L’acier, la chair et le sang (La genèse de Conan le Barbare)

Encyclopegeek : Conan le barbare –

A genoux, femme !

A genoux, femme !

AUTEUR : TORNADO

1ere publication le 01/03/15- MAJ le 17/03/19

Cet article traitera de la genèse du film CONAN LE BARBARE et de ses influences issues de la littérature (les romans de Robert E. Howard, le créateur du personnage), des peintures de Frank Frazetta et des comics des années 70 écrits par le scénariste Roy Thomas et dessinés par John Buscema.

Avant de devenir un film, le personnage de Conan le Barbare (ou Conan le Cimmérien) et sa mythologie de l’âge Hyborien ont connu une très longue vie artistique.

Conan fut créé par le romancier Robert E. Howard dans les années 30, et ses aventures furent publiées dans les mêmes pulps qui accueillaient les récits d’autres écrivains, comme H. P. Lovecraft. Mine de rien, Howard inventait alors le genre moderne de l’Heroïc Fantasy…

Conan le Barbare a ensuite fait l’objet de plusieurs adaptations. D’abord sous la forme d’une série de peintures, avec les célèbres toiles de Frank Frazetta, puis sous la déclinaison de plusieurs séries de comics.

Les légendaires peintures de Frank Frazetta (femme, à genou !)

Les légendaires peintures de Frank Frazetta (femme, à genoux !)
© Frank Frazetta
Source Conan le Cimerien 

En créant le personnage de Conan le Cimmérien, Robert E. Howard avait donné le ton : Il y décrivait un mélange fascinant de ténèbres vénéneuses, inhérentes à cet âge oublié où l’homme sort de la préhistoire, et d’héroïsme barbare, à mille lieues de l’Heroic Fantasy manichéenne et enfantine telle qu’elle sera trop souvent popularisée par la suite, le tout saupoudré d’un zest d’érotisme. Il y règne une atmosphère poisseuse, glauque et viscérale, baignée dans la chair et le sang.

Dans les années 60, les peintures de Frank Frazetta commencent à illustrer les couvertures des recueils réunissant les aventures de Conan le barbare. La puissance de ses images (des peintures à l’huile sur toile) est telle que les ouvrages se vendent comme des petits pains ! On peut considérer aujourd’hui sans peine que le succès de Conan incombe en majeure partie à Frazetta. Il parvient à saisir l’essence même des écrits de Robert E Howard : Son Conan est une montagne de muscles aux yeux de braise et à l’allure sauvage. Les décors paraissent immémoriaux et se dressent au dessus d’un amas d’ossements et de corps putréfiés. Toute l’atmosphère crasseuse et vénéneuse des écrits d’Howard est retranscrite, sans oublier la dimension érotique.

Le concept du guerrier ultime selon Frazetta : Seul contre tous !

Le concept du guerrier ultime selon Frazetta : Seul contre tous ! Source Wikipedia 
©Frank Frazetta

Dans les années 70, le personnage débarque chez l’éditeur Marvel Comics. Un scénariste du nom de Roy Thomas décide alors de s’écarter du monde trop enfantin des super-héros maison comme Spiderman et les Fantastic Four et envisage de transposer l’univers de Robert E. Howard sous la forme d’une série de bandes dessinées. D’abord éconduit par Stan Lee, grand Manitou de la Marvel très attaché à ses petits super-héros, Thomas finit par avoir gain de cause et développe sa propre série intitulée tout naturellement Conan le barbare.

Mais cela ne suffit pas. Le Comic-code impose encore trop de restrictions à un univers initialement plutôt sombre et violent. Roy Thomas va alors créer une seconde série, intitulée Savage Sword Of Conan, dont la tonalité sera plus adulte, plus âpre et moins édulcorée. Toutes ces séries seront dessinées par les grands noms de l’époque, notamment Barry Windsor Smith (qui sera le premier à dessiner Conan dans le monde de la bande dessinée) et surtout John Buscema, qui offrira au personnage son allure massive définitive, qui collera définitivement à sa peau de bête…

Dans l’ensemble, le travail de Roy Thomas et de ses collaborateurs est dans la droite lignée d’Howard et Frazetta. Ils développent l’univers visuel du barbare de manière fidèle et réussissent peu à peu à imposer la dimension iconique et viscérale de l’âge Hyborien. Tous les archétypes du genre ont été entérinés dans les pages de ces comics légendaires. L’étape vers le grand écran sera la suivante…

Le Conan définitif de John Buscema : A genou, femme !

Le Conan définitif de John Buscema : A genoux, femme !
©Marvel Comics

Comme par miracle, la première adaptation cinématographique de Conan le barbare qui nous intéresse ici en particulier, va parvenir à lier tous les acquis de cet héritage. Le film de John Milius, qui sort en 1982, a la force des nouvelles d’Howard, le look des peintures de Frazetta et le parfum des comics de Thomas et Buscema. Arnold Schwarzenegger apparaît instantanément comme une réussite de casting historique (au même titre que Christopher Reeves dans le rôle de Superman).

Milius ne cache pas ses sources d’inspiration : Il idolâtre Howard, avoue avoir recherché pendant des mois le sosie du Conan de Buscema et désire utiliser une illustration de Frazetta (The Barbarian – 1966) pour l’affiche de son film ! Il possède une vision claire de son projet et son film marque une note d’intention très forte en s’ouvrant sur une citation de Nietzsche : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Le Conan de Milius se dressera sous le signe de la quête initiatique. Il sera lyrique ou ne sera pas.

Une des affiches du film qui fait rien qu’à reprendre du Frazetta !

Une des affiches du film qui fait rien qu’à reprendre du Frazetta !

Sous les traits de « Schwarzy », Conan le barbare est une bête qui évolue tout au long de sa vie. Muet durant toute sa jeunesse, il devient esclave, gladiateur, étudiant, reproducteur (!), voleur et conquérant. Le script d’Oliver Stone & John Milius (fraîchement auréolé de celui de Apocalypse Now !) insiste sur une quête intrinsèque de l’esprit et de la matière.

L’Homme, qui a évolué en créant des outils et plus tard des armes pour survivre dans un monde cruel, n’est entier que si l’esprit fait corps avec la matière, avec la chair et l’acier, sa plus belle création. Conan et son épée ne font qu’un. Ils symbolisent cette évolution où la matière et l’esprit se sont liés au service d’une évolution dévouée à la survie. Ça vaut ce que ça vaut, mais ce fil conducteur élève le débat d’une histoire qui, autrement, n’aurait pu se résumer qu’à une série de péripéties aventurières.

Tout droit sorti des pages d’un livre ou d’un comic book, voici Conan en chair et en os !

Tout droit sorti des pages d’un livre ou d’un comic book, voici Conan en chair et en os ! Source Allo ciné 
©MGM / United Artists

A l’époque de sa sortie et même encore aujourd’hui, de nombreux admirateurs de l’œuvre d’Howard reprochent au film de ne pas être suffisamment fidèle à ses livres. Certains osent même, à présent, prétendre que le remake réalisé par Marcus Nispel en 2010 (honteuse bouse dotée d’un des pires scénarios de tous les temps) est nettement plus fidèle ! Je trouve cette discussion assez agaçante parce qu’elle nie tout simplement le principe même d’une adaptation. En choisissant de ne pas coller à la « biographie » du personnage telle qu’elle est décrite dans les livres, John Milius et Oliver Stone faisaient le choix d’en préserver davantage l’esprit que la lettre.

Ainsi, bien que l’histoire de leur Conan se distingue de celle narrée par Howard, ils en retranscrivent fidèlement la moelle, le parfum et l’atmosphère. En termes d’adaptation, c’est quand même bien plus intéressant que le pâle navet lisse et impersonnel produit en 2010. Si ce dernier reprend la chronologie des nouvelles d’Howard avec plus de fidélité, cela ne l’empêche pas, au final, de massacrer sa mythologie à l’aune d’un scénario inodore et d’une esthétique « jeu-vidéo » sentant le vu et revu à plein nez ! Vade retro !


Lequel est le plus fidèle ? Hein ? Choisis ton camp camarade !

Au contraire, la réalisation du film de 1982 fera date. Milius n’oublie pas ce qui a fait la force des œuvres précédemment citées. A chaque fois, que ce soit à travers Howard, Frazetta, Thomas et Buscema, le public découvrait quelque chose de l’ordre du « jamais vu ». Le film ne déroge pas à cette règle : Les combats, les décors, les armes et accessoires, la violence et la dimension érotique, la photographie, tout est de l’ordre du jamais vu sur un écran. Le ton est lyrique à l’extrême, le scénario évolue tel un opéra composé en plusieurs tableaux (la jeunesse, la vie de voleur, la vengeance). La dramaturgie est intense. Les personnages s’aiment et meurent de manière tragique et viscérale, la plupart du temps sans dialogues, sous la seule force des images.

Milius visait une dimension Wagnérienne et il y a mis tout son cœur, bien aidé par un casting exceptionnel, les acteurs dégageant tous un charisme incandescent (inoubliable James Earl Jones dans le rôle de Thulsa Doom ) ! Lorsque j’ai vu le film, enfant, j’en ai été profondément marqué. Jamais un monde barbare ne s’était imposé à mes yeux avec autant de réalisme et de force traumatisante !

Mon passage préféré de quand j’étais petit !

Mon passage préféré de quand j’étais petit ! Source Allo Cine 

Étrangement, la réalisation du film, qui subit plusieurs aléas, notamment à cause du producteur Dino de Laurentiis qui ne cesse de revoir le budget à la baisse, va tirer sa force de ces déconvenues. Par exemple, les somptueux décors prévus par Ron Cobb ne pouvant être finalisés, ils sont laissés à l’état de reliquat et filmés comme tels. Le résultat est inattendu : inachevés, ils apparaissent d’une crédibilité absolue, à l’opposé des décors en carton pâte de beaucoup de films d’époque !

Pour l’anecdote, ce genre de bonne surprise avait eu lieu deux ans auparavant sur le tournage du film L’empire contre-attaque. L’équipe chargée des décors n’arrivant pas à cacher les dizaines de mètres de fils électriques parsemant les plateaux de la base du système Hott, décida de les laisser trainer et ainsi, donnèrent à la base un aspect réaliste incomparable !


Décors minimalistes pour film barbare…

Comme si cela ne suffisait pas, une autre composante allait jouer en faveur de notre film : Le cinéma permettant la rencontre entre le son et l’image, il fallait bien une bande son barbare ! Ce fut chose faite avec ce qui reste aujourd’hui l’une des bandes originales de film les plus réussies de l’histoire du septième art. Car le compositeur Basil Poledouris crée alors une composition inoubliable, qui marquera définitivement les canons du genre.

Il est temps à présent que je m’arrête, car je me rends bien compte que je verse peu à peu dans le discours d’éloge ! N’empêche que le temps a fait son office : Conan le Barbare version 1982 est aujourd’hui un grand classique ! Et grâce à ce film et à d’autres, comme la trilogie Star Wars originelle et la série des Indiana Jones, l’enfant que j’étais en 1982 est resté un enfant…

Le film de John Milius connaîtra une suite et une déclinaison sous le nom de Kalidor, avant de subir le remake de 2010. Mais comme dit le chroniqueur à la fin du film : « Ceci est une autre histoire »…

Le maléfique Thulsa Doom : Une vraie vipère !

Le maléfique Thulsa Doom : Une vraie vipère ! Source Mythic Scribes 

37 comments

  • JP Nguyen  

    « On peut considérer aujourd’hui sans peine que le succès de Conan incombe en majeure partie à Frazetta. »
    C’est un peu exagéré, les parutions dans Weird Tales avaient eu du succès. Et des auteurs comme Sprague de Camp et Lin Carter ont continué à exploiter le filon, en abâtardissant hélas le personnage.
    J’ai relu il y a quelques années du Conan de Howard aux éditions Bragelonne et le contenu éditorial amené par Patrice Louinet (traducteur et « restaurateur » du texte original) est vraiment très appréciable. Il remet vraiment en perspective l’oeuvre et la vie de l’auteur. Howard n’aura écrit Conan que pendant quatre années et écrivait les histoires « dans le désordre » n’ayant pas pour objectif de constituer un méta-récit mais de conter des épisodes, qui lui apparaissaient comme des résurgences d’un passé lointain et oublié. Cette édition met aussi en avant la philosophie pessimiste qui parcourt l’oeuvre : la civilisation n’est qu’une étape temporaire et la barbarie est destinée à revenir.
    Je n’ai pas vu le film de 2010 mais je n’en ai pas trop envie, celui de Milius me suffit, je suis d’accord avec la quasi-totalité de tes arguments (casting, musique, ambiance).

  • Présence  

    Cela fait maintenant 25 que j’ai lu les Conan de Robert E. Howard (dans les éditions « J’ai lu » et je ne me souvenais pas de la dimension érotique dans ces livres.

    Puis dans la fin des années 1990, « Fleuve Noir » a sorti une vingtaine de recueils de nouvelles de Robert Erwin Howard, englobant aussi bien les poèmes que d’autres personnages comme Agnès de Chastillon, El Borak le magnifique, Cormac Mac Art, Almuric, Sonya la rouge, Solomon Kane… J’ai pu faire le lien avec les nombreuses adaptations réalisées par le pesant Roy Thomas, et pas d’autres suiveurs.

    Récemment Dark Horse a initié une anthologie dédiée aux adaptations de tous ces personnages : « Robert E. Howard savage sword ». Comme d’habitude, les adaptations vont de correctes à insipides, voire trop près du texte et maladroites.

  • Lone Sloane  

    Par Crom! Le cimmérien prognate est dans ces murs.
    Un article qui rend hommage au film du génial et complétement frappé John Milius.
    Pour ceux qui veulent aller plus loin sur tous les aspects du personnage et de l’oeuvre que tu as mis en avant, un très complet article de l’excellent site DVD classik: http://www.dvdclassik.com/critique/conan-le-barbare-milius

  • Bruce lit  

    Génial ! Superbe article ! En hommage à tes efforts Tornado, j’ai corrigé ma mise en page et sa typographie ( je galère pour mettre en valeur les noms propre et les oeuvres. Le gras ne fonctionnant pas sur le WordPress, faut il souligner les noms propres, les mettre en italique, vaste débat que j’ai eu avec Tornado hier côté.
    coulisses).
    Je n’ai jamais lu de Conan ni enfant, ni maintenant : les héros suintant de testostérone et des femmes soumises enroulées aux pieds du héros m’ont toujours fait fuir. Par contre j’ai beaucoup aimé le film que j’avais revu il y a 4 ans. je trouve la scène d’ouverture puissante ( tu n’en parles pas ! ). Le suspense autour de la mort de la mère du jeune Conan est l’une des plus inquiétantes que j’ai jamais vue. Le regard à la fois déterminé et de fausse compassion de James Earl Jones, putain je m’en rappelle encore !
    J’ai adoré ton anecdote sur les décors et ceux de Star WArs ! Formidable ! Et la Bo du film tourne au bureau en ce moment même !
    Et si l’on tenait là un monument de la culture Geek à la culture tout court ? Une adaptation qui s’affranchit à la fois de son modèle littéraire en lui étant fidèle ?

  • Jyrille  

    Excellent article qui m’apprend pas mal de choses. Je n’ai en effet jamais lu un seul Robert E. Howard ni même un comic de Conan mais le film m’a autant marqué que Tornado. Il faudrait que je le revoie d’ailleurs, et que je choppe enfin la BO que nous écoutions lors de nos soirées étudiantes (entre autres) entre les Cure et les Pixies.

    J’ai un recueil de peintures de Frazetta que je trouve incroyable à chaque fois que je l’ouvre. Par contre, j’ai récemment revu les deux premiers films du Seigneur des anneaux et je pense sincèrement que la vraie heroïc fantasy est là, avec une quête, une équipe composée d’éléments disparates mais complémentaires : guerriers, sorcier, archer, nain…

    • Chip  

      Si l’on sait l’influence qu’eurent certains illustrateurs de Tolkien sur les films, puisque Jackson eu le bon sens de les recruter, et l’impact des concept arts de Ralph McQuarrie sur Star Wars, je profite de ce commentaire pour mettre un tout petit peu de lumière sur un illustrateur qui aura marqué de sa patte le premier jeu de rôle tiré de l’oeuvre de Tolkien et sa maison mère, Rolemaster : Angus McBride. Faites une petite recherche web à l’occasion.

      • Eddy Vanleffe  

        un illustrateur qui m’a marqué étant plus jeune, ce fut Larry Elmore….je le trouvait élégant…

        • Chip  

          Je ne connaissais pas Larry Elmore de nom, mais en quelques secondes de recherche, on dirait bien le style du D & D d’une certaine période. Ca expliquerait mon ignorance, j’ai snobbé le D & D jusqu’à récemment 🙂

          • Tornado  

            Oui Larry Elmore on le voyait souvent pour les couvertures des bouquins qui accompagnaient les jeux de rôles et sur les art book. Je n’ai jamais été un rôliste mais par contre je lisais les romans et j’achetais les arts book parce qu’en ce temps là, l’heroic fantasy ça courait pas les rues et c’était un peu la dèche côté BD et ciné.
            Par exemple j’avais lu (et beaucoup aimé) la saga DRAGONLANCE de Tracy Hickman et Margaret Weis. Et j’avais donc acheté les art books qui se vendaient alors en parallèle.
            Cependant je trouvais tous les illustrateurs de la franchise D&D un peu froids et, à l’époque (parce qu’à cette époque je dessinais énormément d’illustrations d’heroic fantasy), mon illustrateur préféré s’appelait Rodney Matthews : https://www.bdfugue.com/voyages-extremes

          • Chip  

            Je ne connaissais pas Matthews non plus. C’est marrant parce qu’au premier abord, le résultat de recherche donne une vue d’ensemble et avec les couleurs et les compisitions ça me fait tout de suite penser aux veux albums de Yes, mais en regardant de plus près, certains personnages évoquent le trait plein de caractère de John Blanche, illustrateur de livres dont vous êtes le héros (notamment la série Sorcellerie de Steve Jackson).

      • Jyrille  

        Merci Chip et Eddy pour les références, j’irai jeter un oeil !

  • Tornado  

    @JP : Les Weird tales avaient du succès. Mais ce sont les recueils illustrés par Frazetta qui ont popularisé les nouvelles dans le monde entier. C’est en tout cas ce que j’ai lu dans les livres consacrés à Frazetta.

    @Cyrille : C’est pourtant Howard qui est considéré, officiellement, comme le créateur de l’Heroic Fantasy moderne.

    @Bruce : J’aurais pu parler du film (et de son intro) encore bien longtemps, mais on aurait eu bien plus de 10 scans !!! 😉

    • Bruce lit  

      Question : Thorgal doit il quelque chose à Conan ?

      • Jyrille  

        A ma connaissance, Bruce, rien. Thorgal se déroule dans une période qui a existé, celle des vikings.

  • Yuandazhukun  

    Complétement d’accord ! Une superbe adaptation que voilà ! Une BO magnifique et des effets spéciaux fait main….un réalisme bien plus bluffant que ceux numériques….mon dieu mais comment peut-on préférer le film de 2010 avec Momoa ? Peut-être une question générationnelle….Comme pour moi avec la bande son et les effets spéciaux….( enfin cela ne m’empêche pas loin de là d’aimer des films d’aujourd’hui !). Formidable article ! Merci Tornado !

  • Stan FREDO  

    Bravo pour cette chronique sur Conan ! J’aimais beaucoup le personnage quand j’étais petit, notamment les albums tirés de Savage Sword Of Conan (N&B, of course!) chez Lug quand Alfredo Alcala (filière filipina) encrait le grand John Buscema. Je me suis donc précipité au cinéma lorsque le film est sorti (malgré le type de critique que l’on pouvait lire dessus à l’époque…). A dire le vrai, je ne me souviens pas d’avoir été bluffé mais je ne me souviens pas non plus d’un navet. Je ne crois pas avoir revu le film depuis, sauf peut-être à la télé il y a longtemps, quand j’en avais encore une, de télé.

  • Manticore  

    Conan avait eu du succès en pulps — il faisait partie des séries préférées des lecteurs de Weird Tales — était très recherché en édition Gnome Press et a eu un très beau succès lors de la parution en Lancer illustrés par Frazetta (comme Doc Savage a eu une nouvelle jeunesse grâce aux covers de Bama). Ce joli succès en langue anglaise lui a valu une assez tardive parution française, aux covers illustrées par Druillet. Je ne serais pas surpris que ce soient plus les comics Marvel que les bouquins eux-mêmes qui aient décidé les décideurs de chez édition spéciale, d’ailleurs.

    Pour le film, y a une direction artistique irréprochable. Et après, c’est une bourrinitude, bien traduite par Schwarzie le taciturne (ce qui vaut mieux, étant donné ses dons d’acteur et son accent à couper à l’épée). Le scénario nous explique que les hippies, c’est rien que des dupes du Mal (qui est noir, d’ailleurs). Pour de l’heroic fantasy, la magie pointe au chômage. À part une vague apparition lors de l’exorcisme dans le noir, la transformation laborieuse de Thulsa Doom en terrifiant serpent somnambule et l’atroce et kitsch réapparition de la Valkyrie Colgate, qui roule en 33-tonnes à pneus cloutés sur une des plus belles séquences du Conan de Howard, celle du retour de Bêlit, y en a pas: c’est du cape et épée revisité Viet-Nam. La musique est sympa deux minutes, mais un brin répétitive. Je ne comprends pas l’enthousiasme pour ce film.

    La version Fleischer est rigolote parce qu’elle fait du Conan de comics: la structure routinière établie par Thomas et Buscema, dont l’un envoie des pages de nouvelles arrachées aux éditions de poche, en guise de scénario, et l’autre trace rapidement des esquisses qui seront complétées par divers encreurs philippins, sélectionnés pour leur talent illustratif.

    Le film de 2010 a un Conan physiquement bien plus proche de Howard que Schwarzie, mais le côté Conan le Polynésien est un peu bizarre, et, à une ou deux brèves séquences près, le film lui-même est une bouillie sans nom.

  • Stan FREDO  

    Ah ! Eclipso ! C’est effectivement là que j’ai lu les épisodes signés Barry Windsor-Smith ! Je me souviens qu’il dessinait des nez que je trouvais bizarres… J’aimais beaucoup. J’avais quoi ? 10, 11, 12 ans ? Je n’ai jamais vu le Conan 2, et ne cherche aucunement à le voir, bien que j’ai toujours été fan de Grace Jones période Island Records.

  • Bruce  

    Merci Jord de ta réponse. Je cherche désespérément du Conan dans mes références. Peut être le Kratos de God of War ?
    En tout cas, voilà qui m’a donné envie de publier du ….Thorgal !

  • Tornado  

    A venir chez Bruce Lit : La suite de Conan. En comics, en films et tout le tralala…

    Pour revenir à Thorgal, je trouve que Van Hamme & Rosinsky ont référencé beaucoup de leurs influences. par exemple, l’un des personnages s’appelle « Gandalf le fou », ce qui, forcément, évoque Tolkien. Quand à Thorgal, il semble s’inspirer physiquement de Conan le barbare (l’allure, les cheveux), tout en développant, comme le dis Jord, un « monde parallèle au notre », à la fois historique et imaginaire, où la SF et la magie existent… Ce sont des références discrètes. mais je les trouve évidentes.

    • Bruce lit  

      Ah ben, pas totalement à côté de la plaque je suis !! Thorgal me semble moins musclé mais il tombe les filles comme des mouches ! est ce le cas de Conan ?

      « A venir chez Bruce Lit : La suite de Conan. En comics, en films et tout le tralala… » C’est un véritable Putsch ! Tornado me pique mon boulot !

      Ahem : Prochainement chez Bruce Lit, La suite de Conan. En comics, en films et tout le tintouin

  • Marti  

    Tout d’abord merci pour cet article à la fois synthétique et complet qui exprime toute la force du film sans rien vraiment spoiler !

    Alors je ne suis pas d’accord DU TOUT : la meilleure adaptation de Conan n’est pas Conan le Barbabre premier du nom ni le remake de 2010 mais le dessin animé Conan l’Aventurier, héros magique des temps passés affrontant les Hommes-Serpents à l’aide de son épée forgée de métal-étoile ! Si ce dessin animé gommait évidemment les aspects les plus sombres et matures de l’univers du Cimmérien, c’était une bonne introduction pour les jeunes à l’heroic fantasy, un genre dont Howard fut l’un des pères fondateurs…

    Howard a bien inventé l’heroix fantasy… suivant ce qu’on entend par ce terme ! On a tendance souvent à confondre « fantasy » et « heroix fantasy », pourtant le deuxième désigne normalement la fantasy « à la Howard », qui est aussi plus communément appelée « sword and sorcery ». Les récits de Tolkien et ceux qui s’en réclament sont plutôt qualifiés de « high fantasy ».

    En parlant des adaptations, qui se souvient de l’éphémère série TV Conan de la fin des années 90 avec le culturiste Ralf Moeller dans le rôle-titre ?

  • Tornado  

    Merci Marty. Tu as raison et je m’en veux d’avoir oublié ce dessin animé ! Pourtant j’ ai une grande partie de la série sur mon disque dur ! Du coup je regrette de ne pas en avoir parlé dans mes articles !
    Il y a eu 65 épisodes, diffusés au début des années 90.
    La série TV Conan de la fin des années 90 (avec Ralf Moeller), je vois bien ce que c’est. Mais je n’ai jamais réussi à regarder un épisode plus de 5 minutes. en plus, je ne supporte pas quand « Conan » est prononcé « Conan » et non « Khonnannh » ! 🙁

    • Bruce lit  

      « Pourtant j’ ai une grande partie de la série sur mon disque dur ! Du coup je regrette de ne pas en avoir parlé dans mes articles ! » Voile de quoi alimenter un cinquième article Conan….

  • Tornado  

    Ah ? Oui, pourquoi pas ! 😀

    • Marti  

      Il y a un quatrième article sur le feu donc, ou s’agit-il d’un plus ancien que les trois de la semaine dernière ?

      • Tornado  

        Il y a encore deux articles sur le feu. Un pour les comics. Un pour le cinéma…

  • Marti  

    La série a d’ailleurs eu droit à une suite (que je n’ai jamais vu) intitulée Conan & the Young Warriors d’une unique saison de 13 épisodes où Conan doit chapeauté trois enfants destinés à devenir blablabla… Paraît-il c’est très en-dessous du sympathique Conan l’Aventurier, les intrigues et les caractérisations sont infantilisées et, à une exception près, il n’y aucun personnage de l’ancienne série. Le seul bon point de cette série semble être que Conan révèle qu’il a fini par manger l’exaspérant Phénix qui l’accompagnait.

    Je te rejoins Tornado, je ne supporte pas non plus lorsqu’on prononce Conan à la français ! Pour moi c’est « Cônane » et puis c’est tout !

    Quid de Konar le Barbant ? Quelqu’un a lu cette parodie ?

    Je voulais juste revenir rapidement sur Thulsa Doom, j’ai été étonné (mais tu dois avoir tes raisons) que tu ne mentionnes juste pas qu’il s’agit à la base d’un ennemi de Kull, autre personnage créé par Howard qui vit dans le même monde que Conan mais à une période antérieur, qui est ici en quelque sorte fusionné avec Thoth-Amon, le Moriarty de Conan a bien des égards : devenu l’archenemi du barbare chez les continuateurs d’Howard (livres, comics et même dans le dessin animé où il devient Wrath-Amon), il n’apparaît que de le tout premier récit d’Howard (et ne rencontre même pas Conan !) et est cité je crois dans deux autres, un peu comme Moriarty qui n’apparaît je crois que deux ou trois fois chez Conan Doyle.

    J’ai découvert récemment que Lovecraft avait inclus plus ou moins des éléments de l’age hyborien dans le Mythe de Chtuluh, et qu’Howard lui avait rendu la pareille, avec même bien plus que de simples clins d’oeil. Quelqu’un en sait plus ?

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