Une plaie qui ne guérira jamais (Kenshin le vagabond)

Kenshin le vagabond  par Nobuhiro Watsuki

 OAV condensée en un long métrage

4 OAV condensées en un long métrage

AUTEUR : MATTIE-BOY

VF : Dybex

Connaissez-vous Kenshin le vagabond ? Non, pas le film live sorti en 2012 (que je n’ai pas vu, et dont je me fiche en fait). Initialement il s’agit d’une série TV de 95 épisodes de type shonen (manga pour jeunes garçons) réalisée entre 1996 et 1998. Mais ce n’est pas de ça dont nous allons parler non plus. Nous allons parler des 4 OAV sorties par la suite (en 1999) mais qui marquent le point de départ de la série et qui lorgnent plutôt du côté du seinen (manga adulte) historique. Ces 4 OAV ont été mises bout à bout et sont sorties sous forme de long métrage de 2h en DVD chez nous sous le titre Rurouni Kenshin : Tsuioku Hen (Kenshin le vagabond : le chant de la mémoire).

Ce « film » peut se regarder de manière auto-contenue sans avoir à se préoccuper de la série qui suit qui n’a d’ailleurs absolument pas le même ton mature (j’ai vu très peu d’épisodes et je m’en porte très bien.)

Attention ! Il y aura des spoilers. Cela me paraît inévitable pour parler des qualités de l’œuvre, mais sachez que je tairais tout de même l’identité du méchant de l’histoire ou les explications de fin.

Tout d’abord, il convient de contextualiser un peu l’histoire. Car le plus gros reproche à faire à ces OAV (mais qui n’en est pas vraiment un pour moi) c’est qu’on ne nous explique pas tout sur le contexte historique. La raison en est simple : pour les Japonais, c’est évident. C’est une partie de leur histoire qui est très connue. Et nous, on ne nous enseigne que dalle sur la Japon à l’école. Donc on ne saisit pas forcément tout au premier visionnage. Mais le DVD dispose de bonus (quelques textes à lire) qui nous en apprennent un peu plus. C’est d’ailleurs via ce medium que j’en ai appris davantage sur l’histoire du Japon.

Déjà, il faut savoir que le personnage de Kenshin, jeune assassin extrêmement habile au sabre, est inspiré des quatre hitokiri (assassins) du Bakumatsu (période de 1853 à 1868 durant laquelle le Japon a mis fin à sa politique isolationniste). Il s’agissait de quatre assassins réputés invincibles qui se sont opposés au shogunat (dictature du shogun, chef militaire, qui a duré de la fin du XIIe siècle à la révolution de l’ère Meiji en 1868). Ils se sont donc battus pour renverser le shogunat des Tokugawa (une dynastie de shoguns qui dirigèrent le Japon de 1603 à 1867. Le premier shogun de la dynastie fut Tokugawa Ieyasu, le dernier fut Tokugawa Yoshinobu. Leur règne est plus connu sous le nom d’ère Edo).
Bref, ici Kenshin Himura est l’hitokiri Battosai (Battosai venant de l’expression Battou-jutsu qui réfère a l’habilité de retirer une épée de son étui à une telle vitesse que cela terrasse un adversaire en une seule attaque). Et il travaille pour le clan des Ishin Shishi, des impérialistes qui cherchent à restaurer le pouvoir de l’empereur.

Le Shinsengumi et ses deux célèbres capitaines : en bas à gauche Hajime Saito et à droite le jeune prodige du sabre Soji Okita

Le Shinsengumi et ses deux célèbres capitaines : en bas à gauche Hajime Saito et à droite le jeune prodige du sabre Soji Okita

Face à eux, ils trouveront la secte de samouraïs du Shinsengumi, des conservateurs sous l’autorité du shogun aussi appelés les loups de Mibu. Cette organisation bien réelle (on est toujours dans le cours d’histoire là, m’sieurs, dames) comptait parmi ses meilleures recrues les capitaines Soji Okita et Hajime Saito devenus des figures historiques célèbres qui tiendront un rôle dans ces OAV.

L’histoire commence alors que des bandits attaquent une caravane d’hommes, femmes et enfants. Kenshin s’appelle alors Shinta, il est déjà orphelin et les trois femmes qui le protègent seront tuées sans pitié. Un homme va intervenir pour sauver l’enfant. Il s’agit d’un maître de l’école Hiten Mitsurugu Ryu: Seijuro Hiko. Ce dernier enseignera à l’enfant l’art du sabre et le nommera Kenshin. On devine le jeune garçon plein de nobles intentions, mais il est aussi naïf et deviendra un assassin au service d’un camp politique dans l’espoir d’instaurer une ère de paix. On comprend qu’il a été recruté plus tard parmi les paysans qui s’entrainaient pour le compte des impérialistes. Il a quitté son maître parce qu’il pensait pouvoir changer le monde alors que ce dernier le mettait en garde sur le risque qu’il devienne un outil.

Le jeune Kenshin qui enterre ses morts, et son maître qui tient à rester neutre politiquement

Le jeune Kenshin qui enterre ses morts, et son maître qui tient à rester neutre politiquement

En 1864, alors qu’il est un jeune adulte, on le voit participer à des batailles pour le compte des Ishin Shishi contre le Shinsengumi dans les rues. Lors d’une mission d’assassinat, Kenshin sera blessé au visage, laissant une plaie qui, mystérieusement, se remettra à saigner à plusieurs reprises, ne guérissant jamais vraiment.

Kenshin rencontrera par la suite une jeune femme sans foyer du nom de Tomoe Yukishiro. Intrigué par cette femme d’une grande beauté qui s’évanouira à sa vue (en même temps il a tué un mec sous ses yeux et l’a éclaboussée de sang, le Kenshin), il décide de l’emmener dans le repère de Katsura Kogorō, un des leaders des Ishin Shishi. Ce dernier va constater que la jeune femme semble avoir un pouvoir apaisant sur Kenshin qu’on devine extrêmement nerveux et toujours sur le qui-vive, et estime qu’elle peut donc être utile. Tomoe quant à elle se considère comme un chat égarée, sans foyer, et cette nouvelle situation semble lui convenir.

Tomoe, jeune femme triste capable d’apaiser l’assassin Battosai

Tomoe, jeune femme triste capable d’apaiser l’assassin Battosai

Par la suite, une violente confrontation avec le Shinsengumi (là aussi historique, la fameuse bataille de l’auberge Ikedaya qui coutera la vie de 7 membres des Ishin Shishi et 23 arrestations) va forcer Katsura à se dissimuler pendant quelques temps. Il soupçonne qu’il y a un traître dans ses rangs et va alors réclamer que ses hommes se séparent pour égarer les soupçons. Kenshin et Tomoe se réfugient dans une maison dans la province d’Ootsu et jouent le rôle d’un jeune couple marié.

A partir de là, le film va prendre une dimension plus contemplative et intimiste, se focalisant sur le personnage de Kenshin, enfant guerrier qui n’a jamais connu autre chose que le meurtre, confronté à une femme qui devient pour lui semblable à une mère en même temps qu’une amante. Il va s’acclimater à la vie rurale, retrouver le travail des champs de son enfance, cultiver de quoi se nourrir lui et sa « femme », et vendre au marché.

Tomoe essaiera de changer Kenshin

Tomoe essaiera de changer Kenshin

Mais le spectateur apprend bientôt des choses sur Tomoe que Kenshin ignore encore. Elle était la promise d’un homme que Kenshin a assassiné et avait prévu de venger son futur époux qu’elle connaissait depuis longtemps. Seulement voilà, alors qu’elle haïssait Kenshin de tout son être au début (sans jamais le laisser paraître), elle va finir par ressentir de la compassion et même de l’amour pour ce jeune homme sans arrêt accroché à son sabre même en dormant qui joue parfois avec une toupie, le seul objet de distraction qui lui vient sans doute de son enfance.

Quant à Kenshin, il découvre une vie simple de fermier loin des combats au contact d’une femme douce qui arrive à l’apaiser. Une vie à laquelle il ne pensait pas pouvoir aspirer un jour compte tenu de sa condition d’assassin.
Alors là vous vous dîtes peut-être que c’était Tomoe le traître recherché par les Ishin Shishi ? Eh ben non ! Ce n’est pas si simple. Même si en effet, le véritable traître se sert d’elle à son insu pour tendre un piège au redoutable assassin Battosai.

Deux personnages torturés

Deux personnages torturés

Du coup forcément, ça ne peut pas bien finir tout ça. Kenshin reçoit toujours des informations de ses employeurs. L’ennui, c’est qu’elles sont relayées par le traître. Et ce dernier va alors l’envoyer dans la gueule du loup en prétextant que Tomoe est le traître. Alors que Tomoe semble avoir disparue, Kenshin doit se mettre à sa recherche pour exécuter sa nouvelle mission : tuer la femme qui lui a fait ressentir le bonheur pour la première fois.
Et je ne vous raconterai pas la fin. Mais sachez que ça se termine davantage dans les larmes et le sang que dans la joie et l’allégresse.

A l’époque où j’ai vu ces OAV pour la première fois (il y a déjà plus de 12 ans maintenant), je me suis pris une grosse claque. Parce que je pensais tomber sur un énième anime de combat dont l’intérêt serait la baston et le sang. Que nenni ! Il est beau ce film ! Il se penche sur le destin tragique d’un homme devenu un instrument de mort mais chez qui on ne devine aucune haine, et sa relation avec une femme forte qui va lui pardonner et l’aimer. Mais que la guerre va malgré tout séparer. Sans doute un des premiers animes adultes que j’ai vu. Il y a beaucoup de scènes contemplatives et lentes qui se focalisent sur les personnages, sur leur appréciation d’une vie simple, beaucoup de paysages reposants qui viennent contraster avec les scènes de pure violence des rixes qui éclataient dans les rues au début.

Couper du bois change de couper des gens

Couper du bois change de couper des gens

Kenshin, aussi habile soit-il au combat, nous apparait comme un jeune garçon à qui on a volé son enfance et dont la cicatrice qui se rouvre occasionnellement semble pleurer à la place de ses yeux, comme une blessure de l’âme qui ne cessera de saigner que lors des moments de paix. Tomoe quant à elle fait figure de mère et d’amante bienveillante qui viendra panser les plaies d’un homme qu’elle a pourtant toutes les raisons de haïr.

Le film a tout de même son lot de combats au début lors de la guerre civile et également à la fin qui préfigure la chute du Shinsengumi. Mais l’intérêt du film ne repose aucunement dans ces confrontations comme dans n’importe quel shonen. Et c’est bien pour cela que je dis que le ton de ces OAV est bien différent de la série et tient plutôt du seinen. Il y a aussi un sacré souci des détails historiques. Jusque dans la maladie de Soji Okita, le jeune capitaine du Shinsengumi que j’évoquais plus tôt qui commencera à développer des symptômes de la tuberculose qui causera sa perte par la suite (une maladie qui a fait des ravages à l’époque au Japon).

 A noter quelques plans mettant en contraste la beauté des fleurs avec les meurtres perpétrés par un Kenshin sans pitié

A noter quelques plans mettant en contraste la beauté des fleurs avec les meurtres perpétrés par un Kenshin sans pitié

Mais la trame historique sert davantage de toile de fond pour raconter l’histoire d’un couple atypique et une histoire d’amour tragique entre deux personnages brisés qui ont tout de même, contre toute attente, entraperçus le bonheur lors de leur courte vie commune. Et rien n’est traité avec niaiserie. On n’est pas dans une romance de collégiens qui rougissent en se regardant. C’est traité de manière adulte. C’est tout en retenue, subtilité et sincérité entre des personnages qui essaient de se réconforter mutuellement.
Impossible également de passer sous silence les magnifiques musiques de Taku Iwasaki. L’atmosphère sombre des OAV est en effet superbement retranscrite par des mélodies envoûtantes qui expriment avec une grande justesse mélancolie et chagrin.

Des personnages qui se soutiennent l’un l’autre

Des personnages qui se soutiennent l’un l’autre

Concernant la partie graphique, le chara-design des personnages est très soigné même si on pourra trouver qu’il est assez classique, dans la lignée de ce qui se faisait avant les années 2000. Mais l’animation est de toute beauté notamment lors de combats très rapides et nerveux. D’ailleurs même s’il y a toujours quelques exagérations propres aux mangas dans les combats (je sais que les sabres japonais sont très tranchants mais quand même je doute que ça puisse couper une buche d’un seul coup), ceux-ci restent relativement réalistes dans le sens où ils sont courts, précis et mortels. Quand le sabre touche, c’est souvent fini. On est davantage dans le duel historique crédible que la baston de super guerriers.

Les décors sont aussi très soignés. D’ailleurs il arrive à plusieurs reprises, lors des moments les plus calmes et contemplatifs que soient insérés quelques décors réels. L’idée peut sembler étrange mais en réalité il s’agit le plus souvent d’un ruisseau, d’une fleur, d’un arbre traversé par les rayons du soleil, etc. Jamais de maisons ou de prises de vue larges qui contrasteraient trop avec les dessins. Cela rajoute une touche de poésie puisque ces plans ont pour but de mettre l’accent sur les belles choses simples de la vie sur lesquelles le regard des protagonistes s’arrête sans doute pour la première fois alors qu’ils vivent humblement loin des combats.

Redécouvrir la vie

Redécouvrir la vie

A la fin, même si on verra Kenshin croiser le fer avec les membres du Shinsengumi, les conflits politiques ne sont pas réglés. Mais ça n’a que peu d’importance. A l’époque ou j’ai vu ces 4 OAV, j’ignorais même qu’il s’agissait du prologue à la série tant elles fonctionnent très bien sans suite. Certes ce n’est pas la paix, mais tous les films sur fond de conflit armé ne s’achèvent pas forcément avec l’armistice. Cela nous présente plutôt le sort d’un jeune homme idéaliste aux méthodes discutables qui va douter de ses convictions, regretter des choix de vie, apprendre à vivre plus en paix aux côtés d’une femme elle-même victime des drames de la guerre…et échouer à échapper à son destin d’assassin pour repartir en guerre. Le tout sans la moindre touche d’humour qui paraîtrait déplacé. Pas d’adversaires bigarrés aux costumes ridicules comme dans la série, pas de sidekick rigolo pour détendre l’atmosphère. On est dans une fresque historique sérieuse et dramatique parfaitement maîtrisée.

Le seul reproche que je pourrais faire est certainement l’idée d’avoir accolé les 4 OAV ensemble en supprimant les génériques de début et de fin. Cela donne certes la sensation qu’on est dans un long film de 2h (format plus « sérieux » chez nous en France), mais les transitions entre les OAV ne sont pas géniales. Si on remarque à peine la transition entre l’OAV 2 et 3, les 2 autres sont franchement visibles. Une scène se termine sur un cliffhanger avec une musique, fondu au noir, puis hop on revient à la même scène pour reprendre l’action. Ah…étrange. Dans un vrai long métrage, il n’y aurait pas eu de coupe. Mais bon je chipote, c’est de l’ordre du détail. Pour tout fan de chambara, d’histoire tragique bien racontée, de mangas, d’histoire du Japon, de…fleurs de cerisier ou de saké (euh je m’égare…) c’est un indispensable.

Le rouge du sang souvent associé aux larmes

Le rouge du sang souvent associé aux larmes

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Est-il possible pour un assassin de trouver sa rédemption auprès d’une femme dont on a assassiné le mari ? Mattie-Boy vous invite à redécouvrir l’OAV de Kenshin le Vagabond, un seinen qui brille par son originalité et son exactitude historique. 

Extrait avec un bout de BO pour faire d’une pierre 2 coups :

29 comments

  • Tornado  

    Je ne connaissais pas du tout cet anime.

    Ça donne envie. Même si le volet historico-culturel a l’air un brin… opaque pour le néophyte.

    Sinon, pour le reste : Adulte, contemplatif, profond, Histoire, dépaysement… Il semble y avoir tout ce qu’il faut.
    Merci pour cette découverte.

    Tiens, combien y a-t-il d’animes japonais vraiment adultes ? Et est-ce que l’on peut employer cette notion avec un tel dessin connoté ado ? Par exemple, « Monster » a une histoire très adulte mais une tonalité assez ado dans la mise en forme.
    Idem pour « Porco Rosso », par exemple.
    Du coup, je me demandais quels étaient les animes complètement pensés pour des adultes. J’aurais tendance à y mettre tous les Katsuhiro Ōtomo, Mamoru Oshii, Mamoru Hosoda, Satoshi Kon, pour citer ceux que je connais. Les cinéastes du studio Ghibli peuvent également participer à la liste, même si leur cinéma est plus « universel » qu’adulte la plupart du temps (« Totoro », « Kiki » en sont de bons exemples).
    Enfin, bref, difficile de trouver un anime exclusivement adulte. Ce « Kenshin le vagabond » semble en être un.

    • Matt  

      Ouais enfin tu sais le dessin ne fait pas la profondeur adulte. Je sais que tu as du mal avec les styles ado mais ça n’empêche pas que le fond peut être adulte^^

      Le côté historique opaque n’est pas à prendre comme un défaut. Certes ça peut calmer mais un japonais ignorant de l’histoire de l’europe serait peut être tout aussi paumé devant des films qui parlent de clergé, de nobles de la cour, de cardinaux, de Louis bidule, de Napoléon truc. Et les films sont rarement structurés comme un cours d’histoire. En général on assume que le spectateur connait le minimum. Le souci c’est qu’on n’y connait rien au Japon.

      Et tu as ta réponse que tu te posais que ton article sur Mononoke quand je causais de l’histoire du Japon. C’est via cet animé et l’initiative intelligente de l’éditeur français d’avoir mis quelques notes en bonus pour comprendre le contexte que j’ai commencé à apprendre des trucs.

    • Matt  

      Je crois que tu cherches un peu trop une forme adulte dans les dessins qui n’est pas forcément nécessaire selon moi.
      Mais bien sûr il y aurait aussi Cowboy Bebop, Seirei no Moribito, Berserk, Ghost in the Shell, Black Lagoon, etc.
      Il y a plein de séries gores aussi qui peuvent être bas du front mais malgré tout pensées pour un public adulte.

      Mais si tu les demandes tous…c’est que tu ne sembles pas mesurer à quel point il y en a beaucoup^^…
      ça se compte en milliers les animes. Il y a plus de 9000 entrées dans la base de données culturelle du gouvernement japonais^^ Avec plus de la moitié qui n’arrive pas chez nous évidemment, mais peuvent être sous-titrées par des team.

    • Matt  

      -La série de 4 OAV Armitage III peut aussi être cataloguée adulte (c’est du cyberpunk avec une histoire de cyborg féminin qui peut tomber enceinte…et non, le III ne signifie pas qu’il y en a 2 autres avant…c’est comme Chromosome 3^^) Il existe un film « poly-matrix » qui est une version courte et un remontage des 4 OAV. Bon…les 4 OAV ont plus de scènes, chacun préfère ce qu’il veut)
      -Memories aussi.
      -Le conte de la princesse Kaguya
      -Le tombeau des lucioles
      -la déchéance d’un homme (une série que je n’ai pas vue…mais qui semble pouvoir rendre dépressif)

  • Eddy Vanleffe  

    La Japanime…
    il y a eu eu une tornade entre 1995 et 2005 qui a l’air de n’avoir laissé que peu de traces aujourd’hui noyée sous les séries fleuves Naruto, One piece tout ça…

    Pour moi cet animé fait parti des « poids lourds » et je pensais que c’était aussi connu qu’Akira…
    ça me paraît bizarre de voir un article qui « réhabilite » la chose.
    Matt a raison, ces OAV sont des tueries, visuelles bien plus belles que la plupart des film en live tournées sur le sujet.
    C’est sérieux, beau, sombre esthétiquement léché…
    et pourtant c’est aussi une adaptation d’un chapitre du manga qui vers la fin de la série fait un aparté en forme d’Origin Story de son protagoniste principal.

    des animés adultes?
    Ca dépend vraiment de ta grille de lecture…
    si des éléments foutraques viennent gâcher/infantiliser des animés qui sont pourtant trop gore et extrêmes pour être mis devant des enfants…

    Pour moi en Adulte:
    Cobra le film de ce fou d’Osamu Desuka avec ses plans à l’envers, sous l’eau, multiplié…
    Tous les Yoshiaku Kawajiri:
    -Wicked City
    -Ninja Scroll
    -Vampire Hunter D: bloddlust

    Kamui No Ken de Rin Taro
    Harmageddon de Rin Taro et Otomo

    POur moi MONSTER est adulte, je ne vois pas le côté ado (thriller, un eu de politique, un peu de psychologie et beaucoup de Pathos, pas d’humour incongru….

    De toute façon les japonais n’ont pas les mêmes repères que nous et il y a des éléments adultes dans ces trucs assez gamins et vise versa.

    Ca dépende de la sensibilité du spectateur et ne pas avoir trop d’à priori ni d’attentes…

    • Matt  

      C’est vrai que cet animé est un poids lourd pour moi aussi mais je crois qu’il est « masqué » par la série shonen du même nom (qui n’est pas forcément mauvaise, j’ai jamais beaucoup regardé, mais clairement pas sur le même ton sombre)

      Et je plussoie ton commentaire sur le fait qu’il y a un choc culturel et que les japonais insèrent des trucs adultes dans des animes qui peuvent s’adresser aux enfants.
      C’est un peu comme s’il n’y avait pas de frontière adulte/enfant là bas mais plutôt tous publics/violent.
      Les Miyazaki fonctionnent très bien à tous les âges mais les petits ne comprendront pas tout et l’adulte y verra un truc profond qui peut s’adresser à lui aussi…contrairement aux Disney qui ont des morales bien enfantines (même si ça ne m’empêche pas d’en apprécier^^…et qu’il y a des exceptions comme le Pixar Vice Versa qui fait marrer les petits mais qui m’a presque fait chialer en tant qu’adulte tellement ça parle avec justesse des désillusions de l’âge adulte)

  • Matt  

    Sinon ce qui est intéressant dans cette époque de l’histoire du Japon, c’est qu’il est difficile de dire qui a tort ou raison (c’est pas l’allemagne nazie et Hitler quoi)
    Le shogunat était certes une dictature qui a destitué l’empereur, avec des conflits entre seigneurs (notamment lorsque les Tokugawa ont renversé les Toyotomi et que des seigneurs fidèles à l’ancien shogun ont continué à se battre contre le nouveau gouvernement…une période de rêve pour les ninjas mercenaires assassins…comme dans Ninja Scroll qui, même si c’est un anime fantastique, dépeint une lutte entre un clan ninja fidèle aux Toyotomi contre les Tokugawa), des inégalités sociales, etc…mais ça durait depuis environ 7 siècles. Personne ne se souvenait ou ne savait vraiment si ce serait mieux avec les impérialistes qui voulait rendre le pouvoir à l’empereur.

    Et même si le Shinsengumi pouvait être craint (parce que c’était des soldats qui patrouillaient dans les rues), ils ne sont pas forcément dépeints comme une milice méchante et les 2 capitaines que je mentionne dans l’article sont devenues des figures populaires. Ils jouent un rôle dans le film « when the last sword is drawn » qui raconte le conflit selon leur point de vue et montre comment ils ont lutté pour préserver certes à la fois un gouvernement pas génial mais aussi des valeurs traditionnelles…et ils se sont fait décimer à coups de fusils alors qu’ils n’avaient que des sabres lorsque le Japon a jeté le bébé avec l’eau du bain lorsqu’il s’est trop rapidement occidentalisé. Les samourais devenaient has been. Et même si leur code d’honneur (le bushido) qui leur commandait de se faire hara kiri lorsque leur seigneur était déshonoré est finalement très extrémiste et ne plaisait pas à tous, il y avait peut être des choses à préserver de l’ancien régime. Tout a changé trop vite et certaines valeurs du combat rapproché ont été perdues.

    Pour les intéressés, le film « la servante et le samourai » dépeint cette époque de transition. Et le DVD contient un DVD de bonus avec un long reportage sur l’ouverture du Japon à l’occident, avec ce que ça a entrainé de bon et de mauvais en une période trop précipitée.

    Evidemment oubliez le film américain « le dernier samourai » qui est plein de conneries historiquement fausses.

  • Matt  

    Et il est bien retranscrit dans cet anime le fait que chaque camp finalement répand tout autant la mort, ce qui ébranle les convictions du jeune Kenshin.

    Les films à voir sur cette période :

    -la servante et le samourai (2005)
    -when the last sword is drawn (2003)
    -Tabou (2000) qui parle aussi d’homosexualité
    -Kenshin le vagabond (évidemment hein^^)

  • Eddy Vanleffe  

    Le manga…
    C’est un shonen qui emprunte énormément aux Nekketsu….
    ça firse avec le fantastique tellement certaines techniques sont perchées .
    l’auteur étant un grand fan de Marvel, vous serez surpris de retrouver des hommages à Venom, Gambit, Wolverine et Hulk ou même Spawn… ça peut jurer énormément avec un propos sérieux….
    Néanmoins.
    Le décorum historique est très bien expliqué et c’est à peu près le seul manga que je connaisse qui décrit dans le détail le passage à l’occidentalisation de l’ère Meiji avec la fin des Samouraïs, le nouvel ordre politique.
    il n’y a pas de vrais méchants, c’est très juste.
    dans le manga on parle énormément des retombées du conflits et nombre de « flics » sont des anciens du Shinsengumi qui ont su négocier une certaine « amnistie » . Ceertains ennemis en profitent pour développer certaines relation très riches en matière e manga.
    Au dessus de tout ça on a une bonne dose d’humour nawak et des combats jeux vidéos à tel point qu’on peut se poser la question de ce qui est imposé ou pas par le format et l’éditeur…

    • Matt  

      Ah je me disais aussi que ça paraissait WTF des fois.
      Mais tant mieux s’il y a des qualités. Je n’ai jamais bien eu l’envie de plonger dedans, mais en tous cas ces OAV « origin story » sont top^^

  • Bruce lit  

    Ouah, ça a l’air génial ton truc là. Le sujet et son exectution (sic) me semble complètement rentrer dans mes cordes. En ce qui qui concerne les animés japonais, je suis rarement déçu. Je continue de m’éclater avec Assassination Classroom malgré des dessins bof. C’est vrai qu’il n’y a pas tant que ça de Seinen animé : pour le coup j’adorerais découvrir Kirihito, Ayako, Ikigami ou Freesia en animé. VOilà qui pourrait m’intéresser. A l’inverse des films Marvel, la fidélité au matériel original est rarement posé. C’est même souvent mieux que le manga, non (Cf St Seiya).
    Merci Matt.

    • Matt  

      ça dépend des mangas. Berserk est mieux en manga qu’en anime.
      Et parfois les animes ne finissent pas l’histoire. Exemple avec Shigurui, un bon anime (ultra gore et sordide) sur la vie dans un clan de samouraïs dont le maître est un ignoble pervers. 12 épisodes en anime et ça s’arrête en plein cliffhanger.
      Parfois c’est une question de budget, parfois ça semble servir de coup de projecteur pour aller lire le manga et c’est une technique marketing. Mais quand c’est le cas, c’est en effet extrêmement fidèle à la version papier au point qu’on peut reprendre la suite de l’histoire en manga.

      En tous cas je t’en prie^^ ça m’a fait plaisir d’écrire cet article parce que c’est un anime qui m’a initié à l’histoire du Japon quand j’étais encore au lycée (en fait ça fait plutôt 15 ans que je l’ai vu…le temps file !!) Et avec Cowboy Bebop, ce sont les animes qui m’ont appris qu’autre chose existait à part les shonen^^ C’était pas encore la mode Miyazaki. Le manga et les animes étaient encore regardés de travers. Et quelle baffe je me suis pris !

    • Eddy Vanleffe  

      A ceci je serais tenté de répondre un grand Nein Nein Nein comme dirait l’autre… :)
      Les animés ont tendance à lisser le propos du manga en gommant par exemple le coté Shojo/Shonen, en « sautant » les chapitre les plus « profonds » et rajoutant des gags gimmicks…
      ça fait des années à présent que je ressens l’impression de « lire le manga à l’écran » avec des couleurs et de la musique au piano/synthé…
      il faut un réalisateur qui transcende le matériau d’origine pour avoir une « plus-value »
      la plupart sont plan-plan voire résumé…
      Bon nombre de manga sont bien meilleur au format papier.
      C’est comme pour les comics, la consécration n’est pas à attendre de la version Ciné.

  • Présence  

    4 hitokiri (assassins) du Bakumatsu – Heureusement que tu as apporté ces précisions et ces explications et les suivantes, parce que ça dépasse largement mes connaissances historiques (si inexistantes qu’il n’est même pas possible de les qualifier de vernis :) ).

    Cultiver de quoi se nourrir : ça me rappelle la même phase de découverte et d’apprentissage pour Miyamoto Musashi dans le manga Vagabond.

    Les décors sont aussi très soignés. – De ce que tu décris et de l’iconographie de l’article ça a l’air d’être une grande réussite de cet anime.

    Je redécouvre cette série avec ton article parce que j’avais dû lire les premiers tomes du manga que j’avais rapidement abandonné, le graphisme ne me parlant pas tant que ça.

    • Matt  

      sur le scan « redécouvrir la vie », l’image du milieu est un exemple de décor réel modifié. En gros les pierres ont été je pense redessinées par dessus, mais le mouvement de l’eau est clairement de la véritable eau dont la couleur a aussi légèrement été rendue plus vive et turquoise, façon dessin animé. Il y a aussi une fois une silhouette noire d’arbre avec des rayons de soleil qui passent au travers du feuillage, et c’est clairement un véritable arbre. Mais c’est inséré de manière subtile pour renforcer la beauté des petites choses.

      Sinon le blog parle bien de culture geek à la culture tout court hein, donc autant que chacun fasse part de ce qu’il sait sur divers sujets si ça se marrie avec l’article. Surtout que pour cet anime, même l’éditeur a jugé bon de mettre quelques infos sur le contexte historique pour aider les spectateurs occidentaux^^

      La série est différente comme je le dis, même niveau graphismes. Je n’ai jamais été plus tenté que cela non plus. Mais tu peux aller voir ces 4 OAV^^

      • Bruce lit  

        Par contre, no offense, mais sans tes légendes, j’aurais du mal à reconnaître la nana du mec …

        • Matt  

          Design androgyne pour un peu tout le monde, il est vrai.

  • Matt  

    @tornado : Ah oui encore des séries adultes :
    -Ayakashi japanese classic horror ; une série « à sketchs » (3 histoires/contes d’horreur traditionnels en 11 épisodes)
    -Mononoke (une série de 13 épisodes dérivée du dernier segment de la série précédente, extrêmement singulière sur la forme. Certains ne supportent pas. J’ai beaucoup aimé. ça bouge peu, ça fait théâtral. C’est ça :

    https://www.youtube.com/watch?v=5OJW9gZL33Q

    • Eddy Vanleffe  

      Ayakashi = very good délire.. très estampe dans le genre….

  • Matt  

    Il y a également 4 ou 5 histoires dans Mononoke. ça parle d’un chasseur de Mononoke qui se fait plus ou moins passer pour un antiquaire, et pour vaincre le mauvais esprit, il a besoin de connaitre : la forme, la raison, la vérité. En gros la forme de l’esprit qu’il doit donc dévoiler, la raison de sa colère, et la vérité sur ce qui a pu se passer. Ce qui fait que c’est souvent des sortes d’enquêtes confinées façon crime de l’Orient Express avec des civils qui peuvent être (ou pas) responsables d’un crime terrible.

    Le premier segment a donc lieu dans la première série Ayakashi (mais ça ne se suit pas, ce sont des sketchs indépendants) et il est question d’un Bake-neko (monstre chat)
    Par contre c’est pas très « occident-friendly »^^ C’est pas mal ancré dans les croyances du shintoïsme.

    A ce propos…durant la prochaine saison, il y aura un nouvel article de bibi sur les Yokai et les légendes nippones pour continuer sur le pays du soleil levant^^

    • Eddy Vanleffe....  

      Bon toi et moi on va se déchaîner à la prochaine saison… :)

      l’équation manga/mythologie c’est mon dada…

  • Jyrille  

    Je ne connais pas du tout ces DA, ni même la série. Et je suis encore un newbie en chambara, mais tu donnes très envie, Mattie. C’est étonnant, ces OAV (vous pouvez me rappeler la signification ?) ne feraient pas plus de 35 minutes chacun ? Je ne comprends pas tout aux formats nippons…

    Bon en attendant je vais continuer Cowboy Bebop.

    J’écouterai la BO plus tard.

    • Matt  

      OAV : Pour « Original Animation Video ». Fait référence à un animé qui est directement destiné au marché de la vidéo sans passer par la case cinéma ou télé. Disposant généralement d’un budget plus important, ces OAV sont souvent de meilleure qualité que des épisodes TV.

      Pour la durée, ben c’est pas bien différent des épisodes de séries TV U.S. ça peut durer 20min, 40/45min ou même parfois 1h

      • Jyrille  

        Merci pour les précisions Mattie ! Et merci pour le cours d’histoire même si je n’ai rien retenu, Par contre je suis content à l’avance de lire ton article sur les Yokai !

        • Matt  

          « merci pour le cours d’histoire même si je n’ai rien retenu »

          Euuh…ok
          Je sais pas si c’est une remarque sur mes talents de pédagogue, mais bon…^^
          C’est juste que c’est utile à savoir si tu regardes l’anime. Mais au pire t’as des notes dans les bonus du DVD. Si tu piques le truc sur le net, ben tu auras du mal et ce sera bien fait^^

          • Jyrille  

            Ne t’inquiète pas : j’ai toujours été mauvais en Histoire…

  • Jameshowlett  

    Etant un grand fan de Kenshin dont je recommande fortement les versions lives dont l’excellent:Kenshin:la fin de la légende!J’ai vu cette série d’oav et je trouvais cela très lent et larmoyantl!La série de Kenshin (le manga) a un côté sombre mais aussi joyeux!là,on s’en éloigne trop j’ai toujours trouvé!J’aimais pas Tomoe! Watsuki(l’auteur) avait dit à l’époque qu’elle était basée sur la poupée inexpressive de Rei dans Evangelion et cela se sent!le seule côté positive est l’animation et la chorégraphie de certains combats! Par contre je recommande Kenshin version papier pour la grande influence des marvel des années 90 dans le design de certains antagonistes!

    • Matt  

      Larmoyant ? Je n’ai pas trouvé.
      Et Tomoe ? Ben…c’est surtout qu’à cette époque les femmes n’avaient pas vraiment de place ni de moyen de lutter. On est davantage dans une approche très réaliste de la société de l’époque. ELle est triste, elle cherche un moyen de se venger au début et elle joue donc un rôle qui lui permettrait ça. Elle ne se transforme pas en super guerrière.
      Les versions du manga, live ou pas, ben c’est de la baston avec des adversaires bigarrés, des combats over the top avec des adversaires de mangas qui ont des pouvoirs et des looks de jeu vidéo (il suffit de voir les trailer). Je comprends que ça plaise davantage à quelqu’un qui est fan du manga, mais pour moi c’est deux approches différentes.
      Ces OAV pourraient très bien former un long métrage historique sur cette époque du Japon. Et Kenshin pourrait porter un autre nom que ça ne changerait rien. C’est surtout une œuvre qui peut se voir en elle-même. Sans avoir à la rapprocher du manga. Et en tant que telle, sans comparer, elle fonctionne très bien et est pour moi très mature sur le fond et la forme. Réflexion sur la guerre et les choix de vie plutôt que bastons de shonen.
      Après chacun son truc.

      • Jameshowlett  

        je trouve ton approche est assez médisante sur les shonen!Je te recommande la lecture du manga pour pouvoir te faire une idée plus objective du travail de Watsuki Il a fait un travail d’historien sur cette époque avec bien sûr les codes du shonen ce qui a inspiré cette série d’oav!Réduire les shonen a de la baston c’est très réducteur et montre ton ignorance sur le sujet!Tomoe reste un personnage assez vide dont l’auteur n’était pas spécialement fier!Et comme tu dis chacun ces goût, je suppose que pour des néophytes du manga et des animes,cela peut paraître bon mais c’est assez osef pour un fan d’animation et de manga…

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