Redémarrage pédagogique

     

Superman, man of steel par John Byrne

Superman, un type bien dans sa peau

Superman, un type bien dans sa peau©DC

Première publication le 18 mai 2014- Mise à jour le 28 août 2015

AUTEUR : PRÉSENCE

VO : DC

VF : Panini

Ce tome comprend les 6 épisodes de la minisérie du même nom parue en 1986.

En 1985, Crisis on infinite earths met fin à 50 ans de continuité de l’univers partagé de DC pour redémarrer des personnages à zéro dont Wonder Woman avec Gods and mortals par George Perez (en anglais), Flash (par Mike Baron et Jackson Guice),… et Superman avec la présente histoire.

La période précédente de Superman a été clôturée par Alan Moore dans Superman-Whatever-Happened-Man-Tomorrow ?

Loin dans une autre galaxie, la planète Krypton est proche de l’explosion. Jor-El avait prévu cette issue depuis quelque temps et il décide d’envoyer son fils sur une autre planète à bord d’un vaisseau spatial. Lara (son épouse) a du mal à y croire, mais elle ne peut que s’y résigner, en sachant que son fils bénéficiera d’une force peut commune sur la planète de destination grâce à l’énergie du soleil autour duquel elle gravite.

Sur terre, ce bébé est recueilli par un couple de fermiers du Kansas, habitant près de Smallville. Ils décident d’adopter l’enfant. Quelques années plus tard, Clark Kent décide de s’installer à Metropolis où il devient journaliste pour le Daily Planet. Petit à petit, il s’installe dans son métier de journaliste, et dans sa fonction de superhéros.

Des images iconiques

Des images iconiques©DC

En 1986, l’histoire de Superman recommence depuis le début, et John Byrne a la responsabilité de repenser le personnage, d’écrire ses nouvelles origines, puis de lancer une nouvelle série continue intitulée « Superman » (épisodes 1 à 22, scénario et dessins) et de continuer « Action comics » (épisodes 584 à 600, scénario et dessins). Cette version des origines de Superman a été celle référence jusqu’en 2003 où Droit du sang de Mark Waid a commencé à changer quelques détails, pour finalement être abandonnée en 2010 et remplacée par Superman Origines secrètes de Geoff Johns, et encore renouvelées dans Action Comics par Grant Morrison en 2011/2012.

Avec cette histoire tout devient une évidence. John Byrne a mitonné un récit qui introduit le personnage, explique ses pouvoirs, établit ses relations avec Jonathan et Martha Kent, Lois Lane, Lana Lang, Batman, Lex Luthor, Bizarro, etc.

Une explication bon enfant du S de Superman

Une explication bon enfant du S de Superman©DC

John Byrne prend le lecteur par la main pour lui faire découvrir Smallville et Metropolis, il montre les premiers contacts de Clark Kent avec les autres, il explique pourquoi et comment il a choisi une identité secrète. Tout coule de source, tout est parfaitement intégré dans un récit qui alterne scènes d’actions avec des discussions savamment mises en scène.

John Byrne réalise également les dessins qui sont encrés par Dick Giordano. Dès les premières pages, le travail préparatoire de Byrne est évident. Derrière chaque image, le lecteur devine que Byrne a passé du temps pour réfléchir à la manière dont il souhaitait représenter les pouvoirs de Superman (les séquences de vol sont magnifiques en particulier, avec le mouvement de cape).

Chaque décor a été pensé pour être unique et particulier, sans être surchargé, qu’il s’agisse de l’aménagement de l’intérieur des Kent, de l’appartement de Clark Kent à Metropolis, du salon de Lex Luthor sur son paquebot de luxe, etc. Et l’encrage simple et précis de Giordano permet aux surfaces d’acquérir une texture qui fait souvent défaut dans les dessins de Byrne. En particulier, les visages n’ont pas cet aspect trop lisse lorsque Byrne s’encre lui-même.

Comment fait Clark pour se raser

Comment fait Clark pour se raser©DC

John Byrne modernise le personnage créé par Jerry Siegel et Joe Shuster en 1938 en ramenant ses pouvoirs à une proportion plus gérable (avant il pouvait déplacer des planètes à main nue), en faisant de Clark Kent l’identité de base du personnage (et non plus Superman), en laissant en vie Pa et Ma Kent, en opposant les méthodes de Superman et de Batman, en faisant de Lex Luthor un homme d’affaires sans scrupules plutôt qu’un savant fou, etc.

Mais au final, ce qui m’a séduit, c’est que Clark Kent, Pa et Ma Kent, Lois Lane, Lana Lang sont tous des individus attachants pour lesquels il est facile d’éprouver de la sympathie et de l’empathie. Même Luthor devient crédible. Byrne raconte une histoire pour les enfants de 7 à 77 ans ayant pour personnage central un jeune homme sain de corps et d’esprit et capable d’actions fantastiques.

Lois Lane : une battante

Lois Lane : une battante©DC

13 comments

  • Bruce lit  

    Préface de Ray Bradbury quand même ! Qu’est ce qu’il dit ?

  • Tornado  

    Ah ça moi j’ai détesté ! 10 ans après le film de Richard Donner et son script brillant, John Byrne fait retomber le concept du personnage dans une version arriérée et infantile (avis personnel). J’ai trouvé la suite encore pire. Du comics old-school tel que je suis incapable d’en lire.
    @Présence : As-tu mis la planche où « Ma Kent » confectionne le « S » de Superman exprès pour m’énerver ?!!! (rires)
    Dans le film de Richard Donner, il est expliqué que le « S » est le symbole abstrait de la famille « El » (la famille de Superman sur Krypton). Lorsqu’il apparait dans son costume pour la première fois, Loïs Lane remarque ce « S » et a l’idée de le surnomme « Superman ». Idée magnifique, adulte, subtile.
    Dans ce comics de John Byrne, « Ma Kent fabrique son costume à son superfils et lui explique naïvement qu’elle lui a mis un « S » parce qu’elle le trouve super… Navrant, idiot, infantile. et ce 10 ans après le film de Donner.
    Geoff Johns se souviendra de ce décalage et réhabilitera le concept du film dans les origines revisitée de 2009.
    En revanche, JMS reprendra l’idée débile de Byrne dans « Superman Terre 1 » un an plus tard (?)!!!!!

    Bon, cela-dit, tout mon fiel ne suffira pas à faire bouger notre Présence d’un poil dans son amour pour cette mini-série de 1986, qui possède tout de même un certain charme candide…

  • Présence  

    @Bruce – Je n’en ai gardé aucun souvenir. On trouve sur le site d’Urban un texte de Bradbury sur Superman, je ne sais pas si c’est le même ou non.

    http://www.urban-comics.com/dossier/hommage-a-superman-ray-bradbury/

    @Tornado – Oui, j’ai choisi cette planche en pensant à toi, mais pas pour t’énerver, c’est pourquoi j’ai choisi une légende plus diplomate.

    • Bruce lit  

      Superbe texte de Bradbury que je découvre trop tard. Merci !

  • Tornado  

    Oui, excuse-moi. Je ne suis pas très agréable.
    Tout le monde a le droit de développer une critique argumentée sans essuyer des commentaires désagréable pour divergences de goût. Je vais essayer d’être plus courtois la prochaine fois…

  • Présence  

    @Tornado – Pas besoin de t’excuser, je l’avais aussi pris de manière bon enfant. J’ai fini par céder à la tentation et acheter « Superman birthright » de Mark Waid & Leinil Yu. Je penserai à toi lorsqu’ils donneront l’explication sur le symbole S.

    Sur le fond, ta remarque a fini par me convaincre que cette explication du S de John Byrne est infantile, avec toute la connotation péjorative du terme. C’est une rémanence d’une époque où les comics étaient destinés à de jeunes enfants : Captain America avec un A sur son masque, Aquaman avec une boucle de ceinture en forme de A… Les auteurs faisaient tout pour faciliter la reconnaissance du personnage, ce qui donnait l’impression que les héros devaient porter leur nom sur leur costume au risque de ne plus savoir comment ils s’appellent.

  • Marti  

    Les X sur les costumes des X-Men ne m’ont jamais choqué, c’est même assez logique puisqu’il s’agit du logo de l’équipe et de l’école. Je vous rejoints totalement sur l’explication de John Byrne du S, j’ai trouvé assez lourd alors que le reste de la mini-série offre une brillante réinterprétation du mythe de Superman ; en plus, je suis presque sûr que tout le délire de la série TV Smallville autour de la magie amérindienne trovce ses origines dans cette explication !

    J’ai lu cette histoire l’été dernier juste après avoir subi/vu le film Man of Steel et j’ai été frappé par la modernité dont fait preuve Byrne, avec de légers remaniements par-ci par-là son scénario pourrait très bien passer pour quelque chose de récent ! C’est simple, à part l’histoire du S je n’ai pas souvenir que grand chose d’autre m’ait déplu dans cette histoire, avec une mention spéciale pour son Lex Luthor qui gagne en charisme et en dangerosité à mesure que le récit avance.

    • Marti  

      Si Byrne obtient suite à la mini-série les titres Superman et Action Comics, il travaille également en collaboration avec Marv Wolfman, qui officie sur Adventures of Superman, afin que les trois séries soient coordonnées, si bien que leurs deux runs sont liés et peuvent (doivent ?) être lus de concert. Panini l’aura bien compris puisque ce sont les premiers épisodes des trois séries que l’éditeur a réuni dans son album « L’Homme d’Acier 2 » qui a faisait suite au premier tome contenant la mini-série fondatrice. Si Urban pouvait reprendre cette idée et continuer plus loin la publication, je ne serai pas le dernier à courir chez mon librairie ! Byrne écrira également de 1987 à 1988 trois mini-séries pour continuer sa redéfinition de l’univers de Superman : Wolrd of Krypton, Wolrd of Smallville et Wold of Metropolis, trois récits qui ont également leur place à côté de Man of Steel sur les bibliothèques. Allez Urban, un petit effort !

      • Présence  

        @Marti – Dans différentes interviews, Byrne a reconnu que sa version de Luthor devait beaucoup à Marv Wolfman qui en avait déjà élaboré une bonne moitié avant le lancement de « Man of Steel ». Effectivement DC Comics a effectué la réédition en intégrant les 3 séries. Il me semble qu’ils n’ont réédité que « Wolrd of Krypton », motivés surtout par les dessins de Mike Mignola.

        Pas sûr qu’Urban se lance dans une réédition exhaustive d’épisodes invalidés à plusieurs reprises depuis leur parution.

        • Marti  

          Avec les New52 quasiement tout ce qui a été publié par le passé a été invalidé, à commencé par la Mort de Superman dont ils viennent de finir la parution. Vu la qualité des épisodes de la période Byrne/Wolfman et, plus simplement, le bout d’histoire éditoriale du personnage comme des comics en général je pense justement que lorsqu’ils n’auront plus rien de récent à publier sur le Kryptonien et/ou qu’ils passeront à autre chose que du vieux Batman cette période sera une excellente candidate.

  • http://www.comics-et-merveilles.fr  

    j’adore pour ma part! Je partage complètement l’avis de l’article qui va même au delà de ma perception (mais que j’approuve) ! Que de souvenirs…

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai compris que mon idée d’un SUPERMAN trop lisse venait essentiellement de cette BD souvent mis en parallèle avec BATMAN YEAR ONE.

    Byrne a -à mon sens- marvelisé SUPERMAN en le rendant humain, « réaliste » et dépourvu de folklore .

    J’aime bien le côté bigarré du Superman, c’est un peu idiot mais tellement charmant cette SF optimiste à l’ancienne limite pulp à la Capitaine Flam…

    • Présence  

      Après lu l’article sur comictalk hier, c’est vrai que John Byrne a instauré Clark Kent comme personnage principal, et fait passer Superman à l’arrière-plan en tant qu’identité secrète. Dans ce sens on peut dire qu’il l’a marvelisé. 🙂

      http://comictalk.fr/les-differences-marvel-dc-partie-15-hommes-masques/

      Malgré tout, il a conservé des éléments bigarrés comme Prankster, Mister Mxyzptlk, Lori Lemaris, et d’autres personnages tout autant tout public. C’est sûr que Man of steel et Year One n’ont pas les mêmes ambitions narratives.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *