Mais bon, y’a parfois un peu trop d’inertie et de plot-holes… Mais rien de trop méchant…
    En revanche, je suis choqué par le niveau de violence et le nombre de personnes tuées par les Titans… (avec du charclage bien gore par moments…)

    • Kaori  

      Non je ne crois pas que tu nous l’aies dit.

      Oui c’est gore par moment et hyper violent et effectivement trop meurtrier. Le truc qu’on ne comprend pas bien (point 5 de l’article. du coup en cherchant dans quelle partie de l’article c’était, je viens de voir que la vidéo de la Doom Patrol n’est plus valable…) avec Eddy…

      Contente que l’article t’ait motivé à passer le cap :)

  • JP Nguyen  

    Ayé… J’ai enfin fini de regarder la saison 1.
    L’épisode Hawk and Dove est effectivement plutôt réussi.
    Le dernier épisode ne m’a pas emballé. C’était un peu cousu de fil blanc.

    Globalement, ces jeunes héros ne sauvent pas grand monde à part eux-mêmes et ils ont laissé derrière eux un monceau de cadavres et d’éclopés…
    Cette série possède quand même un certain charme mais je reste assez frustré de ces formats de série TV. On a toujours l’impression qu’ils en gardent sous la semelle pour un plus tard qui n’arrivera peut-être jamais…

    • Kaori  

      Je ne sais pas trop ce qui s’est passé au niveau de la production, mais à la base, l’intrigue avec Trigon devait être conclue durant la saison 1. Ils ont retiré un épisode, de ce fait. Et en voyant la bande-annonce de la saison 2, on voit qu’effectivement, ils ont dû régler l’intrigue dès les premiers épisodes, si ce n’est le premier, parce que Raven a son look « post-Trigon » (pas super réussi d’ailleurs…).

      • Eddy Vanleffe  

        Vu le trailer de la saison 2:
        je suis faible parce que j’ai vu Troia et Krypto, donc je suis content.
        j’aperçois Aqualad, Ravager et Deathstroke…
        visiblement Superboy est la version « labo », donc peut-être lié à Luthor et ça pourrait donner un bon arc.
        on regarde le truc et Oriane me demande s’il y aura Terra….

        (émotion)

        je l’ai bien élevé cette petite quand même….

        • Kaori  

          Chapeau Monsieur :)

          Moi aussi je suis faible : Jason Todd et Bruce Wayne :D
          Par contre, retour du costume de Robin…

          Et ouais y a Kryptoooo !!

          • Eddy Vanleffe  

            s’ils font pas l’arc Nightwing, ce sera parce que des producteurs auront décidé que le nom Robin est plus porteur…

          • Kaori  

            Pfff… y a un film Nightwing en prévision, pour… 2022. Je comptais sur la série Titans pour faire enfin un peu parler de lui !

          • Eddy Vanleffe  

            et aussi une arlésienne Batgirl mais si c’est pour en faire le truc tout gamin qui sort depuis 2015, ce sera sans moi.

          • Kaori  

            Et les Birds of prey, tu comptes aller voir ?

          • Eddy Vanleffe  

            Alors…
            Non!
            birds of prey, c’est l’histoire d’une héroïne déchue qui surmonte, et s’adapte tout en compensant avec des agents de terrain, principalement Black Canary….
            là on me parle de Harley Queen relookée mini-short et de Renée Montoya….
            rien à voir!…
            le film pourra être bien, Allez savoir, mais ça ne me branche pas…

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