Stéphane Chabert ! Pour une France qui gagne la victoire ! (Guacamole Vaudou)

Guacamole Vaudou, de Éric Judor, Fabcaro, Nathalie Fiszman

Un article de PRESENCE

VF : Seuil

Regarde-moi droit dans les cheveux !
© Seuil

Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Sa première édition date de 2022. Il s’agit d’un roman-photo en couleurs, de soixante-dix pages, avec une histoire écrite par Éric Judor & Fabcaro, réalisé par Nathalie Fiszman, avec Judor dans le rôle principal. Il a nécessité quinze personnes pour la production : réalisation, stylisme, costumes, production, régie, repérages des décors, photos, casting, perruques, accessoires, maquillage, stagiaire, création et exécution de la maquette intérieure, création de la couverture et des pages liminaires, photogravure. Il a mobilisé quarante-neuf acteurs.

Dans un grand immeuble impersonnel, le patron d’une agence de communication spécialisée en marketing demande à ses créatifs de faire des propositions de slogan pour la mayonnaise Amoros, leader sur le segment de la mayonnaise. Chacun leur tour, Jean-Michel, Jean-Christophe, et Philippe font une proposition. Puis vient le tour de Stéphane Chabert qui propose : Amoros, j’en applique sur la viande afin d’en accentuer le goût. Dans la salle de réunion, tout le monde est consterné. La proposition de Stéphane instaure un climat de gêne, de malaise et d’état dépressif qui rappelle à chacun sa propre finitude, la fin inéluctable de toute chose, l’existence de Dieu et les origines du Big Bang. En quoi leur action fait-elle progresser l’humanité ? Ne seraient-ils pas en train de manipuler les esprits à des fins purement financières ? Ne seraient-ils pas plus en phase avec leur mère Gaia la Terre en allant s’adonner à la capoeira en Ardèche ?

Le patron demande à chacun de regagner son bureau et de continuer à réfléchir à un meilleur slogan. Stéphane Chabert passe devant la photocopieuse où Marie-Françoise est en train de rêvasser, avec une liasse de feuilles à la main. Chaque fois qu’il la voit, il sent son cœur s’enflammer comme une chamade. Il se dit qu’il ne va pas rester puceau toute sa vie et il se décide à lui adresser la parole. Il fait remarquer que ça sent le bourrage par ici. Il précise qu’il parle du bourrage papier. Il lui propose de regarder ce qui arrive à la photocopieuse, mais elle insinue qu’elle n’a pas commencé à photocopier ce qui explique qu’elle ne soit pas en train de fonctionner. Il lui propose alors de manger à la cantine avec lui, mais elle décline car elle s’est préparé un Tupperware qu’elle va manger à son bureau. Il lui dit qu’il suppose qu’il n’aurait pas dû parler d’œufs Mimosa, car ça a dû remuer en elle des souvenirs qu’elle préférait peut-être occulter, qu’au collège les garçons lui criaient dans la cour que ses seins étaient des œufs Mimosa, qu’elle était complexée par ses seins trop petits. Elle prend congé de lui pour aller retourner travailler. Il se présente à la cantine et demande un poulet-frites, mais le cuisinier lui répond qu’il ne reste que du gras de jambon. Il cherche une place où s’installer mais ses collègues indiquent qu’il n’y a plus de place à leur table, car la dernière est prise par quelqu’un qui pourrait très bien arriver à l’improviste. Il finit par s’installer seul à une table isolée tout au fond près de la poubelle et des toilettes, la chance.

Brainstorming créatif
© Seuil 

L’alliance de deux créateurs à la forte personnalité comique, dans un média jugé désuet, le tout affublé d’un titre improbable. L’absurde est bien au rendez-vous, ainsi que le kitsch et la dérision au troisième, quatrième, cinquième degré, ou peut-être plus encore. Le lecteur reconnaît rapidement la forme si particulière de l’humour d’Éric Judor à base de dérision, d’absurde, de comportement infantile et de banalité surréaliste. Il relève également les répliques improbables et décalées propres à Fabcaro, bifurquant sans ralentir vers un onirisme surréaliste. Il remarque que Nathalie Fiszman s’est également bien amusée à conférer une allure ringarde et désuète aux visuels. Il y a cet usage systématique de perruques pour chaque acteur, et ce choix de vêtements issus des années soixante, pour obtenir un effet daté et ridicule. Elle prend un grand plaisir à choisir un papier peint aux motifs imprimés tout aussi datés, et à inclure des accessoires d’un temps révolu comme le Minitel que l’avènement de l’ordinateur personnel a rendu obsolète, et pire encore a condamné comme une technologie sans avenir. Pour autant, elle a bien réalisé toutes les photographies du récit, sans en reprendre dans des photos-romans du passé, et avec un niveau de définition de l’image contemporain, sans grain ou flou, ou couleurs baveuses.

Le lecteur fait donc connaissance avec Stéphane Chabert, créatif au pragmatisme navrant, dépourvu d’imagination et de toute fibre de séduction, un perdant ridicule qui n’en éprouve qu’une vague conscience, préférant se complaire dans l’illusion d’une vie qu’il estime tranquille et agréable. Seule son postiche est flamboyant. L’intrigue repose la médiocrité banale de cet individu qui va acquérir la gagne d’un battant lors d’un improbable stage vaudou. Cela va lui permettre de grimper les échelons de la société en un temps record. Dès la couverture, le lecteur sait que le récit appartient au registre de la parodie : ce titre incongru alliant deux mots (le premier faisant référence à une purée d’avocat devenu incontournable à l’apéritif, l’autre à une pratique jugée comme surnaturelle, et souvent tournée en dérision), ce plan poitrine avantageux sur l’acteur avec une chevelure artificielle et une expression de visage indéchiffrable. Les costumes et les décorations intérieures datées renvoient à un passé révolu, à une époque qui se prenait comme étant celle du progrès et d’une forme de succès, d’un capitalisme prometteur porté une généralisation des progrès industrialisés de la science, et qui est maintenant ringardisée, comme si le présent était beaucoup plus avancé, avec une condescendance hautaine. Le regard porté contient comme une touche de mépris, impliquant que les auteurs dépeignent des gens qui s’y croyaient vraiment à l’époque.

Romance au photocopieur
© Seuil      

Sur le plan narratif, la réalisatrice utilise les conventions de découpage de la page, qui sont celles de la bande dessinée : des cases majoritairement bien alignées en bande, avec une poignée d’exceptions où la hauteur d’une case sera un plus grande que celles de sa voisine. Nathalie Fiszman utilise majoritairement des plans taille pour laisser la place à ses acteurs de pouvoir adopter une posture parlante, généralement naturelle. Ils ne sont pas en train de grimacer à chaque vignette, mais la photographie a cet effet de figer le visage dans une expression qui du coup en perd son caractère naturel, un instant arrêté, alors qu’en face à face il s’agit d’un moment fugace dans un visage en mouvement. Elle joue sur cette artificialité en la renforçant avec l’usage fréquent de postiches, de bonne qualité mais présentant cette impression de chevelure sans vie. Le lecteur s’installe dans le train-train de cette narration visuelle douce et gentiment moqueuse. Il note le travail sur les accessoires obsolètes que ce soit le minitel ou un plateau en plastique, un motif imprimé, etc. Il sourit en voyant que des collages et des incrustations. Par exemple, Stéphane assis à la table de cantine et des objets collés juste au-dessus de sa tête, alors qu’il commente que ses collègues plaisantent en lui lançant une miette de pain. Puis il s’agit d’un crouton de pain qui vient se poser sur sa tête, d’un pot de yaourt, d’un plateau repas garni, d’une chaise en plastique. Quelques pages plus loin, il découvre une photographie en pleine page, avec un personnage géant en pâte à modeler. Puis lors d’un rêve, elle s’amuse à réaliser des collages mettant Stéphane dans des situations oniriques. L’affiche pour la campagne présidentielle sort également du moule.

Voici donc l’histoire d’un perdant pas magnifique qui obtient un pouvoir lui permettant de devenir un gagnant. Sur ce fil directeur, les auteurs entremêlent les situations et les phrases moqueuses dont le sarcasme est atténué par la sympathie que le lecteur ressent pour Stéphane Chabert, un peu benêt tout en étant gentil, et aspirant à la réussite sociale promue par le système professionnel et capitaliste. La sensibilité humoristique des deux auteurs se marie bien, avec des phrases irrésistibles et des réactions désarmantes. Stéphane maintenant président de l’agence de communication s’adressant à un collaborateur : Jean-Pat, tu annihileras le présentéisme disruptif du flex office chamarré sans compromission ! Gourou Jean-Claude se mettant derrière Stéphane lors du stage vaudou pour l’aider dans ses gestes afin d’égorger un poisson pané sanguinolent : positionner la lame un peu plus haut, il faut qu’elle soit au deux tiers du cou à partir de la base, et qu’elle forme avec le cou un angle de quarante-cinq degrés, et tenir fermement le poulet afin que la coupure soit nette (alors qu’il tient un rectangle de poisson pané dans la main). Enfin le geste doit se faire de l’intérieur vers l’extérieur pour éviter que le sang ne gicle – et les hommes sont en train de gigoter par terre comme s’il s’agissait d’une vraie bagarre.

La winne l’habite !
© Seuil 

Au fil des pages, le lecteur ne sait que penser : la narration visuelle reste très sage, que ce soient les photographies ou leur agencement, avec quelques moments surréalistes imparables, et une forme de moquerie latente générée par la dérision du regard porté sur ces individus et leur environnement daté. L’usage d’un humour à froid au cinquième degré (ou plus) s’avère très déstabilisant, le lecteur n’arrivant pas toujours à se situer entre une mise en abîme ridiculisant une attitude, une mode, un comportement, ou bien un moment d’une banalité insipide dont l’intention de dérision retournant ou détournant la moquerie sur une convention se moquant elle-même d’un autre cliché, avec un empilement de ce mécanisme sur deux ou trois étages dans un moment unique, ce qui finit par aboutir à une banalité, ou par perdre le lecteur qui n’est peut-être pas familier d’une de ces conventions enchâssées. La critique moqueuse de la gagne fonctionne bien, même si elle est globalement désamorcée jusqu’à être inoffensive par l’ironie moqueuse et la dérision, et l’absence d’alternative à cette trajectoire de vie. Mais la tonalité générale est pleine de verve, d’inventivité humoristique et d’une forme de tendresse, même si elle peut être un peu vache, pour Stéphane Chabert, être humain qui est le jouet des événements, de ses désirs, de la société.

Pour l’anecdote, en compulsant le générique en fin d’ouvrage, le lecteur relève la participation en tant qu’acteur de Nathalie Fiszman (la voisine gentille), d’Arthur H (Habib), de Clémentine Mélois (dans le rôle de Leonardo DiCaprio, elle-même autrice du roman-photo LES SIX FONCTIONS DU LANGAGE, 2021), de Fabcaro (un punk).

Difficile de résister à l’attrait d’un roman-photo parodique, écrit par Éric Judor et Fabcaro : l’assurance d’un divertissement absurde avec des répliques hilarantes et des situations décalées. Avec un roman-photo choisissant le registre de la parodie dans un environnement suranné, la réalisatrice allie pastiche et ironie, pour un petit récit, comportant une touche de réalisme magique avec ce pouvoir issu d’une cérémonie vaudou. Par moment, le lecteur ne sait plus trop s’il est en train de lire une parodie avec une mise en abîme de moqueries référentielles ou juste une séquence d’une banalité affligeante, tout en ressentant une forme d’humour cruel du fait de personnages qui sont, au fond d’eux-mêmes résignés à leur sort. Il prend plaisir au jeu sur les formes avec une narration qui peut briser le quatrième mur (Stéphane s’adressant à la voix du narrateur omniscient ou modifiant le déroulement en virant un personnage d’une scène), le décalage entre les paroles et l’action montrée, la frustration quand le principe de réalité ramène à une mesure plus raisonnable des projets de nature diverse. Dans le même temps, le lecteur fait l’expérience douloureuse de l’absence de sens de ces situations, dans un récit postmoderne désenchanté.

Ils sont beaux, surtout leurs cheveux.
© Seuil

La BO du jour

36 comments

  • JB  

    Je vais avouer que je suis assez hermétique à l’humour d’Eric Judor, je pense donc que cet OVNI n’est pas pour moi. Néanmoins, le format désuet du roman photo m’intrigue (un souvenir des vieux mags TV de ma mère où l’on pouvait trouver ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS ou L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE version roman-photo). J’ai l’impression qu’il devient assez rare (le seul exemple auquel je pense porte sur certain « comics » Star Trek de John Byrne), mais je ne connaissais pas non plus Les 6 fonctions du langage.

  • Patrick 6  

    Ahah quelle histoire de fou !
    On reconnait bien l’humour totalement décalé de Judor ! Comme cet acteur interprète toujours le même rôle on ne sait pas trop si c’est une fiction ou une réalité !
    Quoi qu’il en soit la dernière fois ou j’ai dû lire un roman photo c’était à la fin du programme TV Télépoche ^^ (il y a… euh… quelques années)
    Le présent ouvrage reprend tous les codes du genre en les caricaturant (à peine finalement). Je me demande ce que cela peut donner étalé sur 70 pages…
    Quoi qu’il en soit merci de cette découverte je vais me pencher dessus asap 😉

  • Eddy vanleffe  

    je suis toujours un peu attiré par les obkets étranges comme cela j’ai déjà pris des faux magazines féminins comme celui-là:
    https://www.bedetheque.com/BD-Valentine-Tome-1-Elledecoloration-43357.html

    les romans photos déjà à l’époque c’est un objet de pastiches, il y en avait dans les vieux masg de hard rock par exemple…ça renvoie à un imaginaire greffé sur la nullité de la chose.
    Eric Judor, je n’arrive pas à le cerner, c’est un type qui à la fois fait des blagues de gosse, et qui cherche pourtant à sortir de ce registre en distillant une sorte de « blues-absurde de l’homme-enfant moderne. »
    donc je vois ce qu’il essaie de faire, ça me le rend immensément sympathique, mais je ne rigole que très rarement…
    PROBLEMOS est un film qui déglingue bien les snobismes de bobos actuels bien avant que ça prenne des proportions bien trop sérieuses ayant des velléités politiques

    • Jyrille  

      Oui je n’ai pas été convaincu par PROBLEMOS malgré de bonnes vannes et situations par moments. J’en attendais plus de Blanche Gardin qui a co-écrit je crois.

      • Eddy vanleffe  

        Blanche Gardin est une femme d’une intelligence hors norme et d’un humour ravageur. je le trouve capable de fulgurances inouïes, mais elle souffre d’un défaut majeur.
        elle ne sait pas aérer son récit, elle fait de ses spectacles, pastille et sa série des objets tellement premier degré qu’on se croit dans une réelle psychanalyse ou un vrai documentaire à la « strip tease » . elle ne distance pas assez son personnage de sa personne … c’est donc hyper lourd à digérer et malaisant parfois (même si c’est fait exprès)

    • Présence  

      Je suis toujours un peu attiré par les objets étranges : nous sommes deux. Dans genre étrange, je te recommande l’expérience de l’œuvre intitulée Une semaine de bonté, réalisée par Max Ernst, initialement publiée en 1934 à Paris, en 5 cahiers, chacun tiré à 816 exemplaires. L’artiste a réalisé cette œuvre en 3 semaines, lors d’un séjour en Italie en 1933. C’est peut-être un roman surréaliste à base de collage fait avec des gravures du dix-neuvième siècle.

      https://les-bd-de-presence.blogspot.com/2018/05/une-semaine-de-bonte-il-sagit-dun.html

      Éric Judor : je n’y arrive pas. Je le trouve très sympathique, mais le comportement de gosse me fait décrocher de ce que je perçois parfois comme du 3ème degré (ou plus), et souvent comme une moquerie railleuse ras les pâquerettes.

  • Jyrille  

    Merci Présence pour me donner une idée du contenu de ce truc ! J’aime bien Fabcaro, mais sans doute pas tout. Il y a évidemment Zaï Zaï Zaï Zaï, sa grande réussite, dont l’adaptation ciné devrait sortir bientôt, mais aussi Amour, Passion et CX Diesel (3 tomes que j’ai en intégrale au format à l’italienne) avec James et surtout Walter Appleduck cowboy stagiaire avec Fabrice Erre (2 tomes parus pour le moment). J’ai même lu son roman LE DISCOURS, dont le film est déjà sorti, mais je ne l’ai pas vu…

    Ce n’est pas la première fois que Fabcaro parle de roman-photo, et le peu de ce que je connais de Judor est en effet de l’absurde. Il faudrait que je voie ses films avec Quentin Dupieux (STEAK).

    Quant à la direction artistique, tout ça me rappelle les sketches de MESSAGE A CARACTERE INFORMATIF et les MONSIEUR MANATANE de Benoît Poelverde, voire les productions de Karl Zéro, il y a une éternité…

    Ton paragraphe sur l’impression graphique est remarquable.

    Bon, je suis convaincu de ne pas investir. A l’occasion donc, si je peux la lire dans d’autres conditions. Merci encore. Je suis assez étonné de te lire sur un roman-photo, tout de même 🙂 Tu n’as pas proposé la série des Capricorne à Bruce ? 😀

    La BO : fan.

  • Surfer  

    Je suis allergique aux romans photos….Ma sœur qui est plus âgée en lisait beaucoup quand c’était à la mode dans les années 70/80. C’était souvent des romances en noir et blanc et je n’ai jamais réussi à en lire 1 seul. Un truc de fille me disais-je à l’époque 😀.

    Fallait pas qu’elle touche à mes STRANGES, et fallait pas que je touche aux romans photos de ma frangine 😀😀😀.

    Donc…je ne lirai pas ton truc…Mais merci de nous informer que cela existe 😉.

    La BO : Cet album de Miles a été réalisé lorsque l’artiste était en couple avec Betty Davis ( La reine du FUNK ). Cette dernière l’a fortement influencé lors de la conception. Du coup il a des sonorités Funk. Ce qui ne me déplaît pas…Mon album préféré de Miles après KIND OF BLUE

    • Présence  

      Les romans-photos : mon expérience très limitée était ceux de Hara-Kiri, du professeur Choron, pas vraiment de la romance. 🙂

      Ma curiosité : pourquoi ne serait-il pas possible de raconter une histoire prenante avec ce mode d’expression ? Mai aussi, quelle serait la différence entre une bande dessinée avec des dessins hyperréalistes et un roman-photo ?

      Miles Davis : je n’ai exploré qu’une toute petite partie de sa discographie et certains albums ne me parlent pas. Parmi mes préférés : Filles de Kilimanjaro, Miles in the sky, In a silent way, On the corner, Big Fun, Tutu.

  • Tornado  

    Un roman-photo !
    Je me suis toujours interrogé sur cette question existentielle : Pourquoi ce médium est toujours considéré comme ringard (je me souviens que les gars de Pilote, Fluide Glacial et l’Echo des Savanes, en faisaient des parodies en jouant eux-mêmes dedans) ? N’y a-t-il pas moyen de le faire évoluer ? Aujourd’hui avec les moyens de l’infographie, on pourrait imaginer tous les effets spéciaux possibles.
    Mais l’article du jour donne des éléments de réponse : Rien qu’en acteurs et en production (costumes, décors, direction artistique), le budget décolle vite !
    Présence m’a offert un roman-photo mais je ne l’ai pas encore lu (je finis par tout lire, mais ça prend du temps (beaucoup)).
    Je ne connais pas grand chose de l’univers de Judor et encore moins de fabco. Je ne sais pas qui c’est et si on en a déjà parlé ici je n’en ai aucun souvenir.

    La BO : Album majeur, que j’écoute depuis des décennies (mais pas souvent), et que je n’ai toujours pas fini de cerner !

    • Jyrille  

      « Album majeur, que j’écoute depuis des décennies (mais pas souvent), et que je n’ai toujours pas fini de cerner ! » Tout pareil. Par contre j’ai une certitude depuis que je l’écoute : à chaque fois que je le mets, je pars en voyage, peut-être un voyage astral, je ne sais pas, mais je pars, toujours.

      • Présence  

        Je pars en voyage : il y a de quoi en effet. 🙂

        Ayant bien aimé cet album, je me suis lancé dans l’écoute du live qui a suivi : je n’y arrive pas avec Live Evil.

  • Présence  

    Je me pose encore les mêmes questions sur ce mode d’expression.

    J’avais également envisagé la question du budget qui est bien différente pour une bande dessinée où l’artiste peut tout se permettre, et ça devient alors une question de temps passer sur la planche et de compétences techniques de dessin. Encore que…

    Encore que dans le roman-photo sur ton étagère, l’auteur fait preuve d’une grande débrouillardise pour disposer de décors variés et sophistiqués, nourrissant avec intelligence son récit d’anticipation. La lecture de Contrôle des voyageurs fut un coup de cœur pour moi.

    J’ai découvert Fabcaro il y a peu avec Zaï Zaï Zaï Zaï qui m’a fait beaucoup rire. Patrick 6 avait écrit un article sur l’adaptation d’un de ses romans en bande dessinée : Figurec.

    http://www.brucetringale.com/figuration-et-imposture/

    Pour Zaï Zaï Zaï Zaï :

    https://les-bd-de-presence.blogspot.com/2021/09/zai-zai-zai-zai.html

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Présence,

    j’ai commencé par la fin. Je ne pouvais pas ne pas écouter la BO en premier, d’un de mes albums préférés de Miles Davis. J’aime beaucoup sa période jazz-fusion d’ailleurs, une révélation. SILENT WAY est dans la même veine.

    Sur l’ouvrage. Très bon article, avec ton analyse et découpage habituel qui fait que je n’étais pas perdu mais malheureusement pas intéressé non plus.

    Je n’ai pas encore découvert l’univers de Fabcaro, Zaï Zaï Zaï Zaï étant pourtant sur ma liste d’achat depuis très très longtemps (j’ai lu deux trois planches ici et là néanmoins).

    Par contre je suis allergique à Eric Judor (et son ex collègue Ramzy). Pas du tout mon type d’humour.

    Et que dire du roman photo …..

    • Présence  

      Miles Davis : je ne suis pas un vrai connaisseur, mais j’aime également plusieurs albums de sa période jazz-fusion.

      Fabcaro : je ne l’ai découvert que l’année dernière avec Zaï Zaï Zaï Zaï. Moon River est maintenant dans ma pile de lecture.

      Le roman-photo : une mode d’expression encore plus méprisé que la bande dessinée !

      Éric & Ramzy : pas ma tasse de thé non plus, mais en même temps un sens de la dérision redoutable, et des gamineries marrantes du fait de leur décalage avec leur âge et leur intelligence.

    • zen arcade  

      « Je n’ai pas encore découvert l’univers de Fabcaro, Zaï Zaï Zaï Zaï étant pourtant sur ma liste d’achat depuis très très longtemps (j’ai lu deux trois planches ici et là néanmoins). »

      Commence plutôt par Carnets du Pérou. 🙂

  • Eddy vanleffe  

    Ça y est je vois ce que c’est le film ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ …rien que pendant la bande annonce j’a voulu fuir la salle… un concentré de poncifs à la française…
    j’espère que la BD est plus finaude…

    • Présence  

      Fidèle à ma ligne de conduite, je m’en tiendrais à la BD, sans aller voir le film, surtout après une pareille recommandation. 😀

  • Bruce lit  

    J’ai longtemps évité Judor. Lui et sa bande me consternaient avec leur humour nul du temps où Djamel régnait en maître sur C+.
    Et puis l’homme m’est devenu sympathique via des films souvent assez décalés voire franchement bizarres. PROBLEMOS est assez bon quoique bordélique. C’est même assez étrange de voir Blanche Gardin tirer à balles réelles contre son propre camp, la gauche pour laquelle elle a appelé à voter.
    ZAI ZAI ZAI et CARNET DU PEROU sont deux pierres angulaires de l’humour français. Sur OPEN BAR j’ai trouvé Caro plus prévisible voire plus sage.
    Peut-être que je jetterai un oeil là dessus même si je sais que souvent j’attribue une étoile de moins à ta notation.
    La BO : mes oreilles en saignent encore. Une première minute impeccable et puis après tout ce que déteste dans le jazz avec la déconstruction de la mélodie pour une cacophonie que je ne supporte pas.

    • Eddy Vanleffe  

      marrant de constater à quel point l’humour français est interconnecté avec la politique, rendant celle ci inesquivable.
      La famille politique de Blanche Gardin est peut-être la gauche, mais je soupçonne son public de ne pas forcément l’être… ^^ Elle porte un regard sans concession sur la société, le tout paris et son aversion d’une certaine bienséance, l’empêche d’être totalement partisane.
      je l’estime et l’admire énormément. Bon parfois ça fait froid dans le dos, mais elle est brillante.

      • Présence  

        J’aime également beaucoup Blanche Gardin par son art de la transgression, et son autodérision.

        • Bruce lit  

          BLanche ne me fait pas rire du tout. En fait tous ses spectacles sont de vrais appels au secours qui me mettent mal à l’aise en tant que public. Et ces films sont véritablement une déclinaison de la haine qu’elle éprouve envers elle même et son physique. Pas plus tard qu’hier, je l’ai vue dans 20ANS D’ECART avec Pierre Niney et la merveilleuse Virginie Efira. Elle joue encore une salope odieuse en tout point.

          • Eddy Vanleffe  

            C’est pour ça que je dis qu’elle est parfois malaisante avec une dissociation difficile avec son personnage.
            mais son écriture en spectacle est d’une précision redoutable, chaque silence est mesuré.

          • Jyrille  

            En film elle ne me convainc pas vraiment à part dans EFFACER L’HISTORIQUE de Delepine et Kervern, mais en spectacle elle me fait hurler de rire.

    • Surfer  

      Le jazz est une musique d’improvisation. C’est son essence ! Cela serait top simple si la mélodie restait toujours la même 😉

    • Présence  

      La BO : tu n’as qu’à t’en prendre à toi-même, fallait pas me laisser la main. 😀

      Je n’aurais pas cru que l’humour d’Éric Judor soit si peu apprécié par les différents visiteurs du site.

  • JP Nguyen  

    La parodie et l’absurde, je suis client !
    Éric Judor, un peu moins.
    Je me demande parfois si tous ses traits d’humour sont volontaires…

    • Présence  

      Je me demande parfois si tous ses traits d’humour sont volontaires… – C’est gentiment tourné comme critique. Je suis confronté au même questionnement de savoir si certaines répliques sont conscientes ou juste un comportement infantile assumé sciemment avec des effets troisième degré parfois très heureux, parfois d’une crasse affligeante.

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