Processus et devoir de mémoire (Maus)

Maus livres I & II par Art Spiegelman

Un article de PRESENCE

VO : Penguin

VF : Flammarion

Zoomoprhisme assumé
© Flammarion

Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il regroupe les 2 parties du récit : Mon père saigne l’Histoire (publié en recueil en 1986), Et c’est là que mes ennuis ont commencé (publié en recueil en 1991). Il s’agit d’une bande dessinée en noir & blanc, comprenant 292 planches et 1.500 cases. À la suite à sa parution, un prix Pulitzer a été décerné à son auteur en 1992. Elle a également été récompensée par le prix de meilleur album étranger au festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 1988 pour le livre I et en 1993 pour le livre II. L’auteur a complété cette œuvre avec un album revenant sur sa genèse avec des explications complémentaires.

En 1958, à Rego Park à New York, le jeune Art Spiegelman (10 ans) est en train de faire du patin à roulette avec ses amis. Une des fixations lâche et il tombe par terre. Ses copains continuent leur course en le traitant d’œuf pourri. L’enfant va se plaindre à son père qui lui répond qu’on ne peut pas les qualifier d’amis tant qu’on n’a pas été enfermé avec eux pendant une semaine sans rien manger. En 1978, Art rend visite à son père Vladek qui habite toujours à Rego Park. Il le salue, ainsi que sa deuxième épouse Mala. Après le repas, Art indique à son père qu’il souhaite commencer à réaliser sa bande dessinée sur lui, et qu’il aimerait donc qu’il lui raconte son histoire, en débutant par comment il a rencontré Anja, sa première épouse, la mère d’Art. En 1937, Vladek Spiegelman vivait à Częstochowa, en Pologne, travaillant dans le commerce de vêtements. Il avait belle prestance, ses amis le comparant avec Rudolph Valentino (1895-1926) dans le film Le Cheik (1921). Il avait développé une relation amoureuse avec Lucia Greenberg, issue d’une famille sans argent. Vladek allant visiter sa famille dans la ville de Sosnowiec, sa cousine lui présente une amie : Anja Zylbergberg. Ils commencent à nouer une relation épistolaire, puis Vladek est invité dans sa famille qui possède une des plus grandes usines de bonneterie de Pologne. Vladek décide de déménager pour s’installer à Sosnowiec. Il se fiance à Anja, se marie avec elle, et son père lui offre une bonne situation dans son entreprise de bonneterie.

De mauvais présages
© Penguin

Finalement avec l’aide de son beau-père, Vladek Spiegelman fait construire une usine de textile à Bielsko, également en Pologne. En octobre 1937, nait Richieu, le premier enfant d’Anja et Vladek. La jeune mère souffre d’une dépression périnatale, et le jeune père l’accompagne pour un séjour dans un sanatorium, en Tchécoslovaquie. Durant le voyage en train, il passe par une ville où flotte le drapeau nazi. Un voyageur leur parle d’un pogrom en Allemagne. Le séjour au sanatorium dure 3 mois : c’est un vrai succès pour la santé d’Anja. De retour à Sosnowiec, le père d’Anja apprend à Vladek que son usine a été pillée. Il l’aide à redémarrer son affaire, et rapidement l’usine à Bielsko engrange de confortables bénéfices. Mais le 24 août 1939, les Spiegelman reçoivent une lettre du gouvernement intimant l’ordre à Vladek de rejoindre l’armée. Il est décidé que Richieu et Anja retournent à Sosnowiec pour séjourner avec sa famille, pendant que Vladek rejoint les rangs de l’armée. Il se retrouve bientôt au front contre l’armée allemande. Vladek s’interrompt dans son récit car il vient de renverser son flacon de pilules qu’il était en train de compter pour préparer son pilulier. Par association d’idées, il se lance alors dans le récit de son opération de l’œil droit qui a fini par une ablation et la pose d’un œil de verre. Art Spiegelman revient régulièrement voir son père pour recueillir sa parole et il se retrouve souvent pris à témoin dans les chicaneries entre Valdek et son épouse Mala. Finalement son père reprend son histoire là où il s’était arrêté, au front.

Depuis sa parution à la fin des années 1980, cette bande dessinée est devenue une référence incontournable : un témoignage extraordinaire d’un survivant du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, pendant la seconde guerre mondiale. Le lecteur assiste aux entretiens d’Art avec son père, et vit en direct les souvenirs de ce dernier qui sont alors racontés au temps présent, toujours sous forme de bande dessinée. L’auteur a choisi de restituer la parole de son père au mieux, en effectuant des recherches historiques en parallèle pour dessiner avec authenticité ce qu’il évoque : la Pologne de la deuxième moitié des années 1930, et de la première moitié des années 1940, mais aussi les installations du camp de concentration, les trains, les uniformes des prisonniers et des soldats, etc. Le lecteur n’a pas forcément conscience de cette volonté d’authenticité, car l’artiste a choisi un rendu descriptif, mais simplifié, avec un format de BD un peu plus petit que celui d’un comics. Néanmoins s’il regarde les pages sous l’angle de la reconstitution historique, il voit bien que ces dessins à l’apparence parfois un peu naïve contiennent effectivement des informations visuelles en bonne quantité, avec un investissement visible de l’auteur quant à l’exactitude de chaque détail, qu’il s’agisse des tenues vestimentaires, ou des meubles, des aménagements intérieurs, des installations des camps.

Le père raconte au fils
© Penguin

Bien évidemment, c’est le récit de Vladek Spiegelman qui dicte la forme de la narration. Pour autant, Art Spiegelman a effectué des choix narratifs très conscients. Dès le départ, le lecteur est frappé par l’utilisation du zoomorphisme pour représenter les nationalités : des souris pour les juifs, des chats pour les allemands, des cochons pour les polonais, et d’autres animaux pour les américains, les français et les suédois. Cela n’a pas pour effet de rendre les individus mignons, mais ça permet au lecteur de prendre du recul, de ne pas ressentir de plein fouet l’horreur de ce qui est raconté. Chaque visage est très simplifié : des points pour les yeux, bien souvent pas de bouche dessinée pour les souris, le même visage pour toutes les souris, pour tous les chats, pour tous les cochons, et pourtant le lecteur sait toujours qui est représenté grâce au contexte et au dialogue ou au commentaire. Ensuite, il constate que le nombre de cases par page est assez élevé : entre 8 et 10 en moyenne, avec des bordures rectangulaires. De temps à autres, il fait ressortir une case par un insert, ou par une absence de bordure. Il utilise régulièrement un découpage très rigoureux en 8 cases, 4 bandes contenant chacune 2 cases. En outre, le lecteur constate rapidement que l’artiste représente le décor en arrière-plan dans plus de 90%, ce qui est à nouveau fait sciemment pour que les personnages ne deviennent pas juste des acteurs sur une scène vide. En fait, sous des dehors un peu frustes et simplistes, chaque page comprend une forte densité d’informations visuelles très concrètes qui projettent le lecteur dans chaque lieu, à côté de personnages expressifs.

Effectivement, Art Spiegelman accomplit un devoir de mémoire en couchant sur le papier les souvenirs de son père, dans une bande dessinée, ce qui fin des années 1970 / début des années 1980 était un pari aux États-Unis, car les comics étaient vus comme un média à destination des enfants pour des récits de superhéros. Lorsque Vladek se retrouve emprisonné à Auschwitz, il relate factuellement la faim, les privations, les maltraitances, les tortures, les rafles, les morts par la faim, par les coups, par les exécutions sommaires, et dans les chambres à gaz. Dans un premier temps, l’utilisation de souris anthropomorphes évite au lecteur de devenir un voyeur devant des horreurs graphiquement insoutenables. Mais l’accumulation d’épreuves finit par générer un malaise proche de devenir insoutenable. Il acquiesce inconsciemment quand Vladek indique à son fils que c’est inimaginable, impossible à représenter ce qu’il a vécu. Il comprend à chaque fois comment Vladek a pu survivre, parfois avec de la chance (toute relative), tout en voyant de nombreux prisonniers mourir autour de lui. C’est vraiment le récit d’un survivant, et il s’interroge sur les séquelles psychologiques d’une telle succession de traumatismes effroyables. Il comprend tout à fait que Vladek puisse se représenter les soldats allemands comme des prédateurs cruels pour les juifs, comme des chats pour des souris.

Le fils bâtit sa carrière sur les cadavres des camps.
© Penguin

Ce zoomorphisme des nationalités permet également d’éviter de mettre en œuvre des stéréotypes de race pour les représenter. Au cours du chapitre trois du livre I, Vladek est représenté comme portant un masque de cochon sur son visage, se faisant passer pour un polonais auprès d’un autre polonais. Plus tard dans le récit, c’est Art Spiegelman qui porte un masque de souris, bien qu’il soit juif pas sa naissance, mais pour indiquer qu’il se sent un imposteur. Le lecteur comprend que l’auteur a conscience des limites de l’outil visuel qu’est le zoomorphisme et que ces masques correspondent effectivement à la projection de la représentation mentale de Vadek sur les individus, tel qu’il raconte son histoire. Au début du premier chapitre du livre II, Françoise Mouly (la compagne d’Art) et Art ont une discussion sur sa propre culpabilité qu’il ressent à avoir une vie plus facile que celle de son père, à avoir eu un frère qu’il n’a jamais connu. La discussion se termine avec la remarque formulée par Art que dans la vraie vie, Françoise ne l’aurait jamais laissé parler aussi longtemps sans l’interrompre. Le lecteur comprend que l’auteur a une conscience aiguë de la nature de sa bande dessinée : une reconstitution à partir des souvenirs de son père datant de plus de trente ans, réarrangés sous forme de bande dessinée. Ce n’est pas un témoignage à chaud, et tous les faits ne sont pas vérifiables. Il doit faire des choix narratifs, sur la base d’informations parcellaires, sans pouvoir rendre compte de la totalité de l’expérience de son père. De ce point de vue, Maus comprend des particularités propres au récit de fiction.

En plus d’être un récit de transmission de la Shoah, Maus est également un témoignage de la relation entre Art et son père. D’un côté, il subit une forme de culpabilité d’avoir une vie plus facile que son père, et d’être incapable de faire aussi bien que lui ; de l’autre, sa vie a été façonnée par les souvenirs de son père, par sa trajectoire de survivant, qui n’est la sienne à lui Art. La transcription des souvenirs de son père en bande dessinée porte également la marque de l’histoire relationnelle entre son père et lui : l’auteur met en avant ce biais émotionnel avec les séquences dans lesquelles il recueille la parole de son père. Le récit n’est donc pas juste un témoignage historique et la biographie (partielle) de Vladek Spiegelman, c’est aussi pour partie une autobiographie, celle d’Art. Tout comme il peut facilement critiquer l’usage du zoomorphisme, le lecteur peut trouver dommage que l’auteur n’ait pas recueilli la parole de Mala, la seconde épouse de Valdek, elle aussi survivante des camps de concentration, ou encore trouver à redire sur tel aspect du récit (mettre tous les allemands dans le même sac, sous forme de chat par exemple). Mais l’auteur ne prétend pas à la perfection : il expose au lecteur, ses limites en toute transparence.

Oui, Maus est une bande dessinée exceptionnelle, à la fois pour le devoir de mémoire qu’elle constitue, à la fois pour l’intelligence de sa composition et de sa réalisation. Art Spiegelman met en images les mémoires de son père avec une grande honnêteté intellectuelle, une prise de recul intelligente qui n’obère en rien la dimension émotionnelle du récit.

Le quotidien abject des camps
© Penguin

La BO du jour

Lorsque Daniel pleurait-littéralement- sa grand mère disparue à Auschwitz.

59 comments

  • Surfer  

    Je suis étonné qu’une chronique sur cette œuvre arrive aussi tardivement sur le blog !

    « Il s’agit d’une bande dessinée en noir & blanc, comprenant 292 planches et 1.500 cases. »
    Tu as compté toutes les cases Présence ? 😀😀😀.

    Blague à part toutes les cases méritent que l’on s’y attarde tellement elles sont évocatrices. Heureusement le style et l’utilisation du zoomorphisme les rendent un peu plus supportables.
    Au delà de toutes ces qualités intrinsèques. C’est avant tout, comme tu le soulignes, un témoignage formidable et ludique de l’une des époques les plus sombres de l’humanité. Le tout parfaitement documenté.
    C’est aussi les conséquences de ce traumatisme au travers des relations entre un père ( qui l’a vécu) et son fils.
    Ce témoignage est d’autant plus important, qu’il ne reste quasiment plus aujourd’hui de rescapés de ces camps de la mort. Ils ne pourront plus nous raconter leur effroyable histoire.

    J’ai lu ces 2 comics il y a maintenant 20 ans. Je ne m’en suis pas encore remis.
    Je ne suis pas sûr de vouloir le relire de nouveau. Je crois que j’ai compris.

    • Bruce lit  

      Depuis la création du blog, je multiplie les articles autour de la SHOAH. MAUS en était absent parce que je ne me sentais pas de le relire pour en faire un article. Même si je me rappelle de l’album dans les grandes lignes. http://www.brucetringale.com/tag/shoah/

  • Présence  

    292 planches et 1.500 cases : non, j’ai employé un stagiaire pour compter à ma place. 😀

    Je suis étonné qu’une chronique sur cette œuvre arrive aussi tardivement sur le blog : Bruce avait déjà réalisé un article sur MetaMaus, et moi-même, je n’ai eu le courage de me confronter à cette œuvre que l’année dernière.

  • Tornado  

    « et moi-même, je n’ai eu le courage de me confronter à cette œuvre que l’année dernière » :
    Je le confesse : Je n’en ai toujours pas eu le courage. La BD est dans ma bibliothèque. Et je n’ai toujours pas trouvé le bon moment pour la lire. C’est un sujet que je ne prends pas à la légère.

    Ton expérience de chroniqueur dans le même exercice de style (plus ou moins la même forme d’article à chaque fois) accouche ici d’une chronique à la précision chirurgicale impressionnante où rien n’est en trop et où rien ne semble manquer. Une forme d’aboutissement et de perfection.

    J’ai eu l’occasion de voir Art Spiegelman plusieurs fois, sans non plus aller lui parler. Il est venu plusieurs fois au festival de Solliès-Ville à côté de chez moi, entant que président ou invité d’honneur. Un vieux monsieur affable et très accessible. Un jour il s’est fait interviewer sous un platane par deux journalistes. Les quelques touristes passaient à côté sans le reconnaitre et sans s’arrêter. Je me suis assis sur le muret à trois ou quatre mètres de lui et j’ai essayé d’écouter l’ITW (en anglais). Il était là, devant moi, comme n’importe qui, avec personne d’autre que les deux journalistes, le créateur de MAUS !

    Je suis étonné que tu n’aies pas cité le STALAG II B de Tardi pour les similitudes, notamment la reprise de l’héritage du souvenir entre père et fils. (Rien ne t’empêchait, d’ailleurs, de créer un lien vers les articles de ton blog !)

    • Présence  

      J’ai également attendu le bon moment : l’état d’esprit, mais aussi la disponibilité pour être réceptif.

      Je n’ai pas fait de référence à d’autres œuvres, parce que je souhaitais parler de Maus pour lui-même, et qu’il y avait déjà beaucoup de points que je souhaitais évoquer.

      Le rapprochement avec Stalag II B fait entièrement sens car Jacques Tardi a conçu son témoignage sur un modèle similaire : évoquer les souvenirs de son père, avec des différences notables, comme l’absence de discussion, des développements historiques et politiques plus importants sur l’avant 39-45, et l’après 39-45.

    • Bruce lit  

      Purée. J’aurais adoré l’approcher !

  • zen arcade  

    Superbe texte.
    Malheureusement trop souvent, les chroniques concernant Maus en restent au récit polonais du père et à l’expérience du camp. Elles passent sous silence ou traitent au-mieux rapidement les questionnements d’Art Spiegelman sur la complexité de ses propres rapports avec son père et avec son histoire. Hormis la représentation des personnages sous la forme d’animaux, on ne trouve également pas souvent non plus trace de tous les questionnements d’Art Spiegelman quant à la représentation de ce qu’il couche sur le papier, ces questionnements qui relèvent de l’autobiographie et qui présentent avec toute leur complexité et avec une transparence limpide les enjeux formels liés à l’histoire qu’il raconte.
    Sans cela, Maus serait une grande bande-dessinée sur la solution finale et l’expérience des camps mais elle ne serait pas le monument de l’histoire de la bd qu’elle est.
    J’ai beaucoup apprécié que tu détailles tous ces points et que tu leur confères l’importance qui leur revient..
    Bravo.

    • Présence  

      Mon commentaire s’est nourri de tout ce que j’avais pu lire sur Maus, avant même de lire la BD elle-même. Du coup, j’étais plus sensible aux questionnements d’Art Spiegelman sur la complexité de ses rapports avec son père et avec son histoire.

      Du coup, j’ai été encore plus marqué par cette image de l’auteur à sa table de dessin qui repose sur un monceau de cadavres : une vision d’un grande force, exprimant le tourment intérieur de l’artiste. Comme toujours, un article s’avère d’autant plus intéressant que l’œuvre est puissante.

      • Bruce lit  

        La planche la plus puissante de MAUS. Un dessin classé historique.

  • Eddy Vanleffe  

    Sans doute faudra-t-il que je relise MAUS, je l’ai lu ado et je n’ai sans doute pas tout compris. entre autre cet anthropomorphisme que tu analyses très justement. j’en avais fait un contresens, parce que je trouvais ça très bizarre de dénoncer le racisme en fixant des races d’animaux selon les pays ‘avec des connotations pas très positives selon les cas (Polonais Cochon, Français crapaud il me semble)…
    mais effectivement, l’auteur remet tout en question avec ces « masques » et il met en exergue la souffrance de se sentir indigne de relayer une telle horreur.
    Le sujet de la Shoah ne m’attire pas non plus plus que ça, la pléthore de documentaires, musées, et lectures scolaires m’ont un peu suffit sans que je me sente à devoir aussi en rajouter dans mes lectures de loisirs.

    • zen arcade  

      Au-delà du sujet lui-même, auquel on peut plus ou moins s’intéresser, ce qui est particulier avec la Shoah en général et les camps d’extermination en particulier, ce sont les problèmes de représentation qu’ils engendrent dès lors que l’on se met en tête de les représenter.
      Il n’y a pas un autre sujet qui pose le problème avec une telle acuité.
      Ce qui est génial avec Maus, ou avec des documentaires comme le Shoah de Lanzmann par exemple, c’est qu’après les avoir lus ou vus, tu ne peux plus jamais rien lire ou voir comme avant. Parce que les questionnements des auteurs quant à la représentation de ce qui n’est pas représentable t’accompagnent dans tout ce que tu es amené à lire ou voir dans le futur.

      • Jyrille  

        « Il n’y a pas un autre sujet qui pose le problème avec une telle acuité. »

        Je crois en effet que c’est une vérité. Avant cela, avant la photographie, il y a tellement de trous ou d’incertitudes que de toute façon il y aura une part d’interprétation.

        Kubrick travaillait sur un script sur la seconde guerre mondiale avant de trépasser, et il avait avoué à sa femme qu’il ne voyait pas comment il serait possible de représenter tant d’horreur.

        Pour ma part, je vous reconseille la mini-série BAND OF BROTHERS. Notamment l’épisode 9 qui parle précisément des camps.

        • zen arcade  

          Alan Moore disait en interview qu’il était sorti lessivé de l’écriture du chapitre de From hell dans lequel la prostituée se fait tuer par Jack. Il disait qu’il avait été au plus loin dans ce qu’il pouvait représenter de l’horreur. Dans cette oeuvre qui utilise la figure de Jack l’éventreur pour montrer comment ses actes « enfantent » les horreurs du 20ème siècle à venir, c’est assez marquant.
          On ne peut pas être un auteur de la trempe de Spiegelman, Kubrick ou Moore si on n’associe pas à son travail une dimension éthique relative à la manière de représenter ce que l’on entend représenter.,

        • Bruce lit  

          « Kubrick travaillait sur un script sur la seconde guerre mondiale avant de trépasser, et il avait avoué à sa femme qu’il ne voyait pas comment il serait possible de représenter tant d’horreur. »
          Je ne savais pas. Quelles sont tes sources ?

          • Jyrille  

            Houla je ne sais plus, j’ai dû lire ça en ligne il y a un bail.

          • zen arcade  

            @Jyrille sur Hüsker Dü

            J’ai toujours un faible pour New day rising, album avec lequel j’ai découvert le groupe lors de sa sortie en 1985.

          • Jyrille  

            Ah cool moi aussi c’est mon favori ! Mais je l’ai découvert malheureusement bien plus tard que toi.

          • Fletcher Arrowsmith  

            Aryan Papers le projet avorté de Stanley Kubrick. Il a abandonné le projet notamment avec la possibilité d’une sortie proche de La liste de Schindler.

            https://www.cinematheque.fr/expositions-virtuelles/kubrick/item.php?id=16

            Point de vu intéressant également sur ce sujet, qui rejoint l’article sur MAUS, dans le New Yorker (où Art Spiegelman a produit des couvertures).

            https://www.newyorker.com/culture/richard-brody/archive-fever-stanley-kubrick-and-the-aryan-papers

            Goldmann also cites Kubrick’s response to the film by Steven Spielberg that put “The Aryan Papers” out of commission :

            Frederic Raphael, who co-authored the screenplay for “Eyes Wide Shut,” recalls Kubrick questioning whether a film could truly represent the Holocaust in its entirety. After Raphael mentioned “Schindler’s List,” Kubrick replied: “Think that’s about the Holocaust? That was about success, wasn’t it? The Holocaust is about six million people who get killed. `Schindler’s List’ is about 600 who don’t. Anything else?”

          • Bruce lit  

            Ah oui, je connaissais cette anecdote.
            Et j’avais lu le bouquin de Raphael sur EYES WIDE SHUT.

    • Présence  

      @Eddy – Les chats et les souris : j’avais eu le même a priori que toi, sur une métaphore vraiment simpliste attribuant la cruauté à tous les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, et le statut de victimes à tous les juifs. C’est en lisant de nombreuses critiques avant de me lancer dans la BD, que j’ai pu envisager ce choix sous un autre angle.

      Pour moi, ça a été très puissant : il y a les oppresseurs et les opprimés, l’absence de visages différenciés dans les soldats allemands accentuant encore l’impression de groupe uniforme. Mais il y a des comportements différents parmi les Allemands, rétablissant l’existence de l’individu au sein du groupe. D’un côté, il est compréhensible que le père d’Art Spiegelman n’envisage les Allemands que comme un groupe de tortionnaires, peu importe leur histoire personnelle à chacun. De l’autre, ses souvenirs sont racontés avec le recul de son fils qui introduit sa sensibilité dans lesdits souvenirs, sans trahir les émotions de son père. Un sacré travail d’équilibriste.

    • Bruce lit  

      Se raccrocher à certains clichés permet à Spigelman de se raccrocher à l’humanité dans ces lieux inhumains. Maurice Blanchot avait écrit un livre très instructif là-dessus.

  • Bob Marone  

    MAUS est en effet un véritable monument. Cela fait forcément penser aussi à LA BETE EST MORTE de Calvo, publiée dès 1944 qui évoquait déjà la Seconde Guerre mondiale avec des personnages zoomorphes, mais plus proches des dessins de Disney ou Tex Avery. Alors que l’on découvrait à peine l’horreur des camps (sans en mesurer toute la portée dans le bordel ambiant de la fin de la guerre et avant le procès de Nuremberg), cette BD est considérée comme la première à évoquer la Shoah. Evocation succincte il est vrai, ca contrairement à MAUS, ce n’est pas le sujet principal de l’album.

    • Présence  

      Je sens qu’il faut que je rajoute La bête est morte, à ma liste de lecture.

      • Bob Marone  

        Tu devrais. C’est vraiment un album marquant du patrimoine français. Très daté années années 1930-40 puisqu’il n’y a pas de bulles mais de conséquents pavés de texte sous les illustrations. Le dessin est de toute splendeur. Certaines illustrations se déploient sur 2 pages et tu peux passer des heures à étudier les multitudes de détail que l’on aperçoit (la planche sur El-Alamein ou celle sur les combats de Normandie valent le détour). C’est un peu cocardier, mais bien excusable pour un album pondu alors que la guerre est toujours en cours. Et il y a un passionnant exercice de recontextualisation de l’album à faire (bon ok, les Japonais représentés en singes ça pique un peu). Enfin Hitler en loup, Goering en porc et Goebbels en putois sont dignes du BLITZ WOLF de Tex Avery.

        • Présence  

          Merci.

  • Jyrille  

    « ça permet au lecteur de prendre du recul, de ne pas ressentir de plein fouet l’horreur de ce qui est raconté » Je ne remercierai jamais assez Art Spiegelman pour ce parti-pris. Je n’ai lu qu’une seule fois cette bd que je garde précieusement, qui devrait en effet faire partie de toute bédéthèque qui se respecte et qui est plus qu’un classique.

    Bravo Présence pour t’être mis à cette tâche de chroniquer MAUS. Je n’ai pas lu METAMAUS que tu mets en lien en début d’article, pas certain d’avoir envie de m’y replonger, pas certain que je la relirai un jour.

    L’autre tour de force de cette bd c’est qu’elle est en noir et blanc. Donner autant d’informations sans couleur est remarquable. Je me souviens bien de ces discussions père-fils, tu as raison de dire qu’il s’agit également d’une autobiographie. Encore bravo.

    La BO : je m’y mettrais forcément un jour, quand j’aurais besoin d’autant de tristesse. C’est beau en tout cas.

    • zen arcade  

      Beau morceau de Danielle Darc.
      Moi, j’aurais plutôt tendance à associer Maus avec certains travaux de John Zorn comme Masada ou Bar Kokhba. Une musique qui convoque tout l’héritage de la musique juive et qui la transporte dans un New-York contemporain, une musique qui peut être déchirante de tristesse et de mélancolie tout comme éructer de fureur en puisant dans le free jazz d’Ornette Coleman.

      • Jyrille  

        Ah oui bien vu ! Je ne connais que un ou deux Masada (je dois en avoir un en CD) mais j’aime bien m’en remettre un peu de temps en temps (même si dernièrement j’ai surtout réécouté son MOONCHILD avec Mike Patton, Joey Baron et Trevor Dunn).

      • Bruce lit  

        Ah, tu m’intéresses. Je ne connais pas du tout ces artistes. Je vais spotifyer ça.

        • Jyrille  

          Cela ne va pas te plaire… Essaie d’abord le premier Naked City, peut-être, pour voir.

      • Surfer  

        ORNETTE COLEMAN 👍👍👍♥️♥️♥️.
        Là on peut commencer à parler musique… c’est du sérieux 😀

    • Présence  

      Une BD autobiographique : plusieurs des critiques que j’ai pu lire avant de plonger dans la BD mettaient en avant un portrait désavantageux de Vladek. Du coup, je suis parti avec cette interrogation en tête quand j’ai entamé ma lecture, ce qui m’a fait prend conscience plus vite du point de vue subjectif de son fils, point de vue qu’il assume et qu’il met en scène.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour,

    merci beaucoup Présence (et Bruce précédemment avec META MAUS) d’avoir écrit sur MAUS. Cette œuvre représente beaucoup pour moi. Je possède une édition depuis le milieu des années 90 et cela doit être la BD que je relis le plus. Dans mon approche de la bande dessinée il y a eu un avant et un après MAUS. Je suis depuis la carrière de Art Spiegelman avec attention.

    Le lecteur comprend que l’auteur a une conscience aiguë de la nature de sa bande dessinée : une reconstitution à partir des souvenirs de son père datant de plus de trente ans, réarrangés sous forme de bande dessinée. Ce n’est pas un témoignage à chaud, et tous les faits ne sont pas vérifiables. Il doit faire des choix narratifs, sur la base d’informations parcellaires, sans pouvoir rendre compte de la totalité de l’expérience de son père. De ce point de vue, Maus comprend des particularités propres au récit de fiction

    => Je me rappelle d’un article lors de la sortie de la LISTE DE SCHINDLER (dont j’ai quelques réserves) de Steven Spielberg sur comment représenter l’innommable. Notamment que ce n’était pas possible, que vu l’horreur que ce fut il ne fallait surtout pas tenter de coller à la réalité car on en serait toujours à des centaines de lieu. D’où des approches où on s’éloigne de cette représentation dite réaliste (comme les films). Art Spiegelman s’inscrit dans cette argumentaire avec l’utilisation à la fois du médium et du zoomorphisme. Personnellement je ne supporte pas le film de Roberto BEGNINI, LA VIE EST BELLE, pour ces raisons.

    Art Spiegelman accomplit un devoir de mémoire en couchant sur le papier les souvenirs de son père, dans une bande dessinée, ce qui fin des années 1970 / début des années 1980 était un pari aux États-Unis, car les comics étaient vus comme un média à destination des enfants pour des récits de superhéros.
    => à une époque où la BD aborde désormais tous les genres notamment à travers de roman graphique documentaire , reportage ou sociétaire il faut remonter le temps et comprendre l’impact qu’a pu avoir MAUS : d’où le prix Pulitzer inédit. Et puis dans les années 80 on découvrait encore la SHOAH, surtout aux USA mais aussi dans d’autres pays notamment européen. En 2022, même si il reste des zones d’ombres, on sait plus, on sait mieux, on n’ignore pas ou plus. Pas à l’époque de la parution MAUS. C’est clairement un axe et cadre de lecture qu’il faut avoir, connaitre. En plus Art Spiegelman n’épargne pas sa famille ni lui même, ni son couple. MAUS c’est dur jusqu’au bout. On n’est pas dans un antagonisme primaire si cher aux américains, les bons contre les méchants.

    Sur Buzz Comics, nous avions eu l’idée folle de créer un club de lecture et MAUS (tous comme SQUADRON SUPREME d’ailleurs, hasard du calendrier) y fut discuté :

    https://www.buzzcomics.net/showthread.php?p=1744284#post1744284

    Je suis fébrile d’écrire ces quelques mots. Ton article m’a touché. Merci.

    • Jyrille  

      Je ne l’ai vu qu’une fois mais moi non plus je n’ai pas aimé LA VIE EST BELLE.

    • zen arcade  

      J’avais oublié ce club de lecture.
      Pourtant, en cliquant sur le lien, je vois que j’y avais abondamment contribué. 🙂

      • JB  

        Nous étions jeunes et fous 😉

        • zen arcade  

          Un des derniers soubresauts pour essayer de contrer l’état de mort clinique dans lequel Buzz a aujourd’hui définitivement sombré.

    • Présence  

      @Fletcher Arrowsmith

      Je suis depuis la carrière de Art Spiegelman avec attention. – Préparerais-tu un article sur À l’ombre des tours mortes ?

      Merci d’avoir développer le contexte de parution de Maus car je ne connaissais pas beaucoup d’éléments sur cet aspect de l’œuvre.

      • Fletcher Arrowsmith  

        Pas les TOURS MORTES mais j’en ai adressé un autre à Bruce et il faut moins de 17 pages :))

        J’ai également l’envie de vous faire découvrir GHOSTS OF ELLIS ISLANDS projet collaboratif entre JR et Art Spiegelman.

        Mais je vais y penser pour les TOURS MORTES.

    • Bruce lit  

      LA VIE EST BELLE est un film qui me met très mal à l’aise dans sa deuxième partie assez pataude.

  • NICOLAS GIARD  

    Une école du Tennessee aux Etats-Unis a décidé de bannir Maus à cause d’un contenu inapproprié pour les enfants, un gros mot et une scène de nudité. On croit rêver…

  • Matt  

    Moi je le confesse aussi : je ne lirai probablement jamais cette oeuvre. Sauf si j’ai envie de passer un mauvais moment. Ce qui serait un peu maso…
    Le dessin ne me plait pas non plus. Et même s’il semble bien coller au sujet…eh ben comme dit plus haut, le sujet…bof hein.

    • Présence  

      Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais je savais dans quoi je me lançais. D’un autre côté, Art Spiegelman n’occulte aucune des horreurs vécues par son père, ou dont son père a été le témoin.

  • Bruce lit  

    Ce que la BD permet d’atténuer en horreur : les visages tondus n’ont pas lieu d’être avec ces grandes souris.
    Spiegelman induit des touches d’humour extrêmement subtiles sans que les victimes n’en soit ridiculisées.
    Exemple sur ton scan où Vladek se prend un coup de sabot, construite comme un gag de Charles Chaplin.
    Même la planche où Art trône sur des cadavres se pare des codes humoristiques qui veut qu’une mauvaise odeur (celle des cadavres) soit accompagnée de représentations de mouches.
    C’est la grande générosité de MAUS : Si son auteur est accablé et en dépression, il ne souhait pas la transmettre à son lecteur.
    J’ai toujours trouvé que le format ratatiné de l’oeuvre nuisait à sa lisibilité. Le lettrage est underground, le lettrage est étouffant. C’est ce qui en fait la force et la faiblesse à l’envie de s’y plonger.
     » Le lecteur comprend que l’auteur a une conscience aiguë de la nature de sa bande dessinée » C’est tout à fait ça. MAUS est aussi un traité de BD comme l’ART INVISIBLE et il n’en est que plus passionnant.
    C’est à la fois une histoire, l’histoire d’une histoire, l’histoire de l’Histoire et comment raconter cette histoire. Je l’ai lu une nuit lors de son achat à la FNAC il y a 30 ans.
    Je me rappelle avoir acheté MAUS, et encore l’avoir lu. C’est un monument auquel ton article rend pleinement justice Présence. Merci.
    Je serai curieux de savoir si Art Spiegelman souhaiterait reconsidérer son adaptation à l’écran.
    La mémoire doit être réactivée et, on ne parle que de ça ici, le medium papier ne suffit plus. Il faut de l’animation.

    • Matt  

      Mais tout est souvent simplifié, moins subtil, quand il s’agit d’adapter sur grand écran. Sauf quand c’est pensé à la base pour le cinéma (donc pas une adaptation)
      Déjà, est-ce que ça marcherait en 2h ?
      Ou est-ce que ça ne forcerait pas des ellipses, des passages traités vite fait, etc.
      J’adore le ciné mais bon…les meilleurs films sont rarement des adaptations de bouquins. Ou du moins s’ils peuvent rester bons en eux-mêmes en tant que films, ils sont rarement de très bonnes adaptations.

      • Jyrille  

        Tu as toujours des exceptions, comme L.A. CONFIDENTIAL (il faudra que je le lise un jour quand même).

      • Bruce lit  

        Salut Matt.
        Je pensais au format série animée.

    • Présence  

      C’est à la fois une histoire, l’histoire d’une histoire, l’histoire de l’Histoire et comment raconter cette histoire : belle synthèse.

      Je serai curieux de savoir si Art Spiegelman souhaiterait reconsidérer son adaptation à l’écran. – Adapter, c’est trahir : à partir de là, il y aura forcément un écart significatif et signifiant entre la BD et son adaptation. Quel intérêt y aurait-il de parler de l’art de la BD dans une adaptation cinématographique ? Faudrait-il alors parler de l’art cinématographique ? Du coup, aucun rapport avec Art Spiegelman qui n’est pas un cinéaste.

  • Kaori  

    Une oeuvre que j’ai découverte ici… et que je n’ai jamais cherché à lire. Il faudrait que je relise la chronique de Bruce sur METAMAUS.

    J’avoue que ces 20 dernières années, j’ai tout fait pour ne plus lire ou regarder quoi que ce soit concernant la Shoah. Trop insoutenable, et parce que je pensais en savoir assez. Mais le temps passe, et je comprends aujourd’hui l’importance du devoir de mémoire… Ne pas oublier jusqu’où l’homme peut aller… à quel point il peut perdre son humanité… Aujourd’hui, en ce jour de commémoration, j’essaye d’imaginer, de concevoir le nombre de morts… Et c’est vrai, tout cela, ces horreurs, cette souffrance, c’est inconcevable…

    • Présence  

      Pour moi aussi, la monstruosité de la Shoah a longtemps été trop insoutenable.

    • Bruce lit  

      Je suis assez d’accord avec cet avis. Le timing en pleine commémoration de la Shoah n’a pas aidé. Il s’agit pourtant de rester vigilant même s’il ne s’agit que de la décision que d’un seul établissement au final mais qui pourrait faire école.

      • Eddy Vanleffe  

        Pour moi toute censure même apparemment à petite échelle, ou inoffensive ou justifiée est le symptôme d’un malaise de personnes qui se sentent coupable de quelque chose et qui veulent effacer les preuves….
        « Peaux rouge » dans Lucky Luke, au Canada ou Maus ici ou encore « Les dix petits nègres » à part ceux qui ne veulent pas qu’on puissent poser de question de le passé, ça arrange qui?

    • Jyrille  

      J’ai bien aimé l’avis de Mark Evanier, qui a eu l’intelligence de le publier après les effets de cette annonce (le retrait du livre de l’école). Cependant, il ne conclut pas réellement et en effet, cela reste un motif trivial de rejet, totalement abscons à côté du sujet principal. C’est bien là le problème, une pudibonderie mal placée.

      • Présence  

        Si j’ai bien compris, cette BD n’a pas été retirée d’une bibliothèque scolaire, mais d’un programme scolaire.

        Ce qui n’empêche pas que ça reste complètement à côté de la plaque par rapport à la Shoah. D’un autre côté, je n’aurais pas fait lire Maus à mes enfants quand ils avaient 13 ans. En revanche choisir un extrait comme support pédagogique et le commenter, je pense que c’est pertinent et qu’il y a matière.

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