Vivre et laisser mourir (Kill or be killed)

Kill or be Killed de Ed Brubaker et Sean Phillips

Load-Reload de BRUCE LIT

VO : IMAGE

VF : DELCOURT

Après les gilets jaunes, le foulard rouge. © Image Comics / © Delcourt

Après les gilets jaunes, le foulard rouge.
© Image Comics / © Delcourt

KILL OR BE KILLED est une histoire complète en 4 volumes, scénarisée par Ed Brubaker  et dessinée par Sean Phillips qui se charge également des couvertures.  Mentionnons également Elizabeth Breitweiser qui donne à l’histoire des couleurs irréprochables. 

Si ça spoile, n’enfilez pas de cagoules rouge pour vous venger, cette petite ligne aura suffi à vous prévenir.

A New-York, de nos jours, nous suivons le parcours de Dylan, un étudiant ordinaire, si ordinaire que sa vie lui semble insignifiante. Après une tentative de suicide  ratée , il est approché par un démon qui lui propose un marché : s’il veut vivre il devra tuer un homme par mois. Dylan envisage alors de faire contre mauvaise fortune, bon coeur en débarrassant sa ville des pires ordures.
Est-ce la naissance d’un nouveau justicier urbain ou le symptôme chez le jeune homme de troubles psychotiques ?

Reste par terre bordel, je viens de passer la serpillière !  ©Image Comics

Reign in blood !
©Image Comics / © Delcourt

Bon, le coup du justicier urbain, qui en veut encore ? Que dire de plus que ce qui a déjà été brillamment été écrit, mis en scène dans DIRTY HARRY, le PUNISHER, DEXTER, LE TUEUR ou encore  PROPHECY  ?  A chaque fois,  c’est la même chose non ? Un gars qui décide de devenir juge, jury et exécuteur , va déjouer les forces de police (quand il n’en fait pas partie) et les pires organisations criminelles pour nous livrer ses ruminations existentielles sur le déclin de notre civilisation.

Comme souvent avec Brubaker, je commence dubitatif : cet auteur n’a aucun humour, ses personnages parlent tous avec la même voix et il se complaît souvent dans de la noirceur intensifiée.  Ici, il s’agit ni plus ni moins d’une variation entre le Year 1 d’un jeune  Justicier façon KICKASS (l’humour en moins, vous suivez ou quoi ?) qui appliquerait la méthode DEATH NOTE : un pacte avec un démon pour occire un maximum de crevures. Le rapprochement n’est pas hasardeux puisque la petite amie de Dylan s’appelle….Kira, le surnom du héros de DEATH NOTE précisément !

Les dessins ?  On est en droit de trouver que la représentation du mal par Phillips aurait pu être plus fouillée  : un Minotaure avec lettrage démoniaque, vraiment ?
Goguenard, je poursuis ma lecture en essayant de réprimer mes sourires devant les habituelles erreurs d’échelles  incompréhensibles pour un dessinateur de cette trempe.  Survient alors le premier twist autour du Minotaure et là, je me dis que le duo m’a bien eu et intrigué je décide de poursuivre ma lecture de manière plus bienveillante.  Au sortir de la superbe fin de cette histoire, tout convergeait : KILL OR BE KILLED est un chef d’oeuvre, sans doute le travail le plus convainquant du tandem.

Dylan et son démon cornu... © Image Comics

Dylan et son démon cornu…
© Image Comics

A l’image de Dylan, un perdant qui se révèle progressivement face aux épreuves, le récit surmonte tous les handicaps qu’il s’était imposés au départ : une histoire de pacte démoniaque habilement métaphorique, de la violence intelligemment dosée  et un personnage peu sympathique pour qui l’on ressent une curiosité neutre et peu usuelle : le héros de l’histoire n’est pas son sujet mais son objet.
Dylan n’a pas de traumatismes à surmonter, de vengeance à accomplir ou d’humiliation à oublier. Ce n’est ni un psychopathe, ni un génie du mal ou un surhomme mais un jeune adulte qui, en franchissant le rubicon du 1er commandement « Tu ne tueras point« , réalise que le plus dur n’est pas de tuer mais de ne pas recommencer.

Brubaker livre ici une dissertation brillante sur l’éternel débat entre justice et vengeance.  Dylan ne tue pas par nécessité mais par survie : s’il ne le fait pas, il en meurt.  Cette mortalité, il va la projeter sur la société : la sienne, la nôtre. A l’aide de citations philosophiques, littéraires et psychologiques, Dylan assimile la mort de son système immunitaire à celle de la démocratie parasité par les injustices, le dérèglement climatique, le cynisme politique et l’individualisme.
Il se voit désormais comme un anticorps qui défend la vie en donnant la mort. Et le plus dérangeant, c’est que le lecteur ne pourra que lui donner raison.

Par moment, Brubaker enfonce les portes ouvertes à coups de clichés paresseux : les pédophiles sont des méchants, morts aux violeurs et lobbyistes corrompus. Bouh ! Mais il ne se contente pas d’énumérer ces faits.
Là où il se montre brillant c’est dans les associations d’idées :  le triangle amoureux et la versatilité du désir,  les greniers de campagne  comme des sauvegardes au passé du héros, les arrières des taxis comme haut lieu stratégique après un meurtre.
De nombreuses pages sont également consacrées à la malchance artistique du père de Dylan, peintre raté spécialisé dans l’érotisme 70′s et n’ayant jamais obtenu la reconnaissance de la critique.

Les peintures de Sean Phillips façon Metal Hurlant. ©Image Comics

Les peintures de Sean Phillips façon Metal Hurlant.
©Image Comics

KILL OR BE KILLED est le livre où Brubaker abandonne subtilement la pose et l’imitation de Frank Miller pour laisser enfin parler sa voix, sombre, désenchantée mais profondément convaincante. Sa force  est d’attacher son lecteur sur le siège arrière et de lui faire le tour de ce voyage en inhumanité sans que l’expérience ne soit glauque, voyeuriste ou misérabiliste.

Le scénariste  énumère tout ce qui devrait nous rendre heureux et qui pourtant, n’y parvient pas avec de très jolies tournures de phrases comme « Le problème avec ce monde, c’est qu’il ne nous laisse pas assez de temps. Nous ne sommes pas riches alors nous passons nos journées à faire ce que nous n’avons pas envie de faire« ,
« Ce flux constant de misère, les ouragans , inondations, épidémies, le nucléaire, les fusillades dans les écoles , le retour des nazis : quand avons-nous perdu espoir que les choses puissent un jour s’améliorer ? »,
« La vraie guerre n’est pas entre libéraux et conservateurs mais entre la richesse et la responsabilité et elle dure depuis le début de la civilisation« .

Avec son foulard sur la bouche, Dylan est la voix de ceux qui ne parlent plus. Si dans les années 60,  Bob Dylan était le champion de l’idéalisme et d’un espoir en l’humain (une posture qu’il abandonnera très vite à Joan Baez), le Dylan de Brubaker se tue à tuer nos tueurs d’espérance. Le meurtre est son anti-dépresseur, le moyen qu’il a d’avoir le contrôle sur son existence.
Le constat de Dylan est le bon, pas au sens moral du terme mais bien dans l’engrenage qui pousse un gamin à se radicaliser lorsque l’avenir jette un à un ses espoirs dans les toilettes de ses rêves déçus.  Une superbe scène à la DD le voit arpenter les rues de New-York en découvrant chaque secret, chaque perversion de ceux qu’il croise : personne n’est innocent, chacun fait des compromis avec la souffrance qu’il impose à l’autre.

Avec sa rouquine de copine, sa vieille mère qui vit dans un pavillon de banlieue et son sens des responsabilités, Dylan serait-il un Peter Parker qui aurait mal tourné ?  La dernière couverture de la série ne laisse aucun doute là dessus !  ©Image Comics

Avec sa rouquine de copine, sa vieille mère qui vit dans un pavillon de banlieue et son sens des responsabilités, Dylan serait-il un Peter Parker qui aurait mal tourné ?
La dernière couverture de la série ne laisse aucun doute là dessus !
©Image Comics

Brubaker sait donner des respirations à son récit pour ne pas le rendre suffoquant : des habiles Now/Then qui, pour une fois, maintiennent la tension ainsi que des figures positives (une révolution chez lui !) pour contrebalancer la noirceur des pensées de Dylan. Ces personnages montrent qu’il est possible d’être résilient quand bien même l’humanité devient folle.  Qu’il est possible de comprendre Dylan sans l’imiter. D’avoir des principes sans s’avilir ou se soumettre.

Quant à Phillips, il livre aussi sa grande-oeuvre : il délaisse sa mise en page  habituelle des personnages ratatinés dans leurs cases, pour livrer son travail le plus spacieux et aéré , sans doute pour ne pas dissuader le lecteur de continuer dans un climat étouffant. Le métro, la campagne, les universités, la psychiatrie, les bordels et surtout les rues de NY : Phillips dessine tout ça de manière magistrale. Ça grouille de vie, de détails, d’ambiances allant de la tempête de neige à la petite supérette  où les flics vont interroger leurs témoins. Il donne aux personnages des aspects un peu frustre mais réaliste : pas de sex-symbols ni de surhommes, mais des êtres ordinaires que l’on croise sans se retourner.  Il livre également de très bonnes imitations de METAL HURLANT.

Le démon de minuit de Dylan est insatiable  comme le rapport de l’humain au bonheur tiraillé entre ce qui est et devrait être. Un grand moment de BD à la fois profonde et divertissante qui continuera de vous hanter bien après sa conclusion. Comme une oreille qui siffle après une détonation.

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KILL OR BE KILLED : la grande oeuvre de Brubaker et Phillips à la une de Bruce Lit.

La BO du jour :

46 comments

  • Léo Derocles  

    Hello,

    Encore une analyse qui sonne juste pour une œuvre qui s’y prête fortement. Un peu comme l’homme qui tua Liberty Valance qui est propice à l’analyse…
    Pour ma part, c’est surtout les monologues du héros qui sonnent juste. Même les plus anodins.
    Je cite celui dans laquelle, le héros critique les puissants de ce monde qui cochonnent notre planète comme s’ils avaient une Terre bis sous la main…

  • Matt  

    Bon bah vendu hein…
    Je suis déjà fan du duo d’auteurs (Fondu au noir, tout ça…)
    Et si en plus ça ne fait pas plus de 4 tomes…je ne vois pas comment passer à côté.

  • Ed'  

    Contente de découvrir cette bd en tout début de semaine ! Merci pour l’article.

  • Eddy Vanleffe  

    Je suis client de Brubaker/Phillips et si c’est vrai que parfois, ils font un peu « démarque de Miller », je les trouve bien moins emphatiques et plus « hollywoodien ». j’aime donc globalement l’atmosphère de vieux film qui en dégage…
    Fatale et Fade out sont quand même de bons boulots…

    • Bruce lit  

      @Eddy : là on est vraiment dans le thriller moderne. C’est sans doute ce que j’ai aimé.
      @Ed’ : ravi de contribuer à un bon début de semaine
      @Matt : emballé c’est pesé. Tu ne seras pas déçu. Meilleur comics de l’année pour moi so far
      @Léo : Il est difficile, comme je le mentionne dans l’article, de donner tort aux récitatifs de Dylan. C’en est même inquiétant.

      • Eddy Vanleffe  

        limite le contenu a l’air plus incisif que les 1% de Kaare Andrews…non?

  • Matt  

    Après le sujet est un peu casse gueule quand même non ?
    Faut pas tomber dans le populisme radical, enfoncer des portes ouvertes avec des trucs moralisateurs basiques sans proposer de solution. Ou alors si tu ne proposes pas de solution (car s’il y en avait, ça se saurait…), il faut orienter le propos faire une prise de conscience des problèmes de société (comme Prophecy que tu mentionnes) et ne pas juste appeler à prendre les armes de manière anarchique…

  • Présence  

    Je viens de me retourner vers la fenêtre, et non, il ne neige pas ?!? Bruce qui apprécie une histoire de Phillips & Brubaker de bout en bout, c’est possible ?

    Juste pour le plaisir d’être casse-pied, ça fait bien longtemps que Brubaker a trouvé sa propre voix, avec une personnalité différente de celle de Frank Miller. C’est juste qu’ils ont été nourris aux mêmes polars.

    Ce fut un vrai plaisir que de redécouvrir cette œuvre que j’ai beaucoup appréciée, avec un regard sensiblement différent du mien. Toujours à titre personnel, je lui avais préféré The fade out.

    • Matt  

      Fade out risque de n’être pas assez politisé ou moderne pour Bruce^^
      J’ai bien l’impression que ce qui lui a plu ce sont les problèmes actuels traités dans le comics.

      • Bruce lit  

        Oui, il y a un réalisme social que je n’avais trouvé que dans Criminal. Mais cette histoire a quelque chose en plus.
        Je n’ai pas lu Fade Out, mais ce qui est sûr c’est que je serai moins méfiant désormais.
        Quand je parle de voix, je veux aussi dire que pour une fois j’ai entendu (ou su entendre), celle de Brubaker l’homme et c’est ce qui m’a touché.
        Effectivement Matt, on flirterait avec le populisme, mais Dylan n’est pas un modèle politique ni humain à suivre. Nous pouvons lui donner raison pour un certain temps derrière le quatrième mur. A aucun moment, je ne voulais être à sa place.
        @Eddy : je ne connais pas 1% de Andrews, par contre j’ai lu et apprécié son Renato Jones, un peu dans la même veine, très original lui aussi mais plus délirant, moins réaliste.
        On en reparle bientôt sur le blog.

        • Présence  

          Renato Jones et 1% : c’est la même série, c’est marqué en gros sur la couverture du tome 1. T’es vraiment sûr que tu l’as lu ? :)

          • Bruce lit  

            M. Présence semble très taquin aujourd’hui. Oui, j’ai et aimé les deux tomes mais les outrances visuelles de Andrews font que trop de messages tuent le message.
            Fatale te plaira Matt : il y a plein de Lovecraft dedans… J’ai trouvé la série très vite ronronnante et le final peu recherché. Ce qui n’est pas le cas de Présence qui a mis 5 étoiles.

        • Eddy Vanleffe  

          je me suis gourré de titre..; c’est ça RENATO JONES les 1 ou 10% je ne sais plus…
          j’ai lu le premier tome et honnêtement la propos facile social (riches=dépravés) est largement dépassé au niveau de mon intérêt par la dramaturgie perso des personnages…
          j’ai pas le tome 2 ceci dit….

    • Matt  

      E il me semble aussi que Bruce a beaucoup aimé Criminal du même duo d’auteurs.
      Donc au final il râle souvent contre Brubaker (à cause des X-men ?^^) mais il aime régulièrement son taf.

      • Bruce lit  

        Deadly Genesis et le déroulé de Fatale, oui.

      • Matt  

        Le déroulé de Fatale ?
        Je ne l’ai toujours pas lu ce comics. Faut dire que les tomes sont difficiles à trouver à prix correct. Qu’est-ce qui ne va pas ?

        Deadly Genesis à mon sens ça partait d’une demande de Marvel de faire des révélations de fou ou je ne sais quoi…et je pense que ça n’a jamais intéressé Brubaker d’écrire les X-men. On ne le sent pas investi dans son run, il fait bouche-trou.

        • Eddy Vanleffe  

          Brubaker a commencé à vouloir bosser de l’équipe de super héros en reprenant the AUTHORITY et en se calant dans les pas de Warren Ellis et il s’en servira pour draguer la citadelle Marvel.
          chez eux, il fera merveille avec les persos qu’il aime et dont il vénère la mythologie (Daredevil et Captain America).
          puis il concevra une grosse histoire pour les mutants essentiellement articulée autour du troisième frère Summers mais une idée pourrie des années 90 n’a pas de grandes chances de s’améliorer dix ans plus tard…
          il introduit son univers en plagiant l’histoire de Stormwatch « A FINER WORLD » ( la retcon d’une équipe sacrifiée) et donc inventant toute une équipe mote-née, à la fois inintéressante, totalement out of character et une purge à lire. visiblement ç al’a fait rire puisqu’il développe tout son histoire dessus avec son » rise and fall of the Sh’iar empire »…Vulcan est un perso tellement mauvais qu’il a rapidement rejoint les Joseph, Stacy X et autres Maggot dans le panthéons des x-men de merde.
          le run le plus mauvais que j’ai lu bien en dessous de celui de Peter Milligan et celui de Chuck Austen… une horreur absolue.
          de toute façon quand Burbaker fait du super héros d’équipe il prend exemple sur Ellis (Secret Avengers et Global Frequency)…
          ensuite il a carrément avoué que MARVEL, il aimait pas trop en fait (quelques totems parmi lesquels Captain America et that’s it) et qu’il était bien content de pouvoir être libre chez Image. depuis je trouve qu’il fait des choses très bien…faut pas se forcer dans la vie…

          • Matt  

            « chez eux, il fera merveille avec les persos qu’il aime et dont il vénère la mythologie (Daredevil et Captain America). »

            Et Iron Fist quand même ! Oh !

          • Bruce lit  

            Ah oui, et je lui en veux à mort de ne jamais avoir fini Incognito.

          • Eddy Vanleffe  

            J’ai oublié et comme il bosse avec Fraction, je n’ai jamais su quelle a bien pu être sa part de boulot…
            mais oui, sa version d’Iron Fist est définitive pour le perso je pense… applicable telle quelle au cinoche…
            et j’aime bien aussi les anciens avatars mais voilà Brubaker c’est à mon sens amoureux de cinéma et il fait le mariage des genres en mettant le ciné de son enfance dans les perso marvel, on se retrouve avec du très bon polar/espionnage/action des années 70… sorti de ça, je ne l’ai pas vu faire de bons « super héros purs et durs »… il a écrit des arcs excellents pour Batman aussi…

          • Matt  

            J’aime bien aussi le Iron Fist de Claremont, j’ai les intégrales récentes^^
            Mais le run de Brubaker est top ouais. Je suis fan. Plus que son DD ou Cap.
            DD j’aime le début, mais déjà j’accroche moins sur la partie avec Mr Fear qui est un perso cheaté qui a des parfums pour tout ; faire peur, se faire obéir, faire perdre la mémoire. Oui bon c’est Dieu quoi. Mais j’aime bien l’arc suivant « cruel et inhabituel »
            Son Cap ça traine en longueur quand même, malgré de très bons passages.

            Chez DC, j’ai bien aimé aussi Gotham Central même s’il manque une vraie fin à mon sens.

  • Tornado  

    J’ai sauté un ou deux passages pour ne pas être spoilé car cette série m’attend sur mes étagères. C’est vrai que 4 tomes pour un chef d’oeuvre, c’est vraiment un bel équilibre.
    Bon, sans l’avoir lu, je pense que ça va sûrement me plaire car on est là dans tout ce qui me plait en BD.

    Chez Marvel, j’ai également beaucoup aimé Iron Fist, moyennement Captain America (le début est extraordinaire, ensuite c’est un arc sur deux qui est juste bon ou juste mauvais. J’aime beaucoup les origines revisitées de Bucky par contre. Ses X-men sont sans intérêt (je n’ai pas tout lu). Et son DD est très bon jusqu’à) CRUEL ET INHABITUEL, que j’ai trouvé exceptionnel, et très mauvais sur le dernier arc avec Lady Bullseye.

    • Matt  

      Fondu au noir est dans ta pile aussi, non ?^^

      • Tornado  

        Yep. J’ai quasiment pris toutes les séries du duo. A deux ou trois près.

    • Eddy Vanleffe  

      il y eu un drôle de jeu entre les auteurs Marvel de cette époque là. cela consistait à laisser la série sur cliffhanger impossible et laisser le suivant se dépêtrer avec ça…
      c’est vrai que toute la route qui mène finalement à Shadowland, c’est pas la joie mais par contre il il reprend de manière impériale derrière Bendis et l’arc en prison fait parti de mes préférés…

      • Matt  

        Le run de Bendis jusqu’à la fin de l’arc « le diable en cavale » de Brubaker, ça doit encore être ma partie préférée des comics DD.
        Mais j’ai pas encore lu Miller (sauf Born again)

        • Eddy Vanleffe  

          et bien bien que ce sot la matrice de tout ce qui a été super dans DD, je ne sais pas si tu apprécieras, tu seras peut -être le premier fan à dire que c’est trop vieux…

          • Tornado  

            Impossible de ne pas aimer le run de Miller. Même moi j’aime ! :D

  • Tornado  

    Pour Marvel, Brubaker a fait une mini-série sur les origines de Dr Doom et c’est vraiment insipide comme lecture. Sa mini-série MARVEL PROJECT est également assez soporifique. Je n’en garde aucun souvenir.
    Je n’ai pas lu ses Secret Avengers par contre.
    Chez DC Comics il y a la série Catwoman qui jouit d’une excellente réputation.

    @Bruce : Vas-tu racheter toutes les séries Brubaker/Phillips comme tu l’avais fait avec The Boys ? :)

    • Bruce lit  

      Non, car j’ai encore tout ça à la maison. Même s’il est très peu probable que j’ai envie de relire FATALE ces prochaines années.

      • Matt  

        Alors tu peux me filer Fatale vu que je trouve pas les tomes à prix correct^^

        Tu veux quoi en échange ? Ah mais t’as toujours tout en VO toi…

    • Eddy Vanleffe  

      Marvel Project, le truc qui vient parasiter MARVELS? aucune utilité et Books of Doom est tellement insipide que je préfère largement le diptyque « this land is mine » de Byrne! mais alors largement….
      c’est ce que j’appelle justement du faux moderne qui réparer un truc qui n’est pas cassé… nul à chier.

  • JP Nguyen  

    Grand merci à Présence pour m’avoir offert cette série. Je l’ai dévorée en une soirée mais ne l’ai pas relue depuis.
    C’est du tout bon mais ma perception diffère de celle de Bruce. J’ai au contraire un peu trop reconnu la voix de Brubaker et son côté « foutu dès le départ ». Du coup, le terrain m’était un peu trop familier et j’ai perçu la série comme une brillante variation sur des thèmes chers au duo Bru/Philllips.
    Au final, ma série favorite de cette team d’auteurs reste Sleeper, malgré ses défauts de jeunesse, sans doute à cause de l’ambiance superslip détournée.

    • Bruce lit  

      J’ai au contraire un peu trop reconnu la voix de Brubaker et son côté « foutu dès le départ »
      C’est effectivement ce que j’évoque dans l’intro. L’écriture de Brubaker est bonne mais assez monocorde. Ce qui fait que si le sujet ne m’accroche pas, ben on a l’impression que le gars radote. KOBK ne m’a pas fait cette impression.

  • Kaori  

    Bon, alors je ne connais absolument pas, et je ne suis même pas sûre d’avoir déjà lu quelque chose de Brubaker…
    Pas sûre que ça soit pour moi, mais la curiosité l’emportera peut-être. Bruce sait bien vendre ses œuvres préférées :)

  • Nicolas B  

    J’adore ce duo que j’ai découvert dans Fatale qui est un peu plus orienté sur le côté ésotérique du fameux démon qui apparaît dans Kill or be killed.

    Je conseille aussi fondu au noir au scénario très bien déployé.

  • Jyrille  

    Je n’ai toujours rien lu de ce duo, et je me demande si cette bd en quatre tomes ne serait pas la bonne approche (ou Fondu au noir ?)… mais pour le moment je n’ai pas envie d’essayer. Sans doute pour les raisons que tu énumères au début, encore une histoire de vigilante et de désespoir social. Pourtant tu le vends bien, et les scans sont attirants (surtout celui façon Metal Hurlant, c’est beau ! Et le dernier façon Marvel aussi.).

    La BO : il faut vraiment que je me penche sur ce disque.

    • Bruce lit  

      Bonne chance pour trouver du Taxi Girl. Comlme l’article sur Darc le mentionnait, les maisons de disques se bousculent pas pour rééditer SEPUKU. Sur Spotify, tu trouveras par contre une compilations des singles du duo et c’est invraisemblable comment les mecs étaient doués.

  • Jyrille  

    Sur Deezer, il y a Paris, Cherchez le garçon, Jardin chinois.

  • Matt  

    Bah c’était très bien cette série^^
    Bien écrit. Le tour de force étant de réussir à faire une critique de la société juste et pertinente, et ce au travers de la bouche de quelqu’un qui fait aussi des choses répréhensibles…mais qu’on peut comprendre. En fait toute la complexité de la nature humaine est là. Et la complexité du monde aussi. Que faire au final ? Ce que fait Dylan n’est pas une solution. Mais l’autre solution c’est quoi ? Juste accepter et ne rien faire ?
    J’ai eu peur de la direction que prenait la fin, si tu vois où je veux en venir. Il y a plusieurs faus semblants dans la narration, un jeu de flashbacks mais aussi de fantasmes qui proposent des déroulements alternatifs. Certains trop beaux, d’autres douteux (comme la fausse fin) mais au final cela permet aussi de porter un regard sur les différents chemins à prendre. Mieux vaut que ça se passe comme ceci, ou comme cela ?

    Franchement pas réjouissant comme histoire en tous cas. Justement pour la justesse avec laquelle Brubaker nous décrit le monde et…l’absence de solutions efficaces aux problèmes.
    Je craignais qu’on fasse de Dylan un anti-héros qui a raison de faire ce qu’il fait, mais en fait c’est habilement amené, sans revendication politique pro vigilante ni bienpensance hypocrite qui refuserait d’envisager les aspects positifs d’un acte criminel.
    Un vrai numéro d’équilibriste.

    • Tornado  

      Comme du Ennis, quoi ^^

      • Matt  

        Sans les couilles qui suintent, les doigts dans le cul et les viols tournés en ridicule^^

        Non sans déconner le Ennis qui ressemble le plus à ça, c’est Red team. Et là j’ai aimé. C’est plus posé, sérieux, c’est pas du trash.
        Je déteste son humour de merde et sa vulgarité crasse à Ennis. C’est censé être drôle…oui ben…chacun son humour hein.

      • Matt  

        Et si tu pensais à son Punisher, là je dis non^^
        Le simple fait que Frank fasse ce qu’il fait sans se poser de questions et en étant persuadé qu’il a raison (même s’il ne veut pas que d’autres fassent comme lui), ça crée une distance entre le lecteur et lui et ça marche pas. ça reste du super vigilante quoi. C’est pas comme ça dans Kill or be killed. J’ai justement eu peur de la « fausse fin » qui menaçait de se diriger vers une sorte de Punisher, ce qui ne collait pas du tout avec le ton et les interrogations du reste de l’histoire. On n’est pas dans le récit cathartique délirant super violent là, c’est plus subtil et réaliste.
        Bah…va le lire hein^^

      • Matt  

        Le concept du démon est même assez bien vu. Au début on ne sait pas où ça va, puis on le voit comme un problème qui oblige le héros à faire ce qu’il fait, comme pour lui donner une excuse qui l’absout à moitié…
        Et puis tout à la fin on se dit que ce démon est peut être une personnification de la petite voix fantasmée dans note tête qui sait ce qui va mal dans le monde…et qui nous dit souvent que untel mériterait de crever…mais qu’on choisit de ne pas écouter parce que…ben…on n’est pas des tueurs.
        Mais du coup c’est assez malin.

  • Bruce lit  

    Content que tu aies aimé mais je n’étais pas trop inquiet : c’est effectivement un récit solide et bien écrit.
    Sur ma lancée, j’ai tenté THE FADE OUT que je n’ai pas aimé du fait du retour de tous les tics d’écriture de Brubaker.

    • Matt  

      Ah dommage je trouve ça très bon Fade out.
      Tu parles de quels tics au juste ? Je fais même pas gaffe. Je suppose que je dois les aimer ses tics^^

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