La vie n’est pas juste. (The Boys: Dear Becky)

The Boys Chère Becky, de Garth Ennis & Russ Braun

Un article de PRESENCE

VO : Dynamite Comics

VF : Panini Comics

Foulée au pied ?
© Panini Comics   

Ce tome fait suite à THE BOYS VOLUME 12: THE BLOODY DOORS OFF (2012, épisodes 66 à 72) qu’il faut avoir lu avant, car il est fait référence aux événements qui s’y sont déroulés. Il regroupe les 8 épisodes de la minisérie, initialement publiés en 2020, écrits par Garth Ennis, dessinés et encrés par Russ Braun, mis en couleurs par Tony Aviña, avec des couvertures réalisées par Darick Robertson. Il s’ouvre avec une introduction de deux pages, rédigée par Erik Kripke, le responsable de la série télé The Boys.

Au temps présent, douze ans après l’attaque de la Maison Blanche et la confrontation à l’Empire State Building, Hughie Campbell est en position fœtale par terre, dans ses toilettes, avec un journal intime devant lui. Il avait passé la soirée avec son pote Bobbi, un homme en cours de transition pour être une femme, à évoquer le passé, à parler de tout et de rien, et du politiquement correct, en descendant quelques pintes. Dans ses toilettes, Hughie se retrouve un peu de courage et essaye de reprendre sa lecture, mais il se recroqueville sans avoir touché le journal. Bobbi et Hughie étaient allés boire une dernière canette en regardant l’océan, et en continuant à papoter sur l’état déplorable du monde. Bobbi lui demande encore une fois quand il va se marier avec Annie January. Hughie reçoit un message sur son téléphone lui indiquant qu’il a reçu un colis qui l’attend sur la table. Il rentre chez lui, se rend aux toilettes et s’y assoit. Il ouvre le paquet qu’il a pris avec lui, découvre que c’est un journal intime, entame la lecture. Il tombe littéralement des toilettes, ayant l’impression que Billy Butcher est à nouveau vivant en train de lui parler.

Chère Becky, je me sens bizarre à t’écrire comme ça. C’est encore plus bizarre d’écrire dans ton journal intime parce que c’est quelque chose qui t’appartenait. Je ne savais pas que tu en tenais un, mais c’était le tien. Quand j’ai lu ce qu’il contenait, je suis devenu carrément frappé, je n’ai jamais été aussi en colère de toute ma vie. Mais c’est quelque chose qui t’appartenait et rien que de le toucher me donne l’impression que le sol bouge sous moi, parce que tu n’es plus là. À nouveau, Hughie éprouve la sensation que Billy est présent en train de lui parler, comme s’il était encore vivant. Il finit par retrouver ses esprits, tout en restant prostré au sol, et à reprendre sa lecture. Billy Butcher continue de coucher ses pensées sur le papier, en indiquant que c’est comme s’il pouvait encore parler à sa femme. Il se souvient d’une intervention avec les Boys, dans les toilettes d’un endroit public. Ils avaient réussi à coincer un jeune garçon et à lui maintenir la bouche fermée. Frenchman tient le garçon immobile avec les bras dans le dos. Femelle s’occupe de la langue du garçon : elle la sectionne avec un rasoir. Billy Butcher aide à maintenir le garçon agenouillé au sol, Greg D. Malory et Mother’s Milk se tiennent en retrait observant Femelle en train d’effectuer sa besogne.

Les yeux sont le miroir de l’âme.
© Dynamite Comics 

Huit ans plus tard, le scénariste revient à sa série qu’il avait clôt de manière définitive, profitant de l’engouement pour la série télévisée. Était-ce bien nécessaire ? Voilà une question que le lecteur peut légitiment se poser. Il commence par noter que l’auteur est revenu avec les membres de l’équipe originelle : le même dessinateur qui a assuré les deux dernières années de parution de la série initiale, et le dessinateur initial qui réalise ici les 8 couvertures. Ensuite, Ennis ne cherche pas à revenir à un statu quo tiède, ou à rejouer une scène de la série initiale. Il propose une suite, ou plutôt un épilogue pour le couple d’Annie et de Hughie, ainsi qu’un retour en arrière sur une phase de développement essentiel de Billy Butcher dans sa guerre contre les superhéros.

Par la force des choses, le lecteur arrive avec un certain nombre d’idées préconçues sur ce qu’il va trouver dans ces épisodes, et un horizon d’attente déjà bien figé : le scénariste va s’en donner à cœur joie pour traîner le principe de superhéros dans la boue, avec des moments de violence sadique énormes, à la fois comique et insoutenable, et une vraie tendresse pour ses personnages, et bien sûr les dessins n’auront pas autant de goût que ceux de Robertson. De ce point de vue, le premier épisode confirme tous ces a priori, sauf un. Il commence avec un dessin en pleine page d’un individu dans les toilettes en position fœtale : une atteinte au bon goût, classique et efficace. Mais le dessin est loin d’être fade, et l’expression qui se lit sur le visage de Hughie est aux petits oignons. Ensuite, une discussion entre potes autour d’une bière : typiquement Ennis, et à nouveau un langage corporel expressif, un bon degré de détail dans les décors, un plan de prise de vue intéressant et adapté. La scène de neutralisation d’un superhéros : un moment Ennis pur jus, avec des adultes s’en prenant à un enfant, une langue sectionnée (mais proprement), et des dessins jouant avec ce qui n’est pas montré pour augmenter le niveau d’horreur avec efficacité.                                                                 

Mutiler un enfant
© Dynamite Comics 

Bien sûr, on peut regretter que Darick Robertson ne dessine pas cette minisérie. On peut aussi se dire que si elle n’avait vu le jour qu’à la condition qu’il en soit l’artiste, elle n’aurait jamais existé. En outre, Russ Braun a conservé le niveau auquel il était arrivé à la fin de la série, et il est très bon. Il s’investit pour représenter les différents lieux, en allant dans les détails pour les rendre uniques qu’il s’agisse de scènes en intérieur ou en extérieur. Il reproduit parfaitement l’apparence des personnages qu’il a dessinés pendant plus de deux ans, montrant que Annie et Hughie ont pris de l’âge. Il reproduit à la perfection les mimiques particulières de chacun des membres de The Boys. Il est parfaitement en phase avec ce que raconte le scénariste, que ce soit pour la direction des acteurs, ou pour la mise en scène. Seuls ses traits de contour moins acérés que ceux de Robertson rendent les quelques séquences violentes moins intenses. De ce point de vue, le lecteur se félicite rapidement de retrouver Russ Braun car l’artiste fait honneur à l’histoire en se mettant à son service, plutôt que de vouloir se mettre en avant. Tony Aviña était déjà le coloriste de la précédente série, et le lecteur retrouve sa propension à en faire un tout petit peu de trop pour augmenter le relief de chaque surface avec des variations de nuance d’une couleur.

Garth Ennis a donc décidé d’entremêler deux lignes temporelles avec le présent (12 ans après la fin de la première série), et l’arrivée du journal intime de Billy Butcher retraçant une période bien précise de sa vie, les mois qui ont suivi la mort de son épouse. Au temps présent, l’enjeu est de savoir comment va évoluer le couple d’Annie et Hughie, et ce qu’ils sont devenus. Au temps passé, l’enjeu réside dans la création d’une autre équipe de superhéros, britannique celle-ci sous la houlette d’un professionnel des relations publiques. Finalement, l’auteur massacre quelques superhéros mais sans creuser plus encore ce thème qu’il avait développé dans la série mensuelle, et les moments Ennis sont peu nombreux, l’enjeu n’étant plus d’établir un nouveau record d’outrage. Il faut quand même un minimum d’ouverture d’esprit au lecteur pour apprécier ce qu’il lit, à commencer par la représentation d’une personne transgenre qui n’est pas flatteuse, mais on n’est pas non plus obligé d’y voir une provocation condescendante. L’artiste respecte certainement les consignes du scénariste dans la représentation qu’il en fait, et Bobbi est montré comme un personnage positif, sans mépris ou fausse empathie.

Jouir de la douleur d’autrui
© Dynamite Comics

La dynamique de l’intrigue repose sur un jeu du chat et de la souris, l’équipe de The Boys essayant de comprendre la stratégie de Julian Baxter-Pugh avec son équipe de Superhéros Skorchers, pour pouvoir les neutraliser au plus vite, ou même l’instrumentaliser contre Vought American. Les dessins montrent des individus très ordinaires, et même peu malins affublés de sobriquets offensants, et de costumes plus ridicules que provocateurs. Comme à son habitude, Ennis a la main lourde sur les dialogues explicatifs pour faire avancer l’intrigue quand les Boys se perdent en conjectures sur les manipulations des uns et des autres, la présomption de complot se mariant bien avec une forme de paranoïa spéculative. En fonction de son investissement, le lecteur se retrouve plus ou moins impliqué dans cette intrigue.

Mais s’il est revenu pour cette minisérie, il y a fort à parier que le lecteur est également fortement investi dans les personnages, et qu’il apprécie les remarques en passant de l’auteur sur telle ou telle facette de la société. De ce point de vue, il est servi avec une discussion tournant en dérision le politiquement correct, aboutissant à une impasse stérile quand il est pratiqué de manière littérale. Par la suite, il relève des points de vue exprimés par différents personnages dénotant un auteur ayant déjà parcouru un bon bout de chemin dans la vie, sur des sujets variés : les secrets qui empoisonnent la vie de couple, le prêtre qui s’adresse à des moutons comme si c’était ses paroissiens, le fait de devoir accepetr de vivre avec ce qu’on ne peut pas changer, les traumatismes que l’on continue de porter avec soi tout le long de sa vie, un avis tranché sur le Brexit, le fait que la vie n’est pas juste, la position très hypocrite des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien, la décence de ne pas faire croire qu’on parle au nom de tout un genre. L’auteur n’est ni philosophe, ni politologue, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’observation pénétrante. Le lecteur se retrouve autant convaincu par ce qu’il met en scène du sevrage, que par la prise d’ascendance d’un individu sur un autre (Butcher est trop fort à ce jeu-là), ou par le retour sur la conclusion de Butcher dans la série mensuelle, sur le fait qu’un monde d’hommes sans femmes n’est pas une bonne idée. La déconstruction de l’asservissement de l’individu à l’entreprise, l’absence d’âme de cette dernière sont d’une lucidité glaçante.

Amoureux et taquins
© Dynamite Comics   

Le lecteur se rend compte qu’il se joue d’autres choses dans le récit, que l’intrigue. Il met bien sûr en parallèle la relation amoureuse entre Becky & Billy, et celle entre Annie et Hughie. Mais cela va plus loin que ça. Le fil narratif au temps présent permet de se faire une idée de la vie que peut mener un personnage incarnant un être humain plutôt bon, c’est-à-dire Wee Hughie, et comment il s’accommode du quarante-cinquième président des États-Unis, de la résurgence de son mentor si polémique. Au temps passé, le lecteur retrouve Billy Butcher, cet individu à la forte personnalité magnétique, sympathique et manipulateur. Il s’agit pour lui d’affronter la période deuil à la suite du décès de son épouse. Or c’est Billy Butcher, et il ne va pas se vautrer dans l’auto-apitoiement. L’histoire commence par rappeler clairement que c’est un individu usant de la violence comme d’un outil banal : le coupage de langue de ce jeune garçon qui se transforme en superhéros en prononçant le mot magique Shazam, ou le visage brûlé du superhéros Vikor dans le four crématoire où le corps de son épouse est en train d’être incinéré. Le lecteur ne peut pas se laisser charmer par le sourire confiant d’un tel individu aussi cruel et sadique. Cette facette de sa personnalité apparaît comme prédominante sur les autres, quand bien même il sait la mettre à profit pour contrecarrer et neutraliser des individus totalement corrompus par leur pouvoir. De ce point de vue, cette histoire constitue une analyse psychologique très fine et élégante d’un individu motivé par une volonté de destruction, plutôt que par un idéal de construction.

Par la force des choses, le lecteur entame cette histoire avec des idées préconçues et des attentes rigidifiées. Il ne lui faut que quelques pages pour se rendre compte de la qualité de la narration visuelle : elle n’est pas simplement satisfaisante en dépit de l’absence de Darick Robertson qu’il aurait préféré retrouver, elle est de qualité. Ensuite, il trouve les passages qu’il attend, comme la violence sadique et les manipulations d’une cellule clandestine. Mais il sent bien que Garth Ennis raconte autre chose, pas simplement un épisode de plus, une mission de plus, et un épisode tire-larme de la vie de Billy Butcher. Il montre un individu à la personnalité envoûtante, dont la psychologie apparaît au travers de ses relations, dans toute sa complexité et toute sa monstruosité. Énorme.

Tout est bien qui finit par un mariage à l’église.
© Dynamite Comics    

               

33 comments

  • Bruce lit  

    Arf !
    Encore une fois, c’est l’exact opposé en ce qui me concerne.
    Malgré mon amour infini pour l’oeuvre de Garth Ennis, je l’ai revendu cet album VF, acheté dès sa sortie.
    Comme toi, je me suis demandé pour Darrick Robertson qui ne croule plus sur les séries en cours ne s’est pas sorti les doigts du…. pour dessiner autre chose que des (très bonnes) couvertures.
    Les dessins de Russ Braun sont de qualité oui. Mais alors que j’adore son style sur JIMMY’S BASTARD, je n’ai jamais trouvé qu’il était bon sur THE BOYS où je trouve son style trop raide, peu gracieux. La scène avec Becky que tu as scanné confirme mes dires. C’est fonctionnel mais sans charme.

    Sur l’histoire, 8 épisodes interminables où Ennis semble diluer la sauce sans rien nous apprendre de nouveau ni sur la vie de Becky ni sur la folie de Butcher. Le truc de découvrir le journal intime de manière si décompressée ne m’a pas convaincu.
    « Comme à son habitude, Ennis a la main lourde sur les dialogues explicatifs pour faire avancer l’intrigue quand les Boys se perdent en conjectures sur les manipulations des uns et des autres, la présomption de complot se mariant bien avec une forme de paranoïa spéculative. En fonction de son investissement, le lecteur se retrouve plus ou moins impliqué dans cette intrigue. » C’est exactement ça. J’ai trouvé ça chiant et sans surprise. La confrontation avec les Superhéros Skorchers n’a aucun intérêt avec mes yeux.

    Du coup seules les scènes de conversation entre Hughie et Annie ainsi que son ami trangenre m’ont fait sourire. Ennis épingle avec acidité mais non sans tendresse la culture Woke en donnant des points à chaque camp.
    Ce fut pour moi, le seul intérêt de cet album. 3 étoiles pour moi.

  • Présence  

    Encore une fois, c’est l’exact opposé en ce qui me concerne. – Ouf, tout est normal, et ces différences enrichissent nos échanges, et m’enrichissent personnellement.

    Pour Russ Braun, je ne ressens pas cette raideur, mais ça reste un ressenti personnel, et je l’ai trouvé plus expressif dans ces épisodes.

    La confrontation avec l’équipe Skorchers : ça m’a bien amusé de le voir caricaturer la sensibilité anglaise sur les superhéros, comme il avait pu le faire avec Wolverine, avec les Nouveaux Mutants, avec Cyberforce.

    Je vois qu’on se retrouve sur le plaisir de découvrir l’avis d’Ennis sur des sujets de société.

    • Bruce lit  

      Du coup j’ai lu SARA hier.
      J’ai trouvé la fin incroyable et choquante.
      Elle sauve une narration très lente (Ennis s’est bien calmé depuis ces dernières années) et aussi froide que le paysage de Stalingrad. L’insertion de scènes de dialogues copieux dans les rares scènes d’action m’ont un peu gonflé. Il n’en reste pas moins une oeuvre féministe en temps de guerre intéressante.
      Les dessins de Epting se rapprochent bcp du travail de Gaydos sur Alias.
      C’était bien. Pas exceptionnel, mais bien.
      Merci.

      • Présence  

        Mon ressenti sur Sara est très dépendant de ma lectures des récits de guerre d’Ennis, ses séries Battlefields et War Stories. Dans ce genre Récit de guerre, ce n’est pas celui que j’ai préféré.

        La version courte :

        Arrivé à ce stade de sa carrière, Garth Ennis a plus que fait ses preuves comme scénariste spécialisé dans les récits de guerre, maîtrisant tous les aspects de la reconstitution historique, et la narration à hauteur d’être d’humain. Steve Epting a soigné chaque planche et chaque case, avec une maîtrise extraordinaire du dosage d’informations visuelles, et une mise en scène naturaliste remarquable. Ses pages sont bien complémentées par la mise en couleurs tout aussi experte, et la qualité de la reconstitution historique est tout autant impeccable. Arrivé à ce stade de sa carrière, le scénariste est en compétition avec lui-même, avec les nombreux récits de guerre qu’il a déjà réalisés. En fonction de sa familiarité avec l’œuvre d’Ennis, le lecteur peut être ébahi à juste titre par le présent récit, ou lui en préférer d’autres qui l’auraient plus touché.

        La version longue

        https://www.amazon.fr/gp/customer-reviews/R1VKV333XKHPTZ/ref=cm_cr_dp_d_rvw_ttl?ie=UTF8&ASIN=1732748535

  • Eddy Vanleffe  

    difficile de commenter.
    merci présence pour la présentation toujours aussi précise et impliquée d’une lecture que je ne ferais jamais je pense.
    Garth Ennis ne me procure aucun plaisir dans ce genre d’exercice.
    J’attends ses War stories en VF ou ENEMY ACE, ou HITMAN mais voilà… c’est un auteur dont les thématiques ne sont pas les miennes…Je me dis que le mec qui a collectionné les PREACHER n’état pas moi ou alors j’étais un peu trop complaisant avec la hype de l’époque..Je ne sais pas…

    • Présence  

      C’est vrai que j’ai beaucoup d’affinités avec les thématiques de Garth Ennis, plus qu’avec ses sujets. Je n’ai pas d’appétance particulière pour les récits de guerre, mais la manière dont il les traite me parle bien. Je n’ai pas de goût particulier pour traîner les superhéros dans la boue, mais j’aime beaucoup son humour.

      • Bruce lit  

        Mais dis-moi, toi qui suis l’actualité comics, il est surbooké Darick Robertson ? Je veux dire : comment ne pas s’impliquer dans un projet de cette ampleur alors que son site Twitter met en avant son travail pour The Boys ?
        Il y a des dessinateurs qui sont des énigmes pour moi. Tel Lee Bermejo qui n’a pas l’air de produire bcp non plus.

        • Présence  

          Il me semble que le métier de dessinateur de BD est très exigeant, et pas forcément très rémunérateur, ce qui peut expliquer que Robertson privilégie d’autres formes d’emploi rémunéré à celui-ci. Par ailleurs, il semble se désintéresser progressivement des séries longues, sur Transmetropolitan où certains épisodes donnaient l’impression que l’encreur avait de plus en plus de choses à compléter, mais aussi sur The Boys où les dessins allaient en s’appauvrissant. Je présume donc que 8 épisodes étaient un investissement trop long, voire que de confier la série à Robertson aurait requis un allongement des délais de production.

          Pour autant, il aurait tort de renoncer à la notoriété que lui apporte sa participation à la création de The Boys.

          • Bruce lit  

            que Robertson privilégie d’autres formes d’emploi rémunéré à celui-ci.
            Gasp ! Je manque de m’étouffer ! On parle d’un superstar des comics ! Il fait quoi à côté du coup ?

          • Présence  

            Je me souviens que me promenant dans Paris, j’avais remarqué une affiche pour une pièce de théâtre dont l’allure me rappelait fortement un comics, et en lisant les petits caractères, j’avais eu la confirmation qu’elle avait été réalisée par Robertson.

            Sa page wikipedia indique qu’il a également travaillé comme designer pour le jeu vidéo No more Heroes III.

            Là maintenant, tout de suite, je ne saurais pas te dire sur quoi il travaille.

          • Bruce lit  

            Merci pour cette info Eddy.
            Sans vouloir manquer de respect à Jeremy Manesse, je doute qu’un petit théâtre de 400 places paie mieux que Dynamite Comics pour la suite d’un comics vendus à des milliers d’exemplaires dans le monde et suivi par des millions de personne pour son show TV. C’est incompréhensible mais ceci dit peut-être acceptera t-il de nous faire un dessin gratuit pour le blog…

          • Présence  

            Merci Eddy, c’est à la 1ère affiche que je pensais.

          • Eddy Vanleffe  

            Je pense mais il faudrait demander à Monsieur Manesse, mais je crois que c’est une affiche que l’auteur a peut-être fait par sympathie…
            Il me semble que TRANSMETROPOLITAN a été traduit par JM… ça crée des liens…

  • Tornado  

    Aïe.

    D’un côté il y a l’article laudatif de Présence qui me donne envie de me ruer sur le bouquin dans les trente secondes qui suivent la lecture, et d’un autre le retour tout tiédasse de Bruce pourtant fan de la série…
    Que vais-je bien pouvoir faire ? 😟
    Ah si : Jeter un oeil en médiathèque d’abord. Ou bien l’acheter sur un coup de tête. Wait & see…

    Comme déjà dit 1000 fois je suis trop fan d’Ennis. Tout. Son humour, son analyse du monde, et même, bien sûr, son penchant pour déglinguer les super-héros dans la pisse… 😈
    Ici, il semble y avoir de tout ça, dont son analyse du monde qui est peu ou prou la même que la mienne, et avec laquelle je me sens complètement en phase, comme à la maison…

    Sinon j’ai regardé le premier épisode de la série TV et… holala… j’ai pas accroché du tout. 😟
    Je n’ai pas reconnu la « voix » ni des personnages, ni de la série en comics. Et ça pour moi c’était important parce que même en changeant de médium il y a quelque chose de primordial en ce qui concerne une oeuvre de Garth Ennis : C’est comme Hergé. Personne ne peut raconter la même chose, faire passer les mêmes idées et formuler le même humour de la même manière.
    Du coup je ne sais pas si je vais tenter de reprendre au second épisode. Vraiment. Le seul point positif c’est que les trois personnages principaux sont interprétés par des acteurs que j’aime, y compris Hughie par le fils de Dennis Quaid et Meg Ryan, que j’avais bien apprécié dans VINYL. Chais pas… 😟

    • Présence  

      Fan d’Ennis : son humour, son analyse du monde, et même, bien sûr, son penchant pour déglinguer les super-héros dans la pisse… – Dans les premières pages, j’ai craint lire du Ennis light, ou un peu forcé, en particulier la déconstruction du politiquement correct.

      Au fil des pages, Bruce et moi avons relevé les dialogues volumineux. D’un côté, ce n’est pas une lecture fluide mais c’est l’habitude de ce scénariste ; de l’autre côté, ça lui permet d’aller en profondeur dans les thématiques qu’il a choisies. Et puis de toute façon, je suis également fan d’Ennis. 😀

    • Bruce lit  

      Que vais-je bien pouvoir faire ?
      Ecouter le chef bien sûr.

      • Présence  

        🙂 🙂 🙂

        Trop fort.

        Règle n°1 : le chef a toujours raison.
        Règle n°2 : si le chef a tort, se référer à la règle n°1.

  • JP Nguyen  

    « Je n’ai pas reconnu la « voix » ni des personnages, ni de la série en comics.  »
    @Tornado : je peux faire mon taquin, et dire qu’il parait que c’est une adaptation ? et qu’on a pu me reprocher, sur Daredevil, de chercher à trouver la « voix » du perso comics, alors que, taratata, c’est une adaptation, c’est normal que ce soit pas pareil tout ça… hé hé… Sorry. Je vais prendre mes cachets…

    @Présence : tu sembles avoir été agréablement surpris par la prestation de Russ Braun. Au vu de ce que tu en montres, j’aurais tendance à partager l’avis de Bruce : « c’est fonctionnel mais sans charme »…

    • Présence  

      Concernant Russ Braun, mettons que je vois le verre à moitié plein : il est meilleur que quand il a débuté sur The Boys, à la suite de Darick Robertson. En particulier, il sait mieux rendre les moues et les mimiques des personnages.

    • Tornado  

      @JP : Je ne pense pas être en contradiction avec moi-même :
      Daredevil est un personnage. Il a été écrit par des dizaines de scénaristes et d’auteurs différents. Je ne lui reconnait pas toujours la même voix si je lis un épisode des années 60, un des années 70, un des années 80 ou un des années 2000.
      The Boys est une série limitée, entièrement pensée et écrite par le même auteur. Un auteur au sens premier du terme, avec ses thèmes et son style. Un auteur que je viens trouver non pas pour ses personnages, mais pour lui-même (d’où ma comparaison qui pourrait paraitre étrange avec Hergé). Ce qui fait que je ne suis pas intéressé par une autre version que la sienne. Là où je peux très bien découvrir plusieurs versions du personnage de Daredevil.
      Lorsque j’ai écrit « Je n’ai pas reconnu la « voix »» je l’ai d’ailleurs écrit sciemment en me souvenant de nos discussions. Croyant être clair sur le sujet… (et sans taquinerie) 🙂

      • Tornado  

        En fait j’aurais dû écrire « je n’ai pas reconnu « la voix » de Garth Ennis »…

  • JP Nguyen  

    OK Tornado, j’avais, pour ma part, bien annoncé que c’était pour taquiner. Ton argument DD-multi-auteurs vs The Boys-Ennis est tout à fait recevable.

    Mais en fait, ça retombe toujours sur où on met le curseur sur une adaptation (de comics ou d’autre chose).
    J’adore les adaptations cinoche du Seigneur des Anneaux et j’avais été étonné, en parlant avec un pote rôliste, de savoir que certains fans étaient très mécontents de certains choix, comme ceux faits pour Gimli (un côté plus humoristique, face à un Legolas un peu cheaté). Mais mécontents au point de dire « pouah, ce n’est pas assez fidèle, c’est une trahison du matériau de base etc… »)
    Du coup, chacun a son horizon d’attente…

    • Tornado  

      Oui.
      Le truc avec Ennis c’est que si on adore l’auteur, on est trop attaché à sa vision. Pour ma part je n’essaie même pas de regarder l’adaptation de PREACHER. Si je me suis risqué à jeter un oeil à THE BOYS, c’est à cause de l’article des copains et du casting.
      Je me suis fait le deuxième épisode cet aprem (vive les vacances !). Et je me suis surpris à « oublier » un peu le comics à certains moments. L’épisode était longuet et parfois j’étais navré des choix d’adaptation (pour l’instant les « Boys » ne sont pas une équipe, n’ont aucun pouvoir et sont des sales cons (Franchman insupportable avec son rap français à tue-tête, merci la sanction…). Mais c’était suffisamment bien fait pour m’emmener jusqu’au générique. Je vais essayer d’avancer encore un peu…

      • Présence  

        Le truc avec Ennis c’est que si on adore l’auteur, on est trop attaché à sa vision. – Exprimé comme ça, je me rends compte que c’est ce qui me retient de lire les séries Punisher qui ont suivi celle d’Ennis version MAX. C’est exactement ça : je suis trop attaché à sa vision du personnage.

      • Kaori  

        Bravo pour tes efforts ! Je te mets les encouragements ! 😉

        Bon, sinon, pour Becky, merci pour l’article Présence, mais je vais passer parce que Ennis, c’est vraiment pas pour moi !
        Et c’est donc logique que Tornado n’y retrouve pas la voix de Ennis, puisque j’aime beaucoup la série, très différente du comics mais convaincante, choquante et drôle quand même, sans être trash.

        JP : moi aussi j’adore ET l’œuvre et les films du SEIGNEUR DES ANNEAUX. Mais je réalise que j’ai plus vu les films que je n’ai lu les livres… Mes enfants ont trouvé que Légolas était vraiment « cheaté » (c’est aussi le mot qu’ils ont employé), et je ne me rappelais pas que ce n’était pas le cas dans les livres. Ce sont des scènes que je trouve drôle, qui apporte un plus au film…

        • Présence  

          Je peux comprendre : les œuvres de Garth Ennis sont très fortes en goût et peuvent rebuter certains palais.

          • Tornado  

            Je viens de passer le 5° épisode de la 1° saison de la série TV. Je suis en train de changer d’avis.
            Je viendrais commenter cette 1° saison sur l’article de Kaori quand je l’aurais terminée… 🙂

          • Jyrille  

            Ah super Tornado ! Je crois que moi aussi au début je n’étais pas certain de ce que ça voulait raconter, mais à la moitié c’est sûr j’étais accro.

  • Nikolavitch  

    Alors, personnellement, j’ai apprécié cette mini, malgré son côté plus anecdotique.

    Pour la petite histoire, Laurent Laget, le traducteur, m’a contacté lorsqu’elle lui a été confiée (je ne travaille plus avec Panini depuis un bail), et j’ai apprécié l’attention. On a causé un peu de ma démarche sur la trad de The Boys, et il s’est lancé. Et s’il se livre à un excellent pastiche de ma trad, il parvient assez souvent à me surprendre plus qu’en bien, avec de belles trouvailles que, non seulement, je n’aurais pas reniées, mais qui m’ont parfois semblé nettement meilleures que ce que j’aurais trouvé.

    en ce qui concerne les affiches de Manesse, oui, il a eu Robertson et Oeming, et c’est bien sûr via son activité de traducteur qui l’a amené à créer des liens avec. Aucune idée des tarifs, mais j’ai dans l’idée qu’ils se sont fait plaisir.

    • Présence  

      Merci pour cet aperçu des coulisses de la traduction et cette image d’une confrérie des traducteurs.

  • Jyrille  

    Je m’attendais à être un peu spoilé en lisant l’article et c’est le cas, mais finalement peu : en effet, n’ayant pas lu la série et ne connaissant que la série télé, je ne connais pas la fin de THE BOYS.

    Cela dit j’avais envie d’avoir ton avis sur cette histoire qui semble-t-il a été pas mal décriée, surtout sur l’opportunisme que tu soulignes fatalement. N’ayant toujours pas envie de lire le comics, je fais toujours l »impasse sur celui-ci mais au moins j’apprécie d’avoir un autre son de cloche et de profiter de ton analyse que je sais toujours pertinente et réfléchie. Merci Présence.

    • Présence  

      J’essaye toujours d’éviter de trop en dire, avec un succès parfois mitigé il est vrai.

      Merci pour le petit mot gentil. Il est vrai que je partais confiant car je n’ai pas souvenir d’Ennis bâclant une histoire, mais si parfois il peut être un peu moins impliqué.

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