Une mort sans fin (Happy Birthdead)

Happy Birthdead par Christopher Landon

1ère publication le 05/02/18- MAj le 03/11/18

On fournit le couteau pour couper le gâteau

On fournit le couteau pour couper le gâteau

Un article bouclé par BRUCE LIT

Happy Birthdead est un film américain qui a connu un joli succès surprise au box-office fin 2017. Il s’agit d’une production Blumhouse , réputée pour produire des films d’horreurs à petits budgets dont certains ont donné lieu à des franchises pour la suite.

Ce qui nous intéressera, c’est aussi que le scénariste de ce slasher n’est autre que Scott Lobdell l’homme qui donna aux X-Men post Claremont un second âge d’or dans les 90′s.

Quelques spoilers mineurs viendront aiguiser nos propos.

Rien ne prédestinait votre serviteur à voir un énième slasher movie avec ado gueularde, tueur masqué dont l’identité est twistée à la fin du film entre deux blagues potaches et une distribution 100% White Trash.
Mais.
X-Fan un jour, X-Fan toujours, et la curiosité de voir comment s’en tirait mon scénaX préféré fut déterminante à regarder ce petit film inclassable et atypique malgré tous ses clichés. Nous y reviendrons. Voici la bande annonce :

Le pitch : Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ?

Happy Birthdead, j’ai compté, tue son héroïne 18 fois tout au long du film. Comme Alice Cooper ou Jason, notre héroïne meurt poignardée, pendue, brûlée. Rien n’y fait : après chaque fatalité, elle se réveille dans la chambre d’un geek avant de progressivement enquêter sur sa mort dans la journée et se faire flinguer le soir. Car Tree, garde le souvenir de sa vie antérieure, ce qui lui permet d’expérimenter des hypothèses sur l’identité de son assassin.

Le film joue à fond la distanciation ironique entre la victime et son tueur

Le film joue à fond la distanciation ironique entre la victime et son tueur Source : Blairwitch / (C) Universal Pictures

Tree est une jeune femme blonde assez antipathique, égocentrique qui vit sans trop de scrupules : elle gruge aux exams, couche avec son prof’ marié, boit, rote et pète (dans une scène plus finaude que l’on eut pu croire). Au secours, Bruce Lit, aurais-tu succombé à l’Harley Quinnerie qui confond émancipation et trash ?

Un peu, j’avoue. Mais pas tant que ça, tellement le personnage de Tree rappelle par moment la petite Jubilee  que Lobdell magnifia durant son run : capable de sensibilité et de profondeur entre deux bulles de chewing-gums éventrées. Bon, Lobdell, ce n’est pas Alan Moore non plus, et les connaisseurs de son univers ne seront pas surpris d’y redécouvrir l’éloge des valeurs familiales traditionnelles.

Déjà vu ? Cache-cache entre une ado et un psychopathe

Déjà vu ? Cache-cache entre une ado et un psychopathe (C) Marvel Comics

Lobdell, c’est celui qui dans les X-Men redonna à Charles Xavier un statut paternel rassurant. Répara la paternité de Scott Summers. Écrivit des pages très sensibles entre Bobby Drake et son père raciste ordinaire qui finit par trouver sa rédemption ou Sam Guthrie qui cherche sa place dans une équipe plus mature que la sienne. Avec la mort d’Illyana du SIDA mutant, la famille et les épreuves que la famille mutante doit traverser avec ses tensions, ses doutes mais aussi ses joies, sont au centre du travail de Lobdell. Sans doute en écho à la longue lutte de son père face au cancer dont il posta des photos d’une dignité absolue après sa mort.

On se rappellera aussi que de Legion Quest à l’Ère d’Apocalypse en passant par Les Aventures de Cyclope et Phénix, notre homme aime écrire sur les boucles et les paradoxes temporels qu’il maîtrise plutôt bien. On se rappellera enfin que dans un épisode marquant Jubilee se retrouvait seule face au tueur Sabretooth après une coupure de courant. Une scène qui fait écho au combat de Tree face à son persécuteur.

Aussi increvable qu'Alice Cooper. Un clin d'oeil adorable. + 1 !

Aussi increvable qu’Alice Cooper. Un clin d’oeil adorable. + 1 !- Source Bloody Digusting / (C) Universal Pictures

Attention ! Happy Birthdead n’est pas non plus une adaptation officieuse des X-Men comme le fut Donnie Darko. Il n’en a ni le drama, ni l’intensité. Encore moins l’intelligence. En fait, Happy Birthdead est assez inclassable : sur le fond, ne pas s’attendre à l’horreur existentielle de Craven ou Hopper. Ou la terreur intello de Mother. Et pour cause : quoiqu’interdit au moins de 12 ans, le film ne fait pas peur. Ni frémir. Jamais.

Porté à bout de bras par son interprète Jessica Rothe, Happy Birthdead pourrait être un Feelgood Scary. Lorsque se pointe un tueur revêtu d’un masque et d’une capuche, on croit craindre le pire. Avant que le Slasher façon Scream parte sur autre chose : un thriller chaleureux  (!) qui doit autant aux dialogues souvent percutants qu’au bagout de son actrice capable d’être sexy (ce regard !),  de faire des grimaces, de passer pour une ado à l’écran à 30 ans passés de se comporter comme une parfaite connasse avant d’être touchante et authentique. Ce film est le sien, et si sa personnalité vous insupporte, il n’est pas sûr que le film vous plaise.

Inversement, si on passe outre les conventions du teenage movie sur lesquelles le film ne s’attarde pas, le spectateur passera un excellent moment via un scénario pétillant et truculent dont il sera impossible de contester l’inventivité. C’est drôle sans être lourd. Il y a des meurtres sans hectolitres d’hémoglobines. Un vrai suspense et des personnages attachants. Et un jeu jouissif de cache-cache d’un personnage avec sa propre mort qu’elle finit par banaliser.

20 ans après ses X-Men et Generation X, Scott Lobdell réaffirme son talent d’être celui que l’on attend pas/plus dans un domaine où l’on pensait avoir tout vu/lu. Moins torturé que Mémento , moins teenage que Destination Finale mais aussi drôle qu’un Jour sans fin auquel la réplique finale rend hommage, il fournit avec cet Happy Birthdead une série B qui rappelle la culture VHS de la fin des années 80. Dommage que l’ost ne soit pas à la hauteur.

Mourir va faire grandir notre héroïne

Mourir va faire grandir notre héroïne / Source : Notre cinema / (C) Universal

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Scott Lobdell, l’artisan des Xmen des 90′s a écrit l’an dernier une comédie horrifique qui a bien marché au Box-Office américain : Happy Birthdead. Impossible pour le X-Fan que je suis, de passer à côté et de vous en faire la revue.

LA BO du jour : Tree revient à la vie encore et encore et encore et encore…..

35 comments

  • Patrick 6  

    Nous avions déjà eu une relecture d’Un jour sans fin version SF (Edge of tomorow) alors pourquoi pas version Slasher ? En tous cas si je comprends bien ce film est fun à défaut d’être génial, mais ce n’est déjà pas si mal ! Un film à voir un samedi soir avec ou sans popcorn ?

  • Eddy Vanleffe  

    j’ai vu le film en entendant parler dans les commentaires d’ici. j’ai cru comprendre, allez savoir comment que Scott Lobdell était impliqué alors…je suis au moins aussi curieux que n’importe qui, j’ai loué…
    J’ai vraiment trouvé ça rafraîchissant, mimi comme tout. c’est bizarre à dire pour un slasher mais c’est surtout une comédie en fait qui joue avec les codes en abordant l’angle d’attaque du jour de la marmotte…
    c’est le côté ludique du film qui est très agréable.
    un bonbon.

    • Bruce lit  

      @Eddy : voilà ! Le film ne réinvente rien mais l’écriture est assez fraîche. Et j’aurais dit la même chose même si Lobdell ne l’avait pas commis.
      @Pat : SANS popcorn ! Je hais le popcorn au cinéma ! Une des raisons pour lesquelles j’y vais rarement. Quoique ces derniers temps j’y suis allé 3 fois en trois semaines (au lieu d’une fois par an, on frise la surchauffe…que se passe t’il ? euh…vive mon comité d’entreprise…et mon besoin de sortir). Je vous conseille vraiment 3 Bilboards qui est formidable. Fuyez par contre le nouveau Liam Neelson : The PAssenger.

  • Matt  

    Edge of tomorow était une adaptation du manga en 2 tomes « All You Need is Kill » (lui-même adaptation d’un light novel, donc si vous voulez c’est une adaptation du roman)

    Quand j’ai vu de quoi parlait le film j’ai en effet pensé à Un jour sans fin, Edge of tomorrow, etc. Et aussi Destination finale (dont le seul intérêt est de voir de quelle manière créative les gens vont crever)
    Je trouve le concept surexploité en fait. ça ne me fait pas vraiment envie.

  • Tornado  

    Ça a l’air sympa. mais ça me donne surtout envie de revoir Un Jour Sans Fin, en fait, grand classique (avec le temps) que je n’ai vu qu’une fois il y a au moins 20 ans de cela…

    • Matt  

      C’est un peu le souci. ça semble être un peu plus qu’un hommage à ce film vu que le principe du personnage qui devient meilleur à force de revivre la même journée et mourir, c’est complètement Un jour sans fin.

      • Jyrille  

        Il y a aussi un film avec Gyllenhaal je crois, The Code ou un truc comme ça. Et puis un film français récent, La colle.

  • Présence  

    Un film de slasher qui ne fait pas peur ? C’est exactement le concept adapté à ma sensibilité. :)

    J’avais également beaucoup apprécié Un jour sans fin, et sa chanson de Sonny & Cher : I got you babe.

  • Jyrille  

    Il faut que je le voie avec mes ados (ou sans, mais de préférence avec Zoé), mais tout comme Patrick cela ressemble beaucoup à Un jour sans fin et Edge of Tomorrow (celui-là je l’ai vu avec Maël je l’ai beaucoup aimé). Il faut que je revoie Un jour sans fin avec eux…

    A part ça je suis content de te lire sur un film, Bruce, ça change ! J’ai été très touché par tes remarques sur les séries B des années 80. Ca a l’air vraiment bien.

    La BO : le titre est cool mais je n’ai jamais accroché à Alice In Chains. Et oui, j’ai écouté le MTV Unplugged.

    • Matt  

      Il était sympa Edge of Tomorrow. Et pour le coup le principe ne sert pas à rendre un personnage plus sympa, mais à découvrir un secret, indice par indice. Je voulais lire le manga à la base du film mais du coup maintenant que je connais l’histoire, je ne suis plus bien motivé.^^
      Mais je trouve que ce principe de revivre la même journée est vite fatigant en fait. Ce n’est pas facile de faire en sorte que les films se différencient et il faut toujours se taper des scènes similaires (normal, c’est l’idée, mais ça peut être gonflant.)
      Tout ceci fait que le principe en lui-même de la boucle temporelle ne m’attire pas du tout.

    • Bruce lit  

      @Cyrille : M’enfin ! mon dernier article sur un film remonte effectivement à Avril 2017 (Polanski). Tu fais bien de me le dire. Un autre article arrive en fin de semaine sur un film de zombies.
      J’adore AIC notamment l’album Dirt qui est un monument de grunge dépressif et désespéré. Les spécialistes s’écharpent depuis des années pour savoir duquel entre AIC et Nirvana , qui a pondu l’unplugged le plus sombre et tourmenté. Verdict…..

      • Matt  

        Un film de zombie vendredi ? C’est quoi le thème de la semaine ? (s’il y en a un)

        • Eddy Vanleffe  

          films de nanas bad ass je crois…

          • Matt  

            Ah ok (mais comment tu sais ça toi ? C’est sur face de bouc, c’est ça ?)
            Je vois de quel film il s’agit alors. Celui que Bruce m’a poussé à regarder malgré une certaine aversion que j’ai pour les zombies^^

          • Bruce lit  

            @Matt : la thématique : des femmes et des couteaux (no ken). Bingo pour le film de fin de cette semaine.
            @Cyrille : Oh..provocation……Je te laisse engager !

          • Jyrille  

            Quoi le Nirvana ? Il a de très beaux titres, de très belles reprises (je dis ça sans connaître les originales à part celle de Bowie), mais je me souviens qu’à l’époque déjà on trouvait ça déplacé. Ce n’est pas le Nirvana que j’affectionne. Il possède une lassitude qui me gêne. Le groupe semble à la fois fatigué et nerveux, sous pression. Krist Novoselic fait ce qu’il peut pour faire vivre les titres, Dave Grohl s’emmerde fatalement et Kurt n’a pas envie d’être là. C’est usant et très déprimant au fond.

            Après c’est sûr que ça marche quasiment à chaque morceau. Je suis capable de pleurer en écoutant Jesus doesn’t want me for a sunbeam. Mais sur la longueur, ce manque flagrant de motivation, cet album sans doute imposé me met mal à l’aise.

      • Jyrille  

        Oh ben c’est sûrement pas Nirvana.

  • JP Nguyen  

    « Feelgood scary » : quelle belle formule… Je n’aurais jamais eu la curiosité de regarder ce film même en sachant que Lobdell l’a écrit…
    Je n’ai regardé un Jour sans fin qu’assez récemment (un an max) j’ai trouvé ça très sympathique mais j’ai sans doute passé l’âge où cela aurait pu vraiment me scotcher.
    Quand j’étais jeunot, je craquais pour Andie MacDowell (ses rôles dans Greystoke et 4 Mariages…)

  • Matt  

    N’empêche tu devrais voir pourquoi ton idée de juger l’œuvre en fonction de l’auteur (comme avec le rock) ne peut pas tenir la route avec les films.
    Le cinéma est un art collectif. Tu parles de ce film comme d’une œuvre de Lobdell. Mais il n’est « que » scénariste. Tu as déjà parlé de l’armée de morts comme d’un film de Zack Snyder alors que le scénariste est James Gunn (réalisateur des gardiens de la galaxie)
    A part peut être pour certains films comme les Hitchcock où le réalisateur semblait avoir un contrôle total et s’occupait de tout, un film est rarement une œuvre personnelle comme peut l’être une musique.

  • PierreN  

    L’analogie avec la musique peut fonctionner, mais plutôt avec un chef-d’orchestre qu’un musicien solo.

    • Matt  

      Et encore…
      Le chef d’orchestre a-t-il des producteurs au cul ?^^

      • PierreN  

        Ouais mais ce n’est pas forcément néfaste, les producteurs avisés laissant de la marge aux réalisateurs cela existe aussi, tous ne sont pas moguls intrusifs façon DeLaurentiis ou Weinstein (connus pour leur tendance à massacrer les films à l’étape du montage)

        • Matt  

          On est d’accord, ça existe
          Mais bon c’est un peu plus compliqué qu’un artiste solo. Même un auteur de comics qui bosse chez Marvel aura plus de libertés dans son découpage et sa façon de raconter qu’un réalisateur embauché par Disney pour leur prochain Star Wars^^ Parce que les auteurs de comics sont 2 ou 3 à tout casser, même avec l’intrusion de l’editor, alors qu’au cinoche t’as les directeurs photos, les costumiers, les musiciens, les responsables d’effets spéciaux, le ou les scénaristes, le metteur en scène…et le réal. Parfois ce dernier a plusieurs casquettes mais c’est pas si courant que ça^^

          • PierreN  

            « alors qu’au cinoche t’as les directeurs photos, les costumiers, les musiciens, les responsables d’effets spéciaux, le ou les scénaristes, le metteur en scène »

            Et qui donc fait le plus souvent le lien entre tous ses maillons ? Le réalisateur
            (à moins d’avoir un exécutant effacé aux ordres d’un producteur, éjecté de la salle de montage et jété comme un malpropre une fois son travail fait), c’est donc bien la preuve de son rôle crucial, même si le film n’est pas assuré de porter sa patte au final. Le travail collectif n’empêchera pas forcément l’émergence de la personnalité du réalisateur dans l’oeuvre finie (surtout si ces collaborateurs servent la vision du réalisateur, celui qui donne le là, si tant est que le producteur le permet).

          • Matt  

            Ouais mais disons qu’un film, si un costume est ridicule, une musique naze, l’éclairage pourri, le réalisateur aura beau dire « faut refaire », s’il n’a pas le budget ben il a beau avoir une vision, ça ne pourra pas se faire.
            Disons qu’un dessin par exemple ça dépend d’un mec. Évidemment il faut qu’il sache dessiner mais après il n’y a pas 3à intermédiaires et des histoires de budget qui peuvent l’empêcher de dessiner ce qu’il veut.

          • PierreN  

            « s’il n’a pas le budget ben il a beau avoir une vision, ça ne pourra pas se faire. »

            Il faut ruser alors et faire avec ce qu’ils ont sous la main.
            C’est dans ce cas-là que peuvent éventuellement émerger les réalisateurs débrouillards (certains anciens de l’écurie Corman comme Joe Dante ou James Cameron par exemple) capable de composer avec les contraintes, pour aboutir à un film ne manquant pas d’idées, à défaut d’avoir un budget faramineux.

          • Matt  

            Ok mais c’est pas pareil je veux dire^^
            C’est un peu trop facile de comparer ça. Le cinéma reste un art collectif, et pas une œuvre entre les mains de 1 ou 2 personnes comme une musique.
            Le jeu des acteurs aussi entre en compte dans le côté réussi ou gros nanar comique du résultat.

          • Bruce lit  

            Oui, bien entendu, tout ça est un art collectif.
            Mais c’est ainsi : on dit un film de George Lucas alors que Star Wars est le panachage de beaucoup d’éléments.
            Mais c’est pareil en comics non ?
            On blâme Bendis pour ses histoires à la con…Mais où commence sa responsabilité et où finit celle de l’éditeur qui lui commande son pitch…
            Il n’empêche que c’est bien son nom qui figure au générique ou dans les crédits.

          • PierreN  

            Mais le niveau des acteurs varie aussi en fonction de leur investissement (selon qu’ils prennent cela comme un job alimentaire, une récréation propice au cabotinage ou un potentiel grand rôle) et de la façon dont ils sont dirigés encore une fois… par le réalisateur. Le succès du film ne repose pas que sur les réalisateurs ça c’est sûr (on peut le voir avec les plus humbles comme Raimi ou d’autres, estimant avan tout être chanceux d’être bien entourés par l’équipe de production), mais ils en constituent une part clé.

            Bon, à la base la comparaison avec les musiciens n’est pas de moi, pour que Bruce défende son bifteck, il faut attendre qu’il débarque.

          • Matt  

            @Bruce : oui enfin en comics ça reste quand même restreint. ça peut être Bendis ou ça peut être l’éditeur. ça va pas chercher plus loin.
            En film il y a beaucoup plus de gens que le réal et le producteur.
            Si les personnages sont bien écrits, c’est grâce à qui ? Au scénariste ? Si le spectateur trouve le résultat crédible, c’est grâce au metteur en scène, au réalisateur ou à l’investissement des acteurs ? Un peu tout, non ?
            Il y a plein de moments où un film peut foirer.
            Évidemment si le réal est nul, ça ne va pas aider. Mais il peut aussi être bon mais être dans une équipe de nazes^^
            On ne parle pas beaucoup des gens qui écrivent le script aussi. Dans le cas d’une adaptation, l’histoire n’est pas du réal mais par exemple d’un écrivain. Mais il faut encore changer le bouquin en script pour le cinéma. Et c’est pas forcément le réal qui fait ça non plus (enfin ça peut être de lui, mais pas souvent)
            Alors tout mettre sur le dos du réal si ça foire, c’est pas pertinent. Ni sur le scénariste si le boulot du réal pour diriger les acteurs et rythmer ses scènes est pourri.
            Un scénariste en comics, il gère le rythme, le cadrage, les dialogues. Éventuellement il peut se reposer sur des idées du dessinateur, mais y’a rarement plus de gens.
            J’ai fait des courts métrages amateurs avec des potes et même à une échelle amateur, il peut y avoir un résultat très différent de l’idée qu’on se faisait en fonction des gens, des moyens, du temps, des compromis à faire, etc.
            A l’inverse quand je dessine une BD, je suis 1000 fois plus libre et capable de me rapprocher de ce que j’imagine.

          • Eddy Vanleffe....  

            Vous connaissez l’histoire de Wolverine qui perd son adamantium?

            lors d’un réunion en brainstorm, on demanda ce qui pourrait choquer le lecteur, Peter David lança pour la blague « si on veut choquer vraiment le lecteur, on n’a qu’à virer l’adamantium de Wolvie »
            l’idée fit sensation dans la rédaction, mais Peter David, se rétracta en disant que c’était juste un blague…
            résultat, Larry Hama dut écrire une histoire n’allant pas forcément avec ses projets à cause d’un scénariste d’une autre série,non convaincu lui même et qui ne l’écrira pas lui-même non plus.
            Dans les comics aussi, c’est un peu le bordel pour savoir qui fait qupi au juste…
            La génération Bendis semble avoir plus de contrôle, mais c’est très lissé par une langue de bois promotionnelle carrément opaque. Car si Bendis avait du contrôle, ses collaborateurs sont juste là pour le conforter et en sont pour leurs frais pour leur propres idées…

  • Bruce lit  

    Tes arguments, Matt, sont ceux que reprend Alan Moore pour refuser d’être crédité au cinéma.

    • Matt  

      Il est très sensible aux modifications de ses comics le monsieur^^
      Mais il n’a pas tort.
      Bon après les gars moi je ne voulais pas dire que ça n’arrive jamais dans les comics ce genre de trucs.
      Je voulais dire que Bruce aime bien parler des œuvres comme des trucs très personnels dans lesquels les auteurs s’investissent à fond et véhiculent des idées et des pensées qui sont les leurs, et donc que leur vie privée à côté et leur attitude fait partie des éléments à prendre en compte pour critiquer. On en parlait sur l’article sur Birdman comme quoi le réalisateur se doit de vivre en fonction du message de son film pour ne pas passer pour un hypocrite…

      ça ne marche pas pour moi. Il y a plein de gens qui bossent sur un film.
      Sean Penn a réalisé Into the wild, et même écrit le scénar. Ok. Mais le film est adapté du roman Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer. Le scénar n’est donc qu’une transcription en script cinématographique d’un bouquin écrit par un autre.
      Et est-ce que le réalisateur pense forcément que son personnage principal tiré d’un roman de quelqu’un d’autre a raison d’être un asocial qui veut vivre seul ? Euh…j’ai envie de dire qu’on s’en tape de ce que pense le réalisateur. C’est pas comme si Sean Penn avait écrit lui-même une chanson et qu’il parlait de lui. C’est incomparable.
      Pour Birdman, il s’avère que Inaritu semble être le scénariste (avec 3 autres gars quand même), donc peut être que déjà c’est une œuvre plus personnelle.

      Mais bon globalement pour moi ça ne tient pas debout de désigner UN mec comme responsable d’un film (comme un chanteur qui écrirait ses chansons tout seul), et de penser qu’il est le reflet d’un des personnages du film et qu’il doit vivre en fonction de ça dans sa vie privée.

      Dans cet article, Lobdell est crédité comme le scénariste « seulement », mais c’est lui dont on vante les qualités, avec presque pas un mot sur le réal. Je ne dis pas que le scénariste ne joue aucun rôle, et s’il a du bol, peut être que son script n’a été modifié qu’à 20% par les contraintes de la réalisation, mais c’est pour dire qu’on attribue la réussite (ou l’échec, ou la responsabilité de tel ou tel évènement relatif au film) à qui ça nous arrange, quioi^^

    • Matt  

      Pour un film on peut encore moins savoir ce qui se passe en coulisses que pour un chanteur de rock (et encore, même le chanteur de rock, il faut se dire que ce qu’on sait de lui, c’est surement juste la partie émergée de l’iceberg)
      C’est pour ça que non seulement je ne peux pas prendre les histoires privées en compte pour juger une œuvre, mais limite je ne comprends pas cette…euh… »naïveté » de croire qu’on est en position de comprendre ou juger ces gens. Après tout, les infos qu’on a des célébrités, ce sont des ragots relayés par des journalistes en quête de buzz.
      C’est peut être tous des connards prétentieux pour ce qu’on en sait. Ou au contraire c’est peut être ceux qui en ont l’air qui ne le sont pas tant que ça^^

    • Matt  

      Désolé pour le mot « naïveté », c’est pas pour être impoli, hein^^ Je me demande juste d’où peut venir cette confiance envers les médias avides de buzz quand il s’agit de se faire une opinion des gens.
      Ces gens, on ne les connait pas, faut se faire une raison. Même un ami proche des fois on se rend compte qu’on le connait mal, alors via les tabloids…
      Et pour moi un film n’est pas juste la voix d’un homme seul, mais une histoire de fiction qui peut exister en elle-même, donc même si un film qui dénonce le viol avait un metteur en scène qui a lui-même commis ce crime, ce ne serait pas aussi lamentable qu’un chanteur seul qui écrirait sur le sujet tout en commentant ce crime. Dans le film il reste le scénariste, les acteurs, plein de gens qui peuvent adhérer au message du film et le faire exister en tant que tel comme œuvre avec un message authentique;

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