Monstres & Cie : Les Yokai

Encyclopegeek : Les Yōkai

AUTEUR : MATTIE-BOY

La foire aux monstres

La foire aux monstres

Je vous propose un article un peu particulier aujourd’hui. Un article qui répond parfaitement au slogan du blog « de la culture geek à la culture tout court ». On va parler des Yōkai, ces monstres folkloriques japonais. Mais puisqu’on est sur un blog de comics/cinéma/mangas, on va surtout parler de 4 films et de quelques œuvres issues de la pop-culture ayant un rapport avec ces mythes japonais.

1. Un brin d’histoire

Les légendes japonaises ont quelque chose de fascinant. Bon ok, je suis un passionné de mythologie donc en général ça m’intéresse toujours. Mais disons que le folklore japonais a quelque chose de très singulier. Principalement parce que les japonais, du moins à une époque lointaine, étaient un peuple très animiste. En gros, ça veut dire que leurs légendes sont basées sur la croyance en une multitude d’esprits et de dieux, présents dans chaque élément de leur vie : objets, montagnes, fleuves, etc. Et ces croyances, ce sont les racines du shintoïsme qui est la religion la plus ancienne connue du Japon, avant que le bouddhisme soit importé d’Asie centrale au VIème siècle.

On connaît peu de choses du shintoïsme si ce n’est que ses origines datent de quelque part vers la fin de la période Jōmon (-10 000 à -300 avant notre J.C…ouais, c’est une sacrée longue période.) Mais le shintoïsme a encore des millions de pratiquants au Japon de nos jours. A une époque, les japonais étaient divisés en tribus avec chacune des croyances différentes avant que s’installe un système d’empire et que les dieux prédominants soient établis en fonction des croyances des puissants. En un sens on pourrait rapprocher ça de certaines légendes qui existent encore chez nous dans certaines régions (comme la Bretagne par exemple) sans qu’elles soient considérées comme une religion dominante.
Toujours est-il que depuis une lointaine époque, les japonais ont adoré les kamis (dieux ou esprits représentant des lieux ou des forces naturelles) et construit des autels ou sanctuaires religieux dans chaque village pour honorer leurs divinités et s’accorder leur protection.

Extraits du Hyakkai zukan (« rouleaux de dessins de cent yōkai ») achevé en 1737 durant l'ère Edo par l'artiste Sawaki Sūshi

Extraits du Hyakkai zukan (« rouleaux de dessins de cent yōkai ») achevé en 1737 durant l’ère Edo par l’artiste Sawaki Sūshi

Par extension de ces croyances qui donnent une voix aux pierres et autres éléments inanimés, sont nés les Yōkai. Ces créatures mythologiques ne sont pas un délire de gosse, ce sont des vestiges à valeur anthropologique d’une culture très ancienne. Et depuis quelques années, ces étranges créatures sont revenues sur le devant de la scène.
Certains de ces monstres sont devenus plus connus via des œuvres comme Lettre à Momo ou le très connu Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki, un excellent dessin animé. Ce sont principalement les animes japonais qui ont ramenés les Yōkai sur le devant de la scène. Il en existe un paquet mettant en scène des noppera-bô (des « sans visage »), des bakeneko (des monstres chats) alors que d’autres créatures restent plus obscures comme le shirime (sans doute parce qu’esthétiquement, le shirime est un humain tout nu avec un œil à la place de l’anus.) Mais on ne va pas trop rentrer dans les nuances trop compliquées puisque techniquement les japonais ont aussi le terme de mononoke pour définir les esprits vengeurs (dont le monstre chat fait partie.)

Comme il faudrait 20 articles pour parler de tous les animes de Yōkai, je vais vous parler de vieux films. Parce que oui, vous allez voir que ça ne date pas d’hier la présence de ces bestioles dans le 7ème art. Je me réserve juste une dernière partie d’article pour parler des Yōkai dans d’autres médias.

De beaux animes plein de créatures légendaires

De beaux animes plein de créatures légendaires

2. Les films

Parlons d’abord de la trilogie des Yōkai monsters datant de la fin des années 60. Ceux-ci sont réalisés par le studio Daiei, plus connu pour avoir produit Rashômon d’Akira Kurosawa en 1950. Mais dans les années 60, ce studio s’est lancé aussi dans le film de monstre (kaijû eiga) avec les films Gamera pour concurrencer le Godzilla de la Toho.
Puis en 1966, Daiei confiera au duo Kimiyoshi Yasuda, réalisateur de la saga Zatôichi (le samouraï aveugle), et Yoshiyuki Kuroda, créateur d’effets spéciaux, le premier opus de la série des Dai Majin (qui deviendra une trilogie.) Suite au succès rencontré par ces films, le même duo de réalisateurs se lancera dans la trilogie des films de Yōkai.

Holà les gars, fallait pas prendre les malédictions à la légère !

La malédiction des Yōkai (1968) de Kimiyoshi Yasuda

L’intrigue de ce film prend place dans un Japon féodal et tourne autour d’une famille tenancière d’un hôtel qui est menacée de se faire mettre dehors par un riche seigneur qui veut construire une sorte de maison close à côté. Pour ce faire, il va détruire un autel religieux jugé inutile (car hérité des vieilles croyances obsolètes) et s’installer. Sans entrer dans tous les détails, ce film nous présente une lutte des classes avec des bourgeois avides de richesses qui piétinent les plus pauvres et ne montrent aucun respect pour les traditions (ils refuseront aussi de se plier au rituel anti-malédiction après une soirée folklorique où un conteur leur relate 100 histoires de fantômes). Les personnages principaux sont évidemment les opprimés, en particulier une jeune femme qui perdra père et grand père au cours du film, et un mystérieux samouraï sans maître. Les Yōkai apparaissent peu. Et ils ne sont pas là pour rigoler. Il y a bien un Yōkai amusant qu’on retrouvera dans le second film, le kasa-obake (un monstre parapluie unijambiste avec un œil et une langue) qui se manifeste sans agressivité au fils attardé et innocent du riche seigneur, mais la plupart des autres monstres vont intervenir pour punir les malfaisants en les poussant à s’entretuer ou en les terrifiant.

Certaines apparitions très sympathiques impliquent la figure du noppera-bō : le yōkai « sans visage », ou même le rokurokubi : la femme (ça peut aussi être un homme) au cou qui s’allonge.
Ce film est pour moi un des meilleurs des trois. Il y a peu de créatures mais elles sont utilisées à bon escient pour donner un aspect assez inquiétant et sombre au film.

Même pas peur du ridicule ! Les Yōkai le sont par essence pour des yeux occidentaux.

Même pas peur du ridicule ! Les Yōkai le sont par essence pour des yeux occidentaux.

La guerre des Yōkai (1968) de Yoshiyuki Kuroda

J’ai vu ce film en premier par erreur. Alors que je pensais qu’il représentait la genèse du projet des films de Yōkai avec un ton plus humoristique, il faut alors le considérer plutôt comme une parenthèse plus délirante dans la saga, destinée à être un film plus familial avec de l’humour et des monstres plus rigolos qu’effrayants. Cela dit, le film contient malgré tout des éléments assez gores, donc soit je me trompe sur le public visé, soit le choc des cultures fait des siennes et les japonais ne montrent pas le même type de films à leurs enfants.

Dans ce film, un ancien monstre babylonien du nom de Daimon est réveillé par des chasseurs de trésors. Ce dernier, qui ressemble quand même pas mal à un monstre japonais avec ses pieds en forme de pattes d’oiseaux, ses plumes partout et sa tronche de courgette, va se rendre dans un Japon de fin de XIXème siècle (non, il ne voyage pas dans le temps, c’est juste l’époque où se déroule le film.) Là bas, il va assassiner un gentil seigneur et prendre son apparence (après avoir bu son sang.) En usurpant cette identité, il va mener la vie dure à ses sujets et à sa propre famille en profitant de son autorité pour exiger qu’on lui apporte du sang. Il va corrompre certains de ses serviteurs tandis que d’autres vont lui obéir de manière perplexe face à un tel changement d’attitude. Cette incursion de ce démon va déranger un kappa (un lutin des eaux) qui va appeler ses autres amis Yōkai pour qu’ils l’aident à se débarrasser de ce démon d’un autre pays. Parce que zut enfin, ils ont leur fierté de monstres japonais et ce démon là, il est trop dangereux ! C’est pas bon pour les affaires des monstres farceurs.

Une comédie aux allures de conte horrifique

Bon vous l’aurez compris, le film ne se prend pas vraiment au sérieux. C’est un conte gentillet (sur le fond, car avec quelques visuels violents sur la forme) qui ne cherche pas à terrifier mais à proposer une sorte de spectacle de marionnettes et de monstres en caoutchouc qui se battent pour faire fuir le vilain démon et aider les humains.

Le film a pris un coup de vieux sur certaines scènes mais les maquillages et costumes, bien que ridicules, sont plutôt réussis. Car ridicules, ils le sont délibérément. Les Yōkai ont toujours eu un design grotesque souvent comique. Mais certains, comme la femme au cou qui s’allonge, revêtent tout de même un petit côté inquiétant. Les décors sont soignés et l’atmosphère mystérieuse fort bien rendue. Certains plans montrant un temple en ruine dans la cambrousse japonaise au clair de lune n’ont rien à envier à la photographie de certains films de la Hammer . Les combats par contre font assez cheap. Mais puisque le film est davantage un conte amusant qu’un film cherchant à être impressionnant, cela reste tout de même très divertissant et une curiosité charmante à découvrir.

Le troisième film d’une saga n’est jamais le meilleur

Le troisième film d’une saga n’est jamais le meilleur

La légende des Yōkai (1969) de Yoshiyuki Kuroda & Kimiyoshi Yasuda

Ce film-là, il n’est pas terrible. Sans être mauvais, il fait un peu trop penser au premier. Et les monstres sont très rares aussi donc il n’a pas les qualités divertissantes grand-guignolesques du second film non plus. Il reste bien réalisé mais fait redondant. Un clan assassine le chef d’un autre clan dans les montagnes malgré les avertissements d’un moine qui leur dit de ne pas verser du sang en ce lieu (dans le premier film il y a aussi une histoire comme ça.) Le chef du « méchant clan » voulait récupérer un document compromettant ses activités illicites. Ce document tombe entre les mains de la petite fille du moine, Miyo. Ce dernier, mourant, dit à Miyo de se rendre à l’auberge de Yui pour y trouver son père qu’elle n’a jamais connu. Et le film consiste grosso modo en une poursuite entre les méchants qui veulent attraper la petite et des affrontements entre eux et des protecteurs que Miyo va rencontrer.

Bon…vous avez encore ignoré les avertissements, hein ?

J’en profite pour préciser que, même si je n’aime pas être méchant envers les enfants-acteurs, la gamine est vraiment trop petite pour jouer correctement la comédie. Le film reste sympathique tout de même, surtout lorsque vient la révélation de l’identité du père qui fait hélas partie des sales types, et la rédemption qui peut sauver certains coupables des Yōkai vengeurs.
Bref, ça se regarde, mais je préfère les deux premiers films. Le premier pour un aspect plus soigné des personnages, un ton un peu plus sombre et les manifestations des Yōkai réussies, le deuxième pour son côté divertissement bon-enfant un peu ridicule mais très enthousiasmant.

Takashi Miike aux commandes d’un film familial ? Euh…c’est inquiétant.

Takashi Miike aux commandes d’un film familial ? Euh…c’est inquiétant.

La guerre des Yōkai (2005)

Ce reboot de Takashi Miike n’est pas un remake et propose une histoire nouvelle. Celle-ci traite d’un ancien humain devenu Yōkai prénommé Kato qui réveille l’esprit de la rancœur qui condense toute la frustration et la tristesse des objets que les humains ont pris l’habitude de jeter dans la société de consommation actuelle. Et grâce à cet esprit maléfique, il veut détruire les humains. Il capture des Yōkai pour les transformer en monstres mécaniques destructeurs. Et un jeune garçon, héritier de la tradition du chevalier Kirin et aidé par de sympathiques Yōkai ayant échappé à Kato, doit trouver une épée magique pour vaincre le méchant.

De jolis maquillages, d’horribles CGI, un rythme chaotique

C’est aussi un film plus ou moins familial que je trouve super violent pour des enfants mais bon…là n’est pas le problème. Ce film est pas mal décevant parce que, même s’il a de bonnes idées, de super maquillages, il a aussi les pires effets numériques que j’ai jamais vus, tout droit sortis d’une Playstation 2. Je n’aime pas être méchant envers les effets spéciaux vu que j’adore les vieux films mais je préfère 100 fois voir une marionnette mal animée mais qui parait réelle, que des images 3D de jeux-vidéo qui bougent bien mais sont atrocement mal intégrées au film. Ça me sort du film. Bien sûr c’est lié au budget, le film a 12 ans, ce n’est pas Hollywood…et donc ça ressemble à des effets numériques du début des années 90…mais je ne sais pas…il aurait fallu essayer de les éviter au maximum et rester sur des effets artisanaux. Le problème des effets numériques mal foutus, c’est qu’ils n’ont aucun charme.

Et le film est tout sauf subtil (en même temps la subtilité et Takashi Miike, ça fait 12.) C’est un condensé de l’intégralité des monstres répertoriés dans les vieux films qui se croisent, se battent, font la fête, dans une surenchère hystérique. Donc il y a plein de trucs en images de synthèse moches. D’un autre côté, je pourrais aussi saluer la mentalité « on n’a pas assez de pognon, mais on s’en fout, on le fait quand même » et sans doute que certains seront moins regardants que moi car j’en connais qui ont apprécié le film, mais pour ma part, c’était parfois bien trop laid visuellement pour que je mette une bonne note. Bref en gros les vieux films, malgré leur aspect daté, m’ont vendu plus de rêve.

3. Les Yōkai dans la pop culture :

Il est temps de faire des apartés pour parler de quelques incursions des Yōkai dans des médias variés récents.

Les Yōkai s’invitent dans le jeu-vidéo

Les Yōkai s’invitent dans le jeu-vidéo

Muramasa Rebirth (2013)

Ce jeu-vidéo du studio Vanillaware est une version améliorée d’un jeu sorti sur Wii en 2009 sous le nom de Muramasa : the demon blade . Proposant une nouvelle traduction plus fidèle des dialogues (et donc parfois plus crue) ainsi que de nouveaux personnages dans des campagnes bonus via 4 DLC (downlodable content), c’est un jeu qui fait la part belle aux légendes sur les Yōkai, fantômes et autres kami de l’archipel. Ce jeu regorge de boss aux designs les plus dingues les uns que les autres, et vous propose au travers de différentes campagnes (DLC inclus) d’incarner soit un ninja maudit, une des filles de Lord Enma (le seigneur des Enfers), un bakeneko qui venge la mort de sa maitresse, etc.

Les boss sont la partie la plus amusante du jeu, et ils couvrent un large panel de kami (comme Raijin et Fūjin, les dieux du tonnerre et du vent ici présenté comme un couple délirant), Yōkai, sorcières, démons et autres créatures bizarres (comme le Tanuki, raton laveur aux testicules géantes symboles de bonne fortune.)

De haut en bas, un démon Aobōzu (moine bleu dévoreur d’enfants), un wanyūdō (un yōkai en forme de roue en feu) et un shirime qui se promène aux côtés d’un otoroshi (gardien des temples)

De haut en bas, un démon Aobōzu (moine bleu dévoreur d’enfants), un wanyūdō (un yōkai en forme de roue en feu) et un shirime qui se promène aux côtés d’un otoroshi (gardien des temples)

Natsume Yuujinchou

Dans les mangas sortis chez nous, il existe aussi une saga assez populaire au Japon, Le pacte des Yōkai . Je n’ai pas lu le manga mais j’ai vu 5 saisons (de 10 ou 12 épisodes chacune) de l’adaptation en anime (non-sorti chez nous mais qui existe en version sous-titrée par des fans) Cette série se nomme Natsume Yuujinchou et parle d’un jeune garçon orphelin, pris en charge par une famille d’accueil, un peu solitaire, et qui a la faculté de voir les Yōkai (alors qu’en général personne ne les voit s’ils n’en ont pas envie.) Il a hérité de sa grand-mère, qui disposait du même don, un manuscrit contenant le nom de nombreux Yōkai. Or, quand leur nom est détenu par une personne, les Yōkai sont tenus de lui obéir.

Natsume sera approché par un très puissant Yōkai qui dit vouloir lui dérober ce manuscrit mais décide finalement de lui servir de garde du corps face à d’autres Yōkai potentiellement dangereux qui voudraient obtenir ce manuscrit. Ce puissant Yōkai se transforme en gros chat paresseux (une sorte de Garfield ) surnommé Nyanko senseï, visible de tous, pour rester aux côtés de notre protagoniste. On devine, même s’il prétend le contraire en continuant de dire qu’il lui volera le manuscrit un jour, qu’il s’est attaché à Natsume.

Certains Yōkai sont très attachants, d’autres sont malheureux, ambigus ou carrément mauvais

Natsume décide de rendre leur nom aux Yōkai autrefois piégés par sa grand-mère qui, comme on le comprendra, était une femme assez seule, isolée des autres à cause de son secret qui la faisait passer pour une folle. On devine que son petit-fils a le même problème même s’il a accepté son don (c’est surtout dans des flash-back qu’on découvrira une période où il considérait ce pouvoir comme une malédiction.)

Globalement, c’est une série qui raconte de courtes histoires en 1, 2 ou 3 épisodes. On y parle d’amitié (Natsume va se faire des amis qui le croiront), de traumatismes liés au rejet ou à la solitude, de tolérance, et en fonction des Yōkai que notre héros rencontrera, d’amour, de culpabilité, de beaucoup de choses rendues possibles via des créatures tantôt tragiques, comiques, cruelles, solitaires ou désespérées. Certains Yōkai cherchent des amis, d’autres font semblant d’en chercher et jouent à des jeux mortels, etc. C’est un anime contemplatif dont certaines histoires font l’effet d’un baume au cœur par leur poésie digne d’un Miyazaki…et d’autres peuvent faire verser une larme ou juste faire rigoler un coup. Ce n’est pas forcément une série où on enchaine les épisodes rapidement puisque le format « courtes histoires » n’impose rien. On peut trouver qu’il manque un fil rouge (même si techniquement il y a parfois des personnages qui reviennent, ou des conflits avec des exorcistes qui durent une saison entière) mais c’est globalement une série apaisante et fort sympathique. Et Nyanko senseï sous sa forme de gros chat ridicule qui ne peut parfois pas s’empêcher de se comporter réellement comme un chat malgré sa vraie nature de Yōkai surpuissant, apporte une touche de comédie bien trouvée.
Ceci conclut notre tour d’horizon sur les Yōkai et cette petite plongée dans une culture étrange éloignée de la nôtre.

Le gashadokuro (squelette affamé), dans une peinture traditionnelle datant de 1844, dans le jeu-vidéo Muramasa Rebirth , et dans le dessin animé Pompoko

Le gashadokuro (squelette affamé), dans une peinture traditionnelle datant de 1844, dans le jeu-vidéo Muramasa Rebirth , et dans le dessin animé Pompoko

——

Vous connaissez les Yökai ? Ces monstres japonais qui parsèment les films de Miyasaki, les jeux vidéos comme Muramasa ? Mattie Boy vous en dresse l’inventaire dans un nouvel encycplogeek hanté. 

BO du jour : une musique du trio féminin Rin sur des images de Natsume Yuujinchou

33 comments

  • JP Nguyen  

    Je connais peu le sujet. Les quelques fois où je suis tombé sur ce genre de monstres, je me suis fait la réflexion que leur apparence était plus dérangeante que les monstres européens classiques.
    Matt, aurais-tu vu Dororo ? un film de 2007 qui adapté un manga de… Tezuka, je crois.
    Il y est question d’un garçon doté de parties du corps artificielles et qui doit récupérer les bouts de son corps en tuant 48 démons. J’étais tombé dessus il y a quelques années et, même si le film a des défauts, j’avais bien aimé…

    • Matt  

      Ah non, je connais l’anime du même nom. Le film doit être une adaptation live non ? Ou direct une adaptation du manga ? Pas vu en tous cas. Je vais voir à quoi ça ressemble^^

      Bon il manque les trailers des films dans l’article, sorry du coup avec les nouvelles règles sur les films on ne voit plus d’images non plus. Cet article a été envoyé avant le scandale AFP machin là…
      Bruce devrait mettre les trailers dans la journée s’il a le temps.

    • Matt  

      Ah bah c’est fait^^

  • Matt  

    Un autre anime dont j’aurais pu parler mais on s’écartait du sujet, c’était Mononoke (non, pas la princesse, juste Mononoke tout court)
    Mais bon techniquement un mononoke est un esprit vengeur plein de rancoeur. Un Yokai est juste une créature pouvant être sympa ou méchante, mais non-liée à la vengeance.
    Cela dit dans l’anime natsume Yuujinchuu, il est fait mention lors de conflits avec les exorcistes qu’un Yokai emprisonné peut devenir un mononoke, potentiellement bien plus dangereux s’il s’échappe.

    Mais bref…l’anime Mononoke est extrêmement spécial graphiquement. On aime ou on déteste. Les premiers épisodes dessinés ainsi étaient les derniers épisodes de la série Ayakashi-japanese classic horror. Puis est arrivée des années après la série Mononoke qui reprenait le même personnage de l’apothicaire chasseur de mononoke (ou Ayakashi, c’est pareil^^)

    Extrait :

    https://www.youtube.com/watch?v=5OJW9gZL33Q

    • Jyrille  

      Je trouve ça très joli, ça pourrait me plaire. Certains aspects me rappellent AEON FLUX.

  • Eddy Vanleffe  

    AAAH voilà un article qui parle à mon cœur et à mon âme et comme je le pressentais depuis l’annonce du menu de la semaine FB, il est de Matt. :)
    c’est un bien bel article qui fait honneur et grand écart entre la définition universalis et ses application culture pop. c’est donc übercool.
    je rajouterais en tant que représentant officiel de Rumiko Takahashi le fait qu’elle a consacré tout un manga aux Yokaï et cette forme très particulière de folklore et de superstition: INU YASHA.
    et qu’il existe une encyclopédie/manga dans ce domaine sous forme d’abécédaire chez PIKA.
    voilà qui met du baume au cœur en cette fin de semaine.

    • Matt  

      « comme je le pressentais depuis l’annonce du menu de la semaine FB »

      Ah ouais alors là je serais curieux de connaître le thème de la semaine. La montagne, Elric, les Yokai…je trouve pas de point commun^^

      Merci de ton retour enthousiasmé. Je connais Inuyasha, mais en fait c’est tellement long que je n’ai jamais eu le courage de lire ou de regarder l’anime^^

      Techniquement j’aurais pu parler de plus d’animes, et même du voyage de Chihiro en détails, mais il aurait fallu 3 articles. Comme je suis aussi fan de vieux films de monstres, et de jeux vidéo, j’ai voulu couvrir large^^

  • Bruce lit  

    @Matt : la thématique de la semaine était centrée autour de l’aventure.
    Grâce à ton article, je réalise que les Yokais c’est la prose de Monsieur Jourdain : on en fait ou plutôt on connaissait sans le savoir, sans pouvoir nommer tout ça. Depuis, lorsque je vais en librairie je vois des ouvrages sur le sujet assez épais et luxueux.
    Je n’ai pas vu les films, ni ne connaît aucun de ces jeux. Mais le graphisme m’aurait botté à l’époque de….
    Du coup le jeu OMIMUSHA 2 que j’adorais sur PS2, c’est du Yokai ?
    -Mononoke : je suis pas plus fan que ça. J’ai dû m’en expliquer ailleurs.

    • Matt  

      Je n’ai joué qu’au premier Onimusha (ressorti récemment sur Switch^^) donc le 2 je sais pas.
      Mais dans le premier non, ce sont des démons. Et les démons (ou Oni, Akuma, etc.) c’est encore autre chose. Il y a un seigneur des enfers et des démons dans les croyances japonaises (Lord Enma, comme celui de DBZ par exemple^^)
      Ce sont des créatures purement maléfiques les démons (ben comme chez nous quoi)

      Après la culture pop invente aussi des créatures qui répondent à la même description de trucs maléfiques mais ont une apparence inédite tirée de l’esprit des créateurs du jeu^^

      Si par exemple on reconnait dans Muramasa des Yokai tirés des dessin de 1737, ça ne les empêche pas d’en inventer de nouveaux aussi.

    • Matt  

      -Les Yokai sont des créatures qui se promènent autour de nous (dans les légendes hein !) Ils peuvent être gardiens de forêts, esprits de fleuves, ou juste des bestioles quoi. Comme des fées chez nous par exemple. Ils sont dans leur monde.
      -Les démons n’ont rien à foutre là, ce sont des habitants des enfers souvent maléfiques.
      -Les mononoke ou Ayakashi sont des esprits vengeurs (des Yokai ou autres esprits de la terre corrompus car maltraités, ou même des humains ou animaux qui ne reposent pas en paix et sont emplis de rancœur.)

      Comment ça c’est compliqué ? Euh ouais mais les fées, trolls, nains, elfes, fantômes, spectres, poltergeists, vampires, et tout ça…c’est compliqué aussi^^ Mais on connait mieux, on baigne dedans.

    • Matt  

      C’est un peu le double tranchant de la pop culture ; d’un côté ça continue de faire exister les mythes anciens, et d’un autre côté ça y rajoute des trucs nouveaux (dans le seigneur des anneaux, c’est vachement inspiré des légendes nordiques et il y a des nains, des elfes et des géants comme chez les nordiques, mais les Hobbit c’est Tolkien qui les a inventés.)
      Du coup on se paume facilement aussi entre les références et hommages aux vieux mythes et les créations nouvelles qu’on essaie de rattacher à des catégories de bestioles tirées de mythes mais…qui n’ont juste pas de place dedans^^

    • Matt  

      Par exemple le premier boss du premier Onimusha est très inspirée de la représentation classiques des Oni : un mec tout rouge plein de dents et de cornes avec une grosse massue :

      https://goo.gl/images/qEcpV3

      https://goo.gl/images/2LYPV5

      mais après plein d’autres démons ont un design inventé ou réimaginé, souvent habillé comme à l’époque des samourais parce que ben…ça se passe à cette époque là Onimusha^^ Donc certains ennemis ressemblent aussi à des sortes de samouraïs zombies en fait.

      • Eddy Vanleffe  

        les ONI qu’on voit à l’envie dans UruseÏ yatsura…

  • Tornado  

    Et bien je connaissais pô du tout !
    L’intro est super didactique. Je suis devenu connaisseur en Yokaï en un clin d’oeil ! Merci ! :)
    Les trois films des années 60 me branchent bien (les musiques dans les trailers sont démentes !). Ça sent le monstre en pyjama à plein nez, et dieu sait que j’aime ça !

    • Matt  

      Ils sont sortis en blu-ray et DVD (enfin je crois que sur le blu-ray il n’y a que les 2 « guerre des Yokai » le vieux et le nouveau, les autres films sont sur DVD)

      En tous cas l’image est plus jolie que celle des trailer^^

      Je ne sais pas si on peut les « trouver », moi je les ai acheté parce que j’suis fan de ce genre de trucs.

  • OmacSpyder  

    J’ai toujours perçu les Yokaï comme des projections à l’extérieur des sentiments intérieurs. Ou pour le dire autrement, et de façon plus anthropologique que psychanalytique, une version orientale de ce que Homère montre dans l’Illiade : une nature parlant à l’Homme. Le verbe et les sentiments dans les choses qui entourent l’être humain.

    Ton article me confirme un peu cette idée mais bien sûr va beaucoup plus loin dans le détail et approfondit l’idée vague que j’en avais.

    Toujours est-il qu’ils demeurent pour moi des représentations des sentiments projetés en dehors. Et qui prennent vie de façon autonome comme autant de facettes de l’humain.

    Si l’on considère que la notion de subjectivité au Japon est une notion différente de celle ayant émergé en Occident, les Yokaï pourraient prendre la place des composantes affectives et émotionnelles de l’humain, de façon incarnée.

    L’article en tout cas est d’une richesse qui donne à penser…

    • Matt  

      Oui, pourquoi pas.
      Évidemment les légendes viennent de quelque part, et je ne me suis pas questionné plus que cela sur les raisons de l’existence des croyances animistes. Mais il est fort possible que ce soit ça.^^

      Merci pour le compliment en tous cas.

    • Présence  

      @OmacSpyder – Je me retrouve incapable de m’empêcher de poser une question de béotien, même si je comprends bien ce qu’elle peut avoir d’idiote. J’en étais resté à une interrogation assez basique de savoir si la psychanalyse développée en occident pouvait être compatible et même pertinente avec des cultures différentes. Dans le cas présent, dans quelle mesure la grille de lecture occidentale est-elle adaptée au déchiffrage de la culture japonaise ? Y a-t-il un risque de regard réducteur à appliquer une telle grille de lecture ? Mon questionnement est sincère parce que je présume que depuis Sigmund Freud, la question a dû être abordée et creusée par de nombreux chercheurs.

      • OmacSpyder  

        @ Présence : ça n’est nullement une question de béotien comme tu le dis. Bien au contraire! Très rapidement par exemple la question de l’universalité du complexe d’Oedipe s’est posée. Des observations ont été menées auprès d’enfants en Afrique par exemple.
        Un courant est né notamment de ces études et recherches : l’ethnopsychanalyse, pour intégrer aux notions psychanalytiques développées en Occident des notions et considérations anthropologiques.
        En Asie, et au Japon particulièrement, la psychanalyse a trouvé un écho favorable après des recherches notamment autour de la notion de sujet ( au sens psychanalytique, c’est-à-dire d’un être divisé par le langage et son inconscient, et renvoyant à une singularité. Ce qui au Japon n’allait pas de soi au vu de son histoire anthropologique. L’occidentalisation du Japon a permis à la psychanalyse de trouver un écho. Des consultations auprès des hikkikomori par exemple ont amené la psychanalyse à trouver une pratique pertinente auprès de ces jeunes.

        Toujours est-il, après c’est passage en revue rapide, qu’actuellement il va de soi que la composante culturelle fait s’aménager le cadre de la psychanalyse auprès de son patient. La pratique auprès des immigrés en témoigne par exemple mais pas seulement.

        Entendre parler de possession par un africain évoquant les djinns permet de ne pas l’entendre du côté d’une hallucination mais d’une expression culturelle. Comme la manière de parler des esprits présents à son mariage d’une femme malienne, et de la façon dont, faisant partie d’une certaine caste, elle allait pouvoir les accueillir, est accueilli non pas comme un délire mais comme une expression culturelle de sa subjectivité. Ces exemples vécus parmi tant d’autres illustrent que la psychanalyse prend en considération l’histoire et la culture de chaque sujet. Cela demande seulement d’en connaître suffisamment pour entendre de la bonne façon.
        C’est la même chose pour une ado parlant de sa culture familiale partagée entre Afrique du Nord et culture de la Cité et cherchant à s’y retrouver en tant qu’individu et de son rapport aux garçons. Il s’agit d’entendre la culture familiale, qu’elle soit d’un autre continent, pays, voire quartier.

        Ainsi s’il ne s’agit pas de coller les notions de la psychanalyse aux autres continents et cultures telles quelles, le psychisme de l’être humain présente des invariants. L’inconscient en fait partie. Ce sont des modalités d’expression qui changent.
        En outre, encore une fois, l’occidentalisation a tendance à gommer ces différences dans de nombreux endroits du globe.
        Pour le Japon, il existe bien un Japon historique, présentant une expression des affects comme extérieurs à l’individu qui en serait l’objet, l’instrument, et un Japon contemporain dont les névroses s’expriment à travers des modalités bien manifestes. Les rapports garçons-filles complexes et les hikkikomori en forment des expressions culturelles.

        C’est donc une question pertinente et passionnante!

        • Bruce lit  

          @Matt : grâce à un certain Patrick 6 qui a partagé ton article sur un groupe centré autour de la culture japonaise, les Yokai connaissent aujourdhui un second souffle.

          • Matt  

            Cool.
            Mais il est où le Patrick ? Il commente rarement.

        • Présence  

          @OmacSpyder – Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre aussi en détail, avec une clarté toujours aussi impressionnante.J’ai dû aller regarder l’article wikipedia que les Hikikomori parce que ça ne me parlait pas beaucoup. L’article avance des nombres difficiles à croire :

          - En 2016, le gouvernement japonais publie une étude de décembre 2015 qui décompte 540 000 hikikomori enfermés depuis au moins six mois pour les 15-39 ans. Mais, en prenant en compte leurs aînés, ils seraient aujourd’hui plus d’1 million. – Wikipedia

          Je note dans ta réponse que la confrontation de la psychanalyse à la mondialisation a permis de constater que le psychisme de l’être humain présente des invariants, que les modalités d’expression changent, et qu’il s’agit de faire un travail à la fois d’analyse anthropologique comparative, et d’analyse culturelle. Du coup, je me demande si des systèmes psychanalytiques s’étaient développés dans d’autres régions du monde, indépendamment de l’approche occidentale.

          Avec tes exemples, je comprends mieux ta réflexion sur les Yokaï perçus comme des projections à l’extérieur des sentiments intérieurs.

          • Matt  

            Oui c’est un phénomène qui a fait parler de lui l’histoire des Hikkikomori.
            Le japon a aussi un taux de suicide assez affolant. La pression de la société serait vraiment féroce, à moins que ce soit l’implication des gens qui est trop forte et qui fait que le moindre échec les pousse dans des comportements extrêmes

            En tous cas c’est intéressant ce que tu dis Omac.
            ça doit être un sacré boulot quand même pour s’informer sur toutes les cultures afin de mieux traiter les patients..

  • Présence  

    Je me souviens encore de la première où j’ai été confronté à des Yōkai en BD : c’était dans la série Usagi Yojimbo (de Stan Sakai) et j’avais trouvé cette irruption du surnaturel totalement à côté de la plaque par rapport au ton de la série. Il m’avait fallu de nombreuses années et d’autres lectures pour accepter que c’est un pan de la culture japonaise, indissociable de son Histoire. Du coup, je trouve ta première partie (Un brin d’histoire) très claire et très éclairante, ce qui m’a permis de mieux comprendre la nature culturelle de ces créatures.

    Même dans le lecture de manga, j’avais beaucoup de difficultés à comprendre le sens de ces créatures et leur poésie. Le dictionnaire des Yôkai de Shigeru Mizuki n’avait pas réussi à me captiver. Je me souviens que j’avais également tenté la lecture de Mushishi de Yuki Urushibara qui m’avait tout autant décontenancé. Du coup, c’est très intéressant de voir comment ils sont présents dans la culture contemporaine au travers des films et des jeux que tu cites.

    • Matt  

      Moi c’est l’inverse, je suis attiré par les curiosités qui me sortent de ma zone de confort (dans les lectures, les films et tout ça hein…c’est pas toujours aussi rigolo hors de la sphère des loisirs.)
      Si je vois des trucs que je n’ai jamais vus avant, je vais me dire « ok…voyons où ça nous mène, c’est étrange, on sent qu’il y a une autre culture derrière » et j’aime bien les chocs culturels moi^^
      Sans doute ma passion pour les mythes qui justement en disent long sur les différences culturelles.

      Et puis au final, ce n’est pas tellement plus étrange que les fées, les ogres, les trolls, les fantômes, les lutins, tous ces trucs dont nous sommes nourris au berceau en Occident^^
      Peut être qu’ils ont des contes traditionnels « pour enfants » avec des Yokai les japonais.^^
      C’est juste inhabituel pour nous.

      Usagi Yojimbo c’est quand même un lapin samouraï…et t’as été gêné par des éléments fantastiques ?^^

      • Présence  

        Gêné par des éléments fantastiques ? – Oui, parce que les premières histoires que j’ai lues d’Usagi Yojimbo étaient dans le genre rônin, avec enquête ou défense des plus faibles et rien n’annonçait l’intrusion du surnaturel. En outre, ce surnaturel a pris une forme qui ne faisait pas sens du fait de mon manque de culture.

        Sortir de ma zone de confort : ça m’arrive aussi mais je me rends compte que j’ai alors besoin d’informations complémentaires et de temps de réflexion pour comprendre ce que je viens de lire, puis pour l’apprécier, pour sonder la richesse de ce que je viens de lire. Par exemple, il m’a fallu pas mal de temps de réflexion pour prendre conscience de l’intelligence d’Ailefroide (de Bocquet & Rochette), alors même que sur le plan émotionnel cette BD m’a tout de suite parlé.

  • Jyrille  

    Merci Mattie de parfaire ma culture ! J’ai adoré ton intro sur la religion. Il y a d’autres pays où des esprits et des monstres cachés vivent : je pense surtout à l’Irlande et le Pays de Galles, avec les leprechauns, les pixies, les gnomes… Je ne connais vraiment pas bien les yokaï mais il est évident que Chihiro fait partie de mon premier contact avec les Yokaï… je n’en vois pas d’autres. Que dire de Totoro et du chat-bus alors ?

    Je n’avais jamais entendu parler de ces films. Je ne me serai jamais douté que Miike en aurait fait un ! La première bande-annonce a réussi à me faire frémir, c’est très angoissant en fait. D’ailleurs, je ne montrerai pas Chihiro à un enfant de moins de 12 ans.

    L’anime que tu chroniques a l’air super !

    J’espère pouvoir me souvenir des termes et des noms mais cela va être compliqué…

    La BO : pas accroché même si le thème me fait vachement penser à celui de Furyo…

    • Matt  

      « Que dire de Totoro et du chat-bus alors ? »

      Complètement des Yokai ouais.
      D’ailleurs dans le film de Miike il y a un bus vivant aussi^^

      « La première bande-annonce a réussi à me faire frémir, c’est très angoissant en fait.  »

      He ! He ! Y’a un peu de ça dans le premier film. Une ambiance horrifique de conte. J’aime le décalage entre l’aspect parfois grotesque et comique des Yokai et le fait qu’ils puissent parfois être dangereux.
      ça rejoint un peu le grotesque de Junji Ito. Des trucs parfois à la limite du ridicule mais qui mettent mal à l’aise parce que c’est très bizarre.
      Dans Chihiro par exemple en effet on peut être impressionné par Yubaba (littéralement « la vieille des bains » puisque baba veut dire grand mère.) Il y a un bon petit film qui s’appelle Onibaba (grand mère démon^^) mais ça ne parle pas de Yokai, c’est plus de l’horreur psychologique.

  • Jyrille  

    Ah et tu me rappelles que je dois toujours voir Pompoko.

  • Jyrille  

    En cherchant cette bd, je me suis rendu compte qu’il a plusieurs séries nommés Yokaï, y compris un manga très populaire pour enfants (un shonen sans doute) nommé YO-KAÏ WATCH. Tu connais tout ça ?

    • Matt  

      Bruce m’avait montré la BD dont tu parles.
      Et Yokai watch oui je vois ce que c’est, mais en effet ça fait « pour enfants » et on dirait des trucs genre Pokemon alors je sais pas…pas mon truc^^

  • Bruce lit  

    Tout ça pour une carpe ?
    Je viens de voir LA MALÉDICTION DES YOKAI , et si je n’ai pas eu le coup de foudre pour les Meiko KAJI (ma femme a fait hier un nettoyage de disque dur et effacé SNOWBLOOD- ce film est maudit….), j’ai trouvé ça assez sympa.
    Je trouve qu’il y a des problèmes de rythme, il faut attendre 25 minutes avant qu’il ne se passe quelque chose et sur un film d’à peine une heure, c’est long. Mon souci a été que tous les personnages ayant tous la même coupe et les mêmes vêtements, il m’a été difficile de les individualiser.
    Ceci dit il y a des passages assez marquants : le rokurokubi ou la terreur dans une cuisine, le Yokai parapluie et sa chorégraphie, le défilé final des Yokais tout droits sortis d’un disque d’Alice Cooper.
    Les Yokais sont ici un outil de justice sociale pour un message assez sombre : la mort et ses laquais sont le seul facteur d’égalité entre les opprimés et des élites corrompues.
    L’ambiance m’a souvent fait pensé à la série de jeux vidéos TENCHU.
    Merci en tout cas pour cette découverte.

    • Matt  

      Euh oui j’suis là. Patience hein !^^
      Bon ben c’est déjà cool que tu aies apprécié sachant que tu n’es pas trop, je crois, un amateur de vieux films un peu kitsch.
      Oui le rokurokubi dans la cuisine est un moment marquant. Le défilé et aussi les sans visages à la fin font leur petit effet. Pour le rythme…c’était aussi une époque ou on savait prendre son temps dans les films^^ Et les films japonais en général n’étaient pas avares en lenteurs. Tu t’endormirais peut être devant du Kurosawa toi^^
      Je pensais bien qu’au moins la lutte des classes te parlerait^^
      Bon le 2eme film c’est une sorte de conte pour enfants un brin horrifique donc c’est clairement plus kitsh et rigolo.

      Et le 3eme…bah je l’ai dit, trop proche du premier, mais en moins bien.

      Je n’ai jamais joué à un Tenchu donc je peux pas réagir à ça…

      « Mon souci a été que tous les personnages ayant tous la même coupe et les mêmes vêtements, il m’a été difficile de les individualiser. »

      Bah vas-y dis le que les jaunes se ressemblent tous ! Raciste !^^
      Je déconne, je déconne. Mais mine de rien…c’est pas complètement faux que ça vient d’un manque d’habitude de notre part. Bon évidemment la coupe samouraï et la tenue correspondante ça n’individualise pas…mais ça n’a jamais été le but des uniformes d’individualiser^^ Après faut se fier aux visages, et là c’est une question d’habitude je pense.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *