ON THE TURNING AWAY (les principales adaptations du TOUR D’ECROU au cinéma et la télé)

LES INNOCENTS + LE CORRUPTEUR + LES AUTRES + THE TURNING + THE HAUNTING OF BLY MANOR

Par TORNADO

On n’est pas là pour rigoler…
© E-Bookarama Editions

En 2020, la chaine Netflix diffuse la série THE HAUNTING OF BLY MANOR. Il s’agit de la seconde saison de la série anthologique THE HAUNTING, dont le principe est d’adapter, à chaque nouvelle saison, un classique de la littérature de Maison Hantée.

Cette deuxième saison adapte ainsi l’un des grands classiques du genre : LE TOUR D’ECROU, d’Henry James. Classique, le roman l’est à plus d’un titre, tant il a été adapté, en opéra (par Benjamin Button en 1954), en chanson (par Kate Bush dans INFANT KISS), à la télévision (une bonne dizaine de versions, dont une française avec Robert Hossein) et surtout au cinéma, où il a connu ses plus belles transpositions.

Nous allons ici explorer deux de ses plus fameuses adaptations cinématographiques, soit LES INNOCENTS de Jack Clayton, et LE CORRUPTEUR de Michael Winner. Ensuite nous passerons en revue la plus belle des ses itérations, à savoir LES AUTRES d’Alejandro Amenàbar. Puis nous évoquerons les deux dernières adaptations officielles en date, c’est-à-dire le film THE TURNING, et la série THE HAUNTING OF BLY MANOR, tous deux diffusés en 2020.

LES INNOCENTS (1961)

Fantômes ou pas fantômes ?
© 20th Century Fox

Jusqu’au jour d’aujourd’hui, LES INNOCENTS demeure la meilleure adaptation du TOUR D’ECROU, à la fois fidèle et magistrale.

L’histoire : Miss Giddens (Déborah Kerr) est engagée pour être la préceptrice de Miles et Flora, deux jeunes orphelins isolés dans le vieux manoir victorien de Bly. Elle succède à Miss Jessel, décédée dans des circonstances mystérieuses en même temps que le jardinier Peter Quint.

Au fil du temps, Miss Giddens comprend, en filigrane, que Miss Jessel s’était adonnée à des plaisirs interdits avec Quint et que les enfants en auraient été les témoins.
Horrifiée, notre nouvelle nounou, par ailleurs vieille fille frustrée, commence à trouver que les enfants ont un comportement anormal, quelque peu malsain. C’est alors qu’elle croit apercevoir les spectres des anciens amants. Peu à peu, elle va soupçonner ces derniers de posséder les orphelins et va tenter de les exorciser…

Nous avons déjà chanté les louanges de ce film ici. Ce classique absolu du film de maison hantée est un cas d’école, à tel point que LES AUTRES d’Amenabar, dont nous allons parler plus bas, en aura été une variation, davantage qu’une adaptation à proprement parler du TOUR D’ECROU. Et d’ailleurs, à la suite de LES AUTRES mais aussi du SIXIEME SENS de M. Night Shyamalan (1999), toute une palanquée de films d’épouvantes, souvent espagnols ou mexicains, tenteront d’en retrouver l’esprit et la grâce (notons à la louche L’ORPHELINAT (2007), L’ECHINE DU DIABLE (2002), LE SECRET DES MARROWBONE (2017)).

Merci Arte !

Il faut dire que le film bénéficie d’une dream-team d’artisans du 7ème art pour le moins exceptionnelle avec, outre le peu prolifique mais immense Jack Clayton au poste de réalisateur, le compositeur George Auric (sa comptine pour le film est devenu un classique du genre épouvante), le scénariste (et écrivain) Truman Capote, et enfin le chef opérateur Freddie Francis, l’un des meilleurs de l’histoire du cinéma (ELEPHANT MAN, quand même). Quant à l’actrice Deborah Kerr, elle trouve ici, sans doute à égalité avec le tout aussi puissant NARCISSE NOIR (1947), l’un des meilleurs rôles d’une carrière pourtant exceptionnelle, dans une prestation inoubliable d’ambiguïté à fleur de peau.

Tout le sel du film se joue dans la tension psychologique générée par les visions de Miss Giddens, le spectateur hésitant du début à la fin entre le fait qu’elle voie réellement les fantômes, et la possibilité qu’elle les imagine, dans une totale hallucination engendrée par ses préjugés bigots et ses propres frustrations (et le spectateur de bien noter, par ailleurs, son attirance contre-nature refoulée pour le jeune Miles…).

Le spectateur est envoûté par l’atmosphère onirique qui se dégage de ces cadrages millimétrés, de cette photographie évanescente en noir et blanc et de ces plans vertigineux à la profondeur de champ digne d’un CITIZEN KANE ou d’un M LE MAUDIT, le tout bercé de manière troublante par les chuchotements d’outre-tombe et le chant tout à la fois juvénile et sépulcral du thème de George Auric, d’une ambiguïté indicible.

Récit initiatique sur le terrible chemin qui mène à la perte de l’enfance, sur la lutte des classes et les changements de mœurs, LE TOUR D’ECROU trouve, avec LES INNOCENTS, l’adaptation idéale qui échappe si souvent à cet exercice de transposition d’un medium à l’autre.

Notons, pour finir, que si l’un des films les plus connus de Jack Clayton par le grand public, à savoir LA FOIRE DES TENEBRES (production Disney dans sa période Dark du début des années 80) n’est guère célébré par la critique, deux autres de ses films figurent parmi les chefs d’œuvre absolus du film noir. Soit LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE (Oscar de la meilleure actrice pour Simone Signoret en 1959) et CHAQUE SOIR A NEUF HEURE, réalisé en 1967, probablement l’un des films sur l’enfance les plus noirs et désespérés jamais tournés, qui permet de relever ce thème récurrent dans son œuvre du passage difficile (impossible ?) de l’enfance à l’âge adulte.

LE CORRUPTEUR (1972)

Tu danses le tango, chérie ?
© MGM

Souvent présenté comme la préquelle des INNOCENTS, ce film de Michael Winner doit plutôt être vu comme une relecture du roman d’Henry James, dont il propose les origines. Car dès les premières secondes, le futur réalisateur du JUSTICIER DANS LA VILLE affiche une volonté évidente de trancher avec le film de Jack Clayton et d’en interdire la filiation. Du choix de la couleur à celui de la musique pastorale, en passant par l’inversion de l’âge des enfants (Miles est ici plus jeune que Flora), interprétés par deux acteurs au physique bien différent de ceux de 1961, il est impossible au spectateur de placer les deux films dans la même continuité. De la même manière, la photographie glauque, rugueuse et naturaliste de Robert Paynter oppose un contraste drastique avec le classicisme baroque et expressionniste de Freddie Francis et place le film dans la droite ligne du Nouvel Hollywood et de son esthétique en totale rupture avec celle du passé.

L’idée forte du film est de confier le rôle principal à un Marlon Brando alors en plein creux de la vague, dont le physique vieillissant ne parvient néanmoins pas à dissimuler une carrure toujours aussi imposante et un regard de braise à l’épreuve du temps, et don le jeu habité n’a pas non plus vieilli d’un yota. Manifestement courtisé par les cinéastes de la nouvelle génération (Francis Ford Coppola fera le voyage en Irlande pour lui proposer, en plein tournage du CORRUPTEUR, son rôle pour LE PARRAIN), son personnage ici-même préfigure celui qu’il interprétera dans un DERNIER TANGO A PARIS tourné également la même année !

Le titre français est en revanche plutôt mal choisi car il oriente beaucoup trop la lecture que peut avoir le spectateur qui approchera le film sans trop chercher à en décoder le sous-texte. Beaucoup plus évanescent, le titre originel THE NIGHTCOMMERS (Les Noctambules), laisse bien mieux opérer la suggestion. Car le principal intérêt de cette préquelle réside dans le décryptage d’une toile de fond aux multiples niveaux de lecture sociologiques.

Le personnage de Peter Quint interprété par Brando, qui est donc le palefrenier du manoir Bly, n’est au final pas vraiment plus corrupteur au jour le jour qu’un Gainsbourg décrit dans 5 BIS par Aude Turpault : Quint est un éternel enfant écorché vif qui offre à Miles et Flora un compagnon de jeu irrésistible car constamment inventif et excitant dans ce qu’il leur permet de braver les interdits dans la plus totale insouciance, tout en gardant la posture d’une figure paternelle protectrice. S’il les amène régulièrement à faire les 400 coups et à franchir les barrières de la bien-pensance (il leur apprend à torturer une grenouille, à brocarder les traditions religieuses, à prendre des risques en jouant les casse-cous), jamais il n’a de pensées ni de gestes équivoques à leur endroit. Et s’il n’hésite jamais à les bousculer psychologiquement (c’est lui qui leur apprend la mort de leurs parents quand tout le reste de leur entourage, à commencer par un oncle tuteur démissionnaire, le leur cache délibérément), sa présence est réellement rassurante et demeure celle d’un père de substitution. Magistral, Brando, qui se flanque pour l’occasion d’un accent irlandais rustre à couper au couteau, compose un personnage ambigu mais truculent à souhait, qu’il est impossible de détester.

Il n’est pourtant pas possible non plus d’aimer complètement Peter Quint. Car dès la nuit tombée, ce dernier se glisse dans le lit de Miss Jessel (la préceptrice des orphelins). Alcoolique et violent, il se plait alors à humilier sexuellement sa maitresse grâce à des pratiques sadomasochistes bien étudiées. Sans tabou et sans filtre, il n’hésite pas à s’en vanter d’une certaine manière devant les enfants, en célébrant les affres d’une relation amoureuse toxique, dans laquelle la haine et l’amour évoluent de concert afin de former une sorte de mantra idéale entre deux amants libres de toute entrave. Irréprochable le jour, Miss Jessel se rappelle dès la nuit tombée que la chair est faible et succombe systématiquement aux plaisirs défendus. Hélas, tout ceci ne serait pas encore trop condamnable (relation certes malsaine, mais consentie entre deux adultes) si les deux amants ne se souciaient guère, dans leur élan torride, que les deux enfants puissent être témoins de leurs ébats !

C’est ainsi que Miles et Flora vont développer, au fil de l’histoire, une vision de l’amour complètement pervertie (d’où ce choix de titre français maladroit) qu’ils vont s’amuser à répéter de leur côté !
Mais le véritable sous-texte du film se joue ailleurs : C’est du côté de la lutte des classes qu’il faut chercher.
Henry James écrit LE TOUR D’ECROU en 1898 et c’est une époque (admirablement illustrée dans la série télévisée DOWNTON ABBEY) de grands bouleversements pour le Royaume-Uni, où la noblesse se retrouve contrainte de renoncer à ses privilèges séculaires, d’abolir la distanciation qu’elle avait imposée au petit peuple, prise à la gorge par une évolution des mœurs qui va bientôt la faire chuter de son piédestal.

En écrivant cette histoire de manoir victorien dont les propriétaires viennent de mourir, et de ces orphelins laissés à la garde (et à l’emprise) de leurs domestiques, qui semblent corrompre le bel équilibre d’un empire en perte de puissance et de noblesse, Henry James tissait la métaphore d’un changement d’époque.

Dès lors que le spectateur a cette vison en tête, la lecture du CORRUPTEUR et le rôle de Peter Quint deviennent limpides : Etant devenu le seul homme de la maison, Quint possède enfin le pouvoir de prendre sa revanche sur cette noblesse qui lui a toujours matraqué son infériorité. Il éduque alors les enfants selon sa propre philosophie, quitte à les détourner de leurs valeurs séminales. Il humilie sexuellement sa maitresse, supérieure à lui dans la hiérarchie et l’ascension sociale (elle vient elle aussi d’un milieu modeste mais a réussi à s’élever dans la société). Il conchie les règles et les doctrines religieuses, auxquelles il oppose un athéisme affirmé et cynique. Il méprise la gouvernante et ses principes embourbés dans l’ancien respect indéfectible de la noblesse et des principes de bienséance (elle demeure sa seule opposante dans le manoir). Et, bien évidemment, il méprise au plus haut point son employeur (l’oncle des orphelins), en bâclant ses tâches et en n’en faisant qu’à sa tête.

Evidemment, Quint n’est pas à la hauteur de ce rôle et de cette liberté soudaine, concédée malgré elle par la noblesse, et il va rapidement tout détruire sur son passage…

On regrettera au final une ambiance typique du cinéma britannique naturaliste de cette période, pas meilleure que celle d’une simple série TV, avec son image délavée et sa musique pastorale (un comble pour Jerry Fielding, par ailleurs compositeur de LA HORDE SAUVAGE !), ainsi qu’un final terrible et jusqu’auboutiste, d’une cruauté qui n’était probablement pas nécessaire en ce qu’elle modifie drastiquement l’approche du livre d’Henry James.

Le film s’achève au moment où commence LE TOUR D’ECROU. Il est tout de même conseillé de commencer par ce dernier, car le final du CORRUPTEUR met un sacré coup au pauvre lecteur (ou spectateur des INNOCENTS) qui aurait un peu trop idéalisé certains personnages…
Film inratable, quoiqu’il en soit. Et, au fait : Celui-ci n’est pas, contrairement aux autres proposés dans l’article, un film fantastique.

LES AUTRES (2001)

Mais qui sont donc les autres ?
© Cruise/Wagner Productions

Le pitch : Sur l’île de Jersey, en Grande-Bretagne, dans un manoir isolé, Grace Stewart élève seule ses deux enfants, car son mari est parti au front (nous sommes en pleine seconde guerre mondiale) et ses domestiques ont également démissionné. Les enfants de Grace, Anne et Nicholas, sont atteints d’une grave maladie photosensible qui leur interdit d’être exposés à la lumière. Soit un mode de vie extrêmement contraignant qui oblige tous les habitants de la maison à vivre constamment dans une angoissante obscurité.

Au moment où trois nouveaux domestiques viennent sonner à la porte du domaine en quête de travail, Grace commence à percevoir quelques inquiétants phénomènes qui suggèrent une nouvelle présence dans la maison, manifestement d’origine surnaturelle…

A l’inverse du CORRUPTEUR, LES AUTRES se base avant-tout sur le film LES INNOCENTS. Il ne s’agit donc nullement d’une adaptation du TOUR D’ECROU, ni même d’un remake des INNOCENTS, mais d’une sorte d’hommage au film de Jack Clayton, qui mettrait en avant une certaine volonté de filiation et d’héritage.

L’histoire est donc totalement différente de celle du TOUR D’ECROU, et pourtant le spectateur ne peut s’empêcher d’avoir cette référence en tête, tant les détails apportent de points de comparaison : Une jeune femme (blonde et diaphane, de surcroit) flanquée de deux enfants, une fille et un garçon de huit à dix ans. Trois domestiques, soit un homme et deux femmes. Qui plus-est, un bon connaisseur des INNOCENTS va sans cesse remarquer les clins d’œil à destination du film de 1961 (le style de la maison, le tableau à craie de la préceptrice, les poupées, etc.). Au final, c’est une histoire distincte racontée avec les mêmes éléments !

Et enfin, il y a cette ambiance : Comme nous en parlions dans l’article dédié à la peur de l’indicible selon Maupassant, LES AUTRES, tout comme LES INNOCENTS, instille du début à la fin le doute dans l’esprit du spectateur, qui se demande s’il y a vraiment une présence surnaturelle, ou si tout n’est pas simplement dans l’esprit du protagoniste principal…

Le twist final apportera toutes les réponses aux questions soulevées (contrairement aux INNOCENTS), mais ne desservira jamais le film. Effectivement, là où le twist de SIXIEME SENS ne fonctionne réellement que la première fois, LES AUTRES est tout aussi passionnant au second visionnage, le spectateur ayant cette fois-ci en tête de le regarder selon un point de vue tout simplement opposé à la première fois. Sans divulgâcher la surprise, disons que le second visionnage nous permet de nous positionner de l’autre côté du surnaturel, et de reconsidérer entièrement les événements en décortiquant les mécanismes du script et de la mise en scène, le film devenant pour le coup encore plus passionnant que la première fois !

Evidemment, LES AUTRES n’est pas seulement un chef d’œuvre en ce qu’il parvient à faire renaître les sensations des INNOCENTS, mais aussi et surtout grâce au talent exceptionnel de son metteur en scène, le tellement brillant et hitchcockien Alejandro Amenàbar, également scénariste et compositeur de la musique du film (et donc auteur complet, qui recycle par ailleurs son thème récurrent sur l’Acceptation de la mort), ainsi qu’à celui de Nicole Kidman, qui porte le film sur les épaules fragiles d’un personnage si bien nommé, et qui trouve également, comme l’avait fait Deborah Kerr avant elle dans LES INNOCENTS, le rôle de sa carrière.

Attention cependant au petit cœur de certaines âmes sensibles : Si le film joue essentiellement sur le terrain de la suggestion en ne montrant quasiment jamais d’image réellement effrayante, son dénouement est d’une noirceur si implacable que vous n’en sortirez certainement pas indemne…

THE TURNING (2020)

Et si on faisait un peu peur ?
© Amblin / Vertigo

THE TURNING est une adaptation résolument moderne du TOUR D’ECROU, qui fait cette fois fi des INNOCENTS et qui transpose les événements du roman dans notre époque contemporaine.

La réalisatrice, Floria Sigismondi, jusqu’ici brillante enlumineuse de clips et réalisatrice sur la série DAREDEVIL, fait objectivement un superbe travail de mise en forme, et la photographie de David Ungaro est elle-même au diapason du genre, emballée dans une somptueuse imagerie gothique de circonstance. C’est hélas tout ce qu’il y a à sauver du film, mise à part l’interprétation des acteurs, tous irréprochables (on aura notamment reconnu Mackenzie Davis et Finn Wolfhard, respectivement transfuges de TERMINATOR DARK FATE et BLADE RUNNER 2049 pour la première, et bien sûr STRANGER THINGS et IT pour le second).


Le film est objectivement raté entant qu’adaptation.Bien sûr, il souffre d’emblée de la comparaison avec LES INNOCENTS. Mais même autrement, il n’est pas bon.

Infidèle au roman, il ne propose aucune relecture non plus et se vautre tout du long dans un enchainement inepte de scènes d’épouvante essorées jusqu’à la lie en répétant, une heure trente-quatre durant, les mêmes jump-scares, les mêmes apparitions fantomatiques dans les reflets, toujours les mêmes effets en boucle, qui deviennent à la longue ridicules, tant la protagoniste principale semble ne pas s’en apercevoir, laquelle se laisse sans cesse attirer dans les pires recoins du manoir où, très vite, tout le monde a compris (sauf elle !) qu’ils seront truffés d’apparitions spectrales tonitruantes. Toujours les mêmes, en boucle…

Pire encore, le final est absolument incompréhensible, le temps de deux twists illisibles, échouant brutalement sur un générique de fin obligeant les spectateurs à se regarder l’air mutuellement hébété…

Le roman était entièrement basé sur la suggestion, le doute entant qu’élément fédérateur (défrichant le thème du Fantastique cher à Maupassant, c’est-à-dire de la frontière ténue entre le réel et le surnaturel). THE TURNING met ainsi le pied dans le plat en troquant cette subtilité pour un agglomérat d’effets horrifiques vus et revus, usés jusqu’à la corde, et surtout complètement hors-sujets, avec fantômes sanglants et effrayants dans tous les coins. Et forcément, ça tâche !

Le verdict est sans appel : THE TURNING est aux INNOCENTS (et bien évidemment au TOUR D’ECROU) ce que THE HAUNTING de Jan DeBont était à LA MAISON DU DIABLE de Robert Wise…

L’amateur de films d’épouvante n’ayant aucun rapport affectif avec LE TOUR D’ECROU pourra éventuellement passer un bon moment de cinéma, car le film est plastiquement très beau et les acteurs, excellents. En ce cas, pourquoi pas. Mais le résultat restera extrêmement balisé et surtout complètement raté et passablement incompréhensible dans son dénouement…

THE HAUNTING OF BLY MANOR (2020)

C’est reparti pour un tour… d’écrou…
© Netflix

Comme nous le disions en introduction, THE HAUNTING OF BLY MANOR est la seconde saison de la série anthologique THE HAUNTING, qui adapte à chaque nouvelle saison un classique de la littérature de Maison Hantée.
C’est donc, à l’heure d’aujourd’hui, la dernière adaptation en date du TOUR D’ECROU.

Les trois premiers épisodes forment un remake, à la lettre, des INNOCENTS en moins bien : Réalisation, interprétation, ambiance et musique, tout sent la redite aseptisée sous la reprise du thème de Georges Auric. C’est à partir de l’épisode 4 que le récit se met soudain à ignorer complètement le modèle original. La série réinvente alors le récit, ses fondements et son concept ; le prolonge, le dépasse, le remue dans tous les sens pour finir par le reconstruire avec de nouveaux enjeux (et de nouvelles origines). Une véritable relecture.

Autant la série était insipide tant qu’elle faisait office de copié-collé des INNOCENTS, autant elle décolle enfin à mi-saison, avec une forme libre et envoûtante désormais autonome.

Certes, les constituants thématiques semblent avoir été, avec le recul, introduits au forceps afin de flatter les inclinations de tous les bienpensants et autres SJWs de la planète, en ce que les personnages remplissent le cahier des charges des melting-pots raciaux et autres orientations sexuelles en tout genre (pour ne pas choquer ces messieurs-dames des réseaux sociaux et ne pas soulever d’émeutes virtuelles aujourd’hui : prière de flatter tout le monde…). Mais, force est de constater que l’ensemble est bien troussé et que les personnages sont indéniablement attachants.

Hélas, le dernier tiers de la saison s’emmêle dans d’obscurs écheveaux scénaristiques et, telle une malédiction, s’engouffre dans les mêmes embrouillaminis que THE TURNING, par le truchement d’un script incongru, voire incohérent, qui régurgite toutes ses ramifications labyrinthiques dans une fin ouverte complètement loufoque, démontrant clairement le marasme dans lequel les scénaristes ont fini par se perdre, à force de s’éparpiller…

Dommage, La relecture du TOUR D’ECROU et l’hommage aux INNOCENTS, soumis au principe de déconstruction et de reconstruction thématique de scénaristes contemporains avides de transpositions postmodernes, promettaient de faire des étincelles (c’est toute l’œuvre d’un Alan Moore sur le principe !).

Au final, on peut apprécier le spectacle comme un show de très bonne qualité (j’ai vraiment passé un bon moment, c’est bien fait et bien joué, avec une atmosphère envoûtante), mais sans être dupes : la seule chose vraiment claire, c’est que les scénaristes se sont complètement perdus dans les dédales de leur manoir avant de rendre leur copie…


La BO –

44 comments

  • JB  

    Je crois me souvenir qu’il y a eu une adaptation du Tour d’écrou (avec ce titre) dans les années 90 avec Patsy Kensit (L’ARME FATALE 2, FULL ECLIPSE), mais je ne sais pas ce que ça vaut.
    « Effectivement, là où le twist de SIXIEME SENS ne fonctionne réellement que la première fois, LES AUTRES est tout aussi passionnant au second visionnage » : MERCI ! (et encore, le twist du 6e sens est non seulement prévisible avec la scène du resto, mais pose pas mal de problèmes de cohérence)
    En tout cas, merci pour ce tour d’horizon. Je pense me regarder LES INNOCENTS ce week-end du coup.

  • Présence  

    Un nouvel Encyclopégeek extraordinaire : il me semble qu’à part ton article précédent, je n’avais entendu parler que de Les autres et j’ignorais tout de l’existence de ces différentes versions ou variations sur le même thème.

    J’ai beaucoup aimé tes différentes analyses, à la fois sur les partis pris de chaque réalisateur, à la fois sur la résonance thématique : la perte de l’enfance, sur la lutte des classes et les changements de mœurs, une revanche sur la noblesse, l’acceptation de la mort, et donc d’autres thèmes plus récents.

  • Eddy Vanleffe  

    Gràce à l’ami Tornado, j’étais très curieux de voir LES INNOCENTS que je tiens depuis pour l’un des tous meilleurs films de hantise. il est vraiment extraordinaire, j’ai lu depuis le TOUR D’ECROU et j’en ai adoré la double lecture et l’ambiguïté du personnage principal.
    Je vais donc me mettre en chasse des programmes que tu cites notamment LE CORRUPTEUR.
    J’ai adoré LES AUTRES dont les images restent splendides et résistent en effet à la seconde vision.
    et j’ai lâché Bly Manor également. oui le fait de cocher une par une les cases de la diversité comme dans un devoir de dissertations de terminale où il faudrait faire apparaitre tel ou tel mot clé, ils sont surtout enlevé tout ambiguïté à la « nanny » pour en faire un personnage lisse et une héroïne, ce qui est pour moi est LE truc qui en fait une adaptation ratée.

    THE TURNING, pourquoi pas? pour rire…

  • Matt  

    « Le verdict est sans appel : THE TURNING est aux INNOCENTS (et bien évidemment au TOUR D’ECROU) ce que THE HAUNTING de Jan DeBont était à LA MAISON DU DIABLE de Robert Wise… »

    Oh putain…bon je le regarde pas celui-là^^

    Je connais les autre films mentionnés mais pas la série Netflix…parce que…série, et Netflix^^
    ça n’a pas l’air extraordinaire non plus cela dit.
    Je vais sans doute me contenter des versions que je connais.

  • Sxzrxe- Xavier Lancel  

    Oui, il y a une adaptation dans les années 90 avec Julian Sand (et peut être bien Patsy Kensit). C’était très très mou.
    Il y a moins d’une décennie, il y en a eu une française, L Éleve, avec Vincent Cassel. (dans mon souvenir, ça en était assez proche)

    • JB  

      Merci pour la précision, c’est un lointain souvenir de pages « sorties vidéos » de Mad Movies 😉

  • Bruce lit  

    C’est un exposé limpide qui achève une de mes semaines préférées depuis le début de la saison.
    Il y manque seulement à mon sens un résumé du roman que je n’ai jamais lu par ailleurs.
    Je n’ai pas vu le Brando. A t-il jamais été diffusé sur les ondes françaises ? Le trailer est irrésistible et je reconnais bien le goût de Marlon pour les grimaces et le blasphème. Sûrement une impro à coup sûr.
    « Alcoolique et violent, il se plait alors à humilier sexuellement sa maitresse grâce à des pratiques sadomasochistes bien étudiées. Sans tabou et sans filtre, il n’hésite pas à s’en vanter d’une certaine manière devant les enfants, »
    Tout ça est bien entendu ce que la vie réelle de Brando pouvait apporter à un rôle. Tous ses rôles sont marqués justement par le sadomasochisme et le souvenir de l’alcoolisme de ses parents.
    Un acteur d’un autre temps que notre ère cui cui les petits oiseaux ne mérite pas.

    J’ai vu tous les autres à ma grande surprise et en ai gardé un vi sentiment d’ennui. Malheureusement je n’ai pas dépassé le 3ème épisode de Bly Manor qui m’avait lénifié.
    Idem pour THE TURNING qui m’avait déçu étant fan du travail de Sigismondi pour Marilyn Manson et Bowie.

    Les Autres ne m’a pas marqué plus que ça. Mais c’était il y a 20 ans. Je me souviens très bien par contre de 6 ème sens dont j’avais deviné la fin 1/2 heure avant.

    La BO : bonne chanson d’un bon groupe qui sera décisif dans les influences d’Alice Cooper. Ah non, merde, je confonds avec les Yardbirds…

    Sympathique clin d’oeil à la chanson du Floyd Mark 3 en titre.

    • Tornado  

      Hé ! Ho ! C’est dit dans l’article : LES INNOCENTS est une adaptation ultra-fidèle. Donc tu connais le pitch du roman en lisant celui du film… 🙄 (de mémoire le roman est juste encore plus ambigu).

  • Kaori  

    Belle rétrospective, très instructive, sur un cinéma auquel je suis beaucoup trop sensible…
    Les vampires, j’adore. Les zombies, je gère. Mais les fantômes, je n’y arrive pas…

    Je n’ai pas vu LES INNOCENTS ni aucun des autres films, à part LES AUTRES et ses compères (LE 6EME SENS, L’ORPHELINAT, LE SECRET DES MARROWBONES (que je n’ai pas pu finir, d’ailleurs… avec la chérie de Bruce, Anna-Joy Taylor)…)

    LES AUTRES, c’est bien simple, j’en ai perdu le sommeil pendant plusieurs jours, voire semaines… pareil avec L’ORPHELINAT. Ce sont des sujets tellement sensibles que je n’arrive pas à ne pas y repenser le soir en m’endormant. L’horreur à l’état pur, selon ma définition…
    LE 6EME SENS, j’étais jeune, j’étais allée le voir au ciné. Je n’avais tellement pas vu venir le twist final.. Je suis rentrée chez moi et je me suis enfermée dans les toilettes pour évacuer mes émotions sans témoin ^^;;;

    Ce cinéma-là, qui joue sur notre imagination, c’est le pire…

    Concernant les comptines, il y a la berceuse de LABYRINTHE DE PAN qui est aussi inoubliable… ce sont des moments, des musiques qui me hantent longtemps. Comme je le disais, ça marche trop bien sur moi, ce cinéma ^^

    La berceuse de Mercedes :
    https://www.youtube.com/watch?v=l0JuiRWT934&ab_channel=MatthieuSurmulet

    • Jyrille  

      Alors ne regarde pas HEREDITE !

      • Tornado  

        La playlist de films à voir à cet Halloween pour Kaori :
        – Hérédité
        – Midsomar
        – Esther
        – The Grudge
        – La Porte des Secrets
        – Insidious
        – Sinister
        – The Witch
        – Fragile
        – La Secte Sans Nom
        – Darkness
        … héhéhéhé… 🙂

        • Bruce lit  

          Ah MIDSOMAR, j’en ai tellement entendu parler. Pas vu.
          LA SECTE DES SANS NOMS et DARKNESS sont vraiment 2 films qui m’ont terrorisés. C’est rare. La fin de DARKNESS, c’est le moment le plus terrifiant de ma vie. On en tremblait avec Madame.

          • Jyrille  

            De ce que j’ai entendu MIDSOMAR n’est vraiment pas bon.

          • Bruce lit  

            Moi c’est l’inverse !!

          • Tornado  

            J’ai été très impressionné par Midsomar. C’est un bon film. Un excellent film de réalisateur, même, très conceptuel. Après je comprends qu’on puisse ne pas aimer.

  • Tornado  

    @ JB : LES INNOCENTS ! Excellent choix pour un soir d’Halloween ! 🎃🎃🎃

    @Présence : Comme dit dans l’article il existe moult versions. Je n’ai choisi que les plus connues. Sinon j’aurais mis aussi l’opéra de Britten, que j’ai vu !

    @Eddy : Tu as 1000 fois raison et je n’en ai même pas parlé dans l’article : La nounou sans ambiguïté, c’est sans doute le truc le plus HS de toute la série !
    Depuis que tu m’as fait remarquer le cahier des charges de Netflix sur la diversité, je n’arrive plus à y faire abstraction, alors qu’avant que tu ne me le dises je ne remarquais rien. Là je me suis refait le DRACULA de Moffat et c’est exactement pareil ! Du Dracula bisexuel à la Mina black en passant par le docteur indien et le remplacement de Van Helsing par une femme, c’est un festival ! Du coup, à la 2° vision, ces changements opportunistes ne passent plus du tout ! 😟

    @Matt : N’essaie même pas… Reste sur ceux que tu connais de la liste…

    @Bruce : Je continue de subodorer que tu confonds LES INNOCENTS avec un autre film (LA MAISON DU DIABLE, sans doute). C’est bien clair personne au monde n’a vu LES INNOCENTS sans l’aimer jusqu’à présent de tous les retours que j’ai eus… 🙂
    Je t’avais offert un film du même réalisateur : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE et tu l’avais aimé. Je te recommande également CHAQUE SOIR A NEUF HEURE, toujours du même réal. En te garantissant que tu vas y laisser des plumes… 🙂

    @Kaori : Je suis exactement comme toi. Les films qui me font le plus flipper sont ceux qui jouent sur la suggestion. Mais les enfants possédé c’est pas mal aussi… 🥶🥶🥶

    • Matt  

      C’est marrant, ça ne me fait pas du tout autant d’effet ces films.
      J’aime beaucoup hein.
      Mais je me souviens même être sorti du ciné après avoir vu L’ORPHELINAT en disant que c’était presque trop « happy end » et poétique.
      J’aime beaucoup le film hein. Mais j’avais ce sentiment un peu « Spielbergien » de truc chaleureux à la fin.
      Ma belle soeur était horrifiée et m’avait regardé bizarrement 😛

      Bon oui ok il se passe un truc horrible dans ce film avec le gosse. Mais…bah…écoutez, hein, j’en ai vu plein des films comme ça, j’ai développé une tolérance^^

    • Matt  

      Je crains beaucoup plus un certain type d’horreur visuelle comme le body horror (pas forcément le gore en soi)
      Ou les mauvais traitements/tortures et aussi les personnages instables qui sont flippants et imprévisibles.
      J’ai plus peur de la maladie, de la dégénérescence des corps ou des fous…que des histoires de fantômes. Ce qui va me marquer éventuellement c’est la façon horrible dont un enfant est mort dans le film, mais pas « l’horreur » des apparitions en tant que telles.

      Ce sont des choses qui me font peur parce qu’on n’a aucun contrôle dessus et qu’on ne comprend pas. Un film comme MANIAC me fera plus d’effet que LES AUTRES.
      Les trucs de Cronenberg aussi.

      Je me mets un film de fantômes comme L’ORPHELINAT pour me détendre presque^^ (dans le registre de l’horreur quand même hein. Pour me détendre à fond je me mets LA FAMILEL ADDAMS. Ou FRANKENSTEIN JUNIOR. Ou LA PANTHERE ROSE ^^)

      • Kaori  

        @Matt : alors, il y a l’ambiance, qui me met complètement sous tension. Mais le problème de LES AUTRES et de L’ORPHELINAT c’est qu’effectivement je cogite sur la façon dont meur(en)t le ou les enfants… SHUTTER ISLAND qui parle du même sujet que LES AUTRES m’avait pas mal remuée aussi…
        Concernant les tortures etc, je détourne les yeux. Alors que ces films, ce n’est pas visuel. Impossible de détourner le regard.
        De ce fait, je ne crois pas être capable de me revoir ces films qui me mettent en détresse psychologique ^^; . Cela dit, le temps a passé et savoir ce qui c’est passé devrait aider, mais rien ne me tente dans l’idée de revoir cela ^^^.

        • Eddy Vanleffe  

          @Matt et Kaori…

          je tiens LES AUTRES, L’ORPHELINAT, ou DARK WATER, pour les TOUS meilleurs films de revenants que j’ai jamais vu de ma vie et cela justement PARCE QUE ils ont une résonnance et qu’ils ont une vraie histoire sur des émotions puissantes.
          L’ORPHELINAT je l’ai vu alors que ma petite avait un an ou un an et demi et je suis parti la voir dormir et respirer… et je n’ai plus regardé de films d’horreur pendant 10 ans.
          MAIS….
          ils sont merveilleux,
          l’association avec la réalité est un peu trop efficace
          Je peux regarder des zombis au kilomètres parce que c’est comme un cartoon pour moi… mais les films avec des enfants…

          • Tornado  

            @Eddy & Kaori : Alors le film CHAQUE SOIR A NEUF HEURE, dont j’ai parlé, est pour vous… 👹👹👹

          • Kaori  

            @Eddy : on se comprend… Je n’ai pas vu DARK WATER. Je n’ai pas envie de le voir, bizarrement ^^;

            @Tornado : je suis allée lire le synopsis de CHAQUE SOIR A NEUF HEURES. ça ressemble étrangement ) celui du SECRET DES MARROWBONE… ça n’a pas l’air méchant, à lire comme ça. Mais tout est dans la réalisation, dans ces films…

            Il y a un autre film qui m’avait épouvantée il y a bien longtemps mais dont je ne garde aucun souvenir, juste un sentiment atroce d’horreur : LES RUINES. Le scénario ne devait pas être bien épais, c’est une espèce de huis-clos horrifique. Mais le désespoir qui sort de ce truc m’avait bien traumatisée aussi !

    • Bruce lit  

      Ah oui, c’est ça le film de Robert Wise !

      • Tornado  

        Tu me réponds toujours la même chose ! 😅
        … Et donc tu n’as TOUJOURS PAS vu LES INNOCENTS (ton cerveau-laser n’arrive pas à l’assimiler… 😂)

    • Présence  

      Je serais curieux de pouvoir bénéficier d’un ou deux paragraphes supplémentaires sur l’opéra.

      • Tornado  

        En toute honnêteté, j’avais détesté ! Une version moderne de l’opéra telles que les déteste : Deux draps blanc qui pendouillent en guise de décors, des acteurs tout en blanc imperturbables. Un truc opaque et interminable. Non je ne suis pas rentré dedans. Autant je le fais dans l’art contemporain parce que c’est mon boulot, autant il y a des médiums où je recherche autre chose. Pour moi l’opéra ça doit être des décors en carton façon 18ème et des acteurs qui s’évanouissent ! 😀

        • Présence  

          Merci. Opaque et interminable : j’en déduis que les thématiques n’étaient pas discernables ?

    • Jyrille  

      Ah merde le Dracula de Moffat m’a laissé un bon souvenir, tu crois que je serais déçu en le revoyant ?

      Pour la nounou de Bly Manor je vous trouve durs : ok elle est un peu lisse mais elle est surtout un roc solide sous des apparats de faiblesses, elle transpire l’empathie, c’est une vraie héroïne avec ses failles et son passé. Ce n’est pas du tout une attirance, mais elle m’a conquis. Je crois qu’elle joue un rôle complètement différent dans YOU (aucune envie de regarder).

      • Tornado  

        @ Présence : Disons que LE TOUR D’ECROU est un truc prenant. La version opéra est un truc très ennuyeux (pour moi en tout cas).

        @Cyrille : Le truc c’est que tu ne connais pas la version « canon » du récit. regarde LES INNOCENTS. (ou lis le roman). Tu ne le regretteras pas et tu comprendras ce qu’on veut dire.

      • Tornado  

        Le Dracula de Moffat : Disons que à force (ça c’est à cause d’Eddy ! 😀 ) de toujours voir cette équation d’acteurs et personnages bisexuel/black/indian/inversion femme-homme avec plus ou moins les même acteurs, à la revoyure, ça te fait sortir du film. La faute à un cahier des charges à la noix et à une « SJW-friendly » qui devient très vite insupportable une fois que tu as bien remarqué un élément qui n’a rien à foutre dans une histoire.
        Encore une fois je m’en fiche que les héros soient des femmes, des pédés, des chinois, des serbo-croates… Mais ce systématisme… Au bout d’un moment ça se voit tellement comme le nez au milieu de la figure que le remède est pire que le mal en ce sens que… c’est complètement factice !!!
        Disons que ce n’est pas fait avec de vraies convictions et de vraies relectures. C’est « coller une diversité à l’arrache » sur une histoire encrée dans l’inconscient collectif. Pour que ça marche, il faut que ce soit fait avec plus de subtilité, plus de convictions, plus de sous-texte vraiment intéressant.

    • JB  

      Ayé, vu les Innocents. Un classique, bien que je préfère La Maison du diable.
      Je serais dans le camp de la simple folie de la protagoniste. En parlant de celle-ci, Deborah Kerr est une grande actrice, mais je pense que le rôle appelait une interprète plus jeune, notamment lorsqu’elle évoque le fantôme de la précédente gouvernante comme une femme très vieille (celle-ci a été présentée comme une jeune femme, et elle n’est morte que depuis quelques mois, il me semble)

      • Tornado  

        Pour ma part, et bien que je vénère LA MAISON DU DIABLE, je préfère encore LES INNOCENTS. Il a mieux vieilli et propose un fantastique beaucoup plus fin (je trouve).
        Je ne suis pas sûr d’avoir compris ton point de vue sur l’âge des personnages féminins… ^^

        • JB  

          Certains dialogues pointent vers un personnage plus jeune pour Ms Giddens. Après visionnage du film, j’ai lu que dans LE TOUR D’ÉCROU, elle a 20 ans

          • Tornado  

            D’accord. C’est vrai qu’à ce stade de sa carrière Deborah Kerr avait déjà de la bouteille. Je trouve néanmoins que son jeu fait assez vite oublier cette liberté prise avec le roman et le côté « vieille fille » frustrée est hyper bien exploité dans le script.

  • Jyrille  

    Encore une fois un superbe article Tornado. Merci énormément pour parfaire ma culture, ton article se lit tout seul et est passionnant de bout en bout. De tout ce que tu cites, de tous ces films voire romans et autres, je ne connais que la série HAUNTING OF BLY MANOR. C’est la seule occurrence que j’ai vu de cette liste. Je te rejoins sur cette dernière. La première saison était largement plus réussie, mais on ne peut tout de même pas en dire que c’est nul ou mauvais : tout l’esthétisme, le casting, la réalisation la photo sont loin d’être honteux. Je n’avais même jamais entendu parler de THE TURNING !

    Je regarderais les vidéos plus tard, mais il est certain que tu donnes envie de voir tout ça, de se faire sa propre opinion. Le plus ? Ton analyse liant tout ça, nous donnant des clés impossibles à atteindre sans s’être penché soi-même sur tout ça.

    La BO : je suis fan de ce titre. Oui je sais elle est dans Forrest Gump… je connais peu les Byrds mais cet album est vraiment très bon dans mon souvenir. En tout cas, je te remercie d’avoir mis ça plutôt que l’horrible titre de Pink Floyd qui donne celui de ton article !

  • Jyrille  

    Ah, quant au SIXIEME SENS de Nyght Truc, c’est une de mes pires expériences ciné. Je vous raconte vite fait.

    SPOILERS (on sait jamais)

    On va voir le film, ma femme et moi, sachant qu’il y a une sorte de twist, chose dont je me fous complètement. On mate tranquillement, je m’emmerde, il faut bien le dire, rien ne m’intéresse vraiment. Au bout de 20 minutes, Laet se tourne vers moi et me dit « Bruce Willis est mort. ». Elle n’avait pas arrêté de cogiter depuis qu’on était arrivés. Trois ou quatre scènes plus tard, je ne pouvais que me rendre à l’évidence : elle avait raison. J’ai donc attendu la fin du film en connaissant le truc, évidemment c’était ça, évidemment j’avais perdu plus de deux heures de ma vie à voir un film extrêmement moyen à tous niveaux. La rage. Jamais revu, jamais vu aucun autre Night Truc depuis je crois.

  • JP Nguyen  

    Merci pour la visite guidée. J’ignorais l’existence du prequel (avec Marlon Brando !). Les Autres… j’avais pas mal de potes qui l’avaient vu… Je l’ai toujours évité jusqu’ici mais le visage de Nicole Kidman sur l’affiche que tu montres… Lovely…
    Mes souvenirs du roman d’Henry James commencent sérieusement à dater mais je me souviens, à l’époque, d’avoir relevé un élément supplémentaire tendant à démontrer que c’était l’institutrice qui se faisait des films… Dans un passage, il me semble qu’elle lisait un livre qui… racontait carrément l’histoire qu’elle est en train de vivre (instit au service d’un notable, qui en tombe amoureuse etc.)

    Par contre, le prof de lycée n’avait pas trop mis en avant le sous-texte social et lorsque tu le formules, il semble impossible de le contester…

    Bel article Tornadesque. Mon aversion pour les trucs qui font peur va me tenir éloigné de tous ces films mais ma connaissance du roman a rendu ma lecture de l’article très intéressante. Gracias.

    Hors sujet : quels sont les films avec Nicole Kidman que vous me recommanderiez ? (J’ai vu Moulin Rouge et… c’est tout…)

    • Jyrille  

      EYES WIDE SHUT
      LE PACIFICATEUR

      • Bruce lit  

        Calme Blanc
        Prête à tout
        The Hours (elle joue Virgina Wolf)

    • Tornado  

      Batman Forever… Nan je déconne ! 😀
      EYES WIDE SHUT et THE HOURS je dirais.

  • Patrick 6  

    J’arrive après la bataille, mais en tous cas merci pour cet article instructif ! J’ignorai totalement l’existence de ce livre et encore plus sa filiation avec le film THE OTHERS ! Etant donné que j’adore le film d’Amenábar (et son ambiance effrayante en diable – et comme tu le dis sa conclusion traumatique) ma curiosité est donc piquée au vif ! LES INNOCENTS semblant être, de loin, la meilleure adaptation, je vais tacher de le voir asap !

  • Tornado  

    Voilà. Et ensuite tu devras convaincre le Bruce de le voir parce qu’il est toujours persuadé de l’avoir vu et… ce n’est pas le cas ! 😆

    Simple curiosité : As-tu lu mon article sur les nanars Marvel des années 70 ? De mon côté j’en suis à la moitié de ton dossier titanesque sur la filmographie de Godzilla que je déguste doucement (les 6 parties sur ton blog : j’en suis au 3/4 de la 3° partie) et je dois dire que le boulot abattu est très impressionnant ! 💪

  • Matt  

    Une vidéo sympa pour qui ça intéresse :

    https://www.youtube.com/watch?v=kWj4f4VLXAI

    Au travers d’une mise en forme volontairement bizarre et horrifique, le mec explique l’impact de l’étrangeté des images.

    • Tornado  

      Merci Matt. Je regarderai ça attentivement.

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