PETITS MEUTRES SOUS LA PLUIE (LES PETITS MEURTRES D’AGATHA CHRISTIE SAISON 2)

LES PETITS MEURTRES D’AGATHA CHRISTIE SAISON 2

Une affaire élucidée par Eddy Vanleffe

LES PETITS MEURTRES D’AGATHA CHRISTIE SAISON 2 est une série française de téléfilms policiers créée par Anne Giafferi et Murielle Magellan, inspirée des romans d’Agatha Christie, et diffusée depuis le 9 janvier 2009 sur France 2. Elle est scindée pour l’instant en trois saisons, la première pendant les années 1930, la deuxième à la croisée des années 1950-1960 et la dernière dans les seventies.

Un trio infernal.
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Pourquoi?
C’est la première question que je me suis posée quand j’ai découvert ce drôle de concept de France télévision.
Pourquoi remplacer Hercule Poirot et le contexte britannique si chevillé à l’œuvre de la reine du crime par ce commissaire vaguement gourmet, poète et queutard de Jean Larosière? Le tout étant en plus filmé dans la grisaille du Nord-Pas-De-Calais, tandis que les intrigues sont remises au goût du jour alors qu’elles n’en ont pas besoin à priori…

Non la série n’avait rien pour me séduire et j’avais franchement tendance à la bouder en faveur de la formidable adaptation ITV avec David Suchet
La première saison dure le temps d’épuiser les personnages, et une saison deux est mise en chantier en 2013. Là, les créateurs et producteurs ont une première très bonne idée. Changer d’époque, les années 30 laisseront place à l’après-guerre et la fin des années 50. Le contexte cette fois donnera la part belle à l’avènement du rock n’roll, du jazz, avec en toile de fond la reconstruction du pays et l’émancipation féminine.

La seconde bonne trouvaille, c’est son casting et ses personnages.
Exit, l’ersatz de Poirot de chez Wish, voilà le nouveau commissaire Swan Laurence, franco-britannique, muté au commissariat de Lille pour avoir un peu trop bousculé l’ordre établi au 36 quai des orfèvres. Il fera connaissance avec une jeune journaliste toute feu ,toute flamme, même de cheveux: Alice Avril. Ensemble ils vont collaborer sur de nouvelles enquêtes dans une version remaniée de Fandor et Juve des romans de FANTOMAS. Ils ne seront pas seuls, Marlène la secrétaire va rapidement avoir un rôle plus qu’actif également.

Les nouveaux Juve et Fandor
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Cette nouvelle équipe de choc et de charme pourrait faire passer cette nouvelle itération pour une version bien de chez nous de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR.
C’est même à se demander si on a vraiment besoin de la «caution» Agatha Christie. Les romans ne servent désormais plus que de synopsis d’inspiration.
Swan Laurence (Samuel Labarthe), est donc un ancien chef de réseau de résistant pendant la guerre. Il a assisté au suicide de son père enfant et en a gardé une obsession de trouver une raison aux choses. Misanthrope et un brin sarcastique, il tient bien plus d’un Gregory House que d’un archétype «christien». Il a une personnalité «vieille France» et s’avoue volontiers macho, mais ces défauts sont contrebalancés par un sens aigu de la justice et des convictions humanistes profondes et qui le mettent à l’abri de toute partialité (il corrige sévèrement le rédacteur en chef d’Avril, lorsque celui-ci singe un article à sa place).

Il est aussi assez élitiste, amateur de jazz, il apprécie les belles choses, la bonne éducation, le tout à la manière d’un esthète. Rationnel convaincu, il va pourtant être déboussolé lorsque parfois l’étrange vient lui souffler à l’oreille de son inconscient. Sa misogynie et sa condescendance sont des vernis fragiles pour une nature excessivement pudique. Une fois mis à jour, il n’est qu’un jouet de plus pour ces dames qui adorent le tourner en bourrique. Lorsqu’il découvre l’amour, il ne peut plus cacher ses failles et se retrouve anéanti quand la mort le lui ravit. Là encore, malgré parfois un comportement choquant, il ne peut que fasciner par son intelligence qui l’amène à trouver les coupables. Néanmoins, il ne trouve pas tout, tout seul et il a souvent besoin d’aide.

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Alice Avril (Blandine Bellavoir), est une enfant de l’assistance publique. Son nom vient du fait qu’elle ait été trouvée à l’église un premier avril. Elle s’est construite toute seule et montre un courage et une débrouillardise sans cesse renouvelée. On comprend vite qu’elle a toujours été considérée comme une moins que rien et s’est battue pour obtenir tout ce qu’elle a. Bien qu’étant l’opposé exact du commissaire, elle partage avec lui la même notion de justice. Elle a de plus, autant de contradictions que lui.

Féministe avouée, elle sera malgré tout, tentée plus d’une fois de trouver une sécurité financière auprès un bon parti. Indépendante revendiquée, elle n’en possède pas moins un véritable cœur d’artichaut. Le running gag de la série est qu’elle soit souvent attiré par d’authentiques salauds et qu’elle découvre toujours les cadavres, elle qui ne supporte pas la vue du sang. Elle se chamaille sans arrêt avec le policier, mais même si elle s’en défend, trouve en