La muse to death (Barbara)

Barbara par Osamu Tezuka

Un article de BRUCE LIT

VO : Shōgakukan (Big Comic)

Vf : Delcourt

La bise aux hippies
©Osamu Tezuka / Shōgakukan

BARBARA est un manga d’Osamu Tezuka prépublié dans le magazine Big Comic de l’éditeur Shōgakukan entre juillet 1973 et mai 1974. Il s’agit d’une histoire complète de 400 pages qui m’a demandé une bonne semaine de lecture pour en apprécier la saveur.

Aujourd’hui encore, la violence de ses situations (déviances sexuelles, partouzes, meurtres et folie) en font une lecture à réserver à de jeunes adultes qui ne doivent pas se laisser tromper par l’aspect enfantin des dessins du papa du ROI LION et d’ASTRO BOY. BARBARA est bel et bien un Seinen (manga pour adulte) de par les situations et la crudité du langage.

Delcourt en a tiré une belle réédition avec une traduction exemplaire de Jacques Lalloz. Dommage que le choix retenu pour la jaquette soit comme souvent pour Tezuka peu parlant et disons-le peu vendeur, car n’ayons pas peur des mots, BARBARA est un chef d’oeuvre absolu du maître.

Le sens de lecture est japonais et des spoilers MAJEURS viendront amuser l’article.

Le VERTIGO de Tezuka
©Osamu Tezuka / Shōgakukan
©Delcourt

Barbara est une jeune hippie désœuvrée et alcoolique. Un soir, Mikura un célèbre et séduisant écrivain la ramène chez lui par pitié.
Le ménage commence très mal : la jeune femme pue, lui bouche ses toilettes (!) et se saoule en permanence en empêchant Mikura de se livrer à ses déviances sexuelles. A tel point qu’à chaque fin d’épisode, il la fout dehors avant d’aller la chercher ivre morte dans la rue.

Aa fur et à mesure, leur relation s’épaissit, Barbara lui récite du Verlaine, inspire l’écrivain qui enchaîne les chefs d’œuvre et qui réalise que cette femme est bien plus que ce qu’elle ne parait : Est-ce une muse, une sorcière ou le symptôme de la paranoïa de l’artiste ?

Une étrange cohabitation entre un écrivain narcissique et une muse alcoolique !
©Osamu Tezuka / Shōgakukan
©Delcourt

Oubliez le truisme sur l’humanisme de Tezuka. Son oeuvre est définitivement matinée au contraire de perversion, de personnages bousillés et de psychoses. BARBARA est immédiatement écrit après l’incroyable AYAKO. Lorsque commence l’histoire , il est facile de voir en Mikura une déclinaison d’une rock star des années 70 entre Lou Reed et Bob Dylan : les deux sont misanthropes, imbus d’eux mêmes, conscients de leur génie.

Face à cet artiste monstrueux, Tezuka oppose la douceur de Barbara, son effacement et sa dévotion masochiste : jusqu’à ce que Mikura franchisse le point de non retour, Barbara encaisse vexations, humiliations et les coups de Mikura. Elle est au début du récit à la fois castratrice et salvatrice : alors que les groupies dorment quasiment devant sa porte, Barbara intervient systématiquement, presque comme Gaston avec De Mesmaeker, pour empêcher que son mentor baise comme un lapin.
Sauf que chaque histoire finit sur un twist : A chaque fois que Mikura pense conclure avec une créature plantureuse, le lecteur s’aperçoit médusé du caractère psychotique de son héros : dans un chapitre Mikura confond une femme fatale avec un chien (!), un mannequin (!!) ou un manuscrit où il avait écrit son premier amour !

Le dérèglement des sens : un chemin distordu, un héros qui s’apprêtait à baiser un mannequin et une nymphe bien crado.
©Osamu Tezuka / Shōgakukan
©Delcourt

C’en est trop pour l’éditeur de l’époque qui demande alors au mangaka de se calmer un peu hein…on est en 1973 quoi…
Le récit tourne alors vers du fantastique ancré dans le réel : Et si Mikura n’était pas fou ? Et Si Barbara était une sorcière qui aurait envoûté l’écrivain ? Sa relation avec Barbara évolue alors en complicité, puis en amour fou et fatal.

Tezuka ancre son poète dans la Voyance chère à Baudelaire ou Verlaine : l’artiste est un voyant des signes d’une époque qu’il retranscrit dans son oeuvre. Il ne s’agit pas d’écrire joli mais d’écrire vrai jusqu’au déréglementent des sens quitte à flirter avec la folie, les paradis artificiels et la mort. L’artiste devra alors choisir entre sa survie physique, se compromettre avec le commerce de son art ou vivre dangereusement à s’en brûler pour assurer la survie de son oeuvre.

Impossible de détester Mikura. Oh, il frappe Barbara et tente même de la violer (comme tous les personnages masculins de Tezuka). Mais au fur et mesure de l’histoire son déréglementent des sens s’estompe avec son autodestruction. Il réalise que Barbara est une muse bien étrange mais qu’elle le rend entier et créatif.
Leurs scènes de ménage sont aussi intenses que leur réconciliation muette où il est impossible de savoir qui est la béquille de l’autre.

Un couple infernal et toxique
©Osamu Tezuka / Shōgakukan
©Delcourt

La dernière partie de l’oeuvre réussit le tour de force à être somptueuse quand la première partie n’était que magnifique. Débarrassé de son arrogance, Mikura tel un Orphée contemporain part à la recherche de cette femme qu’il a tuée et veut faire renaître. Il va devoir affronter la Deesse de la mémoire, la mère de Barbara puis reconquérir cette femme avec pacte faustien à la clé : la retrouver une dernière fois avant de mourir de sa main 4 heures plus tard.

A bien des moments, le lecteur de SANDMAN pourra se sentir chez lui : pour ce sens du merveilleux invisible de notre quotidien, pour ses divinités qui évoluent dans notre monde dans des apparats inattendus, pour sa mise en abyme du métier d’écrivain à la fois créateur et victime de l’enchevêtrement du destin et du déterminisme.
Encore plus troublant : lorsque Mikura embauche une doublure pour dédicacer à sa place jusqu’à être remplacé par son clone, BARBARA montre la voie à l’HUMAN TARGET de….Vertigo !

Mikura face à Mnémosyne, la Déesse de la mémoire
©Osamu Tezuka / Shōgakukan

A chaque page, chaque idée, Tezuka m’a rendu fou. Les idées sont géniales, leur développement impressionnant , le dessin d’une grande originalité et d’une vigueur indomptable.
Et quel style ! Tezuka, balance des sentences définitives comme « Finalement, la valeur d’une oeuvre dépend du lieu où elle est présentée et des efforts déployés pour attirer l’attention sur elle« , « Le sommeil résiste à tout, à l’argent comme au pouvoir ».

Comme dans THE WALL de Roger Waters, c’est la même phrase « La mégalopole avale les humains, par millions, les digère puis les rejette à l’image de ces déjections : Barbara » qui ouvre et clôt cet album sur l’aliénation, le vertige et les illusions autour de la création.
Une référence pas si innocente tant BARBARA et sa description de la fin du rêve hippie pour une réalité glacée et cruelle s’accommoderait avec sa quinzaine de chapitres au concept album d’un auteur révolutionnaire qui serait passé de ARNOLD LAYNE à CONFORTABLY NUMB sans passer par la case Barrett.

Bardé de citations de Mishima sur l’importance de garder son honneur face au deshonneur du succès, du fantastique des contes d’Hoffmann BARBARA emprunte souvent, tout comme l’HISTOIRE DES 3 ADOLFS, au cinéma d’Hitchcock, notamment VERTIGO et son histoire d’amour tortueuse d’un homme qui poursuit une femme qu’il croit morte. Il y a aussi des orgies arties SM comme dans le dernier Kubrick EYES WIDE SHUT.

L’équilibre sur le rasoir entre comédie et thriller hitchcockien
©Osamu Tezuka / Shōgakukan

Les rapports entre homme et femme sont emprunts de violence mais aussi de respect, de passion et de nostalgie. Mais aussi d’un certain désespoir il n’est pas d’amour heureux, homme et femme sont condamnés à se croiser sans s’attacher. Mikura fuit l’amour de peur qu’il ne se sauve. Tezuka refuse d’écrire un conte de féé d’un pygmalion transfiguré qui ayant sauvé sa muse des égouts vit heureux avec elle dans sa tour d’ivoire. Barbara attire Mikura dans sa chute et celui-ci après avoir longuement lutté l’accepte comme le Adam du PARADIS PERDU de Milton.

Il n’est pas étonnant qu’à peine BARBARA terminé, le mangaka fou embrayera sur la biographie de BOUDDHA : la vie n’est que souffrance, tout n’est qu’illusion et c’est enfin dénué d’amour, de possession et des fastes du succès, démuni de tout et de tous que Mikura atteint une sorte de Nirvana tandis que Barbara retourne mendier en espérant qu’un autre artiste sache déceler son aura.

Romantique à en couper le souffle, violent mais avec des personnages fondamentalement habités, BARBARA préfigure le roman graphique entre dessin virtuose, une mise en scène polyvalente et des dialogues savoureux. En liant intrinséquement une femme fatale atypique à son histoire de l’art, Tezuka se place délicieusement dans cette fameuse dichotomie entre l’homme et l’artiste, la vie et la mort, l’amour et la passion.

BARBARA est sans doute son oeuvre la plus sensuelle qui écrase tout sur son passage, même 50 ans après sa sortie. Il n’y a pas de concurrence face à tant de génie. KO debout sur le trottoir…

La rue comme Alpha et Omega de Barbara
©Osamu Tezuka / Shōgakukan
©Delcourt

La BO du jour : Tu ferais bien de nous pondre un truc qui marche mon garçon, dit-elle.

27 comments

  • Nikolavitch  

    Je suis toujours épaté du contraste entre le dessin « mimi » de Tezuka et la dureté, la crudité, de ce qu’il met parfois en scène. ça participe de ma fascination pour cet auteur (ça et le fait que mes tous premiers anime, du temps de la jeunesse folle, aient été Le Roi Leo et Prince Saphir, bien sûr).

    le Bashung, là, c’est pas celui qu’il a fait avec Rodolphe Burger ?

    • Jyrille  

      Oui pour le Bashung (enfin il me semble bien).

    • Bruce lit  

      @Niko : je ne suis pas aussi qualifié que Présence pour décrire un dessin, mais il y a plusieurs époques de Tezuka, et ici le trait est plus dur, plus affuté. Sur la longueur, je ne prête plus attention au trait mais à la mise en scène incomparable et au découpage défiant toute humanité !
      Je ne lis qu’un à deux Tezuka par an, non par ennui mais au contraire parce que sa lecture est très exigeante et suroccupe mes pensées des mois encore après. Il est dans mon Top 10 des meilleurs auteurs de BD avec Hergé, Miller ou Moore.
      Pour le titre de Bashung, oui, c’est l’association avec Burger pour l’album FANTAISIE MILITAIRE où Bashung règle ses comptes avec ses années de disette.

      • Présence  

        Le trait est plus dur, plus affuté : si mes souvenirs sont bons, c’est exactement ça. Tezuka est dans sa période Gekiga, ce qui désigne les œuvres publiées dans les années 1960, 1970 qui abordent des sujets graves censés correspondre aux préoccupations ou à la sensibilité des adultes.

        Tezuka souhaitait montrer qu’il pouvait lui aussi écrire des histoires autres que tout public.

    • Surfer  

      C’est bizarre que tu écrives ça :

      « Dommage que le choix retenu pour la jaquette soit comme souvent pour Tezuka peu parlant »

      Avant d’écrire cela:

      « Barbara est une jeune hippie désœuvrée et alcoolique. Un soir, Mikura un célèbre et séduisant écrivain la ramène chez lui par pitié. »

      L’illustration de la jaquette que tu présentes juste après ta remarque m’a, au contraire, tout de suite fait penser à ce genre d’histoire !
      Une jeune femme qui s’accroche à un homme qui l’emmène dans une spirale psychédélique.

      « A bien des moments, le lecteur de SANDMAN pourra se sentir chez lui : »

      D’ailleurs dans une histoire de SANDMAN, il est aussi question d’une muse séquestrée par des écrivains.😉

      On sent bien que tu as beaucoup aimé ce manga. Tes références à la poésie de Baudelaire , Verlaine, à la musique du Floyd, au fantastique de Hoffmann et au cinéma de Hitchcock, Kubrick. Nous le démontrent.
      Tu piques ma curiosité !

      La BO du jour : Tu ferais bien de nous pondre un truc qui marche mon garçon, dit-elle.
      C’est pas avec ce titre que Bashung a eu son plus gros succès ! Il devrait changer de muse.😀

      • Bruce lit  

        Salut Surfer,
        Tu as raison, la couverture conceptuelle est appropriée pour cette histoire de couple maudit mais je lui préfère le gros plan japonais que je trouve magnifique.
        Pour Bashung, on est aussi dans le conceptuel qui peut dérouter.
        Il y a effectivement une histoire qui peut évoquer Barbara dans SANDMAN avec le kidnapping de la muse Calliope. Mais après vérification auprès de spécialistes de Neil Gaiman, ceux-ci m’ont assuré qu’il fut impossible que celui-ci put s’inspirer de Tezuka dont l’oeuvre n’était pas éditée en UK au moment de SANDMAN.

        • Surfer  

          Merci pour ces précisions concernant Gaiman et Tezuka. 👍😉

          Pour Bashung j’ai fait ma plaisanterie vaseuse sur sa chanson uniquement pour être raccord avec cette histoire de muse de ton article.
          Mais, avec le recul et en me relisant je m’aperçois que j’aurais pu aussi subir la sentence définitive de Tezuka

          « Finalement, la valeur d’une oeuvre dépend du lieu où elle est présentée et des efforts déployés pour attirer l’attention sur elle »

          L’auteur remet en question, de façon pertinente, le succès et le jugement d’une œuvre:
          Une simple chanson pour certains pourra être considérée par d’autres comme son œuvre majeure.
          Tornado considère que c’est son titre préféré 😉

  • Tornado  

    Au départ je n’avais aucune intention de m’intéresser à cet article mais tu m’as bien piégé avec tes références… (canaillou)
    Cela-dit il est fort peu probable que je lise ça un jour : Je ne comprends strictement rien aux planches qui sont scannées, que j’essaie de les lire dans un sens ou dans l’autre ! D’ailleurs je ne suis pas certain d’avoir compris de quoi parle réellement cette histoire à part sa toile de fond.
    Mais c’est sûr que ça a l’air d’être quelque chose…

    La BO : Sans doute mon titre préféré de Bashung. L’ambiance, la musique, l’interprétation lugubre. Une chanson fascinante.

    • Bruce lit  

      Ah ah, merci du passage !
      A ta décharge, certains scans sont particulièrement moches car faits maison. Ce n’est pas facile à trouver et c’est également dissuasif de faire du Tezuka pour Bruce Lit en matière de travail/ico/retour des lecteurs.
      La BO : j’avais écouté du Burger et Kat Onoma. Tu aimes ? Je trouve ça trop barré et souvent trop mou.

      • Tornado  

        Ah non je ne connais pas Burger et Kat Onoma. C’est la 1° fois que j’en entends parler. Bizarre parce que vous semblez tous connaitre.
        En tout cas la musique sur Samuel Hall m’a toujours fait un gros effet.

          • Tornado  

            Déjà que je n’ai jamais trop accroché à Françoise Hardy… et encore moins à la Fontaine…
            Non je crois que c’est pas trop pour moi.

        • Jyrille  

          Il y a une chanson de Kat Onoma qui a eu un petit succès, mais c’est très différent du reste :

          https://www.youtube.com/watch?v=Sghbk9VCcRk

          J’ai écouté un seul album du groupe je crois (celui avec la chanson au-dessus), et un ou deux solos de Burger. J’aime bien mais pas tous les jours.

  • Eddy Vanleffe  

    ATTENTION CHEF D OEUVRE

    a ranger aux coté d’AYAKO et MV profondément venimeux, et sombre un bouquin qui vomit l’humanité et qui essaie de distinguer dans la flaque s’il y a de quoi faire de l’art…
    une bombe, un truc dont on ne se relève pas facilement!

    • Bruce lit  

      Ouais Eddy, comme je le mets dans l’article, je ne sais pas d’où vient cette réputation humaniste de Tezuka car plus noir, tu meurs….
      J’ai lu GRINGO cette semaine et…..c’était inachevé…. Quelle frustration !!!

  • Jyrille  

    Tout d’abord, bravo pour ton titre recherché, mais que je ne cautionne que moyennement : c’est un peu tiré par les cheveux pour encore remettre du Roger Waters 😀

    La suite par contre me donne bien envie. J’aime beaucoup ton article, mais je dois toujours lire les Tezuka que j’ai et je n’ai plus de place…

    « C’en est trop pour l’éditeur de l’époque qui demande alors au mangaka de se calmer un peu hein…on est en 1973 quoi… » Justement, je trouve ça étrange : en 73, c’était beaucoup plus open non ? Pas de metoo, des choses inacceptables aujourd’hui, pas de SIDA, c’était encore la libération des moeurs. Métal Hurlant allait débarquer… Pas au Japon alors ?

    Tu dis que les idées sont géniales, mais pourrait-on également penser que le baculement vers le fantastique est un peu facile ?

    Quant au dessin mignon (moi aussi je me souviens de Saphire) et les histoires horribles, on est tous d’accord. Content d’avoir découvert ça il y a bientôt 15 ans avec MW. Je n’en avais aucune idée auparavant.

    J’ai envie aussi de rapprocher cette oeuvre du VAGABOND DE TOKYO mais je crois qu’en fait cette comparaison n’est pas heureuse. Merci en tout cas pour la présentation chef.

    La BO : fan. Et j’aime aussi Osez Joséphine. Je dois encore récupérer ses premiers albums, que je n’avais pas en bonne qualité auparavant (Pizza et tout ça). J’adore MALEDICTION aussi. Alors que tout ça est bien différent.

    • Bruce lit  

      Ah ah bien vu pour Waters. Les femmes n’ont que très peu de places dans l’oeuvre de Roger, mais le jeu de mot me semblait approprié à la fin de BARBARA. Et puis j’allais pas citer les Beach Boys, trop facile.
      Sur le contexte éditorial, c’est une ère de liberté oui, en Europe tout du moins. Je ne suis pas sûr qu’au Japon on pouvait parler partouze, zoophilie et perversion aussi facilement dans dans des revues pas aussi libérées que MH.
      Sur le basculement fantastique, je l’ai trouvé bien amené. Le style Tezuka m’a souvent évoqué Balzac (c’est flagrant pour AYAKO que je rapprocherai du fabuleux PIERRETTE de ce cher Honoré). Ici on est plus vers la PEAU DE CHAGRIN qui s’inspirait à son tour des contes de Poe.
      La comparaison avec le VAGABOND DE TOKYO est aussi très pertinente .
      Pour OSEZ JOSEPHINE, MME REVE, MA PETITE ENTREPRISE, ce sont des titres essentiels à la chanson française. Mais je ne les aime pas. Je trouve que c’este le moment où Bash’ laisse tomber le cuir pour faire le tigre apprivoisé. Je l’aimais petit loubard défoncé…
      Mais à partir de FANTAISIE MILITAIRE, je n’ai que du bien à dire sur sa disco.

  • Présence  

    Au fur et à mesure de l’article, je me dis que j’ai du lire ce manga et que je n’y ai strictement rien compris. Merci de me le faire redécouvrir.

    C’en est trop pour l’éditeur de l’époque qui demande alors au mangaka de se calmer un peu : c’est expliqué dans cette édition de Delcourt ?

    • Bruce lit  

      c’est expliqué dans cette édition de Delcourt ? En quelques lignes dans la préface, oui.
      Au fur et à mesure de l’article, je me dis que j’ai du lire ce manga et que je n’y ai strictement rien compris. Je ne peux pas croire que l’homme qui a lu, aimé et commenté THE FILTH puisse écrire ces lignes…

      • Présence  

        😀 Ah, mais c’était avant que je ne commence écrire des articles, avant que je ne me mette à réfléchir.

  • JP Nguyen  

    Hé bé… Comment fais-tu pour lire des trucs aussi noirs après tes journées de boulot qui ne sont pas non plus des modèles de félicité et bonheur ?
    Là, rien que sur le tableau de la relation toxique entre les deux personnages, mon petit coeur de midinette me hurle de rester à l’écart de cette histoire…
    La noirceur, j’arrive à gérer dans le genre polar mais sur des histoires comme celles-là, ça aurait bien tendance à me faire fuir.

    • Bruce lit  

      Oh…
      Je place mon destin de lecteur en toute confiance entre les mains de Tezuka. La noirceur ne me fait pas peur pour peu qu’elle soit bien racontée. Et si on me parle de Verlaine, de poésie et de littérature, c’est encore mieux. Et puis Tezuka, c’est souvent très drôle aussi.

    • Eddy Vanleffe  

      J’aurais tendance à être comme toi mais je trouve que les japonais ont ce point fort de ne jamais négliger l’ironie de la vie ni se moment de pur grâce. La noirceur de Tezuka n’exclue pas une sorte de « tonus » qui exclue presque toujours la neurasthénie….

      • Bruce lit  

        Oui.
        Et là encore la filiation que Cyrille a faite avec LE VAGABOND DE TOKYO est pertinente : pas mal d’humour grotesque pour désamorcer les instants de pu désespoir.
        Eddy, on peut aussi y voir un ancêtre de MAISON IKKOKU avec les saoulards qui viennent empoisonner le narrateur dans son appartement.

  • Matt  

    Je pense que ce n’est pas pour moi Tezuka.
    C’est sans doute bien, mais on n’a pas le temps de lire tout ce qui est bien^^
    Et j’ai du mal avec le dessin, vraiment.

  • Kaori  

    Oulala, ton article est dithyrambique, tu soulignes très bien en quoi c’est un chef d’oeuvre, mais un peu comme Matt, graphiquement je n’aime pas, et comme JP, ce genre d’histoires tragiques et désespérées, je n’y trouve pas mon compte, clairement…
    Mais je suis contente que tu y trouves le tien.

    Concernant la BO, j’aime très très peu de chansons de Bashung… LA NUIT JE MENS, que j’adore, et quelques titres de BLEU PETROLE (et encore, c’est parce qu’il y a quelques titres sur la playlist de mon homme pour les trajets en voiture…).
    Bon, celle-ci ne fera pas partie des titres que je réécouterai…

    • Bruce lit  

      @Matt et Kao’
      Il y a effectivement autant de chances que ce récit vous plaise que moi de m’intéresser à du Moebius ou du Jodo 😉

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *