Master and servant (La jeune fille et la mort)

La jeune fille et la mort par Roman Polanski

Par BRUCE LIT

VF : Lancaster

1ère publication le 10/02/17- MAJ le 28/08/19

La Jeune fille et la mort est un film réalisé par Roman Polanski, sorti en 1994 et adapté de la pièce éponyme du dramaturge chilien Ariel Dorfman, rescapé du régime de Pinochet.
C’est aussi le nom d’une œuvre de Franz Schubert, que le tortionnaire du film aimait écouter pendant son travail.

Les têtes d’affiche sont tenues par Sigourney Weaver alors au sommet de sa gloire et Ben Kingsley, acteur au visage affable célèbre pour avoir joué… Gandhi !

Valse avec la folie

La victime prend ses aises avec le bourreau

Le pitch : Dans un pays imaginaire qui ressemble beaucoup au Chili post-Pinochet, Paulina, une ancienne prisonnière violée et torturée retrouve par hasard son ancien bourreau. Celui-ci, suite à une tempête,demande l’hospitalité à sa victime sans la reconnaître. Il ne se doute pas qu’il va être à son tour le prisonnier de Paulina qui souhaite lui arracher des aveux quitte à employer la torture !

Adaptée de la pièce de Théâtre éponyme, Polanski prenait un risque fou en transformant cette fable politique sur l’ambiguïté sexuelle entre le maître et l’esclave. Il faut se rappeler en effet,que,sur le même sujet Liliana Cavani réalisait le scandaleux Portier de nuit en transformant la Shoah en détail de l’histoire pour amateurs de quenelles…

Loin de cette auto-complaisance,Polanski, qui a connu les effets réels du Nazisme, filme un huis-clos oppressant,où comme dans Répulsion et  Rosemary’s Baby,son héroïne valse avec la folie. Grande habituée des personnages féminins paranoïaques,Sigourney Weaver passe impeccablement entre la détresse d’une femme détruite et la jouissance de tenir à sa merci son ancien tortionnaire.


Ma femme est folle ?

Face à elle un Ben Kingsley débonnaire à qui on donnerait le bon dieu sans confession.Est-il vraiment l’ordure qu’ il est accusé d’être ? Et quel rôle jouera Escobar,  le mari de Paulina,ministre de la Justice, partagé entre son intégrité et l’envie d’aider sa femme complètement illuminée ?

Polanski met en scène une fable ambivalente où les corps d’ennemis intimes se rapprochent,se respirent pour mieux se repousser.S’il se garde de se prononcer sur les méthodes employées par Paulina pour obtenir la vérité, il livre sans ambages un plaidoyer efficace sur les effets dévastateurs du viol sur un être humain. Comme à son habitude, la psychologie des personnages est irréprochable et évite le manichéisme : Paulina est une victime qui fait peur autant que pitié, Le docteur Miranda un homme ordinaire qui va profiter de la guerre pour céder à ses pulsions,et Escobar défend un tortionnaire aux noms d’idéaux démocratiques.

Dernier niveau d’un film fascinant,le volet auto-biographique du cinéaste . Le réalisateur du Pianiste a été victime de la Shoah tout comme reconnu coupable de viol dans une affaire qui déchaîna les passions. Victime et coupable. Comme les personnages du film à qui il donne sa voix. Il est à la fois Ben Kingsley qui avoue s’être abandonné à la violence parce que le contexte l’y autorisait et l’humaniste horrifié par la violence.Il est Escobar qui défend les principes de civilisation et Paulina la victime,assoiffée de vengeance.

Polanski livre enfin un film politique autour du sort qu’une démocratie doit réserver à ses monstres. Paulina est habillée aux couleurs de la démocratie  (Bleu, Blanc Rouge). Escobar et elle ont risqué leurs vies sous le régime du tyran pour en défendre les valeurs.Une victime doit elle se faire justice elle-même du fait des lenteurs et des injustices du système judiciaire? Le film qui cite beaucoup Nietzsche rappelle que Paulina, à force de fixer le Monstre l’est devenue à son tour.

Dans une mise en scène qui évite l’accueil des adaptions théâtrales trop statiques, Polanski met un scène un drame politique et intime qui n’est pas sans rappeler La Tempête de Shakespeare où les frontières entre amour et haine dépendent de la perception qu’on leur donne.Et livre un sous texte fascinant sur la lutte intérieure d’un homme avec ses démons. On pense aussi souvent à la deuxième partie de l‘Orange Mécanique de Kubrick, autre grand philanthrope, où Alex Delage trouvait refuge sous la pluie après sa réinsertion chez l’homme dont il avait violé la femme.

Dans les deux cas, le film atteint parfois une dimension biblique : le destin de l’humanité se joue dans cette cabane prise la tempête isolée de tout. Quel sort réserver aux monstres qui polluent l’histoire humaine ? Le pardon est il possible ? Le cycle de la violence est-il destinée à se répéter ? La Femme, souvent désignée comme supérieure à l’homme car plus cérébrale et moins enclin à la violence, est-elle capable de monstruosité équivalente ?


Même à l’extérieur, l’ambiance est pourrie…

En fait de montagnes russes, c’est ici toutes les facettes du Triangle des émotions générateur de conflits qui sont explorées : le bourreau qui attire sa victime pour décharger ses propres souffrances, la victime déchargée de toute responsabilité qui suscite chez l’autre à la fois compassion et agressivité (posez la question à table de la responsabilité d’une femme de son viol et dégustez les relents machistes épouvantables encore aujourd’hui : c’est de sa faute, elle l’a bien cherché, etc.) et le sauveur qui en aidant cherche à mettre l’autre sous sa coupe, recommençant alors le cycle de la violence.  Personne n’est à l’abri de devenir un monstre ni d’arrêter de l’être.

Telles sont nos démocraties, les moins pires des régimes dont il est désormais possible de commencer à parler au passé, tant le désir de vengeance, d’ordre et de sécurité n’a jamais été aussi proche de nous refaire basculer dans la barbarie où nos persécuteurs aimeraient nous entraîner.
Un film immense d’un réalisateur irréprochable . Au moins sur ce point là….

La jeune fille et la mort d'après Hubert Lépold Lévy. Source Wikipedia https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/La_jeune_fille_et_la_mort_Henri_L%C3%A9opold_L%C3%A9vy_0767.JPG

La jeune fille et la mort d’après Hubert Lépold Lévy.
Source Wikipedia 

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LA BO du jour : parce qu’il n’y a pas qu’Iron Maiden dans la vie….

24 comments

  • Matt  

    Ah celui là je l’ai vu. C’est un très bon film en effet. Un huis clos avec de bons acteurs et qui explore comme tu le dis toutes les facettes des émotions conflictuelles.

    Bon…je n’ai jamais trop voulu savoir si cette histoire de viol de Polanski était vraie. ça m’emmerde de connaître la vie privée des auteurs, justement parce qu’on peut être sacrément déçu par le bonhomme. Je ne sais plus quoi penser du mec maintenant. ça ne change rien à la qualité des films mais bon…
    C’est comme quand j’entends que Byrne est un con ou Morisson hautain, j’ai pas envie de le savoir. Parce que je sais qu’après ça va m’influencer sur le jugement de leurs travaux.

    • Bruce lit  

      Disons que le viol est un crime et que les faits ont été reconnus aussi bien par Polanski que sa victime. Sur cette affaire, j’ai mon opinion. Bon..
      Il y a des histoires assez glauques dans le monde de l’art. Notamment la fameuse sodomie du Dernier Tango à Paris qui serait un viol filmé par Bertolucci. Tout de suite, ça calme…..
      Maintenant, beaucoup d’artistes ont été des ordures totales. Faut-il pour autant bannir Rimbaud parce que trafiquant d’esclave ou Céline parce que connard antisémite ? J’aurais tendance à dire oui, que le talent efface les crimes moraux. L’affaire Cantat : c’est épouvantable ce que ce mec a fait. Déjà que j’aimais pas beaucoup sa musique….Cependant….il a payé sa dette, accompli sa peine et vit désormais seul avec sa conscience. Pour la famille Trintignant, ce doit être horrible de le voir libre. Mais cela nous renvoi aussi à notre attente de la justice. Cantat a payé. Comme James Brown d’ailleurs. Des êtres humains recommandables ? Non ! Des artistes de talent ? un peu quand même.
      MAis vient alors Dieudonné qui me dégoutte au plus haut point. Lui, brouille les lignes et se sert de sa liberté d’expression pour balancer des horreurs à contenu politique sous couvert de l’humour. Une démarche bien, bien perverse.

      • Matt  

        Tu voulais plutôt dire « non » à ^ »faut-il les bannir ? », je me trompe ?^^

        Je suis d’accord avec ça. mais c’est aussi pour ça que je n’ai pas envie de connaître les auteurs. Ni forcément les rencontrer. Si tu tombes sur un Claremont sympa, tant mieux t’es tout heureux. S’il s’avère être un mec déplaisant, ça fout les boules et t’es presque fâché avec ses œuvres après. Si je peux, je préfère éviter.

  • Tornado  

    Pareil pour Comic Box. Et pour Bilal. Monsieur la diva des festivals. Merci.
    J’ai même été déçu par Moebius quand il m’a fait sa dédicace. Il n’était vraiment pas cool, alors que d’autres (par exemple Francq, le dessinateur de Largo Winch) ont été adorables.
    Mais bon. C’est pas aussi grave qu’un viol où ce genre de choses…

    Je ne juge pas, perso. Pas même Dieudoné. J’ai un copain fan qui m’a expliqué pas mal de malentendus sur le type. Bon… Il ne m’a pas converti, rapport à son ambigüité. Mais quand je vois qu’Elie Semoun lui-même continue à le voir au nom de leur amitié, c’est qu’il doit y avoir des trucs qui nous échappent.
    Pareil pour Seline. Est-ce qu’être antisémite avant et après la Shoah c’est la même chose ? Je ne pense pas. Il y a eu des types qui ont changé d’avis face à l’horreur, comme Schindler quand même ! On ne juge pas sur présomption.
    C’est compliqué, hein ?

    Chouette article, à part ça ! Sur un Polanski que je n’ai jamais vu !
    J’envisageais justement de me revoir « Lunes de Fiel » et « Chinatown ». Coïncidence…

    • Matt  

      Mais c’est ça aussi le problème des festivals, des dédicaces. Les mecs peuvent être aussi dans un mauvais jour avec 3000 fans qui les harcèlent…ça peut aussi être gonflant au bout d’une journée à saluer tout le monde et à sourire tout le temps. C’est trop l’usine en fait. Trop de monde, trop d’automatismes. Et le mec qui attend depuis 3h dans la queue espère être récompensé aussi. Donc il n’est pas content si l’auteur le traite comme tous les autres qui ont moins attendu.
      Si tu le croises dans une petite librairie avec 15 personnes seulement qui font la queue, ça peut tout changer.

  • Tornado  

    En ce qui concerne Bilal, je l’ai vu pendant des années, et c’était toujours la même chose. Toujours la même attitude de diva hautaine.

    Bon, après réflexion, peut-être que je juge plus que je le pense parce que bon, Fillo, en ce moment, je le verrais bien au tribunal quand même…
    Mais disons que les artistes, rapport à ce qu’ils sont sensés penser, tout ça… C’est quand même un peu plus complexe. George Harrison n’était-il pas suspecté d’idées nazies avant sa mort ? Plus personne n’en parle aujourd’hui.

    • Matt  

      Fillon ?
      ça me fait marrer parce que je trouve que c’est un con que je ne veux surtout pas voir président.
      Par contre ils en font des caisses. C’est un lynchage public non-mérité car ça n’a jamais été interdit de faire bosser sa famille. Que le boulot soit fictif, oui. Mais est-ce cela qu’on lui reproche ? Ils font même comparaître les membres de sa famille sans mise en examen. Son avocat a raison. C’est illégal.
      Je m’en fous un peu parce que je n’aime pas le bonhomme, mais le fait est que c’est bas comme attaque.
      Et ils le font tous en plus…ceux qui veulent l’écarter sont de foutus hypocrites qui font la même chose.

    • Bruce lit  

      George, le plus pacifique des hommes ? Je crois que comme Lemmy, il ne faisait « que » collectionner des reliques de cette époque.
      Dieudonné : il ne voit plus Ellie depuis des années. Honêtement, je ne vois pas quoi pourrait réhabiliter ce type. Qui marche main dans la main avec Le Pen (parrain de sa fille) et ce pourri d’Alain Soral…Enfin, un type qui va discuter avec le président Iranien de l’époque qui avait juré de rayer Israël de la carte ne me fait pas rire du tout…

  • Tornado  

    Elis Semoun expliquait très récemment qu’il voyait toujours Dieudonné, et qu’il l’avait régulièrement au téléphone. Il discutent souvent, et Semoun lui-même avouait qu’il y avait de l’ambigüité mais aussi divers malentendus sur les affaires Dieudonné.
    je suis de toute manière d’accord qu’il ne faut jamais jouer l’ambigüité dès qu’il s’agit de ces salopards de terroristes. Et puis entant que sympathisant de lePen, en plus, il accumule. 🙁

    Tiens, d’ailleurs, en parlant de sympathisant LePen, c’est bizarre qu’avec les thèmes de ces deux semaines, le Red Wave/Patrick/Dominique n’aie pas ramené sa fraise de dingo…

  • Jyrille  

    Encore un film que je n’ai pas vu. Enfin, j’en ai vu des parties, mais comme j’avais toujours un bout qui manquait, je n’ai jamais fini de le voir. Il a l’air très bien. La victime qui se retourne en bourreau est un sujet très intriguant et je pense qu’il sera toujours d’actualité.

    J’aime bien Polanski, enfin, j’aime ses films. Le personnage, tout comme tu parles de Cantat, ce n’est pas de mon ressort. Ce qui m’importe, c’est ce qu’ils produisent. Le reste leur appartient, c’est leur vie, et je ne peux juger. Je n’idolâtre pas, je ne défends pas, je peux sympathiser ou compatir (Magimel) ou pas (Cantat, Polanski). A priori Céline était un vrai collabo, ce qui va plus loin que le simple antisémitisme. Ca ne me touche pas, Voyage au bout de la nuit reste et restera un des plus grands romans jamais écrits. Aldous Huxley est devenu sympathisant de droite sur ses vieilles années. Tout ça ne nous concerne pas, et chaque oeuvre reste malgré tout attachée à une époque, celle de sa création, sa diffusion. Et elle reste. Les hommes, jamais.

    Quant aux gens sympas ou pas… cela arrive à tout le monde. On m’avait dit que Mezzo était un type imbu et détestable. Je l’ai vu en dédicace dans ma petite librairie (moyenne en fait), il a été adorable. Et d’autres sont toujours détestables. Mais au final, cela n’a aucune incidence sur leurs oeuvres.

    • Bruce lit  

      Oui Céline est resté un mec abject même après la guerre.
      Le cinéma de Polanski nous amène dans des zones de gris de l’humanité. Entre gris clair et gris foncé comme disait l’autre. Et que dire de Phil Spector ? Wagner ? Charlton Heston ?
      Mezzo : je l’ai longuement rencontré aussi. C’est un personnage haut en couleur. Et merde ! Tant mieux. J’aime les gens à fort caractère généralement. C’est ainsi que beaucoup avait été recrutés pour Bruce Lit (mode démago : ON).

      • Jyrille  

        Totalement d’accord avec toi 🙂

        Je n’ai pas vu tous les Polanski, mais autant Rosemary’s Baby que Le locataire et Le bal des vampires m’ont impressionné d’une façon ou d’une autre.

  • OmacSpyder  

    Un article très intéressant sur un film qui éclaire le sujet psychologique de l’identification à l’agresseur. C’est aussi ce qui fera dans un autre récit basculer Magneto dans un rôle de tyran prônant la suprématie de l’homo superior. Ici le cadre est plus intime et éclaire bien les ressorts de l’esprit humain pour trouver une issue au côté insupportable lié à la place de victime. Et l’article montre bien ce jeu de regards, cette captation dans le regard de l’autre qui faisait dire en effet à Nietzsche que « si tu regardes l’abîme l’abîme regarde aussi en toi ». L’identification à l’agresseur peut former une sorte de résilience par défaut, une résilience qui n’a pas trouvé d’autre issue que passer du côté du maître afin de quitter cette place de victime esclave. Le maître est ici celui qui a, même de façon illusoire, le pouvoir sur l’autre. Il peut ainsi occuper la place d’un idéal à atteindre permettant de se défendre a priori des risques futurs, fussent-ils imaginaires, et à restaurer un narcissisme détruit, quitte à alimenter la répétition en effet. C’est-à-dire une prison pire que la mort. Comme c’est expliqué brillamment dans l’article, chacun peut occuper l’une des places tournantes dans le film comme dans la vie : victime, bourreau, témoin. Il reste pour chacun à inventer la quatrième peut-être : la liberté, pour sortir du tableau.

  • Matt  

    On vit vraiment dans un monde de cinglés.
    Et dans un pays de cons.
    Les donneurs de leçons harcèlent et causent plus de dégâts que les supposés coupables.

    Polanski accusé à nouveau d’un truc qu’il aurait fait il y a 50 ans. Ah ben ça justifie bien de s’en prendre au casting de son dernier film hein. Après tout la justice et la vindicte populaire c’est la même chose non ??

    Et vendredi soir, des opposants au régime congolais qui incendient les alentours de la gare de Lyon pour protester. Ah ben merci bande d’encules ! Je passais par la, j’avais une correspondance. C’est normal aussi de mettre en danger des gens pour protester contre un chanteur à cause de ses idées politiques, non ?

    • Eddy Vanleffe  

      Hello Matt,
      je suis très éloigné de ce genre de manifestation..Les césars, c’est un peu le cimetière des éléphants pour moi…
      visiblement cette année, tous les rageux ont pris le micro en effet…
      Pour Polanski, le truc c’est que c’est un affaire judiciaire en fait… si l’affaire a été étouffée à cause de sa célébrité, c’est un peu normal que ce soit devenu un combat symbolique…
      Pour le reste je suis mitigé, parce que pense pas que l’art dispense de tout.
      Je crois qu’on paie l’impunité totale de certains pendant des années…
      je n’ai par contre pas d’opinion personnelle sur lui, parce que la présomption d’innocence existe et qu’il faut quand même s’en souvenir avant de parler à tort et à travers…
      pour les acteurs, je ne sais pas… ils ont été harcelés? Carrément?
      c’est pareil, là aussi, il existe des lois…

      • Matt  

        Dujardin a dit qu’il allait se casser du pays. Il a plusieurs fois annulé ses invitations à cause de rageux, etc.
        Mathilde Seignier s’est fait incendiée parce qu’elle a eu l’audace de félicité Polanski pour son prix, etc.
        Bref…
        Evidemment qu’il y a des lois ! Et les lois, c’est pas aux trous du cul d’internautes de la faire en emmerdant le monde.

        Oui ça m’énerve. Et je me fous que Polanski soit innocent ou pas. Je n’en suis même pas là. Je constate juste ce que ça donne les gens qui « dispensent la justice » à leur façon.

        • Fred Le Mallrat  

          Oui et non.
          Je te prends mon exemple.
          Jusque là je regardais les films de Polanski (bon sans non plus trouver genial.. si Rosemary’s Baby: c est vrai).
          Je savais qu il avait fui la justice US, ce que j appréciais peu mais je trouve aussi que le fait de ne pas extrader est bien.

          Là il sort j accuse.. et je lis dans un mag le truc envoyé à la presse qui met en parallele son cas avec Dreyfus… puis des interviews de sa femme qui fait de même.. et là je trouve quand même qu il exagère (Dreyfus était innocent.. Polanski a reconnu les faits aux USA. La fille dit aujourd hui avoir été consentente mais elle était mineure et on sait que le consentement des mineurs… bref.. il y a a minima le fait qu il utilise une position dominante.. et il a reconnu)
          Je trouve que là donc lui et son entourage exagère en comparant l incomparable.. Ensuite, le souci est que ca tourne au pugilat et que certains continuent aussi de le couvrir comme ils l ont couverts depuis toujours et que clairement les mêmes qui le defendent.. ne defendrait pas un inconnu dans la même situation…

          Je trouve qu il a remis lui-même l huile sur le feu avec sa femme et leur déclarations.

          En plus, j etrouve que les césars.. ont finis par rajouter du molotov sur le reste… Il suffisait de donner tout sauf la réalisation (en plus j ai jamais trouvé qu il était un technicien si incomparable que cela) et donner un prix plus global pour le film pour que ca s arrete.

          Je ne vais pas soutenir non plus ceux qui sont venus empecher des gens d aller voir le film, empecher dujardin ou autres de faire la promo.. rien n oblige à aller voir le film..
          Mais Polanski, sa femme et la production ont aussi une grande part de responsabilité en mettant en scene le sens du films sur sa vie… Il a RECONNU et a été JUGE aux USA et n a pas FAIT sa peine.. C est pas non plus le gars qui passe et à qui ont met tous sur le dos. Il est coupable sur une partie de ce qui lui est reproché.. il s est soustrait à la justice et a lui même mis en scène ce point en rapport avec son film.

          Pour moi il y a clairement des abrutis des 2 cotés!

          • Fred Le Mallrat  

            Bref sur le coup c est lui qui vient au départ avec sa femme donner des leçons en premier.

          • Fred Le Mallrat  

            Euh c est pas parce qu il donne des lecons en premier qu on peut le menacer lui ou sa famille ou molester des spectateurs.. on est bien d accord.
            Mais quand on se soustrait à la justice et qu on a pas mal bénéficié aussi des autorités du Cinema voire de France pour ne pas que ce soit même mentionné ou discuté… on peut pas non plus la ramener..
            Pour moi c est comme quand les Balkanis ou Tapie la ramènent … A un moment aussi c est pas possible non plus.
            Lui aussi il faut qu il arrête d en parler.

          • Matt  

            Mais comme je le dis, je n’ai jamais parlé de Polanski lui-même^^
            Je parle de cette tendance aux gens à s’en prendre à n’importe qui lié au film ou à la famille du gars pour faire les justiciers.
            C’est pas héroïque du tout de lancer des pierres de partout en se disant que peut-être l’une d’elle touchera la personne concernée, et tant pis pour les victimes collatérales.

          • Fred Le Mallrat  

            Oui on est bien d’accord.

            le seul bémol que je trouve… bon pas pour s en prendre physiquement et tout mais bon quand certaines célibrités qui ont joués les SWJ comme tu dis toutes leur vie puis se retrouve à devoir défendre un pote dans une position similaire… je me dis que leur renvoyer leurs bonnes leçons est quand même bien…
            Je trouve qu une partie de célbrité qui crient contre cela.. ils faisainet pareils.. et pas qu en SWJ.. certains étaient à droite et remenaient aussi leur fraises.;.

            Bref à un moment aussi quand tu as lancés les choses… que ca te revienne (pas physiquement; on est d accord) dans les dents… perso je vais pas pleurer.
            Car justement les leçons c est pas une question de qui.. mais bien de quoi.

          • Matt  

            Le problème, c’est que ça ne se passe pas comme ça.
            Ce n’est pas 1 personne qui un jour s’est fait emmerdé par un collègue qui va pouvoir à son tour retourner la situation et lui dire ses 4 vérités genre « tu vois t’es pas parfait non plus ! »
            Non, ça, en effet, c’est de bonne guerre. Mais ça devrait rester « privé » Un débat entre eux, un argument au tribunal, je sais pas…
            Mais non, ça entraîne un troupeau de cons avec sur le net qui se prennent tous pour des justiciers, et c’est un effet de masse et une attaque démesurée qui se déclenche, et contre n’importe qui ensuite qui voudrait calmer le jeu
            « de quoi ? tu veux calmer le jeu ? Tu le défends ? T’es pire que lui !! » ce genre de connerie. ça fait boule de neige et on a des fous furieux qui donnent les leçons de civisme…

  • Fred Le Mallrat  

    Ca c est pas une question de SWJ.
    C est une question des reseaux sociaux dont les algorythmes sont basés sur l indignation, la détestation et que ca a englobé les medias traditionnels qui sont partis sur le fait de faire des débats interminables sur les sujets principaux qui sont toujours les mêmes… et ca va jusqu au sport où tu as le même sujet sempiternel qui tourne en boucle…

    Ca polarise les opinions.. donc plus de place pour la discussion ou alors c est de la fausse discussion entre personnes qui sont d accord et ne diverge que sur des broutilles…

    Bref on a une ere de débat constant sans véritable débat qui finit en opposition.

    D ailleurs quand je lisais ado DK de Miller.. tous ces débats télévisés semblaient de la SF totalement deconnectées (mais bon aux USA c etait déjà là). Aujourd hui c est devenu le quotidien…

    • Fred Le Mallrat  

      Pour moi c est même pas une question de donner des leçons mais plus vraiment qu on est dans une culture de l opposition totale et frontale qui se veut être un débat.

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