Les Célestes reviennent juger la race humaine. (Eternals by Jack Kirby)

Eternals, par Jack Kirby

Un article de PRESENCE

VO : Marvel Comics

VF : Panini

Les visiteurs de l’espace
© Marvel Comics  

Ce tome contient l’intégralité des épisodes de la première série des Éternels. Il regroupe les épisodes 1 à 19, ainsi que le numéro annuel 1, initialement parus de 1976 à 1978, créés, écrits et dessinés par Jack Kirby qui a également la fonction de responsable éditorial. L’encrage et le lettrage ont été réalisés par Mike Royer pour les épisodes 5 à 19 et le numéro annuel. John Verpoorten a encré les épisodes 1 à 4. La mise en couleurs a été réalisée par Glynis Wein.

Quelque part sous les plaines des Andes, une petite équipe de fouille archéologique a découvert un site inca d’une richesse inouïe. Il se compose du professeur Daniel Damian, de sa fille Margo Damian, et de leur guide Ike Harris. Ils se tiennent devant la chambre des dieux de dimensions gigantesques, avec la plaque de la galaxie et une statue d’une dizaine de mètres de haut représentant le dieu dans son vaisseau avec une dizaine d’incas en train de le pousser. Chaque artefact évoque une technologie spatiale, traduite en termes de mythologie. Dans la chambre suivante, ils découvrent la statue de trois êtres anthropoïdes dans ce qui ressemblent à des combinaisons spatiales, en train de descendre vers la Terre. Le professeur et sa fille avancent dans les différentes pièces, Ike Harris les accompagnant tout en filmant. Il commence à émettre des hypothèses : il estime que ce qui est représenté n’est pas que l’histoire de l’humanité, mais aussi celle de races divergentes. Le professeur et sa fille ont du mal à croire qu’il tienne de tels propos.

Ike Harris continue : il est à la recherche d’un objet qui devrait se trouver dans ces lieux : un objet permettant d’appeler les dieux qui reviendraient alors sur Terre. Pendant ce temps-là, un étrange événement survient au-dessus des eaux du Pacifique : un avion de chasse pénètre dans une turbulence d’énergie, et le pilote n’a d’autre choix que de s’éjecter. Cette étrange boule d’énergie est le fait de Kro et de son équipage, un des chefs des Déviants. Il va rendre compte à Tode, le roi des Déviants. Ce dernier lui confirme que les dieux sont sur le chemin du retour. Il n’a pas besoin d’en dire plus : Kro comprend parfaitement les conséquences pour leur race, et il accomplira sa mission qui est de localiser la balise qui appelle les dieux et de la détruire. Peu de temps après, il quitte la capitale engloutie de la Lémurie, à bord d’un sous-marin avec une petite troupe. Dans la chambre des dieux, Ike Harris a mis à jour une sorte de dispositif s’apparentant à un télescope futuriste. Daniel et Margo Damian sont convaincus de son savoir et l’écoute. Il révèle que son vrai nom est Ikaris, et il se lance dans une explication fantastique. Tout a commencé avec la venue des dieux sur Terre quand celle-ci n’était encore peuplée que d’animaux sauvages. Les dieux sont alors intervenus dans le processus de l’évolution, modifiant une espèce assez récente, celle des singes. C’est ainsi qu’ils ont donné naissance non pas à une race, mais à trois : celle des déviants, celle des humains, et celles de éternels.

Ça dépasse l’entendement humain.
© Marvel Comics 

En 1975, Jacob Kurtzberg revient chez Marvel, après avoir réalisé plusieurs séries chez DC Comics, dont celles du Quatrième Monde. Il commence par reprendre la série CAPTAIN AMERICA, personnage qu’il avait créé en 1940 avec Joe Simon. Puis il lance série THE ETERNALS, avec de réaliser successivement celles de 2001 L’ODYSSÉE DE L’ESPACE, puis MACHINE MAN, DEVIL DINOSAUR, BLACK PANTHER, et enfin une dernière histoire de SILVER SURFER avec Stan Lee. Avec le palmarès de Jack Kirby, le lecteur s’attend à plonger dans une série intégrée à l’univers partagé Marvel. Il n’en est rien : il y a bien Hulk dans les épisodes 14 à 16, mais il s’agit en fait d’un robot (c’est révélé dès le départ), et n’importe quel autre robot doté d’une force physique conséquente aurait pu faire l’affaire. Il s’agit donc bel et bien d’une série indépendante de l’univers Marvel, développant sa propre mythologie interne, et même son propre panthéon de dieux. Le point de départ est très proche de la théorie fumeuse présentée dans l’ouvrage PRÉSENCE DES EXTRATERRESTRES (1969, Erinnerungen an die Zukunft, Ungelöste Rätsel der Vergangenheit / Chariots of the gods) de Erich von Däniken : la théorie des anciens astronautes et de l’astroarchéologie. Certains artefacts culturels archéologiques constitueraient la preuve de la présence d’extraterrestres sur Terre, théorie dont chacune des preuves avancées par l’auteur ont été prouvées totalement idiotes, mais ayant laissé de belles traces dans l’imaginaire collectif.

Dès le premier épisode, l’auteur développe le principe de sa série : lors de l’évolution de l’humanité, il n’y a pas eu que des Homo Sapiens, mais aussi des éternels et des déviants, et ces races ont été manipulées par la première vague des Célestes, des extraterrestres géants humanoïdes. Ces derniers sont de retour sur Terre pour la quatrième fois, pour juger le développement de leurs créatures, leur mérite, et savoir s’ils mettent fin à cette expérience ou non. Les Éternels ont vécu isolés des êtres humains, et ils accueillent cette quatrième venue. Les déviants ont également vécu à l’écart et sont bien décidé à se venger de leur destinée en s’attaquant aux Célestes. Les humains découvrent qu’ils ne sont pas la seule race dotée d’intelligence sur Terre. Au début, l’affaire semble entendue d’avance : les Éternels vont protéger les Célestes pour éviter que ceux-ci n’éradiquent la vie sur Terre avant le terme de leur jugement qui doit intervenir dans 50 ans, contre les attaques des déviants, et contre les attaques des humains apeurés. Kirby dispose d’un bon encreur pour commencer, puis de son excellent encreur attitré de l’époque : c’est un festival de ses idiosyncrasies visuelles. Qu’il en soit déjà familier ou non, le lecteur les identifie rapidement : personnages en gros plan regardant directement vers le lecteur, tourbillons d’énergie sous forme d’essaim de points noirs (Kirby Crackles), architectures antiques démesurées, personnages en mouvement dans la plupart des cases, vêtements prêts du corps pour mettre en valeur la musculature des hommes, la grâce des femmes, gros monstres pas beaux de type série Z, costumes baroques aux couleurs criardes, combats physiques plein de force mais sans blessure apparente, expressions de visage souvent intenses et peu naturelles.

La main du destin arbitraire
© Marvel Comics   

Comme bien des comics de cette époque, celui-ci fait son âge : apparence de la narration visuelle destinée à des enfants, dialogues empesés et emphatiques, explicatifs et artificiels, résolution de tous les conflits par la force physique. Il est possible de considérer ces caractéristiques comme des conventions de genre spécifiques aux comics de superhéros de l’époque, pouvant obérer le plaisir de lecture jusqu’à le réduire à néant, ou à prendre comme un marqueur temporel n’empêchant pas de s’intéresser au récit. Pour les séries réalisées chez DC Comics, Jack Kirby avait opté pour une ouverture commençant avec un dessin en pleine page, puis un dessin en double page. Il met en œuvre ce principe dans 10 épisodes sur 20 (19 + 1 annuel) de la présente série. Le lecteur ne peut pas empêcher sa bouche de s’ouvrir en signe de stupéfaction devant le spectacle de la statue monumentale inca, en forme de casque de pilote, puis devant la double page montrant un dieu dans son chariot spatial. Ces pages en mettent plein la vue : l’arrivée de la navette des Célestes, Arishem dont le corps gigantesque ne rentre pas dans une double page, les déviants sur les toits de New York ouvrant le feu sur Ikaris, la nuée d’Éternels dans le ciel pour aller former l’Uni-Mind, etc. L’artiste sait sublimer ses compositions pour tirer des représentations empruntes de naïveté vers une force brute, un expressionnisme teinté d’abstraction extraordinaire. À plusieurs reprises, les gratte-ciels de New York se parent de motifs abstraits noirs, formant un environnement mystérieux et primitif saisissant.

Jack Kirby transforme un mode narratif à destination des enfants, en un mode d’expression dont la forme a été triturée pour exprimer la majesté des Célestes, la force des déviants, l’élégance des Éternels, la fragilité des humains, l’étrangeté du monde normal ayant perdu son caractère familier du fait de la présence révélée de créatures jusqu’alors cachées, et pourtant pour partie familière. En effet, quelques déviants et quelques éternels avaient évolué au milieu des humains à différentes époques donnant ainsi naissance à des légendes, Ikaris pour Icare (Icarus en anglais), Sersi pour Circé, Makkari pour Mercure, etc. Au fil de ces 20 épisodes, l’auteur met à profit cette mythologie créée de toutes pièces, en opposant les déviants aux éternels, mais bien vite en dépassant cette dichotomie simpliste et en proposant d’autres aventures dans lesquelles les déviants n’ont pas le mauvais rôle, et même les éternels peuvent avoir le mauvais rôle. Il donne à voir plusieurs Célestes vaquant à leurs occupations indéchiffrables : Arishem, Eson le chercheur, Nezzar le calculateur, Hargen le mesureur, Oneg le sondeur, Ziran le testeur. Le lecteur ressent la singularité de cette mythologie. Il ne la prend bien évidemment pas au premier degré : trop flamboyante, trop merveilleuse, une littérature de l’imaginaire. Dans le même temps, comme dans un conte, il saisit le sens métaphorique de certaines images. Ces Célestes tout puissants se livrant à des activités insondables, écrasant les autres de leur toute puissance, comme l’image qu’un jeune enfant peut se faire de son père, ou des adultes mâles. Les traces culturelles laissées par les contacts avec les Éternels, comme la preuve patente du merveilleux présent dans le monde, comme le principe d’archétypes jungiens présents dans la culture humaine, comme des phénomènes incompréhensibles par l’esprit humain ayant donné naissance à des légendes. La merveilleuse Uni-Mind comme l’allégorie de l’intérêt général primant sur l’intérêt particulier. Etc.

L’être humain s’aventure dans l’espace.
© Marvel Comics   

À l’opposé d’une série pétrie de continuité, le lecteur découvre une histoire indépendante, une nouvelle mythologie créée de toutes pièces par la puissance de l’imagination de Jack Kirby. Sous réserve de ne pas être allergique à certaines caractéristiques datées de la narration, il plonge dans une interprétation du monde, fantastique et merveilleuse, avec la convention du conflit physique comme matérialisation des antagonismes, des conflits d’intérêt.

Il en prend plein les yeux avec des images parfois naïves, souvent puissantes et inventives. Il découvre une œuvre d’auteur, marquée de la personnalité de son créateur, à la fois par sa lourdeur par certains côtés, à la fois par son sens du merveilleux et de l’action par d’autres.

La révélation de l’Histoire cachée
© Marvel Comics

36 comments

  • JP Nguyen  

    J’ai fait connaissance avec les Eternels via un arc des Vengeurs paru dans Strange (le run de Roger Stern et Bob Hall, où Sersi rejoint brièvement l’équipe) et la lecture des fiches du Handbook.
    Il y a longtemps que j’hésite à me faire du Kirby sur la fin de carrière. J’ai surtout lu ses travaux dès années 60 chez Marvel. Ton article me laisse penser que pour son dessin, le format papier est préférable au format numérique… Arf. Il faudrait que je me remotive pour aller en médiathèque !

    • Présence  

      Lentement mais sûrement, je découvre les œuvres de Jack Kirby pour DC (il me reste encore Mister Miracle à lire), et celle pour Marvel dernière période (il me reste Machine Man et son retour sur Captain America), et c’est un énorme plaisir.

  • JB  

    Si les Célestes ont bien été intégrés dans l’univers Marvel, je trouve que les Eternels restent une création mineure de Kirby, condamnés à des apparitions ponctuelles dans les autres séries. Darkseid a eu droit à la consécration avec THE GREAT DARKNESS SAGA et LEGENDS qui ont assuré qu’il devenait un incontournable des grands événements DC. Les personnages des ETERNELS n’ont jamais vraiment eu un équivalent qui les aurait propulsé au premier plan.

    La grande différence entre les New Gods et les Eternels est que les New Gods ont pour divinité une entité désincarnée, la Source, ce qui leur permet de prendre le premier plan dans leurs histoires. Au contraire, les Eternels sont soumis à des entités physiques, les Célestes, qui les dominent en termes d’importance.

    • Présence  

      Une création mineure de Kirby, condamnés à des apparitions ponctuelles dans les autres séries : la reprise des ces personnages par d’autres créateurs te donne raison. Personnellement, l’histoire par Gaiman & Romita jr ne m’a pas plus, et je n’ai même pas essayé les autres.

      J’aurais tendance à interpréter ce manque de succès par deux facteurs. Le premier est que ce ne sont pas des superhéros traditionnels. Le second est que Jack Kirby y a mis tellement de sa personnalité, qu’ils perdent leur sens dans les mains d’un autre auteur. Ils perdent leur sens non pas parce que d’autres scénaristes ne parviennent pas à saisir leur caractère (pas très développé pour commencer) ou parce que les artistes ne parviennent à reproduire leur apparence (très colorée, très marquante), mais parce que les personnages n’ont d’intérêt que dans le cadre du récit qui est entièrement déconnecté de l’univers Marvel.

      • JB  

        Pourtant, les Célestes ont pris beaucoup d’importance. Le problème, c’est qu’ils ont fini par « faire leur vie » sans les Eternels, qui du coup n’avaient plus leur utilité d’interface ou de protecteurs de ces créatures. Les Eternels m’ont semblé s’enfermer dans leur affrontement contre les Déviants, trop souvent manichéen à mon goût (et les déviants n’avaient pas le charisme des habitants d’Apokolips).

        • Présence  

          Je n’avais encore jamais lu cette série en entier : j’ai été frappé par le fait que très rapidement les Déviants ne sont plus des méchants, mais un peuple avec ses aspirations, qui collabore de manière constructive avec les Éternels.

          • JB  

            Ce que je voulais dire, c’est qu’ils ont tendance à retomber dans ces travers dans les séries ETERNALS ultérieures (surtout quand ils ont Ghaur à leur tête) ou leurs apparitions dans d’autres titres 🙂

  • Tornado  

    « Il est possible de considérer ces caractéristiques comme des conventions de genre spécifiques aux comics de superhéros de l’époque, pouvant obérer le plaisir de lecture jusqu’à le réduire à néant (Ah ben ça c’est tout moi, ça ! 😅), ou à prendre comme un marqueur temporel n’empêchant pas de s’intéresser au récit (ça, c’es les autres… 🙄). »

    Bon, je ne lirai jamais ça pour rien au monde mais je reconnais que les planches sont d’une beauté extraordinaires. Peu-être parmi les plus belles que j’ai pu voir de Kirby. Par le dessin mais également par la couleur, dont les effets flashy sont magnifiques sans jamais tomber dans le kitsch.
    Ça va sans doute vous étonner, mais je suis intéressé par le Giant-Size FANTASTIC FOUR : VOICI VENIR GALACTUS ! de Panini, qui regroupe les classiques de Kirby et Byrne et notamment la première apparition de Galactus. Une des rares histoires old-school à laquelle je suis très attaché par nostalgie.

    • Présence  

      Oui, le paragraphe que tu as relevé est pour toi. 😀 Ou, pour être plus honnête, il est la formulation de mon effort pour reconnaître que la forme (dialogues et autres phylactères) sont empesés et artificiellement empathiques, sans oublier explicatifs.

      Dans cette phase de sa carrière (1971-1975 pour son passage chez DC, et 1976-1978 pour son retour chez Marvel), Jack Kirby flirte régulièrement avec des motifs abstraits ou expressionnistes extraordinaires. Il bénéficie d’un encreur très respectueux, très appliqué qui reproduit bien les traits et l’intention de Kirby : Mike Royer.

      Il y a des planches somptueuses dans Black Panther, et envoûtantes dans The Demon.

      http://www.brucetringale.com/une-lecon-graphique-un-concentre-de-jack-kirby/

      Je serais très curieux de lire ton avis sur les épisodes The coming of Galactus de Kirby, Sinnott et Lee.

  • Bob Marone  

    Aaaah ! Quel chef d’oeuvre que cette série ! Longtemps je n’en ai entrevu que quelques fragments, à savoir 2 ou 3 épisodes qui ne se suivaient pas dans des vieux Strange des années 1970. Mais quelle merveille que ces fragments… Et l’un d’entre-eux se terminait par un climax riche de promesses : l’invasion de New York par les déviants. Des années durant j’ai gambergé sur ce qui suivait.
    Voici une quinzaine d’années, lorsque l’ouvrage a été réédité, j’ai foncé tel le V2. La puissance du dessin, les trouvailles visuelles, le charadesign des célestes, les références à Chariot of the Gods (qui inspirera aussi Les aventures du Scrameustache, dans un autre genre), tout fait de cette série une merveille. Du pur Kirby au sommet de sa gloire, riche de machine à bidules et de bidules à machines, de carrures héroïques et de mentons carrés, de déflagrations d’énergie et d’appareils incroyables, de références à la mythologie méso-américaine.
    J’aurais juste 2 (légers) bémols : la traduction de G. Coulomb qui est un massacre et, comme tu le souligne, l’irruption incongrue d’un robot au look de Hulk qui gâche une histoire jusqu’ici complètement autonome. Encore une trouvaille à la con de Sandy et José, du service marketing de chez Marvel… J’aurais adoré que Kirby nous sorte de ses cartons un robot de son invention au design délirant.

    • Présence  

      Dans mes bras. 😀

      Quand j’avais lu les quelques épisodes dans Strange, j’avais été frappé par le principe de dieux venus de l’espace, mais je n’étais pas encore capable d’apprécier les dessins à leur juste valeur. Ce fut un long apprentissage en ce qui me concerne.

      • Bob Marone  

        A l’époque, gamin nourri de BD franco-belge dans lesquelles l’auteur était assez primordial (bien avant les ressucées de séries par de véritables armées mexicaines de dessinateurs mercenaires constituées par des éditeurs avides), je n’avais pas bien identifié qu’une même série de Strange pouvait avoir des dessinateurs successifs. Et en tous cas j’étais loin de pouvoir identifier précisément par leurs noms. Pourtant je voyais bien que les dessins n’étaient pas les mêmes. Et je me souviens très bien que, parmi eux, les dessins de Kirby me fascinaient particulièrement. Puissant et pop à la fois. C’était la quintescence, l’incarnation même du comics américain. Du moins tout ce que j’aimais dedans. Je crois que je ne m’en suis jamais remis. Je feuilletais et refeuilletais ma pile de Strange pour trouver ses dessins. Le Graal étant les albums king size des 4 Fantastiques qui, pour les premiers, étaient tous dessinés par lui.
        Aujourd’hui, avec toutes les rééditions Urban et Pannini, tu peux te constituer facilement une véritable bibliothèque des oeuvres du Maître.

        • Présence  

          Je suis ravi que Kirby accède à une reconnaissance même posthume : ça rend disponibles ses comics en VO. Je me régale. Il ne manque plus à Marvel qu’à trouver un terrain d’entente pour rééditer 2001. Je croise les doigts.

          • Bob Marone  

            C’est pas gagné la réédition de 2001… Pourtant, même les love comics et autres sucreries ont été réédités. Y compris en français je crois.

  • NICOLAS GIARD  

    Une très belle fable du Maitre d’Oeuvre Kirby, malheureusement censurée par LUG à l’époque de Strange et rééditée par Paninouille. Superbe classique et un très beau conte sur les origines de l’humanité.

    • Présence  

      J’y ai également vu beau conte de ce que l’humanité a fait de ses talents, et une métaphore formidable de l’esprit collectif avec l’Uni-Mind.

  • Eddy Vanleffe  

    Je l’ai celui-là chez Panini… Je ne pouvais rester de glace devant un intégrale en un seul volume; une histoire complète déconnecté de l’univers Marvel (à ce moment) et une vraie œuvre d’auteur avec un grand « A ».
    et voilà que ça complète bien évidemment de manière synthétique nos discussions et le thèmes de la semaine… toujours cette question de fond et de forme… qui s’illustre ici que sur un paradoxe:
    J’adore admirer les planches et toucher du doigt cette forme de pur génie imaginatif qu’était Kirby, ça flingue la rétine à de nombreux moments…
    Mais c’est vraiment très lourd à lire…C’est pesant dans tous les sens du terme et il faut s’accrocher.
    Je ne regrette pas du tout, c’est un bn ouvrage…
    les versions récentes me laisse un drôle d’impression…Gaiman ne remixe t-il pas simplement son roman American Gods?
    Le film, bon ben c’est peut-être sympa, mais je n’ai pas reconnu un atome de l’esthétique Kirby ou de ses thématiques dans les deux minutes de trailer. Je suis donc perplexe…

    • Bruce lit  

      voilà que ça complète bien évidemment de manière synthétique nos discussions et le thème de la semaine
      Alors c’est que la thématique a bien fonctionné. C’est vrai que les échanges ont été cools.

      • Présence  

        Je n’ai pas pu intervenir longuement hier et avant-hier, mais j’ai lu les échanges, et je trouve également que la thématique a très bien fonctionné.

    • Tornado  

      Ça me fait penser au RAYON « U » d’E.P. Jacobs : A lire au premier degré c’est… Arf. Mais les planches… Qu’est-ce qu’elles sont magnifiques ! Quelle atmosphère délicieuses elles dégagent !

      Je regarde de nouveau les planches de Kirby qui sont dans cet article :
      – La 1° : Un éclair violet ! Quelle drôle d’idée ! Et pourtant… Dans cette vignette, au milieu de ce décor et de ces autres couleurs, ça fonctionne, ça sonne juste !
      – La seconde : Tout est bâti autour du rapport d’échelle autour de la main du céleste. L’enchainement des plans, rigoureusement varié dans la cadrage et le point de vue, ne fait que comparer la taille de la main aux autres éléments et inscrire dans l’esprit du lecteur : Wow, qu’est-ce qu’il est grand ! Voir aussi comme le coloriste sait mettre en valeur la scène avec le rouge et le jaune pour la main, qui contrastent avec le bleu des éléments autour. Une palette réduite (quasiment que les 3 couleurs primaires) magistralement utilisée.
      – La 3° : Incroyable cet enchainement de vignettes qui aide le lecteur à comprendre le mouvement de la fusée qui décolle à la verticale pour ensuite faire fi de l’attraction terrestre.
      – La dernière image : Kirby flirte effectivement avec l’abstraction. Si on regarde l’image dans l’image qui est sur la partie supérieure, c’est clairement un tableau abstrait à l’intérieur de la vignette. Presque une mise en abîme !
      Quel dommage que, tout comme E.P. Jacobs, Kirby ait été si laborieux question narration. On ne peut que rêver de ce qu’il aurait pu faire s’il avait eu, de ce point de vue, le génie d’un Hergé…

      ETERNALS le film : Je ne suis absolument pas intéressé.
      ETERNALS par Gaiman : Présence a détesté, moi j’ai adoré. J’ai également beaucoup aimé la suite par les Acuna.

      • Présence  

        Merci beaucoup pour ce complément d’analyse graphique.

      • Eddy Vanleffe  

        E-X-A-C-T-E-ME-N-T…ça m’a fait penser au RAYON U…
        cette bd est sublime à feuilleter et j’ai du m’y reprendre à deux ou trois fois pour la finir..

      • Bob Marone  

        Certains travaux « artistiques » de Kirby, illustrations (un peu) déconnectées du monde super héroïque, sont de pures merveilles à mi chemin entre pop-art et psychédélisme échevelé. On trouve aussi des collages dignes de Max Ernst dans certaine si planches des Fantastic Four.

        • Bob Marone  

          Et je vous trouve un peu dur avec Le Rayon U, tout de même. Cet album a quoi ? 80 ans au moins.

          • Eddy Vanleffe  

            Grande admiration pour ces récits mais parfois comme pour Tarzan, Flash Gordon etc… c’est pas évident de s’immerger dans un esprit de cette époque.
            C’est comme relire des roman du XIXe après s’être farci des milliers de polars…

    • Présence  

      Je partage entièrement ta formulation sur le paradoxe le génie imaginatif de Jack Kirby et la lourdeur de sa narration en mots.

      • JB  

        C’est pour cette raison que ceux qui veulent nier l’importance de Stan Lee dans les débuts du Marvel moderne sont à mon avis dans l’erreur.

        • Présence  

          C’est une démarche qui a été la mienne, et j’étais dans l’erreur comme tu le fais observer : sans les talents de bateleur de Stan Lee, pas de décollage de Marvel, sans ses dialogues, pas la même saveur de soap-opera.

      • Tornado  

        Tiens, je suis retourné voir les commentaires dans l’article sur le RAYON ‘U’ (http://www.brucetringale.com/very-modern-old-school-le-rayon-u/), et dans le tien il y a ce passage :
        « Il m’aura fallu des années pour pouvoir prendre du recul sur la carrière de Jack Kirby et regarder ses planches des premiers numéros des Fantastic Four comme une étape dans une carrière, un point de passage dans sa maturation d’auteur. »

        Comme quoi la comparaison était cohérente ! 🙂

  • Surfer  

    PAPAPAPAPA….!!!!!!!!!

    Les Éternels….Quelle claque graphique!!!!!
    « THE KING OF THE COMICS était parvenu à un degré de maîtrise et d’inventivité stupéfiant 😯😯😯.
    J’ai découvert cette série dans STRANGE. J’étais tout petit et je devais à peine savoir lire.

    Il est difficile d’appréhender l’impact que cela a eu sur moi. Une chose est sûre, les images et les visions de cette série se sont logées dans un coin de mon esprit et se sont inscrites de manière subliminale comme la référence des concepts les plus éthérés.
    Le style KIRBY a son paroxysme.,, Brut, outrancier. Cette impression de puissance pour ses héros et de grotesque pour ses monstres. Son invention débridée qui nous montre des mondes de délires technologiques !
    KIRBY dessine les machines…les armures…comme nul autre. Il pousse toujours plus loin l’exubérance !
    C’est ça la force du KING !!! L’utilisation des comics comme un moyen d’expression visuel et non verbal.
    La série « LES ÉTERNELS » fut un choc pour moi un peu comme si je venais de découvrir « LES MANUSCRITS DE LA MER MORTE »

    • Présence  

      L’utilisation des comics comme un moyen d’expression visuel et non verbal. – Très belle formule, je sens que je la réutiliserai en douce 🙂 lorsque je ferais un autre commentaire sur un comics de Jack Kirby.

      • Surfer  

        Pas de problème tu peux…il n’y a pas de copyright.😉. Venant de toi c’est un beau compliment 👍. Et encore bravo pour ce bel article dédié au KING😉

  • Patrick 6  

    Ma première rencontre avec les Eternals remonte à un vieux pocket en noir et blanc d’Arédit (ou Artima je ne sais plus). Je suis tombé sur l’épisode avec Hulk et vu qu’il n’y avait pas de couleur et que l’avatar de Banner ne parlait pas, je me demandais si c’était bien lui ^^ Du reste si ma mémoire ne me fait pas défaut cette édition (avec sa typographie épouvantable) ne précisait pas qu’il s’agissait d’un robot !
    Bref, à l’age adulte je n’ai pas eu envie de revenir à ce comics (en dépit de son évidente qualité graphique, on est le King oui ou non ?). Il faut dire qu’en se rapprochant du divin (un peu comme avec New Gods) Kirby oublie, un peu, au passage l’humain, du coup l’investissement affectif est nettement moindre qu’avec les FF par exemple ! (tout du moins en ce qui me concerne)
    En tous cas le dernier scan arrache tout !

    • Présence  

      On est le King oui ou non ? Oui. C’est pour ça que je consens bien volontiers à m’adapter à ses phylactères et ses cartouches de texte, parce que ça arrache tout. 🙂

  • Bruce lit  

     » Homo Sapiens, mais aussi des éternels et des déviants, et ces races ont été manipulées par la première vague des Célestes, des extraterrestres géants humanoïdes.  » Un vrai cahier des charges pour me faire fuir.

     » la musculature des hommes, la grâce des femmes, gros monstres pas beaux de type série Z, costumes baroques aux couleurs criardes, combats physiques plein de force mais sans blessure apparente, expressions de visage souvent intenses et peu naturelles. » Au revoir et adieu, jolie fille d’espagne.

     » Il est possible de considérer ces caractéristiques comme des conventions de genre spécifiques aux comics de superhéros de l’époque, pouvant obérer le plaisir de lecture jusqu’à le réduire à néant » Inutile de me faire les yeux doux, je suis déjà parti !

    « Arishem, Eson le chercheur, Nezzar le calculateur, Hargen le mesureur, Oneg le sondeur, Ziran le testeur. » a tes souhaits !

    « Sous réserve de ne pas être allergique à certaines caractéristiques datées de la narration » tchoum !

    • Présence  

      Gezundheit !

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