Une héroïne au coeur gros comme ça ! (Review Power Girl)

Power Girl par Jimmy Palmiotti, Justin Gray & Amanda Conner

Le pouvoir aux personnages

Le pouvoir aux personnages

AUTEUR : MATTIE-BOY

VO : DC

VF : Urban

Nous allons parler aujourd’hui des 12 premiers épisodes de la série Power Girl v2. Elle a été crée par les scénaristes Justin Gray et Jimmy Palmiotti ainsi que la compagne de ce dernier, la dessinatrice Amanda Conner.

Parue en 2009, elle est disponible en VF chez Urban en 2 volumes depuis 2014.

Le personnage de Power Girl est issu d’un sacré bazar éditorial comme seuls les responsables de DC ou Marvel sont capables d’en créer. D’abord présentée comme la super cousine de Superman, il a été révélé que finalement elle n’était pas de sa famille puisque ce rôle a été donné à Supergirl, mais finalement si, mais d’un autre Superman, celui de Terre 2, une terre parallèle. Tout ceci a été plus ou moins expliqué dans le crossover Infinite Crisis . Pour ma part, je dois vous avouer ne pas connaître grand-chose de tout ça. Et même m’en désintéresser.

Je connais très peu l’univers DC. A part Batman et Superman, ses héros me sont assez étrangers. Globalement, je me procure des récits auto-contenus qui ne font pas appel à une grande connaissance de la continuité de cet univers car même si j’ai baigné dans la continuité Marvel et que j’y trouve une certaine richesse malgré le bazar éditorial, je n’ai aucune envie de retenter l’expérience avec une autre continuité chez un nouvel éditeur.

Qu’est-ce qui m’a poussé à me procurer ces albums Power Girl alors ? Eh bien ça justement. C’est une série autonome, ne nécessitant aucun réel besoin de connaître quoi que ce soit de l’univers DC, même si j’imagine que les connaisseurs y reconnaîtront certains personnages parmi les ennemis de notre héroïne « poumonée ».

Une héroïne avec des charmes qui ne laissent pas indifférents…pour le meilleur ou le pire

Une héroïne avec des charmes qui ne laissent pas indifférents…pour le meilleur ou le pire

Ah oui euh…il y a ça aussi. Un attrait de la miss est son incroyable…charisme. C’est sans doute la plus mémorable représentante de l’image…euh…généreuse souvent conférée aux super héroïnes de comics. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Eh bien pour le coup je dois dire que si je ne suis pas forcément fan de l’idée que toutes les héroïnes soient ultra canons et déambulent dans des costumes moulants aux allures de bikini ou de tenues SM, en créer une en particulier pourvue d’une poitrine énorme et dont cette spécificité serait adressée au sein des histoires en tant qu’élément de séduction ou ressort comique, n’est pas pour me déplaire. Car voilà, je ne sais pas ce que les autres auteurs ont fait de cet aspect avant l’arrivée du trio infernal qui officie sur cette série mais ici, entre leurs mains, cette héroïne sexualisée devient…une femme avec une identité sexuelle. Tout simplement.

J’entends par là que c’est une femme qui est certes gâtée par la nature mais plutôt que d’avoir ce sentiment que c’est normal, que tout le monde est sexy dans l’univers des comics, elle fait ici un peu exception. Sa particularité est adressée au travers de divers rebondissements, souvent comiques. Les gens la remarquent pour ça. Et la miss est consciente de son charme et de l’attirance de ces messieurs. Elle n’en devient pas pour autant orgueilleuse et manipulatrice, mais joue de son charme si nécessaire et croque la vie à pleine dents.

Une héroïne qui affronte de gros monstres

Une héroïne qui affronte de gros monstres

Mais calmons nos ardeurs ! Les histoires ne tournent pas non plus autour de la poitrine de la demoiselle (12 épisodes ne suffiraient pas à en faire le tour de toutes façons…ahem). Mais si vous vous demandiez ce que deviendrait ce personnage certainement né de fantasmes masculins aux mains d’une dessinatrice féminine, eh bien elle devient une femme charmante. Mais nous reviendrons sur la partie graphique plus tard.

De quoi ça parle ? Eh bien Kara Zor-L (Power girl, c’est elle) alias Karen Starr dans le civil s’installe à New York et monte une société de recherche en nouvelles technologies et biologie de pointe. Elle se trouve un appartement et retrouve son amie Atlee alias Terra, une jeune intra-terrestre (elle vient d’un peuple sous la surface) qui a le pouvoir de commander à la terre et dont je ne sais absolument rien d’autre (mais ce n’est pas important pour les récits en question) si ce n’est qu’elle est la troisième à porter le nom de Terra.

Une héroïne qui est aussi une femme d’affaires décontractée

Une héroïne qui est aussi une femme d’affaires décontractée

Il ne se passera pas beaucoup de temps avant que des super vilains ou autres personnages tous plus ridicules les uns que les autres viennent la plonger dans les ennuis. On pourrait citer Ultra-Humanite (un cerveau humain dans le corps d’un singe albinos), sa chérie Satanna (je ne veux pas savoir à quoi ressemble leurs rapports !) ou encore l’inénarrable Vartox qui cherche à repeupler sa race suite à une attaque biologique d’une race expansionniste qui a stérilisé ses semblables.

Concernant ce dernier, la pauvre Power Girl va se retrouver à devoir faire face aux avances de ce soi-disant champion élu tombeur de ces dames à l’allure de gros beauf en string de cuir qui a jeté son dévolu sur elle pour repeupler une planète. Ouais, rien que ça ! Rassurez-vous, Vartox pense plutôt à des moyens scientifiques mais les quiproquos de la situation vont amener leur lot de situations amusantes lors du dîner entre Kara et son prétendant. Ce dernier ressemble d’ailleurs à une caricature de super héros d’un autre temps qui parle de lui-même à la 3ème personne et se lance dans une baston débile pour prouver sa valeur d’homme viril à Power Girl. C’est un personnage qu’on ne peut qu’apprécier même si c’est un abruti tant il crée des situations hilarantes et n’a, finalement, pas un mauvais fond.

Une héroïne qui doit faire face aux avances d’un gros beauf intersidéral dans un des meilleurs passages de la série

Une héroïne qui doit faire face aux avances d’un gros beauf intersidéral dans un des meilleurs passages de la série

A part cela, Kara devra éviter à Manhattan de s’envoler dans le ciel, calmer trois princesses extraterrestres en promenade qui ne comprennent pas les règles sur Terre et font n’importe quoi ou encore stopper une activiste écologiste qui pousse la nature à reprendre ses droits sur la ville et fait venir des monstres tentaculaires (que Power Girl appellera des « monstres de mangas » pour une « subtile » référence à un genre innommable).

A côté de tout cela, on suit un peu le quotidien de Kara qui passe des soirées entre filles devant des films d’horreur (pour le plus grand malheur de son amie Terra qui flippe complètement) ou gère sa société. Il y a un petit côté réjouissant dans cette approche très humaine de personnages trop souvent iconiques qui ne craignent rien. C’est amusant de voir une héroïne capable de combattre de vrais monstres s’enfoncer d’angoisse dans son siège de cinéma devant un film d’horreur. Cela désacralise un peu l’image des héros sans peur, sans pour autant les salir en faisant d’eux des individus immondes (ça c’est la spécialité de Garth Ennis plutôt).

Une héroïne qui aime les films d’horreur !

Une héroïne qui aime les films d’horreur !

Kara va aussi se faire photographier à son insu par une personne qu’elle soupçonnera être un super vilain voulant compromettre son identité secrète, alors qu’il s’agira en fait d’un gosse très fan qui lui demandera de l’accompagner pour rendre jaloux ses potes dans un magasin de comics. Power Girl lui remontera un peu les bretelles pour essayer de lui faire du chantage mais lui accordera son caprice de gosse dans une scène mignonne qu’on aurait tous bien aimé vivre à l’adolescence (voir le dernier scan).

Bon alors on ne va pas se mentir. Ce n’est pas le comics du siècle. Ce sera peut être un peu trop enfantin et inoffensif pour certains. Tout cela ne raconte rien qui va bouleverser l’univers, il n’y a pas de sous texte profond ni réflexion existentielle. C’est surtout le quotidien rocambolesque d’une héroïne fun et décomplexée. Des aventures traditionnelles à base d’invasion alien, de vilains qui veulent se venger, mais jamais infantiles. Juste bon-enfant.
C’est un divertissement rafraichissant exhalant la bonne humeur qui n’est ni niais ni vulgaire. Une lecture qui donne le sourire grâce à un charme réel venant tout autant du dessin ravissant et mignon d’Amanda Conner que des idées délirantes des scénaristes.

Une héroïne qui doit faire face à de terribles dilemmes

Une héroïne qui doit faire face à de terribles dilemmes

Et justement, parlons du dessin d’Amanda Conner. Car c’est réellement un point fort de cette série. A première vue comme ça, on pourrait se dire qu’il ne paie pas de mine. C’est un style rond et élégant mais assez classique. Mais ce serait juger trop vite. Car en suivant page après page l’évolution des personnages, ce qui saute aux yeux c’est leur expressivité. La dessinatrice donne vie à ses personnages avec un langage corporel crédible et des expressions faciales irrésistibles. Les sourires et moues de Kara ont de quoi vous faire fondre, sans même avoir besoin d’y ajouter sa poitrine.

Cela dit, cet aspect sexy de sa personne, comme je le disais, n’est pas minimisé. Il n’est pas surexploité non plus. En gros, Kara nous dit « je suis comme ça, et alors ? C’est un crime ? » Ce n’est jamais mis en avant de manière vulgaire et plutôt que de tomber dans le piège de la bien-pensance située à l’autre extrême de la représentation parfois sexiste des femmes dans les comics, les auteurs nous mettent en scène une belle femme, consciente de l’être et qui ne ressent pas le besoin de s’excuser d’être bien foutue pour des raisons de controverses.
Et ça se voit dans les dessins d’Amanda Conner qui ne réduit ni ne déguise les attributs de la demoiselle. Elle nous croque une Power Girl charmante consciente de ses charmes. Et finalement, c’est bien plus sympa que de subir un panel de super héroïnes toutes en tenues de latex qui agissent comme si de rien n’était, presque asexuées malgré leur allure dans un récit profondément sérieux comme on a pu en voir dans les années 90. Ça semble tout de suite plus déplacé de les représenter ainsi dans un tel contexte.

Satanna et Ultra-Humanite : j’avais dit que je ne voulais rien savoir !

Satanna et Ultra-Humanite : j’avais dit que je ne voulais rien savoir !

Amanda Conner n’est pas une dessinatrice très prolifique, et c’est bien dommage. Elle avait déjà signé 4 épisodes de JLA CLassified mettant en scène Power Girl et précédant Infinite Crisis mais sur un scénario moins porté sur l’humour et surtout qui poussait à lire le crossover suivant. D’ailleurs dans cette série, le scénariste Geoff Johns avait plutôt mal géré l’aspect sexy de l’héroïne. Kara confiait en effet que le trou de son costume au niveau de sa poitrine était là parce qu’elle ne savait pas quoi mettre comme symbole sans piquer le S de Superman. Et elle versait une petite larme en disant qu’elle a fini par laisser le costume en l’état.

Bien sûr ! Comme si on collait une étiquette sur un trou ! C’est mieux avec du tissu dessous quand même, non ? Et puis pourquoi cette culpabilité d’avoir gardé son costume sexy ? Je préfère la version de la femme qui assume ses formes et s’en sert à son avantage. Après tout, est-ce si différent des décolletés que les femmes portent dans la rue ? Doivent-elles s’excuser de trop en montrer ? La seule raison pour laquelle tout le monde fait un flan avec ce fameux trou dans le costume de Power Girl c’est que son costume monte jusqu’à son cou. Ce qui rend en effet un peu curieux le fameux trou. Mais elle aurait eu un débardeur depuis le début, personne n’aurait rien dit. On reparle du costume douteux de Tornade avec ses cuissardes en cuir chez Marvel ?

Une héroïne proche des gens « normaux » et qui reste humble

Une héroïne proche des gens « normaux » et qui reste humble

Pour la suite des 12 épisodes de cette série (non publiée par Urban car ce sont de nouvelles aventures que les présents épisodes n’incitent pas forcément à suivre), les auteurs ont changé. Pour avoir lu quelques épisodes dans le TPB « Bomb Squad », je dois dire que l’humour est moins présent et le supplément d’âme présent dans ces 12 épisodes disparaît pour laisser place à une Power Girl plus proche d’un penchant féminin de Superman que de la femme à forte poi personnalité dépeinte ici. Si les 12 premiers épisodes restaient du mainstream fun, il y avait un certain charme dans les personnages et la description de leur quotidien. La suite ressemble surtout à du mainstream porté sur l’action. Ce n’est pas réellement mauvais mais d’autres héros sont conviés pour lutter contre un homme qui semble avoir le pouvoir d’effacer son existence de la mémoire des gens et qui aurait déjà frappé au cours de l’historique DC. Et cet aspect lié à la continuité et aux autres équipes de super-héros qui semble d’ailleurs déborder sur la série Justice League lors de la résolution de l’intrigue m’a fait renoncer à lire la fin.

Au final, si cette série ne m’aura pas spécialement donné envie d’en lire davantage sur l’héroïne car je constate que c’est surtout l’interprétation de ces auteurs-là qui ont rendu pour moi le personnage séduisant, cela n’en reste pas moins une série fort agréable. Certes il faut être réceptif à son atmosphère bon-enfant pour apprécier, mais quelques blagues à caractère sexuel en rapport avec la plastique de l’héroïne ou les tenues ridicules (notamment le string de Vartox considéré comme une « tenue de soirée » sur sa planète) viennent contraster avec le tableau gentillet de la série.
L’humour vient aussi de ce décalage entre l’aspect enfantin et les blagues qui flirtent avec le mauvais goût, ce qui donne un ton décalé à la série, très second degré.

Une heroïne conciliante

Une heroïne conciliante

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Teaser : notre féministe Mattie Boy se penche sur le destin de ¨Power Girl entre les mains de Pamiotti et Conner. Juste une blonde à forte poitrine ou un un petit supplément de femme dans de charmantes aventures (sic) auto-contenues ? Toutes les mensurations chez Bruce Lit !


La BO du jour : une autre super blonde à super poitrine pour une chanson super connue que massacrera par la suite la super beauf Whitney.

39 comments

  • PierreN  

    « ce soi-disant champion élu tombeur de ces dames à l’allure de gros beauf en string de cuir »
    « les tenues ridicules (notamment le string de Vartox considéré comme une « tenue de soirée » sur sa planète) »

    D’autant plus amusant lorsque l’on sait que son look a été conçu au départ comme une référence claire au Zardoz de Boorman (le personnage a justement une forte pilosité comme Connery).
    Le gars avec une coupe façon Beatles, ce serait pas un clin d’oeil à Big Bang Theory ?

    • midnighter  

      ah ben moi c’ est clair j’ ai vu wolowitz aussi

    • Matt  

      Ah je ne connais pas assez Big Bang Theory pour avoir relevé le truc.
      Par contre ouais je vois ce qu’est Zardoz mais je n’ai même pas fait le rapprochement^^

  • midnighter  

    je me suis toujours demandé si la taille de la poitrine de power girl était un pari entre dessinateurs pour voir si ils allaient se faire gauler par le comics code authorithy ;)

    • Eddy Vanleffe  

      C’est ce qui se dit en effet…
      Super série bien fun…
      Merci Mattie!

  • Tornado  

    Et bien autant voilà bien la dernière chose que j’ai envie de lire, quand bien même le physique de l’héroïne a tout pour plaire, autant j’ai adoré l’article, concis et plein d’esprit !
    Bon, il faudrait me payer extrêmement cher pour que je lise un truc pareil à l’heure actuelle, mais vu à travers l’article, c’était bien marrant ! :D

    C’est officiel, j’ai complètement arrêté le super-héros, qu’il soit Marvel ou DC, ancien ou récent. Le seul titre apparenté qui apparait sur mon planning 2018, c’est le 2° tome de la série Black Hammer. Pour moi, il est franchement temps de passer à autre chose. Et lire un truc juste pour le fun, alors ça, définitivement c’est plus possible.

    • Matt  

      Tu ne peux plus lire un truc pour le fun ? Juste dans le genre super héroïque ou…dans aucun genre ? C’est un peu triste quand même. Enfin moi une série fun en BD c’est comme un film fun pas prise de tête. Mais d’après ce que j’ai compris, ce que tu aimes en film tu n’aimes pas forcément en BD.

      Mais bon content que l’article t’ai fait sourire au moins^^

      Les super héros j’ai vachement ralenti aussi. Je ne m’intéresse plus aux nouveautés, j’attends juste des trucs anciens (ou modernes mais avant 2010…comme par exemple la deuxième partie du run de Bruce Jones sur Hulk qui doit sortir en Marvel Icons) En comics DC j’ai très peu de trucs en fait. Quelques Batman, Batwoman et ce Power Girl. Superman j’accroche vraiment pas. Bon techniquement Watchmen c’est DC aussi mais je parlais surtout en mainstream.

      • Eddy Vanleffe  

        Les super héros:

        je fais mon documentaliste à rassembler et compiler tout ce qui peut avoir rapport avec des arcs importants.
        Aujourd’hui:
        Marvel je m’en fous
        DC, c’est en train de ma passer aussi. parce que Rebirth, j’ai touvé ça cool, mais là il y a plien d’EVENTS à la con et voilà, ça me gave déjà…

        Seul pour moi vaut le coup Valiant…
        je picore à la limite…

        • Matt  

          Mais moi j’suis presque content de m’en foutre des nouveautés^^ ça me donne une excuse pour arrêter de remplir mon étagère de comics de super héros. J’en ai déjà 3 rayons, et ça suffit^^ ça me permet de garder mon pognon pour varier un peu les types de BD : mangas, franco-belge, et puis aussi comics indépendants.

          • Eddy Vanleffe  

            pareil!
            je m’en fous…
            je lis les news et je me surpend à en avoir rien à caguer…
            comme le Fresh start de Marvel par exemple…

            Pour revenir à Power Girl, j’ai vraiment bien aimé cette série. Amanda Conner possède une certaine patte cartoony, aisé à appréhender sans que cela jure en quoi que ce soit avec les exigences habituelles de ce genre de format.
            L’humour est bien mené, pas ridiculisant,plein de clin d’œils. sutout le ton trouvé, justifie la présence d’une power Girl différente d’une Supergirl, d’une Wonder Woman, ou de toute autre…la voilà désormais munie d’une galerie d’amis et d’ennemis ,d’un univers à elle, d’un personnalité et d’une « voix ».
            c’est ce qui est agréable dans ces deux petits tomes rigolards mais pas débiles

          • Matt  

            Je suis bien d’accord !

  • Bruce lit  

    Je suis un grand admirateur d’Amanda Conner. Nettement moins de Palmiotti au scénar’ qui n’a rien de très intéressant en plus d’être souvent inutilement bavard. Pourtant ces deux là ont pondu un truc assez unique : Superzéro que j’adore (une gamine tente de recréer les origines de Batman, du Punisher, de Spidey et des FF).
    Suite à ton article j’ai donc lu ces épisodes qui m’intriguaient. Il y a des trucs sympas. On peut adhérer au personnage sans effectivement ne rien connaître et/ou se foutre totalement de l’univers DC.

    Comme tu le mentionnes, le personnage est très sympathique et bien dans sa peau. Elle me fait penser à une Miss Hulk chez DC, la sexualité en moins, le duo prenant un malin plaisir à ne pas donner dans ce que le lecteur attend un peu : des culbuttes de cette femme bien constituée (enfin, moi j’aime bien les petits seins).

    J’ai pris plus de plaisir à lire sa vie privée que les intrigues avec le singe albinos qui m’ont moyennement intéressé. Comme toutes les séquences avec le conseil d’administration.

    Il y a des passages que j’aime beaucoup comme ceux avec son chat et d’autres que je trouve pas terribles au dessin : la séquence avec le dragon en est l’exemple typique ou la couverture de l’article. Par contre je suis incapable de résister à la moue excédée de la cover alternative en fin d’article qui me rappelle les grandes heures de The Pro.

    Au final une découverte sympathique mais un peu trop irrégulière.

    • Matt  

      Tu n’aimes pas la cover de l’article ? Pourquoi ? Je la trouve chouette et sexy.
      C’est vrai que tout n’est pas excellent (je n’ai pas mis 5 étoiles) mais ça reste fort sympathique.

      • Bruce lit  

        Si on parle de la blanche, je la trouve quelconque et au contraire pourrait jouer contre « le produit » : une nana avec des gros nibards avec un costume kitch. Je trouve que ça ne raconte rien. On pourrait même croire que c’est du Dodson.
        En revanche celle de la fin d’article évoque le ton décalé et humoristique de la série. Le second degré est plus présent avec cette pauvre blonde exaspérée par la libido qu’elle éveille chez les hommes. La dimension geek en plus. Pour moi, il n’y a pas de compétition entre les deux.

        • Matt  

          Que ça n’évoque rien ne rend pas le dessin mauvais…
          Tu dis que tu n’aimes pas le dessin.

        • Matt  

          Et je pourrais argumenter que si je l’ai choisie c’est pour le sous titre « power to the people » puisque c’est quand même un truc qui ressort de la série aussi : les persos.
          Sinon ouais c’est juste une héroïne qui « pose », comme tous les super héros. Rien de spécial mais pour moi c’est toujours bien dessiné avec une Power girl au sourire ravageur. J’aime beaucoup les expressions faciales (dans le ciné, quand elle parle au pompier), il y a un peu de Terry Moore aussi je trouve dans son style.

        • Jyrille  

          Tout à fait d’accord avec toi Bruce sur la première couverture.

    • Eddy Vanleffe  

      Misse Hulk, bonne comparaison…
      D’ailleurs j’aime bien ce perso aussi…
      La version de Byrne jouait pas mal sur le coté sexy aussi…

  • Tornado  

    De mon côté, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout fan de ce genre d’approche cartoon sexy à la Dodson. Affaire de goût personnel.

    Sinon, pour en revenir à la discussion plus haut, je ne suis effectivement pas à la recherche de la dimension « fun » au niveau de mes lectures. Pour le fun, je me contente, comme Matt l’a bien compris, de quelques films. Pour ce qui est de la lecture, et encore une fois cela n’engage que moi, j’associe cette action à une recherche intellectuelle, raison pour laquelle je suis un lecteur extrêmement exigeant. Lire pour me distraire, ça ne m’intéresse pas du tout. Il n’y a rien de triste là dedans. C’est juste une question de goût.
    Les rares cas où je peux me distraire avec une lecture, c’est si elle me fait rigoler. Mais là encore, j’ai besoin qu’il y ait un sous-texte, comme avec Goscinny ou Binet. Ou alors qu’il y ait un second effet Kisscool, comme la nostalgie ou la connotation. Par exemple quand c’est fortement ancré dans un univers que j’aime, du genre steampunk ou gothique. Un truc qui mêle le fond et la forme, quoi.
    Rien de quoi prendre mon post comme une provocation. Chacun est libre d’aimer ce qu’il veut après tout.

    • Matt  

      Mais tu es plein de paradoxes alors…parce que Shanna c’est quoi si ce n’est pas une lecture fun plein de dinosaures comme un film « fun » de Godzilla ?^^

    • Matt  

      Si je disais que c’est triste c’est parce que tu me donnais l’impression qu’avant tu aimais le fun mais plus maintenant (peut être à cause des super héros, comme un gros ras le bol). Justement parce que tu as déjà parlé de lectures funs comme Shanna qui te plaisent^^
      Sinon après oui, chacun fait comme il veut, mais ça donne juste l’impression que tu as changé de goûts peut être à cause d’une mode pénible. Si c’est pas le cas, tant mieux…mais il y a donc des contradictions^^

  • Tornado  

    C’est connoté, justement. Il y a une dimension « pulp » et un sous-texte sur la place de la femme dans le monde des hommes. C’est une lecture qui s’enrichit à chaque passage. Pour moi c’est une oeuvre dans laquelle son auteur a mis beaucoup de lui-même, pas un simple divertissement. Mais c’est sans doute aussi le fait que, pour toute approche, chacun y voit midi à sa porte.
    Quant au fait que je sois plein de paradoxes, c’est vrai. Ça me permet d’évoluer à l’occasion de nos discussions, non ? :)

  • Présence  

    Super article et ce n’est pas (seulement :) ) parce que je suis 100% d’accord avec toi sur tous les points.

    J’aime beaucoup les dessins d’Amanda Conner qui sont bien adaptés au ton de la série, ou plutôt qui donnent le ton de la série, à part égale, voire plus que le scénario. Il est également possible d’évoquer les différentes tenues vestimentaires des personnages féminins, éléments visuels dans lequel Conner a investi une part significative de son temps. Comme tu le dis, c’est un vrai plaisir de voir Karen Starr bien dans sa peau, jouer de son physique, sans se comporter comme une allumeuse.

    J’ai beaucoup aimé la manière dont tu évoques les atouts de la poitrine de Power Girl, à la fois drôle (12 épisodes ne suffiraient pas à en faire le tour de toutes façons, excellent) et très juste (panel de super héroïnes toutes en tenues de latex qui agissent comme si de rien n’était, presque asexuées, c’est vrai que ça finit par produire cet effet à la longue).

    Cette série de 12 épisodes a eu droit à une suite officieuse (officieuse parce qu’entretemps Rebirth était passé par là) : Harley Quinn et Power Girl, co-écrite par Justin Gray, Jimmy Palmiotti et Amanda Conner, dessinée par Stéphane Roux, aidé par un peu trop de monde. Je n’y avais pas retrouvé le même entrain que dans ces 12 épisodes.

    En tant que grand fan de Dolly Parton, je suis touché par ce choix de BO, la version originale de cette chanson où je trouve que la voix de Dolly Parton exprime beaucoup plus de nuances que celle de Whitney Houston.

    • Bruce lit  

      Je savais que ça te plairait.
      PAs besoin de bramer pour faire passer la mélodie tout en simplicité.

    • Matt  

      Merci Présence. J’avais lu ton article sur la série avec Quinn. Du coup je n’ai pas tenté. Et puis ce n’est même plus la même Power Girl suite au reboot new 52, mais ça y fait référence avec le même Vartox ou je ne sais quoi…houlàlà, je ne veux pas de référence à ces délires de terres parallèles.

  • Jyrille  

    Très sympa ton article Mattie, surtout que je n’avais jamais entendu parler de cette héroïne. En te lisant, j’ai souvent pensé à Faith, sortie de Harbinger pour sa propre série. La différence étant que Faith est le contraire physique de Power Girl… Cela a l’air marrant, mais je ne pense pas me pencher dessus (la série je veux dire), en tout cas pas dans l’immédiat. Même si je suis totalement d’accord pour porter aux nues le dessin de Amanda Conner. Je ne la connais que dans les quelques épisodes de Vampirella scénarisés par Morrison et Millar, mais je suis persuadé que c’est une grande dessinatrice. Tous les scans sont beaux je trouve.

    En ce qui concerne la féminité, pourquoi pas, mais la prise de risque est tout de même minime, comparée à Faith par exemple. Je pense tout de même que tout cela est destiné aux garçons, mais avec de l’humour et sans transformer son personnage en objet, ce qui est déjà beaucoup.

    La BO ? Je préfère la version de Whitney (alors que je n’ai jamais vu le film). Qui n’était pas une beauf, mais une droguée…

    • Bruce lit  

      L’un n’empêche pas l’autre ;)

      • Jyrille  

        Bien sûr… mais je ne la ressens pas ainsi. Evidemment que sa version (par exemple) est plus spectaculaire, mais la version de Parton ne me fait pas croire aux paroles. Il faudra que je retente dans de bonnes conditions.

    • Matt  

      Oh oui je pense que c’est plus pour les garçons, le but n’était pas de prendre un grand risque avec une héroïne aux antipodes des canons de beauté.
      Cela dit, si on écoute certains bienpensants, il faudrait que les belles femmes disparaissent des comics parce que c’est offensant, toutes les femmes ne sont pas comme ça, etc.
      Sauf que pour moi ça dépend de comment c’est fait. Les héros masculins sont rarement de gros moches aussi, faut-il pour autant prendre ça comme une insulte envers les hommes moches ?
      Comme je le dis dans mon article, je suis davantage gêné quand une flopée d’héroïnes à poil (les trucs à la Top Cow) sont là uniquement pour flatter la rétine alors que les personnages n’ont même pas l’air de se rendre compte qu’ils sont à poil.
      Cette série montre quand même qu’une héroïne sexy a le droit d’exister et peut ne pas se réduire à un objet, peut profiter des avantages que ça lui donne (et sans être une allumeuse) et sans avoir non plus à s’excuser d’être bien foutue pour les femmes qui n’ont pas cette « chance ».

  • Eddy Vanleffe  

    je comprends Tornado…
    je suis incapable de rire à un roman à part Exbrayat ou San Antonio quand j’étais gamin. Depuis j’ai souvent entamé des livres « parodiques » et je me suis toujours fait chier au point d’avoir beaucoup de mal avec Terry Pratchett ou Zelazny…
    J’ai du commencer quatre ou cinq fois la lecture de « de bons présages » sans jamais pouvoir dépasser la page 50.
    pourtant j’ai éclater de rire lorsque j’ai su que la Terre était du signe de la Balance, mais ça ne suffit pas…

    Mais par contre il est vrai que le super héros en lui même constitue également un genre à part entière connoté avec ses poncifs, détournements,etc…

    je ne savais même pas que Dolly Parton avait chanté cette chanson…la chanson est devenue une sorte de « curseur » pour les petites filles qui chantent… soit tu te ramasses, soit tu tabasses… et je ne pense pas qu’elles aient la version de la blonde en tête…
    C’est un peu comme Twist and shout, qui se souvient de la version des Isely brothers?

    • Bruce lit  

      Il s’agit de la version originale et si on peut la réhabiliter…

      • Eddy Vanleffe  

        Certes, choses faite d’ailleurs pour mon cas (puisque je viens de la découvrir) mais les deux peuvent cohabiter, je pense…

        plein de truc existent en plein de versions…
        totalement par hasard, on m’a remis devant Bodyguard pas plus tard qu’avant hier, et sa reprise fait sens à l’intérieur de l’histoire puisque c’est la chanson que les deux protagonistes écoutent en version country (voix masculine d’ailleurs). Elle la reprends en fin de film pour souligner le moment de bonheur partagé je suppose.
        Après y’a eu le succès mais voilà le destin de certaines chanson est un peu bizarre. ça aura au mois eu le mérite de pouvoir donner à Dolly Parton une jolie retraite… ;)

        • Présence  

          Houlà malheureux ! Ne me lance pas sur Dolly Parton. Elle ne l’a pas simplement chantée ou interprétée, elle l’a écrite et composée. Je trouve qu’il y a beaucoup plus de richesse dans les nuances de ses inflexions, que dans la voix de Whitney Houston. Pour avoir tenté de chanter à l’unisson avec l’enregistrement de Dolly Parton (sans témoin bien sûr, même si le ridicule ne tue plus), c’est une leçon de modulation et d’émotions. A mes oreilles (de métalleux, mais pas seulement), elle fait passer toute l’émotion qui vient avec la séparation, avec l’acceptation d’avoir été flanquée à la porte, avec la gentillesse de souhaiter une vie heureuse à son ex.

          Quant à Dolly Parton, elle est toujours en activité à 72 ans, avec incroyable carrière derrière elle, ayant débuté de manière professionnelle en 1967, soit plus de 50 ans de métier. Allez tiens, je vais me remettre un de ses CD. :)

          • Eddy Vanleffe  

            je ne dis rien de mal sur madame Parton… :)
            simplement que la chanson a eu une deuxième vie qui a pu jeter une lumière nouvelle.
            j’ai longtemps hurlé dès que j’entendais une reprise. aujourd’hui,nous vivons dans une ère de « folkisation » de la pop-rock. c’est une sorte de patrimoine dans lequel on pioche indéfiniment.
            on redécouvre (si on le veut) des trucs comme Ballrooom Blitz des Sweet, ou d’autres choses suivant notre propre culture de la chose…
            je fus longtemps le seul dans mon entourage à connaître « Surfing bird » des Trashmen, aujourd’hui c’est une pub, un jingle de bande annonce, une générique d’émission… etc…
            j’ai fini par accepter que tout est recyclé sans que cela soit une « insulte » à l’original, c’est une sorte héritage… on peut le renier mais il demeure pourtant…
            le succès colossal de version de whitney a surement eu de bonnes conséquences pour son auteur original (d’où ma blague sur sa retraite…)

          • Présence  

            C’est rigolo parce que je me rends compte en te lisant que je ne connais la version originale de Ballroom Blitz ; je n’en connais que la reprise par un groupe de hard rock suisse dénommé Krokus. Je suis moins ignare pour Surfing Bird.

            Tout est recyclé : c’est l’un des principes régulièrement exposés par Tornado dans le cadre du postmodernisme artistique.

            Effectivement la reprise de Whitney a contribué à alimenter les caisses de Dolly Parton puisqu’elle est l’auteure et la compositrice de la chanson.

  • JP Nguyen  

    Je passe tard car j’ai un truc sur le feu… mais je trouve que les dessins sont chouettes. Expressifs, lisibles et tout…
    Le truc qui me freine, c’est que je n’ai pas d’attirance particulière pour le personnage de Power Girl et sa poitrine généreuse.

  • Manu  

    Quand j’ai découvert pour la première fois Power Girl, je me suis dit « Ils ont osé… »
    Autant les histoires de super-héros lorsque c’est bien raconté c’est cool; autant là j’ai trouvé tout de suite le personnage repoussant car trop sexualisé. C’est vraiment too much pour moi.
    Je passe donc mon tour et je retourne de ce pas finir « De cape et de crocs » ( pas le même délire, j’en conviens… Mais quelle force de narration!!!)

  • Nico  

    Bon article Matt, j ai passé un bon moment :)
    Je ne connaissais pas ce perso, j ai finalement quasiment tout laissé tombé chez Dc et Marvel…quelle débandade. Néanmoins, les histoires que l on peut lire sans pour autant se fusiller les neurones par rapport à la continuité m intéressent encore…
    Le scénario a l air plutôt basique mais fun. Les dessins comme tu l as justement souligné, mettent en valeur les expressions faciales avec talent, c est indéniable.
    Je pense donc que je vais franchir le pas et me l acheter. Pour moi, c est le genre de bd que j appel «pop corn», vite lue, loin d être inoubliable mais nécessaire. C est comme quand j achète un Millar, à part quelques rares exceptions, je sais très bien que ce ne sera pas excellent, mais divertissant.

    • Matt  

      Merci.
      Oui il faut des lectures (ou des films, ou des jeux, etc.) qui ne nous retournent pas sans arrêt le cerveau. Des trucs funs qui font passer un bon moment parce que oui c’est nécessaire. Si on ne lisait que des trucs tragiques tristes hyper profonds, on aurait peut être l’illusion d’être plus intellos mais on serait peut être plus déprimés aussi^^
      Certains trouvent le « fun » ailleurs, dans des films, dans des jeux, mais c’est loin d’être un truc de bas étage bête, c’est en effet des bouffées d’air qui font du bien pour se détendre.
      C’est pour ça que je ne dénigre pas les « simples » divertissements, ils sont utiles aussi.

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