OVER D’OZZ (OZZY OSBOURNE)

Encyclopegeek : Ozzy Osbourne

Par the Fuckin contributor EDDY VANLEFFE

Illustrations par EDWIGE DUPONT

©Edwige Dupont

©Edwige Dupont

«Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!» Matthieu 5.3
Voilà une citation qui tendrait à prouver que par le témoignage de Matthieu, Jésus s’il n’était pas forcément le prophète qu’on a décrit, avait au moins le don de voyance, car avec presque deux-mille ans de décalages, il venait de décrire Ozzy Osbourne.
Qui peut bien être cet énergumène et comment diable a-t-il fait pour accéder à la notoriété avant l’avènement de la Télé-réalité (dans laquelle il se vautra plus tard d’ailleurs)?
Un grand talent de chanteur?
Pas vraiment . Disons que pour un frère à Donald Duck, il chante correctement.
Un génie de l’écriture?
Il n’est pas vraiment réputé pour ça. Tony Iommi et Geezer Butler se chargeaient d’à peu près la totalité de l’écriture au sein de BLACK SABBATH, et nombreux sont les mercenaires grassement payés pour écrire les albums de sa carrière solo et la fermer sous peine de procès comme s’en souvient encore Phil Soussan (bassiste sur plusieurs albums).
C’est une bête de scène au charisme enivrant?
Que nenni, le voir arpenter sur scène gauchement en applaudissant à contretemps avec son air benêt, lui donne des allures de consanguin fini à la pisse, surtout quand il harangue la foule avec ses «God fuckin bless you all, you mother-fuckin-fuckers, I still can fuck you!». Soit il a lu trop de Garth Ennis, soit il croit que «fuck» est une ponctuation.

Alors d’où peut bien provenir cette fascination?
Qu’on puisse la partager ou pas, elle existe. Tentons un peu de trouver une explication tout en survolant la carrière de cet étrange hobbit échoué sur Terre.

L’idée de départ: de la musique pour faire peur… ©1970-Vertigo Source: https://live.staticflickr.com/24/55104376_d21219e53c_b.jpg

L’idée de départ: de la musique pour faire peur…
©1970-Vertigo

John Michael Osbourne est né à Birmingham en 1948. Au dire d’à peu près tous les témoins, cette ville vivait au rythme des usines en pleine période de reconstruction. Une aura de morosité planait alors sur la cité laissant aux gamins pauvres que peu d’espoir d’avenir. Le jeune homme s’échappa dès qu’il put. De l’école d’abord, il pratiqua tout un tas de métiers propices à l’évasion comme Plombier, ou dans une morgue ou encore un abattoir. Chourant à droite à gauche, il fit même un peu de taule histoire de ne pas dormir dehors.

A l’instar d’autres spectres comme lui, il se dit que la musique serait sans doute sa seule échappatoire. Il rejoint deux ou trois groupes avant de revoir un ancien pote d’école qui l’invita à rejoindre EARTH, un groupe de blues hippie particulier dont le guitariste Tony Iommi n’avait plus tous ses doigts. Qu’à cela ne tienne Ozzy n’a plus toute sa tête. De cette rencontre, Ozzy retiendra «On aurait cru voir quatre clodos analphabètes mais une fois sur scène, nous étions les rois». Les choses prirent une tournure inattendue lorsqu’au cours d’une discussion, ces fans de films d‘horreur de la Hammer se dirent:
«Il existe des films pour faire peur,et les gens paient pour les voir. Et si on faisait de la musique pour faire peur?»

Des gueules à faire peur… et ça sans maquillage pas comme ces fillettes de Kiss… Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sabs.jpg

Des gueules à faire peur… et ça sans maquillage pas comme ces fillettes de Kiss…
Source: Wikipedia 

Banco. Ils devinrent BLACK SABBATH du nom d’un film de Mario Bava et la chanson éponyme est déjà tout un programme. Là il se passe quelque chose. Tony Iommi désaccorde sa guitare d’un demi ton et trouve ce son ondoyant, lugubre et malsain. Les potards de la basse sont mis au max et la voix étrange d’Ozzy, incantatoire s’en retrouve presque irréelle. Le frontman gémit, pleure, ricane, supplie, bref: il ne chante pas il vit ses chansons. C’est peut-être ce qui fera la différence avec d’autres. La recette fonctionne car personne n’avait fait ça avant eux. Dans leurs concerts tout devenait possible car une sorte de porte s’ouvrait sur une autre dimension. Une dimension qu’Ozzy incarnait. Déjà bien entamé au niveau du ciboulot, l’abus de substances n’arrange rien et le chanteur peut partir en quetsches à tout moment. L’imagerie sulfureuse du satanisme suit de près un groupe qui incarne en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, l’esprit rebelle de son temps, explosant les tabous culturels de la religion…en apparence seulement puisque les textes sont le plus souvent des extrapolations des Écritures et donc totalement chrétiens.

Il n’empêche que le succès est fulgurant car le groupe aligne les classiques et tels de sombres BEATLES, ils resteront quatre au cœur du maelstrom de 1969 à 1978. Des années de défonce où quatre prolos du nord de l’Angleterre deviendront riches et se paieront la vie de château, pliant des bagnoles, sniffant du champagne, buvant de la schnouff dans un tourbillon infinie de beuveries et de tournées mondiales.

BLACK SABBATH, PARANOID, WAR PIGS, NIB, CHILRDEN OF THE GRAVE, SNOWBLIND, CHANGES, SABBATH BLOODY SABBATH créent à chaque fois la sensation. Le groupe semble marcher sur l’eau et oublie toute notion de réalité. Ozzy s’abîme de plus en plus et devient totalement ingérable alors qu’il prend quotidiennement du LSD. Submergés, les musiciens sont incapables de s’aider les uns les autres. Tony a un sursaut et tente de prendre les décisions pour que son groupe survive. Lassé de voir Ozzy faire des allers retours clinique-studio, il finit en accord avec les autres par virer le maboul.


Black Sabbath à l’Olympia en 1970…incroyable mais vrai!

Ozzy est au fond du trou, il songe même à en finir, abandonné par ceux en qui il avait confiance, il ne doit son salut qu’à sa rencontre avec Sharon Aden. Sœur Sharon des cœurs perdus, va le remettre sur pied comme on retape un vieux meuble, le convainc d’auditionner des musiciens qui seront chargés d’écrire son prochain album et le motive à remonter la pente. La belle va engager Don Airey (BLACK SABBATH-RAINBOW) aux claviers, Lee Kerslake (URIAH HEEP) à la batterie et Bob Daisley (RAINBOW) à la basse.

Pour la guitare il débauche un gamin hors norme, il a à peine 21 ans, il s’agit de Randy Rhoads, sans doute l’un des tout meilleurs guitaristes de hard rock de l’Histoire. Il officie à l’époque dans le groupe QUIET RIOT qui perçoit très rapidement que le jeune prodige est appelé à de grandes choses. Et en effet, dès qu’il pose ses riffs et ses solos sur BLIZZARD OF OZZ, l’Histoire se met en marche et l’équipe désormais au complet réalise confusément qu’elle a franchi l’étape suivante du heavy Metal, celle des grands stades américains des années 80.

Le disque contient pas moins de cinq classiques instantanés du «madman»: I DON’T KNOW, MR CROWLEY, GOODBYE TO ROMANCE, SUICIDE SOLUTION et CRAZY TRAIN. La galette pour qui apprécie le hard rock devient donc incontournable. Ozzy ressuscite en un instant et se permet presque de faire oublier BLACK SABBATH, ce qui a de quoi le faire jubiler.

©Edwige Dupont

«Seigneur, protégez-moi de la tentation et éloignez moi de la boisson et des petites pilules…»  ©Edwige Dupont

De plus, bien qu’il ne calcule pas vraiment ses actes, sa folie chargée ou à jeun l’amène à défrayer les chroniques de l’époque en décapitant une colombe:il devait les faire s’envoler en signe de paix et …croc! Il a pété un câble et ne sait toujours pas aujourd’hui pourquoi il fait ça… Il recommence avec une chauve-souris qu’un fan farceur balança sur scène, persuadé qu’il s’agit d’un jouet, il mime la décapitation et se retrouve avec la tête du chiroptère dans la gueule. Il doit après ça, se faire vacciner contre la rage, heureusement il n’a pas peur des aiguilles. Puis en visite touristique, il pisse sur les restes de Fort Alamo attirant la haine de l’association des anciens combattants. Enfin bref, Ozzy fait son Ozzy quoi. Il peut pourtant compter sur deux piliers qui le maintiennent à peu près dans la normalité, sa future épouse/dresseuse de fauve et ce jeune guitariste, très sain et très heureux dans la vie pour qui il a une réelle affection. il se met en tête de le protéger comme le ferait un grand frère et l’amitié entre les deux hommes donnent à ce cirque Barnum des allures de famille. Un truc qu’Ozzy recherche sans doute, toujours en quête d’une stabilité à détruire.

Rapidement un deuxième disque est enregistré, et si DIARY OF A MADMAN n’est pas aussi marquant que son prédécesseur, il reste de bonne facture avec de bonnes chansons comme BELIEVER. Trop occupé à se repoudrer le nez, Ozzy laisse les clés du pouvoir à Sharon qui vire et remplace les musiciens quand l’envie lui en prend. Ainsi la section rythmique se fait remplacer par Tommy Aldridge à la batterie et Rudy Sarzo à la basse, si ça se trouve le chanteur ne remarque même pas le changement.
Mais c’est là que le destin va faire un sale coup au groupe. Le 19 mars 1982 Pendant la tournée, alors que les musiciens pioncent dans le tour-bus sur un parking, le chauffeur du car remarque un avion dans un hangar, il montre sa licence de pilote (périmée) et convainc le propriétaire de faire voler l’engin. Après un petit vol réussi. Il récidive avec Randy Rhoads et Rachel Youngblood la coiffeuse de tournée, à bord. L’avion ne parvient pas vraiment à décoller, vole trop près du sol et percute le tour bus au sol avant de s’écraser sur un arbre. Personne ne s’en sort. Une fois Ozzy réveillé, il est dévasté, lui qui n’a jamais su affronté la mort , songe qu’il doit annoncer le désastre à la mère de Randy et c’en est trop pour lui. Le chanteur disparaît une dizaine de jours avant de refaire surface le crâne rasé.


Une vidéo studio plaquée sur des images live, mais c’est pas évident de retrouver des images de Randy.

Même s’il se marie l’été 1982 avec Sharon qui pilote à distance le prochain album en engageant Bob Daisley pour l’écrire, il a besoin de temps. Sa maison de disque le tanne pour sortir un live comme promis sur contrat mais le père Ozzy n’a pas envie d’utiliser les bandes avec Randy de peur qu’on pense qu’il veuille exploiter la mort de son ami. Il siffle en l’air et invoque de nouveaux mercenaires et part en mini tournée. Il ne joue que des morceaux de BLACK SABBATH et donne le matériel à CBS et laisse tomber le reste n’en n’ayant rien à foutre. Le bonus c’est que ça peut faire chier ses anciens compères qui préparent aussi un live, de quoi faire ricaner le vocaliste.

Sharon engage pour remplacer Randy, Jake E Lee et sort enfin BARK AT THE MOON. Un très bon album orienté clairement pour les radios et la recette paie. On pourrait penser que le pire est derrière mais des années d’abus de substance en tout genre le précipitent de nouveau à la clinique Betty Ford où il peut croiser le gotha d’Hollywood et de Broadway. Les mecs de MOTLEY CRUE racontent totalement subjugués et morts de rire que la baudruche sniffait des fourmis et buvait sa propre pisse. C’est un miracle qu’il puisse enregistrer des albums décents. Il retrouve les membres du BLACK SABBATH à l’occasion du LIVE AID en 1985, mais il est manifeste que plus rien ne fonctionne entre eux. Le batteur est à la ramasse et Ozzy évite de croiser le regard des autres. La page est tournée. THE ULTIMATE SIN en 1986 bénéficie d’un succès confortable même s’il représente la caricature du hard rock/hair metal américain de son époque. Tout se passe dans une sorte de brouillard où le guitariste Lee se fait débarquer sans ménagement par le management.

Avec une brioche pareil, il va pouvoir se recycler et ouvrir une boulangerie. Source: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/Ozzy_Osbourne_Cardiff_1980.jpg

Avec une brioche pareil, il va pouvoir se recycler et ouvrir une boulangerie.
Source: Wikipedia 

En 1987 cela fait cinq ans que Randy est mort et Ozzy décide qu’il est temps de laisser partir les bandes sur les tables de mixage. Il veut que l’album porte les deux noms à égalité et le baptise TRIBUTE qui devient un live énorme, témoignage du génie de son jeune ami décidément parti trop tôt. Incapable d’assurer la promotion de ce projet, Ozzy disparaît à nouveau. On le retrouve une dizaine de jours plus tard au Tibet, la boule de nouveau à zéro. Il confie avoir voulu se ressourcer. Un peu plus tard il doit faire face à des procès en pagaille, notamment celui d’un gamin qui s’est suicidé et dont on a retrouvé un de ses disques dans sa chambre. Ce disque comporte une chanson qui deviendra une pièce à conviction: SUICIDE SOLUTION. Le chanteur se défend, dit que c’est une chanson qui parle de sa dépendance et de son long suicide (Wine is fine, but whiskey’s quicker/Suicide is slow with liquor), mais la procédure dure pendant des années.

Un soir, la police appelle Sharon, des coups de feu retentissent chez elle. En catastrophe elle repart pour le domicile familial et retrouve son mari en pleine hallucination paranoïaque en train de tirer sur leurs chats au shotgun. Ozzy repart en maison de repos. Pourtant le bonhomme se fait vieux et commence faire un bilan, il fatigue et comme il le confie à propos de son prochain album «Il avance doucement, mais pour le titre je cherche encore, à chaque fois que je m’y mets, je trouve «death-truc» ou Evil-machin» pourtant il va pouvoir retrouver le tonus. Zakk Wylde vient d’intégrer le groupe et il a beaucoup de Randy en lui, il est jeune, très stable et bosseur.

De nouveau, Ozzy va s’appuyer sur son guitariste pour se relever et si NO REST FOR THE WICKED ne fait pas grand bruit, Ozzy prépare la suite sous la forme d’un testament. Bientôt il avoue avoir fait la paix avec son passé et vouloir terminer en beauté. Finies les conneries! Avec Zakk Wylde et un groupe qui a tenu plus de six mois sans changer de membres (Mike Inez et Randy Castillo), il enregistre NO MORE TEARS un album mature, sombre et très élaboré. Zakk Wylde compose les musiques et Lemmy Killmister (MOTÖRHEAD) aide Ozzy pour les paroles notamment sur I DON’T WANNA CHANGE THE WORLD. Souvent dans ce disque le chanteur parle à la première personne et s’adresse à un public invisible. Il se confie, donne tout en cadeau de ce qu’il imagine être son chant du cygne. Encore aujourd’hui il semble être considéré comme le meilleur depuis BLIZZARD OF OZZ. Ça y est le vétéran semble se faire oublier de ses vieux démons. Bien sûr l’alcool coule à flot mais Ozzy reste raisonnable, se donne même des airs de grand sage, en se cachant désormais derrière de petites lunettes rondes teintées. Il parle de tolérance musicale en avouant son amour pour Peter Gabriel et se montre assez écœuré de tout le battage voyeurisme qu’a pu exercer le sida de Freddy Mercury dans la presse anglaise. Après une colossale tournée mondiale, il désire tirer sa révérence avec un dernier cadeau aux fans. Il invite les membres originels de BLACK SABBATH à monter sur scène avec lui. Dernier coup médiatique?ou le besoin de boucler la boucle sur une notion de paix retrouvée? L’accueil est historique, de quoi donner des idées…

Ozzy insiste pour mettre son guitariste à l’honneur sur un disque testament . ©1987-CBS Source: http://img21.shop-pro.jp/PA01354/443/product/144978827.jpg?cmsp_timestamp=20190818030950

Ozzy insiste pour mettre son guitariste à l’honneur sur un disque testament .
©1987-CBS

Ozzy part donc en retraite, ouvre un bar (mauvaise idée) et tient…deux ans. En 1995 il décide de remonter sur scène et prépare un nouvel album appelé OZZMOZIS. Imperméable aux effets de modes, Osbourne est l’un des premiers hard rockeurs à devenir intouchable. Le public a appris à s’amuser de ses frasques et ne l’a jamais curieusement considéré comme «has-been». On lui pardonne tout, même une télé -réalité bassement mercantile et indécente: THE OSBOURNES. N’a-t-il pas déjà fait pire finalement? Dans la seconde partie des années 90, le vent tourne favorablement aux dinosaures du monde du rock. C’est le moment des ANTHOLOGY des BEATLES et de manière générale, la nostalgie commence à construire son nid dans la pop-culture. Précurseurs dans le domaine, Ozzy et Sharon ont l’idée de revenir là où tout a commencé, à Birmingham avec ceux avec qui l’aventure a débuté: Bill Ward, Geezer Butler et Tony Iommi, le groupe des origines. Bien sûr, il y eut des tractations et des contrats mais ce qui paraissait impossible dix ans auparavant se concrétisa bel et bien pour deux concerts événements. Les 4 et 5 décembre 1997. Durant ces nuits, le Heavy Metal naquit une seconde fois des mains mêmes qui lui avaient donné la vie la première fois. Fini la ringardise, c’est devenu patrimonial, culturel et surtout culte. Un grammy award récompensa la performance. Dès lors tout est permis à Ozzy qui conçoit avec son épouse une sorte de festival itinérant qu’il nommera la «OZZFEST» comme de juste.

Cette entreprise tentaculaire sera plébiscité au point de devenir une sorte de rendez-vous annuel où les têtes d’affiches forment une sorte de rotative entre Ozzy Osbourne seul et avec BLACK SABBATH mais aussi MOTÖRHEAD, PANTERA, SLAYER, MEGADETH, LIFE OG AGONY, DEFTONES, THERAPY?, SOULFLY ou encore SLIPKNOT ou IRON MAIDEN. Le bon côté c’est de mélanger plusieurs sensibilité de rock bruitiste afin d’en faire un phénomène incontournable du «Hard». Tout fonctionne presque sans fausse note. Il n’y a que Bruce Dickinson, le vocaliste de MAIDEN qui se révélera goguenard sur le fait qu’Ozzy ait besoin d’un prompteur pour se souvenir de ses paroles, un peu énervé en constatant que leurs «place VIP» soient relégués derrières celles  du maître de cérémonie pendant leur concert. Quand le tout tourne au vinaigre. En effet Sharon débranche carrément le courant pendant le set d’IRON MAIDEN. Pendant ce temps-là les fans VIP lobotomisés du «madman» balancent des œufs sur le chanteur. Celui-ci ne se démonte pas part chercher un «Union Jack» sans les coulisses et déclame de sa voix de stentor «Ceux qui portent ces couleurs ne fuient pas!» plus bad-ass tu meurs! Le leader de la «vierge de fer» Steve Harris qui est bon comme du pain de mie, tient à arrondir les angles et s’excuse auprès d’Ozzy au nom de son chanteur. Le vieux fou lui demande alors: «Mais de quoi tu parles?»

Cet incident est d’une tristesse assez confondante, mais il met également en lumière un vrai changement pour notre pauvre Ozzy. Il vieillit et ses excès le rattrapent bel et bien. Son audition a subie de graves lésions et on lui diagnostique une forme non-génétique de la Maladie de Parkinson, qui le fait trembler et perdre un peu la tête. L’homme se fait plus en plus confus et accuse donc des pertes de mémoire rendant indispensable les antisèches que sont les prompteurs. Diminué cet éternel enfant de quatorze ans laisse les clés du pouvoir à son épouse aussi vindicative que pragmatique. Il a envie de faire un festival? C’est maman Louve qui va s’occuper de tout.

Néanmoins le «madman» sait désormais qu’il a un compte à rebours au-dessus de la tête et il désire ranger proprement ses jouets. Il tient à redorer le nom de son premier groupe et au bout de quelques années d’ajustements de contrats, le monstre BLACK SABBATH se remet sur la route avec un nouvel album dans leur besace par-dessus le marché. Tout se passe très bien. Décorations, récompenses et postérité rétablie, les trois survivants Ozzy, Geezer et Tony (Bill Ward ne parviendra pas à se mettre d’accord avec les autres), savourent enfin, en alignant les concerts partout sur la planète. Ils jouent même au jubilé de la reine d’Angleterre. On donne des médailles à ceux qui faisaient scandale partout. Récupérés par le système ou ont-ils absorbés un système, lui aussi décadent?

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Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et le groupe remet le couvert pour un dernier baroud d’honneur sur une tournée intitulée: The End. Loin de toute dispute, polémique et finalement de pression. Ce sont des pharaons vivants qui montent sur scène. Les images d’ailleurs parlent pour elles-mêmes. ON peut y voir Ozzy accomplir des tests d’efforts, boire de l’eau et se mettre débout. Il est émouvant par la suite de l’observer gravir les marches comme si la pesanteur du globe se concentrait sur ses seules épaules, agripper son micro qui va devenir son principal soutien par la suite. Et pourtant il regarde le public, lui sourit et continue d’applaudir n’importe comment en scandant ses «Louder!» Et ses «God Bless you!». Il va même jusqu’à souscrire au folklore et se balancer un grand seau d’eau froide dans la gueule, grelottant sous le regard admiratifs des fans au bord de la maltraitance. Derrière lui imperturbables Geezer Bûcheronne et Tommy joue avec feeling, Ozzy est finalement seul face à un destin cruel, celui de l’image vivante de la gloire passée. Et pourtant il devient digne dans sa détresse, charmant dans cette volonté de ne pas s’écrouler. BLACK SABBATH saura soigner son départ avec honneur.

Avant de raccrocher définitivement les gants, Ozzy doit pourtant surmonter un dernier obstacle. Celui de savoir dire au revoir sous son propre nom. Il rappelle son garde du corps Zakk Wylde qui accourt aussitôt et lance une ultime tournée, histoire de fredonner une dernière fois BARK AT THE MOON et MR CROWLEY…
Cette année, une pneumonie a osé interrompre la fête et nous savons qu’un jour la nouvelle tombera sur nos pages Facebook. La nouvelle que prince des ténèbres est finalement tombé au combat imaginaire du rock. En attendant, il va sûrement, tel Sisyphe reprendre un micro et bénir la foule quelques fois encore…
NEVER SAY DIE.


La chanson du retour en grâce

19 comments

  • Présence  

    C’est avec grand plaisir que j’ai lu cette copieuse rétrospective. J’ai découvert Ozzy Osbourne avec Diary of a Madman (que je préfère à Blizzard of Ozz) pendant que j’écoutais en alternance Heaven & Hell, de Black Sabbath (mais avec Dio). Diary of a Madman était le fond sonore pour ma lecture des livres de HP Lovecraft, et ça se mariait très bien.

    Il m’a fallu un peu de temps pour me plonger dans les 6 premiers albums de Black Sabbath (mon préféré : Sabbath bloody Sabbath), alors que j’ai suivi la carrière d’Ozzy Osbourne album par album. Mes préférés sans ordre : Diary of a Madman, Bark at the moon, No more Tears, la moitié des chansons d’Ozzmosis (Perry Mason, I just want you, Thunder underground, See you on the other side, My little man) et au moins la moitié sur chaque album… et je vais me réécouter de ce pas Ordinary Man. Je rajoute bien sûr un paquet de lives : Speak of the Devil, Tribute, Live & Loud, Reunion.

    Je sais ce que je vais écouter aujourd’hui, merci.

  • Steve  

    Et bien Eddy, voilà un personnage qui ne m intéressait pas jusqu’à ton article passionnant, merci! Je vais me plonger dans sa discographie dès aujourd’hui !
    La chanson avec son guitariste décédé est vraiment bien, très mélodique ; l Intro très proche du classique…
    j écoute les grands classiques de Black Sabbath mais n ai jamais été un grand fan non plus ; j ai donc appris pas mal de trucs…
    Rien à voir,
    Une petite pensée pour Christophe ; bienvenue dans la Légende.
    Et bien sûr pour toi Bruce.

  • Surfer  

    Les Hardos (Ce n’est pas péjoratif 😉 ) ont toujours été mes meilleurs potes au lycée.

    Cela dit, je n’aimais pas leur musique. Je prends plus mon pied avec le Rhythm & Blues la Soûl, le Funk, le Jazz-Rock…
    Lorsqu’ils me faisaient écouter du AC:/DC, j’allais ensuite direct me rincer les oreilles avec du Sly and The Family Stone.
    Tu vois le truc….
    A l’époque, comme dans les westerns de Leone, le lycée se divisait en 2 catégories. Le problème c’est que je n’arrivais pas à trouver le miens:
    les Hardos ne m’acceptaient pas toujours car je n’écoutais pas leur musique et les Blacks pas toujours non plus parce que j’étais blanc.
    Il m’a fallu être un peu plus dégourdi et, entre autre, j’utilisais mon petit talent de dessinateur pour être respecté et rassembler tout le monde.

    Tout ça pour dire qu’il ne faut pas prendre mal les lignes qui suivent.., J’aime bien les Hardos

    Ton article m’a fait passer par toutes les émotions.
    Merci encore.

    J’ai bien rigolé avec l’histoire de la chauve-souris, le sniff de fourmis, le tir sur les chats…
    (Désolé, mais mon empathie animalière m’oblige , malgré tout, a aller me plaindre auprès de la société protectrice des animaux.)
    Plus sérieusement, j’ai été ému avec l’accident d’avion et le suicide du gamin un disque dans sa chambre…

    Je ne comprendrai jamais comment on peut être autant fasciné par ce type de musique et de personnages !

    J’ai bien aimé tes questions / réponses du début. Du coup je n’ai pas besoin d’argumenter

    Un grand talent de chanteur?
    Pas vraiment
    Un génie de l’écriture?
    Il n’est pas réputé pour ça
    C’est une bête de scène au charisme enivrant?
    Que nenni…

    Si j’ai bien compris le mec a voulu s’imposer en essayant de nous faire peur !

    Bouhhhh!!! Même pas peur…

    Sans rancune j’espère ?

  • Tornado  

    Super article, je me suis régalé du début à la fin (ni trop long ni trop court) !

    Tu as été sacrément inspiré et l’équilibre entre les passages obligés et les touches d’humour accouche de tournures géniales :
    – « Tony Iommi n’avait plus tous ses doigts. Qu’à cela ne tienne Ozzy n’a plus toute sa tête »
    – « Il doit après ça, se faire vacciner contre la rage, heureusement il n’a pas peur des aiguilles »
    – « Un truc qu’Ozzy recherche sans doute, toujours en quête d’une stabilité à détruire. »
    Bravo ! 🙂

    Je connais par coeur le concert de l’Olympia (en 1970). Dans les 90’s, Manoeuvre l’avait passé dans son émission Top Bab sur Canal Jimmy (dont je ne ratais aucun numéro). Je l’avais enregistré sur VHS et je le matais en boucle. En revoyant les images de ce concert que je n’ai pas revu depuis longtemps (dans mon souvenir il n’y avait que quatre titres, issus des deux premiers albums je crois), je suis toujours aussi impressionné ! Impossible de comprendre ce qu’arrivent à faire le bassiste et le guitariste sur ce genre de morceau !

    Je ne connaissais par contre pas du tout la carrière solo d’Ozzy. Je me suis toujours demandé si ça pouvait valoir le coup (pour moi je veux dire). Je ne connaissais pas non plus Randy Rhoads et cette histoire est d’une tristesse abyssale. Quel con ce chauffeur de car !
    Tu as été plutôt radin en extraits, même s’ils sont parfaitement choisis puisqu’en trois titres tu résumes très bien toute la carrière du bonhomme. En tout cas, je suis agréablement surpris par NO MORE TEARS que je trouve géniale !
    Quels autres titres conseillerais-tu pour commencer tout doucement à découvrir sa carrière solo ?

    N’empêche, avec Alice Cooper hier, on a coup sur coup deux exemples de brillantes carrières impossibles à envisager aujourd’hui : Des types aussi moches et furieux, dotés d’une voix aussi peu séduisante qui font un tel parcours de légende, ça ça n’existe plus de nos jours. Et c’est bien triste. 🙁

    Ah, et comme d’hab, magnifique illustration d’Edwige. 😉

  • Jyrille  

    « Soit il a lu trop de Garth Ennis, soit il croit que «fuck» est une ponctuation. » aahahah excellente saillie, hyper bien placée.

    Comme je l’ai déjà dit, j’ai découvert Black Sabbath assez tard, même récemment (dix ans ?) et cette première pochette est vraiment étrange, décalée. Elle ne fait pas du tout peur, elle me ferait penser à un épisode d’une série télé cheap, ou me rappelle plutôt les décors de la seconde guerre mondiale : la campagne profonde…

    Sinon, très bon titre d’article. Les dessins d’Edwige sont au poil mais il est vrai que sur le premier, il a des airs de John Lennon avec ses lunettes rondes.

    « quetsches » Ah ah ! Mais oui.

    J’aime beaucoup tous les premiers Sabbath, j’ai tout écouté jusqu’à Technical Ecstasy (pas bon du tout), et puis j’ai tenté Dehumanizer : horrible. Mon préféré à ce jour est toujours Paranoid. C’est le vrai début du hard rock, à égalité avec Led Zep : ils ont ajouté la notion de noirceur et de série B, de decorum. Mais je n’en connais pas plus et n’ai jamais tenté Ozbourne en solo. J’ai vu pas mal d’épisodes de sa télé réalité, quand j’avais MTV, c’était splendide de drôlerie, de décalage, une vraie famille Adams déglinguée. Ozzy est toujours ridicule et à l’ouest. Un des passages m’avait fait mourir : on lui présente la scène sur laquelle il va jouer le soir, avec des effets pyrotechniques. Un des effets envoie des bulles de savon. Ozzy de répondre : « I’m supposed to be the fucking prince of darkness and you put bubbles on stage ?! »

    Autant dire que tu m’apprends une tonne de trucs. L’histoire avec l’avion est terrible. C’est incroyable ce genre d’accident. Ca doit bouleverser toute sa personnalité.

    Mr Crowley : sympa, mais pas aussi puissant que du Sabbath.

    No More Tears : je n’aime pas la prod mais la chanson est bonne.

    Eternel enfant de 14 ans : c’est le même sentiment que j’ai de Ozzy. Un gars toujours perdu et naïf, mais qui essaie de suivre, survivre, d’avancer, et ce que tu relates de ses derniers concerts est très émouvant. Merci pour ce bel article Eddy !

    • Tornado  

      @Cyrille : Ah ben tiens, une fois n’est pas coutume on a un album préféré en commun ! 🙂
      PARANOID, c’est presque un album-tube à lui tout seul pour du Black Sabbath !

      La pochette du premier BS évoque une scène du film LES INNOCENTS de Jack Clayton. Très flippante. J’en parle dans l’article sur le Horla et le cinéma. Il y a une grosse charge de références à la littérature et au cinéma horrifique chez BS.
      Tiens toi qui es bassiste, tu as vu ce que fait Terry Butler à la basse sur l’extrait du concert à l’Olympia ? C’est magique, non ? Entant que batteur j’ai toujours été fasciné par les bassistes. Mais uniquement lorsque ça groove ! 🙂
      Blague à part je trouve les musiciens de ce groupe vraiment uniques. Des ovnis total. Très impressionnants.

      • Jyrille  

        Je suis plus impressionné par le jeu de Toni Iommi mais tu as raison, ils expérimentent. Il y avait presque tout à faire à cette époque, même si avant on a eu les Kinks, Jimi, The Who, Led Zep et les Stones et Cream. Donc oui ça groove, c’est ça qui est bon. C’est pour ça que j’aime Black Sabbath. Mais comme je connais beaucoup mieux la version de Faith No More, je trouve que la version originale de War Pigs est moins bonne, moins habitée.

        Merci pour la référence cinématographique, je n’aurai pas compris sans toi ou un tour sur wikipedia !

        • Tornado  

          Et les Shadows !

  • Kaori  

    Voilà un artiste dont je connais le nom depuis des années (je me souviens du show de télé réalité, mais au final plus de sa fille que de lui) mais jamais avoir retenu ni son visage, ni le groupe pour lequel il chantait !!
    Pour tout dire, je connaissais le nom de Black Sabbath, mais je ne savais pas que c’était le groupe de Ozzy Osbourne !

    Quelle triste histoire que cette vie-là, encore plus celle de la mort de son guitariste…
    Je suis allée faire un tour sur wikipédia, ils disent que le chauffeur de car volait tout près du car exprès pour réveiller le batteur… J’ai aussi (ré)appris cette histoire de messages subliminaux, je me rappelle de cette polémique par rapport au groupe…

    Bon, pour revenir à ce bon vieux Ozzy, j’ai encore du mal à comprendre comment il peut être surnommé le Prince des Ténèbres…. Il ressemble juste à un bonhomme un peu lourdingue, pas très futfut, mal à l’aise dans son corps, limite un peu autiste… Rien d’effrayant en effet…

    Merci en tout cas pour cet article drôle, émouvant et très instructif.
    Côté musique, j’aime bien le Mr Crowley… Quel talent ce Randy 🙁 . Sans médiator en plus, j’ai l’impression.

    Une pensée pour Bruce en ce jour bien triste.

  • Thierry  

    Merci pour cet article à la fous drôle et touchant sur ce monstre sacré du Heavy metal.

    J’aime beaucoup les classiques de BLACK SABBATH et certains des gros tubes de Ozzy. J’ai beaucoup appris à la lecture de ta rétrospective de carrière. Ozzy forever! (devil fingers!!)

  • JP Nguyen  

    @Fucking Eddy : Je rejoins les autres sur le fait que tu as fait preuve d’une forme olympique dans ta prose pour cet article ! Que d’humour !
    Hélas, le sujet me désinterresse totalement et j’ai observé une pause à la moitié de l’article…
    Mais je reviendrai faire honneur à ton écriture savoureuse !

    @Edwige : tu arrives à rendre beau les gens moches, ça me donne confiance pour les portraits de nous que tu as prévu de faire !

  • Eddy Vanleffe  

    Merci à tous…
    oui, je n’ai pas épargné ce pauvre Ozzy, mais il est attachant, ce bonhomme
    depuis son Parkinson s’est aggravé et je ne sais pas si on le reverra un jour chanter sur scène néanmoins les extraits de son dernier album sont assez bons….
    Oui Kaori, Randy Rhoads, était réputé pour être un guitariste de plus talentueux…
    l’album Blizzard of Ozz est gorgés de soli magnifiques, mélodiques tout l’album est très réussi (malgré deux titres un peu couillons),
    @présence: j’aime aussi beaucoup l’album Bark at the moon très hard FM. mais réussi. hors la chanson éponyme, le reste a sombré dnas l’oubli.
    @Tornado si je devais citer un ambitieux et qui peux passer dans toutes les oreilles…je dirais No More Tears qui dépasse le cadre du hard rock…
    @Jyrille pour le hard dont les effets de productions datent souvent les albums, on peut préférer les live qui débarrasse souvent les compos de leurs « verni » de prod….
    @Surfer: de la rancune? pourquoi faire? le hard, c’est l’amour^^
    @Steve: merci

  • Manu  

    Je n’avais pas pu commenter avant maintenant, mais il fallait bien que je m’y colle 😀
    Ton article est tout simplement génial, et tes formules font mouche ! J’ai autant ri que je me suis senti attristé en repensant à certains événements cités. Sois fier de toi !

    Pour ceux que cela intéresse :

    Fun fact 1 : le guitariste Steve Vai ( doué d’une ouïe musicale rivalisant à celle d’un elfe sylvestre) à fait remarquer un jour à Ozzy que certains vieux morceaux de Black Sabbath était très mal accordés au niveau des instruments et de la voix. Et Ozzy lui a répondu « Fuck mais tu crois quoi? Si tu veux écouter un fucking morceau de musique parfait, va à un fucking opéra symphonique ! ».

    Fun fact 2 : lorsqu’il devait auditionner Randy Rhoads, Ozzy était complètement torché, et lui a donné le job sans réaliser ce qu’il faisait réellement. Il a failli d’ailleurs tout arrêter au dernier moment avant d’enregistrer son premier album avec lui.

    Fun fact 3 : Ozzy garde chez lui la veste en cuir que Randy portait en concert, et ne peut pas la voir ailleurs que chez lui. Il a néanmoins autorisé Zakk Wylde à l’essayer. Zakk a déclaré « Wow je n’aurais jamais imaginé à quel point Randy était petit! ». Et Ozzy a répliqué « Putain de merde, mais c’est normal! T’as vu aussi comment t’es putain de constitué toi? ».

    Fun fact 4 : au début de Black Sabbath, tout le monde ressemblait à un clodo dans le groupe. Ozzy a déclaré « j’étais le deuxième plus sale du groupe! Notre batteur me battait quand même car il avait 2 valises en voyage : une de linge sale, et la deuxième de linge encore plus sale!!! Mais je le battais côté consommation de drogues. Lui préférait l’alcool ! »

  • Nikolavitch  

    Enfin moi je dis, en ce temps-là, on pouvait manger de la chauve-souris pépouze sans que ce soit tout ce bordel.

    • Jyrille  

      Huhuhu

  • Bruce lit  

    Un peu comme Surfer je n’ai jamais vraiment réussi à prendre au sérieux Ozzy. Je lisais avec amusement ses interviews dans les mags Hard et le trouvais fondamentalement idiot. Il faut dire que les questions de la presse Hard ne volaient pas bien haut et le titillaient en permanence sur « Alors et tu reformes quand le Black Sabbath » ?
    A tel point qu’il m’a fallu des années pour trahir le Sabb’ de Dio que je trouvais génial pour tenter d’écouter l’autre abruti. Contre toute attente, j’ai aimé immédiatement peut-être pour les mauvaises raisons. Ozzy ne m’a jamais fait peur à l’inverse d’un Manson réellement malsain. Mais ce que j’aime dans son chant, c’est le côté « Serviteur du diable » qui ne se pose pas de questions car pas très malin. Le cinéma d’horreur rengorge de ces laquais qui ont leur rôle avant le boss de fin.
    Cependant Ozzy est très capable, notamment sur une ballade comme SOLITUDE sans doute sa meilleure prestation vocale à mes yeux.

    Je ne suis pas d’accord avec JP et Tornado. Ozzy n’a pas un physique ingrat. Sur le premier scan avec le Sabb’, je le trouve joli garçon. Tout comme Alice qui a sa gueule. Il a des traits assez réguliers et féminins. Mieux gérée, sa carrière aurait sans doute été différente. Comme toi, je pense que le vrai rebond dans sa carrière aura été la mise en place du Ozzfest qui marque la résurection du métal sur des scènes grand public du monde entier. Je n’y suis jamais allé, mais le Hellfest en est l’incarnation directe et je n’en ai jamais entendu du mal.

    Très bon article Eddy, vraiment drôle et avec un titre très sympa. Un reproche j’aurais voulu plus de lien Youtube pour écouter d’autres titres. Ceux de l’article sont très bien. Peut-être préciser que le bassiste de NO MORE TEARS n’est quatre que Mike Inez de…ALICE IN CHAINS !
    Et bravo encore à Edwige pour ses illustrations dans deux styles très différents.

  • Nicolas B  

    Ozzy c’est un personnage un autre de ce grand rock’n’roll circus qui n’existe plus de nos jours où tout est aseptisé… ces dérapages toutes ces anecdotes que je lisais dans les fanzines de métal dans mon adolescence c’était un grand esprit de liberté … et moi sa voix même je l’aime bien du début à la fin même sur no more tears avec tous les effets ajoutés !! C’est toujours bon pour nettoyer la cage à miel comme disait tonton Zegut que j’écoutais en cachette sous la couette !!! Merci pour cet article !

  • Eddy Vanleffe  

    Je suis content de voir un commentaire du patron, je m’inquiétais pour sa santé depuis hier…
    Ozzy au sérieux. bien sûr que non, pas au sens premier degré du terme, je pense aussi que c’est l’un des malentendus de cette musique qui n’est pas plus sérieuse, que Vendredi 13 ou Freddy en sommes… c’est de l’horreur pas traumatisante du tout… ça n’empêche pas le reste de fonctionner…^^
    ado, j’étais suel avec mes cassettes et la musique qu’elles projetais. rien d’autre. pas de rumeur. pas de « savoir » sur qui a fait quoi…juste les chansons… et là pour moi, Blizzard of Ozz, ça part dans la stratosphère… le capitaine a beau être un clown, on a le droit à un beau voyage.

    pour répondre un peu à une des tes remarques Bruce, je ne crois pas qu’Ozzy ait un vrai creux dans sa carrière…
    les albums qui sont le moins restés dans les mémoires comme Ulmtimate Sin ont été des cartons de l’époque et par coincidence, il a pris sa retraite en plein gloire après No More Tears en 1992… il a donc esquivé totalement la secousse « grundge 90’s »… il est revenu avec Ozzmosis en 1995 qui est moins réputé il est vrai, mais c’est là qu’il rebondit déjà avec le OZZFEST en prenant clairement la place du patron…1997 c’est la REUNION et là c’est la grand messe…plus d’esprit chagrin qui vient dire gnin gnin gnin…..
    C’est un personnage comme Lemmy chaque gars qui l’ont rencontré n’ont que des bonnes choses à raconter (sauf DIO^^)

    Au passage je voudrais remercier pour cet effort les journalistes de Hard Rock Mag de mon enfance dont la pros m’ont toujours inspiré pour enfin resurgir au détour des pages de Bruce LIt du Vendredi Rock: Phil Pestilence, James Petit, Jean-Pierre sabouret, Georges Amann et Dominique Dujean.

  • Tornado  

    Je ne me faisais personnellement pas de soucis pour notre boss : C’est un roc rock, il se remettra en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je le sais.

    En ce qui concerne Ozzy je vais faire comme Bruce en disant que je ne suis pas d’accord avec la cantonade mais sur un autre point de vue : Je ne vois pas du tout le bonhomme comme un débile. Pour moi c’est un mec candide qui a l’air trop cool. Mais ne nous trompons pas : C’est un boss et un modèle.
    Son attitude par rapport à Randy Rhoads ne m’étonne pas : Fidèle en amitié avant tout.
    J’ai passé ma jeunesse avec ce genre de mecs que tout le monde fuyait : Barjo, destructeur et autodestructeur, destroy du matin au soir. Mais au fond des mecs en or, avec qui je me suis éclaté. Quotidiennement, on me demandait ce que je foutais avec ces gars. C’étaient des gars qui fuyaient la réalité, mais qui s’en inventaient une autre. Bon c’est sûr ils sont morts ou ne sont pas beaux à voir aujourd’hui, mais je ne les trouve pas débiles. Ce sont des guerriers d’un autre temps !
    Et artistiquement Ozzy est unique. Une voix pas terrible techniquement (encore que…) mais que personne d’autre ne possède ! Et que personne d’autre n’arrive à faire sonner comme il le fait !
    Avec le temps, mon appréciation des grands musiciens s’est construit sur ce critère : La technique ? Rien à foutre ! Le son ? Ah ça oui ! Est-ce qu’il a un son bien à lui ? C’est ça qui fait toute la différence !

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