Agenda chargé…(X-Tinction Agenda)

Xtinction Agenda par Claremont, Simonson , Lee, Bogdnavove et Liefeld…

Première publication le 24/06/14- MAJ le 11/05/19

Un agenda corné par BRUCE LIT

VO : Marvel Comics

VF :  Semic, Panini

A Genosha, on rigole pas !©Marvel Comics

A Genosha, on rigole pas ! ©Marvel Comics

Lorsque débutent les années 90, les Xmen de Chris Claremont n’ont plus rien à voir avec ceux du début de son run. Les doux pacifistes sont devenus une vraie milice impitoyable. Plus de professeur Xavier, plus de costumes, plus d’école et pendant un temps plus de mémoire… Jamais, un auteur n’avait poussé aussi loin nos héros, et franchise oblige, il faut bien remettre de l’ordre dans tout ça.

Claremont ne sait pas encore que les conflits qui l’ont opposé à John Byrne ne sont que pipi de chat à côté de l’avènement des superstars de l’époque, Lee et Liefeld qui vont finir par avoir sa peau, lui, le papa des Xmen modernes. Avant d’être débarqué comme un malpropre, Chris doit donc ranger ses jouets et enchaîner des crossover plus insipides les uns que les autres. Celui-ci bat des records et votre serviteur l’avait déjà trouvé illisible à l’époque. Genosha, une île au large de l’Afrique prive les mutants de leurs pouvoirs et les asservit au profit de sa puissance économique.

 Bien sûr, toujours à la recherche de main d’oeuvre malléable, ces idiots ne trouvent rien de mieux que d’enlever une partie des Xmen. Et d’attendre que l’autre partie vienne leur flanquer la pâtée. L’ambition de Claremont est louable : continuer la métaphore raciale débutée avec les références à Auschwitz en s’attaquant cette fois ci au régime sud -africain de l’époque : l’apartheid.

Nos mutants ont le crâne rasé, sont appelés par des numéros, le regard éteint, ils n’ont plus aucune mémoire. A la tête de Genosha, une présidente sans scrupules qui a l’air d’un travelo, un genegenieur qui se prend pour Mengele et sans doute le pire vilain de l’histoire des Xmen : Cameron Hodge. Alors que le X-Fan s’en croyait débarrassé, décapité par Archangel, Hodge va voir sa tête greffée sur un exosquelette en forme de scorpion géant… Un abruti qui fera son retour dans la série  à peu près tous les 10 ans. Une psychologie de mollusque, des pouvoirs lamentables, une apparence grotesque, on est bien loin de la menace sourde du révérend Stryker. S’il n’y avait que lui…

Le nazi, le travelo et l'idiot ! Pauvre Storm...

Le nazi, le travelo et l’idiot ! Pauvre Storm…©Marvel Comics

Lorsque débute l’histoire, le lecteur aguerri ne peut pas s’empêcher de sourire à l’ironie du sous texte… Avec Charles Xavier, les mutants avaient comme rêve de coexister pacifiquement avec les humains. Voilà qu’ils n’arrivent même plus à cohabiter ensemble… Ce genre de situation, c’est rigolo chez les fantastiques ( ils ne sont que 4), chez les Xmen c’est assez pathétique. La franchise avoue malgré elle une évidence : à force de multiplier les mutants comme des lapins, Marvel ne sait plus où caser tous ces mutants.

Menés par un Cable qui , sous l’impulsion de Liefeld, venait d’arriver pour incarner le gros dur avec des gros flingues et le QI d’une huître, les morveux de la Xforce sont devenus arrogants et assez insupportables. Il faudra Nicieza et surtout Loeb pour donner à Nathan Summers une personnalité et une sensibilité. FactorX loge encore par intermittence dans un vaisseau d’Apocalypse et vient sporadiquement s’entraîner avec leurs anciens amis. Une séquence montre un émouvant entraînement entre Jean Grey fraîchement ressuscitée et Tornade.

Havok et Cyclops à poil !

Havok et Cyclops à poil !©Marvel Comics

Havok, lui, victime d’un lavage de cerveau travaille pour les nazis de Genosha et va affronter son frère dans de rares séquences réussies. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi Captain América l’a sélectionné pour sa monture des Uncanny Avengers. Havok a quand même un Cv plutôt chargé : il a torpillé deux avions ( dans les années 70 puis dans les 90’s), rejoint Genosha, participé au carnage d’Inferno puis mené la confrérie des mauvais mutants dans les années 90…

Tout ce petit monde donc s’étripe sur Genosha… C’est très bavard, péniblement bavard, inutilement bavard. Chacun répète intégralement ce qui s’est passé précédemment, les enjeux dramatiques n’évoluent pas d’un iota au fil des épisodes. Au mieux les Xmen s’affrontent entre eux, au pire il se battent contre l’autre demeuré… Ils sont devenus une famille dysfonctionnelle réunis entre eux par la force des choses, ont une interprétation différentes du rêve de Xavier et perdent la force de la série : une solidarité à toute épreuve face aux événements qui les écrasent.

Directions opposés...

Directions opposés…©Marvel Comics

Chacun fait la morale à l’autre, Gambit dit clairement qu’il s’en fout,  le comble étant bien sûr que personne, pas même Wolverine ne pense à faire taire Cable… Les grands moments de la saga sont devenus très relatifs aujourd’hui : Archangel affronte Wolverine, Havok se bat avec son frère ( comme d hab!), Warlock meurt, Ororo retrouve sa forme adulte et Rahne est victime de manipulations génétiques. Pendant tout ce temps le pool des créateurs montre que l’affrontement n’est pas que réservé à ces personnages.

Une partie ( Claremont et Simonson) veut axer l’histoire sur un affrontement politique où les pouvoirs des Xmen leur sont inutiles et tuer les derniers restes d’innocence de l’équipe avec Warlock. L’autre (Lee et Liefeld) veut privilégier les images de gros gugusses musclés qui font tout péter sous fond de couleurs criardes et de décors à la ramasse. Bien sûr Lee dessine mieux que Liefeld, bien sûr que sous son crayon ils retrouvent une aura qu’ils avaient perdu. Bien sûr tous les artistes qui passeront après lui copieront son style. Il n’empêche que la dichotomie entre le texte et l’image est flagrante et peu surprenante venant de gars dont on sait que le scénario n’était qu’un prétexte à dessiner des muscles, des flingues et des gros nibards…

Sur la trentaine de personnages à l’oeuvre, moins de dix ont quelque chose à dire ou à faire. Jon Bogdnove lui s’éclate à (mal) dessiner des hommes à moitié nus… Il restera encore la saga des Starjamers pour ramener Xavier sur terre puis celle de Muir pour reformater les équipes avant que Claremont sorte en beauté avec un Genesis enfin à hauteur de son talent. Une lecture parfaitement dispensable pour les lecteurs d’aujourd’hui. Et ceux d’hier….

Badaboum , Pif ! Paf ! Pouf

Wham ! Pif ! Paf ! Pouf©Marvel Comics

7 comments

  • jul  

    Tres bonne review par contre faudrait la montrer a certains ( le gars de comics pl@$€ par ex) qui continuent d encenser , que dis je , de venerer le travail de jim lee sur les x men alors que, tres clairement, au niveau intrigue et narration, on touche le fond de la periode claremont. Un crossover que j avais suivi quand j avais 10 ans et qui apres une relecture recente m est apparu completement naze, vide et inintéressant… quant aux fameux dessins de jim lee … anguleux, criards et prétentieux. Bref lorsque l integral dédié à cet event sortira , l impasse est de mise!

    • nicolas  

      Et le Dieu du dessin se fit homme, venant sur terre apportant la lumière aux kids US, les inondant d’une formidable clarté. Son nom… JIM LEE !!
      Amen.

      (Ouais, je suis fan lol)

      • Bruce lit  

        Jim Lee est programmé, Nicolas ainsi que l’intégralité du run de Lobdell. Patience !

  • Pingback: Guide de lecture Comics VF : semaine du 03 Novembre 2014 | Comixity : Podcast & Reviews Comics VO VF - Comixity.fr

  • Pingback: Unspoken VF : X-Men - X Tinction Agenda | Comixity : Podcast & Reviews Comics VO VF - Comixity.fr

  • Matt  

    Pfiou j’ai souffert à la lecture de ce crossover.
    Par contre je ne sais pas trop quel TPB tu chroniques là. Mais il me semble que dans la dernière réédition du TPB, ça regroupe la 1ere histoire sur Genosha de 1988 et Xtinction Agenda qui a été écrit 2 ans après. Je distingue les Uncanny X-men 235 à 238 datant de 1988 qui pour moi constituent une bonne histoire avec un état nazi flippant, sans un Cameron Hodge ridicule qui bave de partout. Le gouvernement de Genosha n’a pas de visage, à part celui du génégénieur en proie à un dilemme moral quand son fils s’oppose à lui. Il y a une ambiance inquiétante, des réflexions politiques sur cet état qui se sert de mutants comme esclaves, des x-men capturés qui ne font pas les fiers dans cet enfer. Il n’y a pas des tonnes de bastons ridicules. Et les X-men ne gagnent pas vraiment, ils fuient après un petit discours, ne pouvant pas changer un pays. ça a un petit gout de défaite.

    C’est lors de la 2eme visite à Genosha pour Xtinction Agenda que ça devient une catastrophe. Là en effet je suis d’accord avec tout ce que tu as souligné. ça part dans tous les sens, c’est pénible à suivre. Et ce n’est même pas plaisant à l’oeil. Tout le côté dramatique qu’il serait possible de tirer de l’idée de départ disparait avec l’absurdité des « vilains » qui ont l’air de sortir tout droit d’une parodie.

    • PierreN  

      « Par contre je ne sais pas trop quel TPB tu chroniques là. »

      Par déduction, je ne voit que 2 options parmi les plus probables : soit le hardcover de 2011 soit le TPB de 1992 (dont la couverture était présente dans la 1ère version de l’article). Ou alors les magazines VF ?

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *