LES AVENTURES D’ALFRED (La mort aux trousses)

LA MORT AUX TROUSSES par Alfred Hitchcock

Par TORNADO

© MGM

L’objectif de cet article est de présenter le chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock sous un angle particulier, en offrant des points de comparaison avec… la culture geek !

Nous n’allons pas nous lancer dans tous les remakes et clins d’œil adressés au film, du genre telle scène avec l’avion reprise dans tel épisode des Simpsons, ou tel film ou telle BD cite telle scène ou tel plan, d’abord parce que les exemples seraient pléthore, qu’il faudrait des années de recherche afin de tous les collecter, et que le but n’est pas de dresser un état des lieux exhaustif dans la mesure où nous ne sommes pas ici chez un notaire, mais sur un blog humblement divertissant et instructif.

L’idée est donc plutôt de repérer quelques œuvres de la culture populaire et de la culture tout court, avec lesquelles LA MORT AUX TROUSSES entretient des liens de parenté, qu’ils soient volontaires ou fortuits.

La scène d’intro avec le cameo d’Hitchcock en personne : L’aventure commence…
… au coin de la rue ! © Hergé-Moulinsart

Alfred Hitchcock réalise LA MORT AUX TROUSSES (NORTH BY NORTHWEST) en 1959, d’après un scénario original d’Ernest Lehman.

Le pitch : Roger Thornhill, un publicitaire new-yorkais, est confondu avec un espion américain, un certain George Kaplan. Il est alors kidnappé, sans parvenir à convaincre ses ravisseurs de sa véritable identité…
Difficile d’en dire plus (et l’on en a déjà trop dit !) sans gâcher complètement l’intérêt du film, qui déroule une intrigue complexe jouant constamment sur ce quiproquo…
Laissons plutôt la parole au maître :

Je découvrais LA MORT AUX TROUSSES pour la première fois lorsque j’étais enfant. Et je fus comme envoûté par le spectacle.
Ce n’est qu’en revoyant le film aujourd’hui que je comprends pourquoi il avait tant fasciné le petit garçon que j’étais à l’époque. Car, il faut bien l’admettre, le film résonne comme un écho pour un amateur de Tintin, des films de James Bond, des histoires d’aventures et de poursuites !
On peut sans conteste prendre le film d’Alfred Hitchcock comme une confluence : Un mélange des aventures de Tintin avec des éléments des films de James Bond, auxquels on pourrait ajouter un soupçon des romans de Dashiell Hammet ou de Raymond Chandler, entre autres !

En effet, le script évoque les histoires imaginées par Hergé, où l’on voyait le personnage principal sortir de son quotidien comme par hasard, avant d’être plongé dans une suite d’aventures rocambolesques comme si de rien n’était. Et c’est ce qui arrive à Roger Thornhill, interprété par Cary Grant, qui se retrouve mêlé à un imbroglio aventurier alors qu’il s’était contenté de sortir de chez lui pour un rendez-vous d’affaires…

Tout LA MORT AUX TROUSSES serait-il dans TINTIN ?
© Hergé-Moulinsart

Prenons le pitch de L’ÎLE NOIRE, la septième aventure des albums de TINTIN : Tintin se promène, voit atterrir un avion, se fait tirer dessus par des bandits, se retrouve impliqué et embarqué dans une course-poursuite, infiltre peu à peu un réseau de trafiquants de fausse monnaie qu’il remonte jusqu’à un final immergé dans un décor monumental, à la résonnance quasi-mythologique.

Certes, ce n’est pas exactement le même script que celui de LA MORT AUX TROUSSES mais, pris de manière linéaire, il entretient avec ce dernier une parenté assez évidente, une équivalente fuite en avant dont chaque événement déclenche le suivant, une structure presque identitaire, un arrière-goût de similitude…

Il y a, une fois encore, ce parti-pris très particulier de jeter un homme du commun dans une histoire hors du commun pour un voyage loin de chez lui et ce, de manière totalement fortuite, interpellant le spectateur qui ne peut que s’identifier de manière maximale à ce personnage qui pourrait être n’importe quel homme de la rue, et donc n’importe quel spectateur ou n’importe quel lecteur. C’est assurément ce qui a fait le succès des albums de TINTIN, et celui de LA MORT AUX TROUSSES dans la foulée.

Steven Spielberg se souviendra certainement de cet héritage lorsqu’il réalisera la saga INDIANA JONES, en partie imaginée comme un hommage à l’œuvre d’Hergé, et pimentée d’une série de clins d’œil référentiels adressés au cinéma populaire de l’âge d’or hollywoodien. Car on le sait bien aujourd’hui : Spielberg rêvait de réaliser un grand film d’aventures depuis qu’il avait découvert… L’HOMME DE RIO ! Un film français, inspiré des aventures de TINTIN, également basé sur la même trame scénaristique et le même point de départ : Un homme de la rue / une aventure fortuite / un voyage au bout du monde… Pas étonnant que le papa de E.T. finira par réaliser TINTIN ET LE SECRET DE LA LICORNE en 2011, bouclant ainsi la boucle une fois qu’il aura compris que tout vient de là !

Il y a donc comme une grande constellation d’étoiles qui convergent vers cet archétype de héros « à la Tintin », cristallisé dans le chef d’œuvre d’Hitchcock. Mine de rien, le maitre signait alors la version ultime d’un genre.

Espionnage, polar, aventures. Il y a tout ça dans LA MORT AUX TROUSSES !
© MGM/United Artists/Warner Bros./Lucasfilm Ltd-Paramount Pictures


Mais les influences de LA MORT AUX TROUSSES ne s’arrêtent pas là, car le film se rapproche aussi des histoires de James Bond principalement parce que, bien sûr, son héros se retrouve impliqué dans une affaire de contre-espionnage. Et quand on pense que LA MORT AUX TROUSSES est réalisé trois ans avant JAMES BOND CONTRE DR NO, le premier film officiel de la franchise James-bondienne, on prend conscience de l’héritage considérable laissé par Alfred Hitchcock sur tout un genre cinématographique, avec ses codes, son atmosphère et ses éléments-clés (Eva Marie-Saint incarne à elle-seule toutes les futures James-Bond-girls, et le passage dans le train, déjà traité par Hitchcock dans le passé et sans cesse répété dans les films de James Bond, se fond également dans cette idée de « genre »).

De même qu’il lègue tout un genre à ses héritiers cinématographiques, Hitchcock véhicule également le patrimoine de ses ainés, cinéma et littérature confondus. Aux romans noirs façon Raymond Chandler ou Dashiell Hammet, déjà adaptés au cinéma dans les années 30 et 40, LA MORT AUX TROUSSES emprunte ainsi certains constituants significatifs, tel le récit à tiroirs impliquant tout un réseau d’intrigants, où l’art de rendre complexe une simple histoire de banditisme…
Cette trame narrative et conceptuelle, dense et sophistiquée, est traitée d’une manière si fluide que l’on ne pense pas un seul instant à la maitrise hallucinante et au travail de titans effectué en amont afin de parvenir à un résultat aussi aéré, presqu’aussi léger qu’une bulle de savon. Car tel est le film et c’est là tout le génie de ce cinéaste unique en son genre, de réussir une telle alchimie en digérant autant d’éléments constitutifs et en étant capable de les restituer avec une telle clarté.

Tout un univers… hitchcockien !
© British International Pictures/Gaumont British/Warner Bros./Paramount Pictures/MGM


Cette confluence d’univers distincts issus de la littérature et du cinéma de « genre » ne trompe pas sur l’état d’esprit d’un auteur qui œuvra tout au long de sa carrière pour ce type de divertissement, tout en ne se laissant jamais enfermer dans une catégorie en particulier et en abordant pleinement chaque projet avec soin et intelligence. LA MORT AUX TROUSSES incarne parfaitement ce postulat, et l’on comprend aisément pourquoi le maitre fut si longtemps boudé par l’intelligentsia prout-prout pour qui le terme de « genre » est une notion impie, réservée aux ados attardés. Pour nous autres, éternels enfants bercés par la sphère aujourd’hui appelée « geek », Hitchcock fut d’emblée un héros et le petit garçon que j’étais à l’époque où je découvrais le film n’aura pas attendu que cette même élite bienpensante finisse par réhabiliter le maître du suspense pour reconnaitre sa valeur. Petit garçon qui avait d’ailleurs été très impressionné par l’incroyable puissance et la personnalité du score de Bernard Herrmann, le compositeur attitré d’Hitchcock, dont il reconnaissait la signature sonore sur plusieurs films de Ray Harryhausen !

Et ainsi Hitchcock rejoint Hergé mais aussi Chaplin, Disney et Spielberg (encore lui !), entre autres, dans le cercle des grands génies populaires boudés en leur temps par les élites. Lesquels génies devront parfois attendre le cercueil pour qu’on leur concède enfin la postérité méritée.

Reste l’héritage immense de LA MORT AUX TROUSSES. Réfléchissez, laissez vagabonder vos souvenirs… Il y a probablement moult images qui vous viennent à l’esprit, parfois sans que vous réussissiez vraiment à en saisir la source exacte, dans un film, dans une bande-dessinée, dans lesquelles la scène de l’avion est reprise, citée, plagiée ou évoquée, où un personnage rappelle furieusement Roger Thornhill, Eve Kendall ou Philip Vandamm, où un élément de décor, une ambiance ou un détail évoquent un passage du film d’Alfred Hitchcock, aujourd’hui dilué dans la mémoire collective.

Alfred Hitchcock : le monument !
© MGM

Bien évidemment, on ne peut pas parler de LA MORT AUX TROUSSES sans mentionner certaines de ses légendaires séquences, parfois rattachées à quelques savoureuses anecdotes. La scène du kidnapping mérite par exemple d’être citée, où le cinéphile voit défiler Cary Grant, James Mason et Martin Landau en quelques minutes d’une intrigue distillant un suspense complètement addictif. Avec la traque de l’avion en rase campagne et la poursuite au sommet du Mont Rushmore, ce sont effectivement les scènes les plus marquantes d’un long métrage jamais avare de séquences cultes. Mais chaque image est extraordinaire, chaque plan est une trouvaille, notamment cette malicieuse vue en plongée sur la piscine vide de l’hôtel, lorsque Roger Thornhill recherche désespérément George Caplan, son double invisible (laquelle piscine, ronde, en forme d’œil, opère un surcadrage sur… rien, ni… personne) !

Au rayon des anecdotes, citons toutes celles qui concernent le grand final qui se déroule autour du Mont Rushmore : Ainsi, la grande maison moderne qui sert de QG à Philip Vandamm (James Mason) est inspirée de Fallingwater, le chef d’œuvre de Frank Lloyd Wright. Sachez qu’il existe encore bon nombre de personnes qui pensent qu’il s’agit d’une création de l’architecte. Pourtant, cette maison près du Mont Rushmore n’existe pas et c’est en réalité un agencement de décors de studio combinés à des mate painting pour les plans d’ensemble ! Et d’ailleurs, le Mont Rushmore lui-même est un décor de studio lorsque les acteurs l’escaladent à la fin du film, la sculpture monumentale ayant été reconstituée pour le tournage !

La plus belle maison du monde : Fallingwater
Source : Wikipedia.org
L’imitation selon le cinéma.
© MGM
Source : Dirt.com


Enfin, la dernière image vaut son pesant de cacahuètes : Alors que Roger Thornhill demande la main d’Eva Marie-Saint, le dernier plan du film montre le train dans lequel voyagent les deux amoureux pénétrer dans un tunnel. Cette métaphore de l’acte sexuel, si elle échappe probablement aux enfants, est d’une telle évidence pour les adultes qu’elle entérine le génie créatif d’un cinéaste recherchant continuellement à franchir tous les obstacles, puisque le cinéma de l’époque défendait sans détour la possibilité de montrer l’acte de manière directe…

La dernière séquence, avec le combat sur le mont Rushmore et le passage (équivoque) dans le tunnel. Attention aux spoilers pour ceux qu’ont jamais vu le film, hein…

On raconte que Cary Grant, alors âgé de 55 ans, avait décidé de prendre sa retraite avant le tournage de LA MORT AUX TROUSSES. Hitchcock (qui disait de lui qu’il était le seul acteur qu’il ait jamais aimé (sachant qu’il aimait surtout les actrices), et qui le fit d’ailleurs tourner dans plusieurs de ses films majeurs comme SOUPÇONS, LES ENCHAÎNES et LA MAIN AU COLLET) réussit à le faire changer d’avis mais, lors du tournage, l’acteur ne comprenait tellement rien au script qu’il regretta un moment sa décision. Une fois l’immense succès du film entériné, Grant croisa Hitchcock à Hollywood et, devant la foule, se prosterna à genoux devant lui !

Revoir aujourd’hui LA MORT AUX TROUSSES est donc un plaisir assez jouissif pour un geek sans cesse confronté au mépris de l’élite intellectuelle pour les divertissements populaires, tant le film est un coffre au trésor rempli de détails directement issus de cette culture alternative que l’élite en question s’obstine à ne pas voir et, surtout, à ne pas en percevoir toute la richesse…

Un trailer tout neuf, avec la magistrale partition originelle de Bernard Herrmann.


BO : Nick Drake – NORTHERN SKY

37 comments

  • Surfer  

    Alors on doit être de la même génération car j’ai aussi découvert ce film lorsque j’étais gamin😉

    Cependant il ne m’avait pas autant marqué. Il m’avait même ennuyé. Un film trop complexe pour mon petit cerveau d’enfant en cours de maturation 😀.
    Les oiseaux du même réalisateur m’a beaucoup plus fasciné. Un film beaucoup plus spectaculaire avec un scénario beaucoup moins alambiqué.
    Quand on est un gamin faut pas trop en demander en matière de réflexion 😀😀😀

    Ce n’est bien plus tard que j’ai apprécié ce film à sa juste valeur. Et tu as raison c’est un très grand film👍👍👍.

    Ton parallèle avec Tintin et James Bond est intéressant . Cependant quand tu écris :

    « Mais les influences de LA MORT AUX TROUSSES ne s’arrêtent pas là, car le film se rapproche aussi des histoires de James Bond principalement parce que, bien sûr, son héros se retrouve impliqué dans une affaire de contre-espionnage. Et quand on pense que LA MORT AUX TROUSSES est réalisé trois ans avant JAMES BOND CONTRE DR NO,… »

    Certes….Sauf que les romans de James Bond ont été écrits bien avant le film. Dr NO par exemple à été écrit 1 an avant le film et c’est déjà le 6ème roman consacré à l’espion.

    La BO: Très bon choix, je ne connais pas bien l’album dont est issu cette chouette chanson ( il va falloir que je remédie à cela) 😉. Je suis un peu plus familier avec PINK MOON qui est excellent 👍

    • Tornado  

      Alors, sans vouloir prétendre que je sais tout (parce qu’en vérité je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais rien…), je sais que les romans de James Bond ont été écrits avant. Mais je voulais montrer une filiation CINEMATOGRAPHIQUE. Je voulais par exemple essayer de comprendre pourquoi, chaque fois que je regarde un James Bond classique (au hasard BONS BAISERS DE RUSSIE ou GOLDFINGER), je pense à LA MORT AUX TROUSSES…
      C’est une histoire de codes, de genre, de grammaire cinématographique. A bien y réfléchir je trouve que Terence Young et Guy Hamilton, réalisateurs des premiers James Bond, sont très influencés par le film d’Hitchcock (la scène dans le train de BONS BAISERS DE RUSSIE est totalement hitchcockienne). Voilà tout.

      La BO : PINK MOON, dernier album de Nick Drake, est clairement le plus épuré (aucun autre musicien, ou presque). C’est personnellement celui que je me passe le moins. Je préfère BRYTER LAYTER, bien plus lumineux, et surtout le premier, FIVE LEAVES LEFT, où se trouve RIVER MAN, l’une des plus belles chansons de tous les temps 🙂 ).

      • Surfer  

        Ah OK, je comprends mieux… Oui bien sûr tu as complètement raison pour la filiation cinématographique.
        Et merci pour ton retour concernant la discographie de NICK DRAKE qui, au final, est un artiste que je connais mal. Je vais suivre tes recommandations. 😉👍

      • Jyrille  

        D’ailleurs il y a quelques années, en revoyant BONS BAISERS DE RUSSIE, j’ai eu l’impression que tout le film se passe dans le train…

  • JM Gruget  

    Découvert à la télé, comme tous ceux de ma génération, ce film a toujours été pour moi le prototype du « grand film distrayant », effectivement avec quelques accointances du coté de Bond pour le spectaculaire et une certaine « classe » luxueuse que l’on y retrouvait également..
    Il n’y a rien de naturaliste dans ce métrage, encore moins de réalisme: Tout est au service du spectacle, du suspens.. comme les Bond. En cela c’est un pur objet de cinéma (comme tous les grands Hitch d’ailleurs très loin d’une certaine idée du réalisme). Je me souviens d’une leçon de cinéma donnée par Brisseau dont l’objet était de montrer l’artificialité du monde hitchcockien à travers l’analyse de la séquence d’amour du train -avant le tunnel- où il montrait gestes à l’appui combien il était impossible de tourner cette scène dans un compartiment de train et qu’il avait fallu pour ce faire construire un décor dont les parois étaient démontées au fur et à mesure du plan pour laisser la place de la lourde et encombrante caméra tandis que Grant et Eva Marie Saint accomplissaient une chorégraphie improbable et acrobatique pour assurer la fluidité apparente..

    Je n’avais pas fait le rapport avec Tintin, mais effectivement les points communs sont là: Peut-être l’époque et son imaginaire?
    Par contre, et juste pour le plaisir de la capillotraction matinale, il est injuste de dire que Hitchcock était alors « boudé par l’intelligentsia prout-prout », car si c’était vrai aux USA (et ce jusqu’aux années 70 et le Nouvel Hollywood), ce n’était pas le cas en France dont la critique « intellectuelle » (Cahiers du cinéma) soutenait son travail et voyait en lui un Auteur, et non un yes man doué (le « Hitchcock » de Chabrol et Rohmer est sorti en 57, deux ans avant le mort aux trousses).

    • Tornado  

      Merci pour ton retour.
      Tu as raison : La Nouvelle Vague française vénérait le cinéma d’Hitchcock dès les années 50. Mais aux USA il était méprisé pour son côté populaire. C’est très surprenant avec le recul puisqu’il trône aujourd’hui dans la cour des grands auteurs.
      Ce refus du réalisme et du naturalisme dont tu parles illustre parfaitement pourquoi Hitchcock a toujours été l’un de mes cinéastes favoris : Je ne m’intéresse absolument pas au cinéma naturaliste qui est une copie conforme de notre monde. Le cinéma est pour moi une porte d’évasion. Hitchcock est un point d’équilibre parfait entre ce cinéma-là et le cinéma d’auteur.

      • zen arcade  

        Bon sinon, j’adore La mort aux trousses depuis que je suis gamin et chaque occasion de le revoir est un immense plaisir. Il va falloir un de ces jours que je le fasse découvrir à mes filles.

        « Car tel est le film et c’est là tout le génie de ce cinéaste unique en son genre, de réussir une telle alchimie en digérant autant d’éléments constitutifs et en étant capable de les restituer avec une telle clarté. »

        Très bien vu.
        Hitchcock a toujours affirmé que le travail du cinéaste ce n’tait pas de rendre compliquées des choses simples mais de rendre simple des choses compliquées.
        Le souci de clarté était au centre de son travail.
        Et à ce titre, La mort aux trousses est une véritable épure.

        « Mais chaque image est extraordinaire, chaque plan est une trouvaille, notamment cette malicieuse vue en plongée sur la piscine vide de l’hôtel, lorsque Roger Thornhill recherche désespérément George Caplan, son double invisible (laquelle piscine, ronde, en forme d’œil, opère un surcadrage sur… rien, ni… personne) ! »

        Ce surcadrage sur rien renvoie à la scène où Cary Grant discute à proximité d’un hélicoptère dont le bruit empêche d’entendre ce qui se dit. C’est pourtant la scène où l’objet du film, le fameux McGuffin qui fait courir tout le monde, est révélé.
        Hitchcock ramène le McGuffin a une abstraction. On a pas besoin de savoir ce qui motive les personnages, on a juste besoin de savoir que quelque chose les motive.
        La mort aux trousses est un film passionnant sur … rien.
        C’est incroyablement gonflé.
        Et le surcadrage que tu cites, tout comme la scène de l’hélicoptère, nous le montre visuellement de manière éclatante.

  • zen arcade  

    « LA MORT AUX TROUSSES incarne parfaitement ce postulat, et l’on comprend aisément pourquoi le maitre fut si longtemps boudé par l’intelligentsia prout-prout pour qui le terme de « genre » est une notion impie, réservée aux ados attardés. »

    La petite remarque sans laquelle un article de Tornado ne serait pas un article de Tornado. 🙂

    Les premiers a avoir affirmé haut et fort que Hitchcock était un immense réalisateur et pas un simple amuseur, ce sont les Cahiers du cinéma. Dès les années 50.
    Hitchcock était une des clés de voûte de leur politique des auteurs.
    Ce n’est pas pour rien qu’ils se dénommaient eux-mêmes les hitchcocko-hawksiens, en raison de leur admiration sans bornes pour l’oeuvre d’Alfred Hitchcock et de Howard Hawks. Le célèbre article « Comment peut-on être hitchcocko-hawksien? » signé par André Bazin dans les Cahiers date de 1955..
    Ce n’est pas pour rien que dès 1966, c’est Truffaut qui consacrera un génial livre d’entretien avec Hitchcock qui fait toujours référence aujourd’hui.

    • zen arcade  

      Ah ben, je me suis fait poutrer de quelques minutes. 🙂

  • Eddy Vanleffe  

    Bravo pour ton angle d’attaque qui met en évidence l’importance culturelle de ce film.
    je vais décevoir sans doute mais je suis totalement passé à coté de LA MORT AUX TROUSSES dont je n’ai jamais compris le pouvoir de fascination.
    de mémoire, c’est sans doute le premier film où même gamin ma suspension de crédulité consentie a sauté. Le type qui tient presque le poignard à deux mains et qui dit à tout le monde « c’est pas ce que vous croyez » , ma toujours paru bizarre.
    En revanche, comme tu le rappelle de manière efficace, c’est un monument blindé d’images restées dans l’Histoire du 7e art.
    j’ai toujours préféré le cinéma de Clouzot à celui de Hitchcock qui joue une gamme qui ne m’a jamais parlé (sa fascination pour la psychanalyse par exemple me laisse forcément froid, donc je passe aussi à coté de Pas de Printemps pour Marnie, Vertigo, ou la Clinique du docteur Edwards) En revanche j’adore l’exploit technique de LA CORDE (4 plans séquences les amis… )

    Par contre qui as tu donc fréquenté pour croire que Spielberg, Hitchcock et les autres furent snobés…?
    Pour ma part j’ai plutôt l’impression que ce sont des « vaches sacrées » . Je me souviens avoir niqué ma crédibilité en confessant mon manque d’affection pour LA MORT AUX TROUSSES par exemple.

    • Tornado  

      « Qui as tu donc fréquenté ? »
      Depuis le début de mes études jusqu’à aujourd’hui, j’ai principalement fréquenté des artistes, des enseignants et des cadres. Je suis passé d’une famille modeste pour laquelle un Hitchcock c’était « vieux » à un monde où la culture populaire est considérée soit avec mépris, soit avec condescendance. Les gens de ce milieu ne me déplaisent pas forcément, parce que les gens restent les gens et il faut de tout pour faire un monde. En revanche ils m’ont rendu allergique aux litanies que l’on récite pour faire bien en société. En cinéma, en musique, en BD, ces litanies sont réelles et systématiques. J’ai appris à les repérer à des kms.

      • zen arcade  

        Moi, je suis passé d’une famille où le cinéma n’existait pas à une cinéphiliie de genre déviante que je me suis peu à peu constituée, pour évoluer ensuite vers une ouverture aux « grands auteurs ». Sans pour autant rien renier. Je prends à la fois Bergman et Godzilla, Hitchcock et les frères Dardenne, Godard et Evid dead, Tsui Hark et Tarkovski… On peut très bien aimer tout cela.
        Résultat : le mépris et la condescendance pour la culture populaire m’irritera toujours. Mais pareillement, le rejet tout aussi méprisant et condescendant de tout un pan du cinéma sous prétexte que, pour certains, ça permet de faire bien en société m’irrite tout autant.
        Les cases m’emmerdent.

      • Eddy Vanleffe  

        Le truc qui ne cesse de m’étonner c’est d’avoir vraisemblablement vécu dans une sorte de dimension miroir inversé du tien. J’ai toujours eu l’impression que c’était même pas légal de critiquer Hitchcock.
        Après je lis les échanges, j’avoue aussi que j’ai jamais creusé ce que disaient les critiques dans les années 1950-60…
        Pour ce que je connais du cinéaste, il fait parti du panthéon des tous-puissants, qu’on le veuille ou non. il semblerait même que récemment des gens s’attachent à terni son aura en creusant sa vie privée, comme c’est la mode désormais.
        Perso et ne vois pas la moindre trace de snobisme de ma part, j’en aime certains (les Oiseaux, Fenêtre sur cour, La corde, L’homme qui en savait trop, L’inconnu du Nord express) et d’autres pas comme pour n’importe quel artiste.
        je ne déifie plus personne
        Par contre je suis sensible au noir et blanc et j’ai tendance à préférer certains films pour ça.

        • Bruce lit  

          Hitchcock était considéré aux Etats-Unis comme un aimable faiseur. Tout comme Léone d’ailleurs. Alfred n’a jamais reçu d’Oscar du meilleur réalisateur par exemple ce qui est complètement surréaliste. Et tellement, tellement injuste.

          • Eddy Vanleffe  

            J’ignorais qu »‘il n’avait jamais eu d’Oscar…
            Evidemment ça pose question. j’imagine qu’il ne doit pas être le seul, je viens de checker vite fait, je vois que c’est aussi le cas de Stanley Kubrick, Howard Hawks, Charlie Chaplin ou Cecil B Demile.
            quelque part…. est-ce vraiment un bon repère finalement?

          • Bruce lit  

            Un repère sociétal comme tous les palmarès uniquement.

          • Eddy Vanleffe  

            Justement, ces repères sociétaux ont du plomb dans l’aile depuis que ça sert de tribune pour le gotha pour régler leur linge sale.
            entre un spectacle de burlesque improvisé et une imitation d’un tournoi de WWE, je ne sais pas si ces manifestations parlent encore de films…

          • Jyrille  

            Je me souviens d’un court documentaire sur les Oscars lorsque ce fut SHAKESPEARE IN LOVE (petit film anecdotique dans mon souvenir) qui rafla tout. Ce n’est que du lobbying, du commerce, des manipulations pour que chacun fasse avancer son poulain. Pareil aux Victoires de la Musique, je me souviens d’une année, pas si lointaine, où une fille dont personne n’avait entendu parler être nominée plusieurs fois et même en gagner un ou deux.

  • JB  

    C’est drôle, je serais incapable de retracer l’intrigue du film, mais il me reste des scènes éparses : l’assassinat pour lequel Cary Grant porte le chapeau, le héros qui échappe de peu à un meurtre maquillé en accident sous l’emprise de l’alcool, la scène de l’avion, le cut du mont Rushmore au train. Merci pour cette recontextualisation au sein de la pop culture !

  • Présence  

    Extraordinaire : je me suis régalé à chaque paragraphe.

    Déjà commencer avec la séquence où Hitchcock apparaît répond ma curiosité profonde, mi qui n’ai jamais réussi à le repérer par moi-même.

    Merci également pour la bande annonce officielle que je n’avais jamais et c’est très émouvant de regarder ce cinéaste vendre son produit à sa manière.

    Jeter un homme du commun dans une histoire hors du commun pour un voyage loin de chez lui et ce, de manière totalement fortuite : c’est un point de départ que j’aimais beaucoup dans les livres (sans image) d’aventure du dix-neuvième ou début du vingtième, de type exploration.

    Les paragraphes sur la filiation entre La mort aux trousses et les films de James Bond sont remarquables et je n’avais pas idée de cette chronologie.

    Il existe encore bon nombre de personnes qui pensent qu’il s’agit d’une création de l’architecte : j’en faisais partie jusqu’à la lecture de ton article. 🙂

    PS : il s’agit d’un film que j’ai vu deux fois. 😀

    • Tornado  

      Les personnes qui pensent qu’il s’agit d’une création de l’architecte : C’est normal. J’ai entendu à maintes reprises que c’était le cas. C’est une « erreur » qui est passée dans l’inconscient collectif !

  • Matt  

    Intéressants rapprochements
    J’avoue n’y avoir jamais prêté attention, même si j’aime beaucoup les films.
    Je pense surtout que ça m’intéresse moyennement dans la mesure où on peut facilement voir des références là où il n’y en a pas si on connait plein de choses et qu’on est fans de plein de choses. Mais ça arrive que certaines personnes aient des idées similaires et à moins que ce soit évident et repris plan par plan, il est difficile d’affirmer que telle scène est une référence voulue ou si c’est nous qui voyons ce qu’on veut voir.

    En tous cas pour le film, c’est un de mes Hichcock préférés, que j’ai revu récemment d’ailleurs.
    Martin Laudau dans le rôle du bras droit Leonard j’ai toujours trouvé qu’il était flippant dans ce film. La confrontation avec Mason à la fin ou il fait semblant de lui tirer dessus pour prouver le coup des ballesà blanc est excellente aussi.

    Bon aujourd’hui la romance fait un peu forcée, dans le sens où, évidemment comme par hasard, la jolie fille est en réalité gentille et tout ça…mais on ne va pas bouder le film pour ça.
    Le spectateur est baladé aussi dans un script aux multiples révélations, notamment le faux agent Kaplan créé de toutes pièces par les services secrets.
    Un super film qui a effectivement surement inspiré beaucoup d’auteurs. Mais le jeu des références n’est pas toujours mon dada. J’ai peur de prétendre des trucs qui seraient dus au hasard parfois.

    • Tornado  

      Mais enfin, Matt, ces références ne sont pas forcément voulues. C’est écrit dans l’introduction : « L’idée est donc plutôt de repérer quelques œuvres de la culture populaire et de la culture tout court, avec lesquelles LA MORT AUX TROUSSES entretient des liens de parenté, qu’ils soient volontaires ou fortuits.« .
      Par exemple je pense que les premiers James Bond sont très inspirés de LA MORT AUX TROUSSES davantage parce que c’est dans l’air du temps, et qu’Hitchcock est un visionnaire, plutôt que parce qu’ils sont fans d’Hitchcock. Idem pour la filiation Hergé-Hitchcock ou Chandler/Hammett-Hitchcock : C’est un héritage encré dans un inconscient collectif que les artistes digèrent et régurgitent naturellement, pas un hommage direct et avéré. Idem pour l’équation Hergé/Hitchcock/Spielberg : C’est une continuité naturelle. En histoire de l’art comme en sciences-physiques, il est admis que rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se transforme : Les artistes de tout temps cultivent chez leurs ainés les graines qu’ils sèment à leur tour. C’est naturel.
      L’idée ici était de présenter l’hypothèse selon laquelle LA MORT AUX TROUSSES à plus de rapports avec la culture geek qu’avec les films naturalistes et politiques du festival de Cannes.

      • Matt  

        Oui je comprends. Désolé je suis pas au sommet de ma forme^^
        Mais disons que moi j’aurais du mal à me lancer dans l’exercice, je me sens pas à l’aise ou suffisemment connaisseur pour raprocher tous ces éléments. Mais ça reste intéressant.

        Mais oui c’est évident que même sans le vouloir ou en être conscient, on est tous inspiré par ce qu’on a vu et ce qui a été fait avant.

        C’est là aussi qu’on peut se dire que…avant le avant…les mecs comme Méliès par exemple, même si ça devait lui venir du théatre certaines idées, on peut dire qu’il y a eu de vrais génies (ou de vrais fous^^) pour imaginer certaines choses à l’aube du 7eme art quand même.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Tornado,

    merci énormément pour cet article passionnant et l’angle choisi pour mettre en lumière mon Hichcock préféré. Qu’as tu comme documentation sur le sujet ? Cela m’intrigue ?

    Je me permets de citer un des plus beaux hommages à LA MORT AUX TROUSSES dans ARIZONA DREAM d’Emir Kusturica où Vincent Gallo se prend pour Gary Grant en mimant la mythique scène de l’attaque en rase motte de l’avion.

    Il me semble que Paul Verhoeven dans BASIC INSTINCT s’inspire également du film d’Alfred Hichcock notamment dans quand il filme les trajets (à flanc de falaise, route sinueuses)) en voiture entre la ville et la villa (elle aussi à priori inspiré de Frank Lloyd Wright) de Catherine Tramell . Peut être également Kubrick dans son introduction (le trajet en voiture jusqu’à l’hôtel également).

    • Tornado  

      Quelle documentation sur le sujet ? Oserais-je dire aucune en particulier ?
      Je me suis assis devant mon clavier, et c’est sorti comme ça.
      J’ai suivi des cours de cinéma, lu beaucoup de revues et de bouquins consacrés, et constitué un certain bagage au bout duquel mon article est sorti naturellement. Un fois envoyé à Bruce, je me suis d’ailleurs rappelé que j’avais acheté le gros bouquin HITCHCOCK : LA TOTALE et que j’ai complètement oublié de le lire au moment d’écrire l’article ! Au départ je m’en suis mordu les doigts. Et puis, après tout, je me suis dit que c’était ans doute plus spontané comme ça.
      Non, c’était un article qui était en moi depuis longtemps avant que je décide de l’écrire. Il m’est sorti par les pores, comme celui sur Star Wars ou celui sur Bruce Lee.
      Je ne promets pas d’être capable de faire ça pour tous les sujets, hein ! 🙂

  • Bruce lit  

    Typiquement de la littérature comparée dont je suis friand. J’adore ces ponts entre les oeuvres, les époques et les auteurs.
    Je connais très bien cet album de TIntin, un peu moins le film de Hitch qui doit figurer parmi ceux que j’ai le moins vu. Il faut dire que je confonds toujours Cary Grant et Cary Cooper. Je leur préfère nettement les acteurs de la méthode plus névrosés et rock.
    Je n’aurais jamais pensé à rapprocher Hergé de Hitchcock mais c’est limpide et très convainquant. J’ignorais tout de ces détails sur les décors.
    A propos de TINTIN, on a vu hier les Tribulations d’un chinois en chine qui est là encore dans l’esprit Tintin. Il y a même les Dupondt ! C’était formidable avec des cascades abracadabrantes. J’ai moins aimé le couple Ursulla que celui avec Françoise, j’ai trouvé ça long au démarrage mais après c’est du très grand cinéma avec des séquences absolument géniales au Tibet.
    Merci pour tout ça.

    • Tornado  

      Je pensais que le personnage réel de Cary Grant, quasiment aussi extrême que celui de Brando, t’intéresserait plus que ça !

      Afin de terminer la trilogie Belmondo/DeBroca, il faut que tu regardes LE MAGNIFIQUE, si ce n’est pas déjà fait…

  • Jyrille  

    Un article original et enjoué Tornado, c’est cool ! Je n’ai jamais été fan de LA MORT AUX TROUSSES, justement peut-être parce que ce n’est pas le Hitchcock que j’affectionne : ici il y a plein d’humour et de quiproquos, ce n’est pas vraiment très mystérieux. Bon, Cary Grant est la classe incarnée et me fait toujours rire (je me souviens parfaitement de quelques-unes de ses répliques, bon en VF forcément, je n’ai pas revu ce film depuis des décennies, comme par exemple lorsqu’il raccroche le téléphone, saoûl, et qu’il dit « C’était maman » ou bien lors des enchères lorsqu’il dit que ça ne vaut pas plus de 20 dollars ou un truc comme ça) mais on est loin de PSYCHO ou même FENETRE SUR COUR…

    D’ailleurs la vidéo promotionnelle du début, que j’avais peut-être vue, est vraiment drôle, un aspect que je connaissais de Hitchcock dans sa série télé (Hitchcock présente…) et un peu dans la collection Bibliothèque Verte que je lisais.

    https://ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com/attachments/large/8/1/6/007053816.jpg

    Cela me semble logique : je n’avais pas vu le parallèle avec Tintin, et je n’aimais déjà pas l’oeuvre de Hergé…

    Par contre je me souviens d’avoir vu une vidéo, bien longtemps après, où Hitchcock expliquait que la scène de l’avion était un retournement de tous les clichés du film noir : au lieu de se passer la nuit, c’est en plein jour. Au lieu d’être dans un décor urbain, c’est la rase campagne. Au lieu d’avoir de patibulaires menaces, on a un joli avion jaune. C’était fascinant, si ça se trouve, on peut la visionner facilement sur Youtube…

    Mon meilleur souvenir de parodie / hommage à la scène de l’avion, c’est celle / celui qui apparaît dans le film ARIZONA DREAM de Kusturica, dont j’ai beaucoup écouté la BO à l’époque, avec un Vincent Gallo qui imite Cary Grant à la perfection pendant la projection du film.

    Bien vu le parallèle avec les décors, archétypes et passages de James Bond. Le climax dont parle Hitchcock dans la vidéo promo (sur le Mont Rushmore) sert d’étalon à tous les films de la franchise.

    J’adorerai visiter la maison de Frank Lloyd Wright. D’ailleurs j’ai une bonne bd qui s’en inspire, Les garde-fous de Bézian : https://www.bedetheque.com/serie-16175-BD-Garde-fous.html

    Je ne connaissais pas l’anecdote avec Cary Grant. En tout cas, pour la séquence finale, j’ai toujours été étonné de voir le raccord entre le moment où Eva Marie-Saint est soulevée par Grant et atterrit sur la banquette du train. C’est totalement inattendu et inventif pour cette époque je trouve !

    Super la nouvelle bande-annonce, j’ai oublié de dire que je kiffe James Mason aussi.

    Sinon rien à voir, je viens de voir un Fritz Lang de 1947, LE SECRET DERRIERE LA PORTE, quelqu’un l’a vu ?

    La BO : superbe. Longtemps que je ne me suis pas écouté ce disque. Il faut.

    • Tornado  

      Je ne connais ni la BD Les garde-fous de Bézian ni ce Fritz Lang de 1947, LE SECRET DERRIERE LA PORTE.
      Merci pour les suggestions ! (et c’est bien ?)
      Mes Hitchcock préférés sont tous ceux de la période hollywoodienne :
      – LA CORDE
      – FENETRE SUR COUR
      – LA MAIN AU COLLET
      – VERTIGO
      – PSYCHOSE
      – LA MORT AUX TROUSSES
      – LES OISEAUX
      – PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE.
      Cela-dit ça fait bien longtemps que je dois me refaire sa période anglaise et tous ses films des années 40. Peut-être que certains seront alors réévalués parce que je ne les ai pas revus depuis 20 ou 30 ans !

      • Jyrille  

        La BD est bien oui, il faudrait que je la relise, ça fait un bail. Le film est pas mal mais pas exceptionnel, c’est précurseur en tout cas je trouve. Une critique que je partage grosso modo : http://www.bekindreview.fr/forum/archives2012/mes-critiques-en-2012-t4456-3330.html#p594514

        Je crois bien n’avoir toujours pas vu tous les Hitchcock, même si j’en ai vu pas mal, et clairement mes favoris sont les gros classiques d’Hollywood : VERTIGO, PSYCHO, LES OISEAUX et FENETRE SUR COUR. J’avais bien aimé LA CINQUIEME COLONNE et un autre de sa période anglaise, mais tout cela est flou, cela remonte à longtemps. LA CORDE est chouette mais je ne suis pas certain que la revoyure soit passionnante malgré la virtuosité. Pas fan de SOUPCONS dont la fin est clairement téléguidée par la production, ni de LA MAIN AU COLLET dont j’ai peu de souvenirs. Mais bon, on peut dire que aucun n’est mauvais. Il faudrait que je me refasse tout ça, y compris des trucs comme L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP., LES 39 MARCHES, FRENZY (son dernier non ? Plutôt violent d’ailleurs). Je n’ai aucun souvenir non plus de PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE mais j’avais trouvé LE RIDEAU DECHIRE très cool.

        • zen arcade  

          « FRENZY (son dernier non ?  »

          C’est Complot de famille, le dernier.

          • Jyrille  

            Ah oui merci ! Pas vu.

      • zen arcade  

        Parmi les films des années 40, Notorious (Les envoûtés) ne doit rien aux éclatantes réussites des années 50 et 6. Avec Suspicion (Soupçons), ce sont les deux films de cette décennie que je conseillerais en premier. Tous les deux avec Cary Grant.
        Pour ce qui est de la période british, mes deux préférés sont Jeune et innocent et Les 39 marches. J’ai aussi beaucoup d’affection pour The manxman, un film assez atypique de sa période muette.

        • Tornado  

          NOTORIOUS : LES ENCHAINES tu veux dire ? Je ne l’ai vu qu’une seule fois au cours de mes études. Donc ça fait au moins 25 ans. J’avais été déçu à l’époque parce qu’il était considéré comme le grand chef d’oeuvre d’Hitchcock des années 40 et que je n’avais pas été emporté plus que ça (de cette période j’avais vraiment eu un gros coup de coeur pour REBECCA et LES AMATS DU CAPRICORNE). Mais je dois le revoir, c’est sûr.
          SOUPÇONS c’est pareil : Je m’étais rué dessus et j’avais été un peu déçu de tout deviner à l’avance en me disant que les « soupçons » n’étaient que dans le titre. Cela-dit la performance de Cotten était magnifique. A revoir aussi.
          En dessous de 1935, je n’ai rien vu de la filmographie hitchcockienne. Mais à partir de 1935, j’en ai vu la plupart. En regardant sa filmo, je peux dire n’avoir encore jamais vu JEUNE ET INNOCENT, UNE FEMME DISPARAIT, LA TAVERNE DE LA JAMAÏQUE, JOIE MATRIMONIALE, LE GRAND ALIBI, LA LOI DU SILENCE, et tous les films anglais du ministère de l’information de la 2nde guerre mondiale…

  • JP Nguyen  

    Je profite de cet article sympathique et chaleureux pour revenir commenter sur le blog, après une période un peu compliquée personnellement pour ma pomme.

    J’ai seulement vu ce film il y a quelques mois, lors d’une rediff sur Arte ou la 5, je ne sais plus. C’était suivi d’un documentaire sur la carrière de Cary Grant, qui a eu une vie très romanesque…
    Pendant le film, je suis resté scotché à mon fauteuil, le côté « homme de la rue plongé dans une grande aventure », comme tu l’évoques dans l’article, y est sans doute pour beaucoup.
    Et Eva Marie Saint est splendide dans ce rôle de femme presque fatale.

    Avant de l’avoir vu en entier, j’en connaissais au moins deux extraits : la scène de l’avion et celle du Mont Rushmore.
    Pour la maison d’architecte, ça m’évoque deux comics assez différents : les Iron Man de Michelinie/Bright/Layton, où Tony habitait dans une maison perchée au-dessus de l’Océan, et les Parker de Darwyn Cooke, pour l’époque et le style…

    J’ai vu beaucoup de Hitchcocks pendant mon enfance, car ils étaient assez plébiscités par mon père et mes soeurs… Mais comme ça remonte à fort longtemps, je n’en retiens que les titres et je n’ai pas grands souvenirs des histoires… Je me hasarderai quand même à dire que LA MORT AUX TROUSSES est un film très « feel good » car malgré le suspense et les rebondissements, il y a ce sentiment que ce n’est qu’une grande aventure et que ça va bien se terminer… Là aussi, c’est un contrepied du film noir, où, au contraire, c’est foutu pour le héros dès le départ…

    • Tornado  

      Cette maison d’Iron man perchée au-dessus de l’océan, c’est repris dans les films avec Downey Jr, non ?
      « un contrepied du film noir, où, au contraire, c’est foutu pour le héros dès le départ… » Oui, bien vu. En ce sens, on est plus proche d’une aventure de Tintin ou de James Bond !

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